Rues de Wicres
19 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée de la Claire Fontaine
patrimoineAllée des Acacias
natureEn botanique, Acacia désigne un vaste genre de plus de 1 300 espèces, principalement australiennes, dont les rameaux odorants fleurissent en pompons dorés à la fin de l'hiver. Or ces arbres-là, en France, tout le monde les appelle… mimosas. Et l'arbre que nous nommons couramment « acacia » — ce grand arbre à écorce fissurée, à épines vives et à grappes blanches parfumées qui borde tant de routes de campagne — n'appartient en réalité pas au genre Acacia. C'est un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), originaire des Appalaches en Amérique du Nord. À l'origine de cette valse d'identités : un homme. Jean Robin (1550-1629), botaniste du roi Henri IV, reçut en 1601 des graines envoyées d'Amérique par son ami anglais John Tradescant. Il les planta dans son jardin parisien, place Dauphine. Le premier arbre a disparu, mais deux rejets replantés par son fils Vespasien sont encore vivants aujourd'hui : l'un au square René-Viviani face à Notre-Dame — c'est le plus vieil arbre de Paris, il a même survécu à l'incendie de 2019 —, l'autre au Jardin des Plantes. Linné, en 1753, dédia à Jean Robin le nom du genre Robinia, en gardant le souvenir de la confusion dans l'épithète pseudoacacia, littéralement « faux acacia ». Le robinier a très vite conquis les campagnes françaises. Ses grappes blanches sont très mellifères — le fameux miel d'acacia, cristal et léger, en est issu (l'appellation, bien qu'incorrecte botaniquement, est tolérée par l'usage). Ses fleurs se dégustent en beignets ou en sirop. Son bois, l'un des plus durables d'Europe, résiste à l'humidité et aux insectes, ce qui en fait un matériau de choix pour les piquets de clôture, les terrasses et les tuteurs de vigne. Attention en revanche : l'arbre est toxique dans presque toutes ses parties sauf les fleurs, et il est aujourd'hui considéré comme une espèce invasive en France, capable de coloniser les sols à une vitesse impressionnante grâce à ses racines drageonnantes. Reste que dans le langage courant, l'acacia gardera longtemps le nom du vrai — même s'il n'en est pas un. C'est peut-être ainsi que naissent, entre les langues et les livres de botanique, les plus jolies erreurs.
Allée des Cerisiers
patrimoineBas Champ
patrimoineDomaine Lalicre
patrimoineHameau de Willy
patrimoineRésidence de la Place
patrimoineRocade des Weppes
patrimoineRoute de Willy
patrimoineRue de l'Église
patrimoineRue des 4 Bonniers
patrimoineRue des Corons
patrimoineRue des Lilas
natureTrois semaines par an, à peine, et tout un jardin bascule. Le lilas fleurit en avril-mai, projetant vers le ciel ses grappes coniques de fleurs mauves, blanches ou violettes, dont le parfum sucré et poudré remonte le long des murs, franchit les haies, entre par les fenêtres ouvertes du printemps. Puis, un matin, tout est fini : les fleurs brunissent, tombent, le silence olfactif revient jusqu'à l'an prochain. Cette brièveté fait toute la magie du lilas — arbuste modeste onze mois par an, roi absolu pendant trois semaines. Originaire des Balkans et du Proche-Orient, le lilas commun (Syringa vulgaris) arriva en Europe occidentale au XVIᵉ siècle, rapporté de Constantinople par l'ambassadeur des Habsbourg. Il conquit d'abord les jardins royaux et princiers, avant de gagner peu à peu toutes les cours de ferme et tous les enclos de curé. Son nom vient du persan lilak, qui signifie « bleuâtre ». Il en existe aujourd'hui plus de mille variétés cultivées, aux fleurs blanches, mauves, roses, pourpres ou même presque bleues. Le bois du lilas est très dur — les Anglais l'appelaient d'ailleurs pipe tree, l'arbre à pipes, parce qu'on y taillait volontiers des tuyaux de fumeur, mais aussi des flûtes et des sifflets. Son nom scientifique Syringa vient du grec syrinx (la flûte de Pan), en référence à ces mêmes usages musicaux dans l'Antiquité. La mythologie raconte que la nymphe Syringa, poursuivie par le dieu Pan, fut métamorphosée en roseau — puis, selon les versions, en lilas — pour lui échapper. Depuis, la flûte du dieu joue à jamais son chagrin. Dans le langage des fleurs, le lilas mauve dit les premiers émois du cœur, le lilas blanc l'innocence retrouvée. En Russie, on offre traditionnellement une branche de lilas à un jeune couple pour porter bonheur. Et en France, un vieux dicton populaire prévient : « Quand le lilas fleurit, l'hiver est fini pour de bon » — un signal aussi fiable, dit-on, que le retour des hirondelles. Un mois plus tard, tout est retombé. Mais un jardin qui a connu le lilas garde en mémoire, quelque part, cette semaine de mai où l'air lui-même semblait sucré.
Rue d'Oresmieux
patrimoineRue du Général Leclerc
histoireLe maréchal Leclerc, de son nom complet Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947) est connu pour son rôle majeur dans la Libération pendant la Seconde Guerre mondiale. Sorti de l’école militaire de Saint-Cyr, il rejoint la France libre du général Charles de Gaulle en 1940 après la défaite française. Il mène ensuite des campagnes en Afrique, notamment la prise de Koufra en 1941, où il fait le célèbre serment de libérer Strasbourg. Leclerc commande ensuite la 2e Division Blindée (2e DB), une grande unité équipée de chars et de véhicules blindés. La 2e DB participa au débarquement de Normandie en 1944 et eut un rôle décisif dans la libération de Paris et de Strasbourg. Les succès associèrent le jeune officier aux engins mécanisés de sa division, ce qui explique le nom d'une série de chars de combat français - les chars Leclerc. Ses faits d'armes lui valurent le titre de Maréchal de France, plus haute distinction militaire française qui n’est pas un grade mais une dignité honorifique. Néanmoins, il fut consacré à titre posthume, en 1952, étant mort dans un accident d’avion en 1947 en Algérie.
Rue du Viguier
patrimoineRue Gambetta
histoireFils d'un épicier génois installé à Cahors, Léon Gambetta (1838-1882) n'a rien d'un enfant de la bourgeoisie parisienne. Il monte à Paris étudier le droit, perd un œil dans un accident d'enfance, mais compense ce handicap par une voix de tonnerre et un art oratoire qui va sidérer son époque. Avocat, il se fait connaître en 1868 par une plaidoirie fulgurante contre le Second Empire — un réquisitoire devenu célèbre où il énumère, un à un, les crimes du régime. Le jeune homme du Sud-Ouest est désormais un nom. Le 4 septembre 1870. La France vient d'être écrasée à Sedan, l'empereur est prisonnier des Prussiens. À l'Hôtel de Ville de Paris, Gambetta — 32 ans — proclame la République depuis un balcon, devant une foule en délire. Ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de Défense nationale rapidement encerclé dans Paris assiégé, il prend une décision spectaculaire : le 7 octobre, il s'échappe en ballon au-dessus des lignes prussiennes pour rejoindre la province et y lever de nouvelles armées. L'image est restée : un ministre en montgolfière, écharpe au vent, allant sauver la patrie. Depuis Tours puis Bordeaux, il improvise en quelques semaines des armées entières, mobilise, réquisitionne, harangue. Rien n'y fait : la France est vaincue, l'Alsace-Moselle perdue. Gambetta démissionne, refusant de cautionner le traité. Ce qu'il fait ensuite est peut-être plus important encore. Dans une Assemblée majoritairement monarchiste, il consacre dix ans à convaincre, séduire, rallier — patiemment, ville après ville, discours après discours. Sa formule reste célèbre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi. » Il forge le vocabulaire, les rituels, la mystique d'une République qui doit s'ancrer dans les cœurs. Il popularise la Marseillaise, le 14 juillet, l'école laïque à venir. Sans lui, il n'est pas sûr que la République se serait installée durablement en France. Nommé enfin président du Conseil en novembre 1881, son gouvernement — le « Grand Ministère » que tout le monde attendait — tombe au bout de dix semaines. Le 27 novembre 1882, dans sa maison des Jardies à Ville-d'Avray, un coup de revolver part accidentellement, lui traversant la main. La blessure paraît bénigne mais il meurt le 31 décembre, à 44 ans, d'une appendicite mal soignée aggravée par sa convalescence. La rumeur d'un suicide, ou d'un drame passionnel avec sa compagne Léonie Léon, courra longtemps. Des funérailles nationales grandioses ont lieu le 6 janvier 1883 : un demi-million de Parisiens suivent le cortège. En 1920, pour le cinquantenaire de la République, son cœur — et son cœur seul — est transféré au Panthéon dans une urne. Le reste de son corps repose à Nice, auprès de son père. Étrange destin posthume pour celui qui, plus que tout autre, avait mis le sien au service de la République.
Rue Théodore Brasme
patrimoineRue Waldeck Rousseau
histoireDeux lois portent le nom de Pierre Waldeck-Rousseau ((1846-1904), et chacune a changé la vie quotidienne de millions de Français. La loi Waldeck-Rousseau du 21 mars 1884 autorisa pour la première fois la création des syndicats professionnels, abrogeant la loi Le Chapelier de 1791 qui les interdisait depuis près d'un siècle. La loi du 1er juillet 1901 consacra la liberté d'association — cette même loi qui, aujourd'hui encore, régit toutes les associations françaises, du club de pétanque au grand mouvement caritatif. Peu d'hommes politiques ont laissé une trace juridique aussi durable dans le tissu social du pays. Il naquit à Nantes le 2 décembre 1846, fils d'un avocat républicain élu à l'Assemblée constituante de 1848 et maire de Nantes. Formé au droit à Rennes puis à Paris, avocat brillant à la parole sèche et précise, Waldeck-Rousseau fut élu député de Rennes en 1879 à trente-deux ans, prit place à la Chambre parmi les républicains opportunistes, et se fit rapidement remarquer par la solidité juridique de ses interventions. Gambetta le fit ministre de l'Intérieur en 1881 ; Jules Ferry le reconduisit dans cette fonction de 1883 à 1885. C'est à ce poste qu'il porta devant le Parlement la première grande loi qui porta son nom : celle qui rendait leurs droits aux travailleurs organisés. Déçu par la politique parlementaire, il s'écarta un temps du pouvoir après la chute de Ferry en 1885, redevint avocat au barreau de Paris — où son cabinet spécialisé dans les affaires financières devint l'un des plus recherchés — puis revint à la vie politique comme sénateur de la Loire en 1894. Son grand rendez-vous historique vint quatre ans plus tard, en pleine affaire Dreyfus. Alors que la France se déchirait sur la culpabilité ou l'innocence du capitaine, que les nationalistes et les antisémites menaçaient l'ordre républicain, le président Émile Loubet l'appela le 22 juin 1899 pour former un gouvernement. Le pari était audacieux : Waldeck-Rousseau réussit à faire cohabiter dans le même cabinet de « Défense républicaine » le général de Galliffet — le sinistre « fusilleur de la Commune » — et le socialiste Alexandre Millerand, première entrée d'un socialiste dans un gouvernement de la République. Le ministère dura trois ans, le plus long de toute la IIIᵉ République. Waldeck-Rousseau y ramena la paix civile, gracia Dreyfus en 1899 (avant sa réhabilitation complète en 1906), fit voter la loi de 1901 sur les associations, réorganisa l'armée et pacifia les relations sociales. Cette loi de 1901, qui reste son grand testament, avait une dimension politique très concrète : elle visait aussi à soumettre les congrégations religieuses à autorisation, dans le contexte tendu du combat pour la laïcité. Elle serait prolongée dès 1905 par la loi de séparation des Églises et de l'État, dont Waldeck-Rousseau posa les fondations sans en voir l'aboutissement. Rongé par le cancer, il démissionna en juin 1902 et mourut à Corbeil deux ans plus tard, à cinquante-sept ans. Son cabinet d'avocat, sa parole sèche et sa hauteur de vue avaient permis à la République de traverser sa plus grave crise depuis la Commune. Un siècle plus tard, chaque association déclarée en préfecture, chaque syndicat qui négocie une convention collective porte encore la trace discrète de son nom.