Rues de Périgueux
536 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
2Eme Impasse André Saigne
patrimoineAcccès Handicapé
patrimoineAccès Handicapé
patrimoineAccès Parking
patrimoineAccès PMR
patrimoineAllée d'Aquitaine
patrimoineAllée des Écureuils
patrimoineAllée des Fougères
patrimoineAllée du Maine
patrimoineAllée du Port
patrimoineAllée Gilbert Privat
patrimoineAllées de Tourny
patrimoineAncienne Route de Château l'Eve
patrimoineAncienne Route de Château l'Évêque
patrimoineAvenue Cavaignac
patrimoineAvenue Daumesnil
patrimoineAvenue du 50e RI
patrimoineAvenue du 8 Mai 1945
patrimoineAvenue du Maréchal Juin
patrimoineAvenue Général Beaupuy
patrimoineAvenue Georges Pompidou
patrimoineAvenue Henri Barbusse
patrimoineAvenue Jay de Beaufort
patrimoineAvenue Jeanne d'Arc
patrimoineAvenue Marceau
patrimoineAvenue Maréchal de Lattre de Tassigny
patrimoineAvenue Michel Grandou
patrimoineAvenue Pierre Mendès France
patrimoineBoulevard Albert Claveille
patrimoineBoulevard Ampère
patrimoineBoulevard Bertran de Born
histoireRares sont les hommes qui, huit siècles après leur mort, ont mérité une place dans l'Enfer de Dante. Bertran de Born, seigneur du château de Hautefort en Périgord, y descend, coupable d'avoir semé la discorde. Dante le rencontre au chant XXVIII de la Divine Comédie, dans la neuvième bolge du huitième cercle, marchant sans tête, sa propre tête pendue à la main comme une lanterne : « Sache que je suis Bertran de Born, celui qui donna au roi Jean les mauvais conseils. Je rendis ennemis le père et le fils. » Son châtiment, écrit Dante, applique la loi du contrapasso — cet homme qui divisa père et fils marche pour l'éternité divisé de sa propre tête. Beau destin littéraire pour un châtelain périgordien. Il serait né vers 1140 au château de Born, aujourd'hui disparu, sur la commune de Salagnac, en Périgord vert. Coseigneur de Hautefort avec son frère Constantin, selon les usages féodaux locaux, il ne mit pas longtemps à se disputer avec lui — le frère, passé sous la protection des Plantagenêt, devenus après le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri II en 1154 les suzerains du Limousin. Toute la vie politique de Bertran de Born se joua dans cette lutte pour garder son indépendance face aux grands princes. Pour cela, il chercha à jouer sur les dissensions internes de la puissante famille royale anglo-angevine, excitant les fils du roi contre leur père. Il se lia surtout avec Henri le Jeune, l'aîné, contre son cadet Richard Cœur de Lion et contre leur père Henri II. La révolte des princes échoua ; Bertran fut fait prisonnier ; il obtint son pardon en évoquant devant Henri II le souvenir attendri du fils disparu — et retrouva son château. Après la mort de Richard, il renonça aux intrigues et à la guerre. Mais c'est par la poésie que Bertran de Born est entré dans l'éternité littéraire. Écrivant en langue d'oc — l'occitan de son Périgord natal — il fut l'un des grands maîtres du sirventes, cette forme de poésie satirique et politique par laquelle les troubadours attaquaient leurs ennemis, prenaient parti dans les querelles, célébraient leurs alliances et leurs colères. Aucun ne fut plus violent que lui, ni plus habile. Il chantait tour à tour l'amour courtois pour la belle dame « à la peau blanche comme fleur d'aubépine », et surtout la joie de la guerre — cette célébration du combat pour lui-même qui fascina et scandalisa les siècles. Son plus fameux poème commence par ces vers restés célèbres : « Bien me plaît le doux temps de Pâques, qui fait feuilles et fleurs venir » — puis bascule brutalement dans une jubilation guerrière qui n'a rien à envier aux plus âpres chants de bataille de toute la poésie européenne. Après une vie d'intrigues, de sirventes, d'armes et de séjours dans les cours princières d'Occitanie, il se retira à l'abbaye de Dalon — fondée à Sainte-Trie, en Périgord, et à laquelle son beau-père Gouffier de Lastours avait contribué. Il y mourut vers 1215. Sept siècles plus tard, son nom rayonne encore : la poésie occitane le compte parmi ses trois ou quatre maîtres absolus, le grand poète allemand Heinrich Heine lui a consacré trois strophes, et le collège-lycée public de Périgueux porte fièrement son nom.
Boulevard des Arènes
patrimoineBoulevard de Vésone
patrimoineBoulevard du Petit Change
patrimoineBoulevard Georges Saumande
patrimoineBoulevard Lakanal
histoireChaque écolier français, chaque enseignant, chaque bibliothécaire doit quelque chose sans le savoir à Joseph Lakanal (1762-1845). Cet homme discret né dans un village d'Ariège fut, en trois années fulgurantes à la Convention nationale, l'un des plus grands bâtisseurs du système éducatif français — et il resta pourtant longtemps dans l'ombre des grandes figures de la Révolution. Fils d'un forgeron de Serres-sur-Arget, Joseph Lacanal (il ajoutera plus tard le K pour se distinguer de ses frères) fit ses études chez les Frères de la Doctrine chrétienne. À dix-neuf ans, il enseigna la rhétorique au collège de Périgueux — première rencontre avec le Périgord —, puis la philosophie à Bourges et Moulins. Il eut peut-être pour élève le futur philosophe Maine de Biran. Devenu vicaire de l'évêque de Pamiers, il fut élu député de l'Ariège à la Convention en septembre 1792, siégea sur les bancs de la Montagne, et vota la mort de Louis XVI sans appel ni sursis. Le vrai destin de Lakanal se joue au Comité d'Instruction publique, qu'il présida à plusieurs reprises. Au milieu du chaos révolutionnaire, alors que les vandales détruisaient les bibliothèques et les monuments, il porta un projet inouï : construire de zéro un système public d'éducation couvrant tout le territoire. Le 17 novembre 1794, sur son rapport, la Convention décréta la fondation de 24 000 écoles primaires en France. Il fit adopter la création des écoles normales pour former les instituteurs, celle des écoles centrales (ancêtres des lycées), et l'organisation définitive de l'Institut de France. Mais il fit bien plus encore : il sauva le Jardin du Roi du vandalisme révolutionnaire en le transformant en Muséum national d'histoire naturelle, fit adopter le télégraphe optique de Claude Chappe, et rédigea le décret fondateur du droit d'auteur français (19 juillet 1793) — texte pionnier qui protégeait les écrivains, les compositeurs, les peintres et les dessinateurs. Danton lui aurait résumé sa mission en trois mots : « Tape dur ! » Envoyé en mission en Dordogne d'octobre 1793 à août 1794, il établit son quartier général à Bergerac, y créa une manufacture d'armes (« Bellarme »), quatre écoles primaires laïques — gratuites, mixtes en institutions séparées —, une bibliothèque de district et une école de canonniers. La Terreur pesait ; sa mission fut aussi de « déchristianiser » le Périgord, avec des destructions et des arrestations. On lui doit ainsi l'école laïque, mais aussi les décombres de certains châteaux périgourdins. Régicide, il fut proscrit en 1816 sous la Restauration. Il s'exila aux États-Unis, vécut plusieurs années au milieu des tribus d'Alabama, présida l'Université de Louisiane, et ne rentra en France qu'en 1837 — trop pauvre pour rentrer plus tôt. Il mourut à Paris en 1845, laissant une femme et un jeune enfant sans le sou. Il aurait dit, peu avant de mourir : « La liberté orageuse est préférable à un esclavage tranquille. »
Boulevard Michel Montaigne
patrimoineBoulevard Puyrousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Boulevard Stalingrad
patrimoineBretelle du Bassin
patrimoineChemin de Beaupuy
patrimoineChemin de Cap Blanc
patrimoineChemin de Halage
patrimoineChemin de la Fontaine des Malades
patrimoineChemin de la Maladrerie
patrimoineChemin de la Monzie
patrimoineChemin de l'Arsault
patrimoineChemin de Maison Neuve
patrimoineChemin de Saillantrou
patrimoineChemin de Saltgourde
patrimoineChemin des Feutres du Toulon
patrimoineChemin des Veynassières
patrimoineChemin du Moulin Neuf
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Chemin du Puyrousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Chemin du Rousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Chemin Rural de l'Ermitage
patrimoineCours Fenelon
patrimoineCours Fénelon
patrimoineRares sont les précepteurs qui, chargés d'éduquer l'héritier du trône, écrivent pour lui un livre si audacieux qu'il finira par le faire chasser de la cour. Rares sont les archevêques qui deviennent, à leur corps défendant, les auteurs d'un des plus grands succès de librairie du siècle. Rares, enfin, sont les grands seigneurs qui prêchent à quinze ans avec une éloquence à faire pâlir les vieux docteurs. François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651-1715) fut tout cela à la fois — et bien plus. Il naquit au château de Fénelon, à Sainte-Mondane, en Périgord noir, le 6 août 1651, dans une famille de vieille noblesse appauvrie. Enfant fragile, brillant, il fut d'abord instruit à domicile puis envoyé à Cahors et à Paris. Ordonné prêtre à vingt-quatre ans, il révéla très tôt un talent d'orateur exceptionnel et publia à trente-six ans son Traité de l'éducation des filles (1687), texte novateur qui plaidait pour une instruction sérieuse des jeunes filles — idée révolutionnaire à une époque où l'on formait les femmes à peine plus qu'à broder et à prier. Sa carrière bascula en 1689. Sur recommandation de Madame de Maintenon, Louis XIV le nomma précepteur du duc de Bourgogne, petit-fils du roi et futur héritier du trône. Un enfant capricieux, colérique, orgueilleux, que Fénelon transforma peu à peu par la douceur, la patience et l'exemple. C'est pour cet élève royal qu'il composa ses Fables, ses Dialogues des morts, et surtout ses Aventures de Télémaque — long roman initiatique où le fils d'Ulysse, guidé par Mentor, apprend à devenir un prince juste, en visitant des royaumes fictifs qui ressemblaient un peu trop à celui de Louis XIV. Décrivant des rois vaniteux, des guerres inutiles, des peuples opprimés par le luxe des cours, le livre était en fait une leçon de politique adressée à son élève — et à son grand-père. Publié à son insu en 1699, le roman fit scandale. Louis XIV y vit une satire de son règne, retira à Fénelon son titre de précepteur, et l'exila dans son archevêché de Cambrai — dont il venait d'être nommé titulaire en 1695. Il y trouva sa vraie grandeur. À Cambrai, l'archevêque déchu se consacra pendant seize ans à ses fidèles, à ses œuvres, à ses lettres spirituelles, à sa querelle théologique avec Bossuet sur le quiétisme — cette forme de spiritualité mystique du « pur amour de Dieu » incarnée par son amie Madame Guyon, que Fénelon défendit avec courage jusqu'à ce que Rome tranche contre lui en 1699. Il accepta la sentence avec humilité, montrant que sa foi passait avant son honneur. Il mourut à Cambrai le 7 janvier 1715, à soixante-trois ans, quelques mois avant Louis XIV lui-même. Son duc de Bourgogne était mort avant lui, en 1712, emportant les espoirs d'une France plus humaine. L'histoire lui donna raison à retardement. Le Télémaque devint pendant deux siècles l'un des livres les plus lus d'Europe, traduit dans toutes les langues, admiré par Rousseau, Montesquieu, Voltaire, Chateaubriand. Fénelon fut ainsi, sans l'avoir voulu, l'un des premiers penseurs politiques modernes — celui qui osa dire, sous l'absolutisme le plus achevé, que le roi est fait pour son peuple, non le peuple pour son roi
Cours Michel Montaigne
patrimoineCours Saint-Georges
patrimoineCours Tourny
patrimoineDépose Minute
patrimoineGalerie Daumesnil
patrimoineImpasse Albert
patrimoineImpasse André Saigne
patrimoineImpasse Béranger
patrimoineImpasse Blaise Pascal
sciences« L'homme est un roseau pensant », « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie »… Les Pensées de Blaise Pascal (1623-1662) sont un incontournable de la philosophie française. Le penseur y décrit la condition humaine avec une profondeur pénétrante qui laisse difficilement indifférent. Il voit en Dieu la réponse à la faiblesse de l'Homme, qui ne peut ni douter de tout ni tout savoir absolument — ce en quoi il s'oppose au rationalisme de Descartes, qu'il jugeait trop orgueilleux : pour Pascal, Dieu se sent « au cœur, non à la raison ». Toute son œuvre porte la trace d'une nuit fondatrice : le 23 novembre 1654, il vit une expérience mystique bouleversante qu'il note fébrilement sur un parchemin — le fameux « Mémorial » — cousu dans la doublure de son pourpoint et qu'il portera sur lui jusqu'à sa mort, à trente-neuf ans. Une brièveté qui n'aura empêché ni sa géniale carrière de mathématicien et de physicien, ni la révolution philosophique qu'il aura, en si peu de temps, laissée derrière lui. Inventeur à dix-neuf ans d'une machine à calculer — la fameuse Pascaline, ancêtre lointain de nos ordinateurs, voir l'image — Blaise Pascal fut aussi l'un des plus grands physiciens de son siècle. On lui doit notamment l'expérience du crève-tonneau : introduire dans un tonneau fermé un fin tuyau vertical de plusieurs mètres, puis le remplir d'eau. À partir d'une certaine hauteur, la pression exercée par la petite colonne d'eau du tuyau suffit à faire exploser le tonneau ! En 1648, il mit également son beau-frère à contribution pour gravir le puy de Dôme avec un baromètre au mercure, prouvant que la colonne baissait en altitude — preuve définitive de l'existence de la pression atmosphérique et démentant les cartésiens qui prétendaient que « la nature a horreur du vide ». C'est d'ailleurs en son honneur que l'unité internationale de pression s'appelle le pascal (1 hectopascal = 100 pascals) — celle-là même qu'affichent les baromètres et les bulletins météo. La pression correspond à une force par unité de surface. Qu'est-ce qu'une force, au fait ?
Impasse Chanzy
patrimoineImpasse de Beaulieu
patrimoineImpasse de Campniac
patrimoineImpasse de l'Abîme
patrimoineImpasse de la Clarté
patrimoineImpasse de La Grenadière
patrimoineImpasse des Grands Chênes
natureOn l'identifie à ses feuilles lobées et à ses fruits appelés glands, mets de choix pour les sangliers et les écureuils. Le terme scientifique pour désigner la famille des chênes est « quercus », qui inclut plus de 600 espèces à travers le monde. L'une des plus célèbres est le chêne-liège, arbre méditerranéen exigeant en lumière, chaleur et eau, dont l'écorce à la texture élastique et poreuse fait les meilleurs bouchons et d'excellents isolants. Mais le plus beau spécimen reste sans conteste le chêne pédonculé : trapu, tronc court, houppier étalé, il pousse lentement mais peut vivre entre 500 et 2000 ans. Son bois dur et imputrescible a porté les charpentes des cathédrales — celle de Notre-Dame de Paris comptait 1300 chênes millénaires avant l'incendie — les vaisseaux de la marine royale de Colbert, et aujourd'hui encore les tonneaux qui donnent au vin son goût. Pas étonnant que les Gaulois vénéraient cet arbre comme un symbole de force, de justice et de longévité.
Impasse des Places
patrimoineImpasse des Prés
patrimoineImpasse des Remparts
patrimoineImpasse de Vésone
patrimoineImpasse du Bassin
patrimoineImpasse du Chatelou
patrimoineImpasse du Conseil
patrimoineImpasse du Puits-de-la-Fouine
patrimoineImpasse Faidherbe
patrimoineImpasse Gabriel Lacueille
patrimoineImpasse Gaston Faure
patrimoineImpasse Jean Dupuis
patrimoineImpasse Lacalprenède
patrimoineImpasse Lafayette
histoireGilbert du Motier, marquis de La Fayette (1757-1834) est probablement le plus américain des Français. En 2002, le Congrès des États-Unis lui a conféré la citoyenneté américaine à titre posthume — un honneur exceptionnel réservé à sept personnages seulement dans l'histoire du pays, dont Winston Churchill et Mère Teresa. En 1917, quand les troupes du général Pershing débarquèrent en France pour combattre à nos côtés dans la Grande Guerre, un officier américain se rendit à sa tombe au cimetière Picpus à Paris et lança cette phrase devenue légendaire : « Lafayette, nous voici ! ». À dix-sept ans pourtant, tout le destinait à une brillante carrière de cour. Orphelin de père (tué à Minden par les Anglais en 1759) et de mère, Gilbert du Motier héritait à cet âge d'une immense fortune — l'une des plus considérables de France. Son mariage arrangé avec Adrienne de Noailles l'introduisait dans une famille puissante, proche de Louis XVI. Il avait tout pour réussir à Versailles. Il refusa une charge à la Cour et choisit la carrière militaire. Jeune officier passionné par la cause des insurgés américains, il rencontra secrètement Benjamin Franklin à Paris, embarqua à ses frais sur La Victoire en avril 1777 malgré l'interdiction expresse du roi, et débarqua en Amérique à dix-neuf ans. « Je viens servir à mes dépens », déclara-t-il fièrement au Congrès américain qui le nomma major général. Blessé à la bataille de Brandywine en septembre 1777, il se lia d'une amitié filiale avec George Washington, qui le traita comme un fils. Il partagea l'hiver terrible de Valley Forge, rallia les Indiens Oneidas à la cause américaine (qui lui donnèrent le nom de Kayewla, « cavalier redoutable »), et contribua à la victoire décisive de Yorktown le 19 octobre 1781. De retour à la Cour, il connut un triomphe : au Trianon, il dansa un quadrille avec Marie-Antoinette, et Louis XVI, malgré les opinions progressistes du jeune homme, continua de le traiter avec bienveillance. Les États-Unis avaient fait germer en lui les idées de liberté. En juin 1789, député aux États généraux, il fut le principal rédacteur de la première Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, largement inspirée du modèle américain. Nommé commandant de la Garde nationale au lendemain de la prise de la Bastille, il inventa la cocarde tricolore — bleu et rouge de Paris encadrant le blanc du roi — symbole que la République française n'a plus jamais quitté. Partisan d'une monarchie constitutionnelle à l'anglaise, il tenta l'impossible : concilier ordre royal et Révolution. On le surnomma bientôt « capitaine Morphée » — pour sa tentative de « dormir sur les deux rives » des factions opposées. En octobre 1789, quand le peuple marcha sur Versailles, il fut débordé mais sauva Marie-Antoinette d'un massacre imminent. Déclaré traître par les Jacobins en août 1792, il fut arrêté par les Autrichiens et passa cinq années dans les geôles d'Olmütz, en Moravie, où sa femme et ses filles vinrent le rejoindre volontairement. Libéré en 1797, longtemps tenu à l'écart, il resurgit une dernière fois de l'histoire en 1830. À soixante-treize ans, la révolution des Trois Glorieuses le rappela au commandement de la Garde nationale. C'est lui qui remit à Louis-Philippe le nouveau drapeau national bleu-blanc-rouge — les couleurs qu'il avait données à sa garde nationale quarante et un ans plus tôt. Belle boucle historique. Il mourut à Paris le 20 mai 1834 et fut enterré au cimetière Picpus, sous de la terre rapportée d'Amérique comme il l'avait souhaité. Depuis 1917, un drapeau américain flotte en permanence sur sa tombe. On ne l'a jamais retiré, même sous l'Occupation.
Impasse Léon Félix
patrimoineImpasse Limogeanne
patrimoineImpasse Loucheur
patrimoineImpasse Louis Braille
patrimoineImpasse Michelet
patrimoineImpasse Nouvelle des Quais
patrimoineImpasse Philippe Parrot
patrimoineImpasse Pierre de Coubertin
patrimoineImpasse Port-de-Graule
patrimoineImpasse Sainte-Cécile
patrimoineImpasse Sainte-Claire
patrimoineImpasse Saint-Georges
patrimoineImpasse Séguier
patrimoineLe Parc Saint Vincent
patrimoinePassage Bonvoisin
patrimoinePassage de Sainte-Cécile
patrimoinePassage du Thouin
patrimoinePassage Taillefer
patrimoineSans Henry Wlgrin de Taillefer (1761-1833), la Périgueux gallo-romaine serait probablement restée sous terre. Il fut le premier à comprendre que les blocs antiques réemployés dans les remparts et les caves de la ville étaient les vestiges précieux d'une cité oubliée — la Vésone des Pétrucores, capitale gallo-romaine qui donna son nom au Périgord. Passionné, obstiné, ruiné pour sa passion, Henry Wlgrin de Taillefer est le père fondateur de l'archéologie périgourdine. Né au château de Barrière à Villamblard en 1761, dernier héritier d'une lignée qui revendiquait fièrement sa descendance des comtes Taillefer — cette grande dynastie médiévale d'Angoulême et de Périgord née, dit la légende, d'un coup d'épée qui trancha en deux un chef viking —, il se présenta toute sa vie sous le prénom archaïque de Wlgrin, en hommage à son ancêtre du IXᵉ siècle. Le geste dit tout de sa passion pour le passé. Militaire de formation, il constitua dès sa jeunesse dans une tour de son château un « cabinet d'antiques » où s'entassaient monnaies gauloises, bronzes celtes, pierres sculptées gallo-romaines. La Révolution l'obligea à émigrer en Allemagne pendant plus de dix ans. Pour survivre, il dut vendre les plus belles pièces de sa collection. À son retour vers 1800, il choisit de s'installer à Périgueux, vendit son château de Villamblard en 1809, et consacra tout ce qui lui restait de fortune et d'énergie à un seul but : sauver et faire connaître Vésone. Ce fut un combat solitaire et têtu. Il acheta les terrains autour de la tour de Vésone — dernier vestige debout d'un temple païen — pour empêcher toute nouvelle destruction. Il prélava les blocs antiques qui gisaient dispersés dans les fortifications, les remonta et les regroupa dans les ruines de l'amphithéâtre. En 1804, il installa dans la chapelle des Jésuites de Périgueux un premier musée archéologique. En 1808, la collection s'étant enrichie, elle fut déplacée dans le grand vomitoire des arènes, sous le nom de Musée vésunien. Ce fut le noyau originel du futur Musée d'art et d'archéologie du Périgord, aujourd'hui l'un des plus anciens musées de Nouvelle-Aquitaine. Il publia en 1821 et 1826 les deux tomes des Antiquités de Vésone, cité gauloise remplacée par la ville actuelle de Périgueux — synthèse de trente ans de recherches, ouvrage encore consulté aujourd'hui. Son grand rêve — construire un musée digne aux abords de la tour de Vésone — resta hélas irréalisé de son vivant, faute de crédits publics. Il mourut à Périgueux le 2 février 1833, à soixante-onze ans, laissant par testament ses antiquités à son ami et complice Joseph de Mourcin, à condition qu'elles rejoignent un musée. Ce fut chose faite en 1835. Son rêve, lui, mit 170 ans à se réaliser : c'est en 2003 seulement que le grand musée gallo-romain de Vesunna, conçu par Jean Nouvel, ouvrit enfin ses portes autour de la tour, exactement à l'endroit qu'il avait acheté et défendu deux siècles plus tôt. Peu de rêves d'antiquaire ont eu une aussi belle postérité.
Passerelle Japhet
patrimoinePasserelle Simone Veil
patrimoinePlace Andrée Maurois
patrimoinePlace André Maurois
patrimoinePlace Arsene d'Arsonval
patrimoinePlace Beleyme
patrimoinePlace Bugeaud
patrimoinePlace Daumesnil
patrimoinePlace de la Cité
patrimoinePlace de la Clautre
patrimoinePlace de l'Ancien Hôtel de Ville
patrimoinePlace de la Vertu
patrimoinePlace de Verdun
patrimoinePlace du 8 Mai 1945
patrimoinePlace du Coderc
patrimoinePlace du Gour de l'Arche
patrimoinePlace du Marché au Bois
patrimoinePlace Faidherbe
patrimoinePlace Francheville
patrimoineLe breton Daniel de Francheville (1648-1702) n'était pas destiné au Périgord. Fils d'une puissante famille de robe vannetaise — son père était sénéchal de Vannes, sa tante Catherine avait fondé les Dames de la Retraite —, Daniel de Francheville reçut sa nomination épiscopale du roi Louis XIV en 1693, à quarante-cinq ans, sur un diocèse qu'il ne connaissait pas et dans une région qu'il n'avait jamais foulée. Il y resterait neuf ans, jusqu'à sa mort, et laisserait à ses ouailles un surnom qui dit tout de son passage : le Père des pauvres. Le contexte de son épiscopat fut celui d'une France exsangue. Le règne finissant du Roi-Soleil accumulait les catastrophes climatiques et les mauvaises récoltes. Le Périgord, région rurale et fragile, subit de plein fouet les grandes famines de la fin du XVIIᵉ siècle, notamment celle de 1693-1694 qui coïncida avec l'arrivée de Francheville sur son siège. Un contemporain écrivit que l'évêque « mangeait le pain des pauvres pour leur en donner davantage ». Il vendit sa vaisselle, engagea sa mitre, distribua ses revenus. Il ouvrit ses greniers épiscopaux et fit distribuer aux mendiants de Périgueux — jusque sur le parvis même de sa cathédrale — ce que d'ordinaire réservaient les tables épiscopales. Il fit soigner les malades à ses frais dans une région où la peste et les fièvres frappaient périodiquement. Sa charité ne connut pas de frontières. Sur ses propres terres bretonnes du Pélinec, où avait été retrouvée une statue miraculeuse de la Vierge, il finança en 1695 la construction de la chapelle Notre-Dame-du-Guiaudet à Lanrivain (Côtes-d'Armor), qu'il dota d'une pension annuelle de cent écus pour l'entretien d'un chapelain. Ce mélange caractéristique de dévotion mariale et de service concret aux plus démunis fut la signature de tout son ministère. Il mourut à Périgueux le 26 mai 1702, presque ruiné par ses propres largesses. Ses funérailles firent affluer une foule considérable, et la mémoire collective retint durablement le souvenir de cet évêque venu d'ailleurs qui avait choisi de vivre pauvrement au milieu des pauvres. Deux siècles plus tard, en 1923, un érudit périgourdin, L. Entraygues, lui consacra une biographie complète parue à Périgueux, qui reste la source de référence sur ce grand oublié de la charité française.
Place Franklin Roosevelt
patrimoinePlace Général de Gaulle
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Place Général Leclerc
histoireLe maréchal Leclerc, de son nom complet Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947) est connu pour son rôle majeur dans la Libération pendant la Seconde Guerre mondiale. Sorti de l’école militaire de Saint-Cyr, il rejoint la France libre du général Charles de Gaulle en 1940 après la défaite française. Il mène ensuite des campagnes en Afrique, notamment la prise de Koufra en 1941, où il fait le célèbre serment de libérer Strasbourg. Leclerc commande ensuite la 2e Division Blindée (2e DB), une grande unité équipée de chars et de véhicules blindés. La 2e DB participa au débarquement de Normandie en 1944 et eut un rôle décisif dans la libération de Paris et de Strasbourg. Les succès associèrent le jeune officier aux engins mécanisés de sa division, ce qui explique le nom d'une série de chars de combat français - les chars Leclerc. Ses faits d'armes lui valurent le titre de Maréchal de France, plus haute distinction militaire française qui n’est pas un grade mais une dignité honorifique. Néanmoins, il fut consacré à titre posthume, en 1952, étant mort dans un accident d’avion en 1947 en Algérie.
Place Hoche
patrimoinePlace Louis Magne
patrimoinePlace Plumancy
patrimoineJean Plumancy (1788-1860) était sous-intendant militaire — fonction méconnue mais essentielle sous l'Empire et la Restauration, chargée de l'administration des vivres, des uniformes et de la logistique des armées. Enfant de Périgueux, il quitta jeune sa ville natale pour faire carrière dans l'armée. Il y accumula, au fil des campagnes et des postes, une fortune considérable. Sans héritier direct dans sa ville, mais fidèle à ses racines, il coucha dans son testament une clause peu commune : il léguait à Périgueux la totalité de sa fortune. Ses héritiers légitimes protestèrent. La bataille juridique dura plusieurs mois. Il fallut finalement un décret impérial de Napoléon III, signé le 2 mars 1861, pour valider officiellement le legs et permettre à la ville de recevoir la manne. En guise de reconnaissance publique, la municipalité de Périgueux rebaptisa en 1866 l'ancienne « place ronde Saint-Martin » du nom de son bienfaiteur.
Place Saint-Louis
histoireIl fallut vingt-sept ans pour qu'un pape proclame Louis IX (1214-1270) saint, mais son peuple l'appelait déjà ainsi de son vivant. Neuvième roi de la dynastie des Capétiens, Saint Louis régna quarante-quatre ans — de douze ans à sa mort à cinquante-six — et laissa dans la mémoire française une image que huit siècles n'ont pas effacée : celle d'un roi accessible, humble, adossé à un chêne dans la forêt de Vincennes, écoutant les plaintes de ses sujets sans huissier ni protocole. Cette image, nous la devons à un ami. Jean de Joinville, son sénéchal et compagnon de croisade, écrivit à quatre-vingt-cinq ans passés une Vie de Saint Louis dont l'un des passages est devenu l'un des plus célèbres de la littérature médiévale française : « Maintes fois il advint qu'en été il allait s'asseoir au bois de Vincennes après sa messe, s'adossait à un chêne et nous faisait asseoir autour de lui. Et tous ceux qui avaient un problème venaient lui parler sans en être empêchés par un huissier ou quelqu'un d'autre. » Ce chêne est probablement un archétype littéraire — Salomon rendait déjà la justice sous un arbre dans la Bible —, mais qu'importe : l'image a traversé les siècles. Sacré à Reims en 1226 à l'âge de douze ans, Louis IX régna d'abord sous la régence de sa mère Blanche de Castille, femme redoutable qui brisa la coalition des grands féodaux et lui transmit un royaume solide. Devenu roi de fait vers 1234, il posa les fondements de la justice royale moderne. Il abolit les ordalies — ces « jugements de Dieu » où l'accusé devait plonger le bras dans l'eau bouillante pour prouver son innocence — et les remplaça par des enquêtes rationnelles, des témoignages et des preuves. Il institua le Parlement de Paris comme cour de justice suprême. Il interdit les guerres privées entre seigneurs et le prêt à intérêt. Une phrase de son ordonnance de 1256 résonne étrangement moderne : « Nul ne sera privé de son droit sans faute reconnue et sans procès. » On y voit un ancêtre lointain de la présomption d'innocence. Foi profonde, décisions politiques. En 1239, il acheta à l'empereur byzantin la Couronne d'épines du Christ et fit construire à Paris, pour l'abriter, l'un des chefs-d'œuvre absolus de l'art gothique : la Sainte-Chapelle. Il partit deux fois en croisade — la septième en Égypte (1248-1254), où il fut fait prisonnier et rançonné, et la huitième en Tunisie (1270), où il mourut le 25 août 1270 sur les ruines de Carthage. On crut longtemps qu'il était mort de la peste ; des analyses récentes penchent pour le scorbut et la dysenterie. Son corps rentra en France selon un rite étrange et médiéval — les ossements bouillis pour être transportés, la chair inhumée à Monreale en Sicile —, et fut enseveli à Saint-Denis parmi les rois. Le 11 août 1297, sous le pontificat de Boniface VIII et grâce à l'insistance de son petit-fils Philippe le Bel, Louis IX fut canonisé. Il est le seul roi de France à être devenu saint. Sa fête liturgique est fixée au 25 août, jour anniversaire de sa mort.
Place Saint-Martin
histoireAmiens, un soir d'hiver 334 ou 338, aux portes de la ville. Un jeune légionnaire romain de dix-huit ans monte la garde. Sa solde est déjà dépensée — il l'a donnée aux pauvres au fil des jours. Il croise un mendiant grelottant, presque nu dans le vent glacé. Sans hésiter, il tire son épée, tranche son grand manteau militaire de laine — la chlamyde — en deux, et en tend une moitié au misérable. La nuit suivante, dans son sommeil, le Christ lui apparaît vêtu de ce même pan de manteau et dit à ses anges : « Voici Martin qui m'a couvert. » Le lendemain, le jeune soldat demande le baptême. Cette scène, racontée par son biographe Sulpice Sévère dès la fin du IVᵉ siècle, est devenue l'une des plus reproduites de tout l'art occidental — peintes, sculptées, gravées sur les vitraux de milliers d'églises. Elle a fait de Martin le saint du partage par excellence, patron des soldats, des cavaliers, des tailleurs, des voyageurs et des pauvres. Le mot « chapelle » vient d'ailleurs directement du manteau : la relique de cette cappella — la moitié restée sur Martin — fut conservée à la cour des rois francs, et la salle où elle était vénérée devint la première cappella, ancêtre de toutes les chapelles du monde. Certains disent même que la dynastie des Capétiens tirerait son nom de cette cape sacrée. Né en 316 dans l'actuelle Hongrie (la Pannonie romaine), fils d'un officier de l'armée impériale, Martin dut suivre malgré lui la carrière des armes. Devenu chrétien après le miracle d'Amiens, il quitta l'armée à quarante ans en refusant de combattre les Alamans — « Je suis soldat du Christ, il ne m'est pas permis de me battre », dit-il à l'empereur Julien —, geste qui fait de lui l'un des premiers objecteurs de conscience de l'histoire. Il rejoignit saint Hilaire à Poitiers et fonda avec lui, à Ligugé, le premier monastère de Gaule. Sa réputation de sainteté était telle qu'en 371, les habitants de Tours l'enlevèrent presque de force pour en faire leur évêque — il tenta, dit la légende, de se cacher dans un poulailler, mais les oies le trahirent par leurs cris. Voilà pourquoi, dans une partie de l'Europe, on mange l'oie de la Saint-Martin le 11 novembre. Devenu évêque, il parcourut la Gaule à pied ou à dos d'âne pendant vingt-cinq ans pour évangéliser les campagnes, fondant les premières paroisses rurales, refusant la violence, prêchant par l'exemple. Il fut le vrai père du christianisme rural français. Il mourut à Candes, en Touraine, le 8 novembre 397, à quatre-vingt-un ans. Son corps fut ramené par la Loire jusqu'à Tours et enterré le 11 novembre — date de sa fête liturgique. La légende raconte que les arbres refleurirent sur son passage : de là vient l'expression « l'été de la Saint-Martin », ces quelques jours doux et lumineux de la mi-novembre. Sa trace est partout. Plus de 500 communes françaises portent son nom, plus de 4 000 églises lui sont dédiées, et Martin est aujourd'hui le patronyme le plus répandu de France. Peu de saints ont autant marqué la géographie et les noms du pays. Selon la tradition rapportée par plusieurs sources catholiques et ornithologiques, le martin-pêcheur tirerait son nom d'un épisode de la vie même de saint Martin de Tours. C'est Sulpice Sévère, son biographe, qui le rapporte : au soir de sa vie, en 397, alors qu'il se rend à Candes (aujourd'hui Candes-Saint-Martin) pour réconcilier des prêtres en conflit, Martin observe sur le fleuve — la Loire ou la Vienne — des oiseaux qui plongent sans cesse pour attraper des petits poissons. Il aurait alors dit à ses compagnons : « Voici une image des démons, qui dressent des embûches aux imprudents, les surprennent et les dévorent, sans pouvoir se rassasier. » Il aurait ensuite commandé aux oiseaux de s'éloigner du fleuve. La postérité aurait retenu le lien et baptisé cet oiseau « oiseau de saint Martin », puis « martin-pêcheur ».
Place Saint-Silain
patrimoinePlacette de la Gaité
patrimoinePlace Yves Guéna
patrimoinePont de la Cité
patrimoinePont de la Tréfilerie
patrimoinePont des Barris
patrimoinePont Saint-Georges
patrimoinePont Sud
patrimoinePromenade du Canal
patrimoineRésidence du Val Fleuri
patrimoineRésidences Clos Chassaing
patrimoineRond-Point Brigade RAC
patrimoineRond-Point Capitaine Thomas Gauvin
patrimoineRond-Point Chanzy
patrimoineRond-Point Charles Durand
patrimoineRond-Point Pierre Lanxade
patrimoinePierre Lanxade (?-1944) tomba jeune, comme presque tous les responsables des Francs-tireurs et partisans français (FTP) en Dordogne — dont la « durée de vie », rappelait après la guerre son camarade Roger Ranoux, dit « Hercule », ne dépassait guère quelques mois. Cachés d'abord en zone urbaine, ils étaient rapidement repérés, dénoncés, arrêtés ou tués. La liste que Ranoux dresse dans ses mémoires est vertigineuse : Lerouge arrêté fin 1943, Albert Thomas arrêté à Périgueux en janvier 1944, Paul Marion pris à son tour, Bonnetot arrêté en avril 1944 à Limoges, Jean-Baptiste Delord tombé au combat à Thenon lors du passage de la sinistre division Brehmer, Roger Hassan arrêté peu après. Pierre Lanxade, représentant des FTP à l'état-major FFI de Dordogne, tomba lui aussi dans la même période. Le nom de Pierre Lanxade est associé à un moment précis de la Résistance périgourdine. En mai 1944, à quelques semaines du Débarquement, le département de la Dordogne fut réorganisé en trois sous-secteurs. Le sous-secteur A — l'un des plus actifs, couvrant une part importante du Périgord — fut confié à un triumvirat : Roger Ranoux, Pierre Michaud (dit Normand) et Pierre Lanxade. Le premier bataillon FTPF de Dordogne venait d'être constitué près de Milhac sous le commandement de Ranoux. Les mois qui suivirent furent ceux des grandes opérations préparant la Libération : sabotages, embuscades, contrôle progressif du territoire face à une occupation allemande devenue plus brutale que jamais avec l'arrivée de la division Brehmer en avril 1944. Lanxade ne verra pas la Libération. Il mourut au combat en 1944 — vraisemblablement avant l'été — et fut aussitôt remplacé au sous-secteur A. Comme tant d'autres résistants, il laissa derrière lui une veuve que la mémoire collective des maquisards continuera de saluer longtemps après la guerre : dans une lettre de 1948 conservée dans les archives de l'épuration périgourdine, Christiane Couturoux, fille du chef de l'Armée Secrète René Couturoux, décrivait « la veuve de Pierre Lanxade, véritable ancien chef militaire FTP tué au combat » comme « une amie de la famille ». Formule discrète et bouleversante : elle dit à la fois la reconnaissance et l'attention silencieuse que les camarades de Résistance portèrent, dans le Périgord d'après-guerre, à la famille de ceux qui n'étaient pas revenus. Son nom demeure dans les listes officielles des cadres de la Résistance de Dordogne, aux côtés de ceux d'Hercule Ranoux, de Louis Godefroy, d'Édouard Valéry ou de Charles Mangold. Une génération entière de responsables régionaux tombés dans les six mois qui précédèrent la Libération, sans laquelle celle-ci n'aurait pas eu lieu.
Rond-Point Suzanne Noël
patrimoineRoute d'Agonac
patrimoineRoute d'Angoulême
patrimoineRoute de Bergerac
patrimoineRoute de Borie Petit
patrimoineRoute de la Rampinsolle
patrimoineRoute de Lyon
patrimoineRoute de Ribérac
patrimoineRoute des Mazades
patrimoineRue 15e Tirailleurs Algériens
patrimoineRue 26e Régiment d'Infanterie
patrimoineRue Alary
patrimoineRue Albert
patrimoineRue Albert Martin
patrimoineRue Albert Pestour
patrimoineRue Alfred Chaumel
patrimoineRue Alfred de Musset
patrimoineRue Alphée Maziéras
patrimoineRue Alsace Lorraine
patrimoineRue André Eymard
patrimoineRue André Faure
patrimoineRue André Saigne
patrimoineRue Antoine Deschamps
patrimoineRue Antoine Gadaud
patrimoineRue Arago
patrimoineRue Armand
patrimoineRue Arsene d'Arsonval
patrimoineRue Aubarède
patrimoineRue Aubergerie
patrimoineRue Bacharetie
patrimoineRue Balzac
patrimoineRue Barbecane
patrimoineRue Beleyme
patrimoineRue Bellevue
patrimoineRue Béranger
patrimoineRue Bergère
patrimoineRue Berthe-Bonaventure
patrimoineRue Bertholet
patrimoineRue Bertin
patrimoineRue Bertrand Duguesclin
patrimoineRue Beylot
patrimoineRue Biron
patrimoineRue Blaise Pascal
sciences« L'homme est un roseau pensant », « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie »… Les Pensées de Blaise Pascal (1623-1662) sont un incontournable de la philosophie française. Le penseur y décrit la condition humaine avec une profondeur pénétrante qui laisse difficilement indifférent. Il voit en Dieu la réponse à la faiblesse de l'Homme, qui ne peut ni douter de tout ni tout savoir absolument — ce en quoi il s'oppose au rationalisme de Descartes, qu'il jugeait trop orgueilleux : pour Pascal, Dieu se sent « au cœur, non à la raison ». Toute son œuvre porte la trace d'une nuit fondatrice : le 23 novembre 1654, il vit une expérience mystique bouleversante qu'il note fébrilement sur un parchemin — le fameux « Mémorial » — cousu dans la doublure de son pourpoint et qu'il portera sur lui jusqu'à sa mort, à trente-neuf ans. Une brièveté qui n'aura empêché ni sa géniale carrière de mathématicien et de physicien, ni la révolution philosophique qu'il aura, en si peu de temps, laissée derrière lui. Inventeur à dix-neuf ans d'une machine à calculer — la fameuse Pascaline, ancêtre lointain de nos ordinateurs, voir l'image — Blaise Pascal fut aussi l'un des plus grands physiciens de son siècle. On lui doit notamment l'expérience du crève-tonneau : introduire dans un tonneau fermé un fin tuyau vertical de plusieurs mètres, puis le remplir d'eau. À partir d'une certaine hauteur, la pression exercée par la petite colonne d'eau du tuyau suffit à faire exploser le tonneau ! En 1648, il mit également son beau-frère à contribution pour gravir le puy de Dôme avec un baromètre au mercure, prouvant que la colonne baissait en altitude — preuve définitive de l'existence de la pression atmosphérique et démentant les cartésiens qui prétendaient que « la nature a horreur du vide ». C'est d'ailleurs en son honneur que l'unité internationale de pression s'appelle le pascal (1 hectopascal = 100 pascals) — celle-là même qu'affichent les baromètres et les bulletins météo. La pression correspond à une force par unité de surface. Qu'est-ce qu'une force, au fait ?
Rue Bodin
patrimoineRue Bonvoisin
patrimoineRue Bordas
patrimoineRue Camille Desmoulins
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue Camille Flammarion
patrimoineRue Carnot
sciencesFils du grand Lazare Carnot (1753-1823) — mathématicien, ministre de la Guerre et « Organisateur de la Victoire » sous la Révolution française —, Sadi Carnot (1796-1832) fut, comme son père, formé à Polytechnique. Il n'a laissé qu'un seul livre, mais quel livre : les Réflexions sur la puissance motrice du feu, publiées à ses frais en 1824, à vingt-huit ans. Cet ouvrage passé quasi inaperçu à sa parution deviendra, quelques décennies plus tard, l'un des textes fondateurs de la science moderne. Carnot y étudie le fonctionnement des machines thermiques, ces systèmes qui convertissent la chaleur en énergie mécanique — celle qui met en mouvement une roue, une turbine, un piston. Il montre qu'une machine idéale décrit un cycle entre deux sources de chaleur, une chaude et une froide, et que son rendement maximum ne dépend que de la différence de température entre ces deux sources, jamais de la nature du fluide utilisé. Ce résultat fulgurant jetait les bases du deuxième principe de la thermodynamique, que formalisera plus tard l'Allemand Rudolph Clausius (1822-1888) en 1850. Du fameux cycle de Carnot sont issues d'innombrables applications de la vie quotidienne : les moteurs des voitures (cycle Diesel pour le gazole, cycle Beau de Rochas pour l'essence), les réfrigérateurs, les climatiseurs, les pompes à chaleur. Chose bouleversante : Carnot mourut du choléra à 36 ans, lors de l'épidémie parisienne de 1832. Selon les usages sanitaires de l'époque, ses carnets scientifiques furent brûlés pour éviter la contagion — des années de recherches disparurent en fumée. Les fragments retrouvés ont montré qu'il avait aussi entrevu, bien avant les autres, la loi de conservation de l'énergie. Avez-vous déjà entendu parler de son neveu et homonyme Sadi Carnot ? On lui attribue généralement les rues Sadi Carnot.
Rue Chancelier de l'Hôpital
patrimoineRue Chanzy
patrimoineRue Charles Mangold
histoireCharles Mangold (1891-1944) fut torturé pendant cinq jours et ne dit rien. Le matin du 12 août 1944, dans la cour de la caserne du 35ᵉ régiment d'artillerie de Périgueux, à quelques semaines de la Libération, il tenta une dernière fois d'échapper au risque de parler en s'ouvrant les veines dans sa cellule. Ses geôliers le traînèrent alors, mourant, jusqu'au poteau d'exécution. Il fut fusillé aux côtés de vingt-deux autres résistants. Il avait cinquante-trois ans. Fils d'artisans du cuir alsaciens d'Ostwald, près de Strasbourg, Charles Mangold s'était engagé volontaire dans l'armée française pendant la Première Guerre mondiale — geste hautement politique pour un Alsacien alors annexé au Reich, qui aurait dû combattre sous l'uniforme allemand. Il en revint plusieurs fois cité. Devenu fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères à Strasbourg entre les deux guerres, militant socialiste convaincu, il connaissait profondément l'Allemagne et aucune illusion sur le nazisme. Il fut décoré de la médaille militaire en 1937 place de la République à Strasbourg, des mains mêmes du général Frère — lui aussi futur résistant, mort en 1944 au camp du Struthof. Évacué en Dordogne avec son administration dès la déclaration de guerre en septembre 1939, il refusa la défaite dès l'été 1940. En 1941, il fonda à Périgueux le Groupement d'entraide des réfugiés d'Alsace et de Lorraine. Entré dans la Résistance active fin 1942 sous le pseudonyme de « Vernois » (parfois « Brossard »), il rejoignit le groupe Roland de l'Armée Secrète. Sa progression fut fulgurante : chef de l'AS de Périgueux en janvier 1943, chef de l'AS de Dordogne-Centre en juillet, il devint bientôt commandant FFI de toute la région. Ceux qui l'ont connu ont parlé d'un homme discret, de fine silhouette, au sourire franc, unanimement respecté. On le surnomma bientôt le « père des maquisards ». Sa tête fut mise à prix. Traqué en permanence, il déjoua plusieurs fois la Gestapo, quitta son domicile en décembre 1943 pour vivre dans les maquis de la forêt de Vergt. Le 7 août 1944 vers dix-huit heures, il fut arrêté à vélo sur la route de Bordeaux, entre Razac-sur-l'Isle et Lacave, à un barrage allemand. Il ne parla pas. Ses obsèques nationales, quelques semaines plus tard, réunirent une immense foule à Périgueux. Le 4 décembre 1946, sur proposition du préfet de la Dordogne, le conseil municipal rebaptisa la rue du Lycée en son honneur. Depuis, comme le note un texte de la mémoire résistante périgourdine, « bien des lycéens ou passants anonymes empruntent cette rue sans savoir qu'elle porte le nom d'un héros. »
Rue Charnay Frachet
patrimoineRue Chillaud
patrimoineRue Christophe Colomb
patrimoineRue Claude Bernard
patrimoineRue Clermont de Piles
patrimoineRue Clos Chassaing
patrimoineRue Coligny
patrimoineRue Combe des Dames
patrimoineRue Combe des Dames Prolongée
patrimoineRue Condé
patrimoineRue Courbet
patrimoineRue Cronstadt
patrimoineRue d'Aguesseau
patrimoineRue de Beaulieu
patrimoineRue de Bergerac
patrimoineRue de Campniac
patrimoineRue de Chicago
patrimoineRue de Grenade
patrimoineRue de la Beauronne
patrimoineRue de l'Abîme
patrimoineRue de l'Abîme Prolongée
patrimoineRue de la Boetie
patrimoineRue de l'Abreuvoir
patrimoineRue de la Bride
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patrimoineRue des Acacias
natureEn botanique, Acacia désigne un vaste genre de plus de 1 300 espèces, principalement australiennes, dont les rameaux odorants fleurissent en pompons dorés à la fin de l'hiver. Or ces arbres-là, en France, tout le monde les appelle… mimosas. Et l'arbre que nous nommons couramment « acacia » — ce grand arbre à écorce fissurée, à épines vives et à grappes blanches parfumées qui borde tant de routes de campagne — n'appartient en réalité pas au genre Acacia. C'est un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), originaire des Appalaches en Amérique du Nord. À l'origine de cette valse d'identités : un homme. Jean Robin (1550-1629), botaniste du roi Henri IV, reçut en 1601 des graines envoyées d'Amérique par son ami anglais John Tradescant. Il les planta dans son jardin parisien, place Dauphine. Le premier arbre a disparu, mais deux rejets replantés par son fils Vespasien sont encore vivants aujourd'hui : l'un au square René-Viviani face à Notre-Dame — c'est le plus vieil arbre de Paris, il a même survécu à l'incendie de 2019 —, l'autre au Jardin des Plantes. Linné, en 1753, dédia à Jean Robin le nom du genre Robinia, en gardant le souvenir de la confusion dans l'épithète pseudoacacia, littéralement « faux acacia ». Le robinier a très vite conquis les campagnes françaises. Ses grappes blanches sont très mellifères — le fameux miel d'acacia, cristal et léger, en est issu (l'appellation, bien qu'incorrecte botaniquement, est tolérée par l'usage). Ses fleurs se dégustent en beignets ou en sirop. Son bois, l'un des plus durables d'Europe, résiste à l'humidité et aux insectes, ce qui en fait un matériau de choix pour les piquets de clôture, les terrasses et les tuteurs de vigne. Attention en revanche : l'arbre est toxique dans presque toutes ses parties sauf les fleurs, et il est aujourd'hui considéré comme une espèce invasive en France, capable de coloniser les sols à une vitesse impressionnante grâce à ses racines drageonnantes. Reste que dans le langage courant, l'acacia gardera longtemps le nom du vrai — même s'il n'en est pas un. C'est peut-être ainsi que naissent, entre les langues et les livres de botanique, les plus jolies erreurs.
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natureTrois semaines par an, à peine, et tout un jardin bascule. Le lilas fleurit en avril-mai, projetant vers le ciel ses grappes coniques de fleurs mauves, blanches ou violettes, dont le parfum sucré et poudré remonte le long des murs, franchit les haies, entre par les fenêtres ouvertes du printemps. Puis, un matin, tout est fini : les fleurs brunissent, tombent, le silence olfactif revient jusqu'à l'an prochain. Cette brièveté fait toute la magie du lilas — arbuste modeste onze mois par an, roi absolu pendant trois semaines. Originaire des Balkans et du Proche-Orient, le lilas commun (Syringa vulgaris) arriva en Europe occidentale au XVIᵉ siècle, rapporté de Constantinople par l'ambassadeur des Habsbourg. Il conquit d'abord les jardins royaux et princiers, avant de gagner peu à peu toutes les cours de ferme et tous les enclos de curé. Son nom vient du persan lilak, qui signifie « bleuâtre ». Il en existe aujourd'hui plus de mille variétés cultivées, aux fleurs blanches, mauves, roses, pourpres ou même presque bleues. Le bois du lilas est très dur — les Anglais l'appelaient d'ailleurs pipe tree, l'arbre à pipes, parce qu'on y taillait volontiers des tuyaux de fumeur, mais aussi des flûtes et des sifflets. Son nom scientifique Syringa vient du grec syrinx (la flûte de Pan), en référence à ces mêmes usages musicaux dans l'Antiquité. La mythologie raconte que la nymphe Syringa, poursuivie par le dieu Pan, fut métamorphosée en roseau — puis, selon les versions, en lilas — pour lui échapper. Depuis, la flûte du dieu joue à jamais son chagrin. Dans le langage des fleurs, le lilas mauve dit les premiers émois du cœur, le lilas blanc l'innocence retrouvée. En Russie, on offre traditionnellement une branche de lilas à un jeune couple pour porter bonheur. Et en France, un vieux dicton populaire prévient : « Quand le lilas fleurit, l'hiver est fini pour de bon » — un signal aussi fiable, dit-on, que le retour des hirondelles. Un mois plus tard, tout est retombé. Mais un jardin qui a connu le lilas garde en mémoire, quelque part, cette semaine de mai où l'air lui-même semblait sucré.
Rue des Mimosas
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patrimoineRue du Maréchal Joffre
histoireEn septembre 1914, Joseph Joffre (1852-1931) sauva peut-être la France — ou du moins, sa République. En décembre 1916, l'opinion publique commençait à se lasser de lui. Entre les deux dates, il fut le général le plus populaire que le pays ait connu depuis Napoléon : entre 1915 et 1918, 398 garçons français reçurent le prénom Joffre, et 700 filles celui de Joffrette. Peu d'hommes ont connu une telle apothéose civile de leur vivant. Il naquit le 12 janvier 1852 à Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, fils d'un tonnelier catalan. Élève brillant, il obtint à seize ans une bourse pour Polytechnique, dont il fut le benjamin de sa promotion. La guerre de 1870 éclata pendant sa première année d'école ; il participa à la défense de Paris comme sous-lieutenant d'artillerie, à peine sorti de l'adolescence. Son destin militaire était scellé — il choisit le Génie, arme rigoureuse et technique qui correspondait à son tempérament méthodique. Sa longue carrière avant la Grande Guerre se déroula presque entièrement dans les colonies : Tonkin en Indochine, Soudan français (aujourd'hui Mali) où il commanda la marche sur Tombouctou en 1894, Madagascar sous les ordres de Gallieni. Il y bâtit sa réputation d'organisateur méthodique, spécialiste des transports et de la logistique ferroviaire — qualités qui lui vaudront, en 1911, le poste ultime : chef d'état-major général de l'Armée. Il s'attelle à préparer l'armée française à l'affrontement qu'il prévoit avec l'Allemagne. Août 1914 : la guerre éclate, et le plan XVII de Joffre — offensive massive en Alsace-Lorraine à la baïonnette, dans l'esprit de « l'offensive à outrance » — s'effondre en quinze jours. Trois cent mille victimes françaises dans la seule bataille des Frontières. C'est le pire désastre militaire français depuis 1870. Joffre réagit avec un sang-froid glacial : il limoge en trois semaines cinquante généraux — carnage hiérarchique sans précédent —, nomme des hommes compétents à leur place (Gallieni à Paris, Franchet d'Espèrey à la 5ᵉ armée, Foch à la 9ᵉ armée), puis attend son moment. Il vint le 6 septembre 1914. Alors que l'armée allemande pivote imprudemment vers le sud-est au lieu de contourner Paris, Joffre déclenche la contre-attaque générale sur la Marne, précédée d'un ordre du jour resté célèbre : « Au moment où s'engage une bataille dont dépend le salut du pays, il importe de rappeler à tous que le moment n'est plus de regarder en arrière. » Une semaine plus tard, les Allemands reculent. Paris est sauvé, la France aussi. Joffre devient du jour au lendemain le « vainqueur de la Marne », adulé dans tout le pays et chez les Alliés. La suite fut moins glorieuse. Toute l'année 1915, Joffre s'obstina dans une litanie d'offensives sanglantes et vaines en Artois, en Champagne, sur la Somme, avec sa formule tristement célèbre : « Je les grignote » — parlant des Allemands, mais accusant surtout des dizaines de milliers de soldats français par mois. Verdun en 1916 aggrava les tensions avec le pouvoir politique. Après le désastre de la Somme (juillet-novembre 1916), le gouvernement le remplaça par Nivelle — qui ne fera guère mieux. Pour ménager l'opinion, on éleva Joffre à la dignité de maréchal de France le 26 décembre 1916 : il fut le premier maréchal de la IIIᵉ République, dignité qui n'avait plus été attribuée depuis la chute de Napoléon III. La mission diplomatique aux États-Unis en 1917 aux côtés de René Viviani fut l'un des derniers grands services rendus au pays : elle contribua largement à l'entrée américaine en guerre. Élu à l'unanimité à l'Académie française en 1918, Joffre mourut à Paris le 3 janvier 1931, presque octogénaire. Il n'est pas une ville de France qui ne lui ait donné son nom à une rue, une place ou une avenue. Peu importe que la postérité historique ait, depuis, nuancé la légende : dans la mémoire collective française, Joffre reste l'homme qui n'a pas cédé quand tout menaçait de céder.
Rue du Moulin Neuf
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue du Parc
patrimoineRue du Pavillon
patrimoineRue du Petit Réservoir
patrimoineRue du Plantier
patrimoineRue du Pont de la Beauronne
patrimoineRue du Pont Japhet
patrimoineRue du Pot au Lait
patrimoineRue du Président Wilson
patrimoineRue du Professeur Peyrot
patrimoineRue du Professeur Pozzi
patrimoineRue du Puits Limogeanne
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patrimoineRue du Séminaire
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patrimoineRue du Serment
patrimoineRue du Tennis
patrimoineRue du Terme Saint-Sicaire
patrimoineRue du Texas
patrimoineRue du Tonkin
patrimoineRue du Vallon
patrimoineRue du Vélodrome
patrimoineRue Éguillerie
patrimoineRue Émile Chaumont
patrimoineRue Émile Combes
patrimoineRue Émile Romanet
patrimoineRue Ernest Guillier
patrimoineRue Eugène Leroy
cultureEugène Le Roy (1836-1907) est né dans les communs d'un château. Le 29 novembre 1836, à sept heures du matin, sous l'ombre imposante de la forteresse de Hautefort, où son père était homme de confiance du baron Damas de Cormaillon et sa mère lingère. Fils de domestiques, il regarda toute son enfance la noblesse de haut, apprit le respect et l'humiliation dans le même mouvement, et n'oublia jamais de quel côté du portail il était né. De cette blessure de classe naîtrait, soixante ans plus tard, l'un des grands romans sociaux de la littérature française. Élève studieux à l'école rurale de Hautefort, puis chez les Frères de Périgueux, il refusa à quinze ans le séminaire — geste précoce qui annonçait toute sa vie. Il monta à Paris pour être commis d'épicier, s'engagea dans l'armée en 1854, servit comme précepteur dans plusieurs familles, avant de rentrer en Périgord et d'entrer dans l'administration des impôts, où il fera toute sa carrière. Ce parcours d'observateur discret lui donna un rare atout : parcourant les campagnes pour son travail, il vit de l'intérieur la vie paysanne, ses fêtes et ses détresses, ses patois et ses colères rentrées. Républicain convaincu, anticlérical, libre-penseur, franc-maçon initié à la loge périgourdine Les Amis Persévérants et l'Étoile de Vésone Réunis en 1878, Le Roy commença à écrire tard. Il collabora à des journaux locaux — Le Réveil de la Dordogne notamment —, y publia des chroniques républicaines et anticléricales, puis se lança dans le roman. Un premier scandale l'accompagna dans sa vie personnelle : en 1877, à l'indignation de la bonne société périgourdine, il épousa civilement — sans passer par l'église — sa compagne Marie Peyronnet, dont il avait déjà un fils de trois ans. Son œuvre est celle d'un homme qui n'écrit pas sur les paysans, mais du côté des paysans. Le Moulin du Frau (1891) et surtout Jacquou le Croquant (1899) firent sa gloire. Ce dernier — publié d'abord en feuilleton dans la Revue de Paris puis chez Calmann-Lévy en 1900 — raconte l'histoire d'un petit paysan de la forêt Barade dont le père, métayer, est envoyé aux galères par la faute du cruel comte de Nansac. Devenu adulte, Jacquou soulève ses compagnons contre le château. Le roman se déroule sous la Restauration mais parle de tous les temps : c'est l'un des grands romans sociaux français, où la lutte pour la dignité dépasse le simple cadre régional. Loin d'être un roman régionaliste, l'œuvre marie la fresque paysanne et la conscience politique, dans une écriture ferme, souvent lyrique, nourrie de patois périgordin. Le Roy refusa la Légion d'honneur en 1904 — fidèle à sa méfiance des honneurs et des ors républicains devenus, à ses yeux, trop conformistes. Il mourut à Montignac le 23 juin 1907, à soixante-dix ans, et fut inhumé civilement, sans prêtre, comme il l'avait souhaité. Ses obsèques réunirent une foule considérable. Sa gloire posthume vint surtout grâce à la remarquable adaptation télévisée de Jacquou le Croquant par Stellio Lorenzi en 1969 — série culte de six épisodes qui fit connaître le roman à des millions de téléspectateurs, avant l'adaptation cinématographique de Laurent Boutonnat en 2007. Aujourd'hui, en Périgord, il n'est guère de village qui n'ait sa rue, son collège, sa médiathèque ou sa salle Eugène-Le Roy. Reconnaissance juste pour cet écrivain qui, seul de son temps, avait pris le parti des sans-voix.
Rue Fayard Hervé
patrimoineRue Fénelon
patrimoineRares sont les précepteurs qui, chargés d'éduquer l'héritier du trône, écrivent pour lui un livre si audacieux qu'il finira par le faire chasser de la cour. Rares sont les archevêques qui deviennent, à leur corps défendant, les auteurs d'un des plus grands succès de librairie du siècle. Rares, enfin, sont les grands seigneurs qui prêchent à quinze ans avec une éloquence à faire pâlir les vieux docteurs. François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651-1715) fut tout cela à la fois — et bien plus. Il naquit au château de Fénelon, à Sainte-Mondane, en Périgord noir, le 6 août 1651, dans une famille de vieille noblesse appauvrie. Enfant fragile, brillant, il fut d'abord instruit à domicile puis envoyé à Cahors et à Paris. Ordonné prêtre à vingt-quatre ans, il révéla très tôt un talent d'orateur exceptionnel et publia à trente-six ans son Traité de l'éducation des filles (1687), texte novateur qui plaidait pour une instruction sérieuse des jeunes filles — idée révolutionnaire à une époque où l'on formait les femmes à peine plus qu'à broder et à prier. Sa carrière bascula en 1689. Sur recommandation de Madame de Maintenon, Louis XIV le nomma précepteur du duc de Bourgogne, petit-fils du roi et futur héritier du trône. Un enfant capricieux, colérique, orgueilleux, que Fénelon transforma peu à peu par la douceur, la patience et l'exemple. C'est pour cet élève royal qu'il composa ses Fables, ses Dialogues des morts, et surtout ses Aventures de Télémaque — long roman initiatique où le fils d'Ulysse, guidé par Mentor, apprend à devenir un prince juste, en visitant des royaumes fictifs qui ressemblaient un peu trop à celui de Louis XIV. Décrivant des rois vaniteux, des guerres inutiles, des peuples opprimés par le luxe des cours, le livre était en fait une leçon de politique adressée à son élève — et à son grand-père. Publié à son insu en 1699, le roman fit scandale. Louis XIV y vit une satire de son règne, retira à Fénelon son titre de précepteur, et l'exila dans son archevêché de Cambrai — dont il venait d'être nommé titulaire en 1695. Il y trouva sa vraie grandeur. À Cambrai, l'archevêque déchu se consacra pendant seize ans à ses fidèles, à ses œuvres, à ses lettres spirituelles, à sa querelle théologique avec Bossuet sur le quiétisme — cette forme de spiritualité mystique du « pur amour de Dieu » incarnée par son amie Madame Guyon, que Fénelon défendit avec courage jusqu'à ce que Rome tranche contre lui en 1699. Il accepta la sentence avec humilité, montrant que sa foi passait avant son honneur. Il mourut à Cambrai le 7 janvier 1715, à soixante-trois ans, quelques mois avant Louis XIV lui-même. Son duc de Bourgogne était mort avant lui, en 1712, emportant les espoirs d'une France plus humaine. L'histoire lui donna raison à retardement. Le Télémaque devint pendant deux siècles l'un des livres les plus lus d'Europe, traduit dans toutes les langues, admiré par Rousseau, Montesquieu, Voltaire, Chateaubriand. Fénelon fut ainsi, sans l'avoir voulu, l'un des premiers penseurs politiques modernes — celui qui osa dire, sous l'absolutisme le plus achevé, que le roi est fait pour son peuple, non le peuple pour son roi
Rue Ferdinand Dupuy
patrimoineRue Font Claude
patrimoineRue Font-Laurière
patrimoineRue Forquenot
patrimoineRue Fournier Lacharmie
patrimoineRue Francis Rongieras
patrimoineRue Fulbert Dumonteil
patrimoineRue Gabriel Lacueille
patrimoineRue Gambetta
histoireFils d'un épicier génois installé à Cahors, Léon Gambetta (1838-1882) n'a rien d'un enfant de la bourgeoisie parisienne. Il monte à Paris étudier le droit, perd un œil dans un accident d'enfance, mais compense ce handicap par une voix de tonnerre et un art oratoire qui va sidérer son époque. Avocat, il se fait connaître en 1868 par une plaidoirie fulgurante contre le Second Empire — un réquisitoire devenu célèbre où il énumère, un à un, les crimes du régime. Le jeune homme du Sud-Ouest est désormais un nom. Le 4 septembre 1870. La France vient d'être écrasée à Sedan, l'empereur est prisonnier des Prussiens. À l'Hôtel de Ville de Paris, Gambetta — 32 ans — proclame la République depuis un balcon, devant une foule en délire. Ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de Défense nationale rapidement encerclé dans Paris assiégé, il prend une décision spectaculaire : le 7 octobre, il s'échappe en ballon au-dessus des lignes prussiennes pour rejoindre la province et y lever de nouvelles armées. L'image est restée : un ministre en montgolfière, écharpe au vent, allant sauver la patrie. Depuis Tours puis Bordeaux, il improvise en quelques semaines des armées entières, mobilise, réquisitionne, harangue. Rien n'y fait : la France est vaincue, l'Alsace-Moselle perdue. Gambetta démissionne, refusant de cautionner le traité. Ce qu'il fait ensuite est peut-être plus important encore. Dans une Assemblée majoritairement monarchiste, il consacre dix ans à convaincre, séduire, rallier — patiemment, ville après ville, discours après discours. Sa formule reste célèbre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi. » Il forge le vocabulaire, les rituels, la mystique d'une République qui doit s'ancrer dans les cœurs. Il popularise la Marseillaise, le 14 juillet, l'école laïque à venir. Sans lui, il n'est pas sûr que la République se serait installée durablement en France. Nommé enfin président du Conseil en novembre 1881, son gouvernement — le « Grand Ministère » que tout le monde attendait — tombe au bout de dix semaines. Le 27 novembre 1882, dans sa maison des Jardies à Ville-d'Avray, un coup de revolver part accidentellement, lui traversant la main. La blessure paraît bénigne mais il meurt le 31 décembre, à 44 ans, d'une appendicite mal soignée aggravée par sa convalescence. La rumeur d'un suicide, ou d'un drame passionnel avec sa compagne Léonie Léon, courra longtemps. Des funérailles nationales grandioses ont lieu le 6 janvier 1883 : un demi-million de Parisiens suivent le cortège. En 1920, pour le cinquantenaire de la République, son cœur — et son cœur seul — est transféré au Panthéon dans une urne. Le reste de son corps repose à Nice, auprès de son père. Étrange destin posthume pour celui qui, plus que tout autre, avait mis le sien au service de la République.
Rue Gay Lussac
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patrimoineRue Jacques le Lorrain
patrimoineRue Jean-Antoine Chaptal
patrimoineRue Jean-Baptiste Dumas
patrimoineRue Jean Bart
patrimoineRue Jean Clédat
patrimoineRue Jean Dupuy
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patrimoineRue Lacalprenède
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patrimoineRue Lafayette
histoireGilbert du Motier, marquis de La Fayette (1757-1834) est probablement le plus américain des Français. En 2002, le Congrès des États-Unis lui a conféré la citoyenneté américaine à titre posthume — un honneur exceptionnel réservé à sept personnages seulement dans l'histoire du pays, dont Winston Churchill et Mère Teresa. En 1917, quand les troupes du général Pershing débarquèrent en France pour combattre à nos côtés dans la Grande Guerre, un officier américain se rendit à sa tombe au cimetière Picpus à Paris et lança cette phrase devenue légendaire : « Lafayette, nous voici ! ». À dix-sept ans pourtant, tout le destinait à une brillante carrière de cour. Orphelin de père (tué à Minden par les Anglais en 1759) et de mère, Gilbert du Motier héritait à cet âge d'une immense fortune — l'une des plus considérables de France. Son mariage arrangé avec Adrienne de Noailles l'introduisait dans une famille puissante, proche de Louis XVI. Il avait tout pour réussir à Versailles. Il refusa une charge à la Cour et choisit la carrière militaire. Jeune officier passionné par la cause des insurgés américains, il rencontra secrètement Benjamin Franklin à Paris, embarqua à ses frais sur La Victoire en avril 1777 malgré l'interdiction expresse du roi, et débarqua en Amérique à dix-neuf ans. « Je viens servir à mes dépens », déclara-t-il fièrement au Congrès américain qui le nomma major général. Blessé à la bataille de Brandywine en septembre 1777, il se lia d'une amitié filiale avec George Washington, qui le traita comme un fils. Il partagea l'hiver terrible de Valley Forge, rallia les Indiens Oneidas à la cause américaine (qui lui donnèrent le nom de Kayewla, « cavalier redoutable »), et contribua à la victoire décisive de Yorktown le 19 octobre 1781. De retour à la Cour, il connut un triomphe : au Trianon, il dansa un quadrille avec Marie-Antoinette, et Louis XVI, malgré les opinions progressistes du jeune homme, continua de le traiter avec bienveillance. Les États-Unis avaient fait germer en lui les idées de liberté. En juin 1789, député aux États généraux, il fut le principal rédacteur de la première Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, largement inspirée du modèle américain. Nommé commandant de la Garde nationale au lendemain de la prise de la Bastille, il inventa la cocarde tricolore — bleu et rouge de Paris encadrant le blanc du roi — symbole que la République française n'a plus jamais quitté. Partisan d'une monarchie constitutionnelle à l'anglaise, il tenta l'impossible : concilier ordre royal et Révolution. On le surnomma bientôt « capitaine Morphée » — pour sa tentative de « dormir sur les deux rives » des factions opposées. En octobre 1789, quand le peuple marcha sur Versailles, il fut débordé mais sauva Marie-Antoinette d'un massacre imminent. Déclaré traître par les Jacobins en août 1792, il fut arrêté par les Autrichiens et passa cinq années dans les geôles d'Olmütz, en Moravie, où sa femme et ses filles vinrent le rejoindre volontairement. Libéré en 1797, longtemps tenu à l'écart, il resurgit une dernière fois de l'histoire en 1830. À soixante-treize ans, la révolution des Trois Glorieuses le rappela au commandement de la Garde nationale. C'est lui qui remit à Louis-Philippe le nouveau drapeau national bleu-blanc-rouge — les couleurs qu'il avait données à sa garde nationale quarante et un ans plus tôt. Belle boucle historique. Il mourut à Paris le 20 mai 1834 et fut enterré au cimetière Picpus, sous de la terre rapportée d'Amérique comme il l'avait souhaité. Depuis 1917, un drapeau américain flotte en permanence sur sa tombe. On ne l'a jamais retiré, même sous l'Occupation.
Rue Lagrange-Chancel
patrimoineRue Lamartine
histoireD'abord poète célébré — les Méditations poétiques le rendirent illustre à trente ans —, Alphonse de Lamartine (1790-1869) devint sur le tard un politicien redouté pour son éloquence. Élu député en 1833, il se fit connaître par des discours retentissants sur la question sociale : après la révolte des canuts lyonnais, il dénonça dans un discours resté célèbre « l'horrible volcan sur lequel l'industrie repose » — formule qui frappait les esprits mais agaçait une Chambre bourgeoise que ses envolées mystiques laissaient sceptique. Quand la Monarchie de Juillet s'effondre le 24 février 1848, Lamartine se retrouve, presque malgré lui, à la tête du gouvernement provisoire. Le lendemain, à l'Hôtel de Ville, une foule en armes exige que le drapeau rouge, symbole insurrectionnel, remplace le tricolore. Lamartine s'y oppose dans un discours improvisé qui reste l'un des grands moments d'éloquence du XIXᵉ siècle : « Le drapeau rouge que vous nous rapportez n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93, tandis que le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. » Chef de facto de la jeune République, il fit abolir l'esclavage dans les colonies et la peine de mort en matière politique — deux mesures dont l'écho dépasse largement son court passage au pouvoir. L'euphorie de février tourne court. La fermeture des ateliers nationaux, ces chantiers publics créés pour employer les chômeurs parisiens, déclenche en juin 1848 une insurrection ouvrière — les Journées de Juin — matée dans le sang par le général Cavaignac. Lamartine, débordé par des événements qu'il ne maîtrise plus, perd tout crédit auprès du peuple qui l'avait porté en triomphe quatre mois plus tôt. La chute est vertigineuse. À l'élection présidentielle du 10 décembre 1848, celui qui avait proclamé la République ne recueille que 17 910 voix — 0,23 % —, humilié par Louis-Napoléon Bonaparte (5,4 millions de voix, 74 %). Dans son propre département de Saône-et-Loire, il n'obtient que 1 501 voix contre 27 121 pour Bonaparte. Sa carrière politique s'achève là, aussi vite qu'elle s'était imposée. Il retourne à la littérature et finit sa vie criblé de dettes, vendant sa plume au plus offrant pour survivre — lui qui, quelques décennies plus tôt, écrivait déjà dans L'Isolement son goût pour l'arrachement et la fuite : "Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !"
Rue Lanmary
patrimoineRue Lavoisier
patrimoineRue Le Bayard
patrimoineRue Ledru Rollin
patrimoineRue Léon Bloy
patrimoineRue Léon Dessales
patrimoineToute l'historiographie périgourdine doit quelque chose à Léon Dessales (1803-1878). Sans lui, une immense partie de la mémoire médiévale du Périgord serait restée enfouie dans les registres poussiéreux des Archives nationales. Sans lui, le grand Trésor des chartes — l'archive royale la plus prestigieuse de France — serait encore aujourd'hui presque impraticable pour les chercheurs. Jean-Léon Dessalles fut de ces érudits patients du XIXᵉ siècle qui ont fait le travail obscur sans lequel aucune histoire n'est possible. Fils d'un notable du Bugue, dans le Périgord Noir, il fit ses études au collège de Sarlat, passa son baccalauréat à Limoges, puis monta à Paris en 1822 pour étudier le droit. Un tournant décisif : à vingt-trois ans, il rencontra François Just Marie Raynouard, philologue et grand spécialiste de la langue romane et des troubadours. Il devint son secrétaire, se prit de passion pour l'érudition médiévale, et travailla pendant dix ans au monumental Lexique roman ou Dictionnaire de la langue des troubadours. À la mort de Raynouard en 1836, il en poursuivit la publication avec Just Paquet et Pélissier — le tome 3 et suivants portent leur nom conjoint. Devenu archiviste aux Archives nationales, il consacra les décennies suivantes à un travail titanesque : le classement et l'inventaire du Trésor des chartes, cet ensemble prodigieux de registres et de dossiers de la Couronne de France depuis le XIᵉ siècle, aujourd'hui coté sous les séries J et JJ — plus de quatre cents volumes reliés et mille boîtes de documents. Son étude Le Trésor des chartes, sa création, ses gardes et leurs travaux, depuis l'origine jusqu'en 1582 (1844) reste un texte fondateur de l'archivistique française. Une fois cette œuvre parisienne accomplie, il obtint le poste d'archiviste du département de la Dordogne et rentra au pays. Sa vraie vocation devint alors l'histoire de sa région natale. Il publia successivement une Histoire du Bugue, un Établissement du christianisme en Périgord, un De l'administration en Périgord du XIIIᵉ au XVIIIᵉ siècle, un Périgueux et les deux derniers comtes de Périgord, et surtout sa monumentale Histoire du Périgord en trois tomes — de la préhistoire à la Renaissance — qui reste, un siècle et demi plus tard, le texte de référence sur l'histoire médiévale de la région, et se lit encore aujourd'hui aux tables des grandes bibliothèques périgourdines. Réédité récemment, l'ouvrage continue d'inspirer les historiens locaux comme les curieux. Il mourut au Bugue en 1878, à soixante-quinze ans, dans la maison même où il était né. Sort rare et enviable pour un savant : rentrer mourir dans sa ville natale après avoir écrit son histoire.
Rue Léon Félix
patrimoineRue Limogeanne
patrimoineRue Littré
sciencesÉmile Littré (1801-1881) a passé sa vie à honorer ce baptême laïque : républicain, positiviste, franc-maçon, athée profond, savant obsédé par la rigueur et le doute méthodique. Mais l'ironie de sa dernière heure viendra troubler la belle ligne de sa vie. Fils d'un ancien canonnier de la marine devenu contrôleur des Droits réunis à Paris, éduqué au lycée Louis-le-Grand avec les honneurs, Littré aborda l'âge adulte sans savoir vraiment ce qu'il voulait faire. Secrétaire du comte Daru, il enseigna un temps le grec et le latin, puis s'inscrivit à vingt et un ans en médecine. Reçu douzième au concours de l'internat en 1826, il dut interrompre ses études à la mort de son père pour faire vivre sa mère. Il ne soutiendra jamais sa thèse et ne sera qu'officier de santé, non docteur. Cette blessure — n'avoir pas achevé son cursus médical — le poussera toute sa vie à travailler la médecine par les livres, la traduction, l'histoire, jusqu'à devenir plus savant que la plupart des docteurs. Son premier grand chantier fut colossal : la traduction complète des Œuvres d'Hippocrate en dix volumes bilingues grec-français, publiés de 1839 à 1861 — vingt-deux ans d'un travail titanesque. Cet exploit lui valut d'être élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1839, puis, chose inouïe, d'entrer à l'Académie de médecine en 1858 sans être docteur. Vers 1840, il découvrit le positivisme d'Auguste Comte — cette philosophie qui prétendait fonder toute connaissance sur la seule observation scientifique — et en devint le grand disciple, puis le grand propagateur. Il rompit avec le maître en 1852 quand celui-ci vira au mysticisme, et fonda sa propre revue, La Philosophie positive, où passèrent trois générations de savants républicains. Son œuvre monumentale, celle qui l'a rendu immortel, il la commença à quarante ans, encouragé par son éditeur Louis Hachette dès 1841. Le Dictionnaire de la langue française, qui prendra vite le nom simple et solennel de « le Littré », fut publié en quatre gros volumes de 1863 à 1873, avec un supplément posthume en 1877. Ce n'était pas seulement un dictionnaire des mots — c'était une histoire vivante de chaque mot, avec ses attestations chronologiques puisées dans les grands auteurs français, son étymologie, ses acceptions successives. Une méthode nouvelle : le voyage dans le temps de la langue. Un siècle et demi plus tard, on cite encore « le Littré » comme un arbitre suprême. Républicain de toujours, il fut conseiller municipal de Paris en 1848, député de la Seine en 1871, sénateur inamovible en 1875, et fut élu à l'Académie française en 1871 malgré l'opposition passionnée de l'évêque Dupanloup — qui, humilié, en démissionna en menaçant, mais céda aux instances de Guizot et cessa simplement d'assister aux séances. Il vint enfin ce dernier soir de juin 1881. Malade et affaibli, veillé par sa femme profondément catholique et par leur fille, il céda à leur insistance et accepta le baptême — administré, dit la tradition, non par un prêtre mais par sa propre femme. L'athée le plus rigoureux du XIXᵉ siècle mourut catholique. Le lendemain, à la une du Figaro, Émile Zola lui rendit hommage comme à un « homme du siècle ». Littré emporta avec lui le secret de ce qui fut peut-être une véritable conversion, peut-être un ultime geste de tendresse conjugale. Il n'aurait pas détesté que sa dernière énigme reste sans réponse.
Ruelle des Farges
patrimoineRue Loucheur
patrimoineRue Louis Blanc
patrimoineRue Louis Braille
patrimoineRue Louise Weiss
patrimoineRue Louis Magne
patrimoineRue Louis Mie
patrimoineRue Lucien Barrière
patrimoineRue Ludovic Trarieux
patrimoineRue Malesherbes
patrimoineRue Maleville
patrimoineRue Maréchal Foch
histoireNé à Tarbes dans une famille pyrénéenne catholique et fervente, le jeune Ferdinand Foch (1851-1929) hésite un temps entre la prêtrise et l'uniforme — son frère aîné, lui, deviendra jésuite. Ce sera finalement l'artillerie. Élève à Polytechnique, il en sort officier et se distingue vite par une intelligence militaire hors du commun, alimentée par une culture philosophique rare chez les gradés de son temps. Il lit Bergson, cite Aristote, réfléchit à la nature de la volonté et du choc. Devenu professeur à l'École de guerre, il forge une doctrine restée célèbre : « Ma droite est enfoncée, mon centre cède, impossible de manœuvrer, situation excellente, j'attaque. » La Marne, septembre 1914. À la tête de la IXe armée dans les marais de Saint-Gond, il tient bon face à l'offensive allemande dans des conditions désespérées. Ce sera l'une des batailles décisives du miracle de la Marne, qui sauve Paris. Foch entre dans la légende. Les années suivantes seront plus douloureuses — l'Artois, la Somme, des offensives sanglantes qui coûtent des centaines de milliers d'hommes pour quelques kilomètres. Il connaît aussi les traversées du désert, écarté un temps du commandement. Mars 1918 : les Allemands lancent leur ultime offensive et menacent de séparer les Français des Britanniques. Dans une réunion dramatique à Doullens, les Alliés se résolvent enfin à ce qu'ils avaient refusé pendant quatre ans : un commandement unique. Foch est nommé chef suprême des armées alliées sur le front occidental. Américains, Britanniques, Belges, Italiens, Français : tous sous ses ordres. Il a 66 ans, et devant lui l'armée allemande la plus puissante de l'histoire. En quelques mois, il retourne la situation. Le 18 juillet, il déclenche la contre-offensive de Villers-Cotterêts avec les premiers chars massés en profondeur. C'est le début de la fin. De juillet à novembre, les armées alliées ne cessent d'avancer. Le 11 novembre 1918, à 5h15 du matin, dans son wagon-restaurant en forêt de Compiègne à Rethondes, il reçoit la délégation allemande et fait signer l'armistice. À 11 heures, les clairons sonnent le cessez-le-feu sur tout le front. Une gloire universelle. Maréchal de France, maréchal de Grande-Bretagne, maréchal de Pologne — un cas unique dans l'histoire. Membre de l'Académie française, honoré dans toutes les capitales alliées. Il aura pourtant un regret amer : les conditions du traité de Versailles, qu'il juge trop douces. Sa phrase, prononcée en 1919, deviendra tragiquement prophétique : « Ce n'est pas une paix, c'est un armistice de vingt ans. » Il mourra dix ans jour pour jour avant qu'elle ne se vérifie. Il s'éteint le 20 mars 1929, à Paris. Funérailles nationales sous une pluie glaciale, cortège immense derrière l'affût de canon. On l'inhume aux Invalides, dans un tombeau monumental à quelques pas de Napoléon et de Turenne. La statue équestre qui le représente près du Trocadéro le montre en cavalier impassible, regardant vers l'Est — comme s'il continuait, pour l'éternité, à surveiller la frontière.
Rue Maréchal Gallieni
patrimoineRue Marguerite Eberentz
patrimoineRue Marie et Albert Rigoulet
patrimoineRue Martha Desrumaux
patrimoineRue Martin Bosch
patrimoineRue Mataguerre
patrimoineRue Maurice Féaux
patrimoineRue Mauvard
patrimoineRue Merlet
patrimoineRue Michelet
patrimoineRue Michel Hardy
patrimoineRue Michel Roulland
patrimoineRue Mignot
patrimoineRue Milor
patrimoineRue Mirabeau
patrimoineRue Modeste
patrimoineRue Moissan
patrimoineRue Montaigne
patrimoineRue Mosaïque
patrimoineRue Notre-Dame
patrimoineRue Nouvelle des Quais
patrimoineRue Nouvelle du Port
patrimoineRue Olympe de Gouges
patrimoineRue Parmentier
patrimoineRue Pasteur
sciencesLouis Pasteur (1822-1895) révèla dès l'enfance un vrai talent pour le dessin - son mentor au collège d'Arbois le surnomme « mon petit Michel-Ange » et il réalisera une quarantaine de portraits au pastel avant de se tourner vers la science. En 1863, il sera d'ailleurs nommé à la chaire de géologie, physique et chimie appliquées aux beaux-arts de l'École des Beaux-Arts de Paris. En 1865, Napoléon III lui demande de combattre les maladies qui ruinent les exportations de vin (acétification, pousse, graisse, amer). Pasteur met au point un chauffage à 60 °C pendant 20 à 30 minutes : la pasteurisation est née, faisant de Pasteur le sauveur du vin français. Le procédé sera ensuite appliqué à la bière, puis au lait. Marqué par la défaite de 1870 face aux Allemands, alors maîtres incontestés de la bière, il s'attelle à créer une bière française meilleure que la leur — un travail qui aboutira à la pasteurisation des bouteilles à 65 °C. Pourtant la célébrité de Pasteur vient du 6 juillet 1885, lorsqu'il inocula au jeune Joseph Meister, mordu 14 fois par un chien enragé, le premier vaccin antirabique de l'histoire ! L'enfant survécut et put vivre jusqu'à l'âge de 64 ans. Pasteur s'inspirait des travaux d'Edward Jenner sur la variole : il est donc le père du vaccin, mais non de la vaccination. Il fondit l'Institut Pasteur en 1888 et décéda à Marne-la-Coquette en 1895 et recevoir des funérailles nationales à Notre-Dame de Paris.
Rue Paul Bert
patrimoineRue Paul Doumer
patrimoineRue Paul Dumas
patrimoineRue Paul Louis Courier
patrimoineRue Paul Mazy
patrimoineRue Philippe Parrot
patrimoineRue Pierre Brantôme
patrimoineRue Pierre Curie
sciencesDans l'ombre immense de Marie, on oublie souvent son mari Pierre Curie (1859-1906). C'est pourtant un physicien de premier rang, l'un des plus brillants de son temps, et sans lui l'histoire du radium n'aurait sans doute jamais été écrite. Né à Paris dans une famille de médecins libres-penseurs, Pierre Curie n'est jamais allé à l'école. Son père, jugeant l'instruction publique trop rigide pour ce fils rêveur et lent à l'écrit, se charge lui-même de son éducation, dans le jardin familial et devant les vitrines des herboristes. Il apprend en observant la nature, en dessinant les fleurs, en démontant les mécanismes. À 16 ans, il entre à la Sorbonne. À 21, il est agrégé de physique. Avec son frère Jacques, il fait sa première grande découverte à 21 ans : certains cristaux — comme le quartz — produisent un courant électrique quand on les comprime, et se déforment quand on leur applique une tension. C'est la piézoélectricité. Découverte élégante et discrète, dont personne ne mesure alors la portée : elle équipe aujourd'hui les briquets, les montres à quartz, les échographies, les capteurs de smartphones, les sonars. Un siècle et demi plus tard, notre monde vibre littéralement au rythme de sa trouvaille de jeunesse. Il consacre ensuite quinze ans à étudier le magnétisme, formule la fameuse loi de Curie — qui décrit comment les matériaux magnétiques se comportent en fonction de la température — et découvre la température de Curie, au-delà de laquelle un aimant perd ses propriétés. Ces travaux lui vaudront enfin son doctorat, à 36 ans seulement. Il est brillant, mais lent, désintéressé, absorbé par ses expériences. Il travaille dans un laboratoire misérable à l'École de physique et chimie de Paris. Il refuse la Légion d'honneur, refuse les mondanités, refuse à peu près tout ce qui ressemble à un honneur. En 1894, un ami lui présente une jeune Polonaise venue étudier à Paris : Maria Skłodowska. Elle cherche un laboratoire pour ses recherches sur le magnétisme, il en cherche une pour partager sa vie. Ils se marient en 1895 — voyage de noces à vélo à travers la France, chacun un baluchon sur le porte-bagages. Pierre a 36 ans, Marie 27. Naît alors l'un des couples scientifiques les plus féconds de l'histoire. Quand Marie décide d'explorer les mystérieux rayons de l'uranium découverts par Becquerel, Pierre abandonne ses propres recherches pour s'associer à elle. Dans un hangar délabré de la rue Lhomond, sans chauffage ni ventilation, ils traitent à la main des tonnes de pechblende venue de Bohême. En 1898, ils isolent successivement deux nouveaux éléments : le polonium (baptisé en l'honneur de la patrie de Marie) et le radium. Ils inventent le mot « radioactivité ». Prix Nobel de physique en 1903 — que Pierre exige de partager avec Marie, alors que le comité voulait n'honorer que les hommes. Les mains couvertes de brûlures, épuisé par les longues heures de laboratoire, il souffre de douleurs osseuses de plus en plus violentes — les premiers effets, ignorés à l'époque, des rayonnements. Il continue pourtant : professeur enfin à la Sorbonne en 1904, élu à l'Académie des sciences en 1905. Il commence à peine à goûter la reconnaissance. Une rue sous la pluie. Le 19 avril 1906, à Paris, il traverse la rue Dauphine sous une pluie battante, distrait, épuisé, sans doute déjà malade. Il glisse. Un lourd fardier tiré par un cheval passe à cet instant : sa roue lui écrase le crâne. Il meurt sur le coup, à 46 ans. Marie ne s'en remettra jamais tout à fait ; elle poursuivra seule leurs travaux, obtiendra un second Nobel en son honneur autant qu'au sien. En 1995, presque un siècle après sa mort, il entre au Panthéon aux côtés de Marie. Sur son cercueil, quelques mots gravés — les seuls qui lui vont : physicien, savant, humble. On disait de lui qu'il aurait suffi qu'il tende la main pour recevoir toutes les gloires. Il ne l'a jamais tendue. C'est peut-être pour cela qu'on ne les lui a jamais retirées.
Rue Pierre de Coubertin
patrimoineRue Pierre Émile Roux
patrimoineRue Pierre Magne
patrimoineRue Pierre Pugnet
patrimoineRue Pierre Sémard
patrimoineRue Port-de-Graule
patrimoineRue Raymond Raudier
patrimoineRue René Auxerre
patrimoineRue René Chouet
patrimoineRue René Lestin
patrimoineRue Reydie
patrimoineRue Ribot
patrimoineRue Robert Guichard
patrimoineRue Roger Barnalier
patrimoineRue Roger d'Abadie
patrimoineRue Roletrou
patrimoineRue Rolf-Hammel
patrimoineRue Romaine
patrimoineRue Rouget de Lisle
patrimoineRue Saint-Astier
patrimoineRue Sainte-Claire
patrimoineRue Sainte-Marie
patrimoineRue Sainte-Marthe
patrimoineRue Saint-Étienne
patrimoineRue Sainte-Ursule
patrimoineRue Saint-Front
patrimoineRue Saint-Gervais
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patrimoineRue Saint-Pierre ès Liens
patrimoineRue Saint-Roch
patrimoineRue Saint-Silain
patrimoineRue Saint-Simon
patrimoineRue Salinière
patrimoineRue Salomon
patrimoineRue Sébastopol
patrimoineRue Séguier
patrimoineRue Sergent Bonnelie
patrimoineRue Sévène
patrimoineRue Siegfried
patrimoineRue Sirey
patrimoineRue Solférino
patrimoineRue Sully
patrimoineRue Suzanne Lacore
patrimoineRue Taillefer
patrimoineSans Henry Wlgrin de Taillefer (1761-1833), la Périgueux gallo-romaine serait probablement restée sous terre. Il fut le premier à comprendre que les blocs antiques réemployés dans les remparts et les caves de la ville étaient les vestiges précieux d'une cité oubliée — la Vésone des Pétrucores, capitale gallo-romaine qui donna son nom au Périgord. Passionné, obstiné, ruiné pour sa passion, Henry Wlgrin de Taillefer est le père fondateur de l'archéologie périgourdine. Né au château de Barrière à Villamblard en 1761, dernier héritier d'une lignée qui revendiquait fièrement sa descendance des comtes Taillefer — cette grande dynastie médiévale d'Angoulême et de Périgord née, dit la légende, d'un coup d'épée qui trancha en deux un chef viking —, il se présenta toute sa vie sous le prénom archaïque de Wlgrin, en hommage à son ancêtre du IXᵉ siècle. Le geste dit tout de sa passion pour le passé. Militaire de formation, il constitua dès sa jeunesse dans une tour de son château un « cabinet d'antiques » où s'entassaient monnaies gauloises, bronzes celtes, pierres sculptées gallo-romaines. La Révolution l'obligea à émigrer en Allemagne pendant plus de dix ans. Pour survivre, il dut vendre les plus belles pièces de sa collection. À son retour vers 1800, il choisit de s'installer à Périgueux, vendit son château de Villamblard en 1809, et consacra tout ce qui lui restait de fortune et d'énergie à un seul but : sauver et faire connaître Vésone. Ce fut un combat solitaire et têtu. Il acheta les terrains autour de la tour de Vésone — dernier vestige debout d'un temple païen — pour empêcher toute nouvelle destruction. Il prélava les blocs antiques qui gisaient dispersés dans les fortifications, les remonta et les regroupa dans les ruines de l'amphithéâtre. En 1804, il installa dans la chapelle des Jésuites de Périgueux un premier musée archéologique. En 1808, la collection s'étant enrichie, elle fut déplacée dans le grand vomitoire des arènes, sous le nom de Musée vésunien. Ce fut le noyau originel du futur Musée d'art et d'archéologie du Périgord, aujourd'hui l'un des plus anciens musées de Nouvelle-Aquitaine. Il publia en 1821 et 1826 les deux tomes des Antiquités de Vésone, cité gauloise remplacée par la ville actuelle de Périgueux — synthèse de trente ans de recherches, ouvrage encore consulté aujourd'hui. Son grand rêve — construire un musée digne aux abords de la tour de Vésone — resta hélas irréalisé de son vivant, faute de crédits publics. Il mourut à Périgueux le 2 février 1833, à soixante-onze ans, laissant par testament ses antiquités à son ami et complice Joseph de Mourcin, à condition qu'elles rejoignent un musée. Ce fut chose faite en 1835. Son rêve, lui, mit 170 ans à se réaliser : c'est en 2003 seulement que le grand musée gallo-romain de Vesunna, conçu par Jean Nouvel, ouvrit enfin ses portes autour de la tour, exactement à l'endroit qu'il avait acheté et défendu deux siècles plus tôt. Peu de rêves d'antiquaire ont eu une aussi belle postérité.
Rue Talleyrand Périgord
patrimoineRue Thiers
patrimoineRue Tranquille
patrimoineRue Turenne
patrimoineRue Victor Basch
patrimoineRue Victor Hugo
histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1885) naquit à Besançon le 7 ventôse de l'an X — soit le 26 février 1802 dans le calendrier révolutionnaire encore en usage. Poète, romancier, dramaturge, mais aussi (moins connu) dessinateur de génie — il laissa près de quatre mille dessins d'une audace visionnaire admirée par Delacroix —, il fut le père incontesté du romantisme français depuis la fameuse bataille d'Hernani (25 février 1830), soirée fondatrice où jeunes romantiques et académiques en vinrent presque aux mains au Théâtre-Français. Son œuvre est monumentale : Notre-Dame de Paris (1831), Ruy Blas, Les Misérables (1862, son sommet mondial), L'Homme qui rit, Quatre-vingt-treize, sans oublier les sublimes poèmes des Contemplations et des Châtiments, et l'immense fresque de La Légende des siècles. Sa carrière politique ne fut pas moindre. Nommé pair de France en 1845, il fut élu député de Paris en 1848, prit position contre la peine de mort — le combat de toute sa vie — et défendit ardemment la République. Le coup d'État du 2 décembre 1851 fomenté par Louis-Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon III) le contraignit à un exil de dix-neuf ans, d'abord en Belgique, puis dans les îles anglo-normandes de Jersey puis Guernesey, où il écrivit ses plus grandes œuvres. Quand Napoléon III lui offrit l'amnistie en 1859, il refusa avec ces mots devenus proverbes : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai. » Il tint parole et ne rentra que le 5 septembre 1870, deux jours après la chute de l'Empire, acclamé à la gare du Nord par une foule immense. Sa vie fut aussi celle des grands deuils : la mort noyée de sa fille Léopoldine en 1843, à dix-neuf ans, dans la Seine à Villequier — deuil fondateur qui inspirera le déchirant « Demain, dès l'aube… » — et la double vie sentimentale entre son épouse Adèle Foucher et sa muse Juliette Drouet, avec qui il vécut une passion secrète de cinquante ans. Il mourut d'une pneumonie à Paris le 22 mai 1885, à quatre-vingt-trois ans. Deux millions de personnes défilèrent devant sa dépouille sur les Champs-Élysées avant qu'il ne soit conduit au Panthéon, dans un simple corbillard de pauvre qu'il avait demandé par testament. Le Panthéon avait été rendu au culte laïque exprès pour l'accueillir. Il fut ainsi non seulement l'homme d'un siècle, mais le siècle en un homme.
Rue Victoria
patrimoineRue Voltaire
histoireIssu de la bourgeoisie parisienne, François-Marie Arouet (1694-1778) fit de brillantes études chez les jésuites de Louis-le-Grand. Son pseudonyme Voltaire est l'anagramme d'Arovet L.J. — « Arouet le Jeune » — à une époque où u et v ne se distinguaient pas encore à l'écrit. Ses vers irrévérencieux contre le Régent lui valurent onze mois de Bastille en 1717, où il écrivit sa première tragédie et se choisit son nouveau nom. Un franc-parler récidiviste l'exila ensuite en Angleterre pendant trois ans, séjour décisif : il en revint transformé, avec une philosophie réformatrice de la justice et de la société inspirée du modèle anglais, et une défense ardente de la liberté d'expression. Rentré en France, il ne cessa dès lors de critiquer la guerre, le dogme chrétien et surtout la monarchie absolue de droit divin. Historiographe du roi en 1745, il entra à l'Académie française l'année suivante — mais ses écrits scandaleux (Zadig, 1747) le forcèrent à l'exil, d'abord chez Frédéric II à Berlin, puis en Suisse. En 1759, il s'installa à Ferney, village frontalier de la Suisse qui portera désormais son nom : il y accueillit toute l'Europe éclairée pendant vingt ans, devenant le « patriarche de Ferney », référence intellectuelle du siècle. La même année, il publia Candide, roman satirique où sa naïveté imaginaire dénonce le fanatisme, la guerre, l'esclavage et l'optimisme métaphysique de Leibniz — le fameux « Il faut cultiver notre jardin » qui clôt le livre. Avec ses pamphlets mordants, il se battit contre les injustices judiciaires : l'affaire Calas (protestant toulousain roué en 1762, réhabilité grâce à lui en 1765), l'affaire Sirven, l'exécution du jeune chevalier de La Barre. À chacun il opposa sa devise, signée à la fin de ses lettres : « Écrasons l'infâme » — l'infâme étant le fanatisme religieux. En 1778, à quatre-vingt-trois ans, il revint triomphalement à Paris après vingt-huit ans d'absence : la Comédie-Française l'acclama debout, la foule l'idolâtra. Il mourut trois mois plus tard. Refusé de sépulture chrétienne, enterré à la sauvette en Champagne, il fut transféré au Panthéon par la Révolution en 1791. Il y repose depuis, face à Rousseau — les deux frères ennemis des Lumières.
Rue Waldeck Rousseau
histoireDeux lois portent le nom de Pierre Waldeck-Rousseau ((1846-1904), et chacune a changé la vie quotidienne de millions de Français. La loi Waldeck-Rousseau du 21 mars 1884 autorisa pour la première fois la création des syndicats professionnels, abrogeant la loi Le Chapelier de 1791 qui les interdisait depuis près d'un siècle. La loi du 1er juillet 1901 consacra la liberté d'association — cette même loi qui, aujourd'hui encore, régit toutes les associations françaises, du club de pétanque au grand mouvement caritatif. Peu d'hommes politiques ont laissé une trace juridique aussi durable dans le tissu social du pays. Il naquit à Nantes le 2 décembre 1846, fils d'un avocat républicain élu à l'Assemblée constituante de 1848 et maire de Nantes. Formé au droit à Rennes puis à Paris, avocat brillant à la parole sèche et précise, Waldeck-Rousseau fut élu député de Rennes en 1879 à trente-deux ans, prit place à la Chambre parmi les républicains opportunistes, et se fit rapidement remarquer par la solidité juridique de ses interventions. Gambetta le fit ministre de l'Intérieur en 1881 ; Jules Ferry le reconduisit dans cette fonction de 1883 à 1885. C'est à ce poste qu'il porta devant le Parlement la première grande loi qui porta son nom : celle qui rendait leurs droits aux travailleurs organisés. Déçu par la politique parlementaire, il s'écarta un temps du pouvoir après la chute de Ferry en 1885, redevint avocat au barreau de Paris — où son cabinet spécialisé dans les affaires financières devint l'un des plus recherchés — puis revint à la vie politique comme sénateur de la Loire en 1894. Son grand rendez-vous historique vint quatre ans plus tard, en pleine affaire Dreyfus. Alors que la France se déchirait sur la culpabilité ou l'innocence du capitaine, que les nationalistes et les antisémites menaçaient l'ordre républicain, le président Émile Loubet l'appela le 22 juin 1899 pour former un gouvernement. Le pari était audacieux : Waldeck-Rousseau réussit à faire cohabiter dans le même cabinet de « Défense républicaine » le général de Galliffet — le sinistre « fusilleur de la Commune » — et le socialiste Alexandre Millerand, première entrée d'un socialiste dans un gouvernement de la République. Le ministère dura trois ans, le plus long de toute la IIIᵉ République. Waldeck-Rousseau y ramena la paix civile, gracia Dreyfus en 1899 (avant sa réhabilitation complète en 1906), fit voter la loi de 1901 sur les associations, réorganisa l'armée et pacifia les relations sociales. Cette loi de 1901, qui reste son grand testament, avait une dimension politique très concrète : elle visait aussi à soumettre les congrégations religieuses à autorisation, dans le contexte tendu du combat pour la laïcité. Elle serait prolongée dès 1905 par la loi de séparation des Églises et de l'État, dont Waldeck-Rousseau posa les fondations sans en voir l'aboutissement. Rongé par le cancer, il démissionna en juin 1902 et mourut à Corbeil deux ans plus tard, à cinquante-sept ans. Son cabinet d'avocat, sa parole sèche et sa hauteur de vue avaient permis à la République de traverser sa plus grave crise depuis la Commune. Un siècle plus tard, chaque association déclarée en préfecture, chaque syndicat qui négocie une convention collective porte encore la trace discrète de son nom.
Sentier Saint-Georges
patrimoineSquare Amédée de Lacrousille
patrimoineSquare Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Voie des Stades
patrimoineVoie Verte des Berges de l'Isle
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