Rues de La Roche-sur-Yon
1404 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée Alfred Sisley
patrimoineAllée Amédée Bollée
patrimoineAllée Anne Frank
patrimoineAllée Arthur Honegger
patrimoineAllée Céleste Bulkeley
patrimoineAllée d'Eden
patrimoineAllée de la Bicentenaire
patrimoineAllée de la Courtaisière
patrimoineAllée de la Minoterie
patrimoineAllée des Druides
patrimoineAllée des Tanneurs
patrimoineAllée Diane Fossey
patrimoineAllée Edgar Degas
patrimoineAllée Emilienne Evrard
patrimoineAllée Eva Lallement
patrimoineAllée Frédéric Bazille
patrimoineAllée Gaudi
patrimoineAllée Georges De La Tour
patrimoineAllée Georges Seural
patrimoineAllée Gustave Flaubert
patrimoineAllée Jean Paul Sartre
patrimoineAllée Léopold Guillet
patrimoineAllée Louis-Théophile Rousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Allée Maurice Mornet
patrimoineAllée Michel Rocher
patrimoineAllée Monsieur Hulot
patrimoineAllée Pablo Casals
patrimoineAllée Picasso
patrimoineAllée Pierre Seghers
patrimoineAllée Raymond Aron
culturePhilosophe, sociologue et journaliste — éditorialiste du Figaro pendant trente ans —, Raymond Aron (1905-1983) fut l'une des grandes consciences politiques et intellectuelles de la France du XXᵉ siècle. Issu d'une famille juive alsacienne, camarade de promotion à Normale sup de Jean-Paul Sartre (avec qui il partagea l'amitié la plus intime avant les brouilles politiques d'après-guerre), il rejoignit Londres dès 1940 pour devenir rédacteur en chef de La France libre, la grande revue de la France libre. Dans l'après-guerre, alors que l'intelligentsia française majoritaire se rangeait derrière l'URSS, Aron devint le spectateur engagé — titre d'un de ses livres — de la Guerre froide : anticommuniste ferme, libéral au sens philosophique, défenseur des démocraties parlementaires, il incarna un courant profondément minoritaire dans une France intellectuelle largement gagnée aux idéaux marxistes. Son grand essai L'Opium des intellectuels (1955) fut un pamphlet célèbre contre la fascination communiste de ses collègues — dont Sartre, précisément. La postérité résuma cette fracture par la formule fameuse : « Il vaut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron. » Aron aurait souri : elle disait tout ce contre quoi il avait lutté. Il n'en poursuivit pas moins une œuvre immense — Paix et Guerre entre les nations (1962), traité fondateur des relations internationales, Les Étapes de la pensée sociologique, cours à la Sorbonne devenu classique, et ses splendides Mémoires (1983), best-seller inattendu publié peu avant sa mort. Pour Aron, savoir et action n'étaient pas incompatibles : « La possession du savoir objectif, si elle n'est peut-être pas indispensable, est à coup sûr favorable à une action raisonnable. » Il fut réhabilité tardivement, dans les années 1970-1980, comme la conscience lucide et libérale de son siècle. Sa fin fut à l'image de sa vie : il mourut d'une crise cardiaque au Palais de Justice de Paris, le 17 octobre 1983, alors qu'il venait témoigner en faveur d'un journaliste attaqué en diffamation. Il mourut en défendant la liberté de la presse — meilleur épilogue possible pour l'éditorialiste qu'il n'avait cessé d'être.
Allée Saint-Yon
patrimoineAllée Whitman
patrimoineAllée Yvonne de la Biliais
patrimoineAvenue Alexandra David-Néel
patrimoineAvenue Aliénor d'Aquitaine
patrimoineAvenue Charles Pontarlier
patrimoineAvenue de la Fraternité
patrimoineAvenue de la Plaine
patrimoineAvenue de Lattre de Tassigny
patrimoineAvenue de Mon Repos
patrimoineAvenue des Marais
patrimoineAvenue des Renardières
patrimoineAvenue du Bocage
patrimoineAvenue du Littoral
patrimoineAvenue Éric Tabarly
patrimoineAvenue Étienne Montrelay
patrimoineAvenue Gambetta
histoireFils d'un épicier génois installé à Cahors, Léon Gambetta (1838-1882) n'a rien d'un enfant de la bourgeoisie parisienne. Il monte à Paris étudier le droit, perd un œil dans un accident d'enfance, mais compense ce handicap par une voix de tonnerre et un art oratoire qui va sidérer son époque. Avocat, il se fait connaître en 1868 par une plaidoirie fulgurante contre le Second Empire — un réquisitoire devenu célèbre où il énumère, un à un, les crimes du régime. Le jeune homme du Sud-Ouest est désormais un nom. Le 4 septembre 1870. La France vient d'être écrasée à Sedan, l'empereur est prisonnier des Prussiens. À l'Hôtel de Ville de Paris, Gambetta — 32 ans — proclame la République depuis un balcon, devant une foule en délire. Ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de Défense nationale rapidement encerclé dans Paris assiégé, il prend une décision spectaculaire : le 7 octobre, il s'échappe en ballon au-dessus des lignes prussiennes pour rejoindre la province et y lever de nouvelles armées. L'image est restée : un ministre en montgolfière, écharpe au vent, allant sauver la patrie. Depuis Tours puis Bordeaux, il improvise en quelques semaines des armées entières, mobilise, réquisitionne, harangue. Rien n'y fait : la France est vaincue, l'Alsace-Moselle perdue. Gambetta démissionne, refusant de cautionner le traité. Ce qu'il fait ensuite est peut-être plus important encore. Dans une Assemblée majoritairement monarchiste, il consacre dix ans à convaincre, séduire, rallier — patiemment, ville après ville, discours après discours. Sa formule reste célèbre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi. » Il forge le vocabulaire, les rituels, la mystique d'une République qui doit s'ancrer dans les cœurs. Il popularise la Marseillaise, le 14 juillet, l'école laïque à venir. Sans lui, il n'est pas sûr que la République se serait installée durablement en France. Nommé enfin président du Conseil en novembre 1881, son gouvernement — le « Grand Ministère » que tout le monde attendait — tombe au bout de dix semaines. Le 27 novembre 1882, dans sa maison des Jardies à Ville-d'Avray, un coup de revolver part accidentellement, lui traversant la main. La blessure paraît bénigne mais il meurt le 31 décembre, à 44 ans, d'une appendicite mal soignée aggravée par sa convalescence. La rumeur d'un suicide, ou d'un drame passionnel avec sa compagne Léonie Léon, courra longtemps. Des funérailles nationales grandioses ont lieu le 6 janvier 1883 : un demi-million de Parisiens suivent le cortège. En 1920, pour le cinquantenaire de la République, son cœur — et son cœur seul — est transféré au Panthéon dans une urne. Le reste de son corps repose à Nice, auprès de son père. Étrange destin posthume pour celui qui, plus que tout autre, avait mis le sien au service de la République.
Avenue Guy Trajan
patrimoineAvenue Jean Etoubleau
patrimoineAvenue Léonard de Vinci
patrimoineAvenue Picasso
patrimoineAvenue Roger Frison-Roche
patrimoineAvenue Yitzhak Rabin
patrimoineBoulevard Antoine Tortat
patrimoineBoulevard Arago
patrimoineBoulevard Aristide Briand
patrimoineBoulevard Augustin Rouillé
patrimoineBoulevard d'Angleterre
patrimoineBoulevard d'Austerlitz
patrimoineBoulevard de l'Industrie
patrimoineBoulevard Denis Papin
patrimoineBoulevard des Belges
patrimoineBoulevard des États-Unis
patrimoineBoulevard d'Eylau
patrimoineBoulevard d'Italie
patrimoineBoulevard Don Quichotte
patrimoineBoulevard du Maréchal Guérin
patrimoineBoulevard du Préfet Merlet
patrimoineBoulevard du Sénateur Durand
patrimoineBoulevard Édison
patrimoineBoulevard Édouard Branly
patrimoineBoulevard Gaston Defferre
patrimoineBoulevard Gaston Guitton
patrimoineBoulevard Jean Reiller
patrimoineBoulevard Jean Yole
patrimoineBoulevard Joseph Cugnot
patrimoineBoulevard Lavoisier
patrimoineBoulevard Le Corbusier
patrimoineBoulevard Léon Martin
patrimoineBoulevard Louis Blanc
patrimoineBoulevard Maréchal Leclerc
histoireLe maréchal Leclerc, de son nom complet Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947) est connu pour son rôle majeur dans la Libération pendant la Seconde Guerre mondiale. Sorti de l’école militaire de Saint-Cyr, il rejoint la France libre du général Charles de Gaulle en 1940 après la défaite française. Il mène ensuite des campagnes en Afrique, notamment la prise de Koufra en 1941, où il fait le célèbre serment de libérer Strasbourg. Leclerc commande ensuite la 2e Division Blindée (2e DB), une grande unité équipée de chars et de véhicules blindés. La 2e DB participa au débarquement de Normandie en 1944 et eut un rôle décisif dans la libération de Paris et de Strasbourg. Les succès associèrent le jeune officier aux engins mécanisés de sa division, ce qui explique le nom d'une série de chars de combat français - les chars Leclerc. Ses faits d'armes lui valurent le titre de Maréchal de France, plus haute distinction militaire française qui n’est pas un grade mais une dignité honorifique. Néanmoins, il fut consacré à titre posthume, en 1952, étant mort dans un accident d’avion en 1947 en Algérie.
Boulevard Michel Ange
patrimoineBoulevard Paul Caillaud
patrimoineBoulevard Pierre et Marie Curie
sciencesMaria Skłodowska (1867-1934) est originaire de Varsovie, dans une Pologne alors sous domination russe. Elle grandit dans une famille d'enseignants patriotes, cultivés et pauvres. Interdite d'université parce que femme et polonaise, elle suit les cours clandestins de « l'Université volante » avant de travailler comme gouvernante pour payer les études de sa sœur à Paris. Puis, à 24 ans, ce sera son tour : train pour Paris, chambre glaciale au Quartier latin, études à la Sorbonne dans une langue qu'elle apprend en marchant. Elle sort major de sa promotion en physique. En 1894, elle rencontre Pierre Curie, physicien discret et brillant. Ils se marient l'année suivante — voyage de noces à vélo à travers la France — et forment l'un des couples scientifiques les plus célèbres de l'histoire. Dans un hangar délabré de la rue Lhomond, sans chauffage, sans hotte, ils traitent à la main des tonnes de pechblende venue de Bohême pour en extraire, à la petite cuillère, quelques décigrammes d'un élément nouveau. Ils le nomment polonium en hommage à la patrie de Marie. Puis, quelques mois plus tard, en 1898, ils isolent le radium. Le monde entre dans l'ère de la radioactivité — un mot qu'elle a inventé. En 1903, le prix Nobel de physique récompense les Curie et Henri Becquerel. Le comité voulait n'honorer que les hommes ; Pierre exige que Marie soit associée. Elle devient la première femme lauréate d'un prix Nobel. La gloire, mais aussi la fatigue, la santé qui s'altère — leurs mains sont couvertes de brûlures qu'ils ne comprennent pas encore. Le 19 avril 1906, Pierre traverse la rue Dauphine sous la pluie, glisse, tombe sous les roues d'un camion à cheval. Il meurt sur le coup. Marie a 38 ans, deux petites filles, et un chagrin qui ne la quittera plus. Elle reprend pourtant la chaire de son mari à la Sorbonne — première femme professeur de l'histoire de l'université — et poursuit seule les recherches. En 1911, elle reçoit un second Nobel, de chimie cette fois, pour l'isolement du radium métallique. Elle est à ce jour la seule personne à avoir obtenu deux Nobel dans deux disciplines scientifiques distinctes. La même année, elle est écartée de l'Académie des sciences française : trop femme, trop étrangère, trop indépendante. Elle n'y entrera jamais. Pendant la Grande Guerre, elle équipe à ses frais une vingtaine de voitures radiologiques mobiles pour le front — les fameuses « petites Curie ». Elle apprend à conduire, forme des manipulatrices, se rend elle-même sous les obus. Un million de blessés seront radiographiés grâce à ces véhicules. Elle refuse toute médaille. Elle meurt le 4 juillet 1934, dans un sanatorium des Alpes, d'une anémie aplasique provoquée par des décennies d'exposition aux rayonnements. Ses carnets de laboratoire sont encore aujourd'hui si radioactifs qu'ils sont conservés dans des coffres plombés, à consulter en combinaison. En 1995, elle entre au Panthéon aux côtés de Pierre — première femme à y être admise pour ses propres mérites. Sa fille Irène recevra à son tour, avec son mari Frédéric Joliot-Curie, le Nobel de chimie en 1935. La science, chez les Curie, était affaire de famille — et de siècle.
Boulevard Réaumur
patrimoineBoulevard René Levesque
patrimoineBoulevard Rivoli
patrimoineBoulevard Stéphane Moreau
patrimoineBoulevard Sully
patrimoineBus
patrimoineCarreau des Halles
patrimoineChemin Armand Thouzeau
patrimoineChemin Charles Biguet
patrimoineChemin Chico Mendès
patrimoineChemin Darius Milhaud
patrimoineChemin de Bâtard
patrimoineChemin de Brunefoy
patrimoineChemin de Fougère
patrimoineChemin de Guyon
patrimoineChemin de la Boisselée
patrimoineChemin de l'Abreuvoir
patrimoineChemin de la Brissonnière
patrimoineChemin de la Brossardière
patrimoineChemin de la Caillaudière
patrimoineChemin de la Caverne
patrimoineChemin de la Chaponnière
patrimoineChemin de la Comète
patrimoineChemin de la Croisée du Paradis
patrimoineChemin de la Cure
patrimoineChemin de la D 948 à la C 105
patrimoineChemin de la Fernandière
patrimoineChemin de la Fragonnette
patrimoineChemin de la Galerie
patrimoineChemin de la Giraudière
patrimoineChemin de la Grande Combe
patrimoineChemin de la Grande Longeais
patrimoineChemin de la Grenouillère
patrimoineChemin de la Haute Chapelle
patrimoineChemin de la Landette
natureChemin de la Lardière
patrimoineChemin de la Marisette
patrimoineChemin de la Morelière
patrimoineChemin de la Pairette
patrimoineChemin de la Patience
patrimoineChemin de la Petite Colle
patrimoineChemin de la Pierre Plate
patrimoineChemin de la Poissonnière
patrimoineChemin de la Potinière
patrimoineChemin de la Ritournelle
patrimoineChemin de la Rouzinière
patrimoineChemin de la Sorinière
patrimoineChemin de la Talonnière
patrimoineChemin de la Tétaudière
patrimoineChemin de l'Avenaud
patrimoineChemin de la Vrignaie
patrimoineChemin de l'Écluse
patrimoineChemin de l'Héraudet
patrimoineChemin de l’Horbetoux
patrimoineChemin de l'Ornay
patrimoineChemin de Malidor d'En Haut
patrimoineChemin de Renou
patrimoineChemin de Sainte-Anne
patrimoineChemin des Alisiers
patrimoineChemin des Alouettes
patrimoineChemin des Amoureux
patrimoineChemin des Brochets
patrimoineChemin des Châtaigniers
patrimoineChemin des Chevaines
patrimoineChemin des Clousis
patrimoineChemin des Druides
patrimoineChemin des Écrevisses
patrimoineChemin des Écureuils
patrimoineChemin des Epinettes
patrimoineChemin des Garennes
patrimoineChemin des Gittes
patrimoineChemin des Jaumaires
patrimoineChemin des Jonchères
patrimoineChemin des Landes
natureChemin des Loges
patrimoineChemin des Loups
patrimoineChemin des Miroirs
patrimoineChemin de Soulouze
patrimoineChemin des Poiriers
patrimoineChemin des Potiers
patrimoineChemin des Prairies
natureChemin des Prunelliers
patrimoineChemin des Rossignols
patrimoineChemin des Tambours
patrimoineChemin des Tisserands
patrimoineChemin du Champ du Loup
patrimoineChemin du Docteur Jarriau
patrimoineChemin du Four à Pots
patrimoineChemin du Grand Pâtis
patrimoineChemin du Moulin de Grolleau
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Chemin du Noiron
patrimoineChemin du Pâtis
patrimoineChemin du Pâtis aux Jards
patrimoineChemin du Penaud
patrimoineChemin du Pont-Biot
patrimoineChemin du Pont René
patrimoineChemin du Pré de la Vesce
patrimoineChemin du Pré Merle
patrimoineChemin du Pré Sec
patrimoineChemin Eugène Louis
patrimoineChemin Ferdinand Duviard
patrimoineChemin Guy Bourrieau
patrimoineChemin Marguerite d'Angoulême
patrimoineChemin Napoléon
patrimoineChemin Pierre Leschiera
patrimoineChemin Saint-François d'Assises
patrimoineCour Coirard
patrimoineCours Bayard
patrimoineDrive
patrimoineEntrée Giotto
patrimoineEspace Clemenceau
patrimoineEsplanade Jean-François Morineau
patrimoineEsplanade Jeannie-Mazurelle
patrimoineFood court
patrimoineGalerie de l'Empire
patrimoineGalerie Georges Pompidou
patrimoineGiratoire Bernard Palissy
sciencesArtisan autodidacte devenu l'un des plus grands céramistes de la Renaissance, Bernard Palissy (v.1510-1589) passa seize ans de sa vie obstinément penché sur son four, à chercher le secret de l'émail blanc à la vénitienne — ruinant sa famille, brûlant ses meubles pour alimenter son feu quand le bois vint à manquer. La légende, colportée jusque dans l'Encyclopédie de Diderot, veut qu'il ait sacrifié jusqu'aux planches de son plancher. Sa persévérance finit par payer : il inventa les fameuses « rustiques figulines », plats et bassins émaillés où grouillent, en relief saisissant, lézards, poissons, serpents, grenouilles et coquillages moulés d'après nature. Sa virtuosité lui valut la protection de Catherine de Médicis, pour qui il aménagea une grotte céramique aux Tuileries. Mais Palissy fut aussi un précurseur des sciences : converti au protestantisme vers 1546, il donna des conférences remarquées sur les eaux, les métaux, la formation des roches, et défendit contre l'Église l'idée révolutionnaire que les fossiles sont des restes d'animaux réels — bien avant la naissance de la paléontologie. Ses convictions religieuses lui valurent la prison sous Henri II, puis la Bastille à près de quatre-vingts ans, où il mourut en 1589. La légende raconte qu'Henri III, venu le presser d'abjurer, s'entendit répondre : « Sire, vous ne pouvez rien contre moi, car je sais mourir. »
Giratoire Napoléon Vendée
patrimoineImpasse Abbé Grégoire
patrimoineImpasse Abbé Patrice Fauconnier
patrimoineImpasse Adalbert de Chamisso
patrimoineImpasse Adolphe Aderer
patrimoineImpasse Alain Bombard
patrimoineImpasse Alain Colas
patrimoineImpasse Alain Gerbault
patrimoineImpasse Albert Mocquillon
patrimoineImpasse Alcide Auguste
patrimoineImpasse Alcide d'Orbigny
patrimoineImpasse Alexandre Dumas
patrimoineImpasse Alexandre Ribot
patrimoineImpasse Alexandre Vergereau
patrimoineImpasse Alphonse Daudet
patrimoineImpasse Amiral Louis-Charles du Chaffault
patrimoineImpasse Ampère
patrimoineImpasse André Billet
patrimoineImpasse Andromède
patrimoineImpasse Anna de Noailles
patrimoineImpasse Anna Freud
patrimoineImpasse Anne Dufourmantelle
patrimoineImpasse Annie Girardot
patrimoineImpasse Antoine Laurent de Jussieu
patrimoineImpasse Antonin Magne
patrimoineImpasse Archimède
patrimoineImpasse Arletty
patrimoineImpasse Arthur Gueniot
patrimoineImpasse Assimon
patrimoineImpasse Auguste Blanqui
patrimoineImpasse Auguste Vivien
patrimoineImpasse Auvynet
patrimoineImpasse Badiole
patrimoineImpasse Baptiste Marcet
patrimoineImpasse Barbara
patrimoineImpasse Bartholdi
patrimoineImpasse Belin
patrimoineImpasse Bergson
patrimoineImpasse Bernard Lyot
patrimoineImpasse Bernard Moitessier
patrimoineImpasse Camille Flammarion
patrimoineImpasse Camille Pissarro
patrimoineImpasse Capitaine Charles Guinaudeau
patrimoineImpasse Caroline Aigle
patrimoineImpasse Caroline Herschel
patrimoineImpasse Cassiopée
patrimoineImpasse Cécile Artarit-Roudaut
patrimoineImpasse Charles de Foucauld
patrimoineImpasse Charles Fourier
patrimoineImpasse Charles Garnier
patrimoineImpasse Christian Dior
patrimoineImpasse Christine de Pisan
patrimoineImpasse Christophe Colomb
patrimoineImpasse Clara Zetkin
patrimoineImpasse Claude Kogan
patrimoineImpasse Claude Monet
patrimoineImpasse Claudius Petit
patrimoineImpasse Clement l'Hermite
patrimoineImpasse Clément Marot
patrimoineImpasse Clod'Aria
patrimoineImpasse Clovis Jousseaume
patrimoineImpasse Comtesse de Ségur
patrimoineImpasse Condorcet
patrimoineImpasse Constant Debouté
patrimoineImpasse Cormier
patrimoineImpasse Courbet
patrimoineImpasse d'Alembert
patrimoineImpasse Daniel Mayer
patrimoineImpasse d'Arsonval
patrimoineImpasse David
patrimoineImpasse David d'Angers
patrimoineImpasse David Ricardo
patrimoineImpasse de Beauséjour
patrimoineImpasse de Bougainville
patrimoineImpasse de Kerguelen-Tremarec
patrimoineImpasse de la Bastide
patrimoineImpasse de la Baudrenière
patrimoineImpasse de l'Abbé Billaud
patrimoineImpasse de la Bérésina
patrimoineImpasse de la Brasserie
patrimoineImpasse de la Chapelle Saint-Lienne
patrimoineImpasse de la Cordulie
patrimoineImpasse de la Debuterie
patrimoineImpasse de la Fosse Noire
patrimoineImpasse de la Genette
patrimoineImpasse de la Gerbretière
patrimoineImpasse de la Gite Pilorge
patrimoineImpasse de la Grande Forge
patrimoineImpasse de la Grange
patrimoineImpasse de la Jobardière
patrimoineImpasse de la Louisiane
patrimoineImpasse de la Métairie
patrimoineImpasse de la Noé
patrimoineImpasse de la Pagerie
patrimoineImpasse de la Petite Forge
patrimoineImpasse de la Pompe
patrimoineImpasse de la Salamandre
patrimoineImpasse de la Suifferie
patrimoineImpasse de la Venise Verte
patrimoineImpasse de la Vergne Babouin
patrimoineImpasse de l'École
patrimoineImpasse de l'Épargne
patrimoineImpasse de l'Horbetoux
patrimoineImpasse de l'Île d'Elbe
patrimoineImpasse de Marengo
patrimoineImpasse de Raguse
patrimoineImpasse de Royrand
patrimoineImpasse des 100 Jours
patrimoineImpasse des Ajoncs
patrimoineImpasse des Ardennes
patrimoineImpasse de Saussure
patrimoineImpasse des Bas Ajoncs
patrimoineImpasse des Bouils
patrimoineImpasse des Dolmens
patrimoineImpasse des Etiers
patrimoineImpasse des Farfadets
patrimoineImpasse des Fontenelles
patrimoineImpasse des Frères Didot
patrimoineImpasse des Hauts Ajoncs
patrimoineImpasse des Iris
patrimoineImpasse des Jonquilles
patrimoineImpasse des Korrigans
patrimoineImpasse des Libellules
patrimoineImpasse des Lotus
patrimoineImpasse des Lutins
patrimoineImpasse des Lys
patrimoineImpasse des Olympiades
patrimoineImpasse des Papillons
patrimoineImpasse des Roseaux
patrimoineImpasse des Roses
patrimoineImpasse des Sarmentines
patrimoineImpasse d'Essarts
patrimoineImpasse des Soeurs Bronte
patrimoineImpasse des Soeurs Regrenil
patrimoineImpasse des Tablières
patrimoineImpasse des Transports
patrimoineImpasse des Trois Ponts
patrimoineImpasse des Vendangeurs
patrimoineImpasse des Vignerons
natureImpasse Diderot
cultureFils d'un couvreur devenu maître coutelier de Langres, dans la Haute-Marne, Denis Diderot (1713-1784) fut l'un des esprits les plus vastes et les plus audacieux de son siècle. Athée, matérialiste, précurseur de l'évolutionnisme un siècle avant Darwin, hostile aux dogmes religieux comme aux tyrannies politiques, il incarna toutes les hardiesses des Lumières. Sa réputation moderne tient d'abord à son grand œuvre : l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, coécrite avec le mathématicien Jean Le Rond d'Alembert, à laquelle il consacra vingt années de sa vie. Initialement conçue comme une simple traduction de la Cyclopædia de l'Anglais Chambers, elle explosa sous sa plume en une entreprise philosophique et militante d'une ampleur inédite : 17 volumes de texte, 11 volumes de planches, 71 818 articles — véritable arsenal de la raison contre les préjugés, mise à l'Index par le pape et plusieurs fois interdite. Mais Diderot ne fut pas seulement encyclopédiste. Il est aussi l'un des grands prosateurs français : Le Neveu de Rameau (dialogue vertigineux entre un philosophe et un parasite génial, découvert et traduit par Goethe), Jacques le Fataliste (roman précurseur du modernisme), La Religieuse (réquisitoire brûlant contre la vie conventuelle forcée). Il inventa aussi la critique d'art moderne avec ses Salons commentant les expositions du Louvre. Il pensa le théâtre avec le Paradoxe sur le comédien. Et sa correspondance avec sa maîtresse Sophie Volland compte parmi les plus belles pages du XVIIIᵉ siècle. Emprisonné à Vincennes en 1749 pour ses écrits athées — c'est là que Rousseau vint le voir à pied depuis Paris, moment fondateur de leur amitié —, il vécut toute sa vie dans une gêne financière que sa gloire n'atténuait pas. À soixante ans, il vendit sa bibliothèque à Catherine II de Russie, qui lui en laissa l'usage jusqu'à sa mort, et fit le voyage à Saint-Pétersbourg dans l'espoir vain de convaincre l'impératrice d'appliquer les principes des Lumières. Il mourut à Paris en 1784, cinq ans avant la Révolution qu'il avait tant fait pour préparer. Étrangement, il n'entra jamais au Panthéon — malgré plusieurs tentatives récentes. Il repose discrètement dans l'église Saint-Roch, à quelques rues du Louvre — un des rares grands des Lumières que la République n'a jamais consacré. L'héritage d'une vie de travail au service de la raison.
Impasse Didier Érasme
patrimoineImpasse Dom Helder Camara
patrimoineImpasse Dranem
patrimoineImpasse du Champ de la Vigne
natureImpasse du Châtelet
patrimoineImpasse du Chevaine
patrimoineImpasse du Cottage
patrimoineImpasse du Devoir de Mémoire
patrimoineImpasse du Docteur Albert Schweitzer
patrimoineImpasse du Docteur Paccard
patrimoineImpasse du Fief Vassal
patrimoineImpasse du Figuier
patrimoineImpasse du Four
patrimoineImpasse du Gardour
patrimoineImpasse Duguay Trouin
patrimoineImpasse du Guesclin
patrimoineImpasse du Houx
patrimoineImpasse du La Boétie
cultureHumaniste précoce et homme de lettres brillant, Étienne de La Boétie (1530-1563) fut à la fois magistrat au Parlement de Bordeaux dès l'âge de vingt-trois ans, poète en latin et en français, et surtout penseur politique d'un texte génial qu'il écrivit entre dix-huit et vingt-trois ans : le Discours de la servitude volontaire, aussi appelé Le Contr'Un. Dans ce texte fulgurant, il retourne la question classique de la tyrannie : et si le vrai problème n'était pas la cruauté du tyran, mais le consentement du peuple à sa propre soumission ? « D'où a-t-il pris tant d'yeux dont il vous épie, si vous ne les lui baillez ? » interroge-t-il vertigineusement. Sa thèse frappe encore aujourd'hui : les dominés sont les premiers responsables de leur domination — car il suffirait qu'ils cessent de servir pour que les tyrans tombent. D'où sa formule légendaire, appel à la désobéissance civile qui inspirera Gandhi, Thoreau, Rousseau et toute la tradition de la résistance non-violente : « Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. » Écrit en pleine Renaissance, publié seulement onze ans après sa mort, en 1574, dans le contexte tourmenté des guerres de religion — les protestants monarchomaques s'en emparèrent comme d'un manifeste anti-royaliste — le Discours traverse depuis les siècles comme un feu qu'aucun régime n'a réussi à éteindre. La Boétie ne connut pas sa gloire : il mourut d'une dysenterie le 18 août 1563, à seulement trente-deux ans, veillé par son ami Michel de Montaigne qui laissa de son agonie un récit bouleversant. Cette amitié fut si intense qu'elle devint pour Montaigne le paradigme même de l'amitié parfaite, résumée par la phrase la plus célèbre des Essais : « Parce que c'était lui, parce que c'était moi. » Une phrase qui, à elle seule, aurait suffi à faire entrer La Boétie dans l'éternité.
Impasse du Lieu-Dieu
patrimoineImpasse du Logis de Fougeré
patrimoineImpasse du Milan Noir
patrimoineImpasse du Moulin Branquère
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Impasse du Moulin de Grimaud
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Impasse du Patisson
patrimoineImpasse du Petit Luc
patrimoineImpasse du Président Lincoln
patrimoineImpasse Edmond Rostand
patrimoineImpasse Edmund Hillary
patrimoineImpasse Élisée Reclus
patrimoineImpasse Elvire
patrimoineImpasse Émile Duchaine
patrimoineImpasse Emile Girardeau
patrimoineImpasse Émile Hervat
patrimoineImpasse Eponine
patrimoineImpasse Ernest Hemingway
patrimoineImpasse Ernest Perochon
patrimoineImpasse Étienne Dolet
patrimoineImpasse Eugène Bidau
patrimoineImpasse Eugène Delacroix
patrimoineImpasse Eugène Lejanne
patrimoineImpasse Eugène Varlin
patrimoineImpasse Évariste Galois
patrimoineImpasse Fabre
patrimoineImpasse Faraday
patrimoineImpasse Faure
patrimoineImpasse Félix Chabot
patrimoineImpasse Félix Lionnet
patrimoineImpasse Fernand Delaire
patrimoineImpasse Fernand Guillet
patrimoineImpasse Firmin Annonier
patrimoineImpasse France Quéré
patrimoineImpasse Francis Garnier
patrimoineImpasse François Baco
patrimoineImpasse Françoise de Menthon
patrimoineImpasse François Laurent Lamande
patrimoineImpasse Frédéric Dard
patrimoineImpasse Gabriel Brin
patrimoineImpasse Galilée
patrimoineImpasse Garcia Lorca
patrimoineImpasse Gaston Bachelard
cultureRare autodidacte parmi les grands philosophes français, Gaston Bachelard (1884-1962) fut d'abord employé des postes à Remiremont, dans les Vosges, avant de passer son bac à vingt ans, de devenir professeur de physique-chimie en lycée, puis, sur le tard, philosophe. Il finit titulaire de la chaire d'histoire et philosophie des sciences à la Sorbonne (1940-1954), avant de céder la place à Georges Canguilhem — dynastie épistémologique française dont Michel Foucault sera l'héritier. Contemporain d'une transition scientifique majeure — le passage de la science classique (mécanique newtonienne, géométrie euclidienne) à la science moderne (relativité einsteinienne fondée sur les géométries non euclidiennes, physique quantique), Bachelard fut le grand penseur de ce basculement. Il forgea deux concepts fondamentaux : l'obstacle épistémologique — ce ne sont pas les faits qui freinent la science, mais nos propres habitudes de pensée, nos métaphores rassurantes, notre sens commun — et la rupture épistémologique — la science moderne ne prolonge pas l'ancienne, elle rompt avec elle, obligeant à faire violence à nos intuitions les mieux ancrées. D'où sa formule : en sciences, il n'y a pas de « vérités premières » mais des « erreurs premières » — on apprend par l'échec, on se construit par destruction de préjugés. « Le réel n'est jamais ce que nous pourrions croire ; il est toujours ce que l'on aurait dû penser. » Mais Bachelard était double. Le jour, il analysait les révolutions de la physique ; la nuit, il rêvait avec les poètes. Son autre œuvre est consacrée à l'imagination des quatre éléments — La Psychanalyse du feu (1938), L'Eau et les Rêves, L'Air et les Songes, La Terre et les rêveries — et culmine dans La Poétique de l'espace (1957), aujourd'hui son livre le plus lu et le plus traduit dans le monde. Ce grand barbu débonnaire, amateur de Gauloises et de café-crème, qui vivait modestement rue Broca à Paris, aura donc pensé deux fois le monde : par la raison qui rompt et par la rêverie qui prolonge. Peu de philosophes auront su embrasser aussi largement les deux moitiés de l'esprit.
Impasse Gaston Chaissac
patrimoineImpasse Gaston Chavatte
patrimoineImpasse Gaston Leroux
patrimoineImpasse Gaston Willay
patrimoineImpasse Gay-Lussac
patrimoineImpasse Général Laperrine
patrimoineImpasse Général Pierre de Grobon
patrimoineImpasse Georges Cuvier
patrimoineImpasse Georges Romain
patrimoineImpasse Georges Rouault
patrimoineImpasse Georges Sartoris
patrimoineImpasse Gérard de Nerval
patrimoineImpasse Géricault
patrimoineImpasse Ginette Neveu
patrimoineImpasse Gremillet
patrimoineImpasse Guillaume Brune
patrimoineImpasse Guy de Maupassant
patrimoineImpasse Guynemer
patrimoineImpasse Heléna Rubinstein
patrimoineImpasse Henri Becquerel
patrimoineImpasse Henriette d'Angeville
patrimoineImpasse Henri Marionneau
patrimoineImpasse Henri Rabiller
patrimoineImpasse Henri Vincent
patrimoineImpasse Hergé
patrimoineImpasse Hippocrate
patrimoineImpasse Hippolyte Mathe
patrimoineImpasse Hippolyte Perrier
patrimoineImpasse Honoré Daumier
patrimoineImpasse Houdon
patrimoineImpasse Hugo
patrimoineImpasse Hugo Koblet
patrimoineImpasse Ingres
patrimoineImpasse Isabey
patrimoineImpasse Jacqueline Briot
patrimoineImpasse Jacques Anquetil
patrimoineImpasse Jacques Baïf
patrimoineImpasse Jacques Balmat
patrimoineImpasse Jacques Breger
patrimoineImpasse Jacques Callot
patrimoineImpasse Jacques Copeau
patrimoineImpasse Jacques Demy
patrimoineImpasse Jacques-Henri Lartigue
patrimoineImpasse Jacques Mansion
patrimoineImpasse James Cook
patrimoineImpasse James Prescott Joule
patrimoineImpasse Jean Bart
patrimoineImpasse Jean Beloeil
patrimoineImpasse Jean Chevolleau
patrimoineImpasse Jean Christophe Lafaille
patrimoineImpasse Jean Cocteau
patrimoineImpasse Jean Ferlicot
patrimoineImpasse Jean Geny
patrimoineImpasse Jean Giraudoux
patrimoineImpasse Jean Goujon
cultureSculpteur de la Renaissance française dont on ignore presque tout de la jeunesse — probablement né en Normandie vers 1510 —, Jean Goujon (vers 1510 – vers 1567) fut l'un des plus grands artistes de son siècle. Il fit ses premières armes à Rouen, puis monta à Paris où il s'illustra rapidement au service d'Henri II et de l'aristocratie parisienne. Son art combine une admiration profonde pour l'Antique — étudié directement dans ses moulages — et une grâce italienne empruntée aux maniéristes de Florence : élongation gracieuse des corps, drapés mouillés qui semblent chanter, contrapposto élégant. Trois chefs-d'œuvre absolus, toujours visibles à Paris, en témoignent : la Fontaine des Innocents (1547-1549), dont les nymphes drapées à l'antique sont le sommet du maniérisme français ; les majestueuses Cariatides du Louvre (1550), quatre grandes femmes qui soutiennent une tribune de musiciens ; et l'ensemble du décor sculpté de la Cour carrée du Louvre, réalisé en étroite collaboration avec l'architecte Pierre Lescot — les deux hommes formèrent le duo fondateur de la Renaissance architecturale française. Il grava aussi son fameux bas-relief des Quatre Saisons pour l'hôtel Carnavalet. Mais Goujon était protestant, et les persécutions religieuses eurent raison de sa position à la Cour : dès l'ouverture des guerres de Religion vers 1562, il partit s'exiler à Bologne, en Italie, où il mourut cinq ou six ans plus tard, oublié. Sa postérité n'en fut pas moins immense : ses nymphes, ses cariatides et ses drapés antiques deviendront des modèles pour toute la sculpture classique française du XVIIᵉ siècle — Girardon, Coysevox et les grands sculpteurs de Versailles n'ont jamais cessé de le regarder.
Impasse Jean-Joseph Sanfourche
patrimoineImpasse Jean-Louis Barrault
patrimoineImpasse Jean Marc Boivin
patrimoineImpasse Jean-Marie Burgaud
patrimoineImpasse Jean Mouillade
patrimoineImpasse Jeanne Dieulafoy
patrimoineImpasse Jeanne Hachette
patrimoineImpasse Jeanne Lanvin
patrimoineImpasse Jeannine Blouin
patrimoineImpasse Jean Robic
patrimoineImpasse Jean Tourillon
patrimoineImpasse Jean Vilar
patrimoineImpasse John Stanley
patrimoineImpasse Joseph Borion
patrimoineImpasse Joseph Guillemot
patrimoineImpasse Joséphine Colomb
patrimoineImpasse Joseph Libaudière
patrimoineImpasse Joseph Violeau
patrimoineImpasse Jules Renard
patrimoineImpasse Jules Robuchon
patrimoineImpasse Justinien Gillaizeau
patrimoineImpasse Lamennais
patrimoineImpasse Las Casas
patrimoineImpasse Laurent Bonnevay
patrimoineImpasse Le Gréco
patrimoineImpasse Le Notre
patrimoineImpasse Leonard Coquet
patrimoineImpasse Léon Brochoire
patrimoineImpasse Leonhard Euler
patrimoineImpasse Léon Harmel
patrimoineImpasse Léon Haudeville
patrimoineImpasse Léopold Surville
patrimoineImpasse le Verrier
patrimoineImpasse Lionel Terray
patrimoineImpasse Loïc Caradec
patrimoineImpasse Louis Braille
patrimoineImpasse Louis Buton
patrimoineImpasse Louis Chaigne
patrimoineImpasse Louise Labé
patrimoineImpasse Louise Weiss
patrimoineImpasse Louis Forton
patrimoineImpasse Louis Lachenal
patrimoineImpasse Louis-Marie Barbarit
patrimoineImpasse Louis Mazetier
patrimoineImpasse Louison Bobet
patrimoineImpasse Lucie Delarue-Mardrus
patrimoineImpasse Madame de Sévigné
natureImpasse Madeleine Bres
patrimoineImpasse Madeleine Renaud
patrimoineImpasse Marcel Carné
patrimoineImpasse Marcel Cerdan
patrimoineImpasse Marc Elder
patrimoineImpasse Marcel Lebois
patrimoineImpasse Marcelle Henry
patrimoineImpasse Marcel Mallet
patrimoineImpasse Marcel Sembat
patrimoineImpasse Marco Polo
patrimoineImpasse Marc Sangnier
patrimoineImpasse Marc Seguin
patrimoineImpasse Marguerite Joslin
patrimoineImpasse Marguerite Yourcenar
patrimoineImpasse Marie Bonaparte
patrimoineImpasse Marie de France
patrimoineImpasse Marie Depussé
patrimoineImpasse Marie Thiré
patrimoineImpasse Marlene Dietrich
patrimoineImpasse Maryvonne Frévier
patrimoineImpasse Maud Mannoni
patrimoineImpasse Maurice Fourastier
patrimoineImpasse Maurice Leblanc
patrimoineImpasse Maurice Utrillo
patrimoineImpasse Mazen
patrimoineImpasse Mazetier
patrimoineImpasse Michel de l'Hospital
patrimoineImpasse Micheline Morin
patrimoineImpasse Mireille
patrimoineImpasse Mireille Darc
patrimoineImpasse Mirville
patrimoineImpasse Modigliani
patrimoineImpasse Moise Akriche
patrimoineImpasse Monseigneur Affre
patrimoineImpasse Murillo
patrimoineImpasse Newton
patrimoineImpasse Nicolas Copernic
patrimoineImpasse Nina Ricci
patrimoineImpasse Ninon de Lenclos
patrimoineImpasse Noêlla Rouget
patrimoineImpasse Norbert Casteret
patrimoineImpasse Offenbach
patrimoineImpasse Officier Charles-François de Chouppes
patrimoineImpasse Officier Pierre Rezeau
patrimoineImpasse Oscar-Lemoult
patrimoineImpasse Ozanam
patrimoineImpasse Paul Renaud
patrimoineImpasse Paul Signac
patrimoineImpasse Paul Verlaine
culturePaul Verlaine (1844-1896) naît à Metz un jour d'automne 1844, dans une famille bourgeoise et catholique. Rien, dans cette enfance sage, ne laisse présager la vie tumultueuse qui l'attend — sinon peut-être une hypersensibilité maladive et un goût précoce pour les vers de Baudelaire, qu'il découvre à seize ans comme une révélation. À vingt-deux ans, il publie ses Poèmes saturniens : un premier recueil déjà somptueux, tout en demi-teintes, brumes et paysages intérieurs. La musique de Verlaine est là, tout entière — cette manière si particulière de faire chanter la langue française à mi-voix, entre soupir et confidence. En 1871, il reçoit une lettre d'un adolescent inconnu, un certain Arthur Rimbaud, qui joint quelques poèmes. Verlaine est marié, jeune père, tente d'être respectable. Rimbaud a dix-sept ans, une gueule d'ange et un tempérament d'incendiaire. Verlaine paye son billet de train. À peine arrivé à Paris, le jeune provincial met le feu à sa vie : rupture avec sa femme, fuite en Belgique puis à Londres, alcool, amour tumultueux, ruptures et retrouvailles. Deux ans plus tard, le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, ivre et désespéré, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud qui s'apprêtait à le quitter. Une balle blesse le jeune homme au poignet. Prison en Belgique pendant dix-huit mois. Rimbaud, lui, disparaîtra bientôt de la littérature — pour toujours. Une conversion, une gloire. En prison, Verlaine se convertit — retour au catholicisme, extase mystique, écriture de Sagesse, l'un de ses plus beaux recueils. Libéré, il tente un temps l'enseignement en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes. Rien ne tient. Les années 1880 le voient sombrer peu à peu : mort de sa mère, absinthe, hôpitaux, chambres d'hôtel misérables. Et pourtant, paradoxe absolu, c'est à ce moment-là qu'il devient célèbre. Publication des Poètes maudits, où il révèle Rimbaud, Mallarmé et Corbière au public. Reconnaissance des jeunes symbolistes qui le prennent pour maître. Il est élu, en 1894, « Prince des poètes » par ses pairs, après la mort de Leconte de Lisle. Consécration officielle pour un homme qui vit dans un hôtel meublé rue Descartes, et qu'on doit parfois porter chez lui, ivre mort. Ce que Verlaine apporte à la poésie française est difficile à cerner tant c'est un art de l'imperceptible. Une préférence pour l'impair — vers de cinq, sept, neuf syllabes, qui déstabilisent l'oreille habituée à l'alexandrin. Un flou musical revendiqué. Une capacité à peindre des états d'âme avec presque rien : trois notes, une couleur, une pluie qui tombe. Son Art poétique résume tout en une formule devenue proverbe : « De la musique avant toute chose. » Debussy, Fauré, Reynaldo Hahn mettront ses poèmes en musique — parce qu'ils étaient déjà de la musique. Il meurt le 8 janvier 1896, à cinquante et un ans, dans une chambre pauvre de la rue Descartes à Paris, veillé par sa dernière compagne, Eugénie Krantz, ancienne prostituée. Ses obsèques rassemblent pourtant une foule immense : poètes, journalistes, ministres, curieux. Il repose au cimetière des Batignolles. Un demi-siècle plus tard, sans qu'il l'ait jamais imaginé, ses vers vont sauver la France. Les premières lignes de sa Chanson d'automne — « Les sanglots longs des violons de l'automne… » — sont diffusées à la BBC les 1er et 5 juin 1944, comme messages personnels codés annonçant aux résistants l'imminence du Débarquement. Le pauvre Verlaine, qui n'aurait su se lever le matin sans un verre, veillait sans le savoir sur le destin d'un continent.
Impasse Pegase
patrimoineImpasse Périclès
patrimoineImpasse Philippe Gozola
patrimoineImpasse Philippe Lebon
patrimoineImpasse Pierre Allut
patrimoineImpasse Pierre Benoit
patrimoineImpasse Pierre Falaise
patrimoineImpasse Pierre Loti
patrimoineImpasse Pierre Menanteau
patrimoineImpasse Pierre Portejoie
patrimoineImpasse Rameau
patrimoineImpasse Raphael Thibaudeau
patrimoineImpasse René Caillé
patrimoineImpasse René Dumont
patrimoineImpasse René Fonck
patrimoineImpasse René Leleu
patrimoineImpasse René Robin
patrimoineImpasse Rodin
patrimoineImpasse Roger Basteau
patrimoineImpasse Roger Martin du Gard
patrimoineImpasse Roland Garros
patrimoineImpasse Romy Schneider
patrimoineImpasse Rosemonde Gérard
patrimoineImpasse Rouget de Lisle
patrimoineImpasse Rude
patrimoineImpasse Saint-Exupéry
patrimoineImpasse Sibélius
patrimoineImpasse Simon Vallot
patrimoineImpasse Stephane Mallarmé
patrimoineImpasse Stofflet
patrimoineImpasse Surcouf
patrimoineImpasse Suzanne Cardineau
patrimoineImpasse Suzanne Prou
patrimoineImpasse Talma
patrimoineImpasse Tardy de Rossy
patrimoineImpasse Tensing Norgay
patrimoineImpasse Thales
patrimoineImpasse Theophile Gautier
patrimoineImpasse Théroigne de Méricourt
patrimoineImpasse Valentin Hauy
patrimoineImpasse Vasco de Gama
patrimoineImpasse Viala
patrimoineImpasse Watt
patrimoineImpasse Watteau
patrimoineImpasse Willy Ronis
patrimoineLa Petite Colle
patrimoineLavergne Babouin
patrimoineLe Chemin de la Caverne
patrimoineLe Moulin de la Garde
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Les Buisonnets
patrimoinepas de nom, parking
patrimoinePassage Ambroise Paré
patrimoinePassage Arthur Young
patrimoinePassage Berthe Morisot
patrimoinePassage Camille Grolleau
patrimoinePassage Constant Gauducheau
patrimoinePassage de la Petite Salle
patrimoinePassage de l'Île d'Elbe
patrimoinePassage Denis Papin
patrimoinePassage des Bosquets
patrimoinePassage des Clarisses
patrimoinePassage des Frères Martel
patrimoinePassage des Jardiniers
patrimoinePassage des Lavandières
patrimoinePassage des Pensées
patrimoinePassage du Bellay
patrimoinePassage du Champ Noir
patrimoinePassage du Petit Pont
patrimoinePassage du Prince Noir
patrimoinePassage du Puy Charpentreau
patrimoinePassage Edgar Quinet
patrimoinePassage Émile Zatopek
patrimoinePassage Emmanuel Kant
patrimoinePassage Eugène Descamps
patrimoinePassage Eugène Fromentin
patrimoinePassage Eugène Louineau
patrimoinePassage Fernand Pelloutier
patrimoinePassage Florelle
patrimoinePassage Foch
histoireNé à Tarbes dans une famille pyrénéenne catholique et fervente, le jeune Ferdinand Foch (1851-1929) hésite un temps entre la prêtrise et l'uniforme — son frère aîné, lui, deviendra jésuite. Ce sera finalement l'artillerie. Élève à Polytechnique, il en sort officier et se distingue vite par une intelligence militaire hors du commun, alimentée par une culture philosophique rare chez les gradés de son temps. Il lit Bergson, cite Aristote, réfléchit à la nature de la volonté et du choc. Devenu professeur à l'École de guerre, il forge une doctrine restée célèbre : « Ma droite est enfoncée, mon centre cède, impossible de manœuvrer, situation excellente, j'attaque. » La Marne, septembre 1914. À la tête de la IXe armée dans les marais de Saint-Gond, il tient bon face à l'offensive allemande dans des conditions désespérées. Ce sera l'une des batailles décisives du miracle de la Marne, qui sauve Paris. Foch entre dans la légende. Les années suivantes seront plus douloureuses — l'Artois, la Somme, des offensives sanglantes qui coûtent des centaines de milliers d'hommes pour quelques kilomètres. Il connaît aussi les traversées du désert, écarté un temps du commandement. Mars 1918 : les Allemands lancent leur ultime offensive et menacent de séparer les Français des Britanniques. Dans une réunion dramatique à Doullens, les Alliés se résolvent enfin à ce qu'ils avaient refusé pendant quatre ans : un commandement unique. Foch est nommé chef suprême des armées alliées sur le front occidental. Américains, Britanniques, Belges, Italiens, Français : tous sous ses ordres. Il a 66 ans, et devant lui l'armée allemande la plus puissante de l'histoire. En quelques mois, il retourne la situation. Le 18 juillet, il déclenche la contre-offensive de Villers-Cotterêts avec les premiers chars massés en profondeur. C'est le début de la fin. De juillet à novembre, les armées alliées ne cessent d'avancer. Le 11 novembre 1918, à 5h15 du matin, dans son wagon-restaurant en forêt de Compiègne à Rethondes, il reçoit la délégation allemande et fait signer l'armistice. À 11 heures, les clairons sonnent le cessez-le-feu sur tout le front. Une gloire universelle. Maréchal de France, maréchal de Grande-Bretagne, maréchal de Pologne — un cas unique dans l'histoire. Membre de l'Académie française, honoré dans toutes les capitales alliées. Il aura pourtant un regret amer : les conditions du traité de Versailles, qu'il juge trop douces. Sa phrase, prononcée en 1919, deviendra tragiquement prophétique : « Ce n'est pas une paix, c'est un armistice de vingt ans. » Il mourra dix ans jour pour jour avant qu'elle ne se vérifie. Il s'éteint le 20 mars 1929, à Paris. Funérailles nationales sous une pluie glaciale, cortège immense derrière l'affût de canon. On l'inhume aux Invalides, dans un tombeau monumental à quelques pas de Napoléon et de Turenne. La statue équestre qui le représente près du Trocadéro le montre en cavalier impassible, regardant vers l'Est — comme s'il continuait, pour l'éternité, à surveiller la frontière.
Passage Friedrich Hegel
patrimoinePassage Georges Bizet
patrimoinePassage Hélène Boucher
patrimoinePassage Jules Vallès
patrimoinePassage Konrad Adenauer
patrimoinePassage Léo Lagrange
patrimoinePassage Louis Pillet
patrimoinePassage Marcel Faucheux
patrimoinePassage Marguerite Duras
patrimoinePassage Maria Callas
cultureNée à New York de parents grecs, la soprano Maria Kalogeropoulos (1923-1977) décida à quatorze ans de rentrer en Grèce avec sa mère et sa sœur pour y poursuivre ses études de musique. Entrée à l'opéra d'Athènes en 1941, elle fut remarquée aux Arènes de Vérone en 1947 dans La Gioconda de Ponchielli, où le chef Tullio Serafin la prit sous son aile. Ce fut le début de sa carrière italienne : d'abord des rôles dramatiques et lourds — Turandot de Puccini, ou l'Isolde wagnérienne de Tristan et Isolde —, puis, tournant décisif, la découverte du bel canto italien avec Les Puritains de Bellini. Voix dramatique capable pourtant d'une souplesse et d'une virtuosité inouïes, elle réinventa des partitions oubliées (Cherubini, Spontini, Donizetti), qu'elle rendit à jamais siennes. Sous la direction du metteur en scène Luchino Visconti, notamment dans La Traviata à la Scala en 1955, elle imposa une révolution : Callas ne chantait pas les rôles, elle les vivait, avec une intensité théâtrale qui bouleversa l'opéra du XXᵉ siècle. Sa carrière prit un tournant en 1962 : usée par le surmenage, marquée par sa passion tragique pour l'armateur Aristote Onassis — qui l'abandonna en 1968 pour épouser Jackie Kennedy —, elle perdit peu à peu son étendue vocale, qui avait atteint les trois octaves. Elle mourut seule à Paris en 1977, à cinquante-trois ans, dans son appartement de l'avenue Georges-Mandel. Actrice admirable doublée d'une musicienne inspirée, la Divina a profondément marqué l'évolution du théâtre lyrique — au point que, presque un demi-siècle après sa mort, aucune soprano ne peut interpréter Norma ou Violetta sans que son ombre plane encore.
Passage Marie Laurencin
patrimoinePassage Maximin Phélippeau
patrimoinePassage Médicis
patrimoinePassage Micheline Morin
patrimoinePassage Mistinguett
patrimoinePassage Onésime Reclus
patrimoinePassage Pierre Corneille
patrimoinePassage Pierre Froger
patrimoinePassage Pierre Guignard
patrimoinePassage Raoul Bobineau
patrimoinePassage Renée Levy
patrimoinePassage Ribéra
patrimoinePassage Rivoli
patrimoinePassage Robert Koch
patrimoinePassage Simone Signoret
patrimoinePassage Suzanne Valandon
patrimoinePlace Albert 1er
patrimoinePlace Auguste Péchereau
patrimoinePlace Bel-Esbat
patrimoinePlace Ceres
patrimoinePlace Coleraine
patrimoinePlace Daniel Rops
patrimoinePlace Darwin
patrimoinePlace de la Liberté Nelson Mandela
patrimoinePlace de la Loge
patrimoinePlace de la Lune
patrimoinePlace de la Mutualité
patrimoinePlace de la Pérouse
patrimoinePlace de la Résistance
histoireLa Résistance française (1940-1944) commence par presque rien. Une poignée de tracts distribués à la sauvette, un journal ronéotypé au fond d'une cave, un mot griffonné sur un mur à la craie. Au lendemain de l'armistice du 22 juin 1940, la France est écrasée, coupée en deux, humiliée. Pétain règne à Vichy, la Wehrmacht défile à Paris. Résister paraît alors dérisoire, presque absurde. Ils seront pourtant quelques milliers, puis quelques dizaines de milliers, à choisir cette absurdité. Deux résistances coexistèrent initialement, habitées par une même flamme. Il y a d'abord celle de Londres : le 18 juin 1940, un général inconnu appelle à la BBC à ne pas déposer les armes. Autour de De Gaulle se rassemble la France Libre — militaires évadés, marins-pêcheurs bretons, tirailleurs africains, Compagnons de la Libération. Ils se battront à Bir-Hakeim, à Koufra, en Italie, jusque dans les rues de Paris avec la 2e DB de Leclerc. Et puis il y a celle de l'intérieur, plus obscure et plus périlleuse. Des mouvements naissent dans l'improvisation totale : Combat, Libération, Franc-Tireur en zone sud ; Défense de la France, Ceux de la Résistance, l'Organisation civile et militaire au nord ; les Francs-tireurs et partisans communistes après juin 1941. Des chrétiens, des socialistes, des militaires de carrière, des instituteurs, des ouvriers, des paysans, des étudiants, des juifs traqués : tous ne se parlent pas, souvent se méfient, parfois se détestent — mais tous refusent. L'unification fut l'œuvre patiente et dangereuse de Jean Moulin, envoyé par le Général De Gaulle. Le 27 mai 1943, rue du Four à Paris, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance, qui rassemble enfin tous les mouvements, syndicats et partis. Programme commun, autorité unique. Trois semaines plus tard, Moulin tombe à Caluire. Il ne parlera pas. Résister, c'est fabriquer de faux papiers, cacher des enfants juifs dans des fermes du Vercors ou du plateau du Chambon, faire passer des aviateurs alliés par les Pyrénées. C'est saboter une voie ferrée à trois heures du matin, imprimer un journal clandestin — Défense de la France tirera jusqu'à 450 000 exemplaires —, écouter Radio Londres l'oreille collée au poste, décrypter les « messages personnels » : « Les sanglots longs des violons de l'automne… » C'est aussi, souvent, mourir. Torturé par la Gestapo, fusillé au Mont-Valérien, déporté à Ravensbrück ou Buchenwald. À partir de 1943, quand Vichy instaure le Service du travail obligatoire, des dizaines de milliers de jeunes fuient dans les montagnes pour échapper au départ en Allemagne. Les Glières, le Vercors, le Mont-Mouchet, les Cévennes, le Limousin : les maquis se peuplent. Certains combats seront tragiques — le Vercors, en juillet 1944, verra 840 morts sous les assauts de la Wehrmacht. Longtemps invisibles dans le récit, les femmes étaient partout. Agentes de liaison à vélo, porteuses de valises, cheffes de réseaux — Marie-Madeleine Fourcade dirigeait le réseau Alliance et ses 3 000 agents. Lucie Aubrac, Berty Albrecht, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz : elles seront des dizaines de milliers. Beaucoup finiront à Ravensbrück. Août 1944. Quand Paris se soulève le 19 août, quand les cloches de Notre-Dame sonnent à la volée le 25, quand De Gaulle descend les Champs-Élysées le 26, la France retrouve sa fierté. Une grande partie de ce moment, elle le doit à ceux qui, quatre ans plus tôt, n'étaient rien — sinon des femmes et des hommes qui avaient dit non. Le programme du CNR, adopté en mars 1944, dessinera la France d'après-guerre : Sécurité sociale, nationalisations, droit de vote des femmes, presse indépendante. Aujourd'hui, seize Compagnons de la Libération reposent au Panthéon ou aux Invalides, et les rues, écoles et places qui portent leurs noms rappellent qu'un pays n'est jamais tout à fait perdu tant qu'il reste quelques-uns pour dire non.
Place de la Vendée
patrimoinePlace de la Vieille Horloge
patrimoinePlace de Mirville
patrimoinePlace des Constellations
patrimoinePlace des Eraudieres
patrimoinePlace des Frères Batiot
patrimoinePlace des Morgans
patrimoinePlace des Paquerettes
patrimoinePlace des Violettes
patrimoinePlace du 17 Septembre 1944
patrimoinePlace du Bas Poitou
patrimoinePlace du Docteur Faust
patrimoinePlace du Genet
patrimoinePlace du Marché
patrimoinePlace du Point du Jour
natureL'expression « point du jour » désigne l'aube, ce moment de transition entre la fin de la nuit et le début du plein jour. Techniquement, les astronomes en distinguent trois : l'aube astronomique (les étoiles disparaissent, soleil à 18° sous l'horizon), l'aube nautique (l'horizon devient identifiable, soleil à 12°), et l'aube civile (l'activité humaine peut se passer d'éclairage, soleil à 6°). À ne pas confondre avec l'aurore, où le disque du soleil est déjà visible mais partiellement masqué par l'horizon. Lorsque l'aube commence à poindre, le ciel se teinte de couleurs rouge-orangées : la lumière du soleil traverse alors une épaisseur d'air bien plus grande qu'au zénith, si bien que le bleu est diffusé sur les côtés et que seules les longueurs d'onde chaudes parviennent jusqu'à nos yeux — c'est le fameux phénomène de diffusion de Rayleigh, celui-là même qui explique aussi la couleur du ciel diurne et des couchers de soleil. Historiquement, beaucoup de rues « du Point du Jour » désignaient à l'origine la sortie orientale d'une ville, du côté où le soleil se lève — repère précieux pour les voyageurs et les paysans qui partaient aux champs à la première clarté. Victor Hugo, lui, a immortalisé cet instant dans un vers célèbre des Contemplations : « à l'heure où blanchit la campagne ».
Place du Président Kennedy
patrimoinePlace du Théâtre
culturePlace Fausto Coppi
patrimoinePlace Françoise Dolto
patrimoinePlace François Mitterrand
patrimoinePlace Gustave Flaubert
patrimoinePlace Haendel
patrimoinePlace Henry David Thoreau
patrimoinePlace Jacquard
patrimoinePlace Jean XXIII
patrimoinePlace Léon Bugnot
patrimoinePlace Lulli
patrimoinePlace Marceau
patrimoinePlace Marconi
patrimoinePlace Maurice Mornet
patrimoinePlace Monseigneur Deval
patrimoinePlace Napoléon
patrimoinePlace Olivier de Serres
patrimoinePlace Pierre Bonin
patrimoinePlace Pomone
patrimoinePlace Rene Char
patrimoinePlace Renoir
patrimoinePlace Ronsard
patrimoinePlace Turgot
patrimoinePlace Viollet le Duc
patrimoinePlace Willy Brandt
patrimoinePlace Zurbaran
patrimoinePont de la Boucherie
patrimoinePont de la Lardière
patrimoinePont de La Rochelle
patrimoinePont Eugène Brethé
patrimoinePont Neuf
patrimoinePont Rouge
patrimoinePont Solférino
patrimoinePromenade Amalia Rodrigues
patrimoinePromenade André Chiffoleau
patrimoinePromenade Édith Piaf
patrimoinePromenade Fabrice Salanson
patrimoinePromenade Geneviève de Gaulle-Anthonioz
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Promenade Geneviève De Gaulle Anthonioz
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Promenade Julie et Philippe Jolicoeur
patrimoinePromenade René Delaunay
patrimoinePromenade Romain Guyot
patrimoineRésidence Le Clos de l'Orangerie
patrimoineRond-Point André Gueffier
patrimoineRond-Point Auguste Brunet
patrimoineRond-Point Charles Sorin
patrimoineRond-Point de Beautour
patrimoineRond-Point de la Côte de Lumière
patrimoineRond-point de la Grimaudière
patrimoineRond-Point de la Lune
patrimoineRond-Point de la Mauricette
patrimoineRond-Point de la Simbrandière
patrimoineRond-Point de l'Atlantique
patrimoineRond-Point de la Vallée Verte
patrimoineRond-point de l’Empereur
patrimoineRond-Point de l'Europe
patrimoineRond-Point de l'Hôpital
patrimoineRond-Point de l'Horbetoux
patrimoineRond-Point des Anciens d'Indochine
patrimoineRond-Point des Buissonnets
patrimoineRond-Point des Évadés de Guerre
patrimoineRond-Point des Flaneries
patrimoineRond-Point des Olonnes
patrimoineRond-Point de Soubise
patrimoineRond-Point des Oudairies
patrimoineRond-Point de Tournefou
patrimoineRond-Point du Coteau
patrimoineRond-Point du Docteur Larrey
patrimoineRond-Point du Docteur Schkolnyk
patrimoineRond-Point du Docteur Zamenhof
patrimoineRond-Point du Maréchal Koening
patrimoineRond-Point Duschesne de Denant
patrimoineRond-Point Édison
patrimoineRond-Point Elisabeth Camus-Berlin
patrimoineRond-Point Georges Duval
patrimoineRond-point Georges-Pompidou
patrimoineRond-Point Gilbat Rouleau
patrimoineRond-Point Gutwiller
patrimoineRond-Point Guy Mignonneau
patrimoineRond-Point Haroun Tazieff
patrimoineRond-Point Henri Noguères
patrimoineRond-Point Jacqueline Auriol
patrimoineRond-Point Jean Baptiste Durand
patrimoineRond-Point Jean de Gavardie
patrimoineRond-Point Jules Ferry
patrimoineRond-Point Marcel Aymé
patrimoineRond-Point Michel Dubreuil
patrimoineRond-Point Newton
patrimoineRond-Point Pierre Bacqua
patrimoineRond-Point Victor Basch
patrimoineRond-Point Vincent Van Gogh
patrimoineRond-Point Waldeck-Rousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Route de Beautour
patrimoineRoute de Chantemerle
patrimoineRoute de Château Fromage
patrimoineRoute de Dompierre
patrimoineRoute de la Boutinière
patrimoineRoute de la Brétinière
patrimoineRoute de la Brossardière
patrimoineRoute de la Caverne
patrimoineRoute de la Chaize le Vicomte
patrimoineRoute de la Chevalerie
patrimoineRoute de la Croix des Fontenelles
patrimoineRoute de la Davissière
patrimoineRoute de la Ferrière
patrimoineRoute de l'Affiage
patrimoineRoute de la Guibretière
patrimoineRoute de la Limouzinière
patrimoineRoute de la Mainguisière
patrimoineRoute de la Marronnière
patrimoineRoute de la Morelière
patrimoineRoute de la Moussonière
patrimoineRoute de la Moutillière
patrimoineRoute de l'Ancienne Forge
patrimoineRoute de l'Angelmière
patrimoineRoute de l'Angouinière
patrimoineRoute de la Noue du Bourg
patrimoineRoute de la Petite Vergne
patrimoineRoute de la Potinière
patrimoineRoute de la Réveillère
patrimoineRoute de la Roche
patrimoineRoute de la Roche-Sur-Yon
patrimoineRoute de la Ruffinière
patrimoineRoute de la Sirmière
patrimoineRoute de la Tranche
patrimoineRoute de la Trézanne
patrimoineRoute de l'Audouinière
patrimoineRoute de l'Hirondelle
natureRoute de l'Olivière
patrimoineRoute de Luçon
patrimoineRoute de Mouilleron
patrimoineRoute de Nantes
patrimoineRoute de Nesmy
patrimoineRoute de Saint-Florent-des-Bois
patrimoineRoute des Barbontes
patrimoineRoute des Brancardières
patrimoineRoute des Essarts Gouin
patrimoineRoute des Fermes des Ajoncs
patrimoineRoute des Fontenelles
patrimoineRoute des Noués
patrimoineRoute des Rortières
patrimoineRoute des Sables
patrimoineRoute des Terrières
patrimoineRoute de Venansault
patrimoineRoute du Moulin Neuf
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Route du Moulin Papon
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Route du Petit Fief
patrimoineRue Abbé de l'Épée
patrimoineRue Abbé Lemire
patrimoineRue Abbé Martineau
patrimoineRue Achille Daroux
patrimoineRue Adrien Clément
patrimoineRue Agatha Christie
patrimoineRue Agricol Perdiguier
patrimoineRue Alain
patrimoineRue Albert Camus
patrimoineRue Albert Deman
patrimoineRue Albert Einstein
patrimoineRue Alexander Fleming
patrimoineRue Alexandre Ribot
patrimoineRue Alexandre Yersin
patrimoineRue Alfred Nobel
patrimoineRue Alphonse Boudard
patrimoineRue Alphonse de Lamartine
histoireD'abord poète célébré — les Méditations poétiques le rendirent illustre à trente ans —, Alphonse de Lamartine (1790-1869) devint sur le tard un politicien redouté pour son éloquence. Élu député en 1833, il se fit connaître par des discours retentissants sur la question sociale : après la révolte des canuts lyonnais, il dénonça dans un discours resté célèbre « l'horrible volcan sur lequel l'industrie repose » — formule qui frappait les esprits mais agaçait une Chambre bourgeoise que ses envolées mystiques laissaient sceptique. Quand la Monarchie de Juillet s'effondre le 24 février 1848, Lamartine se retrouve, presque malgré lui, à la tête du gouvernement provisoire. Le lendemain, à l'Hôtel de Ville, une foule en armes exige que le drapeau rouge, symbole insurrectionnel, remplace le tricolore. Lamartine s'y oppose dans un discours improvisé qui reste l'un des grands moments d'éloquence du XIXᵉ siècle : « Le drapeau rouge que vous nous rapportez n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93, tandis que le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. » Chef de facto de la jeune République, il fit abolir l'esclavage dans les colonies et la peine de mort en matière politique — deux mesures dont l'écho dépasse largement son court passage au pouvoir. L'euphorie de février tourne court. La fermeture des ateliers nationaux, ces chantiers publics créés pour employer les chômeurs parisiens, déclenche en juin 1848 une insurrection ouvrière — les Journées de Juin — matée dans le sang par le général Cavaignac. Lamartine, débordé par des événements qu'il ne maîtrise plus, perd tout crédit auprès du peuple qui l'avait porté en triomphe quatre mois plus tôt. La chute est vertigineuse. À l'élection présidentielle du 10 décembre 1848, celui qui avait proclamé la République ne recueille que 17 910 voix — 0,23 % —, humilié par Louis-Napoléon Bonaparte (5,4 millions de voix, 74 %). Dans son propre département de Saône-et-Loire, il n'obtient que 1 501 voix contre 27 121 pour Bonaparte. Sa carrière politique s'achève là, aussi vite qu'elle s'était imposée. Il retourne à la littérature et finit sa vie criblé de dettes, vendant sa plume au plus offrant pour survivre — lui qui, quelques décennies plus tôt, écrivait déjà dans L'Isolement son goût pour l'arrachement et la fuite : "Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !"
Rue Anatole France
cultureFils de libraire parisien, Jacques Anatole François Thibault (1844-1924) commença par écrire de la poésie avant de se tourner vers la prose. Sous le pseudonyme d'Anatole France, hommage à son père, il devint bibliothécaire au Sénat en 1876 et rédigea la chronique littéraire du prestigieux journal Le Temps de 1886 à 1893, forgeant peu à peu sa réputation d'humaniste sceptique et lettré. Il obtint la notoriété en 1881 avec Le Crime de Sylvestre Bonnard, l'histoire d'un vieil érudit selon lequel « savoir n'est rien, imaginer est tout », et qui n'hésite pas à enlever une petite fille pour la protéger d'un tuteur abusif. Grand admirateur — et amant fidèle vingt-cinq années durant — de Léontine Arman de Caillavet, hôtesse d'un des salons les plus influents de Paris qui fut sa muse et sa correctrice, il donna dans les années 1890 sa fresque en quatre volumes de l'Histoire contemporaine (1897-1901), tableau ironique et féroce de la société de son temps. Politiquement, l'affaire Dreyfus le radicalisa : il fut l'un des premiers signataires du Manifeste des intellectuels en 1898, aux côtés de son ami Émile Zola, et alla jusqu'à rendre sa Légion d'honneur en signe de protestation. Sa satire féroce de la classe politique, L'Île des Pingouins (1908), acheva de le placer à gauche. Compagnon de route de Jaurès, il salua en 1919 la Révolution russe et soutint le jeune Parti communiste français. Sa gloire fut immense : couronné du prix Nobel de littérature en 1921, il reçut à sa mort en 1924 des funérailles nationales. Mais dès le lendemain, les jeunes surréalistes — Breton, Aragon, Éluard — publiaient contre lui un pamphlet vengeur intitulé « Un cadavre », marquant le début d'un long purgatoire littéraire dont il ne se relèvera jamais. Son ironie mordante reste pourtant étonnamment actuelle : « On croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels. »
Rue Andersen
patrimoineRue André Ampère
patrimoineRue Andréa Palladio
patrimoineRue André Astoul
patrimoineRue André Bretaud
patrimoineRue André Leducq
patrimoineRue Andre Maurois
patrimoineRue André Melet
patrimoineRue André Soulard
patrimoineRue Anita Conti
patrimoineRue Anna Politkovskaia
patrimoineRue Anne-Joseph Dautrive
patrimoineRue Archereau
patrimoineRue Arthur London
patrimoineRue Arthur Rimbaud
patrimoineRue Arthur Young
patrimoineRue Auguste Boudaud
patrimoineRue Auguste Brunet
patrimoineRue Auguste Murail
patrimoineRue Averroes
patrimoineRue Aymon Petit
patrimoineRue Barbe Bleue
patrimoineRue Béatrice de Machecoul
patrimoineRue Béatrix-Dussane
patrimoineRue Beethoven
cultureFils d'un père alcoolique qui le voulait enfant prodige à la manière de Mozart, Ludwig van Beethoven (1770-1827) s'imposa à Vienne dès sa jeunesse comme un pianiste virtuose fulgurant, élève de Haydn, promis à un brillant avenir. Descendant d'une famille flamande — le nom évoque en vieux néerlandais l'idée d'un « jardin de betteraves » — il grandit dans une Europe en pleine ébullition sociale et politique, et s'enthousiasma pour la Révolution française et la naissance de la démocratie, devenant un grand admirateur de Napoléon Bonaparte. Sortant du cadre musical classique de son temps, il fit basculer la musique dans le romantisme, favorisant l'expression des sentiments et des états d'âme sur les codes de forme hérités du XVIIIᵉ siècle. Il alla jusqu'à dédier au Premier Consul français sa Symphonie n°3, l'Héroïque (1803), rêvant de transgresser les codes sociaux d'une noblesse viennoise qui le jugeait talentueux mais toujours par son sang. La proclamation du Premier Empire l'année suivante fut vécue comme une trahison : il déchira rageusement la dédicace. « [Napoléon] n'est rien de plus qu'un homme ordinaire ! Maintenant il va fouler aux pieds tous les droits humains, il n'obéira plus qu'à son ambition, il deviendra un tyran ! » C'est à la même époque que commença sa surdité progressive, apparue vers 1798 et devenue presque totale vers 1818. Le fougueux Beethoven, rongé par le silence et la solitude, écrivit dès 1802 le bouleversant Testament de Heiligenstadt, lettre à ses frères où il envisageait le suicide — puis renonça à mourir *« pour l'art »*. Après avoir mis un terme à sa carrière de pianiste, il continua de composer des œuvres qu'il ne pourrait plus jamais entendre autrement que par son audition intérieure, comme sa monumentale Symphonie n°9, chef-d'œuvre que Richard Wagner qualifiera de « dernière des symphonies » — et dont le mouvement final, l'Ode à la joie, est aujourd'hui l'hymne officiel de l'Union européenne. Ce que Beethoven avait espéré de Napoléon, l'Europe des peuples le lui aura finalement rendu, deux siècles plus tard.
Rue Benjamin Franklin
patrimoineRue Benjamin Merland
patrimoineRue Benjamin Rabier
patrimoineRue Benoît Frachon
patrimoineRue Bertie Albrecht
patrimoineRue Birotheau Laymonnière
patrimoineRue Blaise Pascal
sciences« L'homme est un roseau pensant », « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie »… Les Pensées de Blaise Pascal (1623-1662) sont un incontournable de la philosophie française. Le penseur y décrit la condition humaine avec une profondeur pénétrante qui laisse difficilement indifférent. Il voit en Dieu la réponse à la faiblesse de l'Homme, qui ne peut ni douter de tout ni tout savoir absolument — ce en quoi il s'oppose au rationalisme de Descartes, qu'il jugeait trop orgueilleux : pour Pascal, Dieu se sent « au cœur, non à la raison ». Toute son œuvre porte la trace d'une nuit fondatrice : le 23 novembre 1654, il vit une expérience mystique bouleversante qu'il note fébrilement sur un parchemin — le fameux « Mémorial » — cousu dans la doublure de son pourpoint et qu'il portera sur lui jusqu'à sa mort, à trente-neuf ans. Une brièveté qui n'aura empêché ni sa géniale carrière de mathématicien et de physicien, ni la révolution philosophique qu'il aura, en si peu de temps, laissée derrière lui. Inventeur à dix-neuf ans d'une machine à calculer — la fameuse Pascaline, ancêtre lointain de nos ordinateurs, voir l'image — Blaise Pascal fut aussi l'un des plus grands physiciens de son siècle. On lui doit notamment l'expérience du crève-tonneau : introduire dans un tonneau fermé un fin tuyau vertical de plusieurs mètres, puis le remplir d'eau. À partir d'une certaine hauteur, la pression exercée par la petite colonne d'eau du tuyau suffit à faire exploser le tonneau ! En 1648, il mit également son beau-frère à contribution pour gravir le puy de Dôme avec un baromètre au mercure, prouvant que la colonne baissait en altitude — preuve définitive de l'existence de la pression atmosphérique et démentant les cartésiens qui prétendaient que « la nature a horreur du vide ». C'est d'ailleurs en son honneur que l'unité internationale de pression s'appelle le pascal (1 hectopascal = 100 pascals) — celle-là même qu'affichent les baromètres et les bulletins météo. La pression correspond à une force par unité de surface. Qu'est-ce qu'une force, au fait ?
Rue Boileau
patrimoineRue Bonchamps
patrimoineRue Bossuet
patrimoineRue Bourvil
patrimoineRue Broussais
patrimoineRue Buffon
patrimoineRue Bunsen
patrimoineRue Calixte Fillon
patrimoineRue Calmette
patrimoineRue Camille Guérin
patrimoineRue Cathelineau
patrimoineRue Cavelier de la Salle
patrimoineRue Cécile Sauvage
patrimoineRue César Franck
cultureNé à Liège en 1822, César Franck (1822-1890) ne devint français qu'à cinquante et un ans, en 1873, au sortir de la Commune. Enfant prodige poussé par un père autoritaire qui rêvait d'en faire un pianiste virtuose, il étudia au Conservatoire de Paris — brièvement auprès du grand pédagogue Antoine Reicha, qui forma aussi Berlioz, Liszt et Gounod. Une fois adulte, il rompit avec son père et gagna sa vie comme accompagnateur et organiste d'église avant d'obtenir en 1858 le poste où il resterait plus de trente ans : la tribune de Sainte-Clotilde à Paris. On y vint de toute l'Europe pour l'écouter improviser — Liszt lui-même, ébloui, murmura après une visite : « Je songe à Bach. » Compositeur discret et travailleur obstiné de l'architecture musicale, il vécut longtemps dans une relative obscurité, jusqu'à ce qu'un groupe d'élèves passionnés, surnommé la « bande à Franck », fasse peu à peu connaître son maître. En 1874, il obtint la classe d'orgue au Conservatoire, où il forma une véritable école : Vincent d'Indy, Ernest Chausson, Henri Duparc, Guillaume Lekeu, Louis Vierne. Il succéda à Bussine à la tête de la Société nationale de musique en 1886. Ses grandes œuvres — Le Chasseur maudit (1882), la Symphonie en ré mineur (1888), les Six pièces pour grand orgue, ou son émouvant Trio op. 1 composé à dix-neuf ans et joué au concert inaugural de la Société nationale — ne furent vraiment reconnues qu'après sa mort. Fin brutale et prosaïque pour cet homme dont la musique semblait touchée par le sacré : il mourut en 1890 des suites d'un accident d'omnibus dans une rue de Paris.
Rue Champlain
patrimoineRue Chanzy
patrimoineRue Charcot
patrimoineRue Charette de la Contrie
patrimoineRue Charlemagne
patrimoineRue Charles Baudelaire
patrimoineRue Charles Bourseul
patrimoineRue Charles Péguy
patrimoineRue Christine de Pisan
patrimoineRue Claude Chappe
patrimoineRue Claude Debussy
patrimoineRue Clemence Royer
patrimoineRue Clément Ader
patrimoineRue Coco Chanel
patrimoineRue Colbert
patrimoineRue Colette
patrimoineRue Coli
patrimoineRue Corot
patrimoineRue Costes et Bellonte
patrimoineRue Couperin
patrimoineRue d'Aizenay
patrimoineRue d'Alsace
patrimoineRue d'Arcole
patrimoineRue d'Aubigny
patrimoineRue Daumesnil
patrimoineRue de Beauséjour
patrimoineRue de Bretagne
patrimoineRue de Caceres
patrimoineRue d'Ecquebouille
patrimoineRue de Dion Bouton
patrimoineRue de Drummondville
patrimoineRue de Friedland
patrimoineRue de Grèce
patrimoineRue de Guernica
patrimoineRue de l'Abbé Artarit
patrimoineRue de l'Abbé Billaud
patrimoineRue de l'Abbé Cardijn
patrimoineRue de l'Abbé Herbert
patrimoineRue de l'Abbé Pierre Arnaud
patrimoineRue de la Boule
patrimoineRue de la Bretèche
patrimoineRue de la Brossardière
patrimoineRue de la Chaussée des Géants
patrimoineRue de la Concorde
patrimoineRue de l'Acte du Quebec
patrimoineRue de la Faisanderie
patrimoineRue de la Fée Melusine
patrimoineRue de la Fée Viviane
patrimoineRue de la Gerbretière
patrimoineRue de la Gite Pilorge
patrimoineRue de la Grainetiere
patrimoineRue de la Loge
patrimoineRue de la Maison Neuve
patrimoineRue de la Marne
patrimoineRue de la Martinière
patrimoineRue de L'Ambois
patrimoineRue de l'Annexe
patrimoineRue de la Paix
patrimoineRue de la Poissonnerie
patrimoineRue de la Poste aux Lettres
patrimoineRue de la Poudrière
patrimoineRue de la République
patrimoineRue de la Riallée
patrimoineRue de la Ripardière
patrimoineRue de la Rochejacquelein
patrimoineRue de la Roche-sur-Yon
patrimoineRue de la Roseraie
patrimoineRue de la Simbrandière
patrimoineRue de la Suifferie
patrimoineRue de l'Atlantique
patrimoineRue de la Tour d'Auvergne
patrimoineRue de la Tuilerie
patrimoineRue de la Vallée Verte
patrimoineRue de la Vergne
patrimoineRue de la Victoire de Valmy
patrimoineRue de la Vieille Horloge
patrimoineRue d'Elbée
patrimoineRue de l'Île de Sein
patrimoineRue Delille
patrimoineRue de l'Oiseau Blanc
patrimoineRue de Lorraine
patrimoineRue de Lusignan
patrimoineRue de Malesherbes
patrimoineRue de Maubeuge
patrimoineRue de Montréal
patrimoineRue d'Entrecasteaux
patrimoineRue de Renou
patrimoineRue des 2 Lays
patrimoineRue des Acacias
natureEn botanique, Acacia désigne un vaste genre de plus de 1 300 espèces, principalement australiennes, dont les rameaux odorants fleurissent en pompons dorés à la fin de l'hiver. Or ces arbres-là, en France, tout le monde les appelle… mimosas. Et l'arbre que nous nommons couramment « acacia » — ce grand arbre à écorce fissurée, à épines vives et à grappes blanches parfumées qui borde tant de routes de campagne — n'appartient en réalité pas au genre Acacia. C'est un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), originaire des Appalaches en Amérique du Nord. À l'origine de cette valse d'identités : un homme. Jean Robin (1550-1629), botaniste du roi Henri IV, reçut en 1601 des graines envoyées d'Amérique par son ami anglais John Tradescant. Il les planta dans son jardin parisien, place Dauphine. Le premier arbre a disparu, mais deux rejets replantés par son fils Vespasien sont encore vivants aujourd'hui : l'un au square René-Viviani face à Notre-Dame — c'est le plus vieil arbre de Paris, il a même survécu à l'incendie de 2019 —, l'autre au Jardin des Plantes. Linné, en 1753, dédia à Jean Robin le nom du genre Robinia, en gardant le souvenir de la confusion dans l'épithète pseudoacacia, littéralement « faux acacia ». Le robinier a très vite conquis les campagnes françaises. Ses grappes blanches sont très mellifères — le fameux miel d'acacia, cristal et léger, en est issu (l'appellation, bien qu'incorrecte botaniquement, est tolérée par l'usage). Ses fleurs se dégustent en beignets ou en sirop. Son bois, l'un des plus durables d'Europe, résiste à l'humidité et aux insectes, ce qui en fait un matériau de choix pour les piquets de clôture, les terrasses et les tuteurs de vigne. Attention en revanche : l'arbre est toxique dans presque toutes ses parties sauf les fleurs, et il est aujourd'hui considéré comme une espèce invasive en France, capable de coloniser les sols à une vitesse impressionnante grâce à ses racines drageonnantes. Reste que dans le langage courant, l'acacia gardera longtemps le nom du vrai — même s'il n'en est pas un. C'est peut-être ainsi que naissent, entre les langues et les livres de botanique, les plus jolies erreurs.
Rue de Saint-André d'Ornay
patrimoineRue Desaix
patrimoineRue des Ajoncs
patrimoineRue des Ancolies
patrimoineRue des Artisans
patrimoineRue des Balkans
patrimoineRue des Bazinières
patrimoineRue des Bleuets
patrimoineRue des Campanules
patrimoineRue Descartes
patrimoineRue des Castors
patrimoineRue des Cheminots
patrimoineRue des Cinq Abbés
patrimoineRue des Combattants d'A.F.N.
patrimoineRue des Coquelicots
patrimoineRue des Deux Iles
patrimoineRue des Droits de l'Homme
patrimoineRue des Étangs
natureRue des Fées
patrimoineRue des Flandres-Dunkerque
patrimoineRue des Flaneries
patrimoineRue des Frères Pelissier
patrimoineRue des Gondoliers
patrimoineRue des Halles
patrimoineRue des Hollandais
patrimoineRue des Jaulnières
patrimoineRue des Jonquilles
patrimoineRue des Lilas
natureTrois semaines par an, à peine, et tout un jardin bascule. Le lilas fleurit en avril-mai, projetant vers le ciel ses grappes coniques de fleurs mauves, blanches ou violettes, dont le parfum sucré et poudré remonte le long des murs, franchit les haies, entre par les fenêtres ouvertes du printemps. Puis, un matin, tout est fini : les fleurs brunissent, tombent, le silence olfactif revient jusqu'à l'an prochain. Cette brièveté fait toute la magie du lilas — arbuste modeste onze mois par an, roi absolu pendant trois semaines. Originaire des Balkans et du Proche-Orient, le lilas commun (Syringa vulgaris) arriva en Europe occidentale au XVIᵉ siècle, rapporté de Constantinople par l'ambassadeur des Habsbourg. Il conquit d'abord les jardins royaux et princiers, avant de gagner peu à peu toutes les cours de ferme et tous les enclos de curé. Son nom vient du persan lilak, qui signifie « bleuâtre ». Il en existe aujourd'hui plus de mille variétés cultivées, aux fleurs blanches, mauves, roses, pourpres ou même presque bleues. Le bois du lilas est très dur — les Anglais l'appelaient d'ailleurs pipe tree, l'arbre à pipes, parce qu'on y taillait volontiers des tuyaux de fumeur, mais aussi des flûtes et des sifflets. Son nom scientifique Syringa vient du grec syrinx (la flûte de Pan), en référence à ces mêmes usages musicaux dans l'Antiquité. La mythologie raconte que la nymphe Syringa, poursuivie par le dieu Pan, fut métamorphosée en roseau — puis, selon les versions, en lilas — pour lui échapper. Depuis, la flûte du dieu joue à jamais son chagrin. Dans le langage des fleurs, le lilas mauve dit les premiers émois du cœur, le lilas blanc l'innocence retrouvée. En Russie, on offre traditionnellement une branche de lilas à un jeune couple pour porter bonheur. Et en France, un vieux dicton populaire prévient : « Quand le lilas fleurit, l'hiver est fini pour de bon » — un signal aussi fiable, dit-on, que le retour des hirondelles. Un mois plus tard, tout est retombé. Mais un jardin qui a connu le lilas garde en mémoire, quelque part, cette semaine de mai où l'air lui-même semblait sucré.
Rue des Moulins
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue des Myosotis
patrimoineRue des Normands
patrimoineRue des Oeillets
patrimoineRue des Pervenches
patrimoineRue des Pierraillers
patrimoineRue des Platanes
patrimoineRue des Poilus
patrimoineRue des Primevères
patrimoineRue des Puys
patrimoineRue des Pyramides
patrimoineRue des Robretières
patrimoineRue des Rochettes
patrimoineRue des Roses
patrimoineRue des Sables
patrimoineRue des Sarrazins
patrimoineRue des Saules
patrimoineRue des Serbes
patrimoineRue des Soeurs Sabah
patrimoineRue des Sylphes
patrimoineRue des Terres Noires
patrimoineRue des Trois Piliers
patrimoineRue des Tulipes
patrimoineRue des Vignes Mallard
natureRue de Tournai
patrimoineRue de Turenne
patrimoineRue de Verdun
patrimoineRue de Wagram
patrimoineRue d'Iéna
patrimoineRue Diesel
patrimoineRue Dominique Levert
patrimoineRue du 8 Mai 1945
patrimoineRue du 93e Régiment d'Infanterie
patrimoineRue du Bourg sous la Roche
patrimoineRue du Calvaire
patrimoineRue du Capitaine Bonneau
patrimoineRue du Capitaine Dreyfus
patrimoineRue du Cardinal Lavigerie
patrimoineRue du Château d'Eau
patrimoineRue Duchesne de Denant
patrimoineRue du Clair Bocage
patrimoineRue du Colombier
patrimoineRue du Commandant Guilbaud
patrimoineRue du Commandant Raynal
patrimoineRue du Commerce
patrimoineRue du Compère Guilleri
patrimoineRue du Cornouiller
patrimoineRue du Daphné
patrimoineRue du Docteur Albert Schweitzer
patrimoineRue du Docteur Boutelier
patrimoineRue du Docteur René Cullerre
patrimoineRue du Docteur Roux
patrimoineRue du Douanier Rousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Rue du Général Castelnau
patrimoineRue du Général de Bollardiere
patrimoineRue du Général de Larminat
patrimoineRue du Général Gallieni
patrimoineRue du Général Guérin
patrimoineRue du Grand Jardin
patrimoineRue du Lieutenant Colonel Émile Driant
patrimoineRue d'Ulm
patrimoineRue du Lt-Colonel Baffert
patrimoineRue du Maréchal Foch
histoireNé à Tarbes dans une famille pyrénéenne catholique et fervente, le jeune Ferdinand Foch (1851-1929) hésite un temps entre la prêtrise et l'uniforme — son frère aîné, lui, deviendra jésuite. Ce sera finalement l'artillerie. Élève à Polytechnique, il en sort officier et se distingue vite par une intelligence militaire hors du commun, alimentée par une culture philosophique rare chez les gradés de son temps. Il lit Bergson, cite Aristote, réfléchit à la nature de la volonté et du choc. Devenu professeur à l'École de guerre, il forge une doctrine restée célèbre : « Ma droite est enfoncée, mon centre cède, impossible de manœuvrer, situation excellente, j'attaque. » La Marne, septembre 1914. À la tête de la IXe armée dans les marais de Saint-Gond, il tient bon face à l'offensive allemande dans des conditions désespérées. Ce sera l'une des batailles décisives du miracle de la Marne, qui sauve Paris. Foch entre dans la légende. Les années suivantes seront plus douloureuses — l'Artois, la Somme, des offensives sanglantes qui coûtent des centaines de milliers d'hommes pour quelques kilomètres. Il connaît aussi les traversées du désert, écarté un temps du commandement. Mars 1918 : les Allemands lancent leur ultime offensive et menacent de séparer les Français des Britanniques. Dans une réunion dramatique à Doullens, les Alliés se résolvent enfin à ce qu'ils avaient refusé pendant quatre ans : un commandement unique. Foch est nommé chef suprême des armées alliées sur le front occidental. Américains, Britanniques, Belges, Italiens, Français : tous sous ses ordres. Il a 66 ans, et devant lui l'armée allemande la plus puissante de l'histoire. En quelques mois, il retourne la situation. Le 18 juillet, il déclenche la contre-offensive de Villers-Cotterêts avec les premiers chars massés en profondeur. C'est le début de la fin. De juillet à novembre, les armées alliées ne cessent d'avancer. Le 11 novembre 1918, à 5h15 du matin, dans son wagon-restaurant en forêt de Compiègne à Rethondes, il reçoit la délégation allemande et fait signer l'armistice. À 11 heures, les clairons sonnent le cessez-le-feu sur tout le front. Une gloire universelle. Maréchal de France, maréchal de Grande-Bretagne, maréchal de Pologne — un cas unique dans l'histoire. Membre de l'Académie française, honoré dans toutes les capitales alliées. Il aura pourtant un regret amer : les conditions du traité de Versailles, qu'il juge trop douces. Sa phrase, prononcée en 1919, deviendra tragiquement prophétique : « Ce n'est pas une paix, c'est un armistice de vingt ans. » Il mourra dix ans jour pour jour avant qu'elle ne se vérifie. Il s'éteint le 20 mars 1929, à Paris. Funérailles nationales sous une pluie glaciale, cortège immense derrière l'affût de canon. On l'inhume aux Invalides, dans un tombeau monumental à quelques pas de Napoléon et de Turenne. La statue équestre qui le représente près du Trocadéro le montre en cavalier impassible, regardant vers l'Est — comme s'il continuait, pour l'éternité, à surveiller la frontière.
Rue du Maréchal Joffre
patrimoineRue du Maréchal Juin
patrimoineRue du Maréchal Koening
patrimoineRue du Maréchal Lyautey
patrimoineRue du Maréchal Ney
patrimoineRue du Maroc
patrimoineRue du Mont des Alouettes
patrimoineRue Dumont d'Urville
patrimoineRue du Monténégro
patrimoineRue du Moulin Rouge
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue du Onze Novembre 1918
patrimoineRue du Passage
patrimoineRue du Pasteur Luther King
patrimoineRue du Petit Patis
patrimoineRue du Pont
patrimoineRue du Préfet de Barante
patrimoineRue du Président de Gaulle
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Rue du Pressoir
patrimoineRue du Puy Charpentreau
patrimoineRue du Roc
patrimoineRue du Vélodrome
patrimoineRue du Vieux Marché
patrimoineRue Duvivier
patrimoineRue Edouard Depreux
patrimoineRue Edouard Manet
patrimoineRue Edouard Peltier
patrimoineRue Ella Maillart
patrimoineRue Elsa Triolet
patrimoineRue Émile Baumann
patrimoineRue Émile Faguet
patrimoineRue Émile Gabory
patrimoineRue Émile Plocq
patrimoineRue Émile Romanet
patrimoineRue Émile Zola
patrimoineÉmile Zola (1840-1902) naît à Paris un jour d'avril 1840, fils d'un ingénieur italien venu construire le canal qui alimente encore Aix-en-Provence en eau potable. Son père meurt quand Émile a sept ans, laissant la famille dans une gêne dont elle ne se relèvera jamais tout à fait. Enfance provençale à Aix, amitié fondatrice avec un camarade de classe nommé Paul Cézanne — les deux gamins passent leurs journées à courir la Sainte-Victoire, à écrire des vers et à peindre. Puis retour à Paris, où le jeune Zola échoue deux fois au baccalauréat et se retrouve, à vingt ans, à décharger des livres à la librairie Hachette pour survivre. C'est d'abord par le journalisme qu'il perce. Il écrit dans une vingtaine de titres, défend Manet et les impressionnistes quand tout Paris s'en moque, se fait connaître pour ses articles cinglants. Ses premiers romans passent inaperçus. Puis vient l'idée qui va changer sa vie et la littérature française : suivre une famille, les Rougon-Macquart, sur cinq générations, à travers vingt volumes, pour peindre « l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire ». Le projet est monstrueux. Il y consacrera vingt-trois ans de sa vie. L'Assommoir parut en 1877, Nana en 1880, Germinal en 1885 : Zola devient un phénomène. Pour la première fois dans la littérature française, on entre dans les mines, dans les blanchisseries, dans les cabarets ouvriers, dans les grands magasins naissants. Il s'y prépare comme un enquêteur : il descend au fond des puits, dort dans les corons, prend des notes sur les gestes, les odeurs, les jurons, le prix du pain. Ses détracteurs hurlent au scandale, à la vulgarité, à la pornographie. Ses lecteurs, eux, se comptent par centaines de milliers. Germinal devient, malgré lui, la bible des mineurs en grève — quand il meurt, des délégations ouvrières viendront de tout le nord de la France pour saluer son cercueil aux cris de « Germinal ! Germinal ! ». Le 13 janvier 1898, il publie "J'accuse" en une du journal L'Aurore une lettre ouverte au président de la République, pour dénoncer la condamnation du capitaine Dreyfus. Le titre, trouvé par Clemenceau, tient en deux mots qui vont traverser les siècles : J'accuse…! Zola nomme les responsables un à un, les accuse de faux, de complot, d'antisémitisme d'État. Il sait ce qu'il risque : le procès en diffamation, la ruine, l'exil. Il le fait quand même. Condamné à un an de prison, il s'enfuit en Angleterre, y vit onze mois d'un exil misérable et solitaire dans des pensions de famille. Il rentre en France en 1899. L'affaire Dreyfus finira par lui donner raison — le capitaine sera réhabilité en 1906, quatre ans après la mort de Zola. Le 29 septembre 1902, il est retrouvé mort chez lui, rue de Bruxelles à Paris, asphyxié par les émanations d'une cheminée bouchée. Sa femme, à ses côtés, survit de justesse. Accident ? Officiellement, oui. Mais dès les premières heures, la rumeur d'un assassinat court : un couvreur antidreyfusard aurait, disait-on, obstrué le conduit pendant des travaux, en pleine nuit. Trente-et-un ans plus tard, en 1953, un vieil ouvrier confessera sur son lit de mort avoir participé au crime. Vérité, affabulation ? On ne le saura jamais tout à fait. Ses obsèques rassemblent une foule immense au Panthéon — Anatole France y prononce un discours resté célèbre : « Il fut un moment de la conscience humaine. » En 1908, ses cendres sont transférées au Panthéon, sous les huées de la droite antidreyfusarde et un coup de revolver tiré sur Alfred Dreyfus en personne, présent à la cérémonie. Zola repose désormais face à Victor Hugo, celui qu'enfant il vénérait plus que tout. La boucle est bouclée — celle d'un homme qui, plus qu'aucun autre, aura mis sa plume au service de ceux qui n'en avaient pas.
Rue Enzo Ferrari
patrimoineRue Ernest Guyonnet
patrimoineRue Ernest Seigneuret
patrimoineRue Fabre d'Églantine
patrimoineRue Faraday
patrimoineRue Ferdinand Buisson
patrimoineRue Ferdinand de Lesseps
patrimoineRue Ferdinand Pottier
patrimoineRue Fernandel
patrimoineRue Fernand Montlahuc
patrimoineRue Fernand Raynaud
patrimoineRue Ferrer
patrimoineRue Flora Tristan
patrimoineRue Francine Robert
patrimoineRue François Cevert
patrimoineRue Françoise Sagan
patrimoineRue François-René Chateaubriand
patrimoineRue François Truffaut
patrimoineRue François Viète
patrimoineRue Frédéric Mistral
patrimoineRue Frédéric Passy
patrimoineRue Friedrich Nietzsche
patrimoineRue Gabriel Charlopeau
patrimoineRue Gaby Morlay
patrimoineRue Gandhi
patrimoineRue Gaston Marceteau
patrimoineRue Gaston Ramon
patrimoineRue Gaston Rebuffat
patrimoineRue Gaston Tessier
patrimoineRue George Sand
patrimoineRue Georges Bernanos
patrimoineRue Georges Brassens
patrimoineRue Georges Clemenceau
patrimoineRue Georges Durand
patrimoineRue Georges Mandel
patrimoineRue Georges Mazurelle
patrimoineRue Georges Pompidou
patrimoineRue Georges Simenon
patrimoineRue Gérard Philipe
patrimoineRue Giotto
patrimoineRue Gounod
patrimoineRue Gouvion
patrimoineRue Goya
patrimoineRue Graham Bell
patrimoineRue Guérineau
patrimoineRue Guillaume Apollinaire
patrimoineRue Guillaume de Machaut
patrimoineRue Guillerot
patrimoineRue Guiné
patrimoineRue Gustave Eiffel
patrimoineRue Gustave Flaubert
patrimoineRue Gustave Zédé
patrimoineRue Gutenberg
patrimoineRue Guynemer
patrimoineRue Halley
patrimoineRue Haxo
patrimoineRue Hector Berlioz
cultureFils de médecin destiné à la médecine, Hector Berlioz (1803-1869) quitta l'école de santé à Paris pour la musique — au grand désespoir de son père qui lui coupa les vivres. Il entra au Conservatoire en 1823, remporta le prix de Rome en 1830 avec sa cantate Sardanapale, l'année même où sa Symphonie fantastique fit scandale à Paris. Cette œuvre folle et vertigineuse — récit halluciné d'un jeune artiste qui s'empoisonne à l'opium en rêvant qu'il assassine sa bien-aimée, est guillotiné, puis assiste à un sabbat de sorcières — était autobiographique : Berlioz venait de tomber follement amoureux, sans oser lui parler, de l'actrice irlandaise Harriet Smithson, vue au théâtre dans du Shakespeare. Détail savoureux : Harriet finit par entendre la symphonie, comprit qu'elle en était le sujet, rencontra Berlioz, et l'épousa en 1833. Le mariage fut désastreux, mais l'histoire est unique dans les annales musicales. Longtemps méconnu en France, Berlioz gagna sa vie par la critique musicale — plume redoutée et acerbe — et par de longues tournées à l'étranger (Allemagne, Autriche, Russie, Londres) où on l'adulait déjà quand Paris continuait de le bouder. Son Requiem (1837), puis sa Damnation de Faust (1846) et enfin son opéra monumental Les Troyens (composé de 1856 à 1858 mais jamais joué intégralement de son vivant), sommet de son œuvre, imposèrent peu à peu son génie. Maître absolu de l'orchestration — son Traité d'instrumentation et d'orchestration de 1844 fut la bible de tous les compositeurs jusqu'à Ravel —, ami de Liszt, Chopin, Paganini, Hugo et Delacroix, Berlioz mourut en 1869 dans l'amertume et la solitude, sa reconnaissance nationale encore à venir. Il est aujourd'hui considéré comme le plus grand compositeur français du XIXᵉ siècle.
Rue Hélène de Suzannet
patrimoineRue Héliodore Durand
patrimoineRue Henri Aucher
patrimoineRue Henri Dadoune
patrimoineRue Henri Darcq
patrimoineRue Henri Darcy
patrimoineRue Henri Dunant
patrimoineRue Henri Farman
patrimoineRue Henri Guérif
patrimoineRue Henri Matisse
culture« Un fauteuil pour l'esprit fatigué »Rien ne destinait Henri Matisse (1869-1954), fils d'un marchand de grains du Nord, à devenir l'un des plus grands peintres du XXᵉ siècle. Étudiant en droit à Paris, employé chez un avoué à Saint-Quentin, Henri Matisse menait une vie modeste et sans éclat quand, à vingt ans, une crise d'appendicite le cloua au lit pour de longues semaines. Sa mère lui offrit une boîte de peinture pour l'occuper. Ce fut une révélation. « Le moment où j'ai eu cette boîte de couleurs dans les mains, j'ai senti que là était ma vie. » Il abandonna le droit, monta à Paris étudier la peinture, et n'arrêta plus jamais.Ses débuts furent obscurs et pauvres. Il copiait des maîtres au Louvre pour survivre, épousa Amélie Parayre en 1898, eut trois enfants, exposa dans l'indifférence. Puis vint le scandale fondateur : au Salon d'automne de 1905, il présente avec Derain, Vlaminck et quelques autres des toiles aux couleurs pures, violentes, non naturalistes. Un critique, effaré, les traite de « fauves ». Le nom est resté : le fauvisme venait de naître, premier mouvement d'avant-garde du siècle. En quelques années, Matisse devient le rival déclaré de Picasso à Paris — les deux hommes se surveillent, s'admirent, se moquent, s'influencent secrètement. « Nous devons parler l'un à l'autre autant que nous le pouvons », disait Picasso. « Quand l'un de nous mourra, il y a des choses que l'autre ne pourra plus dire à personne. »À partir des années 1910, Matisse voyage — Maroc, Russie, Tahiti — et cherche partout la même chose : la couleur pure, la ligne dansante, la joie. En 1908, il avait formulé son idéal dans une phrase célèbre : « Ce que je rêve, c'est un art d'équilibre, de pureté, de tranquillité… un lambrissement qui repose de la fatigue, un fauteuil pour l'esprit fatigué. » Cette exigence de sérénité, à contre-courant des angoisses du siècle, lui vaudra parfois d'être jugé décoratif — reproche qu'il portera comme une décoration.Installé à Nice à partir de 1917, il peint ses grandes odalisques baignées de lumière méditerranéenne, puis se réinvente à chaque décennie : lithographies, sculptures, illustrations pour Mallarmé et Joyce. En 1941, un cancer du duodénum le laisse alité pour la vie — mais loin d'abandonner, il invente une nouvelle technique : les gouaches découpées. Depuis son lit, ciseaux à la main, il « dessine dans la couleur » de vastes compositions collées, éclatantes, joyeuses. La Tristesse du roi, La Piscine, Nu bleu — les chefs-d'œuvre de sa dernière période sont ceux d'un homme couché qui, à quatre-vingts ans, réinvente son art.Sa dernière grande œuvre est la chapelle du Rosaire de Vence (1948-1951), qu'il conçoit intégralement — vitraux, fresques, mobilier, chasubles — comme un cadeau à la religieuse dominicaine qui l'avait soigné pendant sa maladie. Il mourut à Nice en 1954, à quatre-vingt-quatre ans. Picasso, apprenant la nouvelle, se serait tu longuement, puis aurait murmuré : « Il n'y a plus que moi maintenant. »
Rue Henry Bessemer
patrimoineRue Henry Simon
patrimoineRue Hippolyte Maindron
patrimoineRue Hoche
patrimoineRue Honoré de Balzac
patrimoineRue Hubert Cailler
patrimoineRue Isaac Rabbin
patrimoineRue Jacques Allezeau
patrimoineRue Jacques Cartier
patrimoineRue Jacques Cartier Est
patrimoineRue Jacques Coeur
patrimoineRue Jacques Daguerre
patrimoineRue Jacques Tati
cultureRien ne destinait Jacques Tati (1907-1982), grand escogriffe d'un mètre quatre-vingt-onze, petit-fils d'un général comte russe émigré et fils d'un encadreur d'art parisien, à devenir l'un des plus grands cinéastes du monde. Jacques Tatischeff — son vrai nom — passa d'abord par le rugby (il joua au Racing Club de France) puis par les music-halls où il inventa dans les années 1930 des numéros de pantomime sportive stupéfiants : il mimait à lui seul un match de tennis, un combat de boxe, une partie de rugby, un cheval au galop, jusqu'à devenir une gloire des cabarets parisiens. Colette, son admiratrice, écrivit qu'il avait « créé quelque chose de tout à fait extraordinaire, à savoir un athlète imaginaire ».Il ne réalisa que six longs métrages en trente-cinq ans. Six seulement — mais chacun est un monument. Jour de fête (1949) invente sur la place d'un village le facteur cycliste François, jamais rassuré face à la vitesse américaine. Puis vient Les Vacances de Monsieur Hulot (1953), où naît son double éternel : silhouette efflanquée, chapeau, pipe, parapluie, gabardine trop courte, démarche à la fois pressée et suspendue. Hulot ne parle presque pas. Il traverse le monde moderne comme un enfant curieux et perpétuellement en retard, faisant apparaître, par sa seule présence, tout ce que ce monde a d'absurde. Suivront Mon Oncle (1958), critique féroce et tendre de la modernité pavillonnaire — Oscar du meilleur film étranger —, puis le vertigineux Playtime (1967), tourné dans un immense décor de verre et d'acier que Tati fit construire à ses frais dans la banlieue parisienne : « Tativille ». Le film le ruina. C'est aujourd'hui l'un des films préférés des cinéastes du monde entier (Wes Anderson, David Lynch, Roy Andersson, Miyazaki en font une référence obsessionnelle).Tati était un maniaque du son. Dans ses films, on entend chaque pas, chaque grincement de porte, chaque tintement de couvert, chaque bruit de machine — la musique du monde moderne devient une partition comique. Il retravaillait ses bandes-son pendant des mois. Il retouchait, remontait, ajoutait des détails invisibles qui n'apparaissent qu'à la dixième vision. Playtime comporte des scènes où des dizaines de gags se déroulent simultanément dans le même plan — comme dans une toile de Bruegel — et où le spectateur doit choisir où poser son regard.Après la ruine de Playtime, il ne réalisa plus que Trafic (1971) et le tardif Parade (1974), commande de la télévision suédoise. Il mourut en 1982 dans une relative discrétion, sans jamais avoir été richement récompensé de son vivant en France. Sa réhabilitation viendra après, portée par les cinéastes plus que par le public. Aujourd'hui, la silhouette de Hulot est reconnue dans le monde entier au même titre que Chaplin ou Buster Keaton — comme si un immense inventeur du burlesque s'était glissé, discrètement, entre les tours de verre et les ronds-points de nos vies.
Rue Jacques-Yves Cousteau
patrimoineRue Jean Alexandre Cavoleau
patrimoineRue Jean Bouhier
patrimoineRue Jean Bouin
patrimoineRue Jean Chaptal
patrimoineRue Jean Droillard
patrimoineRue Jean Esswein
patrimoineRue Jean-François Champollion
patrimoineRue Jean François Millet
patrimoineRue Jean-Jacques Rousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Rue Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Rue Jean Lannes
patrimoineRue Jean Launois
patrimoineRue Jean Le Bon
patrimoineRue Jean-Marie Caprais
patrimoineRue Jean Mermoz
patrimoineRue Jean Monnet
patrimoineRue Jean Moulin
histoireIssu d'une famille républicaine et laïque (son père, professeur, était un fervent dreyfusard), Jean Moulin (1899-1943) grandit dans le culte de la République et le goût du dessin, qu'il pratiquera toute sa vie sous le pseudonyme de Romanin. Caricaturiste talentueux, il expose, publie dans des journaux satiriques, fréquente les artistes de Montparnasse. Rien ne semblait le destiner à devenir une icône. Haut fonctionnaire brillant, il gravit les échelons à vitesse fulgurante et devient, à 38 ans, préfet d'Eure-et-Loir, devenant ainsi le plus jeune préfet de France. En 1939. Il n'imagine pas encore que sa fonction va faire de lui, en quelques mois, un héros. Chartres, juin 1940. Alors que la Wehrmacht déferle, les Allemands veulent lui faire signer un document accusant des tirailleurs sénégalais de crimes qu'ils n'ont pas commis. Il refuse. On le frappe, on l'enferme dans une pièce avec le cadavre d'une femme, on le menace. La nuit venue, seul, il tente de se trancher la gorge avec un tesson de verre pour ne pas céder sous la torture. Il survit — mais portera désormais une cicatrice qu'il cachera sous une écharpe. Cette écharpe deviendra, avec le feutre et le regard sombre, son image éternelle. Révoqué par le régime de Vichy en novembre 1940, il gagne Londres via l'Espagne et le Portugal. Le général De Gaulle lui confie une mission d'une audace folle : unifier les mouvements de résistance intérieure, jusqu'alors dispersés, rivaux, cloisonnés. Parachuté en Provence dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, sous le nom de « Rex », il sillonne la France clandestinement, convainc, arbitre, fédère. Le 27 mai 1943, à Paris, rue du Four, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance — moment fondateur où communistes, socialistes, syndicalistes, chrétiens et gaullistes se retrouvent enfin sous une même bannière. Trois semaines après cette réunion historique, le 21 juin 1943, il tombe dans un guet-apens à Caluire-et-Cuire, près de Lyon. Arrêté par "le boucher de Lyon" Klaus Barbie, il est torturé pendant des jours dans les locaux de la Gestapo, avenue Berthelot. Il ne parlera pas. Un mot, un seul, aurait suffi à décapiter la Résistance : il l'emporte avec lui. Il meurt dans le train qui l'emmène vers l'Allemagne, quelque part près de Metz, le 8 juillet 1943. Il avait 44 ans. Le 19 décembre 1964, ses cendres sont transférées au Panthéon. Sous la pluie battante, André Malraux prononce l'un des plus beaux discours de la langue française : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » La voix se brise. Toute une génération pleure. Un visage — écharpe, feutre, regard — devient à jamais celui de la France qui a dit non.
Rue Jeanne d'Arc
patrimoineRue Jean Perrin
patrimoineRue Jean Prévost
patrimoineRue Jean-Sébastien Bach
patrimoineRue Jean Zay
patrimoineRue John-James Audubon
patrimoineRue Joseph Bara
patrimoineRue Joseph Bouet
patrimoineRue Joseph Kessel
patrimoineRue Joseph Legentilhomme
patrimoineRue Jules Guesde
patrimoineRue Jules Siegfried
patrimoineRue Jules Verne
patrimoineRue Julien Plessis
patrimoineRue Katia et Maurice Kraft
patrimoineRue Kepler
patrimoineRue Kléber
patrimoineRue La Bruyère
patrimoineRue Laënnec
patrimoineRue La Fayette
patrimoineRue La Fontaine
patrimoineRue Langevin Wallon
patrimoineRue Laplace
patrimoineRue Lazare Carnot
sciencesFils du grand Lazare Carnot (1753-1823) — mathématicien, ministre de la Guerre et « Organisateur de la Victoire » sous la Révolution française —, Sadi Carnot (1796-1832) fut, comme son père, formé à Polytechnique. Il n'a laissé qu'un seul livre, mais quel livre : les Réflexions sur la puissance motrice du feu, publiées à ses frais en 1824, à vingt-huit ans. Cet ouvrage passé quasi inaperçu à sa parution deviendra, quelques décennies plus tard, l'un des textes fondateurs de la science moderne. Carnot y étudie le fonctionnement des machines thermiques, ces systèmes qui convertissent la chaleur en énergie mécanique — celle qui met en mouvement une roue, une turbine, un piston. Il montre qu'une machine idéale décrit un cycle entre deux sources de chaleur, une chaude et une froide, et que son rendement maximum ne dépend que de la différence de température entre ces deux sources, jamais de la nature du fluide utilisé. Ce résultat fulgurant jetait les bases du deuxième principe de la thermodynamique, que formalisera plus tard l'Allemand Rudolph Clausius (1822-1888) en 1850. Du fameux cycle de Carnot sont issues d'innombrables applications de la vie quotidienne : les moteurs des voitures (cycle Diesel pour le gazole, cycle Beau de Rochas pour l'essence), les réfrigérateurs, les climatiseurs, les pompes à chaleur. Chose bouleversante : Carnot mourut du choléra à 36 ans, lors de l'épidémie parisienne de 1832. Selon les usages sanitaires de l'époque, ses carnets scientifiques furent brûlés pour éviter la contagion — des années de recherches disparurent en fumée. Les fragments retrouvés ont montré qu'il avait aussi entrevu, bien avant les autres, la loi de conservation de l'énergie. Avez-vous déjà entendu parler de son neveu et homonyme Sadi Carnot ? On lui attribue généralement les rues Sadi Carnot.
Rue Léandre Merlet
patrimoineRue Léon Aude
patrimoineRue Léon Blum
patrimoineRue Leonce Gluard
patrimoineRue Léon Gauvrit
patrimoineRue Léon Jouhaux
patrimoineRue Le Ricolais
patrimoineRue Lescure
patrimoineRue Lily et Nadia Boulanger
patrimoineRue Littré
patrimoineRuelle du Gate Bourse
patrimoineRue Lorieau
patrimoineRue Louis Aragon
patrimoineRue Louis Auguste Lansier
patrimoineRue Louis Blériot
patrimoineRue Louis Champain
patrimoineRue Louise de Bettignies
patrimoineRue Louise Michel
patrimoineRue Louis Jouvet
patrimoineRue Louis Lamarck
patrimoineRue Louis Loucheur
patrimoineRue Louis Lumière
patrimoineRue Louis-René Villerme
patrimoineRue Lucie Aubrac
patrimoineRue Lucien Genuer
patrimoineRue Lulli
patrimoineRue Luneau
patrimoineRue Magellan
patrimoineRue Magenta
patrimoineRue Manuel
patrimoineRue marcel chabot
patrimoineRue Marcel Chabot
patrimoineRue Marcel Dassault
patrimoineRue Marcellin Berthelot
patrimoineRue Marcel Penchaud
patrimoineRue Maréchal Foch
histoireNé à Tarbes dans une famille pyrénéenne catholique et fervente, le jeune Ferdinand Foch (1851-1929) hésite un temps entre la prêtrise et l'uniforme — son frère aîné, lui, deviendra jésuite. Ce sera finalement l'artillerie. Élève à Polytechnique, il en sort officier et se distingue vite par une intelligence militaire hors du commun, alimentée par une culture philosophique rare chez les gradés de son temps. Il lit Bergson, cite Aristote, réfléchit à la nature de la volonté et du choc. Devenu professeur à l'École de guerre, il forge une doctrine restée célèbre : « Ma droite est enfoncée, mon centre cède, impossible de manœuvrer, situation excellente, j'attaque. » La Marne, septembre 1914. À la tête de la IXe armée dans les marais de Saint-Gond, il tient bon face à l'offensive allemande dans des conditions désespérées. Ce sera l'une des batailles décisives du miracle de la Marne, qui sauve Paris. Foch entre dans la légende. Les années suivantes seront plus douloureuses — l'Artois, la Somme, des offensives sanglantes qui coûtent des centaines de milliers d'hommes pour quelques kilomètres. Il connaît aussi les traversées du désert, écarté un temps du commandement. Mars 1918 : les Allemands lancent leur ultime offensive et menacent de séparer les Français des Britanniques. Dans une réunion dramatique à Doullens, les Alliés se résolvent enfin à ce qu'ils avaient refusé pendant quatre ans : un commandement unique. Foch est nommé chef suprême des armées alliées sur le front occidental. Américains, Britanniques, Belges, Italiens, Français : tous sous ses ordres. Il a 66 ans, et devant lui l'armée allemande la plus puissante de l'histoire. En quelques mois, il retourne la situation. Le 18 juillet, il déclenche la contre-offensive de Villers-Cotterêts avec les premiers chars massés en profondeur. C'est le début de la fin. De juillet à novembre, les armées alliées ne cessent d'avancer. Le 11 novembre 1918, à 5h15 du matin, dans son wagon-restaurant en forêt de Compiègne à Rethondes, il reçoit la délégation allemande et fait signer l'armistice. À 11 heures, les clairons sonnent le cessez-le-feu sur tout le front. Une gloire universelle. Maréchal de France, maréchal de Grande-Bretagne, maréchal de Pologne — un cas unique dans l'histoire. Membre de l'Académie française, honoré dans toutes les capitales alliées. Il aura pourtant un regret amer : les conditions du traité de Versailles, qu'il juge trop douces. Sa phrase, prononcée en 1919, deviendra tragiquement prophétique : « Ce n'est pas une paix, c'est un armistice de vingt ans. » Il mourra dix ans jour pour jour avant qu'elle ne se vérifie. Il s'éteint le 20 mars 1929, à Paris. Funérailles nationales sous une pluie glaciale, cortège immense derrière l'affût de canon. On l'inhume aux Invalides, dans un tombeau monumental à quelques pas de Napoléon et de Turenne. La statue équestre qui le représente près du Trocadéro le montre en cavalier impassible, regardant vers l'Est — comme s'il continuait, pour l'éternité, à surveiller la frontière.
Rue Marie Madeleine Fourcade
patrimoineRue Marie Paradis
patrimoineRue Marie Renard
patrimoineRue Martin Luther King
patrimoineRue Maryse Bastié
patrimoineRue Massenet
patrimoineRue Maurice Chevalier
cultureNé à Ménilmontant dans le 20ᵉ arrondissement de Paris, d'un père alcoolique qui abandonna la famille, Maurice Chevalier (1888-1972) connut la pauvreté et l'usine avant les cafés-concerts, où il se produisit dès quatorze ans. Il se disait « artisan de France » — modeste formule pour l'un des plus grands chanteurs et acteurs français du XXᵉ siècle. Sa vie chevaucha les deux guerres mondiales et deux continents. Enrôlé en 1914, il fut blessé et capturé dès les premières semaines de la Première Guerre. Il ne fut libéré qu'en 1916, grâce à l'intervention étonnante de son amante et complice de scène Mistinguett (Jeanne Bourgeois, 1875-1956), qui obtint sa libération par les canaux diplomatiques du roi d'Espagne. Entre les deux guerres, il conquit Hollywood. Deux fois nommé aux Oscars dès 1930, il tourna sous la direction d'Ernst Lubitsch, dans Parade d'amour, Une heure près de toi (1932) et La Veuve joyeuse — parmi les plus grands films de comédie musicale des studios américains. Rentré en France à la déclaration de la Seconde Guerre, il resta en zone libre dans le Midi mais accepta certaines tournées à Paris et Berlin, pour n'offenser ni le public français ni l'Occupant qui surveillait son attitude. C'est lors d'un concert donné dans le camp même où il avait été prisonnier vingt-cinq ans plus tôt qu'il obtint son plus beau cachet : à la place de sa rémunération, il exigea la libération de dix prisonniers français. Ce geste ne le protégea pas complètement à la Libération, où il faillit être inscrit sur les listes noires ; l'écrivain Louis Aragon témoigna en sa faveur et le blanchit définitivement. La suite est un triomphe : il continua sa carrière internationale, chanta le célèbre « Thank Heaven for Little Girls » dans le Gigi de Vincente Minnelli (1958), et reçut à Hollywood un Oscar d'honneur en 1959 pour l'ensemble de sa carrière — l'un des rares Français à cet honneur. Il mourut en 1972, à quatre-vingt-trois ans, sans jamais avoir quitté son fidèle canotier qui reste, avec sa moue gouailleuse et son accent parigot, sa signature éternelle. À écouter : Ah si vous connaissiez ma poule (1938) et Ça fait d'excellents Français (1939).
Rue Maurice Edgar Coindreau
patrimoineRue Maurice Garin
patrimoineRue Maxime Dervieux
patrimoineRue Mère Courage
patrimoineRue Michelet
patrimoineRue Milcendeau
patrimoineRue Miro
patrimoineRue Molière
patrimoineRue Monge
patrimoineRue Monnereau
patrimoineRue Montaigne
patrimoineRue Montesquieu
patrimoineRue Monthulet
patrimoineRue Necker
patrimoineRue Newton
patrimoineRue Nicephore Niepce
patrimoineRue Nicolas Baudin
patrimoineRue Numa Soubeyran
patrimoineRue Nungesser
patrimoineRue Octave Lapize
patrimoineRue Odette du Puigaudeau
patrimoineRue Odette et Alfred Roux
patrimoineRue Olivier de Clisson
patrimoineRue Olivier Messiaen
patrimoineRue Olof Palme
patrimoineRue Olympe de Gouges
patrimoineRue Parmentier
patrimoineRue Pasteur
sciencesLouis Pasteur (1822-1895) révèla dès l'enfance un vrai talent pour le dessin - son mentor au collège d'Arbois le surnomme « mon petit Michel-Ange » et il réalisera une quarantaine de portraits au pastel avant de se tourner vers la science. En 1863, il sera d'ailleurs nommé à la chaire de géologie, physique et chimie appliquées aux beaux-arts de l'École des Beaux-Arts de Paris. En 1865, Napoléon III lui demande de combattre les maladies qui ruinent les exportations de vin (acétification, pousse, graisse, amer). Pasteur met au point un chauffage à 60 °C pendant 20 à 30 minutes : la pasteurisation est née, faisant de Pasteur le sauveur du vin français. Le procédé sera ensuite appliqué à la bière, puis au lait. Marqué par la défaite de 1870 face aux Allemands, alors maîtres incontestés de la bière, il s'attelle à créer une bière française meilleure que la leur — un travail qui aboutira à la pasteurisation des bouteilles à 65 °C. Pourtant la célébrité de Pasteur vient du 6 juillet 1885, lorsqu'il inocula au jeune Joseph Meister, mordu 14 fois par un chien enragé, le premier vaccin antirabique de l'histoire ! L'enfant survécut et put vivre jusqu'à l'âge de 64 ans. Pasteur s'inspirait des travaux d'Edward Jenner sur la variole : il est donc le père du vaccin, mais non de la vaccination. Il fondit l'Institut Pasteur en 1888 et décéda à Marne-la-Coquette en 1895 et recevoir des funérailles nationales à Notre-Dame de Paris.
Rue Paul Baudry
patrimoineRue Paul Claudel
patrimoineRue Paul Doumer
patrimoineRue Paul Dukas
patrimoineRue Paul Éluard
patrimoineRue Paul-Émile Victor
patrimoineRue Paul Gauguin
patrimoineRue Pauline de Lézardière
patrimoineRue Pauline Roland
patrimoineRue Paul Lafargue
patrimoineRue Paul Perraudeau
patrimoineRue Philippe Lebon
patrimoineRue Pierre Allut
patrimoineRue Pierre Bacqua
patrimoineRue Pierre Bérégovoy
patrimoineRue Pierre Brossolette
patrimoineRue Pierre-Gilles de Gennes
patrimoineRue Pierre Latécoère
patrimoineRue Pierre Olliveau
patrimoineRue Pierre-Paul Rubens
patrimoineRue Pierre Rambaud
patrimoineRue Pierre Sémard
patrimoineRue Proudhon
patrimoineRue Pythagore
patrimoineRue Rabelais
patrimoineRue Racine
patrimoineRue Raimu
patrimoineRue Raoul Dufy
patrimoineRue Raoul Follereau
patrimoineRue Raoul Ponchon
patrimoineRue Raphaël
patrimoineRue Ravel
patrimoineRue Raymond Bossis
patrimoineRue Raymond Poincaré
patrimoineRue Raymond Prunier
patrimoineRue Rembrandt
patrimoineRue René Bazin
patrimoineRue René Cassin
patrimoineRue René Coty
patrimoineRue René Couzinet
patrimoineRue René Desmaison
patrimoineRue René Goscinny
patrimoineRue René Guy Cadou
patrimoineRue René Loué
patrimoineRue Richelieu
patrimoineRue Rigaud
patrimoineRue Rigel
patrimoineRue Roald Amundsen
patrimoineRue Robert Bothereau
patrimoineRue Robert Dauger
patrimoineRue Robert Doisneau
patrimoineRue Robert Schuman
patrimoineRue Roger Guibert
patrimoineRue Roger Richard
patrimoineRue Roger Salengro
patrimoineRue Rosa Luxemburg
patrimoineRue Rousseau Decelle
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Rue Sadi Carnot
histoireIssu d'une des grandes lignées républicaines et scientifiques françaises — petit-fils du révolutionnaire Lazare Carnot et neveu du physicien Sadi Carnot, père de la thermodynamique — Marie François Sadi Carnot (1837-1894) suivit d'abord la voie familiale : Polytechnique, ingénieur des Ponts et Chaussées. Républicain modéré, il devint président de la Troisième République en 1887, après que le scandale des décorations eut contraint son prédécesseur Jules Grévy (1807-1891) à démissionner — le gendre de Grévy monnayait honteusement des Légions d'honneur. Réputé pour sa rigueur et son honnêteté dans une République secouée par les scandales, Carnot dut affronter une société française agitée : le retentissant scandale de Panama (1892), où plusieurs centaines de députés et de journaux s'étaient laissés corrompre par la Compagnie interocéanique de Ferdinand de Lesseps, ruinée après l'échec du percement du canal ; les attentats anarchistes qui frappaient Paris (Vaillant à la Chambre des députés, Ravachol, Émile Henry au café Terminus…) ; et la crise boulangiste, du nom du général Georges Boulanger (1837-1891), populaire et menaçant, qui rêvait d'un pouvoir personnel et d'une revanche militaire contre l'Allemagne pour reconquérir l'Alsace-Moselle, cédée par le traité de Francfort en 1871. La politique extérieure de Carnot poursuivit l'expansion coloniale (Afrique, Indochine) tout en se rapprochant de la Russie tsariste — jetant les bases de l'alliance qui structurera le début du XXᵉ siècle. Sa fin fut brutale : à Lyon, le 24 juin 1894, alors qu'il quittait un banquet à la Chambre de commerce, il fut poignardé par Sante Caserio, jeune boulanger anarchiste italien de vingt-et-un ans, qui vengeait ainsi l'exécution récente de Vaillant. Ses funérailles nationales rassemblèrent des centaines de milliers de Parisiens en deuil. Il fut inhumé au Panthéon — seul président de la Troisième République à y entrer directement à sa mort. Avez-vous déjà entendu parler de son oncle et homonyme Sadi Carnot ? On lui attribue généralement les rues Carnot.
Rue Saint-Hilaire
patrimoineRue Saint-John Perse
patrimoineRue Saint-Saëns
patrimoineRue Saint-Vincent-de-Paul
patrimoineRue Salvador Allende
patrimoineRue Sarah Bernhardt
patrimoineRue Savary de l'Epineraye
patrimoineRue Serpentine
patrimoineRue Sigmund Freud
patrimoineRue Sirius
patrimoineRue Sonia Delaunay
patrimoineRue Stéphane Guillemé
patrimoineRue Stéphane Piobetta
patrimoineRue Théodore Monod
patrimoineRue Thiers
patrimoineRue Thyde Monnier
patrimoineRue Tiraqueau
patrimoineRue Trousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Rue Urbain Pivard
patrimoineRue Valentin Roussiere
patrimoineRue Vauban
patrimoineRue Védrines
patrimoineRue Vega
patrimoineRue Verdi
patrimoineRue Victor Hugo
histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1885) naquit à Besançon le 7 ventôse de l'an X — soit le 26 février 1802 dans le calendrier révolutionnaire encore en usage. Poète, romancier, dramaturge, mais aussi (moins connu) dessinateur de génie — il laissa près de quatre mille dessins d'une audace visionnaire admirée par Delacroix —, il fut le père incontesté du romantisme français depuis la fameuse bataille d'Hernani (25 février 1830), soirée fondatrice où jeunes romantiques et académiques en vinrent presque aux mains au Théâtre-Français. Son œuvre est monumentale : Notre-Dame de Paris (1831), Ruy Blas, Les Misérables (1862, son sommet mondial), L'Homme qui rit, Quatre-vingt-treize, sans oublier les sublimes poèmes des Contemplations et des Châtiments, et l'immense fresque de La Légende des siècles. Sa carrière politique ne fut pas moindre. Nommé pair de France en 1845, il fut élu député de Paris en 1848, prit position contre la peine de mort — le combat de toute sa vie — et défendit ardemment la République. Le coup d'État du 2 décembre 1851 fomenté par Louis-Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon III) le contraignit à un exil de dix-neuf ans, d'abord en Belgique, puis dans les îles anglo-normandes de Jersey puis Guernesey, où il écrivit ses plus grandes œuvres. Quand Napoléon III lui offrit l'amnistie en 1859, il refusa avec ces mots devenus proverbes : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai. » Il tint parole et ne rentra que le 5 septembre 1870, deux jours après la chute de l'Empire, acclamé à la gare du Nord par une foule immense. Sa vie fut aussi celle des grands deuils : la mort noyée de sa fille Léopoldine en 1843, à dix-neuf ans, dans la Seine à Villequier — deuil fondateur qui inspirera le déchirant « Demain, dès l'aube… » — et la double vie sentimentale entre son épouse Adèle Foucher et sa muse Juliette Drouet, avec qui il vécut une passion secrète de cinquante ans. Il mourut d'une pneumonie à Paris le 22 mai 1885, à quatre-vingt-trois ans. Deux millions de personnes défilèrent devant sa dépouille sur les Champs-Élysées avant qu'il ne soit conduit au Panthéon, dans un simple corbillard de pauvre qu'il avait demandé par testament. Le Panthéon avait été rendu au culte laïque exprès pour l'accueillir. Il fut ainsi non seulement l'homme d'un siècle, mais le siècle en un homme.
Rue Vigée Lebrun
patrimoineRue Villebois-Mareuil
patrimoineRue Vincent Auriol
patrimoineRue Volta
patrimoineRue Voltaire
histoireIssu de la bourgeoisie parisienne, François-Marie Arouet (1694-1778) fit de brillantes études chez les jésuites de Louis-le-Grand. Son pseudonyme Voltaire est l'anagramme d'Arovet L.J. — « Arouet le Jeune » — à une époque où u et v ne se distinguaient pas encore à l'écrit. Ses vers irrévérencieux contre le Régent lui valurent onze mois de Bastille en 1717, où il écrivit sa première tragédie et se choisit son nouveau nom. Un franc-parler récidiviste l'exila ensuite en Angleterre pendant trois ans, séjour décisif : il en revint transformé, avec une philosophie réformatrice de la justice et de la société inspirée du modèle anglais, et une défense ardente de la liberté d'expression. Rentré en France, il ne cessa dès lors de critiquer la guerre, le dogme chrétien et surtout la monarchie absolue de droit divin. Historiographe du roi en 1745, il entra à l'Académie française l'année suivante — mais ses écrits scandaleux (Zadig, 1747) le forcèrent à l'exil, d'abord chez Frédéric II à Berlin, puis en Suisse. En 1759, il s'installa à Ferney, village frontalier de la Suisse qui portera désormais son nom : il y accueillit toute l'Europe éclairée pendant vingt ans, devenant le « patriarche de Ferney », référence intellectuelle du siècle. La même année, il publia Candide, roman satirique où sa naïveté imaginaire dénonce le fanatisme, la guerre, l'esclavage et l'optimisme métaphysique de Leibniz — le fameux « Il faut cultiver notre jardin » qui clôt le livre. Avec ses pamphlets mordants, il se battit contre les injustices judiciaires : l'affaire Calas (protestant toulousain roué en 1762, réhabilité grâce à lui en 1765), l'affaire Sirven, l'exécution du jeune chevalier de La Barre. À chacun il opposa sa devise, signée à la fin de ses lettres : « Écrasons l'infâme » — l'infâme étant le fanatisme religieux. En 1778, à quatre-vingt-trois ans, il revint triomphalement à Paris après vingt-huit ans d'absence : la Comédie-Française l'acclama debout, la foule l'idolâtra. Il mourut trois mois plus tard. Refusé de sépulture chrétienne, enterré à la sauvette en Champagne, il fut transféré au Panthéon par la Révolution en 1791. Il y repose depuis, face à Rousseau — les deux frères ennemis des Lumières.
Rue Watt
patrimoineRue Willy Ronis
patrimoineRue Yves Hélary
patrimoineSentier de Diane
patrimoineSentier du Moulin Neuf à la Rousselière
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Square Tizi Ouzou
patrimoineVenelle du Premier Soleil
patrimoineViaduc de la Roche-sur-Yon
patrimoineVoie Communale Dite de la Maison Neuve des Landes
natureVoie d'Ambois
patrimoineVoie de la Maison Neuve des Landes
natureVoie du Défends
patrimoine