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Henri Guillemin

L'Histoire à contre-courant

histoire Henri Guillemin
Historien, critique littéraire et conférencier engagé à gauche, Henri Guillemin (1903-1992) est un spécialiste de la littérature du XIXe siècle et de l’histoire politique française. À travers ses nombreux travaux, il s’attache à remettre en question les récits établis, à déconstruire certaines légendes, comme celle de Napoléon, et à réhabiliter des personnages controversés, à l’image de Robespierre. De la Révolution française à la Commune de Paris, en passant par la IIIe République et la Seconde Guerre mondiale, il revisite les grands événements de l’Histoire avec un regard neuf. Il consacre également de nombreuses études aux grands écrivains, de Pascal à Céline, en passant par Hugo, Chateaubriand, Flaubert et Zola. Avec un regard incisif et volontiers polémique, Henri Guillemin propose une lecture singulière de l’Histoire et de la littérature, bousculant les idées reçues et remettant en question les interprétations établies.

Né le 19 mars 1903 à Mâcon, Henri Guillemin grandit dans une famille modeste, entre un père républicain et libre penseur et une mère catholique pratiquante. Après ses études secondaires au lycée Lamartine de Mâcon, il prépare le concours de l’École normale supérieure au lycée du Parc, à Lyon. Admis rue d’Ulm en 1923, il obtient l’agrégation de lettres classiques en 1928. Il enseigne ensuite dans plusieurs villes françaises, notamment Tours, Bayonne, Clermont-Ferrand et Lyon. En 1936, il soutient une thèse de doctorat consacrée à Jocelyn, poème de Lamartine, avant de partir enseigner à l’Université du Caire. En 1938, il rejoint la faculté des lettres de Bordeaux comme maître de conférences.

La Seconde Guerre mondiale marque un tournant dans sa vie. Menacé en raison de ses sympathies gaullistes, il quitte la France en juillet 1942 et se réfugie en Suisse, où sa famille le rejoint. Après la Libération, il devient attaché culturel, puis conseiller culturel à l’ambassade de France à Berne. Cette situation lui permet de développer une intense activité de conférencier, tout en poursuivant ses recherches et la publication de nombreux ouvrages. Spécialiste du XIXe siècle, il étend également ses travaux à l’histoire politique contemporaine. Ses analyses, qui remettent en cause certaines figures consacrées et défendent des personnalités malmenées par la mémoire collective, lui valent autant d’admirateurs que de détracteurs. En 1962, il quitte ses fonctions aux Affaires étrangères et reprend une activité dans l’Éducation nationale, notamment à l’Université de Lyon, tout en continuant à vivre en Suisse.

Doté d’une culture exceptionnelle et d’une plume remarquable, Henri Guillemin possède un talent rare pour captiver son auditoire. Pendant une vingtaine d’années, il anime de nombreuses conférences destinées au grand public et intervient dans différents médias francophones, notamment à la télévision suisse romande et à Radio-Canada. Au début des années 1970, ses conférences télévisées lui apportent une popularité considérable. Longtemps peu présent sur les écrans français, il y apparaît notamment dans l’émission Apostrophes de Bernard Pivot, le 27 février 1981. Mort à Neuchâtel le 4 mai 1992, il laisse une œuvre de plus de 70 ouvrages et une manière singulière de raconter l’Histoire : vivante, passionnée et toujours soucieuse de regarder au-delà des versions officielles.
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