Rues de Rennes
1839 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée 1
patrimoineAllée 2
patrimoineAllée 3
patrimoineAllée Abbé Alphonse Jarry
patrimoineAllée Adèle de Bretagne
patrimoineAllée Adolphe Bobierre
patrimoineAllée Adolphe Orain
patrimoineAllée Adrienne Bolland
patrimoineAllée Albert Jugon
patrimoineAllée Alexis-Marie Rochon
patrimoineAllée Alfred Jarry
patrimoineAllée Alfred Kastler
patrimoineAllée Aline Landais
patrimoineAllée André Chénier
patrimoineAllée André-Marie Talvas
patrimoineAllée André Ménard
patrimoineAllée Angélique du Coudray
patrimoineAllée Annaig Renault
patrimoineAllée Auguste-Louis Jobbé-Duval
patrimoineAllée Auguste Pavie
patrimoineAllée Auguste Rodin
patrimoineAllée Beethoven
cultureFils d'un père alcoolique qui le voulait enfant prodige à la manière de Mozart, Ludwig van Beethoven (1770-1827) s'imposa à Vienne dès sa jeunesse comme un pianiste virtuose fulgurant, élève de Haydn, promis à un brillant avenir. Descendant d'une famille flamande — le nom évoque en vieux néerlandais l'idée d'un « jardin de betteraves » — il grandit dans une Europe en pleine ébullition sociale et politique, et s'enthousiasma pour la Révolution française et la naissance de la démocratie, devenant un grand admirateur de Napoléon Bonaparte. Sortant du cadre musical classique de son temps, il fit basculer la musique dans le romantisme, favorisant l'expression des sentiments et des états d'âme sur les codes de forme hérités du XVIIIᵉ siècle. Il alla jusqu'à dédier au Premier Consul français sa Symphonie n°3, l'Héroïque (1803), rêvant de transgresser les codes sociaux d'une noblesse viennoise qui le jugeait talentueux mais toujours par son sang. La proclamation du Premier Empire l'année suivante fut vécue comme une trahison : il déchira rageusement la dédicace. « [Napoléon] n'est rien de plus qu'un homme ordinaire ! Maintenant il va fouler aux pieds tous les droits humains, il n'obéira plus qu'à son ambition, il deviendra un tyran ! » C'est à la même époque que commença sa surdité progressive, apparue vers 1798 et devenue presque totale vers 1818. Le fougueux Beethoven, rongé par le silence et la solitude, écrivit dès 1802 le bouleversant Testament de Heiligenstadt, lettre à ses frères où il envisageait le suicide — puis renonça à mourir *« pour l'art »*. Après avoir mis un terme à sa carrière de pianiste, il continua de composer des œuvres qu'il ne pourrait plus jamais entendre autrement que par son audition intérieure, comme sa monumentale Symphonie n°9, chef-d'œuvre que Richard Wagner qualifiera de « dernière des symphonies » — et dont le mouvement final, l'Ode à la joie, est aujourd'hui l'hymne officiel de l'Union européenne. Ce que Beethoven avait espéré de Napoléon, l'Europe des peuples le lui aura finalement rendu, deux siècles plus tard.
Allée Bernard Josse
patrimoineAllée Bertrand Robidou
patrimoineAllée Bisson
patrimoineAllée Camille Godet
patrimoineAllée César Franck
cultureNé à Liège en 1822, César Franck (1822-1890) ne devint français qu'à cinquante et un ans, en 1873, au sortir de la Commune. Enfant prodige poussé par un père autoritaire qui rêvait d'en faire un pianiste virtuose, il étudia au Conservatoire de Paris — brièvement auprès du grand pédagogue Antoine Reicha, qui forma aussi Berlioz, Liszt et Gounod. Une fois adulte, il rompit avec son père et gagna sa vie comme accompagnateur et organiste d'église avant d'obtenir en 1858 le poste où il resterait plus de trente ans : la tribune de Sainte-Clotilde à Paris. On y vint de toute l'Europe pour l'écouter improviser — Liszt lui-même, ébloui, murmura après une visite : « Je songe à Bach. » Compositeur discret et travailleur obstiné de l'architecture musicale, il vécut longtemps dans une relative obscurité, jusqu'à ce qu'un groupe d'élèves passionnés, surnommé la « bande à Franck », fasse peu à peu connaître son maître. En 1874, il obtint la classe d'orgue au Conservatoire, où il forma une véritable école : Vincent d'Indy, Ernest Chausson, Henri Duparc, Guillaume Lekeu, Louis Vierne. Il succéda à Bussine à la tête de la Société nationale de musique en 1886. Ses grandes œuvres — Le Chasseur maudit (1882), la Symphonie en ré mineur (1888), les Six pièces pour grand orgue, ou son émouvant Trio op. 1 composé à dix-neuf ans et joué au concert inaugural de la Société nationale — ne furent vraiment reconnues qu'après sa mort. Fin brutale et prosaïque pour cet homme dont la musique semblait touchée par le sacré : il mourut en 1890 des suites d'un accident d'omnibus dans une rue de Paris.
Allée Chanoine Baudry
patrimoineAllée Chanoine Louis Raison
patrimoineAllée Chantal Connan
patrimoineAllée Charles Collin
patrimoineAllée Charles d'Espinay
patrimoineAllée Charles Vanel
patrimoineAllée Claude Debussy
patrimoineAllée Colette Cosnier
patrimoineAllée Coysevox
patrimoineAllée d'Amsterdam
patrimoineAllée d'Arzano
patrimoineAllée d'Audierne
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patrimoineAllée de Binic
patrimoineAllée de Brno
patrimoineAllée de Cancale
patrimoineAllée de Chevré
patrimoineAllée de Coïmbra
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patrimoineAllée de Cracovie
patrimoineAllée de Croatie
patrimoineAllée de Douarnenez
patrimoineAllée de Finlande
natureAllée de Genève
patrimoineAllée de Göteborg
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natureAllée de la Drave
patrimoineAllée de l'Aff
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patrimoineAllée de la Guérinière
patrimoineAllée de la Maritza
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patrimoineAllée de Lanester
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patrimoineAllée de la Prairie Neuve
natureAllée de Lituanie
patrimoineAllée de Locronan
patrimoineAllée de l'Odet
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patrimoineAllée d'Elven
patrimoineAllée de Malmoë
patrimoineAllée de Maurepas
patrimoineAllée d'Emengarde d'Anjou
patrimoineAllée de Moravie
patrimoineAllée de Navarre
patrimoineAllée de Penmarc'h
patrimoineAllée de Penmarch
patrimoineAllée de Pont-Aven
patrimoineAllée de Pontivy
patrimoineAllée de Pont-l'Abbé
patrimoineAllée de Port-Louis
patrimoineAllée de Quiberon
patrimoineAllée de Rochester
patrimoineAllée des Açores
patrimoineAllée des Asturies
patrimoineAllée des Bas-Jardins
patrimoineAllée Descartes
patrimoineAllée des Cévennes
patrimoineAllée des Chênes
natureOn l'identifie à ses feuilles lobées et à ses fruits appelés glands, mets de choix pour les sangliers et les écureuils. Le terme scientifique pour désigner la famille des chênes est « quercus », qui inclut plus de 600 espèces à travers le monde. L'une des plus célèbres est le chêne-liège, arbre méditerranéen exigeant en lumière, chaleur et eau, dont l'écorce à la texture élastique et poreuse fait les meilleurs bouchons et d'excellents isolants. Mais le plus beau spécimen reste sans conteste le chêne pédonculé : trapu, tronc court, houppier étalé, il pousse lentement mais peut vivre entre 500 et 2000 ans. Son bois dur et imputrescible a porté les charpentes des cathédrales — celle de Notre-Dame de Paris comptait 1300 chênes millénaires avant l'incendie — les vaisseaux de la marine royale de Colbert, et aujourd'hui encore les tonneaux qui donnent au vin son goût. Pas étonnant que les Gaulois vénéraient cet arbre comme un symbole de force, de justice et de longévité.
Allée des Chesnais
patrimoineAllée des Hardriers
patrimoineAllée des Îles Chausey
patrimoineAllée des Marronniers
patrimoineAllée des Matelouères
patrimoineAllée des Tilleuls
natureOn le reconnaît à ses larges feuilles en forme de cœur et à sa fleur jaune pâle qui embaume les soirs de juin d'un parfum sucré, entêtant — ce parfum qui fait partie du grand album olfactif de l'enfance française. Depuis le Moyen Âge, on plante un tilleul au centre des villages : sous ses branches, on tient conseil, on rend la justice, on marie les fiancés, on danse aux fêtes patronales. En 1792, la jeune République en fit son « arbre de la Liberté » et lança une plantation nationale — beaucoup des vieux tilleuls de nos places datent d'ailleurs de cette époque. Rien ne se perd dans un tilleul : ses fleurs séchées font la fameuse tisane qui apaise le sommeil, son miel blond et parfumé est l'un des plus recherchés d'Europe, et son bois tendre a servi aux plus grands sculpteurs allemands du XVᵉ siècle. Il pousse lentement mais peut vivre cinq siècles, atteindre trente mètres, résister à la pollution comme aux tailles sévères. Il aura vu passer les diligences, les premières automobiles, les trottinettes électriques, sans jamais changer de place — patient géant qui veille sur les places de France.
Allée d'Estrémadure
patrimoineAllée de Tilsit
patrimoineAllée de Touraine
patrimoineAllée de Trégastel
patrimoineAllée de Varsovie
patrimoineAllée de Vilna
patrimoineAllée d'Evora
patrimoineAllée d'Hennebont
patrimoineAllée Docteur Roger Maruelle
patrimoineAllée Doyen Alexandre Lamache
patrimoineAllée Doyen Antoine Dupuis
patrimoineAllée Doyen Charles Bodin
patrimoineAllée du Bâtiment
patrimoineAllée du Biez-Jean
patrimoineAllée du Bois d'Ibarre
patrimoineAllée du Bois Habité
patrimoineAllée du Champ de la Vigne
natureAllée du Clos Pilet
patrimoineAllée du Cormier
patrimoineAllée du Danemark
patrimoineAllée du Danube
patrimoineAllée du Docteur Roger Nouaille
patrimoineAllée du Doyen Alexandre Lamache
patrimoineAllée du Gacet
patrimoineAllée du Groënland
patrimoineAllée d'Ukraine
patrimoineAllée du Labrador
patrimoineAllée du Landry
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patrimoineAllée du Meu
patrimoineAllée du Mont Dol
patrimoineAllée du Pigeon Blanc
patrimoineAllée du Professeur Émile Morice
patrimoineAllée du Tage
patrimoineAllée du Verger Thébault
patrimoineAllée Édith Piaf
patrimoineAllée Émile-Marie Besnard
patrimoineAllée Emma Herland
patrimoineAllée Ermengarde d'Anjou
patrimoineAllée Étienne Marey
patrimoineAllée Eugène Delacroix
patrimoineAllée Fernand Daucé
patrimoineAllée Flora Nwapa
patrimoineAllée Flora Tristan
patrimoineAllée Florence Arthaud
patrimoineAllée Francis Charpentier
patrimoineAllée François Jouannet
patrimoineAllée François Mauriac
cultureFils d'une riche famille de la bourgeoisie bordelaise, François Mauriac (1885-1970) fut élevé par sa mère dans la stricte rigueur de la foi catholique, après la mort précoce de son père. Le domaine familial de Malagar, sur les coteaux de Langon — aujourd'hui visitable —, et le collège de Grand-Lebrun à Bordeaux, formèrent le décor et l'atmosphère qui hanteront toute son œuvre : celle d'une bourgeoisie provinciale, catholique, prisonnière de ses secrets et de son argent, saisie par la tentation constante du péché. De ce milieu il tira ses plus grands romans — Le Baiser au lépreux (1922), Genitrix (1923), Le Désert de l'amour, et surtout Thérèse Desqueyroux (1927), portrait implacable d'une empoisonneuse landaise devenue l'un des personnages féminins les plus mystérieux de la littérature française. Puis Le Nœud de vipères (1932), sommet de son œuvre, chronique corrosive d'une famille rongée par la haine et la cupidité. Écrivain profondément catholique, il défendait un droit rare : celui d'écrire des romans chrétiens qui n'aient rien d'édifiant. « Un romancier chrétien est celui qui pose des problèmes chrétiens, non celui qui donne des solutions chrétiennes. » Sa foi le mit souvent en tension avec l'Église officielle, qui lui reprochait de peindre trop cruellement les âmes catholiques. Sous l'Occupation, Mauriac fut résistant : membre du Comité national des écrivains, il publia clandestinement en 1943, sous le pseudonyme de Forez, son Cahier noir aux Éditions de Minuit — l'un des textes fondateurs de la Résistance culturelle. Il reçut en 1952 le Prix Nobel de littérature. Après la guerre, il devint l'un des plus grands éditorialistes français : son Bloc-notes publié au Figaro puis à L'Express forme un monument du journalisme politique. Fervent défenseur du général de Gaulle, il prit aussi position contre la torture en Algérie, croisant le fer avec Camus, Sartre et l'ensemble de sa génération. Il mourut à Paris en 1970 et repose à Vémars, dans le Val-d'Oise. Sur la fin de sa vie, il définissait son propre destin littéraire avec cette ironie mélancolique dont il avait le secret : « Personne ne se sera tenu plus opiniâtrement que moi à l'arrière-garde de la littérature. »
Allée Frédéric Chopin
cultureFils d'un professeur de français lorrain et d'une pianiste polonaise qui se sont rencontrés à Varsovie, Frédéric Chopin (1810-1849) reçut très tôt une éducation musicale. Il développa rapidement son don naturel pour la musique et partit s'installer à Paris, capitale culturelle incontournable en 1831. Il y rencontra l’écrivain George Sand qui fut sa compagne durant sept ans. Atteint de mucoviscidose, maladie rare, Chopin composa jusqu'à la fin de sa vie. Outre les nombreuses œuvres dédiées au piano, qui incluent la Nocturne n°1 en si bémol mineur (1830), Fantaisie impromptu (1835) ou encore Douze Etudes Op. 25: No. 1 "Aeolian Harp" (1836), Chopin composa une Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur (1846) ainsi qu'un recueil de mélodies en polonais. Par ailleurs, il mit au point de nouvelles techniques pianistiques : respiration grâce au rubato, multiplication des silences, mouvement souple du poignet.
Allée Frédéric Saulnier
patrimoineAllée Gaston Ramon
patrimoineAllée Geoffroy de Pontblanc
patrimoineAllée Geoffroy de Pont-Blanc
patrimoineAllée Georges Brand
patrimoineAllée Georges de La Tour
patrimoineAllée Georges Palante
patrimoineAllée Georges Perros
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patrimoineAllée Henri Fabre
patrimoineAllée Henri Gardarein Freytet
patrimoineAllée Henri Guérin
patrimoineAllée Henri Poincaré
patrimoineAllée Hyacinthe-Charles Méaulle
patrimoineAllée Jachet de Mantoue
patrimoineAllée Jacques Binet
patrimoineAllée Jacques Brel
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patrimoineAllée Jacques Frimot
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patrimoineAllée Jacques-Noël Sané
patrimoineAllée Jean de Coatanlem
patrimoineAllée Jean de la Varende
patrimoineAllée Jean-François Le Gonidec
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patrimoineAllée Jean Langlais
patrimoineAllée Jean Leray
patrimoineAllée Jeanne Guillon
patrimoineAllée Jean-Philippe Rameau
patrimoineAllée Jean-Sébastien Bach
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patrimoineAllée Léon Le Berre
patrimoineAllée Le Rozeno
patrimoineAllée Lieutenant Roger Le Berre
patrimoineAllée Louise Weiss
patrimoineAllée Louis Hémon
patrimoineAllée Louis Lucipia
patrimoineAllée Lulli
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patrimoineAllée Marc Elder
patrimoineAllée Marcel Planiol
patrimoineAllée Marcel Viaud
patrimoineAllée Marie Berhaut
patrimoineAllée Marie Noël
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patrimoineAllée Mathurin Hardy de La Largère
patrimoineAllée Maurice Noguès
patrimoineAllée Maurice Ravel
patrimoineAllée Mélinée et Missak Manouchian
patrimoineAllée Mère Teresa
patrimoineAllée Montabizé
patrimoineAllée Montbarrot
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patrimoineAllée Mozart
patrimoineAllée Nadault de Buffon
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patrimoineAllée Pierre Proudhon
patrimoineAllée Pierre Tumoine
patrimoineAllée Professeur Émile Morice
patrimoineAllée Puvis de Chavannes
patrimoineAllée Rallier du Baty
patrimoineAllée Raymond Cornon
patrimoineAllée Raymond Rouault
patrimoineAllée René Bazin
patrimoineAllée René Hirel
patrimoineAllée René Perrault
patrimoineAllée René Piguel
patrimoineAllée Rennes-les-Bains
patrimoineAllée Richard Wagner
patrimoineAllée Rimbaud
patrimoineAllée Roger Le Poulennec
patrimoineAllée Romain Rolland
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patrimoineAllée Sainte-Marie
patrimoineAllée Sainte-Sophie
patrimoineAllée Saint-Gildas
patrimoineAllée Saint-Hélier
patrimoineAllée Simone Weil
patrimoineAllée Suzanne Lenglen
patrimoineAllée Sylvestre de la Guerche
patrimoineAllée Valentin Guillerm
patrimoineAllée Verlaine
culturePaul Verlaine (1844-1896) naît à Metz un jour d'automne 1844, dans une famille bourgeoise et catholique. Rien, dans cette enfance sage, ne laisse présager la vie tumultueuse qui l'attend — sinon peut-être une hypersensibilité maladive et un goût précoce pour les vers de Baudelaire, qu'il découvre à seize ans comme une révélation. À vingt-deux ans, il publie ses Poèmes saturniens : un premier recueil déjà somptueux, tout en demi-teintes, brumes et paysages intérieurs. La musique de Verlaine est là, tout entière — cette manière si particulière de faire chanter la langue française à mi-voix, entre soupir et confidence. En 1871, il reçoit une lettre d'un adolescent inconnu, un certain Arthur Rimbaud, qui joint quelques poèmes. Verlaine est marié, jeune père, tente d'être respectable. Rimbaud a dix-sept ans, une gueule d'ange et un tempérament d'incendiaire. Verlaine paye son billet de train. À peine arrivé à Paris, le jeune provincial met le feu à sa vie : rupture avec sa femme, fuite en Belgique puis à Londres, alcool, amour tumultueux, ruptures et retrouvailles. Deux ans plus tard, le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, ivre et désespéré, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud qui s'apprêtait à le quitter. Une balle blesse le jeune homme au poignet. Prison en Belgique pendant dix-huit mois. Rimbaud, lui, disparaîtra bientôt de la littérature — pour toujours. Une conversion, une gloire. En prison, Verlaine se convertit — retour au catholicisme, extase mystique, écriture de Sagesse, l'un de ses plus beaux recueils. Libéré, il tente un temps l'enseignement en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes. Rien ne tient. Les années 1880 le voient sombrer peu à peu : mort de sa mère, absinthe, hôpitaux, chambres d'hôtel misérables. Et pourtant, paradoxe absolu, c'est à ce moment-là qu'il devient célèbre. Publication des Poètes maudits, où il révèle Rimbaud, Mallarmé et Corbière au public. Reconnaissance des jeunes symbolistes qui le prennent pour maître. Il est élu, en 1894, « Prince des poètes » par ses pairs, après la mort de Leconte de Lisle. Consécration officielle pour un homme qui vit dans un hôtel meublé rue Descartes, et qu'on doit parfois porter chez lui, ivre mort. Ce que Verlaine apporte à la poésie française est difficile à cerner tant c'est un art de l'imperceptible. Une préférence pour l'impair — vers de cinq, sept, neuf syllabes, qui déstabilisent l'oreille habituée à l'alexandrin. Un flou musical revendiqué. Une capacité à peindre des états d'âme avec presque rien : trois notes, une couleur, une pluie qui tombe. Son Art poétique résume tout en une formule devenue proverbe : « De la musique avant toute chose. » Debussy, Fauré, Reynaldo Hahn mettront ses poèmes en musique — parce qu'ils étaient déjà de la musique. Il meurt le 8 janvier 1896, à cinquante et un ans, dans une chambre pauvre de la rue Descartes à Paris, veillé par sa dernière compagne, Eugénie Krantz, ancienne prostituée. Ses obsèques rassemblent pourtant une foule immense : poètes, journalistes, ministres, curieux. Il repose au cimetière des Batignolles. Un demi-siècle plus tard, sans qu'il l'ait jamais imaginé, ses vers vont sauver la France. Les premières lignes de sa Chanson d'automne — « Les sanglots longs des violons de l'automne… » — sont diffusées à la BBC les 1er et 5 juin 1944, comme messages personnels codés annonçant aux résistants l'imminence du Débarquement. Le pauvre Verlaine, qui n'aurait su se lever le matin sans un verre, veillait sans le savoir sur le destin d'un continent.
Allée Victor Grignard
patrimoineAllée Vincent d'Indy
patrimoineAllée William Loth
patrimoineAvenue Andrée Viollis
patrimoineAvenue André Malraux
patrimoineAvenue André Mussat
patrimoineAvenue Aristide Briand
patrimoineAvenue Blaise Pascal
sciences« L'homme est un roseau pensant », « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie »… Les Pensées de Blaise Pascal (1623-1662) sont un incontournable de la philosophie française. Le penseur y décrit la condition humaine avec une profondeur pénétrante qui laisse difficilement indifférent. Il voit en Dieu la réponse à la faiblesse de l'Homme, qui ne peut ni douter de tout ni tout savoir absolument — ce en quoi il s'oppose au rationalisme de Descartes, qu'il jugeait trop orgueilleux : pour Pascal, Dieu se sent « au cœur, non à la raison ». Toute son œuvre porte la trace d'une nuit fondatrice : le 23 novembre 1654, il vit une expérience mystique bouleversante qu'il note fébrilement sur un parchemin — le fameux « Mémorial » — cousu dans la doublure de son pourpoint et qu'il portera sur lui jusqu'à sa mort, à trente-neuf ans. Une brièveté qui n'aura empêché ni sa géniale carrière de mathématicien et de physicien, ni la révolution philosophique qu'il aura, en si peu de temps, laissée derrière lui. Inventeur à dix-neuf ans d'une machine à calculer — la fameuse Pascaline, ancêtre lointain de nos ordinateurs, voir l'image — Blaise Pascal fut aussi l'un des plus grands physiciens de son siècle. On lui doit notamment l'expérience du crève-tonneau : introduire dans un tonneau fermé un fin tuyau vertical de plusieurs mètres, puis le remplir d'eau. À partir d'une certaine hauteur, la pression exercée par la petite colonne d'eau du tuyau suffit à faire exploser le tonneau ! En 1648, il mit également son beau-frère à contribution pour gravir le puy de Dôme avec un baromètre au mercure, prouvant que la colonne baissait en altitude — preuve définitive de l'existence de la pression atmosphérique et démentant les cartésiens qui prétendaient que « la nature a horreur du vide ». C'est d'ailleurs en son honneur que l'unité internationale de pression s'appelle le pascal (1 hectopascal = 100 pascals) — celle-là même qu'affichent les baromètres et les bulletins météo. La pression correspond à une force par unité de surface. Qu'est-ce qu'une force, au fait ?
Avenue Chardonnet
patrimoineAvenue Charles et Raymonde Tillon
patrimoineAvenue de Belle Fontaine
patrimoineAvenue de Brequigny
patrimoineAvenue de Bréquigny
patrimoineAvenue de Cork
patrimoineAvenue de Cucillé
patrimoineAvenue de Grèce
patrimoineAvenue de Grignan
patrimoineAvenue de Guyenne
patrimoineAvenue de la Bataille Flandres-Dunkerque
patrimoineAvenue de la Martinère
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patrimoineAvenue de la Renaudière
patrimoineAvenue de la Touraudais
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patrimoineAvenue de Rochester
patrimoineAvenue des Buttes de Coësmes
patrimoineAvenue des Français Libres
patrimoineAvenue des Gayeulles
patrimoineAvenue des Monts d'Arrée
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patrimoineAvenue des Préales
patrimoineAvenue d'Irlande
natureAvenue d'Italie
patrimoineAvenue Doyen Roger Houin
patrimoineAvenue du 41ème Régiment d'Infanterie
patrimoineAvenue du Bois Labbé
patrimoineAvenue du Canada
patrimoineAvenue du Doyen Collas
patrimoineAvenue du Gallet
patrimoineAvenue du Général George S. Patton
patrimoineAvenue du Général Leclerc
histoireLe maréchal Leclerc, de son nom complet Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947) est connu pour son rôle majeur dans la Libération pendant la Seconde Guerre mondiale. Sorti de l’école militaire de Saint-Cyr, il rejoint la France libre du général Charles de Gaulle en 1940 après la défaite française. Il mène ensuite des campagnes en Afrique, notamment la prise de Koufra en 1941, où il fait le célèbre serment de libérer Strasbourg. Leclerc commande ensuite la 2e Division Blindée (2e DB), une grande unité équipée de chars et de véhicules blindés. La 2e DB participa au débarquement de Normandie en 1944 et eut un rôle décisif dans la libération de Paris et de Strasbourg. Les succès associèrent le jeune officier aux engins mécanisés de sa division, ce qui explique le nom d'une série de chars de combat français - les chars Leclerc. Ses faits d'armes lui valurent le titre de Maréchal de France, plus haute distinction militaire française qui n’est pas un grade mais une dignité honorifique. Néanmoins, il fut consacré à titre posthume, en 1952, étant mort dans un accident d’avion en 1947 en Algérie.
Avenue du Général Maurice Guillaudot
patrimoineAvenue du Haut Sancé
patrimoineAvenue du Languedoc
patrimoineAvenue du Professeur Charles Foulon
patrimoineAvenue du Professeur Léon Bernard
patrimoineAvenue François Château
patrimoineAvenue Gaston Berger
patrimoineAvenue Gaston Monnerville
patrimoineAvenue Général George S. Patton
patrimoineAvenue Général Georges S Patton
patrimoineAvenue Général Leclerc
histoireLe maréchal Leclerc, de son nom complet Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947) est connu pour son rôle majeur dans la Libération pendant la Seconde Guerre mondiale. Sorti de l’école militaire de Saint-Cyr, il rejoint la France libre du général Charles de Gaulle en 1940 après la défaite française. Il mène ensuite des campagnes en Afrique, notamment la prise de Koufra en 1941, où il fait le célèbre serment de libérer Strasbourg. Leclerc commande ensuite la 2e Division Blindée (2e DB), une grande unité équipée de chars et de véhicules blindés. La 2e DB participa au débarquement de Normandie en 1944 et eut un rôle décisif dans la libération de Paris et de Strasbourg. Les succès associèrent le jeune officier aux engins mécanisés de sa division, ce qui explique le nom d'une série de chars de combat français - les chars Leclerc. Ses faits d'armes lui valurent le titre de Maréchal de France, plus haute distinction militaire française qui n’est pas un grade mais une dignité honorifique. Néanmoins, il fut consacré à titre posthume, en 1952, étant mort dans un accident d’avion en 1947 en Algérie.
Avenue Georges Graff
patrimoineAvenue Georges-Henri Rivière
natureAvenue Germaine Dulac
patrimoineAvenue Germaine Tillion
patrimoineAvenue Gros Malhon
patrimoineAvenue Henri Fréville
patrimoineAvenue Jacqueline de Romilly
patrimoineAvenue Jean Janvier
patrimoineAvenue Jorge Semprún
patrimoineAvenue Jules Ferry
patrimoineAvenue Jules Maniez
patrimoineAvenue Louis Barthou
patrimoineAvenue Monseigneur Mouézy
patrimoineAvenue Pierre Donzelot
patrimoineAvenue Sergent Maginot
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patrimoineBoulevard de la Tour d'Auvergne
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patrimoineBoulevard de Sévigné
natureBoulevard des Hautes Ourmes
patrimoineBoulevard de Strasbourg
patrimoineBoulevard des Trois Croix
patrimoineBoulevard de Verdun
patrimoineBoulevard de Vitré
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patrimoineBoulevard Saint-Conwoïon
patrimoineBoulevard Saint-Jean-Baptiste de la Salle
patrimoineBoulevard Sébastopol
patrimoineBoulevard Solférino
patrimoineBoulevard Villebois-Mareuil
patrimoineBoulevard Volney
patrimoineBoulevard Voltaire
histoireIssu de la bourgeoisie parisienne, François-Marie Arouet (1694-1778) fit de brillantes études chez les jésuites de Louis-le-Grand. Son pseudonyme Voltaire est l'anagramme d'Arovet L.J. — « Arouet le Jeune » — à une époque où u et v ne se distinguaient pas encore à l'écrit. Ses vers irrévérencieux contre le Régent lui valurent onze mois de Bastille en 1717, où il écrivit sa première tragédie et se choisit son nouveau nom. Un franc-parler récidiviste l'exila ensuite en Angleterre pendant trois ans, séjour décisif : il en revint transformé, avec une philosophie réformatrice de la justice et de la société inspirée du modèle anglais, et une défense ardente de la liberté d'expression. Rentré en France, il ne cessa dès lors de critiquer la guerre, le dogme chrétien et surtout la monarchie absolue de droit divin. Historiographe du roi en 1745, il entra à l'Académie française l'année suivante — mais ses écrits scandaleux (Zadig, 1747) le forcèrent à l'exil, d'abord chez Frédéric II à Berlin, puis en Suisse. En 1759, il s'installa à Ferney, village frontalier de la Suisse qui portera désormais son nom : il y accueillit toute l'Europe éclairée pendant vingt ans, devenant le « patriarche de Ferney », référence intellectuelle du siècle. La même année, il publia Candide, roman satirique où sa naïveté imaginaire dénonce le fanatisme, la guerre, l'esclavage et l'optimisme métaphysique de Leibniz — le fameux « Il faut cultiver notre jardin » qui clôt le livre. Avec ses pamphlets mordants, il se battit contre les injustices judiciaires : l'affaire Calas (protestant toulousain roué en 1762, réhabilité grâce à lui en 1765), l'affaire Sirven, l'exécution du jeune chevalier de La Barre. À chacun il opposa sa devise, signée à la fin de ses lettres : « Écrasons l'infâme » — l'infâme étant le fanatisme religieux. En 1778, à quatre-vingt-trois ans, il revint triomphalement à Paris après vingt-huit ans d'absence : la Comédie-Française l'acclama debout, la foule l'idolâtra. Il mourut trois mois plus tard. Refusé de sépulture chrétienne, enterré à la sauvette en Champagne, il fut transféré au Panthéon par la Révolution en 1791. Il y repose depuis, face à Rousseau — les deux frères ennemis des Lumières.
Canal Saint-Martin
patrimoineCarré de Saxe
patrimoineCarrefour de la Cathédrale
patrimoineCarrefour Georges Nitsch
patrimoineCarrefour Jouaust
patrimoineCentre Culturel Triangle
patrimoineChemin Agricol Perdriguier
patrimoineChemin de Baud
patrimoineChemin de Halage
patrimoineChemin de la Cloustière
patrimoineChemin de la Guérinais
patrimoineChemin de la Haute Division
patrimoineChemin de la Prévalaye
patrimoineChemin de la Taupinais
patrimoineChemin de l'Enfer
patrimoineChemin de Moldavie
patrimoineChemin de Ronde
patrimoineChemin des Dardanelles
patrimoineChemin des Louvries
patrimoineChemin des Ormes
patrimoineChemin de Torigné
patrimoineChemin d'Herzégovine
patrimoineChemin du Bois Harel
patrimoineChemin du Landrel
patrimoineChemin du Pré du Bois-Robin
patrimoineChemin du Pré Namet
patrimoineChemin Eugène Bigot
patrimoineChemin Hippolyte Mazé
patrimoineChemin les Roches
patrimoineChemin Motte Goulven
patrimoineChemin Pierre Flatrès
patrimoineChemin Professeur Henry des Abbayes
patrimoineChemin Robert de Boron
patrimoineChemin rural 16 du CR 8 à la RN 137
patrimoineChemin rural de la Grasnière au Champs Rôtis
patrimoineChemin rural de la VC 7 à la Grabotière
patrimoineCité d'Aleth
patrimoineContour de la Motte
patrimoineContour Saint-Aubin
patrimoineContour Saint-Germain
patrimoineCormerais
patrimoineCours d'Arnhem
patrimoineCours de Bilbao
patrimoineCours de Bohême
patrimoineCours de Lisbonne
patrimoineCours des Alliés
patrimoineCours d'Helsinki
patrimoineCours Président John Fitzgerald Kennedy
patrimoineCours Raphaël Binet
patrimoineDéchargement des rames
patrimoineDeck en bois
patrimoineEscalier du Cartage
patrimoineescallier
patrimoineEspace Pédagogique d'Apprentissage du Vélo
patrimoineEsplanade Charles de Gaulle
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Esplanade du Champ de Mars
patrimoineEsplanade Julie-Rose Calve
patrimoineFuture passerelle
patrimoineGaleries du Théâtre
cultureG.S DU LANDRY
patrimoineImpasse des barrières
patrimoineJardin de Londres
patrimoineJardin du Semnon
patrimoineJardins de Grenade
patrimoineJardins de Spolette
patrimoineJardins Slovène
patrimoineLa Motte Gautais
patrimoineMail Anne Catherine
patrimoineMail du Cardo
patrimoineMail Emmanuel Le Ray
patrimoineMail François Mitterrand
patrimoineMail Germaine Poinso-Chapuis
patrimoineMail Louise Bourgeois
patrimoineMail Robert Merle
patrimoineMetropolis 1
patrimoineMetropolis 2
patrimoineMetropolis 3
patrimoineParc de la Madeleine
patrimoineParc des Balkans
patrimoineParc Saint-Martin
patrimoineParking Colombier
patrimoineParvis Agnès Varda
patrimoineParvis Philippe Pascal
patrimoinePassage Alek Plunian
patrimoinePassage Antoinette Caillot
patrimoinePassage Catherine Leroy
patrimoinePassage Céline Jan Jouault
patrimoinePassage de la Brazillais
patrimoinePassage de la Chapelle-Boby
patrimoinePassage de la Légion d'Honneur
patrimoinePassage de la Soule
patrimoinePassage de Plélo
patrimoinePassage des Bas Chemins
patrimoinePassage des Carmélites
patrimoinePassage de Strasbourg
patrimoinePassage d'Ille et Rance
patrimoinePassage d'Isly
patrimoinePassage du Couëdic
patrimoinePassage du Puits Mauger
patrimoinePassage du Rouergue
patrimoinePassage du Trégor
patrimoinePassage Henri Fréville
patrimoinePassage Jacques Cressard
patrimoinePassage Jeanne Chauveau
patrimoinePassage René Le Herpeux
patrimoinePassage Rosa Bonheur
patrimoinePassage Saint-Cast
patrimoinePassage Slovène
patrimoinePassage Suzanne Robine
patrimoinePassage Tristan et Iseult
patrimoinePasserelle Adèle Denys
patrimoinePasserelle Alice Milliat
patrimoinePasserelle Anita Conti
patrimoinePasserelle de la Guérinais
patrimoinePasserelle de la Ralentie
patrimoinePasserelle de Pontchaillou
patrimoinePasserelle des Bonnets Rouges
patrimoinePasserelle Élisabeth Vigée-Le Brun
patrimoinePasserelle Élisa-Napoleone Baciocchi
patrimoinePasserelle Émile Masson
patrimoinePasserelle Mauconseil
patrimoinePasserelle Odorico
patrimoinePasserelle Ovida Delect
patrimoinePasserelle Pauline de la Choüe de la Mettrie
patrimoinePasserelle Saint-Germain
patrimoinePiste Cyclable Châteaugiron
patrimoinePlace Albert Bayet
patrimoinePlace Assia Djebar
patrimoinePlace Bernard Monnin
patrimoinePlace Bir-Hakeim
patrimoinePlace Clara Zetkin
patrimoinePlace de Bretagne
patrimoinePlace de Coëtquen
patrimoinePlace de la Baltique
patrimoinePlace de la Brasserie
patrimoinePlace de la Cathédrale
patrimoinePlace de la Communauté
patrimoinePlace de la Gare
patrimoinePlace de la République
patrimoinePlace de la Rotonde
patrimoinePlace de la Trinité
patrimoinePlace de l'Europe
patrimoinePlace de l'Ordre national du Mérite
patrimoinePlace de Prague
patrimoinePlace des Colombes
patrimoinePlace de Serbie
patrimoinePlace des Lices
patrimoinePlace des Trois Chênes
natureOn l'identifie à ses feuilles lobées et à ses fruits appelés glands, mets de choix pour les sangliers et les écureuils. Le terme scientifique pour désigner la famille des chênes est « quercus », qui inclut plus de 600 espèces à travers le monde. L'une des plus célèbres est le chêne-liège, arbre méditerranéen exigeant en lumière, chaleur et eau, dont l'écorce à la texture élastique et poreuse fait les meilleurs bouchons et d'excellents isolants. Mais le plus beau spécimen reste sans conteste le chêne pédonculé : trapu, tronc court, houppier étalé, il pousse lentement mais peut vivre entre 500 et 2000 ans. Son bois dur et imputrescible a porté les charpentes des cathédrales — celle de Notre-Dame de Paris comptait 1300 chênes millénaires avant l'incendie — les vaisseaux de la marine royale de Colbert, et aujourd'hui encore les tonneaux qui donnent au vin son goût. Pas étonnant que les Gaulois vénéraient cet arbre comme un symbole de force, de justice et de longévité.
Place de Syracuse
patrimoinePlace de Torigné
patrimoinePlace du 50e d'Artillerie
patrimoinePlace du Banat
patrimoinePlace du Bas des Lices
patrimoinePlace du Calvaire
patrimoinePlace du Colombier
patrimoinePlace du Général Giraud
patrimoinePlace du Gros Chêne
naturePlace du Landrel
patrimoinePlace du Monténégro
patrimoinePlace du Parlement de Bretagne
patrimoinePlace du Ronceray
patrimoinePlace du Souvenir
patrimoinePlace du Souvenir Français
patrimoinePlace Edmond Safra
patrimoinePlace Eugène Aulnette
patrimoinePlace Georges Bernanos
patrimoinePlace Henri Terrière
patrimoinePlace Hoche
patrimoinePlace Honoré Commeurec
patrimoinePlace Hyacinthe Perrin
patrimoinePlace Jean Gouriou
patrimoinePlace Jeanne d'Arc
patrimoinePlace Jeanne Laurent
patrimoinePlace Jean Prost
patrimoinePlace Lucie et Raymond Aubrac
patrimoinePlace Lucien Daniel
patrimoinePlace Marie Marvingt
patrimoinePlace Marie Pape-Carpantier
patrimoinePlace Pasteur
sciencesLouis Pasteur (1822-1895) révèla dès l'enfance un vrai talent pour le dessin - son mentor au collège d'Arbois le surnomme « mon petit Michel-Ange » et il réalisera une quarantaine de portraits au pastel avant de se tourner vers la science. En 1863, il sera d'ailleurs nommé à la chaire de géologie, physique et chimie appliquées aux beaux-arts de l'École des Beaux-Arts de Paris. En 1865, Napoléon III lui demande de combattre les maladies qui ruinent les exportations de vin (acétification, pousse, graisse, amer). Pasteur met au point un chauffage à 60 °C pendant 20 à 30 minutes : la pasteurisation est née, faisant de Pasteur le sauveur du vin français. Le procédé sera ensuite appliqué à la bière, puis au lait. Marqué par la défaite de 1870 face aux Allemands, alors maîtres incontestés de la bière, il s'attelle à créer une bière française meilleure que la leur — un travail qui aboutira à la pasteurisation des bouteilles à 65 °C. Pourtant la célébrité de Pasteur vient du 6 juillet 1885, lorsqu'il inocula au jeune Joseph Meister, mordu 14 fois par un chien enragé, le premier vaccin antirabique de l'histoire ! L'enfant survécut et put vivre jusqu'à l'âge de 64 ans. Pasteur s'inspirait des travaux d'Edward Jenner sur la variole : il est donc le père du vaccin, mais non de la vaccination. Il fondit l'Institut Pasteur en 1888 et décéda à Marne-la-Coquette en 1895 et recevoir des funérailles nationales à Notre-Dame de Paris.
Place Paul Ricœur
patrimoinePlace Pierre Gilles
patrimoinePlace Pierre Landais
patrimoinePlace Recteur Henri Le Moal
patrimoinePlace Sainte-Anne
patrimoinePlace Saint-Germain
patrimoinePlace Saint-Guénolé
patrimoinePlace Saint-Melaine
patrimoinePlace Saint-Michel
patrimoinePlace Saint-Sauveur
patrimoinePlace Simone de Beauvoir
patrimoinePlace Thérèse Pierre
patrimoinePlacette Sébastien Le Balp
patrimoinePlacis de l'Orléanais
patrimoinePlateforme accès entrée N+1
patrimoinePont de Bretagne
patrimoinePont de Châteaudun
patrimoinePont de la Mission
patrimoinePont de Strasbourg
patrimoinePont Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Pont Legraverend
patrimoinePont Malakoff
patrimoinePont Pasteur
sciencesLouis Pasteur (1822-1895) révèla dès l'enfance un vrai talent pour le dessin - son mentor au collège d'Arbois le surnomme « mon petit Michel-Ange » et il réalisera une quarantaine de portraits au pastel avant de se tourner vers la science. En 1863, il sera d'ailleurs nommé à la chaire de géologie, physique et chimie appliquées aux beaux-arts de l'École des Beaux-Arts de Paris. En 1865, Napoléon III lui demande de combattre les maladies qui ruinent les exportations de vin (acétification, pousse, graisse, amer). Pasteur met au point un chauffage à 60 °C pendant 20 à 30 minutes : la pasteurisation est née, faisant de Pasteur le sauveur du vin français. Le procédé sera ensuite appliqué à la bière, puis au lait. Marqué par la défaite de 1870 face aux Allemands, alors maîtres incontestés de la bière, il s'attelle à créer une bière française meilleure que la leur — un travail qui aboutira à la pasteurisation des bouteilles à 65 °C. Pourtant la célébrité de Pasteur vient du 6 juillet 1885, lorsqu'il inocula au jeune Joseph Meister, mordu 14 fois par un chien enragé, le premier vaccin antirabique de l'histoire ! L'enfant survécut et put vivre jusqu'à l'âge de 64 ans. Pasteur s'inspirait des travaux d'Edward Jenner sur la variole : il est donc le père du vaccin, mais non de la vaccination. Il fondit l'Institut Pasteur en 1888 et décéda à Marne-la-Coquette en 1895 et recevoir des funérailles nationales à Notre-Dame de Paris.
Pont Robert Schuman
patrimoinePont Saint-Hélier
patrimoinePont Václav-Havel
patrimoinePorte d'Alma
patrimoinePorte d'Angers
patrimoinePorte de Beauregard
patrimoinePorte de Bréquigny
patrimoinePorte de Brest
patrimoinePorte de Cleunay
patrimoinePorte de Lorient
patrimoinePorte de Maurepas
patrimoinePorte de Nantes
patrimoinePorte des Longs Champs
patrimoinePorte de Villejean
patrimoinePorte du Blosne
patrimoinePré des Bonnets Rouges
patrimoinePromenade Agnès Labbé
patrimoinePromenade Alice Guy-Blaché
patrimoinePromenade Augusta Bruchlen-Jouhaux
patrimoinePromenade d'Algarve
patrimoinePromenade Danielle Casanova
patrimoinePromenade d'Aunis
patrimoinePromenade de Castille
patrimoinePromenade de Faro
patrimoinePromenade de la Retenue
patrimoinePromenade de la Tamoute
patrimoinePromenade de la Tauvrais
patrimoinePromenade de Lituanie
patrimoinePromenade de Lofoten
patrimoinePromenade des Bonnets Rouges
patrimoinePromenade de Scandinavie
patrimoinePromenade des Dombes
patrimoinePromenade des Vikings
patrimoinePromenade de Syracuse
patrimoinePromenade du Canut
patrimoinePromenade du Comté de Foix
patrimoinePromenade du Comté de Nice
patrimoinePromenade du Lavoir
patrimoinePromenade du Linon
patrimoinePromenade du Petit Champ Galoux
patrimoinePromenade du Ruisseau
naturePromenade Émile Masson
patrimoinePromenade Georges Brassens
patrimoinePromenade Helen Keller
patrimoinePromenade Jacqueline Manicom
patrimoinePromenade Jacques Briard
patrimoinePromenade Jean Delalande
naturePromenade Jeanne Brémontier
patrimoinePromenade Louis Chouinard
patrimoinePromenade Louise Foulon-Ropars
patrimoinePromenade Madeleine Desroseaux
patrimoinePromenade Marcel-Constant Houalet
patrimoinePromenade Marcel-Henri Lebouc
patrimoinePromenade Marguerite Yourcenar
patrimoinePromenade Marie Allo
patrimoinePromenade Marielle Franco
patrimoinePromenade Nicolas Borie
patrimoinePromenade Pierre Gardin de la Gerberie
patrimoinePromenade Pierre-Roland Giot
patrimoinePromenade Rosa Luxembourg
patrimoinePromenades des Remparts
patrimoineQuai Chateaubriand
patrimoineQuai d'Auchel
patrimoineQuai de la Prévalaye
patrimoineQuai de Richemont
patrimoineQuai d'Ille et Rance
patrimoineQuai Duguay Trouin
patrimoineQuai Dujardin
patrimoineQuai Émile Zola
patrimoineÉmile Zola (1840-1902) naît à Paris un jour d'avril 1840, fils d'un ingénieur italien venu construire le canal qui alimente encore Aix-en-Provence en eau potable. Son père meurt quand Émile a sept ans, laissant la famille dans une gêne dont elle ne se relèvera jamais tout à fait. Enfance provençale à Aix, amitié fondatrice avec un camarade de classe nommé Paul Cézanne — les deux gamins passent leurs journées à courir la Sainte-Victoire, à écrire des vers et à peindre. Puis retour à Paris, où le jeune Zola échoue deux fois au baccalauréat et se retrouve, à vingt ans, à décharger des livres à la librairie Hachette pour survivre. C'est d'abord par le journalisme qu'il perce. Il écrit dans une vingtaine de titres, défend Manet et les impressionnistes quand tout Paris s'en moque, se fait connaître pour ses articles cinglants. Ses premiers romans passent inaperçus. Puis vient l'idée qui va changer sa vie et la littérature française : suivre une famille, les Rougon-Macquart, sur cinq générations, à travers vingt volumes, pour peindre « l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire ». Le projet est monstrueux. Il y consacrera vingt-trois ans de sa vie. L'Assommoir parut en 1877, Nana en 1880, Germinal en 1885 : Zola devient un phénomène. Pour la première fois dans la littérature française, on entre dans les mines, dans les blanchisseries, dans les cabarets ouvriers, dans les grands magasins naissants. Il s'y prépare comme un enquêteur : il descend au fond des puits, dort dans les corons, prend des notes sur les gestes, les odeurs, les jurons, le prix du pain. Ses détracteurs hurlent au scandale, à la vulgarité, à la pornographie. Ses lecteurs, eux, se comptent par centaines de milliers. Germinal devient, malgré lui, la bible des mineurs en grève — quand il meurt, des délégations ouvrières viendront de tout le nord de la France pour saluer son cercueil aux cris de « Germinal ! Germinal ! ». Le 13 janvier 1898, il publie "J'accuse" en une du journal L'Aurore une lettre ouverte au président de la République, pour dénoncer la condamnation du capitaine Dreyfus. Le titre, trouvé par Clemenceau, tient en deux mots qui vont traverser les siècles : J'accuse…! Zola nomme les responsables un à un, les accuse de faux, de complot, d'antisémitisme d'État. Il sait ce qu'il risque : le procès en diffamation, la ruine, l'exil. Il le fait quand même. Condamné à un an de prison, il s'enfuit en Angleterre, y vit onze mois d'un exil misérable et solitaire dans des pensions de famille. Il rentre en France en 1899. L'affaire Dreyfus finira par lui donner raison — le capitaine sera réhabilité en 1906, quatre ans après la mort de Zola. Le 29 septembre 1902, il est retrouvé mort chez lui, rue de Bruxelles à Paris, asphyxié par les émanations d'une cheminée bouchée. Sa femme, à ses côtés, survit de justesse. Accident ? Officiellement, oui. Mais dès les premières heures, la rumeur d'un assassinat court : un couvreur antidreyfusard aurait, disait-on, obstrué le conduit pendant des travaux, en pleine nuit. Trente-et-un ans plus tard, en 1953, un vieil ouvrier confessera sur son lit de mort avoir participé au crime. Vérité, affabulation ? On ne le saura jamais tout à fait. Ses obsèques rassemblent une foule immense au Panthéon — Anatole France y prononce un discours resté célèbre : « Il fut un moment de la conscience humaine. » En 1908, ses cendres sont transférées au Panthéon, sous les huées de la droite antidreyfusarde et un coup de revolver tiré sur Alfred Dreyfus en personne, présent à la cérémonie. Zola repose désormais face à Victor Hugo, celui qu'enfant il vénérait plus que tout. La boucle est bouclée — celle d'un homme qui, plus qu'aucun autre, aura mis sa plume au service de ceux qui n'en avaient pas.
Quai Éric Tabarly
patrimoineQuai Lamartine
histoireD'abord poète célébré — les Méditations poétiques le rendirent illustre à trente ans —, Alphonse de Lamartine (1790-1869) devint sur le tard un politicien redouté pour son éloquence. Élu député en 1833, il se fit connaître par des discours retentissants sur la question sociale : après la révolte des canuts lyonnais, il dénonça dans un discours resté célèbre « l'horrible volcan sur lequel l'industrie repose » — formule qui frappait les esprits mais agaçait une Chambre bourgeoise que ses envolées mystiques laissaient sceptique. Quand la Monarchie de Juillet s'effondre le 24 février 1848, Lamartine se retrouve, presque malgré lui, à la tête du gouvernement provisoire. Le lendemain, à l'Hôtel de Ville, une foule en armes exige que le drapeau rouge, symbole insurrectionnel, remplace le tricolore. Lamartine s'y oppose dans un discours improvisé qui reste l'un des grands moments d'éloquence du XIXᵉ siècle : « Le drapeau rouge que vous nous rapportez n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93, tandis que le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. » Chef de facto de la jeune République, il fit abolir l'esclavage dans les colonies et la peine de mort en matière politique — deux mesures dont l'écho dépasse largement son court passage au pouvoir. L'euphorie de février tourne court. La fermeture des ateliers nationaux, ces chantiers publics créés pour employer les chômeurs parisiens, déclenche en juin 1848 une insurrection ouvrière — les Journées de Juin — matée dans le sang par le général Cavaignac. Lamartine, débordé par des événements qu'il ne maîtrise plus, perd tout crédit auprès du peuple qui l'avait porté en triomphe quatre mois plus tôt. La chute est vertigineuse. À l'élection présidentielle du 10 décembre 1848, celui qui avait proclamé la République ne recueille que 17 910 voix — 0,23 % —, humilié par Louis-Napoléon Bonaparte (5,4 millions de voix, 74 %). Dans son propre département de Saône-et-Loire, il n'obtient que 1 501 voix contre 27 121 pour Bonaparte. Sa carrière politique s'achève là, aussi vite qu'elle s'était imposée. Il retourne à la littérature et finit sa vie criblé de dettes, vendant sa plume au plus offrant pour survivre — lui qui, quelques décennies plus tôt, écrivait déjà dans L'Isolement son goût pour l'arrachement et la fuite : "Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !"
Quai Lamennais
patrimoineQuai Robinot de Saint-Cyr
patrimoineQuai Saint-Cast
patrimoineQuai Saint-Cyr
patrimoineRambla Dalida
patrimoineRésidence de la Courrouze
patrimoineRésidence La Forestière
patrimoineRésidence La Grande Thébaudais
patrimoineRésidence Les Jardins de la Pléiade
patrimoineRésidence Saint-Jean-Baptiste de la Salle
patrimoineREV Rennes Cesson-Sévigné
natureRocade Est
patrimoineRocade Nord
patrimoineRocade Nord-Ouest
patrimoineRocade Ouest
patrimoineRocade Sud
patrimoineRond-Point Colonel Diègue Santa
patrimoineRond-Point de la Porte de Maurepas
patrimoineRond-Point de la Préfecture
patrimoineRond-Point de la Robiquette
patrimoineRond-Point des Forces Françaises de l'ONU
patrimoineRond-Point des Gayeulles
patrimoineRond-Point Escadrille Normandie-Niemen
patrimoineRond-Point François Château
patrimoineRond-point Harriet Tubman
patrimoineRoute de la Beuchère
patrimoineRoute de la Grabotière
patrimoineRoute de la Grasnière
patrimoineRoute de Saint-Brieuc
patrimoineRoute de Sainte-Foix
patrimoineRoute de Saint-Sulpice
patrimoineRoute des Champs Rôtis
patrimoineRue Abbé Henri Grégoire
patrimoineRue Abbé Huet
patrimoineRue Abbé Nicolas Trublet
patrimoineRue Ada Lovelace
patrimoineRue Adolphe Leray
patrimoineRue Adolphe Touffait
patrimoineRue Aimée Antignac
patrimoineRue Alain Bouchart
patrimoineRue Alain Gerbault
patrimoineRue Albert Aubry
patrimoineRue Albert Briand
patrimoineRue Albert Camus
patrimoineRue Albert de Mun
patrimoineRue Albert Gérard
patrimoineRue Albert Martin
patrimoineRue Albert Thomas
patrimoineRue Alexandra David-Néel
patrimoineRue Alexandre Duval
patrimoineRue Alexandre Lefas
patrimoineRue Alexandre Provost
patrimoineRue Alexandre Ribot
patrimoineRue Alfred de Musset
patrimoineRue Alfred Lavanant
patrimoineRue Alphonse Chérel
patrimoineRue Alphonse Guérin
patrimoineRue Ambroisine Garnier-Leray
patrimoineRue Amiral Courbet
patrimoineRue Amiral Gaspard de Coligny
patrimoineRue Anatole France
cultureFils de libraire parisien, Jacques Anatole François Thibault (1844-1924) commença par écrire de la poésie avant de se tourner vers la prose. Sous le pseudonyme d'Anatole France, hommage à son père, il devint bibliothécaire au Sénat en 1876 et rédigea la chronique littéraire du prestigieux journal Le Temps de 1886 à 1893, forgeant peu à peu sa réputation d'humaniste sceptique et lettré. Il obtint la notoriété en 1881 avec Le Crime de Sylvestre Bonnard, l'histoire d'un vieil érudit selon lequel « savoir n'est rien, imaginer est tout », et qui n'hésite pas à enlever une petite fille pour la protéger d'un tuteur abusif. Grand admirateur — et amant fidèle vingt-cinq années durant — de Léontine Arman de Caillavet, hôtesse d'un des salons les plus influents de Paris qui fut sa muse et sa correctrice, il donna dans les années 1890 sa fresque en quatre volumes de l'Histoire contemporaine (1897-1901), tableau ironique et féroce de la société de son temps. Politiquement, l'affaire Dreyfus le radicalisa : il fut l'un des premiers signataires du Manifeste des intellectuels en 1898, aux côtés de son ami Émile Zola, et alla jusqu'à rendre sa Légion d'honneur en signe de protestation. Sa satire féroce de la classe politique, L'Île des Pingouins (1908), acheva de le placer à gauche. Compagnon de route de Jaurès, il salua en 1919 la Révolution russe et soutint le jeune Parti communiste français. Sa gloire fut immense : couronné du prix Nobel de littérature en 1921, il reçut à sa mort en 1924 des funérailles nationales. Mais dès le lendemain, les jeunes surréalistes — Breton, Aragon, Éluard — publiaient contre lui un pamphlet vengeur intitulé « Un cadavre », marquant le début d'un long purgatoire littéraire dont il ne se relèvera jamais. Son ironie mordante reste pourtant étonnamment actuelle : « On croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels. »
Rue Anatole Le Braz
patrimoineRue André Désilles
patrimoineRue Andrée Récipon
patrimoineRue André et Yvonne Meynier
patrimoineRue André Gallais
patrimoineRue André Gide
patrimoineRue André Pailheret
patrimoineRue André Percerou
patrimoineRue André Philip
patrimoineRue André Rouault
patrimoineRue André Trasbot
patrimoineRue Ange Blaize
patrimoineRue Angèle Vannier
patrimoineRue Anna Politkovskaia
patrimoineRue Antoine Becquerel
patrimoineRue Antoine Joly
patrimoineRue Armand Barbès
patrimoineRue Armand Herpin-Lacroix
patrimoineRue Armand Rébillon
patrimoineRue Arnaud Beltrame
patrimoineRue Arthur Fontaine
patrimoineRue au Duc
patrimoineRue Auguste Blanqui
patrimoineRue Auguste Chilou
patrimoineRue Auguste Comte
patrimoineRue Auguste Pavie
patrimoineRue Auguste Scheurer-Kestner
patrimoineRue Aurélie Nemours
patrimoineRue Bahon-Rault
patrimoineRue Bara
patrimoineRue Barbara
patrimoineRue Barbey d'Aurevilly
patrimoineRue Barthélémy Pocquet
patrimoineRue Baudelaire
patrimoineRue Baudrairie
patrimoineRue Baudri de Bourgueil
patrimoineRue Beaugeard Lancelot
patrimoineRue Beaumanoir
patrimoineRue Beaumarchais
patrimoineRue Benjamin Franklin
patrimoineRue Bernard Palissy
sciencesArtisan autodidacte devenu l'un des plus grands céramistes de la Renaissance, Bernard Palissy (v.1510-1589) passa seize ans de sa vie obstinément penché sur son four, à chercher le secret de l'émail blanc à la vénitienne — ruinant sa famille, brûlant ses meubles pour alimenter son feu quand le bois vint à manquer. La légende, colportée jusque dans l'Encyclopédie de Diderot, veut qu'il ait sacrifié jusqu'aux planches de son plancher. Sa persévérance finit par payer : il inventa les fameuses « rustiques figulines », plats et bassins émaillés où grouillent, en relief saisissant, lézards, poissons, serpents, grenouilles et coquillages moulés d'après nature. Sa virtuosité lui valut la protection de Catherine de Médicis, pour qui il aménagea une grotte céramique aux Tuileries. Mais Palissy fut aussi un précurseur des sciences : converti au protestantisme vers 1546, il donna des conférences remarquées sur les eaux, les métaux, la formation des roches, et défendit contre l'Église l'idée révolutionnaire que les fossiles sont des restes d'animaux réels — bien avant la naissance de la paléontologie. Ses convictions religieuses lui valurent la prison sous Henri II, puis la Bastille à près de quatre-vingts ans, où il mourut en 1589. La légende raconte qu'Henri III, venu le presser d'abjurer, s'entendit répondre : « Sire, vous ne pouvez rien contre moi, car je sais mourir. »
Rue Bernard Salmon
patrimoineRue Berthe Morisot
patrimoineRue Berthe Savery
patrimoineRue Bertrand Robidou
patrimoineRue Bigarré
patrimoineRue Bigot de Préameneu
patrimoineRue Blaise Pascal
sciences« L'homme est un roseau pensant », « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie »… Les Pensées de Blaise Pascal (1623-1662) sont un incontournable de la philosophie française. Le penseur y décrit la condition humaine avec une profondeur pénétrante qui laisse difficilement indifférent. Il voit en Dieu la réponse à la faiblesse de l'Homme, qui ne peut ni douter de tout ni tout savoir absolument — ce en quoi il s'oppose au rationalisme de Descartes, qu'il jugeait trop orgueilleux : pour Pascal, Dieu se sent « au cœur, non à la raison ». Toute son œuvre porte la trace d'une nuit fondatrice : le 23 novembre 1654, il vit une expérience mystique bouleversante qu'il note fébrilement sur un parchemin — le fameux « Mémorial » — cousu dans la doublure de son pourpoint et qu'il portera sur lui jusqu'à sa mort, à trente-neuf ans. Une brièveté qui n'aura empêché ni sa géniale carrière de mathématicien et de physicien, ni la révolution philosophique qu'il aura, en si peu de temps, laissée derrière lui. Inventeur à dix-neuf ans d'une machine à calculer — la fameuse Pascaline, ancêtre lointain de nos ordinateurs, voir l'image — Blaise Pascal fut aussi l'un des plus grands physiciens de son siècle. On lui doit notamment l'expérience du crève-tonneau : introduire dans un tonneau fermé un fin tuyau vertical de plusieurs mètres, puis le remplir d'eau. À partir d'une certaine hauteur, la pression exercée par la petite colonne d'eau du tuyau suffit à faire exploser le tonneau ! En 1648, il mit également son beau-frère à contribution pour gravir le puy de Dôme avec un baromètre au mercure, prouvant que la colonne baissait en altitude — preuve définitive de l'existence de la pression atmosphérique et démentant les cartésiens qui prétendaient que « la nature a horreur du vide ». C'est d'ailleurs en son honneur que l'unité internationale de pression s'appelle le pascal (1 hectopascal = 100 pascals) — celle-là même qu'affichent les baromètres et les bulletins météo. La pression correspond à une force par unité de surface. Qu'est-ce qu'une force, au fait ?
Rue Boisgelin de Cucé
patrimoineRue Boulay-Paty
patrimoineRue Bourde de la Rogerie
patrimoineRue Bourgault-Ducoudray
patrimoineRue Brindejonc des Moulinais
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue Brizeux
patrimoineRue Brossay Saint-Marc
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patrimoineRue Camille Desmoulins
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue Camille Le Mercier d'Erm
patrimoineRue Camille Pelletan
patrimoineRue Camille Saint-Saëns
cultureEntré au Conservatoire à l'âge de treize ans, Camille Saint-Saëns (1835-1921) acquit rapidement une renommée significative auprès de grands compositeurs comme Rossini ou Berlioz. Organiste titulaire de la Madeleine à Paris pendant vingt ans, puis professeur de piano, il composa dans tous les genres : les opéras Samson et Dalila (1877) et Déjanire (1898) assirent sa notoriété, tandis que le Carnaval des animaux — qu'il refusa de publier de son vivant, le jugeant trop léger — reste aujourd'hui son œuvre la plus jouée à travers le monde. Souvent en opposition avec le wagnérisme, son style contribua au développement du poème symphonique, genre nouveau également porté par Liszt. Pris par l'élan patriotique qui succéda à la défaite française lors de la guerre franco-prussienne, Saint-Saëns fonda en 1871 la Société nationale de musique pour promouvoir les compositeurs de l'hexagone. Fait notable dans l'histoire du cinéma, il fut aussi le premier à composer spécialement une musique pour un film — celle de L'Assassinat du duc de Guise, en 1908.
Rue Capitaine Gaston Duché de Bricourt
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patrimoineRue Capitaine Palicot
patrimoineRue Cardinal Paul Gouyon
patrimoineRue Cardinal Roques
patrimoineRue Carle Bahon
patrimoineRue Carnot
sciencesFils du grand Lazare Carnot (1753-1823) — mathématicien, ministre de la Guerre et « Organisateur de la Victoire » sous la Révolution française —, Sadi Carnot (1796-1832) fut, comme son père, formé à Polytechnique. Il n'a laissé qu'un seul livre, mais quel livre : les Réflexions sur la puissance motrice du feu, publiées à ses frais en 1824, à vingt-huit ans. Cet ouvrage passé quasi inaperçu à sa parution deviendra, quelques décennies plus tard, l'un des textes fondateurs de la science moderne. Carnot y étudie le fonctionnement des machines thermiques, ces systèmes qui convertissent la chaleur en énergie mécanique — celle qui met en mouvement une roue, une turbine, un piston. Il montre qu'une machine idéale décrit un cycle entre deux sources de chaleur, une chaude et une froide, et que son rendement maximum ne dépend que de la différence de température entre ces deux sources, jamais de la nature du fluide utilisé. Ce résultat fulgurant jetait les bases du deuxième principe de la thermodynamique, que formalisera plus tard l'Allemand Rudolph Clausius (1822-1888) en 1850. Du fameux cycle de Carnot sont issues d'innombrables applications de la vie quotidienne : les moteurs des voitures (cycle Diesel pour le gazole, cycle Beau de Rochas pour l'essence), les réfrigérateurs, les climatiseurs, les pompes à chaleur. Chose bouleversante : Carnot mourut du choléra à 36 ans, lors de l'épidémie parisienne de 1832. Selon les usages sanitaires de l'époque, ses carnets scientifiques furent brûlés pour éviter la contagion — des années de recherches disparurent en fumée. Les fragments retrouvés ont montré qu'il avait aussi entrevu, bien avant les autres, la loi de conservation de l'énergie. Avez-vous déjà entendu parler de son neveu et homonyme Sadi Carnot ? On lui attribue généralement les rues Sadi Carnot.
Rue Caudine Hermann
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cultureFils d'un couvreur devenu maître coutelier de Langres, dans la Haute-Marne, Denis Diderot (1713-1784) fut l'un des esprits les plus vastes et les plus audacieux de son siècle. Athée, matérialiste, précurseur de l'évolutionnisme un siècle avant Darwin, hostile aux dogmes religieux comme aux tyrannies politiques, il incarna toutes les hardiesses des Lumières. Sa réputation moderne tient d'abord à son grand œuvre : l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, coécrite avec le mathématicien Jean Le Rond d'Alembert, à laquelle il consacra vingt années de sa vie. Initialement conçue comme une simple traduction de la Cyclopædia de l'Anglais Chambers, elle explosa sous sa plume en une entreprise philosophique et militante d'une ampleur inédite : 17 volumes de texte, 11 volumes de planches, 71 818 articles — véritable arsenal de la raison contre les préjugés, mise à l'Index par le pape et plusieurs fois interdite. Mais Diderot ne fut pas seulement encyclopédiste. Il est aussi l'un des grands prosateurs français : Le Neveu de Rameau (dialogue vertigineux entre un philosophe et un parasite génial, découvert et traduit par Goethe), Jacques le Fataliste (roman précurseur du modernisme), La Religieuse (réquisitoire brûlant contre la vie conventuelle forcée). Il inventa aussi la critique d'art moderne avec ses Salons commentant les expositions du Louvre. Il pensa le théâtre avec le Paradoxe sur le comédien. Et sa correspondance avec sa maîtresse Sophie Volland compte parmi les plus belles pages du XVIIIᵉ siècle. Emprisonné à Vincennes en 1749 pour ses écrits athées — c'est là que Rousseau vint le voir à pied depuis Paris, moment fondateur de leur amitié —, il vécut toute sa vie dans une gêne financière que sa gloire n'atténuait pas. À soixante ans, il vendit sa bibliothèque à Catherine II de Russie, qui lui en laissa l'usage jusqu'à sa mort, et fit le voyage à Saint-Pétersbourg dans l'espoir vain de convaincre l'impératrice d'appliquer les principes des Lumières. Il mourut à Paris en 1784, cinq ans avant la Révolution qu'il avait tant fait pour préparer. Étrangement, il n'entra jamais au Panthéon — malgré plusieurs tentatives récentes. Il repose discrètement dans l'église Saint-Roch, à quelques rues du Louvre — un des rares grands des Lumières que la République n'a jamais consacré. L'héritage d'une vie de travail au service de la raison.
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patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue du Moulin Saint-Martin
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
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patrimoineRue Gabriel Fauré
cultureEnfant surdoué venu du Sud-Ouest, Gabriel Fauré (1845-1924) fut envoyé à onze ans à Paris pour intégrer la toute nouvelle École Niedermeyer, institution originale qui, à l'écart du Conservatoire, formait ses élèves à la musique religieuse ancienne et à l'orgue plutôt qu'à la virtuosité pianistique. Cette formation à part fit toute la différence : Fauré développa un langage harmonique unique, aux modulations discrètes et aux tensions douces, qu'on qualifie encore aujourd'hui de « fauréen ». Toute sa vie, il mena de front la composition et la fonction : maître de chapelle puis titulaire du grand orgue de la Madeleine à Paris, cofondateur de la Société nationale de musique, enfin directeur du Conservatoire de Paris de 1905 à 1920 — où ses réformes lui valurent le surnom de « Robespierre », mais où il forma une génération entière de compositeurs : Maurice Ravel, Nadia Boulanger (qui elle-même formera Bernstein, Copland ou Piazzolla), Charles Koechlin, Georges Enesco. Son catalogue pianistique regorge d'œuvres intimistes — barcarolles, nocturnes, impromptus, valses-caprice — et il excella dans la mélodie, avec deux recueils sommets : La Bonne Chanson (1892-1894) et L'Horizon chimérique (1921). Mais l'œuvre par laquelle des millions de gens ont découvert Fauré est son Requiem (1888) — sublime dans son Pie Jesu et bouleversant dans son In Paradisum. À contre-courant des Requiem dramatiques de Berlioz ou Verdi, Fauré y a peint la mort comme « une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d'au-delà ». Belle prophétie personnelle : à partir de 1902, il devint progressivement sourd, composant ses dernières œuvres dans le silence — comme Beethoven un siècle plus tôt. Il mourut à Paris en 1924. Sur son Requiem, il n'y a rien à ajouter — sinon peut-être ce que Marcel Proust, grand admirateur, disait de sa musique : elle avait le pouvoir de rendre visible ce que d'autres ne pouvaient qu'espérer.
Rue Gabriel Germain
patrimoineRue Gambetta
histoireFils d'un épicier génois installé à Cahors, Léon Gambetta (1838-1882) n'a rien d'un enfant de la bourgeoisie parisienne. Il monte à Paris étudier le droit, perd un œil dans un accident d'enfance, mais compense ce handicap par une voix de tonnerre et un art oratoire qui va sidérer son époque. Avocat, il se fait connaître en 1868 par une plaidoirie fulgurante contre le Second Empire — un réquisitoire devenu célèbre où il énumère, un à un, les crimes du régime. Le jeune homme du Sud-Ouest est désormais un nom. Le 4 septembre 1870. La France vient d'être écrasée à Sedan, l'empereur est prisonnier des Prussiens. À l'Hôtel de Ville de Paris, Gambetta — 32 ans — proclame la République depuis un balcon, devant une foule en délire. Ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de Défense nationale rapidement encerclé dans Paris assiégé, il prend une décision spectaculaire : le 7 octobre, il s'échappe en ballon au-dessus des lignes prussiennes pour rejoindre la province et y lever de nouvelles armées. L'image est restée : un ministre en montgolfière, écharpe au vent, allant sauver la patrie. Depuis Tours puis Bordeaux, il improvise en quelques semaines des armées entières, mobilise, réquisitionne, harangue. Rien n'y fait : la France est vaincue, l'Alsace-Moselle perdue. Gambetta démissionne, refusant de cautionner le traité. Ce qu'il fait ensuite est peut-être plus important encore. Dans une Assemblée majoritairement monarchiste, il consacre dix ans à convaincre, séduire, rallier — patiemment, ville après ville, discours après discours. Sa formule reste célèbre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi. » Il forge le vocabulaire, les rituels, la mystique d'une République qui doit s'ancrer dans les cœurs. Il popularise la Marseillaise, le 14 juillet, l'école laïque à venir. Sans lui, il n'est pas sûr que la République se serait installée durablement en France. Nommé enfin président du Conseil en novembre 1881, son gouvernement — le « Grand Ministère » que tout le monde attendait — tombe au bout de dix semaines. Le 27 novembre 1882, dans sa maison des Jardies à Ville-d'Avray, un coup de revolver part accidentellement, lui traversant la main. La blessure paraît bénigne mais il meurt le 31 décembre, à 44 ans, d'une appendicite mal soignée aggravée par sa convalescence. La rumeur d'un suicide, ou d'un drame passionnel avec sa compagne Léonie Léon, courra longtemps. Des funérailles nationales grandioses ont lieu le 6 janvier 1883 : un demi-million de Parisiens suivent le cortège. En 1920, pour le cinquantenaire de la République, son cœur — et son cœur seul — est transféré au Panthéon dans une urne. Le reste de son corps repose à Nice, auprès de son père. Étrange destin posthume pour celui qui, plus que tout autre, avait mis le sien au service de la République.
Rue Garin Trousseboeuf
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patrimoineRue Geneviève de Gaulle-Anthonioz
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
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patrimoineRue Hector Berlioz
cultureFils de médecin destiné à la médecine, Hector Berlioz (1803-1869) quitta l'école de santé à Paris pour la musique — au grand désespoir de son père qui lui coupa les vivres. Il entra au Conservatoire en 1823, remporta le prix de Rome en 1830 avec sa cantate Sardanapale, l'année même où sa Symphonie fantastique fit scandale à Paris. Cette œuvre folle et vertigineuse — récit halluciné d'un jeune artiste qui s'empoisonne à l'opium en rêvant qu'il assassine sa bien-aimée, est guillotiné, puis assiste à un sabbat de sorcières — était autobiographique : Berlioz venait de tomber follement amoureux, sans oser lui parler, de l'actrice irlandaise Harriet Smithson, vue au théâtre dans du Shakespeare. Détail savoureux : Harriet finit par entendre la symphonie, comprit qu'elle en était le sujet, rencontra Berlioz, et l'épousa en 1833. Le mariage fut désastreux, mais l'histoire est unique dans les annales musicales. Longtemps méconnu en France, Berlioz gagna sa vie par la critique musicale — plume redoutée et acerbe — et par de longues tournées à l'étranger (Allemagne, Autriche, Russie, Londres) où on l'adulait déjà quand Paris continuait de le bouder. Son Requiem (1837), puis sa Damnation de Faust (1846) et enfin son opéra monumental Les Troyens (composé de 1856 à 1858 mais jamais joué intégralement de son vivant), sommet de son œuvre, imposèrent peu à peu son génie. Maître absolu de l'orchestration — son Traité d'instrumentation et d'orchestration de 1844 fut la bible de tous les compositeurs jusqu'à Ravel —, ami de Liszt, Chopin, Paganini, Hugo et Delacroix, Berlioz mourut en 1869 dans l'amertume et la solitude, sa reconnaissance nationale encore à venir. Il est aujourd'hui considéré comme le plus grand compositeur français du XIXᵉ siècle.
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patrimoineRue Jean-Jacques Kérourédan
patrimoineRue Jean Jaffrès
patrimoineRue Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
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patrimoineRue Jean-Marie Huchet
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patrimoineRue Jean Monnet
patrimoineRue Jean Moulin
histoireIssu d'une famille républicaine et laïque (son père, professeur, était un fervent dreyfusard), Jean Moulin (1899-1943) grandit dans le culte de la République et le goût du dessin, qu'il pratiquera toute sa vie sous le pseudonyme de Romanin. Caricaturiste talentueux, il expose, publie dans des journaux satiriques, fréquente les artistes de Montparnasse. Rien ne semblait le destiner à devenir une icône. Haut fonctionnaire brillant, il gravit les échelons à vitesse fulgurante et devient, à 38 ans, préfet d'Eure-et-Loir, devenant ainsi le plus jeune préfet de France. En 1939. Il n'imagine pas encore que sa fonction va faire de lui, en quelques mois, un héros. Chartres, juin 1940. Alors que la Wehrmacht déferle, les Allemands veulent lui faire signer un document accusant des tirailleurs sénégalais de crimes qu'ils n'ont pas commis. Il refuse. On le frappe, on l'enferme dans une pièce avec le cadavre d'une femme, on le menace. La nuit venue, seul, il tente de se trancher la gorge avec un tesson de verre pour ne pas céder sous la torture. Il survit — mais portera désormais une cicatrice qu'il cachera sous une écharpe. Cette écharpe deviendra, avec le feutre et le regard sombre, son image éternelle. Révoqué par le régime de Vichy en novembre 1940, il gagne Londres via l'Espagne et le Portugal. Le général De Gaulle lui confie une mission d'une audace folle : unifier les mouvements de résistance intérieure, jusqu'alors dispersés, rivaux, cloisonnés. Parachuté en Provence dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, sous le nom de « Rex », il sillonne la France clandestinement, convainc, arbitre, fédère. Le 27 mai 1943, à Paris, rue du Four, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance — moment fondateur où communistes, socialistes, syndicalistes, chrétiens et gaullistes se retrouvent enfin sous une même bannière. Trois semaines après cette réunion historique, le 21 juin 1943, il tombe dans un guet-apens à Caluire-et-Cuire, près de Lyon. Arrêté par "le boucher de Lyon" Klaus Barbie, il est torturé pendant des jours dans les locaux de la Gestapo, avenue Berthelot. Il ne parlera pas. Un mot, un seul, aurait suffi à décapiter la Résistance : il l'emporte avec lui. Il meurt dans le train qui l'emmène vers l'Allemagne, quelque part près de Metz, le 8 juillet 1943. Il avait 44 ans. Le 19 décembre 1964, ses cendres sont transférées au Panthéon. Sous la pluie battante, André Malraux prononce l'un des plus beaux discours de la langue française : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » La voix se brise. Toute une génération pleure. Un visage — écharpe, feutre, regard — devient à jamais celui de la France qui a dit non.
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patrimoineRue Joseph Gomet
patrimoineRue Joséphine Baker
cultureAutomne 1925. Sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées, une jeune femme de dix-neuf ans venue d'un ghetto noir de Saint-Louis dans le Missouri fait son entrée dans la Revue Nègre — presque nue, portée à moitié sur les épaules de son partenaire, dansant un charleston frénétique. La salle est en émoi. Certains crient au scandale, d'autres à la révélation. Le lendemain, Freda Josephine McDonald (1906-1975), fille d'une blanchisseuse et d'un père absent, est devenue Joséphine Baker — la vedette la plus commentée de Paris. Un an plus tard, aux Folies Bergère, elle porte cette ceinture de seize bananes qui la rendra à jamais mythique, entre ironie coloniale et audace scénique. Elle avait quitté les États-Unis pour fuir la ségrégation. La France la fit reine, mais elle rendit largement le compliment. En 1937, elle épousa l'industriel Jean Lion et obtint la nationalité française. Deux ans plus tard, dès la déclaration de guerre, elle offrit ses services à Jacques Abtey, chef du contre-espionnage militaire. Ce fut le début d'une carrière secrète que le grand public ne découvrit qu'après-guerre : recueil de renseignements dans les soirées mondaines de Paris auprès des officiels étrangers, puis, à partir de 1940, transmission de messages codés dissimulés dans ses partitions musicales durant ses tournées en Espagne, au Portugal, en Afrique du Nord et au Proche-Orient. Refusant de chanter devant les Allemands dans Paris occupé, elle se retira dans son château des Milandes en Dordogne, puis rejoignit Casablanca et Marrakech où elle poursuivit son travail de renseignement pour la France libre. En 1944, elle fut nommée sous-lieutenant des Forces féminines de l'Air. Elle recevrait après la guerre la médaille de la Résistance française, la Croix de guerre et la Légion d'honneur des mains du général Valin. L'artiste ne cessa jamais d'être militante. En 1963, elle marcha aux côtés de Martin Luther King à Washington — la seule femme à prendre officiellement la parole ce jour-là, revêtue de son uniforme de l'armée française. Dans son château des Milandes, elle éleva sa fameuse tribu arc-en-ciel : douze enfants adoptés aux quatre coins du monde, expérience humaine et politique du vivre-ensemble qui la ruina financièrement. Chassée des Milandes en 1969, hébergée par la princesse Grace de Monaco, elle remonta une dernière fois sur scène à Bobino en 1975. Quatre jours après sa première triomphale, elle s'éteignit d'une hémorragie cérébrale. Le 30 novembre 2021, elle devint la sixième femme et la première femme noire à entrer au Panthéon. Son cercueil, à sa demande, resta à Monaco ; à Paris fut installé un cénotaphe contenant de la terre de ses quatre patries : Saint-Louis, Monaco, la Dordogne, et Paris.
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patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
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sciencesMaria Skłodowska (1867-1934) est originaire de Varsovie, dans une Pologne alors sous domination russe. Elle grandit dans une famille d'enseignants patriotes, cultivés et pauvres. Interdite d'université parce que femme et polonaise, elle suit les cours clandestins de « l'Université volante » avant de travailler comme gouvernante pour payer les études de sa sœur à Paris. Puis, à 24 ans, ce sera son tour : train pour Paris, chambre glaciale au Quartier latin, études à la Sorbonne dans une langue qu'elle apprend en marchant. Elle sort major de sa promotion en physique. En 1894, elle rencontre Pierre Curie, physicien discret et brillant. Ils se marient l'année suivante — voyage de noces à vélo à travers la France — et forment l'un des couples scientifiques les plus célèbres de l'histoire. Dans un hangar délabré de la rue Lhomond, sans chauffage, sans hotte, ils traitent à la main des tonnes de pechblende venue de Bohême pour en extraire, à la petite cuillère, quelques décigrammes d'un élément nouveau. Ils le nomment polonium en hommage à la patrie de Marie. Puis, quelques mois plus tard, en 1898, ils isolent le radium. Le monde entre dans l'ère de la radioactivité — un mot qu'elle a inventé. En 1903, le prix Nobel de physique récompense les Curie et Henri Becquerel. Le comité voulait n'honorer que les hommes ; Pierre exige que Marie soit associée. Elle devient la première femme lauréate d'un prix Nobel. La gloire, mais aussi la fatigue, la santé qui s'altère — leurs mains sont couvertes de brûlures qu'ils ne comprennent pas encore. Le 19 avril 1906, Pierre traverse la rue Dauphine sous la pluie, glisse, tombe sous les roues d'un camion à cheval. Il meurt sur le coup. Marie a 38 ans, deux petites filles, et un chagrin qui ne la quittera plus. Elle reprend pourtant la chaire de son mari à la Sorbonne — première femme professeur de l'histoire de l'université — et poursuit seule les recherches. En 1911, elle reçoit un second Nobel, de chimie cette fois, pour l'isolement du radium métallique. Elle est à ce jour la seule personne à avoir obtenu deux Nobel dans deux disciplines scientifiques distinctes. La même année, elle est écartée de l'Académie des sciences française : trop femme, trop étrangère, trop indépendante. Elle n'y entrera jamais. Pendant la Grande Guerre, elle équipe à ses frais une vingtaine de voitures radiologiques mobiles pour le front — les fameuses « petites Curie ». Elle apprend à conduire, forme des manipulatrices, se rend elle-même sous les obus. Un million de blessés seront radiographiés grâce à ces véhicules. Elle refuse toute médaille. Elle meurt le 4 juillet 1934, dans un sanatorium des Alpes, d'une anémie aplasique provoquée par des décennies d'exposition aux rayonnements. Ses carnets de laboratoire sont encore aujourd'hui si radioactifs qu'ils sont conservés dans des coffres plombés, à consulter en combinaison. En 1995, elle entre au Panthéon aux côtés de Pierre — première femme à y être admise pour ses propres mérites. Sa fille Irène recevra à son tour, avec son mari Frédéric Joliot-Curie, le Nobel de chimie en 1935. La science, chez les Curie, était affaire de famille — et de siècle.
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histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1885) naquit à Besançon le 7 ventôse de l'an X — soit le 26 février 1802 dans le calendrier révolutionnaire encore en usage. Poète, romancier, dramaturge, mais aussi (moins connu) dessinateur de génie — il laissa près de quatre mille dessins d'une audace visionnaire admirée par Delacroix —, il fut le père incontesté du romantisme français depuis la fameuse bataille d'Hernani (25 février 1830), soirée fondatrice où jeunes romantiques et académiques en vinrent presque aux mains au Théâtre-Français. Son œuvre est monumentale : Notre-Dame de Paris (1831), Ruy Blas, Les Misérables (1862, son sommet mondial), L'Homme qui rit, Quatre-vingt-treize, sans oublier les sublimes poèmes des Contemplations et des Châtiments, et l'immense fresque de La Légende des siècles. Sa carrière politique ne fut pas moindre. Nommé pair de France en 1845, il fut élu député de Paris en 1848, prit position contre la peine de mort — le combat de toute sa vie — et défendit ardemment la République. Le coup d'État du 2 décembre 1851 fomenté par Louis-Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon III) le contraignit à un exil de dix-neuf ans, d'abord en Belgique, puis dans les îles anglo-normandes de Jersey puis Guernesey, où il écrivit ses plus grandes œuvres. Quand Napoléon III lui offrit l'amnistie en 1859, il refusa avec ces mots devenus proverbes : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai. » Il tint parole et ne rentra que le 5 septembre 1870, deux jours après la chute de l'Empire, acclamé à la gare du Nord par une foule immense. Sa vie fut aussi celle des grands deuils : la mort noyée de sa fille Léopoldine en 1843, à dix-neuf ans, dans la Seine à Villequier — deuil fondateur qui inspirera le déchirant « Demain, dès l'aube… » — et la double vie sentimentale entre son épouse Adèle Foucher et sa muse Juliette Drouet, avec qui il vécut une passion secrète de cinquante ans. Il mourut d'une pneumonie à Paris le 22 mai 1885, à quatre-vingt-trois ans. Deux millions de personnes défilèrent devant sa dépouille sur les Champs-Élysées avant qu'il ne soit conduit au Panthéon, dans un simple corbillard de pauvre qu'il avait demandé par testament. Le Panthéon avait été rendu au culte laïque exprès pour l'accueillir. Il fut ainsi non seulement l'homme d'un siècle, mais le siècle en un homme.
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cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Rue Xavier de Langlais
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histoireLa Résistance française (1940-1944) commence par presque rien. Une poignée de tracts distribués à la sauvette, un journal ronéotypé au fond d'une cave, un mot griffonné sur un mur à la craie. Au lendemain de l'armistice du 22 juin 1940, la France est écrasée, coupée en deux, humiliée. Pétain règne à Vichy, la Wehrmacht défile à Paris. Résister paraît alors dérisoire, presque absurde. Ils seront pourtant quelques milliers, puis quelques dizaines de milliers, à choisir cette absurdité. Deux résistances coexistèrent initialement, habitées par une même flamme. Il y a d'abord celle de Londres : le 18 juin 1940, un général inconnu appelle à la BBC à ne pas déposer les armes. Autour de De Gaulle se rassemble la France Libre — militaires évadés, marins-pêcheurs bretons, tirailleurs africains, Compagnons de la Libération. Ils se battront à Bir-Hakeim, à Koufra, en Italie, jusque dans les rues de Paris avec la 2e DB de Leclerc. Et puis il y a celle de l'intérieur, plus obscure et plus périlleuse. Des mouvements naissent dans l'improvisation totale : Combat, Libération, Franc-Tireur en zone sud ; Défense de la France, Ceux de la Résistance, l'Organisation civile et militaire au nord ; les Francs-tireurs et partisans communistes après juin 1941. Des chrétiens, des socialistes, des militaires de carrière, des instituteurs, des ouvriers, des paysans, des étudiants, des juifs traqués : tous ne se parlent pas, souvent se méfient, parfois se détestent — mais tous refusent. L'unification fut l'œuvre patiente et dangereuse de Jean Moulin, envoyé par le Général De Gaulle. Le 27 mai 1943, rue du Four à Paris, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance, qui rassemble enfin tous les mouvements, syndicats et partis. Programme commun, autorité unique. Trois semaines plus tard, Moulin tombe à Caluire. Il ne parlera pas. Résister, c'est fabriquer de faux papiers, cacher des enfants juifs dans des fermes du Vercors ou du plateau du Chambon, faire passer des aviateurs alliés par les Pyrénées. C'est saboter une voie ferrée à trois heures du matin, imprimer un journal clandestin — Défense de la France tirera jusqu'à 450 000 exemplaires —, écouter Radio Londres l'oreille collée au poste, décrypter les « messages personnels » : « Les sanglots longs des violons de l'automne… » C'est aussi, souvent, mourir. Torturé par la Gestapo, fusillé au Mont-Valérien, déporté à Ravensbrück ou Buchenwald. À partir de 1943, quand Vichy instaure le Service du travail obligatoire, des dizaines de milliers de jeunes fuient dans les montagnes pour échapper au départ en Allemagne. Les Glières, le Vercors, le Mont-Mouchet, les Cévennes, le Limousin : les maquis se peuplent. Certains combats seront tragiques — le Vercors, en juillet 1944, verra 840 morts sous les assauts de la Wehrmacht. Longtemps invisibles dans le récit, les femmes étaient partout. Agentes de liaison à vélo, porteuses de valises, cheffes de réseaux — Marie-Madeleine Fourcade dirigeait le réseau Alliance et ses 3 000 agents. Lucie Aubrac, Berty Albrecht, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz : elles seront des dizaines de milliers. Beaucoup finiront à Ravensbrück. Août 1944. Quand Paris se soulève le 19 août, quand les cloches de Notre-Dame sonnent à la volée le 25, quand De Gaulle descend les Champs-Élysées le 26, la France retrouve sa fierté. Une grande partie de ce moment, elle le doit à ceux qui, quatre ans plus tôt, n'étaient rien — sinon des femmes et des hommes qui avaient dit non. Le programme du CNR, adopté en mars 1944, dessinera la France d'après-guerre : Sécurité sociale, nationalisations, droit de vote des femmes, presse indépendante. Aujourd'hui, seize Compagnons de la Libération reposent au Panthéon ou aux Invalides, et les rues, écoles et places qui portent leurs noms rappellent qu'un pays n'est jamais tout à fait perdu tant qu'il reste quelques-uns pour dire non.
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cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Square Joseph Arot
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patrimoineSquare Professeur Louis Antoine
patrimoineSquare Raymond Aron
culturePhilosophe, sociologue et journaliste — éditorialiste du Figaro pendant trente ans —, Raymond Aron (1905-1983) fut l'une des grandes consciences politiques et intellectuelles de la France du XXᵉ siècle. Issu d'une famille juive alsacienne, camarade de promotion à Normale sup de Jean-Paul Sartre (avec qui il partagea l'amitié la plus intime avant les brouilles politiques d'après-guerre), il rejoignit Londres dès 1940 pour devenir rédacteur en chef de La France libre, la grande revue de la France libre. Dans l'après-guerre, alors que l'intelligentsia française majoritaire se rangeait derrière l'URSS, Aron devint le spectateur engagé — titre d'un de ses livres — de la Guerre froide : anticommuniste ferme, libéral au sens philosophique, défenseur des démocraties parlementaires, il incarna un courant profondément minoritaire dans une France intellectuelle largement gagnée aux idéaux marxistes. Son grand essai L'Opium des intellectuels (1955) fut un pamphlet célèbre contre la fascination communiste de ses collègues — dont Sartre, précisément. La postérité résuma cette fracture par la formule fameuse : « Il vaut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron. » Aron aurait souri : elle disait tout ce contre quoi il avait lutté. Il n'en poursuivit pas moins une œuvre immense — Paix et Guerre entre les nations (1962), traité fondateur des relations internationales, Les Étapes de la pensée sociologique, cours à la Sorbonne devenu classique, et ses splendides Mémoires (1983), best-seller inattendu publié peu avant sa mort. Pour Aron, savoir et action n'étaient pas incompatibles : « La possession du savoir objectif, si elle n'est peut-être pas indispensable, est à coup sûr favorable à une action raisonnable. » Il fut réhabilité tardivement, dans les années 1970-1980, comme la conscience lucide et libérale de son siècle. Sa fin fut à l'image de sa vie : il mourut d'une crise cardiaque au Palais de Justice de Paris, le 17 octobre 1983, alors qu'il venait témoigner en faveur d'un journaliste attaqué en diffamation. Il mourut en défendant la liberté de la presse — meilleur épilogue possible pour l'éditorialiste qu'il n'avait cessé d'être.
Square René Cassin
patrimoineSquare René Coty
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patrimoineSquare Simone et Jacques de Bollardière
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patrimoineSquare Yves Monnier
patrimoineSquare Yves Montand
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patrimoineVilla du Bourg l'Évesque
patrimoineVilla Volney
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