Rues de Saleilles
183 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Ancienne Route d'Alénya
patrimoineAvenue Arthur Conte
patrimoineAvenue de Château-Roussillon
patrimoineAvenue de la Fosseille
patrimoineAvenue de la Libération
histoireLa Libération (1944-1945) ne s'est pas faite en un jour, ni même en un mois. Ce que l'on appelle « la Libération » est en réalité une longue vague qui déferle sur la France **pendant près d'un an**, de juin 1944 à mai 1945, laissant derrière elle un pays exsangue, meurtri, mais debout. 6 juin 1944 : le jour le plus long. À l'aube, 156 000 soldats alliés débarquent sur cinq plages de Normandie — Utah, Omaha, Gold, Juno, Sword. C'est la plus grande opération amphibie de l'histoire. Parmi eux, 177 Français du commando Kieffer touchent le sable de Colleville-Montgomery. Ils sont les seuls Français à débarquer ce jour-là. Sur le sable d'Omaha, les pertes américaines sont effroyables. Le soir venu, la tête de pont tient. Rien n'est joué, tout est possible. Pendant que les Alliés progressent difficilement dans le bocage normand, l'intérieur du pays s'embrase. Les maquis multiplient les sabotages : le plan « Vert » vise les voies ferrées, le plan « Violet » les télécommunications, le plan « Tortue » les routes. Résultat : les divisions blindées allemandes qui montent vers la Normandie mettent trois semaines pour un trajet qui aurait dû durer trois jours. La division SS Das Reich, dans sa remontée furieuse, massacre 99 civils à Tulle et 643 à Oradour-sur-Glane le 10 juin; village figé pour l'éternité dans ses ruines. Sur le plateau du Vercors, 4 000 maquisards proclament la « République libre » et attendent les renforts alliés promis. Ils ne viendront jamais. Le 21 juillet, la Wehrmacht attaque en force, dont des planeurs qui se posent au cœur du massif. 840 maquisards et civils tombent. Ce sera l'une des grandes plaies de la mémoire résistante. Une seconde opération, souvent éclipsée par celle de Normandie, débarque en Provence le 15 août : l'armée B du général de Lattre de Tassigny, forte de 250 000 hommes dont plus de la moitié de tirailleurs algériens, marocains, sénégalais, et de goumiers. Ils remonteront la vallée du Rhône à une vitesse foudroyante, libéreront Toulon, Marseille, Lyon, feront leur jonction avec les troupes venues de Normandie en Bourgogne le 12 septembre. La France est coupée en deux, mais dans le bon sens. L'insurrection éclate à Paris le 19 août. Barricades dans le Quartier latin, drapeaux tricolores aux fenêtres, préfecture de police reprise, combats rue de Rivoli. Le 24 août au soir, un détachement de la 2e DB de Leclerc — le « détachement Dronne », composé pour partie de républicains espagnols rescapés de la guerre civile — entre dans Paris par la porte d'Italie. À 22h22, les cloches de Notre-Dame sonnent à la volée. Le lendemain, le général von Choltitz, gouverneur militaire allemand, signe la capitulation à la gare Montparnasse. Il n'aura pas exécuté l'ordre d'Hitler de brûler Paris. Le 26 août, de Gaulle descend les Champs-Élysées à pied, dans une foule immense, sous les tirs sporadiques de tireurs isolés depuis les toits. Pendant l'automne se poursuivent les libérations. Bordeaux le 28 août, Lyon le 3 septembre, Dijon le 11, Nancy le 15, Strasbourg le 23 novembre — libération symbolique celle-ci, tenue par Leclerc en réponse à un serment prêté trois ans plus tôt en Libye : « Ne déposons les armes que lorsque nos couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. » Certaines poches allemandes tiennent pourtant sur l'Atlantique jusqu'au bout : Saint-Nazaire, La Rochelle, Royan ne se rendront que le 8 mai 1945. L'épuration commence, brutale et parfois expéditive. Des femmes tondues sur les places de village. Des exécutions sommaires. Puis les procès officiels : Pétain condamné à mort et gracié, Laval fusillé. La France retrouve la République, le droit de vote des femmes en avril 1944 (première élection en 1945), la Sécurité sociale à venir. Le pays compte ses morts : 600 000 environ, dont 350 000 civils. Ses villes détruites — Caen, Le Havre, Saint-Malo, Royan — devront être reconstruites pierre par pierre. Aujourd'hui ne reste qu'un mot, avant tout. « Libération » : c'est le nom d'un journal, d'un mouvement de résistance, d'une avenue dans presque toutes les communes de France. C'est aussi un état d'esprit — celui d'un pays qui a su, malgré la défaite, malgré l'occupation, malgré la collaboration, retrouver le chemin de lui-même. Ce chemin-là ne s'oublie pas.
Avenue de la Méditerranée
patrimoineAvenue de la Sal
patrimoineAvenue de Perpignan
patrimoineAvenue des Albères
patrimoineAvenue des Couloubrettes
patrimoineAvenue des Crouettes
patrimoineAvenue du Canigou
patrimoineAvenue du Clair Soleil
patrimoineAvenue du Roussillon
patrimoineAvenue Gino Massarotto
patrimoineAvenue Henri Becquerel
patrimoineAvenue Pierre de Coubertin
patrimoineBoulevard Antoine Casenobe
patrimoineBoulevard du 8 Mai 1945
patrimoineCami de les Colobres
patrimoineChemin de Saint-Nazaire
patrimoineChemin des Écoliers
patrimoineChemin de Villeneuve-de-la-Raho
patrimoineChemin du Mas Alart
patrimoineChemin du Mas Couret
patrimoineChemin du Mas de la Fosseille
patrimoineChemin du Pou de las Couloubres
patrimoineChemin Rural n°6 dit de Les Planes
patrimoineImpasse Aimé Giral
patrimoineImpasse Antoine Casenobe
patrimoineImpasse Calmette
patrimoineImpasse de la Treille
patrimoineImpasse de l'Éolienne
patrimoineImpasse des Jardins
patrimoineImpasse des Primevères
patrimoineImpasse des Violettes
patrimoineImpasse du Conflent
patrimoineImpasse du Grenache
patrimoineImpasse François Arago
patrimoineImpasse Thiers
patrimoineLe Raccourci des Mobiles
patrimoineMas Alart
patrimoinePlace Archimède
patrimoinePlace de la Fontaine
patrimoinePlace de la République
patrimoinePlace de la Sardane
patrimoinePlace des Acacias
natureEn botanique, Acacia désigne un vaste genre de plus de 1 300 espèces, principalement australiennes, dont les rameaux odorants fleurissent en pompons dorés à la fin de l'hiver. Or ces arbres-là, en France, tout le monde les appelle… mimosas. Et l'arbre que nous nommons couramment « acacia » — ce grand arbre à écorce fissurée, à épines vives et à grappes blanches parfumées qui borde tant de routes de campagne — n'appartient en réalité pas au genre Acacia. C'est un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), originaire des Appalaches en Amérique du Nord. À l'origine de cette valse d'identités : un homme. Jean Robin (1550-1629), botaniste du roi Henri IV, reçut en 1601 des graines envoyées d'Amérique par son ami anglais John Tradescant. Il les planta dans son jardin parisien, place Dauphine. Le premier arbre a disparu, mais deux rejets replantés par son fils Vespasien sont encore vivants aujourd'hui : l'un au square René-Viviani face à Notre-Dame — c'est le plus vieil arbre de Paris, il a même survécu à l'incendie de 2019 —, l'autre au Jardin des Plantes. Linné, en 1753, dédia à Jean Robin le nom du genre Robinia, en gardant le souvenir de la confusion dans l'épithète pseudoacacia, littéralement « faux acacia ». Le robinier a très vite conquis les campagnes françaises. Ses grappes blanches sont très mellifères — le fameux miel d'acacia, cristal et léger, en est issu (l'appellation, bien qu'incorrecte botaniquement, est tolérée par l'usage). Ses fleurs se dégustent en beignets ou en sirop. Son bois, l'un des plus durables d'Europe, résiste à l'humidité et aux insectes, ce qui en fait un matériau de choix pour les piquets de clôture, les terrasses et les tuteurs de vigne. Attention en revanche : l'arbre est toxique dans presque toutes ses parties sauf les fleurs, et il est aujourd'hui considéré comme une espèce invasive en France, capable de coloniser les sols à une vitesse impressionnante grâce à ses racines drageonnantes. Reste que dans le langage courant, l'acacia gardera longtemps le nom du vrai — même s'il n'en est pas un. C'est peut-être ainsi que naissent, entre les langues et les livres de botanique, les plus jolies erreurs.
Place des Pyrénées
patrimoinePlace Gambetta
histoireFils d'un épicier génois installé à Cahors, Léon Gambetta (1838-1882) n'a rien d'un enfant de la bourgeoisie parisienne. Il monte à Paris étudier le droit, perd un œil dans un accident d'enfance, mais compense ce handicap par une voix de tonnerre et un art oratoire qui va sidérer son époque. Avocat, il se fait connaître en 1868 par une plaidoirie fulgurante contre le Second Empire — un réquisitoire devenu célèbre où il énumère, un à un, les crimes du régime. Le jeune homme du Sud-Ouest est désormais un nom. Le 4 septembre 1870. La France vient d'être écrasée à Sedan, l'empereur est prisonnier des Prussiens. À l'Hôtel de Ville de Paris, Gambetta — 32 ans — proclame la République depuis un balcon, devant une foule en délire. Ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de Défense nationale rapidement encerclé dans Paris assiégé, il prend une décision spectaculaire : le 7 octobre, il s'échappe en ballon au-dessus des lignes prussiennes pour rejoindre la province et y lever de nouvelles armées. L'image est restée : un ministre en montgolfière, écharpe au vent, allant sauver la patrie. Depuis Tours puis Bordeaux, il improvise en quelques semaines des armées entières, mobilise, réquisitionne, harangue. Rien n'y fait : la France est vaincue, l'Alsace-Moselle perdue. Gambetta démissionne, refusant de cautionner le traité. Ce qu'il fait ensuite est peut-être plus important encore. Dans une Assemblée majoritairement monarchiste, il consacre dix ans à convaincre, séduire, rallier — patiemment, ville après ville, discours après discours. Sa formule reste célèbre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi. » Il forge le vocabulaire, les rituels, la mystique d'une République qui doit s'ancrer dans les cœurs. Il popularise la Marseillaise, le 14 juillet, l'école laïque à venir. Sans lui, il n'est pas sûr que la République se serait installée durablement en France. Nommé enfin président du Conseil en novembre 1881, son gouvernement — le « Grand Ministère » que tout le monde attendait — tombe au bout de dix semaines. Le 27 novembre 1882, dans sa maison des Jardies à Ville-d'Avray, un coup de revolver part accidentellement, lui traversant la main. La blessure paraît bénigne mais il meurt le 31 décembre, à 44 ans, d'une appendicite mal soignée aggravée par sa convalescence. La rumeur d'un suicide, ou d'un drame passionnel avec sa compagne Léonie Léon, courra longtemps. Des funérailles nationales grandioses ont lieu le 6 janvier 1883 : un demi-million de Parisiens suivent le cortège. En 1920, pour le cinquantenaire de la République, son cœur — et son cœur seul — est transféré au Panthéon dans une urne. Le reste de son corps repose à Nice, auprès de son père. Étrange destin posthume pour celui qui, plus que tout autre, avait mis le sien au service de la République.
Place Henri Poincaré
patrimoinePlace Saint-Galdric
patrimoinePlace Torres
patrimoinePlacette Balbino Giner
patrimoinePlacette Étienne Terrus
patrimoineRond-Point de la Légion d’Honneur
patrimoineRond-Point de la Médaille Militaire
patrimoineRond-Point des Anciens Combattants
patrimoineRond-Point Michel Debré
patrimoineRoute d'Elne
patrimoineRoute de Saleilles
patrimoineRue Aimé Giral
patrimoineRue Albert Lebrun
patrimoineRue Alfred Kastler
patrimoineRue Alfred Nobel
patrimoineRue Anatole France
cultureFils de libraire parisien, Jacques Anatole François Thibault (1844-1924) commença par écrire de la poésie avant de se tourner vers la prose. Sous le pseudonyme d'Anatole France, hommage à son père, il devint bibliothécaire au Sénat en 1876 et rédigea la chronique littéraire du prestigieux journal Le Temps de 1886 à 1893, forgeant peu à peu sa réputation d'humaniste sceptique et lettré. Il obtint la notoriété en 1881 avec Le Crime de Sylvestre Bonnard, l'histoire d'un vieil érudit selon lequel « savoir n'est rien, imaginer est tout », et qui n'hésite pas à enlever une petite fille pour la protéger d'un tuteur abusif. Grand admirateur — et amant fidèle vingt-cinq années durant — de Léontine Arman de Caillavet, hôtesse d'un des salons les plus influents de Paris qui fut sa muse et sa correctrice, il donna dans les années 1890 sa fresque en quatre volumes de l'Histoire contemporaine (1897-1901), tableau ironique et féroce de la société de son temps. Politiquement, l'affaire Dreyfus le radicalisa : il fut l'un des premiers signataires du Manifeste des intellectuels en 1898, aux côtés de son ami Émile Zola, et alla jusqu'à rendre sa Légion d'honneur en signe de protestation. Sa satire féroce de la classe politique, L'Île des Pingouins (1908), acheva de le placer à gauche. Compagnon de route de Jaurès, il salua en 1919 la Révolution russe et soutint le jeune Parti communiste français. Sa gloire fut immense : couronné du prix Nobel de littérature en 1921, il reçut à sa mort en 1924 des funérailles nationales. Mais dès le lendemain, les jeunes surréalistes — Breton, Aragon, Éluard — publiaient contre lui un pamphlet vengeur intitulé « Un cadavre », marquant le début d'un long purgatoire littéraire dont il ne se relèvera jamais. Son ironie mordante reste pourtant étonnamment actuelle : « On croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels. »
Rue Aristide Briand
patrimoineRue Aristide Maillol
patrimoineRue Auguste Renoir
patrimoineRue Boileau
patrimoineRue Bossuet
patrimoineRue Buffon
patrimoineRue Calmette
patrimoineRue Claude Monet
patrimoineRue Corneille
patrimoineRue de Galilée
patrimoineRue de la Cerdagne
patrimoineRue de la Côte Radieuse
patrimoineRue de la Couloumine
patrimoineRue de la Poste
patrimoineRue de la Syrah
patrimoineRue de la Tramontane
patrimoineRue de la Vieille Église
patrimoineRue de l'Église
patrimoineRue Denis Papin
patrimoineRue des Baléares
patrimoineRue des Bougainvilliers
patrimoineRue des Capucines
patrimoineRue des Chèvrefeuilles
patrimoineRue des Églantiers
patrimoineRue des Fenouillèdes
patrimoineRue des Fleurs
patrimoineRue des Géraniums
patrimoineRue des Glycines
patrimoineRue des Gourgs
patrimoineRue des Horticulteurs
patrimoineRue des Jardins
patrimoineRue des Jonquilles
patrimoineRue des Lilas
natureTrois semaines par an, à peine, et tout un jardin bascule. Le lilas fleurit en avril-mai, projetant vers le ciel ses grappes coniques de fleurs mauves, blanches ou violettes, dont le parfum sucré et poudré remonte le long des murs, franchit les haies, entre par les fenêtres ouvertes du printemps. Puis, un matin, tout est fini : les fleurs brunissent, tombent, le silence olfactif revient jusqu'à l'an prochain. Cette brièveté fait toute la magie du lilas — arbuste modeste onze mois par an, roi absolu pendant trois semaines. Originaire des Balkans et du Proche-Orient, le lilas commun (Syringa vulgaris) arriva en Europe occidentale au XVIᵉ siècle, rapporté de Constantinople par l'ambassadeur des Habsbourg. Il conquit d'abord les jardins royaux et princiers, avant de gagner peu à peu toutes les cours de ferme et tous les enclos de curé. Son nom vient du persan lilak, qui signifie « bleuâtre ». Il en existe aujourd'hui plus de mille variétés cultivées, aux fleurs blanches, mauves, roses, pourpres ou même presque bleues. Le bois du lilas est très dur — les Anglais l'appelaient d'ailleurs pipe tree, l'arbre à pipes, parce qu'on y taillait volontiers des tuyaux de fumeur, mais aussi des flûtes et des sifflets. Son nom scientifique Syringa vient du grec syrinx (la flûte de Pan), en référence à ces mêmes usages musicaux dans l'Antiquité. La mythologie raconte que la nymphe Syringa, poursuivie par le dieu Pan, fut métamorphosée en roseau — puis, selon les versions, en lilas — pour lui échapper. Depuis, la flûte du dieu joue à jamais son chagrin. Dans le langage des fleurs, le lilas mauve dit les premiers émois du cœur, le lilas blanc l'innocence retrouvée. En Russie, on offre traditionnellement une branche de lilas à un jeune couple pour porter bonheur. Et en France, un vieux dicton populaire prévient : « Quand le lilas fleurit, l'hiver est fini pour de bon » — un signal aussi fiable, dit-on, que le retour des hirondelles. Un mois plus tard, tout est retombé. Mais un jardin qui a connu le lilas garde en mémoire, quelque part, cette semaine de mai où l'air lui-même semblait sucré.
Rue des Mimosas
patrimoineRue des Muscats
patrimoineRue des Pampres
patrimoineRue des Pétunias
patrimoineRue des Romarins
patrimoineRue des Rosiers
patrimoineRue des Vignes
natureRue du Capcir
patrimoineRue du Carignan
patrimoineRue du Château d'Eau
patrimoineRue du Docteur Zamenhof
patrimoineRue du Fer à Cheval
patrimoineRue du Grenache
patrimoineRue du Gué
patrimoineRue du Llambi
patrimoineRue du Macabeu
patrimoineRue du Maroc
patrimoineRue du Mas Saint-Pierre
patrimoineRue du Moulin
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue du Pont
patrimoineRue du Réart
patrimoineRue du Vallespir
patrimoineRue Edmond Michelet
patrimoineRue Édouard Herriot
patrimoineRue Émile Loubet
patrimoineRue Ferdinand de Lesseps
patrimoineRue François Arago
patrimoineRue Frédérick Bousquet
patrimoineRue Gabriel Jonas Lippmann
patrimoineRue Galy Galdric
patrimoineRue Gay-Lussac
patrimoineRue Georges Clemenceau
patrimoineRue Goya
patrimoineRue Guérin
patrimoineRue Gustave Eiffel
patrimoineRue Henri Poincaré
patrimoineRue Jacint Verdaguer
patrimoineRue Jean Bouin
patrimoineRue Jean Casanovas
patrimoineRue Jean-François Champollion
patrimoineRue Jean-François Imbernon
patrimoineRue Jean Moulin
histoireIssu d'une famille républicaine et laïque (son père, professeur, était un fervent dreyfusard), Jean Moulin (1899-1943) grandit dans le culte de la République et le goût du dessin, qu'il pratiquera toute sa vie sous le pseudonyme de Romanin. Caricaturiste talentueux, il expose, publie dans des journaux satiriques, fréquente les artistes de Montparnasse. Rien ne semblait le destiner à devenir une icône. Haut fonctionnaire brillant, il gravit les échelons à vitesse fulgurante et devient, à 38 ans, préfet d'Eure-et-Loir, devenant ainsi le plus jeune préfet de France. En 1939. Il n'imagine pas encore que sa fonction va faire de lui, en quelques mois, un héros. Chartres, juin 1940. Alors que la Wehrmacht déferle, les Allemands veulent lui faire signer un document accusant des tirailleurs sénégalais de crimes qu'ils n'ont pas commis. Il refuse. On le frappe, on l'enferme dans une pièce avec le cadavre d'une femme, on le menace. La nuit venue, seul, il tente de se trancher la gorge avec un tesson de verre pour ne pas céder sous la torture. Il survit — mais portera désormais une cicatrice qu'il cachera sous une écharpe. Cette écharpe deviendra, avec le feutre et le regard sombre, son image éternelle. Révoqué par le régime de Vichy en novembre 1940, il gagne Londres via l'Espagne et le Portugal. Le général De Gaulle lui confie une mission d'une audace folle : unifier les mouvements de résistance intérieure, jusqu'alors dispersés, rivaux, cloisonnés. Parachuté en Provence dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, sous le nom de « Rex », il sillonne la France clandestinement, convainc, arbitre, fédère. Le 27 mai 1943, à Paris, rue du Four, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance — moment fondateur où communistes, socialistes, syndicalistes, chrétiens et gaullistes se retrouvent enfin sous une même bannière. Trois semaines après cette réunion historique, le 21 juin 1943, il tombe dans un guet-apens à Caluire-et-Cuire, près de Lyon. Arrêté par "le boucher de Lyon" Klaus Barbie, il est torturé pendant des jours dans les locaux de la Gestapo, avenue Berthelot. Il ne parlera pas. Un mot, un seul, aurait suffi à décapiter la Résistance : il l'emporte avec lui. Il meurt dans le train qui l'emmène vers l'Allemagne, quelque part près de Metz, le 8 juillet 1943. Il avait 44 ans. Le 19 décembre 1964, ses cendres sont transférées au Panthéon. Sous la pluie battante, André Malraux prononce l'un des plus beaux discours de la langue française : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » La voix se brise. Toute une génération pleure. Un visage — écharpe, feutre, regard — devient à jamais celui de la France qui a dit non.
Rue Joan Maragall
patrimoineRue Joan Timoneda
patrimoineRue Jules Ferry
patrimoineRue Jules Guesde
patrimoineRue Louison Bobet
patrimoineRue Marcel Cerdan
patrimoineRue Marcelin Berthelot
patrimoineRue Marco Polo
patrimoineRue Maréchal Joffre
patrimoineRue Martin Luther King
patrimoineRue Maryse Bastié
patrimoineRue Matisse
culture« Un fauteuil pour l'esprit fatigué »Rien ne destinait Henri Matisse (1869-1954), fils d'un marchand de grains du Nord, à devenir l'un des plus grands peintres du XXᵉ siècle. Étudiant en droit à Paris, employé chez un avoué à Saint-Quentin, Henri Matisse menait une vie modeste et sans éclat quand, à vingt ans, une crise d'appendicite le cloua au lit pour de longues semaines. Sa mère lui offrit une boîte de peinture pour l'occuper. Ce fut une révélation. « Le moment où j'ai eu cette boîte de couleurs dans les mains, j'ai senti que là était ma vie. » Il abandonna le droit, monta à Paris étudier la peinture, et n'arrêta plus jamais.Ses débuts furent obscurs et pauvres. Il copiait des maîtres au Louvre pour survivre, épousa Amélie Parayre en 1898, eut trois enfants, exposa dans l'indifférence. Puis vint le scandale fondateur : au Salon d'automne de 1905, il présente avec Derain, Vlaminck et quelques autres des toiles aux couleurs pures, violentes, non naturalistes. Un critique, effaré, les traite de « fauves ». Le nom est resté : le fauvisme venait de naître, premier mouvement d'avant-garde du siècle. En quelques années, Matisse devient le rival déclaré de Picasso à Paris — les deux hommes se surveillent, s'admirent, se moquent, s'influencent secrètement. « Nous devons parler l'un à l'autre autant que nous le pouvons », disait Picasso. « Quand l'un de nous mourra, il y a des choses que l'autre ne pourra plus dire à personne. »À partir des années 1910, Matisse voyage — Maroc, Russie, Tahiti — et cherche partout la même chose : la couleur pure, la ligne dansante, la joie. En 1908, il avait formulé son idéal dans une phrase célèbre : « Ce que je rêve, c'est un art d'équilibre, de pureté, de tranquillité… un lambrissement qui repose de la fatigue, un fauteuil pour l'esprit fatigué. » Cette exigence de sérénité, à contre-courant des angoisses du siècle, lui vaudra parfois d'être jugé décoratif — reproche qu'il portera comme une décoration.Installé à Nice à partir de 1917, il peint ses grandes odalisques baignées de lumière méditerranéenne, puis se réinvente à chaque décennie : lithographies, sculptures, illustrations pour Mallarmé et Joyce. En 1941, un cancer du duodénum le laisse alité pour la vie — mais loin d'abandonner, il invente une nouvelle technique : les gouaches découpées. Depuis son lit, ciseaux à la main, il « dessine dans la couleur » de vastes compositions collées, éclatantes, joyeuses. La Tristesse du roi, La Piscine, Nu bleu — les chefs-d'œuvre de sa dernière période sont ceux d'un homme couché qui, à quatre-vingts ans, réinvente son art.Sa dernière grande œuvre est la chapelle du Rosaire de Vence (1948-1951), qu'il conçoit intégralement — vitraux, fresques, mobilier, chasubles — comme un cadeau à la religieuse dominicaine qui l'avait soigné pendant sa maladie. Il mourut à Nice en 1954, à quatre-vingt-quatre ans. Picasso, apprenant la nouvelle, se serait tu longuement, puis aurait murmuré : « Il n'y a plus que moi maintenant. »
Rue Merlot
patrimoineRue Molière
patrimoineRue Montaigne
patrimoineRue Nelson Mandela
patrimoineRue Nouvelle
patrimoineRue Olympe de Gouges
patrimoineRue Parral
patrimoineRue Pasteur
sciencesLouis Pasteur (1822-1895) révèla dès l'enfance un vrai talent pour le dessin - son mentor au collège d'Arbois le surnomme « mon petit Michel-Ange » et il réalisera une quarantaine de portraits au pastel avant de se tourner vers la science. En 1863, il sera d'ailleurs nommé à la chaire de géologie, physique et chimie appliquées aux beaux-arts de l'École des Beaux-Arts de Paris. En 1865, Napoléon III lui demande de combattre les maladies qui ruinent les exportations de vin (acétification, pousse, graisse, amer). Pasteur met au point un chauffage à 60 °C pendant 20 à 30 minutes : la pasteurisation est née, faisant de Pasteur le sauveur du vin français. Le procédé sera ensuite appliqué à la bière, puis au lait. Marqué par la défaite de 1870 face aux Allemands, alors maîtres incontestés de la bière, il s'attelle à créer une bière française meilleure que la leur — un travail qui aboutira à la pasteurisation des bouteilles à 65 °C. Pourtant la célébrité de Pasteur vient du 6 juillet 1885, lorsqu'il inocula au jeune Joseph Meister, mordu 14 fois par un chien enragé, le premier vaccin antirabique de l'histoire ! L'enfant survécut et put vivre jusqu'à l'âge de 64 ans. Pasteur s'inspirait des travaux d'Edward Jenner sur la variole : il est donc le père du vaccin, mais non de la vaccination. Il fondit l'Institut Pasteur en 1888 et décéda à Marne-la-Coquette en 1895 et recevoir des funérailles nationales à Notre-Dame de Paris.
Rue Pau Casals
patrimoineRue Paul Cézanne
patrimoineRue Pierre et Marie Curie
sciencesMaria Skłodowska (1867-1934) est originaire de Varsovie, dans une Pologne alors sous domination russe. Elle grandit dans une famille d'enseignants patriotes, cultivés et pauvres. Interdite d'université parce que femme et polonaise, elle suit les cours clandestins de « l'Université volante » avant de travailler comme gouvernante pour payer les études de sa sœur à Paris. Puis, à 24 ans, ce sera son tour : train pour Paris, chambre glaciale au Quartier latin, études à la Sorbonne dans une langue qu'elle apprend en marchant. Elle sort major de sa promotion en physique. En 1894, elle rencontre Pierre Curie, physicien discret et brillant. Ils se marient l'année suivante — voyage de noces à vélo à travers la France — et forment l'un des couples scientifiques les plus célèbres de l'histoire. Dans un hangar délabré de la rue Lhomond, sans chauffage, sans hotte, ils traitent à la main des tonnes de pechblende venue de Bohême pour en extraire, à la petite cuillère, quelques décigrammes d'un élément nouveau. Ils le nomment polonium en hommage à la patrie de Marie. Puis, quelques mois plus tard, en 1898, ils isolent le radium. Le monde entre dans l'ère de la radioactivité — un mot qu'elle a inventé. En 1903, le prix Nobel de physique récompense les Curie et Henri Becquerel. Le comité voulait n'honorer que les hommes ; Pierre exige que Marie soit associée. Elle devient la première femme lauréate d'un prix Nobel. La gloire, mais aussi la fatigue, la santé qui s'altère — leurs mains sont couvertes de brûlures qu'ils ne comprennent pas encore. Le 19 avril 1906, Pierre traverse la rue Dauphine sous la pluie, glisse, tombe sous les roues d'un camion à cheval. Il meurt sur le coup. Marie a 38 ans, deux petites filles, et un chagrin qui ne la quittera plus. Elle reprend pourtant la chaire de son mari à la Sorbonne — première femme professeur de l'histoire de l'université — et poursuit seule les recherches. En 1911, elle reçoit un second Nobel, de chimie cette fois, pour l'isolement du radium métallique. Elle est à ce jour la seule personne à avoir obtenu deux Nobel dans deux disciplines scientifiques distinctes. La même année, elle est écartée de l'Académie des sciences française : trop femme, trop étrangère, trop indépendante. Elle n'y entrera jamais. Pendant la Grande Guerre, elle équipe à ses frais une vingtaine de voitures radiologiques mobiles pour le front — les fameuses « petites Curie ». Elle apprend à conduire, forme des manipulatrices, se rend elle-même sous les obus. Un million de blessés seront radiographiés grâce à ces véhicules. Elle refuse toute médaille. Elle meurt le 4 juillet 1934, dans un sanatorium des Alpes, d'une anémie aplasique provoquée par des décennies d'exposition aux rayonnements. Ses carnets de laboratoire sont encore aujourd'hui si radioactifs qu'ils sont conservés dans des coffres plombés, à consulter en combinaison. En 1995, elle entre au Panthéon aux côtés de Pierre — première femme à y être admise pour ses propres mérites. Sa fille Irène recevra à son tour, avec son mari Frédéric Joliot-Curie, le Nobel de chimie en 1935. La science, chez les Curie, était affaire de famille — et de siècle.
Rue Pierre Gilles de Gennes
patrimoineRue Pierre Jonquères d'Oriola
patrimoineRue Pierre Joseph Proudhon
patrimoineRue Puig-Aubert
patrimoineRue Rabelais
patrimoineRue Racine
patrimoineRue Ramon Bérenguer
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patrimoineRue Raoul Follereau
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histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1885) naquit à Besançon le 7 ventôse de l'an X — soit le 26 février 1802 dans le calendrier révolutionnaire encore en usage. Poète, romancier, dramaturge, mais aussi (moins connu) dessinateur de génie — il laissa près de quatre mille dessins d'une audace visionnaire admirée par Delacroix —, il fut le père incontesté du romantisme français depuis la fameuse bataille d'Hernani (25 février 1830), soirée fondatrice où jeunes romantiques et académiques en vinrent presque aux mains au Théâtre-Français. Son œuvre est monumentale : Notre-Dame de Paris (1831), Ruy Blas, Les Misérables (1862, son sommet mondial), L'Homme qui rit, Quatre-vingt-treize, sans oublier les sublimes poèmes des Contemplations et des Châtiments, et l'immense fresque de La Légende des siècles. Sa carrière politique ne fut pas moindre. Nommé pair de France en 1845, il fut élu député de Paris en 1848, prit position contre la peine de mort — le combat de toute sa vie — et défendit ardemment la République. Le coup d'État du 2 décembre 1851 fomenté par Louis-Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon III) le contraignit à un exil de dix-neuf ans, d'abord en Belgique, puis dans les îles anglo-normandes de Jersey puis Guernesey, où il écrivit ses plus grandes œuvres. Quand Napoléon III lui offrit l'amnistie en 1859, il refusa avec ces mots devenus proverbes : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai. » Il tint parole et ne rentra que le 5 septembre 1870, deux jours après la chute de l'Empire, acclamé à la gare du Nord par une foule immense. Sa vie fut aussi celle des grands deuils : la mort noyée de sa fille Léopoldine en 1843, à dix-neuf ans, dans la Seine à Villequier — deuil fondateur qui inspirera le déchirant « Demain, dès l'aube… » — et la double vie sentimentale entre son épouse Adèle Foucher et sa muse Juliette Drouet, avec qui il vécut une passion secrète de cinquante ans. Il mourut d'une pneumonie à Paris le 22 mai 1885, à quatre-vingt-trois ans. Deux millions de personnes défilèrent devant sa dépouille sur les Champs-Élysées avant qu'il ne soit conduit au Panthéon, dans un simple corbillard de pauvre qu'il avait demandé par testament. Le Panthéon avait été rendu au culte laïque exprès pour l'accueillir. Il fut ainsi non seulement l'homme d'un siècle, mais le siècle en un homme.
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