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Maria Callas

La cantatrice

culture Maria Callas
Née à New York de parents grecs, la soprano Maria Kalogeropoulos (1923-1977) décida à quatorze ans de rentrer en Grèce avec sa mère et sa sœur pour y poursuivre ses études de musique. Entrée à l'opéra d'Athènes en 1941, elle fut remarquée aux Arènes de Vérone en 1947 dans La Gioconda de Ponchielli, où le chef Tullio Serafin la prit sous son aile. Ce fut le début de sa carrière italienne : d'abord des rôles dramatiques et lourds — Turandot de Puccini, ou l'Isolde wagnérienne de Tristan et Isolde —, puis, tournant décisif, la découverte du bel canto italien avec Les Puritains de Bellini. Voix dramatique capable pourtant d'une souplesse et d'une virtuosité inouïes, elle réinventa des partitions oubliées (Cherubini, Spontini, Donizetti), qu'elle rendit à jamais siennes. Sous la direction du metteur en scène Luchino Visconti, notamment dans La Traviata à la Scala en 1955, elle imposa une révolution : Callas ne chantait pas les rôles, elle les vivait, avec une intensité théâtrale qui bouleversa l'opéra du XXᵉ siècle. Sa carrière prit un tournant en 1962 : usée par le surmenage, marquée par sa passion tragique pour l'armateur Aristote Onassis — qui l'abandonna en 1968 pour épouser Jackie Kennedy —, elle perdit peu à peu son étendue vocale, qui avait atteint les trois octaves. Elle mourut seule à Paris en 1977, à cinquante-trois ans, dans son appartement de l'avenue Georges-Mandel. Actrice admirable doublée d'une musicienne inspirée, la Divina a profondément marqué l'évolution du théâtre lyrique — au point que, presque un demi-siècle après sa mort, aucune soprano ne peut interpréter Norma ou Violetta sans que son ombre plane encore.
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