Rues de Thouaré-sur-Loire
255 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée Claude Monet
patrimoineAllée de la Bouhourdière
patrimoineAllée de la Coulée Verte
patrimoineAllée de la Gabare
patrimoineAllée de la Gergauderie
patrimoineAllée de la Hulbuterie
patrimoineAllée de l'Édelweiss
patrimoineAllée des Abricotiers
patrimoineAllée des Bégonias
patrimoineAllée des Jardins
patrimoineAllée des Martins Pêcheurs
patrimoineAllée des Petites Landes
natureAllée des Pruniers
patrimoineAllée du Clos du Ruisseau
natureAllée du Guette Loup
patrimoineAllée du Petit Jaunais
patrimoineAllée du Pressoir
patrimoineAllée Gralais
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patrimoineAllée Jules Verne
patrimoineAllée Marco Polo
patrimoineAllée Suzanne Lenglen
patrimoineAvenue Berlioz
patrimoineAvenue de la Blançonnerie
patrimoineAvenue de la Châtaigneraie
patrimoineAvenue de la Garenne
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patrimoineAvenue de l'Europe
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natureAvenue des Renards
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patrimoineAvenue du Parc des Sports
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patrimoineAvenue du Vallon
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patrimoineAvenue Vivaldi
patrimoineC
patrimoineChemin de Halage
patrimoineChemin de la Grille
patrimoineChemin de la Herrière
patrimoineChemin de la Hillière
patrimoineChemin de la Noé
patrimoineChemin de la Rivière
natureChemin de la Roussellerie
patrimoineChemin de la Sauterelle
patrimoineChemin de l'Hermitage
patrimoineChemin des Gauteries
patrimoineChemin des Maraîchers
patrimoineChemin des Vertes Prairies
natureChemin du Clairais
patrimoineChemin du Dervenn
patrimoineChemin du Jauneau
patrimoineChemin du Moulin d'Auray
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Chemin du Parc
patrimoineChemin du Port Potiron
patrimoineChemin du Vallon
patrimoineClos de l'Hermitage
patrimoineD
patrimoineE
patrimoineF
patrimoineHameau de la Clémencière
patrimoineImpasse Anita Conti
patrimoineImpasse de la Blançonnerie
patrimoineImpasse de la Chartreuse
patrimoineImpasse de la Hillière
patrimoineImpasse de la Longère
patrimoineImpasse de la Malnoue
patrimoineImpasse de la Robinière
patrimoineImpasse de l'Île Crozet
patrimoineImpasse de l'Oisans
patrimoineImpasse des Aravis
patrimoineImpasse des Bauges
patrimoineImpasse des Boutons d'Or
patrimoineImpasse des Bouvreuils
patrimoineImpasse des Chênes
natureOn l'identifie à ses feuilles lobées et à ses fruits appelés glands, mets de choix pour les sangliers et les écureuils. Le terme scientifique pour désigner la famille des chênes est « quercus », qui inclut plus de 600 espèces à travers le monde. L'une des plus célèbres est le chêne-liège, arbre méditerranéen exigeant en lumière, chaleur et eau, dont l'écorce à la texture élastique et poreuse fait les meilleurs bouchons et d'excellents isolants. Mais le plus beau spécimen reste sans conteste le chêne pédonculé : trapu, tronc court, houppier étalé, il pousse lentement mais peut vivre entre 500 et 2000 ans. Son bois dur et imputrescible a porté les charpentes des cathédrales — celle de Notre-Dame de Paris comptait 1300 chênes millénaires avant l'incendie — les vaisseaux de la marine royale de Colbert, et aujourd'hui encore les tonneaux qui donnent au vin son goût. Pas étonnant que les Gaulois vénéraient cet arbre comme un symbole de force, de justice et de longévité.
Impasse des Écrins
patrimoineImpasse des Frênes
patrimoineImpasse des Gémeaux
patrimoineImpasse des Primevères
patrimoineImpasse des Roitelets
patrimoineImpasse du Brévent
patrimoineImpasse du Capricorne
patrimoineImpasse du Chablais
patrimoineImpasse du Drouetty
patrimoineImpasse du Levant
patrimoineImpasse du Lubéron
patrimoineImpasse du Mercantour
patrimoineImpasse du Ponant
patrimoineImpasse du Queyras
patrimoineImpasse du Rocher
patrimoineImpasse du Ruisseau de Malville
natureImpasse du Souchais
patrimoineImpasse du Vercors
patrimoineImpasse Ferdinand Magellan
patrimoineImpasse Les Rues
patrimoineImpasse Montéverdi
patrimoineImpasse Surcouf
patrimoineImpasse Taga
patrimoineLa Coulée Verte
patrimoineLa Gare
patrimoineLa Garenne
patrimoineLa Poste
patrimoineLes Bois
patrimoineMail des Magnolias
patrimoinePlace de la République
patrimoinePlace des Anciens Combattants
patrimoinePlace Léontine Vié
patrimoinePont de Thouaré
patrimoinePont romain
patrimoinePromenade Paul Gauguin
patrimoineRésidence de la Chevalerie
patrimoineRond-Point Charles de Gaulle
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Rond-Point de la Belle Étoile
patrimoineRond-Point Robert Schuman
patrimoineRoute d'Auray
patrimoineRoute de Beau Soleil
patrimoineRoute de la Barre
patrimoineRoute de la Hillière
patrimoineRoute de Paris
patrimoineRoute du Chêne Vert
natureRue Abraham Duquesne
patrimoineRue Anne Descartes
patrimoineRue Arthur Rimbaud
patrimoineRue Auguste Renoir
patrimoineRue Berthe Morisot
patrimoineRue Christophe Colomb
patrimoineRue d'Amboise
patrimoineRue d'Armorique
patrimoineRue de Beaufortin
patrimoineRue de Beaulieu
patrimoineRue de Beauséjour
patrimoineRue de Belledone
patrimoineRue de Bellevue
patrimoineRue de Brissac
patrimoineRue de Bruxelles
patrimoineRue de Carquefou
patrimoineRue de Chambord
patrimoineRue de Chenonceau
patrimoineRue de Cheverny
patrimoineRue de Chinon
patrimoineRue de Clermont
patrimoineRue de Cornouaille
patrimoineRue de Dusseldorf
patrimoineRue de Homberg
patrimoineRue de la Barre Andrée
patrimoineRue de la Baudinière
patrimoineRue de la Belle Étoile
patrimoineRue de la Blançonnerie
patrimoineRue de la Blandinière
patrimoineRue de la Bussonnière
patrimoineRue de la Cadaine
patrimoineRue de la Chaîne
patrimoineRue de la Charbonnerie
patrimoineRue de la Clémencière
patrimoineRue de l'Adour
patrimoineRue de la Frégate
patrimoineRue de la Halbarderie
patrimoineRue de la Malnoue
patrimoineRue de la Maurienne
patrimoineRue de Langeais
patrimoineRue de la Pamprie
patrimoineRue de l'Archipel
patrimoineRue de la Robinière
patrimoineRue de la Roussellerie
patrimoineRue de la Saulzaie
patrimoineRue de la Tarentaise
patrimoineRue de la Vanoise
patrimoineRue de l'Île de la Réunion
patrimoineRue de Mauves
patrimoineRue de Milan
patrimoineRue de Nantes
patrimoineRue des Acacias
natureEn botanique, Acacia désigne un genre d'arbres dont la plupart des espèces sont originaires d'Australie. Or dans le langage courant français, on appelle « acacia » le Robinier faux acacia - qui n'appartient justement pas au genre Acacia ! En revanche, on parle de mimosa pour des espèces odorantes qui, elles, appartiennent bel et bien au genre Acacia. Pour comprendre le sac de nœuds, il faut savoir qu'Acacia et Mimosa sont deux genres cousins, tous deux membres de la sous-famille des Mimosoideae. Résultat : ce que nous appelons acacia n'en est pas un, et ce que nous appelons mimosa en est un. Vous suivez ?
Rue de Saint-André
patrimoineRue des Albatros
patrimoineRue des Antilles
patrimoineRue des Boucaniers
patrimoineRue des Bougainvilliers
patrimoineRue des Bouleaux
patrimoineRue des Buissons
patrimoineRue des Camélias
patrimoineRue des Chalonges
patrimoineRue des Champs
patrimoineRue des Coquelicots
patrimoineRue des Cyprès
patrimoineRue des Cytises
patrimoineRue des Écoles
patrimoineRue de Serrant
patrimoineRue des Étangs
natureRue des Eucalyptus
patrimoineRue des Goélands
patrimoineRue des Hameaux
patrimoineRue des Îles Marquises
patrimoineRue des Isles
patrimoineRue des Jardins d'Hélène
patrimoineRue des Mouettes
patrimoineRue des Muriers
patrimoineRue des Palmiers
patrimoineRue des Ponts
patrimoineRue des Saules
patrimoineRue des Sillons
patrimoineRue des Verdiers
patrimoineRue des Vignes
natureRue des Vignes du Jauneau
natureRue de Valençay
patrimoineRue de Vendôme
patrimoineRue de Villandry
patrimoineRue d'Ouessant
patrimoineRue du Bélem
patrimoineRue du Clos des Mésanges
patrimoineRue du Commandant Charcot
patrimoineRue du Coteau de la Herrière
patrimoineRue du Coteau de la Robinière
patrimoineRue du Danube
patrimoineRue du Galion
patrimoineRue Duguay-Trouin
patrimoineRue du Jaunais
patrimoineRue du Moulin des Chalonges
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue du Perthus
patrimoineRue du Petit Plessis
patrimoineRue du Point du Jour
natureL'expression « point du jour » désigne l'aube, ce moment de transition entre la fin de la nuit et le début du plein jour. Techniquement, les astronomes en distinguent trois : l'aube astronomique (les étoiles disparaissent, soleil à 18° sous l'horizon), l'aube nautique (l'horizon devient identifiable, soleil à 12°), et l'aube civile (l'activité humaine peut se passer d'éclairage, soleil à 6°). À ne pas confondre avec l'aurore, où le disque du soleil est déjà visible mais partiellement masqué par l'horizon. Lorsque l'aube commence à poindre, le ciel se teinte de couleurs rouge-orangées : la lumière du soleil traverse alors une épaisseur d'air bien plus grande qu'au zénith, si bien que le bleu est diffusé sur les côtés et que seules les longueurs d'onde chaudes parviennent jusqu'à nos yeux — c'est le fameux phénomène de diffusion de Rayleigh, celui-là même qui explique aussi la couleur du ciel diurne et des couchers de soleil. Historiquement, beaucoup de rues « du Point du Jour » désignaient à l'origine la sortie orientale d'une ville, du côté où le soleil se lève — repère précieux pour les voyageurs et les paysans qui partaient aux champs à la première clarté. Victor Hugo, lui, a immortalisé cet instant dans un vers célèbre des Contemplations : « à l'heure où blanchit la campagne ».
Rue du Port
patrimoineRue du Pré Poulain
patrimoineRue du Puymorens
patrimoineRue du Rhin
patrimoineRue du Sagittaire
patrimoineRue du Sapin
patrimoineRue du Saule Blanc
patrimoineRue d'Ussé
patrimoineRue du Tibre
patrimoineRue du Tourmalet
patrimoineRue François Espivent
patrimoineRue Guillaume Apollinaire
patrimoineRue Jacques Cartier
patrimoineRue Jacques Cassard
patrimoineRue Jean Bart
patrimoineRue Kerguélen
patrimoineRue Marie Bracquemond
patrimoineRue Marie Galante
patrimoineRue Montsoreau
patrimoineRue Paul Verlaine
culturePaul Verlaine (1844-1896) naît à Metz un jour d'automne 1844, dans une famille bourgeoise et catholique. Rien, dans cette enfance sage, ne laisse présager la vie tumultueuse qui l'attend — sinon peut-être une hypersensibilité maladive et un goût précoce pour les vers de Baudelaire, qu'il découvre à seize ans comme une révélation. À vingt-deux ans, il publie ses Poèmes saturniens : un premier recueil déjà somptueux, tout en demi-teintes, brumes et paysages intérieurs. La musique de Verlaine est là, tout entière — cette manière si particulière de faire chanter la langue française à mi-voix, entre soupir et confidence. En 1871, il reçoit une lettre d'un adolescent inconnu, un certain Arthur Rimbaud, qui joint quelques poèmes. Verlaine est marié, jeune père, tente d'être respectable. Rimbaud a dix-sept ans, une gueule d'ange et un tempérament d'incendiaire. Verlaine paye son billet de train. À peine arrivé à Paris, le jeune provincial met le feu à sa vie : rupture avec sa femme, fuite en Belgique puis à Londres, alcool, amour tumultueux, ruptures et retrouvailles. Deux ans plus tard, le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, ivre et désespéré, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud qui s'apprêtait à le quitter. Une balle blesse le jeune homme au poignet. Prison en Belgique pendant dix-huit mois. Rimbaud, lui, disparaîtra bientôt de la littérature — pour toujours. Une conversion, une gloire. En prison, Verlaine se convertit — retour au catholicisme, extase mystique, écriture de Sagesse, l'un de ses plus beaux recueils. Libéré, il tente un temps l'enseignement en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes. Rien ne tient. Les années 1880 le voient sombrer peu à peu : mort de sa mère, absinthe, hôpitaux, chambres d'hôtel misérables. Et pourtant, paradoxe absolu, c'est à ce moment-là qu'il devient célèbre. Publication des Poètes maudits, où il révèle Rimbaud, Mallarmé et Corbière au public. Reconnaissance des jeunes symbolistes qui le prennent pour maître. Il est élu, en 1894, « Prince des poètes » par ses pairs, après la mort de Leconte de Lisle. Consécration officielle pour un homme qui vit dans un hôtel meublé rue Descartes, et qu'on doit parfois porter chez lui, ivre mort. Ce que Verlaine apporte à la poésie française est difficile à cerner tant c'est un art de l'imperceptible. Une préférence pour l'impair — vers de cinq, sept, neuf syllabes, qui déstabilisent l'oreille habituée à l'alexandrin. Un flou musical revendiqué. Une capacité à peindre des états d'âme avec presque rien : trois notes, une couleur, une pluie qui tombe. Son Art poétique résume tout en une formule devenue proverbe : « De la musique avant toute chose. » Debussy, Fauré, Reynaldo Hahn mettront ses poèmes en musique — parce qu'ils étaient déjà de la musique. Il meurt le 8 janvier 1896, à cinquante et un ans, dans une chambre pauvre de la rue Descartes à Paris, veillé par sa dernière compagne, Eugénie Krantz, ancienne prostituée. Ses obsèques rassemblent pourtant une foule immense : poètes, journalistes, ministres, curieux. Il repose au cimetière des Batignolles. Un demi-siècle plus tard, sans qu'il l'ait jamais imaginé, ses vers vont sauver la France. Les premières lignes de sa Chanson d'automne — « Les sanglots longs des violons de l'automne… » — sont diffusées à la BBC les 1er et 5 juin 1944, comme messages personnels codés annonçant aux résistants l'imminence du Débarquement. Le pauvre Verlaine, qui n'aurait su se lever le matin sans un verre, veillait sans le savoir sur le destin d'un continent.
Rue Suzanne Valadon
patrimoineRue Vasco de Gama
patrimoineSquare Cézanne
patrimoineZA de la Baudinière
patrimoine