Rues de La Garnache
318 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée Colette Le Bret
patrimoineAllée de l'Affiage
patrimoineAllée de la Mare
patrimoineAllée de la Mérandoire
patrimoineAllée de la Vigne
natureAllée de la Voltière
patrimoineAllée de l'Hilaire au Blé
patrimoineAllée des Carrières
patrimoineAllée des Gerbes
patrimoineAllée des Mésanges
patrimoineAllée des Pierres
patrimoineAllée des Plantes
patrimoineAllée des Roches
patrimoineAllée des Roitelets
patrimoineAllée des Saulzes
patrimoineAllée du Carignon
patrimoineAllée du Cormier
patrimoineAllée du Grand Jardin
patrimoineAllée du Moulin
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Allée du Pinier
patrimoineAllée Éric Tabarly
patrimoineAllée Jacques Prévert
patrimoineAllée Michel Amélineau
patrimoineAncienne Route de Challans à Machecoul
patrimoineChemin de Chagnon à l'Ilérière
patrimoineChemin de Chagnon aux Brandes
patrimoineChemin de Fonteny à la Postière
patrimoineChemin de Juchepie
patrimoineChemin de la Barre
patrimoineChemin de la Barre à la Croix Denis
patrimoineChemin de la Barre aux Glaudières
patrimoineChemin de l'Abbaye
patrimoineChemin de la Bethuisiere
patrimoineChemin de la Billonniere
patrimoineChemin de la Billonnière à la Blanchardière
patrimoineChemin de la Bonnelière
patrimoineChemin de la Bonnelière à la Billonnière
patrimoineChemin de la Bonnelière à la RD 90
patrimoineChemin de la Boursaudiere
patrimoineChemin de la Chenellière à la Croix Denis
natureChemin de la Corbillère
patrimoineChemin de la Coutellerie
patrimoineChemin de la Fouasserie
patrimoineChemin de la Gabetrie
patrimoineChemin de la Garde
patrimoineChemin de la Garnache au Chiron
patrimoineChemin de la Garnache aux Landes
natureChemin de la Giraudière à la Bonnelière
patrimoineChemin de la Giraudière à la Mortadière
patrimoineChemin de la Grenonnière au Pas Billard
patrimoineChemin de la Grenonnière aux Ruelles
patrimoineChemin de la Grivière à la Briardière
natureChemin de la Guiderie
patrimoineChemin de la Guine-Folle
patrimoineChemin de la Lande
natureChemin de la Lande aux Terres Noires
natureChemin de la Laumière
patrimoineChemin de la Liette
patrimoineChemin de la Mérandoire à la Barre
patrimoineChemin de la Mérandoire à la Garnache
patrimoineChemin de la Morandière
patrimoineChemin de la Moratière
patrimoineChemin de la Petite Béthuisière au Pas Billard
patrimoineChemin de la Petite Rosière
patrimoineChemin de la Piltière à la Garnache
patrimoineChemin de la Postière
patrimoineChemin de la Rivière à la Croix Denis
natureChemin de la Robinière
patrimoineChemin de la Sausaie
patrimoineChemin de la Sorlière
patrimoineChemin de la Sorlière à la Rivière
natureChemin de la Tardoirie
patrimoineChemin de la Tardoirie à la Coutellerie
patrimoineChemin de la Tatdoirie à la Marchoire
patrimoineChemin de la Vainerie
patrimoineChemin de la VC 5 au Plessis
patrimoineChemin de l’Ecotiere
patrimoineChemin de l'Espinassière
patrimoineChemin de l'Hommeau
patrimoineChemin de l'Ilérière
patrimoineChemin de l'Obligeance
patrimoineChemin de Mocquesouris
patrimoineChemin de Plaisance
patrimoineChemin des Ageons
patrimoineChemin de Sainte-Anne au Pontreau
patrimoineChemin de Sainte-Marie à la Barberoire
patrimoineChemin de Sainte-Marie au Potron
patrimoineChemin de Saint-Philibert
patrimoineChemin des Brandes à l'Hermitage
patrimoineChemin des Chauvetières
patrimoineChemin des Clémencellières
patrimoineChemin des Emmonieres
patrimoineChemin des Epinards
patrimoineChemin des Etoubles à la Béthuisière
patrimoineChemin des Grandes Versennes
patrimoineChemin des Halles au Petit Bel Enton
patrimoineChemin des Petites Brandes
patrimoineChemin des Petites Brandes au Cargnon
patrimoineChemin des Poteries
patrimoineChemin des Raingeardes
patrimoineChemin des Rincinières à L'Espinassière
patrimoineChemin des Rochettes
patrimoineChemin des Ruelles
patrimoineChemin des Vignes
natureChemin des Vrignaies
patrimoineChemin de Varnes
patrimoineChemin de Varnes à la Moratière
patrimoineChemin de Varnes au Marchantier
patrimoineChemin du Bas Clairis
patrimoineChemin du Bois Joli à l'Espinassière
patrimoineChemin du Cargnon
patrimoineChemin du Carrefour
patrimoineChemin du Champ Fleury
patrimoineChemin du Chiron
patrimoineChemin du Faiteau
patrimoineChemin du Fréchois au Gragnon
patrimoineChemin du Frêne
patrimoineChemin du Kaolin
patrimoineChemin du Marchantier
patrimoineChemin du Marchantier à la Boursaudière
patrimoineChemin du Midi
patrimoineChemin du Moulin Neuf
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Chemin du Paradis
patrimoineChemin du Parc au Châtaignier
patrimoineChemin du Pâtis
patrimoineChemin du Payré
patrimoineChemin du Péau
patrimoineChemin du Péault à la Chesselière
patrimoineChemin du Petit Pommier
patrimoineChemin du Pontreau au Pé
patrimoineChemin du Pontreau aux Rincinières
patrimoineChemin du Potron
patrimoineChemin du Retaillon
patrimoineChemin du Rocher
patrimoineChemin du Sableau
patrimoineChemin du Serpolet
patrimoineChemin du Thouzelet
patrimoineDomaine de la Sauzaie
patrimoineDomaine du Mollin
patrimoineGrand' Rue
patrimoineHameau des Remparts
patrimoineHameau du Stade
patrimoineImpasse Bellevue
patrimoineImpasse Charles Cros
patrimoineImpasse Claude Chappe
patrimoineImpasse de la Fragonnette
patrimoineImpasse de la Galerne
patrimoineImpasse de la Gare
patrimoineImpasse de la Mairie
patrimoineImpasse de l'Ancien Moulin
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Impasse de la Postière
patrimoineImpasse de la Robinière
patrimoineImpasse de l'Aubépine
patrimoineImpasse de l'Équaizière
patrimoineImpasse de l'Obligeance
patrimoineImpasse de L'Orient
patrimoineImpasse de l'Yeuse
patrimoineImpasse des Ageons
patrimoineImpasse des Artisans
patrimoineImpasse des Bergeronnettes
patrimoineImpasse des Chauvetières
patrimoineImpasse des Coccinelles
patrimoineImpasse des Cyprès
patrimoineImpasse des Dahlias
patrimoineImpasse des Dunes
patrimoineImpasse des Frères Lumière
patrimoineImpasse des Houx
patrimoineImpasse des Mimosas
patrimoineImpasse des Myosotis
patrimoineImpasse des Noisetiers
patrimoineImpasse des Planches
patrimoineImpasse des Primevères
patrimoineImpasse des Roseaux
patrimoineImpasse des Sablières
patrimoineImpasse des Sorbiers
patrimoineImpasse des Violettes
patrimoineImpasse du Beau Renard
patrimoineImpasse du Boisdavid
patrimoineImpasse du Bourillet
patrimoineImpasse du Chiron
patrimoineImpasse du Clos
patrimoineImpasse du Fontenit
patrimoineImpasse du Frêne
patrimoineImpasse du Petit Fromenteau
patrimoineImpasse du Petit Thouzelet
patrimoineImpasse du Pré Margné
patrimoineImpasse du Prieuré
patrimoineImpasse Éole
patrimoineImpasse Garance
patrimoineImpasse Jean Monnet
patrimoineImpasse Robert Schuman
patrimoineImpasse Saint-Marcel
patrimoineImpasse Victor Hugo
histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1885) naquit à Besançon le 7 ventôse de l'an X — soit le 26 février 1802 dans le calendrier révolutionnaire encore en usage. Poète, romancier, dramaturge, mais aussi (moins connu) dessinateur de génie — il laissa près de quatre mille dessins d'une audace visionnaire admirée par Delacroix —, il fut le père incontesté du romantisme français depuis la fameuse bataille d'Hernani (25 février 1830), soirée fondatrice où jeunes romantiques et académiques en vinrent presque aux mains au Théâtre-Français. Son œuvre est monumentale : Notre-Dame de Paris (1831), Ruy Blas, Les Misérables (1862, son sommet mondial), L'Homme qui rit, Quatre-vingt-treize, sans oublier les sublimes poèmes des Contemplations et des Châtiments, et l'immense fresque de La Légende des siècles. Sa carrière politique ne fut pas moindre. Nommé pair de France en 1845, il fut élu député de Paris en 1848, prit position contre la peine de mort — le combat de toute sa vie — et défendit ardemment la République. Le coup d'État du 2 décembre 1851 fomenté par Louis-Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon III) le contraignit à un exil de dix-neuf ans, d'abord en Belgique, puis dans les îles anglo-normandes de Jersey puis Guernesey, où il écrivit ses plus grandes œuvres. Quand Napoléon III lui offrit l'amnistie en 1859, il refusa avec ces mots devenus proverbes : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai. » Il tint parole et ne rentra que le 5 septembre 1870, deux jours après la chute de l'Empire, acclamé à la gare du Nord par une foule immense. Sa vie fut aussi celle des grands deuils : la mort noyée de sa fille Léopoldine en 1843, à dix-neuf ans, dans la Seine à Villequier — deuil fondateur qui inspirera le déchirant « Demain, dès l'aube… » — et la double vie sentimentale entre son épouse Adèle Foucher et sa muse Juliette Drouet, avec qui il vécut une passion secrète de cinquante ans. Il mourut d'une pneumonie à Paris le 22 mai 1885, à quatre-vingt-trois ans. Deux millions de personnes défilèrent devant sa dépouille sur les Champs-Élysées avant qu'il ne soit conduit au Panthéon, dans un simple corbillard de pauvre qu'il avait demandé par testament. Le Panthéon avait été rendu au culte laïque exprès pour l'accueillir. Il fut ainsi non seulement l'homme d'un siècle, mais le siècle en un homme.
La Petite Béthuisière
patrimoineLe Puits Rousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Place de l'Abbé Morteau
patrimoinePlace de l'Église
patrimoinePlace du Général de Charette
patrimoinePlace du Père de Montfort
patrimoinePorte de Nantes
patrimoineRoue de Saint-Christophe
patrimoineRoute de Bois-de-Céné
patrimoineRoute de Chagnon
patrimoineRoute de Chagnon à La Garnache
patrimoineRoute de Challans
patrimoineRoute de Chateauneuf
patrimoineRoute de Fonteclose
patrimoineRoute de Froidfond
patrimoineRoute de la Garnache
patrimoineRoute de Nantes
patrimoineRoute de Palluau à Paulx
patrimoineRoute de Paulx
patrimoineRoute de Pontreau
patrimoineRoute de Sainte-Anne
patrimoineRoute de Sainte-Marie
patrimoineRoute de Saint-Étienne de Mer Morte
patrimoineRoute de Sallertaine
patrimoineRoute de Sallertaine à Touvois
patrimoineRoute des Casses
patrimoineRoute des Rincinières
patrimoineRoute de Touvois
patrimoineRoute du Clouzeau
patrimoineRoute du Marais
patrimoineRue Alberto Giacometti
patrimoineRue Alphonse Daudet
patrimoineRue Arthur Rimbaud
patrimoineRue Auguste Rodin
patrimoineRue Camille Claudel
patrimoineRue Carmin
patrimoineRue de Challans
patrimoineRue de la Borderie
patrimoineRue de la Courtine
patrimoineRue de la Croix Imbert
patrimoineRue de la Minoterie
patrimoineRue de la Richardière
patrimoineRue de la Seudre
patrimoineRue De Lattre de Tassigny
patrimoineRue de l'Aube
patrimoineRue de l'Aurore
patrimoineRue de l'Éperon
patrimoineRue de l'Équaizière
patrimoineRue de l'Ermitage
patrimoineRue de l'Europe
patrimoineRue de Nantes
patrimoineRue de Paulx
patrimoineRue des Abeilles
natureAucun autre insecte n'a autant fasciné les hommes. Depuis au moins 4 500 ans — le plus ancien témoignage connu d'une ruche domestiquée, un bas-relief du temple solaire de Niouserrê, près du Caire, date de 2400 avant notre ère — l'humanité récolte le miel de l'abeille et lui prête des pouvoirs presque sacrés. Un vieux mythe égyptien, conservé sur un papyrus rituel, raconte que le dieu solaire Rê pleura, que ses larmes tombèrent sur le sol, et que chacune d'elles devint une abeille aussitôt mise au travail parmi les fleurs. L'hiéroglyphe de l'abeille (bit) désignait la royauté de Basse-Égypte, et le nom des pharaons était précédé de la formule « Celui qui appartient au jonc et à l'abeille ». Napoléon reprendra cette symbolique impériale des siècles plus tard, en cousant des abeilles d'or sur son manteau du sacre. Sous le vernis mythologique, une petite merveille de biologie. L'abeille appartient à l'ordre des hyménoptères — celui des insectes à quatre ailes membraneuses, qui compte aussi les guêpes et les fourmis. L'abeille européenne, Apis mellifera, doit son nom au latin mel, le miel : elle est dite mellifère, littéralement « qui porte le miel ». Elle forme des colonies pouvant compter jusqu'à 80 000 individus organisées autour d'une reine unique. Ses ouvrières, longues de douze millimètres à peine, arborent sur l'abdomen la fameuse zébrure brun-doré et noir qui la fait parfois confondre avec la guêpe — mais son corps est couvert d'une pilosité dense là où celui de la guêpe reste lisse et brillant, seul critère vraiment fiable pour les distinguer. Ses pattes postérieures portent des corbeilles à pollen, et elle bâtit des alvéoles à l'angle mathématiquement parfait — l'hexagone, forme la plus économe en cire pour la surface qu'elle occupe. Le monde compte environ 20 000 espèces d'abeilles, dont un millier en France — la plupart sauvages, solitaires, et sans miel à offrir. C'est l'espèce Apis mellifera est, à l'échelle mondiale, le pollinisateur agricole le plus précieux : environ trois quarts des cultures vivrières — pommiers, amandiers, cerisiers, colza, tournesol — dépendent en partie du travail des pollinisateurs. Depuis plusieurs décennies pourtant, un phénomène d'effondrement des colonies inquiète chercheurs et apiculteurs : pesticides, acarien Varroa destructor arrivé en Europe dans les années 1980, monocultures, frelon asiatique, dérèglement climatique — les causes s'additionnent plus qu'elles ne se substituent. Il paraît qu'une seule abeille ne produit, dans toute sa vie, qu'un douzième de cuillère à café de miel. Sur le rebord d'une tartine, c'est donc l'œuvre d'une douzaine de vies entières — un été de travail, une part de mythologie égyptienne, et un service écologique planétaire, le tout sans jamais rien réclamer.
Rue des Acacias
natureEn botanique, Acacia désigne un vaste genre de plus de 1 300 espèces, principalement australiennes, dont les rameaux odorants fleurissent en pompons dorés à la fin de l'hiver. Or ces arbres-là, en France, tout le monde les appelle… mimosas. Et l'arbre que nous nommons couramment « acacia » — ce grand arbre à écorce fissurée, à épines vives et à grappes blanches parfumées qui borde tant de routes de campagne — n'appartient en réalité pas au genre Acacia. C'est un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), originaire des Appalaches en Amérique du Nord. À l'origine de cette valse d'identités : un homme. Jean Robin (1550-1629), botaniste du roi Henri IV, reçut en 1601 des graines envoyées d'Amérique par son ami anglais John Tradescant. Il les planta dans son jardin parisien, place Dauphine. Le premier arbre a disparu, mais deux rejets replantés par son fils Vespasien sont encore vivants aujourd'hui : l'un au square René-Viviani face à Notre-Dame — c'est le plus vieil arbre de Paris, il a même survécu à l'incendie de 2019 —, l'autre au Jardin des Plantes. Linné, en 1753, dédia à Jean Robin le nom du genre Robinia, en gardant le souvenir de la confusion dans l'épithète pseudoacacia, littéralement « faux acacia ». Le robinier a très vite conquis les campagnes françaises. Ses grappes blanches sont très mellifères — le fameux miel d'acacia, cristal et léger, en est issu (l'appellation, bien qu'incorrecte botaniquement, est tolérée par l'usage). Ses fleurs se dégustent en beignets ou en sirop. Son bois, l'un des plus durables d'Europe, résiste à l'humidité et aux insectes, ce qui en fait un matériau de choix pour les piquets de clôture, les terrasses et les tuteurs de vigne. Attention en revanche : l'arbre est toxique dans presque toutes ses parties sauf les fleurs, et il est aujourd'hui considéré comme une espèce invasive en France, capable de coloniser les sols à une vitesse impressionnante grâce à ses racines drageonnantes. Reste que dans le langage courant, l'acacia gardera longtemps le nom du vrai — même s'il n'en est pas un. C'est peut-être ainsi que naissent, entre les langues et les livres de botanique, les plus jolies erreurs.
Rue des Alizés
patrimoineRue des Brochets
patrimoineRue des Chanterelles
patrimoineRue des Ciseleurs
patrimoineRue des Forgerons
patrimoineRue des Myosotis
patrimoineRue des Primevères
patrimoineRue des Sablons
patrimoineRue des Terres Noires
patrimoineRue des Tisserands
patrimoineRue des Violettes
patrimoineRue du Bourillet
patrimoineRue du Centre
patrimoineRue du Château
patrimoineRue du Chemin Bas
patrimoineRue du Chêne Vert
natureRue du Couvent
patrimoineRue du Crépuscule
patrimoineRue du Faubourg Saint-Léonard
patrimoineRue du Faubourg Saint-Marcel
patrimoineRue du Faubourg Saint-Thomas
patrimoineRue du Genêt
patrimoineRue du Grand Pont
patrimoineRue du Levant
patrimoineRue du Marché Jaune
patrimoineRue du Pont des Ravières
patrimoineRue du Prieuré
patrimoineRue du Puy Zellerit
patrimoineRue du Roc
patrimoineRue du Rocher
patrimoineRue du Soleil
patrimoineRue du Zénith
patrimoineRue Edgar Degas
patrimoineRue Françoise Dolto
patrimoineRue Jan et Joël Martel
patrimoineRuelle de la Cure
patrimoineRuelle de l'Église
patrimoineRue Louise Bourgeois
patrimoineRue Magenta
patrimoineRue Niki de Saint-Phalle
cultureCompositeur, pianiste et chef d'orchestre russe naturalisé français puis américain, Igor Stravinsky (1882-1971) fut un véritable citoyen du monde. Sa jeunesse à Saint-Pétersbourg fut marquée par un manque de tendresse familial et l'insistance de ses parents pour qu'il ne fasse pas de la musique son métier. Il commença des études de droit et ne les abandonna qu'à la mort de son père, pour se consacrer entièrement à sa passion. Tout bascula en 1909 lorsqu'il rencontra à Paris l'imprésario Serge de Diaghilev (1872-1929), qui lui commanda pour ses Ballets russes trois œuvres coup sur coup : L'Oiseau de feu (1910), Petrouchka (1911), et Le Sacre du Printemps (1913). La création de ce dernier, le 29 mai 1913 au Théâtre des Champs-Élysées, provoqua une quasi-émeute : sifflets, huées, coups échangés dans le public, police obligée d'intervenir — l'un des plus grands scandales musicaux du XXᵉ siècle, aujourd'hui reconnu comme l'œuvre fondatrice de la musique moderne. Trois grandes périodes rythmèrent ensuite sa carrière : la période russe inspirée du folklore, la période néoclassique en dialogue avec les formes du XVIIIᵉ siècle, et enfin une période sérielle tardive où il se convertit aux techniques d'avant-garde qu'il avait longtemps rejetées. Ses déchirements géographiques accompagnèrent ces mutations : exil en Suisse pendant la Grande Guerre, installation en France en 1920 après la Révolution, fuite aux États-Unis en 1939 puis naturalisation américaine à Hollywood. Il ne reverra sa Russie natale qu'en 1962, un an avant sa mort — visite bouleversante après cinquante ans d'exil. Il croisa au fil de ses voyages une pléiade d'artistes — parmi lesquels Coco Chanel (1883-1971), avec qui il eut une brève liaison en 1920, et Pablo Picasso, son grand ami de la période parisienne. Un demi-siècle après sa mort, la fontaine Stravinsky de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle, installée à Paris à côté du Centre Pompidou, continue de célébrer avec ses seize sculptures colorées et hydrauliques l'énergie sauvage de sa musique.
Rue Notre-Dame-de-la-Victoire
patrimoineRue Paul Verlaine
culturePaul Verlaine (1844-1896) naît à Metz un jour d'automne 1844, dans une famille bourgeoise et catholique. Rien, dans cette enfance sage, ne laisse présager la vie tumultueuse qui l'attend — sinon peut-être une hypersensibilité maladive et un goût précoce pour les vers de Baudelaire, qu'il découvre à seize ans comme une révélation. À vingt-deux ans, il publie ses Poèmes saturniens : un premier recueil déjà somptueux, tout en demi-teintes, brumes et paysages intérieurs. La musique de Verlaine est là, tout entière — cette manière si particulière de faire chanter la langue française à mi-voix, entre soupir et confidence. En 1871, il reçoit une lettre d'un adolescent inconnu, un certain Arthur Rimbaud, qui joint quelques poèmes. Verlaine est marié, jeune père, tente d'être respectable. Rimbaud a dix-sept ans, une gueule d'ange et un tempérament d'incendiaire. Verlaine paye son billet de train. À peine arrivé à Paris, le jeune provincial met le feu à sa vie : rupture avec sa femme, fuite en Belgique puis à Londres, alcool, amour tumultueux, ruptures et retrouvailles. Deux ans plus tard, le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, ivre et désespéré, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud qui s'apprêtait à le quitter. Une balle blesse le jeune homme au poignet. Prison en Belgique pendant dix-huit mois. Rimbaud, lui, disparaîtra bientôt de la littérature — pour toujours. Une conversion, une gloire. En prison, Verlaine se convertit — retour au catholicisme, extase mystique, écriture de Sagesse, l'un de ses plus beaux recueils. Libéré, il tente un temps l'enseignement en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes. Rien ne tient. Les années 1880 le voient sombrer peu à peu : mort de sa mère, absinthe, hôpitaux, chambres d'hôtel misérables. Et pourtant, paradoxe absolu, c'est à ce moment-là qu'il devient célèbre. Publication des Poètes maudits, où il révèle Rimbaud, Mallarmé et Corbière au public. Reconnaissance des jeunes symbolistes qui le prennent pour maître. Il est élu, en 1894, « Prince des poètes » par ses pairs, après la mort de Leconte de Lisle. Consécration officielle pour un homme qui vit dans un hôtel meublé rue Descartes, et qu'on doit parfois porter chez lui, ivre mort. Ce que Verlaine apporte à la poésie française est difficile à cerner tant c'est un art de l'imperceptible. Une préférence pour l'impair — vers de cinq, sept, neuf syllabes, qui déstabilisent l'oreille habituée à l'alexandrin. Un flou musical revendiqué. Une capacité à peindre des états d'âme avec presque rien : trois notes, une couleur, une pluie qui tombe. Son Art poétique résume tout en une formule devenue proverbe : « De la musique avant toute chose. » Debussy, Fauré, Reynaldo Hahn mettront ses poèmes en musique — parce qu'ils étaient déjà de la musique. Il meurt le 8 janvier 1896, à cinquante et un ans, dans une chambre pauvre de la rue Descartes à Paris, veillé par sa dernière compagne, Eugénie Krantz, ancienne prostituée. Ses obsèques rassemblent pourtant une foule immense : poètes, journalistes, ministres, curieux. Il repose au cimetière des Batignolles. Un demi-siècle plus tard, sans qu'il l'ait jamais imaginé, ses vers vont sauver la France. Les premières lignes de sa Chanson d'automne — « Les sanglots longs des violons de l'automne… » — sont diffusées à la BBC les 1er et 5 juin 1944, comme messages personnels codés annonçant aux résistants l'imminence du Débarquement. Le pauvre Verlaine, qui n'aurait su se lever le matin sans un verre, veillait sans le savoir sur le destin d'un continent.
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