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Marc Bloch

L'Histoire comme engagement

histoire Marc Bloch
Historien, médiéviste et résistant, Marc Bloch (1886-1944) est l’un des grands noms de l’historiographie française du XXe siècle. Né à Lyon dans une famille juive alsacienne, il étudie à l’École normale supérieure avant d’obtenir l’agrégation d’histoire en 1908. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il combat pendant 4 ans et termine le conflit avec le grade de capitaine. Après la guerre, il devient enseignant à l’université de Strasbourg, où il développe ses recherches sur les sociétés médiévales.

Avec l’historien Lucien Febvre, il fonde en 1929 la revue Annales d’histoire économique et sociale, qui renouvelle profondément la manière d’étudier le passé. Plutôt que de se limiter aux grands événements et aux figures politiques, Marc Bloch s’intéresse aux sociétés, aux croyances, aux structures économiques et à la vie quotidienne. Il défend une histoire ouverte aux autres disciplines, notamment à la sociologie, et considère que comprendre le passé permet aussi de mieux éclairer le présent. Parmi ses ouvrages majeurs figurent Les Rois thaumaturges, La Société féodale et Les Caractères originaux de l’histoire rurale française.

En 1939, malgré son âge et ses responsabilités familiales, il s’engage de nouveau dans l’armée. La défaite française de 1940 le conduit à rédiger L’Étrange Défaite, une analyse critique des causes de l’effondrement militaire et politique du pays, publiée après sa mort. D’origine juive, il est également frappé par les mesures antisémites du régime de Vichy, qui entravent puis mettent fin à sa carrière universitaire. En 1943, il rejoint la Résistance à Lyon sous le pseudonyme de « Narbonne » et participe notamment aux activités du mouvement Franc-Tireur et des Mouvements unis de la Résistance.

Arrêté par la Gestapo le 8 mars 1944, Marc Bloch est torturé puis fusillé le 16 juin 1944 à Saint-Didier-de-Formans, dans l’Ain, avec vingt-neuf autres résistants. Ses ouvrages L’Étrange Défaite et Apologie pour l’histoire ou le métier d’historien paraissent après la guerre et prolongent sa réflexion sur le rôle de l’historien. Par son exigence intellectuelle, son renouvellement de la recherche historique et son engagement jusqu’au sacrifice de sa vie, Marc Bloch incarne une conception de l’histoire indissociable de la liberté de pensée et de la responsabilité citoyenne.
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