Rues de Tautavel
81 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée des Marronniers
patrimoineAllée Isidore Bacque
patrimoineAllée Jacques Respaud
patrimoineAllée Pierre Olive
patrimoineAllée Victor Badia
patrimoineAvenue Antoine et Gaston Sarda
patrimoineAvenue du 11 Novembre 1918
patrimoineAvenue du 8 Mai 1945
patrimoineAvenue du Verdouble
patrimoineAvenue Gaston Vila
patrimoineAvenue Jean Badia
patrimoineAvenue Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Avenue Jules Vilar
patrimoineAvenue Laurent Resungles
patrimoineAvenue Léon-Jean Grégory
patrimoineAvenue Louis Baixas
patrimoineAvenue Maurice Vidal
patrimoineAvenue Omer Auriach
patrimoineAvenue Pasteur
sciencesLouis Pasteur (1822-1895) révèla dès l'enfance un vrai talent pour le dessin - son mentor au collège d'Arbois le surnomme « mon petit Michel-Ange » et il réalisera une quarantaine de portraits au pastel avant de se tourner vers la science. En 1863, il sera d'ailleurs nommé à la chaire de géologie, physique et chimie appliquées aux beaux-arts de l'École des Beaux-Arts de Paris. En 1865, Napoléon III lui demande de combattre les maladies qui ruinent les exportations de vin (acétification, pousse, graisse, amer). Pasteur met au point un chauffage à 60 °C pendant 20 à 30 minutes : la pasteurisation est née, faisant de Pasteur le sauveur du vin français. Le procédé sera ensuite appliqué à la bière, puis au lait. Marqué par la défaite de 1870 face aux Allemands, alors maîtres incontestés de la bière, il s'attelle à créer une bière française meilleure que la leur — un travail qui aboutira à la pasteurisation des bouteilles à 65 °C. Pourtant la célébrité de Pasteur vient du 6 juillet 1885, lorsqu'il inocula au jeune Joseph Meister, mordu 14 fois par un chien enragé, le premier vaccin antirabique de l'histoire ! L'enfant survécut et put vivre jusqu'à l'âge de 64 ans. Pasteur s'inspirait des travaux d'Edward Jenner sur la variole : il est donc le père du vaccin, mais non de la vaccination. Il fondit l'Institut Pasteur en 1888 et décéda à Marne-la-Coquette en 1895 et recevoir des funérailles nationales à Notre-Dame de Paris.
Avenue Philippe Poumiès
patrimoineCamí de la Coume del Rey
patrimoineChemin de la Dame de Tautavel
patrimoineEspace de la Mémoire et des Arts
patrimoineEsplanade Claude Nougaro
patrimoineImpasse Justin Beringuier
patrimoineLotissement Jules Comes
patrimoineLotissement Le Belvédère
patrimoineMas de l'Alzine
patrimoinePatio Jean Lhoste
patrimoinePlace Carnot
sciencesFils du grand Lazare Carnot (1753-1823) — mathématicien, ministre de la Guerre et « Organisateur de la Victoire » sous la Révolution française —, Sadi Carnot (1796-1832) fut, comme son père, formé à Polytechnique. Il n'a laissé qu'un seul livre, mais quel livre : les Réflexions sur la puissance motrice du feu, publiées à ses frais en 1824, à vingt-huit ans. Cet ouvrage passé quasi inaperçu à sa parution deviendra, quelques décennies plus tard, l'un des textes fondateurs de la science moderne. Carnot y étudie le fonctionnement des machines thermiques, ces systèmes qui convertissent la chaleur en énergie mécanique — celle qui met en mouvement une roue, une turbine, un piston. Il montre qu'une machine idéale décrit un cycle entre deux sources de chaleur, une chaude et une froide, et que son rendement maximum ne dépend que de la différence de température entre ces deux sources, jamais de la nature du fluide utilisé. Ce résultat fulgurant jetait les bases du deuxième principe de la thermodynamique, que formalisera plus tard l'Allemand Rudolph Clausius (1822-1888) en 1850. Du fameux cycle de Carnot sont issues d'innombrables applications de la vie quotidienne : les moteurs des voitures (cycle Diesel pour le gazole, cycle Beau de Rochas pour l'essence), les réfrigérateurs, les climatiseurs, les pompes à chaleur. Chose bouleversante : Carnot mourut du choléra à 36 ans, lors de l'épidémie parisienne de 1832. Selon les usages sanitaires de l'époque, ses carnets scientifiques furent brûlés pour éviter la contagion — des années de recherches disparurent en fumée. Les fragments retrouvés ont montré qu'il avait aussi entrevu, bien avant les autres, la loi de conservation de l'énergie. Avez-vous déjà entendu parler de son neveu et homonyme Sadi Carnot ? On lui attribue généralement les rues Sadi Carnot.
Place de la République
patrimoinePlace Docteur Benet
patrimoinePlace Louis Blanc
patrimoinePont de Nice
patrimoineRoute d'Estagel
patrimoineRoute de Vingrau
patrimoineRue Albert 1er Prince Monaco
patrimoineRue Alsace-Lorraine
patrimoineRue Anatole France
cultureFils de libraire parisien, Jacques Anatole François Thibault (1844-1924) commença par écrire de la poésie avant de se tourner vers la prose. Sous le pseudonyme d'Anatole France, hommage à son père, il devint bibliothécaire au Sénat en 1876 et rédigea la chronique littéraire du prestigieux journal Le Temps de 1886 à 1893, forgeant peu à peu sa réputation d'humaniste sceptique et lettré. Il obtint la notoriété en 1881 avec Le Crime de Sylvestre Bonnard, l'histoire d'un vieil érudit selon lequel « savoir n'est rien, imaginer est tout », et qui n'hésite pas à enlever une petite fille pour la protéger d'un tuteur abusif. Grand admirateur — et amant fidèle vingt-cinq années durant — de Léontine Arman de Caillavet, hôtesse d'un des salons les plus influents de Paris qui fut sa muse et sa correctrice, il donna dans les années 1890 sa fresque en quatre volumes de l'Histoire contemporaine (1897-1901), tableau ironique et féroce de la société de son temps. Politiquement, l'affaire Dreyfus le radicalisa : il fut l'un des premiers signataires du Manifeste des intellectuels en 1898, aux côtés de son ami Émile Zola, et alla jusqu'à rendre sa Légion d'honneur en signe de protestation. Sa satire féroce de la classe politique, L'Île des Pingouins (1908), acheva de le placer à gauche. Compagnon de route de Jaurès, il salua en 1919 la Révolution russe et soutint le jeune Parti communiste français. Sa gloire fut immense : couronné du prix Nobel de littérature en 1921, il reçut à sa mort en 1924 des funérailles nationales. Mais dès le lendemain, les jeunes surréalistes — Breton, Aragon, Éluard — publiaient contre lui un pamphlet vengeur intitulé « Un cadavre », marquant le début d'un long purgatoire littéraire dont il ne se relèvera jamais. Son ironie mordante reste pourtant étonnamment actuelle : « On croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels. »
Rue Antoine Comes
patrimoineRue Arago
patrimoineRue Belfort
patrimoineRue Camille Desmoulins
histoireJournaliste et député révolutionnaire, ami d'enfance de Robespierre et fidèle de Danton, Camille Desmoulins (1760-1794) appela le peuple aux armes en juillet 1789, avant de payer de sa vie son courageux combat contre la Terreur. 12 juillet 1789, jardins du Palais-Royal. Un jeune avocat de vingt-neuf ans monte sur une table du Café de Foy, arrache une feuille verte à un marronnier, l'épingle à son chapeau et crie : « Aux armes, citoyens ! » La feuille devient la première cocarde de la Révolution. Deux jours plus tard, le peuple prend la Bastille. Cet homme qui vient d'embraser Paris est Camille Desmoulins — un avocat au bégaiement si prononcé qu'il ne pouvait plaider en public. Il venait pourtant, en trois minutes d'improvisation, de changer le cours de l'histoire. Né le 2 mars 1760 à Guise, en Picardie, il avait fait ses études au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il s'était lié d'une amitié d'enfance avec un certain Maximilien Robespierre. Cette amitié pèsera lourd dans le destin tragique qui l'attend. Journaliste bien plus qu'avocat, il fonda Les Révolutions de France et de Brabant (1789-1791), premier grand journal révolutionnaire, puis d'autres feuilles. Sa plume acérée, ironique, cultivée — nourrie de sa passion pour la Rome antique — devint l'une des voix majeures de la Révolution. Élu député de Paris à la Convention nationale en septembre 1792, il siégea parmi les Montagnards aux côtés de son ami Georges Danton, dont il fut aussi le secrétaire général au ministère de la Justice. En 1793, il contribua à la chute des Girondins avec son Histoire des Brissotins. Puis vint la déchirure. Choqué par les excès de la Terreur, par les exécutions massives, par la déchristianisation forcée des hébertistes, il fonda en décembre 1793 son ultime chef-d'œuvre : Le Vieux Cordelier. Sept numéros seulement, tirés à cent mille exemplaires, dans lesquels il osa attaquer publiquement la Terreur et réclamer un « Comité de clémence ». Aux côtés de Danton, il devint le chef des Indulgents — ceux qui voulaient arrêter la machine à tuer. C'est ce qui le perdit. Le Comité de salut public, mené par Saint-Just, l'accusa de trahison. Robespierre, dit-on, tenta de le sauver — son vieil ami d'enfance —, mais dut s'incliner. Arrêté le 31 mars 1794, jugé sommairement, il fut guillotiné place de la Révolution le 5 avril 1794 en même temps que Danton, à trente-quatre ans. Son histoire ne s'arrête pas là. Depuis sa cellule de la Conciergerie, il avait eu le temps d'écrire à sa femme Lucile, épousée par amour en 1790, l'une des plus bouleversantes lettres d'adieu de la littérature française : « Ma Lucile, malgré mes tourments je crois qu'il y a un Dieu... Je te revois, Lucile, je vois mes bras serrés autour de toi, mes mains liées t'étreignant, ma tête coupée reposant sur toi... » Il avait vingt-quatre ans quand elle l'avait épousé ; elle en avait vingt-quatre quand elle le suivit sur l'échafaud. Accusée d'avoir conspiré à sa libération, Lucile Desmoulins fut guillotinée à son tour le 13 avril 1794, huit jours après lui. Elle laissait un enfant de deux ans, Horace-Camille, qui mourra jeune, sans postérité. Trois mois plus tard, Robespierre tombait à son tour, entraînant avec lui la fin de la Terreur. Camille Desmoulins fut l'un des rares condamnés de cette période à être réhabilité par la Convention thermidorienne. Sa figure — celle du journaliste courageux qui osa, le premier, dénoncer la tyrannie révolutionnaire au nom même de la Révolution — est aujourd'hui reconnue comme l'une des plus attachantes et tragiques de toute l'épopée révolutionnaire. François Cluzet l'a magnifiquement incarné dans le film La Révolution française (1989) de Robert Enrico et Richard T. Heffron, aux côtés de Klaus Maria Brandauer en Danton et Andrzej Seweryn en Robespierre.
Rue Carnot
sciencesFils du grand Lazare Carnot (1753-1823) — mathématicien, ministre de la Guerre et « Organisateur de la Victoire » sous la Révolution française —, Sadi Carnot (1796-1832) fut, comme son père, formé à Polytechnique. Il n'a laissé qu'un seul livre, mais quel livre : les Réflexions sur la puissance motrice du feu, publiées à ses frais en 1824, à vingt-huit ans. Cet ouvrage passé quasi inaperçu à sa parution deviendra, quelques décennies plus tard, l'un des textes fondateurs de la science moderne. Carnot y étudie le fonctionnement des machines thermiques, ces systèmes qui convertissent la chaleur en énergie mécanique — celle qui met en mouvement une roue, une turbine, un piston. Il montre qu'une machine idéale décrit un cycle entre deux sources de chaleur, une chaude et une froide, et que son rendement maximum ne dépend que de la différence de température entre ces deux sources, jamais de la nature du fluide utilisé. Ce résultat fulgurant jetait les bases du deuxième principe de la thermodynamique, que formalisera plus tard l'Allemand Rudolph Clausius (1822-1888) en 1850. Du fameux cycle de Carnot sont issues d'innombrables applications de la vie quotidienne : les moteurs des voitures (cycle Diesel pour le gazole, cycle Beau de Rochas pour l'essence), les réfrigérateurs, les climatiseurs, les pompes à chaleur. Chose bouleversante : Carnot mourut du choléra à 36 ans, lors de l'épidémie parisienne de 1832. Selon les usages sanitaires de l'époque, ses carnets scientifiques furent brûlés pour éviter la contagion — des années de recherches disparurent en fumée. Les fragments retrouvés ont montré qu'il avait aussi entrevu, bien avant les autres, la loi de conservation de l'énergie. Avez-vous déjà entendu parler de son neveu et homonyme Sadi Carnot ? On lui attribue généralement les rues Sadi Carnot.
Rue Charles Sicre
patrimoineRue Constant Esparrac
patrimoineRue Danton
patrimoineRue de Coumes Pres
patrimoineRue de la République
patrimoineRue de la Révolution
histoireRue Denfert-Rochereau
patrimoineRue des Canis
patrimoineRue du 4 Septembre
patrimoineRue du Château
patrimoineRue Édouard Sire
patrimoineRue Gambetta
histoireFils d'un épicier génois installé à Cahors, Léon Gambetta (1838-1882) n'a rien d'un enfant de la bourgeoisie parisienne. Il monte à Paris étudier le droit, perd un œil dans un accident d'enfance, mais compense ce handicap par une voix de tonnerre et un art oratoire qui va sidérer son époque. Avocat, il se fait connaître en 1868 par une plaidoirie fulgurante contre le Second Empire — un réquisitoire devenu célèbre où il énumère, un à un, les crimes du régime. Le jeune homme du Sud-Ouest est désormais un nom. Le 4 septembre 1870. La France vient d'être écrasée à Sedan, l'empereur est prisonnier des Prussiens. À l'Hôtel de Ville de Paris, Gambetta — 32 ans — proclame la République depuis un balcon, devant une foule en délire. Ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de Défense nationale rapidement encerclé dans Paris assiégé, il prend une décision spectaculaire : le 7 octobre, il s'échappe en ballon au-dessus des lignes prussiennes pour rejoindre la province et y lever de nouvelles armées. L'image est restée : un ministre en montgolfière, écharpe au vent, allant sauver la patrie. Depuis Tours puis Bordeaux, il improvise en quelques semaines des armées entières, mobilise, réquisitionne, harangue. Rien n'y fait : la France est vaincue, l'Alsace-Moselle perdue. Gambetta démissionne, refusant de cautionner le traité. Ce qu'il fait ensuite est peut-être plus important encore. Dans une Assemblée majoritairement monarchiste, il consacre dix ans à convaincre, séduire, rallier — patiemment, ville après ville, discours après discours. Sa formule reste célèbre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi. » Il forge le vocabulaire, les rituels, la mystique d'une République qui doit s'ancrer dans les cœurs. Il popularise la Marseillaise, le 14 juillet, l'école laïque à venir. Sans lui, il n'est pas sûr que la République se serait installée durablement en France. Nommé enfin président du Conseil en novembre 1881, son gouvernement — le « Grand Ministère » que tout le monde attendait — tombe au bout de dix semaines. Le 27 novembre 1882, dans sa maison des Jardies à Ville-d'Avray, un coup de revolver part accidentellement, lui traversant la main. La blessure paraît bénigne mais il meurt le 31 décembre, à 44 ans, d'une appendicite mal soignée aggravée par sa convalescence. La rumeur d'un suicide, ou d'un drame passionnel avec sa compagne Léonie Léon, courra longtemps. Des funérailles nationales grandioses ont lieu le 6 janvier 1883 : un demi-million de Parisiens suivent le cortège. En 1920, pour le cinquantenaire de la République, son cœur — et son cœur seul — est transféré au Panthéon dans une urne. Le reste de son corps repose à Nice, auprès de son père. Étrange destin posthume pour celui qui, plus que tout autre, avait mis le sien au service de la République.
Rue Gustave Violet
patrimoineRue Henri Breuil
patrimoineRue Hoche
patrimoineRue Jean-Jacques Rousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Rue Jean Piveteau
patrimoineRue Joseph Pal
patrimoineRue Kléber
patrimoineRue Lafayette
histoireGilbert du Motier, marquis de La Fayette (1757-1834) est probablement le plus américain des Français. En 2002, le Congrès des États-Unis lui a conféré la citoyenneté américaine à titre posthume — un honneur exceptionnel réservé à sept personnages seulement dans l'histoire du pays, dont Winston Churchill et Mère Teresa. En 1917, quand les troupes du général Pershing débarquèrent en France pour combattre à nos côtés dans la Grande Guerre, un officier américain se rendit à sa tombe au cimetière Picpus à Paris et lança cette phrase devenue légendaire : « Lafayette, nous voici ! ». À dix-sept ans pourtant, tout le destinait à une brillante carrière de cour. Orphelin de père (tué à Minden par les Anglais en 1759) et de mère, Gilbert du Motier héritait à cet âge d'une immense fortune — l'une des plus considérables de France. Son mariage arrangé avec Adrienne de Noailles l'introduisait dans une famille puissante, proche de Louis XVI. Il avait tout pour réussir à Versailles. Il refusa une charge à la Cour et choisit la carrière militaire. Jeune officier passionné par la cause des insurgés américains, il rencontra secrètement Benjamin Franklin à Paris, embarqua à ses frais sur La Victoire en avril 1777 malgré l'interdiction expresse du roi, et débarqua en Amérique à dix-neuf ans. « Je viens servir à mes dépens », déclara-t-il fièrement au Congrès américain qui le nomma major général. Blessé à la bataille de Brandywine en septembre 1777, il se lia d'une amitié filiale avec George Washington, qui le traita comme un fils. Il partagea l'hiver terrible de Valley Forge, rallia les Indiens Oneidas à la cause américaine (qui lui donnèrent le nom de Kayewla, « cavalier redoutable »), et contribua à la victoire décisive de Yorktown le 19 octobre 1781. De retour à la Cour, il connut un triomphe : au Trianon, il dansa un quadrille avec Marie-Antoinette, et Louis XVI, malgré les opinions progressistes du jeune homme, continua de le traiter avec bienveillance. Les États-Unis avaient fait germer en lui les idées de liberté. En juin 1789, député aux États généraux, il fut le principal rédacteur de la première Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, largement inspirée du modèle américain. Nommé commandant de la Garde nationale au lendemain de la prise de la Bastille, il inventa la cocarde tricolore — bleu et rouge de Paris encadrant le blanc du roi — symbole que la République française n'a plus jamais quitté. Partisan d'une monarchie constitutionnelle à l'anglaise, il tenta l'impossible : concilier ordre royal et Révolution. On le surnomma bientôt « capitaine Morphée » — pour sa tentative de « dormir sur les deux rives » des factions opposées. En octobre 1789, quand le peuple marcha sur Versailles, il fut débordé mais sauva Marie-Antoinette d'un massacre imminent. Déclaré traître par les Jacobins en août 1792, il fut arrêté par les Autrichiens et passa cinq années dans les geôles d'Olmütz, en Moravie, où sa femme et ses filles vinrent le rejoindre volontairement. Libéré en 1797, longtemps tenu à l'écart, il resurgit une dernière fois de l'histoire en 1830. À soixante-treize ans, la révolution des Trois Glorieuses le rappela au commandement de la Garde nationale. C'est lui qui remit à Louis-Philippe le nouveau drapeau national bleu-blanc-rouge — les couleurs qu'il avait données à sa garde nationale quarante et un ans plus tôt. Belle boucle historique. Il mourut à Paris le 20 mai 1834 et fut enterré au cimetière Picpus, sous de la terre rapportée d'Amérique comme il l'avait souhaité. Depuis 1917, un drapeau américain flotte en permanence sur sa tombe. On ne l'a jamais retiré, même sous l'Occupation.
Rue La Fayette
patrimoineRue Laurent Moussou
patrimoineRue Ledru Rollin
patrimoineRue Léon Tiffou
patrimoineRue Louis Blanc
patrimoineRue Louis Torcatis
patrimoineRue Marceau
patrimoineRue Marcel Bataille
patrimoineRue Mirabeau
patrimoineRue Pierre Teilhard de Chardin
patrimoineRue René Comes
patrimoineRue Saint-Just
patrimoineRue Samoilla
patrimoineRue Victor Hugo
histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1885) naquit à Besançon le 7 ventôse de l'an X — soit le 26 février 1802 dans le calendrier révolutionnaire encore en usage. Poète, romancier, dramaturge, mais aussi (moins connu) dessinateur de génie — il laissa près de quatre mille dessins d'une audace visionnaire admirée par Delacroix —, il fut le père incontesté du romantisme français depuis la fameuse bataille d'Hernani (25 février 1830), soirée fondatrice où jeunes romantiques et académiques en vinrent presque aux mains au Théâtre-Français. Son œuvre est monumentale : Notre-Dame de Paris (1831), Ruy Blas, Les Misérables (1862, son sommet mondial), L'Homme qui rit, Quatre-vingt-treize, sans oublier les sublimes poèmes des Contemplations et des Châtiments, et l'immense fresque de La Légende des siècles. Sa carrière politique ne fut pas moindre. Nommé pair de France en 1845, il fut élu député de Paris en 1848, prit position contre la peine de mort — le combat de toute sa vie — et défendit ardemment la République. Le coup d'État du 2 décembre 1851 fomenté par Louis-Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon III) le contraignit à un exil de dix-neuf ans, d'abord en Belgique, puis dans les îles anglo-normandes de Jersey puis Guernesey, où il écrivit ses plus grandes œuvres. Quand Napoléon III lui offrit l'amnistie en 1859, il refusa avec ces mots devenus proverbes : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai. » Il tint parole et ne rentra que le 5 septembre 1870, deux jours après la chute de l'Empire, acclamé à la gare du Nord par une foule immense. Sa vie fut aussi celle des grands deuils : la mort noyée de sa fille Léopoldine en 1843, à dix-neuf ans, dans la Seine à Villequier — deuil fondateur qui inspirera le déchirant « Demain, dès l'aube… » — et la double vie sentimentale entre son épouse Adèle Foucher et sa muse Juliette Drouet, avec qui il vécut une passion secrète de cinquante ans. Il mourut d'une pneumonie à Paris le 22 mai 1885, à quatre-vingt-trois ans. Deux millions de personnes défilèrent devant sa dépouille sur les Champs-Élysées avant qu'il ne soit conduit au Panthéon, dans un simple corbillard de pauvre qu'il avait demandé par testament. Le Panthéon avait été rendu au culte laïque exprès pour l'accueillir. Il fut ainsi non seulement l'homme d'un siècle, mais le siècle en un homme.
Rue Voltaire
histoireIssu de la bourgeoisie parisienne, François-Marie Arouet (1694-1778) fit de brillantes études chez les jésuites de Louis-le-Grand. Son pseudonyme Voltaire est l'anagramme d'Arovet L.J. — « Arouet le Jeune » — à une époque où u et v ne se distinguaient pas encore à l'écrit. Ses vers irrévérencieux contre le Régent lui valurent onze mois de Bastille en 1717, où il écrivit sa première tragédie et se choisit son nouveau nom. Un franc-parler récidiviste l'exila ensuite en Angleterre pendant trois ans, séjour décisif : il en revint transformé, avec une philosophie réformatrice de la justice et de la société inspirée du modèle anglais, et une défense ardente de la liberté d'expression. Rentré en France, il ne cessa dès lors de critiquer la guerre, le dogme chrétien et surtout la monarchie absolue de droit divin. Historiographe du roi en 1745, il entra à l'Académie française l'année suivante — mais ses écrits scandaleux (Zadig, 1747) le forcèrent à l'exil, d'abord chez Frédéric II à Berlin, puis en Suisse. En 1759, il s'installa à Ferney, village frontalier de la Suisse qui portera désormais son nom : il y accueillit toute l'Europe éclairée pendant vingt ans, devenant le « patriarche de Ferney », référence intellectuelle du siècle. La même année, il publia Candide, roman satirique où sa naïveté imaginaire dénonce le fanatisme, la guerre, l'esclavage et l'optimisme métaphysique de Leibniz — le fameux « Il faut cultiver notre jardin » qui clôt le livre. Avec ses pamphlets mordants, il se battit contre les injustices judiciaires : l'affaire Calas (protestant toulousain roué en 1762, réhabilité grâce à lui en 1765), l'affaire Sirven, l'exécution du jeune chevalier de La Barre. À chacun il opposa sa devise, signée à la fin de ses lettres : « Écrasons l'infâme » — l'infâme étant le fanatisme religieux. En 1778, à quatre-vingt-trois ans, il revint triomphalement à Paris après vingt-huit ans d'absence : la Comédie-Française l'acclama debout, la foule l'idolâtra. Il mourut trois mois plus tard. Refusé de sépulture chrétienne, enterré à la sauvette en Champagne, il fut transféré au Panthéon par la Révolution en 1791. Il y repose depuis, face à Rousseau — les deux frères ennemis des Lumières.
Square Baptiste Salies
patrimoineTraverse A. Poncy
patrimoine