Gilbert Sardier
L’as auvergnat aux 15 victoires
histoire
Aviateur français né à Riom et mort à Clermont-Ferrand, Gilbert Sardier (1897-1976) est l’un des grands as de la chasse aérienne de la Première Guerre mondiale, crédité de 15 victoires homologuées, commandant de l’escadrille SPA 48 à vingt-et-un ans, chevalier de la Légion d’honneur à vingt ans. Fondateur après-guerre de l’Aéro-Club d’Auvergne, pionnier du vol à voile français au site de Combegrasse, il incarne l’héroïsme aérien auvergnat du premier XXᵉ siècle — avec, toutefois, une période vichyste qui jette une ombre sur sa trajectoire et qu’une notice honnête doit mentionner.
Né le 5 mai 1897 à Riom (Puy-de-Dôme) dans une famille bourgeoise — son père est avoué —, Jean Marie Luc Gilbert Sardier, qu’on appellera toujours Gilbert, poursuit des études de droit à Clermont-Ferrand. La Grande Guerre éclate alors qu’il a dix-sept ans. Avec l’autorisation paternelle (obligatoire pour un mineur), il s’engage volontairement le 7 septembre 1914 — à peine quelques semaines après le début des combats — au 5ᵉ régiment de chasseurs d’Afrique. Il sert d’abord dans le sud algérien, sur le front colonial, avant que l’appel du ciel ne devienne irrésistible.
Détaché dans l’aviation militaire le 1ᵉʳ janvier 1916, Sardier passe par toutes les écoles de formation de la Jeune aviation française : Pau, Buc, Avord, Cazaux. Il obtient son brevet de pilote militaire n° 3462 le 19 mai 1916, suivi un mois plus tard de son brevet de pilote civil n° 3734 le 22 juin 1916 — il n’a pas encore dix-neuf ans. Il est affecté à l’escadrille N 77, escadrille de chasse équipée successivement de Nieuport puis de SPAD, où il effectuera de nombreuses missions de reconnaissance et de bombardement avant de se spécialiser dans la chasse.
Sardier gravit tous les échelons sans jamais quitter le feu. Adjudant en 1917, décoré de la Médaille militaire le 17 septembre 1917 à vingt ans, puis chevalier de la Légion d’honneur la même année — honneur rarissime pour un sous-officier aussi jeune. Lieutenant à titre temporaire en 1918, confirmé à titre définitif en 1919. Le 23 juillet 1918, à l’âge de vingt-et-un ans, il prend le commandement de l’escadrille SPA 48, une des unités d’élite de la chasse française équipée des légendaires SPAD XIII. Il y remportera ses deux dernières victoires homologuées, portant son total à 15 victoires (parfois comptées 14 dans certaines sources, selon les critères d’homologation) — dont 5 ballons d’observation, cibles particulièrement dangereuses défendues par une DCA épaisse. Cette spécialité lui vaut le titre d’un « balloon buster » (perceur de ballons), catégorie d’as particulièrement redoutée.
Les plus hautes décorations françaises et alliées. À la fin de la guerre, Gilbert Sardier est l’un des aviateurs les plus décorés de l’armée française :
Chevalier puis Commandeur de la Légion d’honneur
Médaille militaire
Croix de guerre 1914-1918 avec 9 palmes, 1 étoile de vermeil et 1 étoile d’argent — soit onze citations
Distinguished Service Cross américaine
Military Medal britannique
Médaille de l’Aéronautique, Grande Médaille d’Or des Vieilles Tiges
Chevalier de la Légion d’honneur à vingt ans — fait exceptionnel qui dit tout de ce que la France a dû à ses jeunes aviateurs.
Versé dans la réserve en 1920, Sardier reprend ses études de droit et obtient sa licence. Il fonde un cabinet d’assurances à Clermont-Ferrand. Mais il ne quitte jamais l’aviation. Il fonde l’Aéro-Club d’Auvergne et s’implique dans la Fédération française d’aviation sans moteur. Sur ses conseils, en 1922, le site de Combegrasse dans la chaîne des Puys est retenu pour organiser le premier congrès français du vol à voile — événement fondateur qui lance en France la discipline du planeur. Combegrasse 1922 reste dans l’histoire de l’aéronautique française comme le berceau du vol à voile national. Sardier effectue des périodes de réserve de 1923 à 1938, maintenant ses compétences de pilote.
Mobilisé en 1940 au cabinet militaire du ministre, Gilbert Sardier devient après l’armistice chef de la section de Clermont-Ferrand de la Légion française des combattants — organisation d’anciens combattants fondée le 30 août 1940 par le régime de Vichy, qui deviendra le Service d’ordre légionnaire (SOL) puis la Milice française. Selon Wikipedia (version anglaise), « bien que les archives manquent, il semble que Sardier ait fait partie des responsables de la Légion qui ont dénoncé leurs concitoyens de gauche » — accusation grave que la version française occulte complètement. Point d’ironie historique troublant : Sardier aurait néanmoins été expulsé de son propre domicile par les Allemands, qui y auraient installé un colonel allemand — signe que sa collaboration avec Vichy n’allait pas jusqu’à la collaboration avec l’occupant. Cette période mériterait des travaux historiques plus approfondis, aujourd’hui difficiles d’accès.
Sardier termine la guerre avec le grade de lieutenant-colonel (parfois cité comme colonel à titre honorifique). Il reprend ses activités d’assureur à Clermont-Ferrand et devient un conférencier recherché sur l’aviation militaire de la Grande Guerre. En janvier 1976, à presque quatre-vingts ans, il accorde un long entretien enregistré au Service historique de la Défense à Royat (Puy-de-Dôme) — document aujourd’hui conservé au SHD sous la cote AI 1 P 17866/1, précieuse source orale pour l’histoire de l’aviation française. Il meurt à Royat, près de Clermont-Ferrand, le 7 octobre 1976, à soixante-dix-neuf ans — il est alors l’un des tout derniers survivants des 228 As de guerre français de la Première Guerre mondiale.
Né le 5 mai 1897 à Riom (Puy-de-Dôme) dans une famille bourgeoise — son père est avoué —, Jean Marie Luc Gilbert Sardier, qu’on appellera toujours Gilbert, poursuit des études de droit à Clermont-Ferrand. La Grande Guerre éclate alors qu’il a dix-sept ans. Avec l’autorisation paternelle (obligatoire pour un mineur), il s’engage volontairement le 7 septembre 1914 — à peine quelques semaines après le début des combats — au 5ᵉ régiment de chasseurs d’Afrique. Il sert d’abord dans le sud algérien, sur le front colonial, avant que l’appel du ciel ne devienne irrésistible.
Détaché dans l’aviation militaire le 1ᵉʳ janvier 1916, Sardier passe par toutes les écoles de formation de la Jeune aviation française : Pau, Buc, Avord, Cazaux. Il obtient son brevet de pilote militaire n° 3462 le 19 mai 1916, suivi un mois plus tard de son brevet de pilote civil n° 3734 le 22 juin 1916 — il n’a pas encore dix-neuf ans. Il est affecté à l’escadrille N 77, escadrille de chasse équipée successivement de Nieuport puis de SPAD, où il effectuera de nombreuses missions de reconnaissance et de bombardement avant de se spécialiser dans la chasse.
Sardier gravit tous les échelons sans jamais quitter le feu. Adjudant en 1917, décoré de la Médaille militaire le 17 septembre 1917 à vingt ans, puis chevalier de la Légion d’honneur la même année — honneur rarissime pour un sous-officier aussi jeune. Lieutenant à titre temporaire en 1918, confirmé à titre définitif en 1919. Le 23 juillet 1918, à l’âge de vingt-et-un ans, il prend le commandement de l’escadrille SPA 48, une des unités d’élite de la chasse française équipée des légendaires SPAD XIII. Il y remportera ses deux dernières victoires homologuées, portant son total à 15 victoires (parfois comptées 14 dans certaines sources, selon les critères d’homologation) — dont 5 ballons d’observation, cibles particulièrement dangereuses défendues par une DCA épaisse. Cette spécialité lui vaut le titre d’un « balloon buster » (perceur de ballons), catégorie d’as particulièrement redoutée.
Les plus hautes décorations françaises et alliées. À la fin de la guerre, Gilbert Sardier est l’un des aviateurs les plus décorés de l’armée française :
Chevalier puis Commandeur de la Légion d’honneur
Médaille militaire
Croix de guerre 1914-1918 avec 9 palmes, 1 étoile de vermeil et 1 étoile d’argent — soit onze citations
Distinguished Service Cross américaine
Military Medal britannique
Médaille de l’Aéronautique, Grande Médaille d’Or des Vieilles Tiges
Chevalier de la Légion d’honneur à vingt ans — fait exceptionnel qui dit tout de ce que la France a dû à ses jeunes aviateurs.
Versé dans la réserve en 1920, Sardier reprend ses études de droit et obtient sa licence. Il fonde un cabinet d’assurances à Clermont-Ferrand. Mais il ne quitte jamais l’aviation. Il fonde l’Aéro-Club d’Auvergne et s’implique dans la Fédération française d’aviation sans moteur. Sur ses conseils, en 1922, le site de Combegrasse dans la chaîne des Puys est retenu pour organiser le premier congrès français du vol à voile — événement fondateur qui lance en France la discipline du planeur. Combegrasse 1922 reste dans l’histoire de l’aéronautique française comme le berceau du vol à voile national. Sardier effectue des périodes de réserve de 1923 à 1938, maintenant ses compétences de pilote.
Mobilisé en 1940 au cabinet militaire du ministre, Gilbert Sardier devient après l’armistice chef de la section de Clermont-Ferrand de la Légion française des combattants — organisation d’anciens combattants fondée le 30 août 1940 par le régime de Vichy, qui deviendra le Service d’ordre légionnaire (SOL) puis la Milice française. Selon Wikipedia (version anglaise), « bien que les archives manquent, il semble que Sardier ait fait partie des responsables de la Légion qui ont dénoncé leurs concitoyens de gauche » — accusation grave que la version française occulte complètement. Point d’ironie historique troublant : Sardier aurait néanmoins été expulsé de son propre domicile par les Allemands, qui y auraient installé un colonel allemand — signe que sa collaboration avec Vichy n’allait pas jusqu’à la collaboration avec l’occupant. Cette période mériterait des travaux historiques plus approfondis, aujourd’hui difficiles d’accès.
Sardier termine la guerre avec le grade de lieutenant-colonel (parfois cité comme colonel à titre honorifique). Il reprend ses activités d’assureur à Clermont-Ferrand et devient un conférencier recherché sur l’aviation militaire de la Grande Guerre. En janvier 1976, à presque quatre-vingts ans, il accorde un long entretien enregistré au Service historique de la Défense à Royat (Puy-de-Dôme) — document aujourd’hui conservé au SHD sous la cote AI 1 P 17866/1, précieuse source orale pour l’histoire de l’aviation française. Il meurt à Royat, près de Clermont-Ferrand, le 7 octobre 1976, à soixante-dix-neuf ans — il est alors l’un des tout derniers survivants des 228 As de guerre français de la Première Guerre mondiale.
Sources
- Wikipédia — Fiche Gilbert Sardier
- Defense.gouv — Fiche Gilbert Sardier