Rues de Saint-Jean-de-la-Ruelle
228 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée Anna Marly
patrimoineAllée Claude Debussy
patrimoineAllée Daniel Mayer
patrimoineAllée de la Bâte d'Or
patrimoineAllée de la Cirerie
patrimoineAllée de la Fauvette
patrimoineAllée de la Grange
patrimoineAllée de la Loire
patrimoineAllée de la Paix
patrimoineAllée de la République
patrimoineAllée de Mistigris
patrimoineAllée des Dominicaines
patrimoineAllée des Kiwis
patrimoineAllée des Sycomores
patrimoineAllée Gommern
patrimoineAllée Jean Genet
patrimoineAllée Maurice Rapine
patrimoineAllée Monseigneur Guy Riobe
patrimoineAllée Pierre Chevallier
patrimoineAllée Roger Couté
patrimoineAvenue de la Petite Espère
patrimoineAvenue François Pavard
patrimoineAvenue Georges Clemenceau
patrimoineAvenue Georges Pompidou
patrimoineAvenue Pierre Mendès France
patrimoineCentre Commercial des Trois Fontaines
patrimoineChemin de Chaingy
patrimoineChemin de Halage
patrimoineChemin de la Bate
patrimoineChemin des Gouffres
patrimoineChemin des Plantes
patrimoineChemin du Champ Huet
patrimoineChemin du Fromentin
patrimoineChemin du Petit Orme
patrimoineClos Azur
patrimoineClos des Mistigris
patrimoineDomaine Arboria
patrimoineImpasse de la Mouchetière
patrimoineImpasse de l'If
patrimoineImpasse des Castors
patrimoineImpasse des Cypres Bleus
patrimoineImpasse des Glycines
patrimoineImpasse des Margroux
patrimoineImpasse des Merises
patrimoineImpasse du Cèdre
patrimoineImpasse Paul Bert
patrimoineImpasse Pincevent
patrimoineMail des Justes de France
patrimoineMail Jean Zay
patrimoineMail Lucie et Raymond Aubrac
patrimoinePassage des Corbolottes
patrimoinePiste Eco-Quartier des Groues
patrimoinePlace Condorcet
patrimoinePlace d'Amposta
patrimoinePlace de l'Europe
patrimoinePlace des Diamants
patrimoinePlace des Tourmalines
patrimoinePlace Drouot
patrimoinePlace du Canada
patrimoinePlace Édith Piaf
patrimoinePlace Paul Bert
patrimoinepont de l'Europe
patrimoinePont de l'Europe
patrimoineRésidence Beauséjour
patrimoineRésidence de la Mouchetière
patrimoineRésidence des Tulipes
patrimoineRoute d'Orléans
patrimoineRue Abbé de l'Epée
patrimoineRue Amédéo Modigliani
patrimoineRue Antoine de Saint-Exupéry
patrimoineRue Bernard-Jean Creiche
patrimoineRue Bernard Million
patrimoineRue Bernard Palissy
sciencesArtisan autodidacte devenu l'un des plus grands céramistes de la Renaissance, Bernard Palissy (v.1510-1589) passa seize ans de sa vie obstinément penché sur son four, à chercher le secret de l'émail blanc à la vénitienne — ruinant sa famille, brûlant ses meubles pour alimenter son feu quand le bois vint à manquer. La légende, colportée jusque dans l'Encyclopédie de Diderot, veut qu'il ait sacrifié jusqu'aux planches de son plancher. Sa persévérance finit par payer : il inventa les fameuses « rustiques figulines », plats et bassins émaillés où grouillent, en relief saisissant, lézards, poissons, serpents, grenouilles et coquillages moulés d'après nature. Sa virtuosité lui valut la protection de Catherine de Médicis, pour qui il aménagea une grotte céramique aux Tuileries. Mais Palissy fut aussi un précurseur des sciences : converti au protestantisme vers 1546, il donna des conférences remarquées sur les eaux, les métaux, la formation des roches, et défendit contre l'Église l'idée révolutionnaire que les fossiles sont des restes d'animaux réels — bien avant la naissance de la paléontologie. Ses convictions religieuses lui valurent la prison sous Henri II, puis la Bastille à près de quatre-vingts ans, où il mourut en 1589. On dit qu'Henri III, venu le presser d'abjurer, s'entendit répondre : « Sire, vous ne pouvez rien contre moi, car je sais mourir. »
Rue Berty Albrecht
patrimoineRue Brise Pain
patrimoineRue Chanteloup
patrimoineRue Charles Beauhaire
patrimoineRue Charles de Coulomb
patrimoineRue Charles de Gaulle
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Rue Claude Chappe
patrimoineRue Clément Ader
patrimoineRue Clouseau
patrimoineRue Clovis
patrimoineRue Croix Baudu
patrimoineRue Croix Fauchet
patrimoineRue d'Alleville
patrimoineRue Damas Blanc
patrimoineRue Dame Rose
patrimoineRue de Bagneaux
patrimoineRue Dédale
patrimoineRue de la Basse Jarretière
patrimoineRue de la Batardière
patrimoineRue de la Bate
patrimoineRue de l'Abbé Dugué
patrimoineRue de la Boëche
patrimoineRue de la Butte
patrimoineRue de la Cirerie
patrimoineRue de la Colline
patrimoineRue de la Fossiante
patrimoineRue de la Fournellerie
patrimoineRue de la Grade
patrimoineRue de la Grande Pièce
patrimoineRue de la Guette
patrimoineRue de la Guillaumière
patrimoineRue de la Haute Jarretière
patrimoineRue de la Jeunette
patrimoineRue de la Madeleine
patrimoineRue de la Mouchetière
patrimoineRue de la Prairie
natureRue de la Roche
patrimoineRue de la Roche aux Fées
patrimoineRue de l'Aumône
patrimoineRue de la Vallée
patrimoineRue de la Vaudière
patrimoineRue de Locy
patrimoineRue de Maison Rouge
patrimoineRue de Marmogne
patrimoineRue des Agates
patrimoineRue des Aigues Marines
patrimoineRue des Améthystes
patrimoineRue des Benardières
patrimoineRue des Béryls
patrimoineRue des Bouleaux
patrimoineRue des Chaises
patrimoineRue des Champs Frais
patrimoineRue des Closiers
patrimoineRue des Cornalines
patrimoineRue des Diamants
patrimoineRue des Dix Arpents
patrimoineRue des Echats
patrimoineRue des Écoles
patrimoineRue des Emeraudes
patrimoineRue des Érables
patrimoineRue des Essarts
patrimoineRue des Fontaines
patrimoineRue des Grenats
patrimoineRue des Jades
patrimoineRue des Marchais
patrimoineRue des Marcomans
patrimoineRue des Opalines
patrimoineRue des Perles
patrimoineRue des Petits Osiers
patrimoineRue des Peupliers
natureRue des Rubis
patrimoineRue des Saphirs
patrimoineRue des Sorbiers
patrimoineRue des Tremblards
patrimoineRue des Trois Mariés
patrimoineRue des Turquoises
patrimoineRue des Vergers
patrimoineRue Doyenné du Comice
patrimoineRue du 11 Octobre
patrimoineRue du Château d'Eau
patrimoineRue du Chemin de Chaingy
patrimoineRue du Clos de Montespan
patrimoineRue du Clos du Moine
patrimoineRue du Clos du Renard
patrimoineRue du Clos Neuf
patrimoineRue du Clos Saint-Gabriel
patrimoineRue du Colonel Fourest
patrimoineRue du Duc d'Antin
patrimoineRue du Faubourg Madeleine
patrimoineRue du Langevin
patrimoineRue du Petit Chasseur
patrimoineRue du Poirier
patrimoineRue du Pont de Tours
patrimoineRue du Pressoir Brulé
patrimoineRue du Stade
patrimoineRue du Vieux Bourg
patrimoineRue Edmé Mariotte
patrimoineRue Émile Leconte
patrimoineRue Erik Satie
patrimoineRue Ernest et Isabelle Lancelot
patrimoineRue Espadon
patrimoineRue Félix Maulien
patrimoineRue Françoise Giroud
patrimoineRue François Truffaut
patrimoineRue Frédéric Chopin
cultureFils d'un professeur de français lorrain et d'une pianiste polonaise qui se sont rencontrés à Varsovie, Frédéric Chopin (1810-1849) reçut très tôt une éducation musicale. Il développa rapidement son don naturel pour la musique et partit s'installer à Paris, capitale culturelle incontournable en 1831. Il y rencontra l’écrivain George Sand qui fut sa compagne durant sept ans. Atteint de mucoviscidose, maladie rare, Chopin composa jusqu'à la fin de sa vie. Outre les nombreuses œuvres dédiées au piano, qui incluent la Nocturne n°1 en si bémol mineur (1830), Fantaisie impromptu (1835) ou encore Douze Etudes Op. 25: No. 1 "Aeolian Harp" (1836), Chopin composa une Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur (1846) ainsi qu'un recueil de mélodies en polonais. Par ailleurs, il mit au point de nouvelles techniques pianistiques : respiration grâce au rubato, multiplication des silences, mouvement souple du poignet.
Rue Gambetta
histoireFils d'un épicier génois installé à Cahors, Léon Gambetta (1838-1882) n'a rien d'un enfant de la bourgeoisie parisienne. Il monte à Paris étudier le droit, perd un œil dans un accident d'enfance, mais compense ce handicap par une voix de tonnerre et un art oratoire qui va sidérer son époque. Avocat, il se fait connaître en 1868 par une plaidoirie fulgurante contre le Second Empire — un réquisitoire devenu célèbre où il énumère, un à un, les crimes du régime. Le jeune homme du Sud-Ouest est désormais un nom. Le 4 septembre 1870. La France vient d'être écrasée à Sedan, l'empereur est prisonnier des Prussiens. À l'Hôtel de Ville de Paris, Gambetta — 32 ans — proclame la République depuis un balcon, devant une foule en délire. Ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de Défense nationale rapidement encerclé dans Paris assiégé, il prend une décision spectaculaire : le 7 octobre, il s'échappe en ballon au-dessus des lignes prussiennes pour rejoindre la province et y lever de nouvelles armées. L'image est restée : un ministre en montgolfière, écharpe au vent, allant sauver la patrie. Depuis Tours puis Bordeaux, il improvise en quelques semaines des armées entières, mobilise, réquisitionne, harangue. Rien n'y fait : la France est vaincue, l'Alsace-Moselle perdue. Gambetta démissionne, refusant de cautionner le traité. Ce qu'il fait ensuite est peut-être plus important encore. Dans une Assemblée majoritairement monarchiste, il consacre dix ans à convaincre, séduire, rallier — patiemment, ville après ville, discours après discours. Sa formule reste célèbre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi. » Il forge le vocabulaire, les rituels, la mystique d'une République qui doit s'ancrer dans les cœurs. Il popularise la Marseillaise, le 14 juillet, l'école laïque à venir. Sans lui, il n'est pas sûr que la République se serait installée durablement en France. Nommé enfin président du Conseil en novembre 1881, son gouvernement — le « Grand Ministère » que tout le monde attendait — tombe au bout de dix semaines. Le 27 novembre 1882, dans sa maison des Jardies à Ville-d'Avray, un coup de revolver part accidentellement, lui traversant la main. La blessure paraît bénigne mais il meurt le 31 décembre, à 44 ans, d'une appendicite mal soignée aggravée par sa convalescence. La rumeur d'un suicide, ou d'un drame passionnel avec sa compagne Léonie Léon, courra longtemps. Des funérailles nationales grandioses ont lieu le 6 janvier 1883 : un demi-million de Parisiens suivent le cortège. En 1920, pour le cinquantenaire de la République, son cœur — et son cœur seul — est transféré au Panthéon dans une urne. Le reste de son corps repose à Nice, auprès de son père. Étrange destin posthume pour celui qui, plus que tout autre, avait mis le sien au service de la République.
Rue Geneviève de Gaulle-Anthonioz
patrimoineRue Georges Guynemer
patrimoineRue Germaine Tillion
patrimoineRue Gisèle Halimi
patrimoineRue Henri Boussion
patrimoineRue Henri Pavard
patrimoineRue Henry Dunant
patrimoineRue Jacques Offenbach
patrimoineRue Jean Ferrat
cultureÂgé de onze ans lorsque son père fut déporté à Auschwitz, d'où il ne revint jamais, Jean Tenenbaum (1930-2010) échappa au même destin grâce à l'aide de militants communistes. Cette enfance marquée par la Shoah et la Résistance forgera à jamais ses convictions. Il embrassa la carrière d'artiste, fit du théâtre avec Jean Vilar (1912-1971), puis se lança dans la chanson sous le nom de Jean Ferrat — pseudonyme choisi en clin d'œil à Saint-Jean-Cap-Ferrat, où il avait passé de belles vacances. Après avoir écrit des textes pour d'autres et chanté le répertoire d'Yves Montand dans les cabarets parisiens, il connut la consécration en 1960 avec Ma môme, imposant une forme de lyrisme populaire aux mélodies vibrantes et aux paroles exigeantes. Homme en colère contre les injustices de l'histoire et de la société, il dédia à l'Ardèche sa chanson La Montagne (1964) — avant de quitter réellement Paris en 1973, au sommet de sa gloire, pour s'installer à Antraigues-sur-Volane où il vivra jusqu'à sa mort, conseiller municipal de son village adopté. Artiste engagé aux côtés du Parti communiste français, il n'en fut pourtant jamais membre et prit ses distances quand il l'estima nécessaire, notamment après l'invasion de la Tchécoslovaquie en 1968. Souvent dérangeant, parfois iconoclaste, il connut de nombreux démêlés avec la censure de la radio et de la télévision. Plusieurs de ses chansons sont des adaptations de poèmes de Louis Aragon (1897-1982) — à l'image d'Aimer à perdre la raison (1971), sommet fragile d'un art qui refusait toujours de séparer l'émotion de l'intelligence.
Rue Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Rue Jean Mermoz
patrimoineRue Jean Monnet
patrimoineRue Jean Nicot
patrimoineRue Jean Painlevé
patrimoineRue Joséphine Baker
patrimoineRue Jules Lenormand
patrimoineRue Léon Blum
patrimoineRue Léon Foucault
patrimoineRue le Trebuchet
patrimoineRue Louis Sanson
patrimoineRue Lucien Bois
patrimoineRue Marcelle Rivière
natureRue Marcel Reggui
patrimoineRue Marie-Claude Vaillant Couturier
patrimoineRue Maurice Genevoix
patrimoineRue Maurice Guignard
patrimoineRue Maurice Millet
patrimoineRue Maurice Ravel
patrimoineRue Max Jacob
patrimoineRue Mélusine
patrimoineRue Mothiron
patrimoineRue Olympe de Gouges
patrimoineRue Paul Doumer
patrimoineRue Paul Gauguin
patrimoineRue Pierre Brossolette
patrimoineRue Pierre Dumas
patrimoineRue Pierre Loti
patrimoineRue Raymond Gaudry
patrimoineRue Reine des Reinettes
patrimoineRue Rémi Cosson
patrimoineRue René Cassin
patrimoineRue Robert Schumann
patrimoineRue Roger Toulouse
patrimoineRue Viviane
patrimoineSquare Jules Ferry
patrimoineTangentielle O
patrimoineVenelle des Vignes
natureVenelle Gambetta
histoireFils d'un épicier génois installé à Cahors, Léon Gambetta (1838-1882) n'a rien d'un enfant de la bourgeoisie parisienne. Il monte à Paris étudier le droit, perd un œil dans un accident d'enfance, mais compense ce handicap par une voix de tonnerre et un art oratoire qui va sidérer son époque. Avocat, il se fait connaître en 1868 par une plaidoirie fulgurante contre le Second Empire — un réquisitoire devenu célèbre où il énumère, un à un, les crimes du régime. Le jeune homme du Sud-Ouest est désormais un nom. Le 4 septembre 1870. La France vient d'être écrasée à Sedan, l'empereur est prisonnier des Prussiens. À l'Hôtel de Ville de Paris, Gambetta — 32 ans — proclame la République depuis un balcon, devant une foule en délire. Ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de Défense nationale rapidement encerclé dans Paris assiégé, il prend une décision spectaculaire : le 7 octobre, il s'échappe en ballon au-dessus des lignes prussiennes pour rejoindre la province et y lever de nouvelles armées. L'image est restée : un ministre en montgolfière, écharpe au vent, allant sauver la patrie. Depuis Tours puis Bordeaux, il improvise en quelques semaines des armées entières, mobilise, réquisitionne, harangue. Rien n'y fait : la France est vaincue, l'Alsace-Moselle perdue. Gambetta démissionne, refusant de cautionner le traité. Ce qu'il fait ensuite est peut-être plus important encore. Dans une Assemblée majoritairement monarchiste, il consacre dix ans à convaincre, séduire, rallier — patiemment, ville après ville, discours après discours. Sa formule reste célèbre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi. » Il forge le vocabulaire, les rituels, la mystique d'une République qui doit s'ancrer dans les cœurs. Il popularise la Marseillaise, le 14 juillet, l'école laïque à venir. Sans lui, il n'est pas sûr que la République se serait installée durablement en France. Nommé enfin président du Conseil en novembre 1881, son gouvernement — le « Grand Ministère » que tout le monde attendait — tombe au bout de dix semaines. Le 27 novembre 1882, dans sa maison des Jardies à Ville-d'Avray, un coup de revolver part accidentellement, lui traversant la main. La blessure paraît bénigne mais il meurt le 31 décembre, à 44 ans, d'une appendicite mal soignée aggravée par sa convalescence. La rumeur d'un suicide, ou d'un drame passionnel avec sa compagne Léonie Léon, courra longtemps. Des funérailles nationales grandioses ont lieu le 6 janvier 1883 : un demi-million de Parisiens suivent le cortège. En 1920, pour le cinquantenaire de la République, son cœur — et son cœur seul — est transféré au Panthéon dans une urne. Le reste de son corps repose à Nice, auprès de son père. Étrange destin posthume pour celui qui, plus que tout autre, avait mis le sien au service de la République.
Venelle Max Jacob
patrimoine