Rues de Sainte-Luce
365 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
2e Rang Est
patrimoine2e Rang Ouest
patrimoine3e Rang Est
patrimoine3e Rang Ouest
patrimoine4e Rang Ouest
patrimoineAllée des Acacias
natureEn botanique, Acacia désigne un vaste genre de plus de 1 300 espèces, principalement australiennes, dont les rameaux odorants fleurissent en pompons dorés à la fin de l'hiver. Or ces arbres-là, en France, tout le monde les appelle… mimosas. Et l'arbre que nous nommons couramment « acacia » — ce grand arbre à écorce fissurée, à épines vives et à grappes blanches parfumées qui borde tant de routes de campagne — n'appartient en réalité pas au genre Acacia. C'est un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), originaire des Appalaches en Amérique du Nord. À l'origine de cette valse d'identités : un homme. Jean Robin (1550-1629), botaniste du roi Henri IV, reçut en 1601 des graines envoyées d'Amérique par son ami anglais John Tradescant. Il les planta dans son jardin parisien, place Dauphine. Le premier arbre a disparu, mais deux rejets replantés par son fils Vespasien sont encore vivants aujourd'hui : l'un au square René-Viviani face à Notre-Dame — c'est le plus vieil arbre de Paris, il a même survécu à l'incendie de 2019 —, l'autre au Jardin des Plantes. Linné, en 1753, dédia à Jean Robin le nom du genre Robinia, en gardant le souvenir de la confusion dans l'épithète pseudoacacia, littéralement « faux acacia ». Le robinier a très vite conquis les campagnes françaises. Ses grappes blanches sont très mellifères — le fameux miel d'acacia, cristal et léger, en est issu (l'appellation, bien qu'incorrecte botaniquement, est tolérée par l'usage). Ses fleurs se dégustent en beignets ou en sirop. Son bois, l'un des plus durables d'Europe, résiste à l'humidité et aux insectes, ce qui en fait un matériau de choix pour les piquets de clôture, les terrasses et les tuteurs de vigne. Attention en revanche : l'arbre est toxique dans presque toutes ses parties sauf les fleurs, et il est aujourd'hui considéré comme une espèce invasive en France, capable de coloniser les sols à une vitesse impressionnante grâce à ses racines drageonnantes. Reste que dans le langage courant, l'acacia gardera longtemps le nom du vrai — même s'il n'en est pas un. C'est peut-être ainsi que naissent, entre les langues et les livres de botanique, les plus jolies erreurs.
Allée des Bougainvilliers
patrimoineAllée des Campêches
patrimoineAllée des Cassias Alatas
patrimoineAllée des Commerces
patrimoineAllée des Crotons
patrimoineAllée des Groseilles
patrimoineAllée des Guzmanias
patrimoineAllée des Hortensias
patrimoineAllée des Jasmins
patrimoineAllée des Plumbagos
patrimoineAllée du Fromager
patrimoineAllée du Précipice
patrimoineAllée du Waliwa
patrimoineAllée Lanmaz
patrimoineAllée les Flamboyants
patrimoineAllée Mango
patrimoineAllée Pavillon
patrimoineAllée Ti Courbaril
patrimoineAllée Ti Mare
patrimoineAutoroute Jean-Lesage
patrimoineAvenue des Alamandas
patrimoineAvenue des Amandiers
patrimoineAvenue des Hibiscus
patrimoineAvenue des Sucriers
patrimoineAvenue du Sanatorium
patrimoineBoulevard Kennedy
patrimoineChemin Beaulieu
patrimoineChemin Blanchard Bastopol
patrimoineChemin Bois d’Inde
patrimoineChemin Bois Grillé
patrimoineChemin Caraïbes
patrimoineChemin Chapo Dlo
patrimoineChemin de la Canne
patrimoineChemin de la Distillerie
patrimoineChemin de la Mer
patrimoineChemin de la Paillotte
patrimoineChemin de la ZAC
patrimoineChemin de l'Usine
patrimoineChemin des Amarreuses
patrimoineChemin des Caramboles
patrimoineChemin des Eaux Découpées
patrimoineChemin des Mandariniers
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patrimoineChemin de Vétivers
patrimoineChemin Dlo Klè
patrimoineChemin Donis
patrimoineChemin du Château d’Eau
patrimoineChemin Griyav
patrimoineChemin Gwosiro
patrimoineChemin Kosol
patrimoineChemin Ladour
patrimoineChemin Lavison
patrimoineChemin Louis Sydney
patrimoineChemin Mabouya
patrimoineChemin Mariwont
patrimoineChemin Médar Aribo
patrimoineChemin Moringa
patrimoineChemin Paulina
patrimoineChemin Perreault
patrimoineChemin Tcholo
patrimoineChemin Terre Patrice
patrimoineChemin Ti Baume
patrimoineChemin Watalibi
patrimoineChemin Zagaya
patrimoineChemin Zamouret
patrimoineContrôle Routier Québec - Aire d'inspection de Pointe-au-Père
patrimoineCôte de l'Anse
patrimoineImpasse Acajou
patrimoineImpasse Agathine
patrimoineImpasse Alcibiade
patrimoineImpasse Alexandre Bingue
patrimoineImpasse Alexina Amox
patrimoineImpasse An Jak
patrimoineImpasse Arawak
patrimoineImpasse Assouvie
patrimoineImpasse Azile
patrimoineImpasse Bélus Poulin
patrimoineImpasse Bernadine
patrimoineImpasse Bois d'Ébène
patrimoineImpasse Bokodji
patrimoineImpasse Brisée
patrimoineImpasse Bwa Kanon
patrimoineImpasse Cacao
patrimoineImpasse Cachiman
patrimoineImpasse Cactus
patrimoineImpasse Caïmite
patrimoineImpasse Cannelle
patrimoineImpasse Carouge
patrimoineImpasse Chadek
patrimoineImpasse Chadronbéni
patrimoineImpasse Charlemagne
patrimoineImpasse Cité Bon Air
patrimoineImpasse Citronnelle
patrimoineImpasse Colbè
patrimoineImpasse Colibri
patrimoineImpasse de la Cabosse
patrimoineImpasse de la Canneraie
patrimoineImpasse de la Chapelle
patrimoineImpasse de la Christalline
patrimoineImpasse de la Corniche
patrimoineImpasse de la Fabrique
patrimoineImpasse de la Frontière
patrimoineImpasse de la Petite Cabane
patrimoineImpasse de la Récolte
patrimoineImpasse de la Rivière
natureImpasse de la Roche Gravée
patrimoineImpasse de la Sagesse
patrimoineImpasse de la Savane
patrimoineImpasse de la Trace
patrimoineImpasse de l'Avenir
patrimoineImpasse de l'Avocatier
patrimoineImpasse Des Amérindiens
patrimoineImpasse des Bégonias
patrimoineImpasse des Champs
patrimoineImpasse des Châtaignes
patrimoineImpasse des Grives
patrimoineImpasse des Kawanas
patrimoineImpasse des Lavandières
patrimoineImpasse des Muscadiers
patrimoineImpasse des Pruniers
patrimoineImpasse des Tamariniers
patrimoineImpasse Détoupiton
patrimoineImpasse Djéri Tout
patrimoineImpasse Doré
patrimoineImpasse du Belvédère
patrimoineImpasse du Bon Coin
patrimoineImpasse du Conteur
patrimoineImpasse du Manguier
patrimoineImpasse du Moulin
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Impasse du Point de Vue
patrimoineImpasse du Relais
patrimoineImpasse du Réservoir
patrimoineImpasse du Rocher
patrimoineImpasse du Tabac
patrimoineImpasse Édouard
patrimoineImpasse En Bernard
patrimoineImpasse Epinette
patrimoineImpasse Eucalyptus
patrimoineImpasse Fléri Nwel
patrimoineImpasse Flè Sonet
patrimoineImpasse Frécinette
patrimoineImpasse Fruit à Pain
patrimoineImpasse Galba
patrimoineImpasse Géranium
patrimoineImpasse Gombo
patrimoineImpasse Gren an Ba Fey
patrimoineImpasse Grenn Job
patrimoineImpasse Grenn Légliz
patrimoineImpasse Grenn Magòt
patrimoineImpasse Gwobek
patrimoineImpasse Hauster
patrimoineImpasse Héjoaka
patrimoineImpasse Ivanès
patrimoineImpasse Joseph-Reinette
patrimoineImpasse Kasav
patrimoineImpasse Kaskou
patrimoineImpasse Kayali
patrimoineImpasse L'Aloès
natureÉtrange plante que l'aloès. Aucun tronc, aucune branche — juste une rosette charnue de feuilles épaisses, dressées vers le ciel, gorgées d'un gel translucide qui a fait sa gloire à travers les siècles. Cassez une feuille : il en coule une sève fraîche et gluante dont l'humanité s'est servie depuis l'Antiquité pour soigner ses brûlures, ses coupures et ses plaies. Le genre Aloe compte près de 500 espèces, apparues il y a 19 millions d'années en Afrique australe. Contrairement à ce qu'on croit souvent, ce n'est pas un cactus mais une plante succulente de la famille des Asphodélacées. Son usage médicinal est millénaire : on en trouve trace sur des tablettes sumériennes de 2100 avant notre ère, puis dans le célèbre papyrus Ebers d'Égypte (1550 avant J.-C.). La légende veut même qu'Aristote ait persuadé Alexandre le Grand de s'emparer de l'île de Socotra pour approvisionner ses armées. Sa feuille cache deux substances distinctes : le gel intérieur, cicatrisant et hydratant, utilisé dans mille crèmes et boissons ; et le latex jaune juste sous l'écorce, riche en aloïne — puissant laxatif que l'ANSES a classé depuis 2018 parmi les cancérogènes possibles. Le remède et son excès, dans la même feuille. Un pot d'aloès sur un rebord de fenêtre, c'est peut-être le seul objet dans une cuisine à réunir sur lui-même quatre mille ans de médecine, une part d'Égypte antique, et une petite pharmacie familiale — le tout sans jamais parler.
Impasse La Pensée
patrimoineImpasse Lapoul
patrimoineImpasse Lariviè Oman
patrimoineImpasse Latokné
patrimoineImpasse les Cocotiers
patrimoineImpasse Ma Blan
patrimoineImpasse Madou
patrimoineImpasse Mahogany
patrimoineImpasse Makandja
patrimoineImpasse Mango Laroz
patrimoineImpasse Mango Tin
patrimoineImpasse Manioc
patrimoineImpasse Mantou
patrimoineImpasse Maracudja
patrimoineImpasse Maurice
patrimoineImpasse Merise
patrimoineImpasse Metsiyen
patrimoineImpasse Morne Bigot
patrimoineImpasse Morne Savon
patrimoineImpasse Moulin à Vents
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Impasse Paulemise
patrimoineImpasse Pawoka
patrimoineImpasse Petit Son
patrimoineImpasse Pipiri
patrimoineImpasse Plantin
patrimoineImpasse Pois Doux
patrimoineImpasse Pom Dlo
patrimoineImpasse Pom Kajou
patrimoineImpasse Pomme Cannelle
patrimoineImpasse Pomme Liane
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patrimoineImpasse Pompon Soldat
patrimoineImpasse Pont Dumozé
patrimoineImpasse Popo
patrimoineImpasse Prin Chini
patrimoineImpasse Quenette
patrimoineImpasse René
patrimoineImpasse Rodney
patrimoineImpasse Roseau
patrimoineImpasse Saint Louis
patrimoineImpasse Salomon
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patrimoineImpasse Siwo Batri
patrimoineImpasse Ti Chimin
patrimoineImpasse Titi
patrimoineImpasse Toloman
patrimoineImpasse Topinambour
patrimoineImpasse Vilosa
patrimoineImpasse Violette
patrimoineImpasse Wawa
patrimoineImpasse Yanm Sassa
patrimoineImpasse Zabriko
patrimoineImpasse Zeb a Pik
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patrimoineImpasse Zikak
patrimoineLe Clos de Bellevue
patrimoineLe Clos de Volcart
patrimoineLes Hameaux de Deville
patrimoineLotissement Anse Mabouyas
patrimoineLotissement Atoumo
patrimoineLotissement Basilic
patrimoineLotissement Bellevue Ladour
patrimoineLotissement Ixoras
patrimoineLotissement Panoramique
patrimoineLotissement Sapotille
patrimoineMontée du Chacoulis
patrimoinePassage Biron
patrimoinePassage de la Rhumerie
patrimoinePassage Desportes
patrimoinePassage Kokliko
patrimoineRang des Bouleaux
patrimoineRésidence Canne à Sucre
patrimoineRésidence Diamant Bleu
patrimoineResidence Ladour
patrimoineRésidence Lavison
patrimoineRésidence Les Cottages
patrimoineRésidence Les Olympiades
patrimoineRésidence les Pavonias
patrimoineRésidence Oiseaux des Îles
patrimoineRésidence Piès Kann
patrimoineResidence Santa Lucia
patrimoineRoute 132 Est
patrimoineRoute 132 Ouest
patrimoineRoute 298 Nord
patrimoineRoute An Kapitèn
patrimoineRoute Anwo-Mon
patrimoineRoute Bristol
patrimoineRoute Carrier
patrimoineRoute Coco
patrimoineRoute de Bellevue
patrimoineRoute de Corps de Garde
patrimoineRoute de Délivry
patrimoineRoute de Grand Figue
patrimoineRoute de Grand Fleur
patrimoineRoute de la Carrière Blanche
patrimoineRoute de la Forêt
natureRoute de la Plage
natureLongtemps, la plage ne fut pas ce lieu de plaisir que nous connaissons : on y travaillait, on y guettait les pirates, on y salait le poisson, et se baigner passait pour une folie. Il a fallu attendre la fin du XVIIIᵉ siècle et les médecins anglais, prescrivant les bienfaits des « bains de mer », pour que Deauville, Biarritz ou Trouville deviennent les rendez-vous de la bourgeoisie balnéaire. Puis les congés payés de 1936 pour que la plage devienne enfin un bien commun. Deux fois par jour, la mer la refait — efface les traces, redessine le sable, laisse des trésors sur la laisse de haute mer. On y bâtit des châteaux qui ne dureront pas jusqu'au soir, on y écrit des prénoms qu'une vague viendra effacer. Aujourd'hui, l'érosion et la montée des océans grignotent chaque année ce ruban fragile — l'un des paysages les plus mobiles de la Terre. Raison de plus, peut-être, pour y aller souvent. Il en reste toujours quelque chose : un peu de sable dans les poches, une lumière blanche gardée quelque part au fond de l'œil.
Route de L'Épinay
patrimoineRoute de l'Épinay Bas
patrimoineRoute de Médecin
patrimoineRoute de Monésie
patrimoineRoute de Montravail
patrimoineRoute de Petit Fond
patrimoineRoute des Anses
patrimoineRoute des Bambous
patrimoineRoute des Fontanious
patrimoineRoute de Trois Rivières D7
natureRoute Dionne
patrimoineRoute du Diamant
patrimoineRoute du Domaine
patrimoineRoute du Fleuve Est
patrimoineRoute du Fleuve Ouest
patrimoineRoute Laffite
patrimoineRoute les Cerisiers
patrimoineRoute les Côteaux
patrimoineRoute les Palmiers
patrimoineRoute Mapou
patrimoineRoute Mimi
patrimoineRoute Morville
patrimoineRoute Nationale 5
patrimoineRoute Nationale 85
patrimoineRoute Oblot
patrimoineRoute Trou au Diable
patrimoineRoute Zaïre
patrimoineRue Anatole France
cultureFils de libraire parisien, Jacques Anatole François Thibault (1844-1924) commença par écrire de la poésie avant de se tourner vers la prose. Sous le pseudonyme d'Anatole France, hommage à son père, il devint bibliothécaire au Sénat en 1876 et rédigea la chronique littéraire du prestigieux journal Le Temps de 1886 à 1893, forgeant peu à peu sa réputation d'humaniste sceptique et lettré. Il obtint la notoriété en 1881 avec Le Crime de Sylvestre Bonnard, l'histoire d'un vieil érudit selon lequel « savoir n'est rien, imaginer est tout », et qui n'hésite pas à enlever une petite fille pour la protéger d'un tuteur abusif. Grand admirateur — et amant fidèle vingt-cinq années durant — de Léontine Arman de Caillavet, hôtesse d'un des salons les plus influents de Paris qui fut sa muse et sa correctrice, il donna dans les années 1890 sa fresque en quatre volumes de l'Histoire contemporaine (1897-1901), tableau ironique et féroce de la société de son temps. Politiquement, l'affaire Dreyfus le radicalisa : il fut l'un des premiers signataires du Manifeste des intellectuels en 1898, aux côtés de son ami Émile Zola, et alla jusqu'à rendre sa Légion d'honneur en signe de protestation. Sa satire féroce de la classe politique, L'Île des Pingouins (1908), acheva de le placer à gauche. Compagnon de route de Jaurès, il salua en 1919 la Révolution russe et soutint le jeune Parti communiste français. Sa gloire fut immense : couronné du prix Nobel de littérature en 1921, il reçut à sa mort en 1924 des funérailles nationales. Mais dès le lendemain, les jeunes surréalistes — Breton, Aragon, Éluard — publiaient contre lui un pamphlet vengeur intitulé « Un cadavre », marquant le début d'un long purgatoire littéraire dont il ne se relèvera jamais. Son ironie mordante reste pourtant étonnamment actuelle : « On croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels. »
Rue Bellevue
patrimoineRue Bouchard
patrimoineRue Boulanger
patrimoineRue Capitaine Pierre Rose
patrimoineRue Caron
patrimoineRue Côté
patrimoineRue Dechamplain
patrimoineRue de Gros Raisin
patrimoineRue de la Carrière
patrimoineRue de la Gare
patrimoineRue de l'Alambic
patrimoineRue de l'Artisan
patrimoineRue de la Treille
patrimoineRue des Bouleaux
patrimoineRue des Cèdres
patrimoineRue des Coquillages
patrimoineRue des Douillères
patrimoineRue des Érables
patrimoineRue des Frangipaniers
patrimoineRue des Palétuviers
patrimoineRue des Pêcheurs
patrimoineRue des Quatre-Vents
patrimoineRue des Rosiers
patrimoineRue des Sapins
patrimoineRue des Villas
patrimoineRue du Boisé
patrimoineRue du Cercle
patrimoineRue du Commandant Tourtet
patrimoineRue du Couvent
patrimoineRue du Manguier
patrimoineRue du Père Novion
patrimoineRue du Presbytère
patrimoineRue du Stade
patrimoineRue Émile-Dionne
patrimoineRue Émile Zola
patrimoineÉmile Zola (1840-1902) naît à Paris un jour d'avril 1840, fils d'un ingénieur italien venu construire le canal qui alimente encore Aix-en-Provence en eau potable. Son père meurt quand Émile a sept ans, laissant la famille dans une gêne dont elle ne se relèvera jamais tout à fait. Enfance provençale à Aix, amitié fondatrice avec un camarade de classe nommé Paul Cézanne — les deux gamins passent leurs journées à courir la Sainte-Victoire, à écrire des vers et à peindre. Puis retour à Paris, où le jeune Zola échoue deux fois au baccalauréat et se retrouve, à vingt ans, à décharger des livres à la librairie Hachette pour survivre. C'est d'abord par le journalisme qu'il perce. Il écrit dans une vingtaine de titres, défend Manet et les impressionnistes quand tout Paris s'en moque, se fait connaître pour ses articles cinglants. Ses premiers romans passent inaperçus. Puis vient l'idée qui va changer sa vie et la littérature française : suivre une famille, les Rougon-Macquart, sur cinq générations, à travers vingt volumes, pour peindre « l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire ». Le projet est monstrueux. Il y consacrera vingt-trois ans de sa vie. L'Assommoir parut en 1877, Nana en 1880, Germinal en 1885 : Zola devient un phénomène. Pour la première fois dans la littérature française, on entre dans les mines, dans les blanchisseries, dans les cabarets ouvriers, dans les grands magasins naissants. Il s'y prépare comme un enquêteur : il descend au fond des puits, dort dans les corons, prend des notes sur les gestes, les odeurs, les jurons, le prix du pain. Ses détracteurs hurlent au scandale, à la vulgarité, à la pornographie. Ses lecteurs, eux, se comptent par centaines de milliers. Germinal devient, malgré lui, la bible des mineurs en grève — quand il meurt, des délégations ouvrières viendront de tout le nord de la France pour saluer son cercueil aux cris de « Germinal ! Germinal ! ». Le 13 janvier 1898, il publie "J'accuse" en une du journal L'Aurore une lettre ouverte au président de la République, pour dénoncer la condamnation du capitaine Dreyfus. Le titre, trouvé par Clemenceau, tient en deux mots qui vont traverser les siècles : J'accuse…! Zola nomme les responsables un à un, les accuse de faux, de complot, d'antisémitisme d'État. Il sait ce qu'il risque : le procès en diffamation, la ruine, l'exil. Il le fait quand même. Condamné à un an de prison, il s'enfuit en Angleterre, y vit onze mois d'un exil misérable et solitaire dans des pensions de famille. Il rentre en France en 1899. L'affaire Dreyfus finira par lui donner raison — le capitaine sera réhabilité en 1906, quatre ans après la mort de Zola. Le 29 septembre 1902, il est retrouvé mort chez lui, rue de Bruxelles à Paris, asphyxié par les émanations d'une cheminée bouchée. Sa femme, à ses côtés, survit de justesse. Accident ? Officiellement, oui. Mais dès les premières heures, la rumeur d'un assassinat court : un couvreur antidreyfusard aurait, disait-on, obstrué le conduit pendant des travaux, en pleine nuit. Trente-et-un ans plus tard, en 1953, un vieil ouvrier confessera sur son lit de mort avoir participé au crime. Vérité, affabulation ? On ne le saura jamais tout à fait. Ses obsèques rassemblent une foule immense au Panthéon — Anatole France y prononce un discours resté célèbre : « Il fut un moment de la conscience humaine. » En 1908, ses cendres sont transférées au Panthéon, sous les huées de la droite antidreyfusarde et un coup de revolver tiré sur Alfred Dreyfus en personne, présent à la cérémonie. Zola repose désormais face à Victor Hugo, celui qu'enfant il vénérait plus que tout. La boucle est bouclée — celle d'un homme qui, plus qu'aucun autre, aura mis sa plume au service de ceux qui n'en avaient pas.
Rue Eudore-Allard
patrimoineRue Gagnon
patrimoineRue Gauthier
patrimoineRue Glycéria
patrimoineRue Goulet
patrimoineRue Irenée-Thibeault
patrimoineRue Jean-Jacques Rousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Rue Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Rue Joliot Curie
patrimoineRue Joseph Lagrosillière
patrimoineRue Jules Ferry
patrimoineRue Kalinago
patrimoineRue Kreol
patrimoineRue Lamartine
histoireD'abord poète célébré — les Méditations poétiques le rendirent illustre à trente ans —, Alphonse de Lamartine (1790-1869) devint sur le tard un politicien redouté pour son éloquence. Élu député en 1833, il se fit connaître par des discours retentissants sur la question sociale : après la révolte des canuts lyonnais, il dénonça dans un discours resté célèbre « l'horrible volcan sur lequel l'industrie repose » — formule qui frappait les esprits mais agaçait une Chambre bourgeoise que ses envolées mystiques laissaient sceptique. Quand la Monarchie de Juillet s'effondre le 24 février 1848, Lamartine se retrouve, presque malgré lui, à la tête du gouvernement provisoire. Le lendemain, à l'Hôtel de Ville, une foule en armes exige que le drapeau rouge, symbole insurrectionnel, remplace le tricolore. Lamartine s'y oppose dans un discours improvisé qui reste l'un des grands moments d'éloquence du XIXᵉ siècle : « Le drapeau rouge que vous nous rapportez n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93, tandis que le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. » Chef de facto de la jeune République, il fit abolir l'esclavage dans les colonies et la peine de mort en matière politique — deux mesures dont l'écho dépasse largement son court passage au pouvoir. L'euphorie de février tourne court. La fermeture des ateliers nationaux, ces chantiers publics créés pour employer les chômeurs parisiens, déclenche en juin 1848 une insurrection ouvrière — les Journées de Juin — matée dans le sang par le général Cavaignac. Lamartine, débordé par des événements qu'il ne maîtrise plus, perd tout crédit auprès du peuple qui l'avait porté en triomphe quatre mois plus tôt. La chute est vertigineuse. À l'élection présidentielle du 10 décembre 1848, celui qui avait proclamé la République ne recueille que 17 910 voix — 0,23 % —, humilié par Louis-Napoléon Bonaparte (5,4 millions de voix, 74 %). Dans son propre département de Saône-et-Loire, il n'obtient que 1 501 voix contre 27 121 pour Bonaparte. Sa carrière politique s'achève là, aussi vite qu'elle s'était imposée. Il retourne à la littérature et finit sa vie criblé de dettes, vendant sa plume au plus offrant pour survivre — lui qui, quelques décennies plus tôt, écrivait déjà dans L'Isolement son goût pour l'arrachement et la fuite : "Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !"
Rue Langlois
patrimoineRue Lesueur
patrimoineRue Louis Blanc
patrimoineRue Louis-Ross
patrimoineRue Luce-Drapeau
patrimoineRue Monseigneur Duwez
patrimoineRue Paul Langevin
patrimoineRue Saint-Alphonse
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patrimoineRue Tibo
patrimoineRue Victor Hugo
histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1885) naquit à Besançon le 7 ventôse de l'an X — soit le 26 février 1802 dans le calendrier révolutionnaire encore en usage. Poète, romancier, dramaturge, mais aussi (moins connu) dessinateur de génie — il laissa près de quatre mille dessins d'une audace visionnaire admirée par Delacroix —, il fut le père incontesté du romantisme français depuis la fameuse bataille d'Hernani (25 février 1830), soirée fondatrice où jeunes romantiques et académiques en vinrent presque aux mains au Théâtre-Français. Son œuvre est monumentale : Notre-Dame de Paris (1831), Ruy Blas, Les Misérables (1862, son sommet mondial), L'Homme qui rit, Quatre-vingt-treize, sans oublier les sublimes poèmes des Contemplations et des Châtiments, et l'immense fresque de La Légende des siècles. Sa carrière politique ne fut pas moindre. Nommé pair de France en 1845, il fut élu député de Paris en 1848, prit position contre la peine de mort — le combat de toute sa vie — et défendit ardemment la République. Le coup d'État du 2 décembre 1851 fomenté par Louis-Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon III) le contraignit à un exil de dix-neuf ans, d'abord en Belgique, puis dans les îles anglo-normandes de Jersey puis Guernesey, où il écrivit ses plus grandes œuvres. Quand Napoléon III lui offrit l'amnistie en 1859, il refusa avec ces mots devenus proverbes : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai. » Il tint parole et ne rentra que le 5 septembre 1870, deux jours après la chute de l'Empire, acclamé à la gare du Nord par une foule immense. Sa vie fut aussi celle des grands deuils : la mort noyée de sa fille Léopoldine en 1843, à dix-neuf ans, dans la Seine à Villequier — deuil fondateur qui inspirera le déchirant « Demain, dès l'aube… » — et la double vie sentimentale entre son épouse Adèle Foucher et sa muse Juliette Drouet, avec qui il vécut une passion secrète de cinquante ans. Il mourut d'une pneumonie à Paris le 22 mai 1885, à quatre-vingt-trois ans. Deux millions de personnes défilèrent devant sa dépouille sur les Champs-Élysées avant qu'il ne soit conduit au Panthéon, dans un simple corbillard de pauvre qu'il avait demandé par testament. Le Panthéon avait été rendu au culte laïque exprès pour l'accueillir. Il fut ainsi non seulement l'homme d'un siècle, mais le siècle en un homme.
Rue Voltaire
histoireIssu de la bourgeoisie parisienne, François-Marie Arouet (1694-1778) fit de brillantes études chez les jésuites de Louis-le-Grand. Son pseudonyme Voltaire est l'anagramme d'Arovet L.J. — « Arouet le Jeune » — à une époque où u et v ne se distinguaient pas encore à l'écrit. Ses vers irrévérencieux contre le Régent lui valurent onze mois de Bastille en 1717, où il écrivit sa première tragédie et se choisit son nouveau nom. Un franc-parler récidiviste l'exila ensuite en Angleterre pendant trois ans, séjour décisif : il en revint transformé, avec une philosophie réformatrice de la justice et de la société inspirée du modèle anglais, et une défense ardente de la liberté d'expression. Rentré en France, il ne cessa dès lors de critiquer la guerre, le dogme chrétien et surtout la monarchie absolue de droit divin. Historiographe du roi en 1745, il entra à l'Académie française l'année suivante — mais ses écrits scandaleux (Zadig, 1747) le forcèrent à l'exil, d'abord chez Frédéric II à Berlin, puis en Suisse. En 1759, il s'installa à Ferney, village frontalier de la Suisse qui portera désormais son nom : il y accueillit toute l'Europe éclairée pendant vingt ans, devenant le « patriarche de Ferney », référence intellectuelle du siècle. La même année, il publia Candide, roman satirique où sa naïveté imaginaire dénonce le fanatisme, la guerre, l'esclavage et l'optimisme métaphysique de Leibniz — le fameux « Il faut cultiver notre jardin » qui clôt le livre. Avec ses pamphlets mordants, il se battit contre les injustices judiciaires : l'affaire Calas (protestant toulousain roué en 1762, réhabilité grâce à lui en 1765), l'affaire Sirven, l'exécution du jeune chevalier de La Barre. À chacun il opposa sa devise, signée à la fin de ses lettres : « Écrasons l'infâme » — l'infâme étant le fanatisme religieux. En 1778, à quatre-vingt-trois ans, il revint triomphalement à Paris après vingt-huit ans d'absence : la Comédie-Française l'acclama debout, la foule l'idolâtra. Il mourut trois mois plus tard. Refusé de sépulture chrétienne, enterré à la sauvette en Champagne, il fut transféré au Panthéon par la Révolution en 1791. Il y repose depuis, face à Rousseau — les deux frères ennemis des Lumières.
Sainte-Luce - RN85
patrimoineSentier de la Roche
patrimoineZone Artisanale Deville
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