Rues de Saint-Orens-de-Gameville
230 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée de la Clairière
patrimoineAllée de la Marqueille
patrimoineAllée des Alouettes
patrimoineAllée des Bouvreuils
patrimoineAllée des Champs Pinsons
patrimoineAllée des Mésanges
patrimoineAllée des Passerines
patrimoineAllée des Pins
patrimoineAllée des Pruneliers
patrimoineAllée des Roitelets
patrimoineAllée des Rolliers
patrimoineAllée des Rossignols
patrimoineAllée des Rouges-Gorges
natureCette petite boule de plumes brunes au poitrail orange vif qui vous observe, tête penchée, pendant que vous bêchez le potager, c'est lui : Erithacus rubecula, le rouge-gorge familier. S'il vous suit à la trace, ce n'est pas par affection mais par opportunisme — à l'origine, il escortait les sangliers qui fouissaient le sol et faisaient remonter vers et insectes. Rareté chez les oiseaux, il chante presque toute l'année, y compris en plein hiver ; sa voix flûtée et un peu triste résonne dans les matins gris de novembre alors que tous les autres se sont tus. Sous ses airs mignons, c'est une petite terreur : territorial jusqu'à l'obsession, il chasse sans pitié tout intrus, y compris ses propres congénères, et il n'est pas rare qu'un rouge-gorge meure tué par un autre rouge-gorge. Le folklore chrétien raconte qu'il aurait pris cette teinte en tentant de retirer une épine de la couronne du Christ, tachant sa poitrine à jamais. Dans le monde anglo-saxon, il est indissociable de Noël — vous le verrez sur toutes les cartes de vœux britanniques. Sa vie est brève, deux ans en moyenne. Mais pendant ces quelques saisons, il aura chanté sans relâche, tenu son bout de haie contre vents et marées. Peu d'oiseaux méritent autant qu'on leur laisse une place.
Allée de Tardieu
patrimoineAllée du Tachou
patrimoineAvenue Armand Leygue
patrimoineAvenue Augustin Labouilhe
patrimoineAvenue de Bel-Horizon
patrimoineAvenue de Carabenes
patrimoineAvenue de Gameville
patrimoineAvenue de la Clairière
patrimoineAvenue de la Marqueille
patrimoineAvenue de Revel
patrimoineAvenue des Améthystes
patrimoineAvenue des Chênes
natureOn l'identifie à ses feuilles lobées et à ses fruits appelés glands, mets de choix pour les sangliers et les écureuils. Le terme scientifique pour désigner la famille des chênes est « quercus », qui inclut plus de 600 espèces à travers le monde. L'une des plus célèbres est le chêne-liège, arbre méditerranéen exigeant en lumière, chaleur et eau, dont l'écorce à la texture élastique et poreuse fait les meilleurs bouchons et d'excellents isolants. Mais le plus beau spécimen reste sans conteste le chêne pédonculé : trapu, tronc court, houppier étalé, il pousse lentement mais peut vivre entre 500 et 2000 ans. Son bois dur et imputrescible a porté les charpentes des cathédrales — celle de Notre-Dame de Paris comptait 1300 chênes millénaires avant l'incendie — les vaisseaux de la marine royale de Colbert, et aujourd'hui encore les tonneaux qui donnent au vin son goût. Pas étonnant que les Gaulois vénéraient cet arbre comme un symbole de force, de justice et de longévité.
Avenue des Floralies
patrimoineAvenue des Îles
patrimoineAvenue des Îles Marquises
patrimoineAvenue des Pyrénées
patrimoineAvenue de Stéphanie
patrimoineAvenue de Toulouse
patrimoineAvenue d'Héliopolis
patrimoineAvenue Donadieu
patrimoineAvenue du Corail
patrimoineAvenue du Coustou
patrimoineAvenue du Lauragais
patrimoineAvenue du Lycée
patrimoineAvenue du Mail
patrimoineAvenue Jean Bellieres
patrimoineAvenue Louis Couder
patrimoineBoulevard de Catala
patrimoineBoulevard du Libre Echange
patrimoineChemin de Bassins
patrimoineChemin de Bordeneuve
patrimoineChemin de Caoussé
patrimoineChemin de Lamartine
histoireD'abord poète célébré — les Méditations poétiques le rendirent illustre à trente ans —, Alphonse de Lamartine (1790-1869) devint sur le tard un politicien redouté pour son éloquence. Élu député en 1833, il se fit connaître par des discours retentissants sur la question sociale : après la révolte des canuts lyonnais, il dénonça dans un discours resté célèbre « l'horrible volcan sur lequel l'industrie repose » — formule qui frappait les esprits mais agaçait une Chambre bourgeoise que ses envolées mystiques laissaient sceptique. Quand la Monarchie de Juillet s'effondre le 24 février 1848, Lamartine se retrouve, presque malgré lui, à la tête du gouvernement provisoire. Le lendemain, à l'Hôtel de Ville, une foule en armes exige que le drapeau rouge, symbole insurrectionnel, remplace le tricolore. Lamartine s'y oppose dans un discours improvisé qui reste l'un des grands moments d'éloquence du XIXᵉ siècle : « Le drapeau rouge que vous nous rapportez n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93, tandis que le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. » Chef de facto de la jeune République, il fit abolir l'esclavage dans les colonies et la peine de mort en matière politique — deux mesures dont l'écho dépasse largement son court passage au pouvoir. L'euphorie de février tourne court. La fermeture des ateliers nationaux, ces chantiers publics créés pour employer les chômeurs parisiens, déclenche en juin 1848 une insurrection ouvrière — les Journées de Juin — matée dans le sang par le général Cavaignac. Lamartine, débordé par des événements qu'il ne maîtrise plus, perd tout crédit auprès du peuple qui l'avait porté en triomphe quatre mois plus tôt. La chute est vertigineuse. À l'élection présidentielle du 10 décembre 1848, celui qui avait proclamé la République ne recueille que 17 910 voix — 0,23 % —, humilié par Louis-Napoléon Bonaparte (5,4 millions de voix, 74 %). Dans son propre département de Saône-et-Loire, il n'obtient que 1 501 voix contre 27 121 pour Bonaparte. Sa carrière politique s'achève là, aussi vite qu'elle s'était imposée. Il retourne à la littérature et finit sa vie criblé de dettes, vendant sa plume au plus offrant pour survivre — lui qui, quelques décennies plus tôt, écrivait déjà dans L'Isolement son goût pour l'arrachement et la fuite : "Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !"
Chemin de Monfalcou
patrimoineChemin de Monpapou
patrimoineChemin de Nazan
patrimoineChemin de Pelluret
patrimoineChemin de Piailles
patrimoineChemin de Plastron à l'Abiges
patrimoineChemin des Carmes
patrimoineChemin des Tuileries
patrimoineChemin du Tucard
patrimoineChemin Rural de la Bourdette
patrimoineChemin Rural des Tuileries
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patrimoineImpasse de la Forge
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patrimoineImpasse des Argonautes
patrimoineImpasse des Genêts
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patrimoineImpasse des Nautiles
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patrimoineImpasse des Vignes
natureImpasse Donadieu
patrimoineImpasse Dordac
patrimoineImpasse du Coustou
patrimoineImpasse du Pousthomy
patrimoineImpasse du Verger
patrimoineImpasse Futuna
patrimoineImpasse Jacques Prévert
patrimoineImpasse Labouilhe
patrimoineImpasse Wallis
patrimoineMail de l'Église
patrimoinePasserelle des Tuileries
patrimoinePlace Augustin Labouilhe
patrimoinePlace de la fraternité
patrimoinePlace de la Poste
patrimoinePlace du Coustou
patrimoinePlace Jean Bellières
patrimoineRond-Point Augustin Labouilhe
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patrimoineRond-Point de la Jurge
patrimoineRond-Point du Cammas
patrimoineRond-Point du Commerce
patrimoineRoute de Cayras
patrimoineRoute de la Jurge
patrimoineRoute de Lauzerville
patrimoineRoute de Quint
patrimoineRoute de Revel
patrimoineRue André Grezes
patrimoineRue Béatrice
patrimoineRue Caroline Aigle
patrimoineRue de Beauséjour
patrimoineRue de Cammas
patrimoineRue de Firmis
patrimoineRue de Fondargent
patrimoineRue de la Chênaie
patrimoineRue de la Désirade
patrimoineRue de la Ferme
patrimoineRue de la Forge
patrimoineRue de la Frênaie
patrimoineRue de la Grisolle
patrimoineRue de Lalande
natureRue de la Maymie
patrimoineRue de l'Ambre
patrimoineRue de Lanoul
patrimoineRue de la Plaine
patrimoineRue de la Polynésie
patrimoineRue de la Pradelle
patrimoineRue de la Querqueille
patrimoineRue de la Réunion
patrimoineRue de l'Argentière
patrimoineRue de la Rivière
natureRue de la Saboterie
patrimoineRue de la Sarriette
patrimoineRue de la Saune
patrimoineRue de la Tour
patrimoineRue de la Viguerie
patrimoineRue de Lentourville
patrimoineRue de l'Hers
patrimoineRue de l'Obier
patrimoineRue de l'Opale
patrimoineRue de l'Ormeau
patrimoineRue de Mirande
patrimoineRue de Nazan
patrimoineRue de Ninaret
patrimoineRue de Partanaïs
patrimoineRue de Prunet
patrimoineRue de Ribaudin
patrimoineRue de Ribaute
patrimoineRue des Acacias
natureEn botanique, Acacia désigne un vaste genre de plus de 1 300 espèces, principalement australiennes, dont les rameaux odorants fleurissent en pompons dorés à la fin de l'hiver. Or ces arbres-là, en France, tout le monde les appelle… mimosas. Et l'arbre que nous nommons couramment « acacia » — ce grand arbre à écorce fissurée, à épines vives et à grappes blanches parfumées qui borde tant de routes de campagne — n'appartient en réalité pas au genre Acacia. C'est un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), originaire des Appalaches en Amérique du Nord. À l'origine de cette valse d'identités : un homme. Jean Robin (1550-1629), botaniste du roi Henri IV, reçut en 1601 des graines envoyées d'Amérique par son ami anglais John Tradescant. Il les planta dans son jardin parisien, place Dauphine. Le premier arbre a disparu, mais deux rejets replantés par son fils Vespasien sont encore vivants aujourd'hui : l'un au square René-Viviani face à Notre-Dame — c'est le plus vieil arbre de Paris, il a même survécu à l'incendie de 2019 —, l'autre au Jardin des Plantes. Linné, en 1753, dédia à Jean Robin le nom du genre Robinia, en gardant le souvenir de la confusion dans l'épithète pseudoacacia, littéralement « faux acacia ». Le robinier a très vite conquis les campagnes françaises. Ses grappes blanches sont très mellifères — le fameux miel d'acacia, cristal et léger, en est issu (l'appellation, bien qu'incorrecte botaniquement, est tolérée par l'usage). Ses fleurs se dégustent en beignets ou en sirop. Son bois, l'un des plus durables d'Europe, résiste à l'humidité et aux insectes, ce qui en fait un matériau de choix pour les piquets de clôture, les terrasses et les tuteurs de vigne. Attention en revanche : l'arbre est toxique dans presque toutes ses parties sauf les fleurs, et il est aujourd'hui considéré comme une espèce invasive en France, capable de coloniser les sols à une vitesse impressionnante grâce à ses racines drageonnantes. Reste que dans le langage courant, l'acacia gardera longtemps le nom du vrai — même s'il n'en est pas un. C'est peut-être ainsi que naissent, entre les langues et les livres de botanique, les plus jolies erreurs.
Rue des Aigues Marines
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patrimoineRue des Alisiers
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patrimoineRue des Arbousiers
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patrimoineRue des Bolets
patrimoineRue des Bruyères
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patrimoineRue des Sorbiers
patrimoineRue des Sports
patrimoineRue des Tilleuls
natureOn le reconnaît à ses larges feuilles en forme de cœur et à sa fleur jaune pâle qui embaume les soirs de juin d'un parfum sucré, entêtant — ce parfum qui fait partie du grand album olfactif de l'enfance française. Depuis le Moyen Âge, on plante un tilleul au centre des villages : sous ses branches, on tient conseil, on rend la justice, on marie les fiancés, on danse aux fêtes patronales. En 1792, la jeune République en fit son « arbre de la Liberté » et lança une plantation nationale — beaucoup des vieux tilleuls de nos places datent d'ailleurs de cette époque. Rien ne se perd dans un tilleul : ses fleurs séchées font la fameuse tisane qui apaise le sommeil, son miel blond et parfumé est l'un des plus recherchés d'Europe, et son bois tendre a servi aux plus grands sculpteurs allemands du XVᵉ siècle. Il pousse lentement mais peut vivre cinq siècles, atteindre trente mètres, résister à la pollution comme aux tailles sévères. Il aura vu passer les diligences, les premières automobiles, les trottinettes électriques, sans jamais changer de place — patient géant qui veille sur les places de France.
Rue des Topazes
patrimoineRue des Tournesols
patrimoineRue des Tourterelles
patrimoineRue des Vestales
patrimoineRue des Vignes
natureRue du Bousquet
patrimoineRue du Canigou
patrimoineRue du Carlitte
patrimoineRue du Centre
patrimoineRue du Collège
patrimoineRue du Commerce
patrimoineRue du Couli
patrimoineRue du Docteur Arrazat
patrimoineRue du Hameau
patrimoineRue du Jade
patrimoineRue du Mas
patrimoineRue du Merlot
patrimoineRue du Montcalm
patrimoineRue du Mont Vallier
patrimoineRue du Moulin
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue du Négoce
patrimoineRue du Palaïs
patrimoineRue du Panoramique
patrimoineRue du Parc
patrimoineRue du Pastel
patrimoineRue du Romarin
patrimoineRue du Stade
patrimoineRue du Thym
patrimoineRue du Tucard
patrimoineRue du Vallon
patrimoineRue du Vignemale
natureRue du Vivier
patrimoineRue François Montrégeau
patrimoineRue Jacqueline Auriol
patrimoineRue Joseph Peyrusse
patrimoineRue Lou Pais
patrimoineRue Marcaissonne
patrimoineRue Marie Curie
sciencesMaria Skłodowska (1867-1934) est originaire de Varsovie, dans une Pologne alors sous domination russe. Elle grandit dans une famille d'enseignants patriotes, cultivés et pauvres. Interdite d'université parce que femme et polonaise, elle suit les cours clandestins de « l'Université volante » avant de travailler comme gouvernante pour payer les études de sa sœur à Paris. Puis, à 24 ans, ce sera son tour : train pour Paris, chambre glaciale au Quartier latin, études à la Sorbonne dans une langue qu'elle apprend en marchant. Elle sort major de sa promotion en physique. En 1894, elle rencontre Pierre Curie, physicien discret et brillant. Ils se marient l'année suivante — voyage de noces à vélo à travers la France — et forment l'un des couples scientifiques les plus célèbres de l'histoire. Dans un hangar délabré de la rue Lhomond, sans chauffage, sans hotte, ils traitent à la main des tonnes de pechblende venue de Bohême pour en extraire, à la petite cuillère, quelques décigrammes d'un élément nouveau. Ils le nomment polonium en hommage à la patrie de Marie. Puis, quelques mois plus tard, en 1898, ils isolent le radium. Le monde entre dans l'ère de la radioactivité — un mot qu'elle a inventé. En 1903, le prix Nobel de physique récompense les Curie et Henri Becquerel. Le comité voulait n'honorer que les hommes ; Pierre exige que Marie soit associée. Elle devient la première femme lauréate d'un prix Nobel. La gloire, mais aussi la fatigue, la santé qui s'altère — leurs mains sont couvertes de brûlures qu'ils ne comprennent pas encore. Le 19 avril 1906, Pierre traverse la rue Dauphine sous la pluie, glisse, tombe sous les roues d'un camion à cheval. Il meurt sur le coup. Marie a 38 ans, deux petites filles, et un chagrin qui ne la quittera plus. Elle reprend pourtant la chaire de son mari à la Sorbonne — première femme professeur de l'histoire de l'université — et poursuit seule les recherches. En 1911, elle reçoit un second Nobel, de chimie cette fois, pour l'isolement du radium métallique. Elle est à ce jour la seule personne à avoir obtenu deux Nobel dans deux disciplines scientifiques distinctes. La même année, elle est écartée de l'Académie des sciences française : trop femme, trop étrangère, trop indépendante. Elle n'y entrera jamais. Pendant la Grande Guerre, elle équipe à ses frais une vingtaine de voitures radiologiques mobiles pour le front — les fameuses « petites Curie ». Elle apprend à conduire, forme des manipulatrices, se rend elle-même sous les obus. Un million de blessés seront radiographiés grâce à ces véhicules. Elle refuse toute médaille. Elle meurt le 4 juillet 1934, dans un sanatorium des Alpes, d'une anémie aplasique provoquée par des décennies d'exposition aux rayonnements. Ses carnets de laboratoire sont encore aujourd'hui si radioactifs qu'ils sont conservés dans des coffres plombés, à consulter en combinaison. En 1995, elle entre au Panthéon aux côtés de Pierre — première femme à y être admise pour ses propres mérites. Sa fille Irène recevra à son tour, avec son mari Frédéric Joliot-Curie, le Nobel de chimie en 1935. La science, chez les Curie, était affaire de famille — et de siècle.
Rue Marie Marvingt
patrimoineRue Montregeau
patrimoineRue Olympe de Gouges
patrimoineRue Pablo Neruda
patrimoineRue Rosa Parks
patrimoineRue Simone de Beauvoir
patrimoineRue Simone Lambert
patrimoineRue Sophie Scholl
patrimoineRue Sylvain Leygue
patrimoineRue Taparot
patrimoineSaint-Orens Lycée
patrimoine