Rues de Ploubezre
185 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée de la Ferme de Roskog
patrimoineChemin de Batalar
patrimoineChemin de Beg ar Roz
patrimoineChemin de Coat Arzur
patrimoineChemin de Convenant Droniou
patrimoineChemin de Convenant Glaëran
patrimoineChemin de Convenant Jegou
patrimoineChemin de Convenant Le Dauphin
patrimoineChemin de Convenant Le Du
patrimoineChemin de Convenant Le Flem
patrimoineChemin de Convenant Lozahic
patrimoineChemin de Convenant Quenven
patrimoineChemin de Guirec
patrimoineChemin de Gwazh ar Bleiz
patrimoineChemin de Gwazh Haleg
patrimoineChemin de Haut Rosalic
patrimoineChemin de Karatouar
patrimoineChemin de Keralzi
patrimoineChemin de Keraniez
patrimoineChemin de Kerdaniou
patrimoineChemin de Kergrist
patrimoineChemin de Kergueréon
patrimoineChemin de Kerizellan
patrimoineChemin de Kerizellan Huellan
patrimoineChemin de Kerlann
patrimoineChemin de Kermin
patrimoineChemin de Kernabat
patrimoineChemin de Kerraoul
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patrimoineChemin de Kersalbil
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patrimoineChemin de Kerverzod
patrimoineChemin de Kerviziou
patrimoineChemin de Kerwaig
patrimoineChemin de Koad Meur
patrimoineChemin de Krec'h ar Gevr
patrimoineChemin de Krec'h ar Mouded
patrimoineChemin de Krec'h Gwenn
patrimoineChemin de Pasquiou
patrimoineChemin de Pen Crec'h
patrimoineChemin de Penn ar Gwajo
patrimoineChemin de Penn ar Merdi
patrimoineChemin de Porzh Min
patrimoineChemin de Quillero
patrimoineChemin de Rosalic
patrimoineChemin de Rugujen
patrimoineChemin de Runfao
patrimoineChemin de Traou ar Wazh
patrimoineChemin de Traou Don
patrimoineChemin de Traou Jacob
patrimoineChemin de Tudored
patrimoineChemin de Ty ar C'hreyo
patrimoineChemin du Château d'Eau
patrimoineChemin du Convenant Pichouron
patrimoineChemin du Moulin de Keranroux
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Chemin du Moulin de Loser
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Chemin du Moulin du Losser
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Chemin du Rest
patrimoineChemin du Rhun
patrimoineCosquerou
patrimoineCoulée Verte de Roscoq
patrimoineImpasse Arthur Rimbaud
patrimoineImpasse Convenant Boulanger
patrimoineImpasse de Coat Arzur
patrimoineImpasse de Convenant Le Corre
patrimoineImpasse de Groas Verr
patrimoineImpasse de Kerbrezant
patrimoineImpasse de Kerfravel
patrimoineImpasse de Kernabat
patrimoineImpasse de Kersévéant
patrimoineImpasse de Kerviziou
patrimoineImpasse de Pors Kerilis
patrimoineImpasse de Rosalic
patrimoineImpasse des Carrières
patrimoineImpasse des Haies
patrimoineImpasse des Mésanges
patrimoineImpasse des Peupliers
natureImpasse des Pinsons
patrimoineImpasse des Roitelets
patrimoineImpasse des Rosiers
patrimoineImpasse des Rossignols
patrimoineImpasse Émile Souvestre
patrimoineImpasse François-Marie Luzel
patrimoineImpasse Garen Huellan
patrimoineImpasse Jules Gros
patrimoineImpasse Léo Ferré
patrimoineImpasse Park Rosalic
patrimoineImpasse Pierre Loti
patrimoineImpasse Saint-Pol Roux
patrimoineImpasse Tristan Corbière
patrimoineImpasse Yves Derriennic
patrimoineLotissement Park Pors Don
patrimoinePlace de la Poste
patrimoinePlace des Anciens Combattants
patrimoinePlace du Souvenir Français
patrimoinePont de Kerguiniou
patrimoinePont Milin Hamel
patrimoineRésidence de Coatilliau
patrimoineRésidence de Keranrouz
patrimoineRésidence des Keranroux
patrimoineRésidence Pen An Allée
patrimoineRésidence Run Iliz
patrimoineRoute de Buhulien
patrimoineRoute de Coat Arzur
patrimoineRoute de Crec'h Avel
patrimoineRoute de Goas ar Lao
patrimoineRoute de Joncourt
patrimoineRoute de Keraël
patrimoineRoute de Kerauzern
patrimoineRoute de Kerévoanic
patrimoineRoute de Kerfons
patrimoineRoute de Kerfravel
patrimoineRoute de Kergroac'h
patrimoineRoute de Kerguiniou
patrimoineRoute de Kerhervé
patrimoineRoute de Kerinowen
patrimoineRoute de Kerlann
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patrimoineRoute de Kerloas
patrimoineRoute de Kerlouzouen
patrimoineRoute de Kernabat
patrimoineRoute de Keroual
patrimoineRoute de Kerviziou
patrimoineRoute de Kervoaïc
patrimoineRoute de Kervurlu
patrimoineRoute de Krec'h ar B
patrimoineRoute de Krec'h ar Big
patrimoineRoute de la Gare
patrimoineRoute de la Garenne
patrimoineRoute de Landrévenec
patrimoineRoute de Penn ar Merdi
patrimoineRoute de Ploumilliau
patrimoineRoute de Pluzunet
patrimoineRoute de Pors Don
patrimoineRoute de Pors Land
patrimoineRoute de Poulanco
patrimoineRoute de Poul ar Bervet
patrimoineRoute de Riklo
patrimoineRoute de Rudunez
patrimoineRoute de Tonquédec
patrimoineRoute du Quinquis
patrimoineRue Amédée Prigent
patrimoineRue Anatole Le Braz
patrimoineRue Anjela Duval
patrimoineRue de Coz Goël
patrimoineRue de Kerbiriou
patrimoineRue de la Roseraie
patrimoineRue des Ajoncs
patrimoineRue des Blés d'Or
patrimoineRue des Bouvreuils
patrimoineRue des Chardonnerets
patrimoineRue des Chênes Verts
natureOn l'identifie à ses feuilles lobées et à ses fruits appelés glands, mets de choix pour les sangliers et les écureuils. Le terme scientifique pour désigner la famille des chênes est « quercus », qui inclut plus de 600 espèces à travers le monde. L'une des plus célèbres est le chêne-liège, arbre méditerranéen exigeant en lumière, chaleur et eau, dont l'écorce à la texture élastique et poreuse fait les meilleurs bouchons et d'excellents isolants. Mais le plus beau spécimen reste sans conteste le chêne pédonculé : trapu, tronc court, houppier étalé, il pousse lentement mais peut vivre entre 500 et 2000 ans. Son bois dur et imputrescible a porté les charpentes des cathédrales — celle de Notre-Dame de Paris comptait 1300 chênes millénaires avant l'incendie — les vaisseaux de la marine royale de Colbert, et aujourd'hui encore les tonneaux qui donnent au vin son goût. Pas étonnant que les Gaulois vénéraient cet arbre comme un symbole de force, de justice et de longévité.
Rue des Fauvettes
patrimoineRue des Genêts
patrimoineRue des Lilas
patrimoineRue des Promenades
patrimoineRue du Champ du Curé
patrimoineRue du Château de Coatillau
patrimoineRue du Château de Coatilliau
patrimoineRue du Faubourg de Buzulzo
patrimoineRue du Stade
patrimoineRue Émile Zola
patrimoineÉmile Zola (1840-1902) naît à Paris un jour d'avril 1840, fils d'un ingénieur italien venu construire le canal qui alimente encore Aix-en-Provence en eau potable. Son père meurt quand Émile a sept ans, laissant la famille dans une gêne dont elle ne se relèvera jamais tout à fait. Enfance provençale à Aix, amitié fondatrice avec un camarade de classe nommé Paul Cézanne — les deux gamins passent leurs journées à courir la Sainte-Victoire, à écrire des vers et à peindre. Puis retour à Paris, où le jeune Zola échoue deux fois au baccalauréat et se retrouve, à vingt ans, à décharger des livres à la librairie Hachette pour survivre. C'est d'abord par le journalisme qu'il perce. Il écrit dans une vingtaine de titres, défend Manet et les impressionnistes quand tout Paris s'en moque, se fait connaître pour ses articles cinglants. Ses premiers romans passent inaperçus. Puis vient l'idée qui va changer sa vie et la littérature française : suivre une famille, les Rougon-Macquart, sur cinq générations, à travers vingt volumes, pour peindre « l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire ». Le projet est monstrueux. Il y consacrera vingt-trois ans de sa vie. L'Assommoir parut en 1877, Nana en 1880, Germinal en 1885 : Zola devient un phénomène. Pour la première fois dans la littérature française, on entre dans les mines, dans les blanchisseries, dans les cabarets ouvriers, dans les grands magasins naissants. Il s'y prépare comme un enquêteur : il descend au fond des puits, dort dans les corons, prend des notes sur les gestes, les odeurs, les jurons, le prix du pain. Ses détracteurs hurlent au scandale, à la vulgarité, à la pornographie. Ses lecteurs, eux, se comptent par centaines de milliers. Germinal devient, malgré lui, la bible des mineurs en grève — quand il meurt, des délégations ouvrières viendront de tout le nord de la France pour saluer son cercueil aux cris de « Germinal ! Germinal ! ». Le 13 janvier 1898, il publie "J'accuse" en une du journal L'Aurore une lettre ouverte au président de la République, pour dénoncer la condamnation du capitaine Dreyfus. Le titre, trouvé par Clemenceau, tient en deux mots qui vont traverser les siècles : J'accuse…! Zola nomme les responsables un à un, les accuse de faux, de complot, d'antisémitisme d'État. Il sait ce qu'il risque : le procès en diffamation, la ruine, l'exil. Il le fait quand même. Condamné à un an de prison, il s'enfuit en Angleterre, y vit onze mois d'un exil misérable et solitaire dans des pensions de famille. Il rentre en France en 1899. L'affaire Dreyfus finira par lui donner raison — le capitaine sera réhabilité en 1906, quatre ans après la mort de Zola. Le 29 septembre 1902, il est retrouvé mort chez lui, rue de Bruxelles à Paris, asphyxié par les émanations d'une cheminée bouchée. Sa femme, à ses côtés, survit de justesse. Accident ? Officiellement, oui. Mais dès les premières heures, la rumeur d'un assassinat court : un couvreur antidreyfusard aurait, disait-on, obstrué le conduit pendant des travaux, en pleine nuit. Trente-et-un ans plus tard, en 1953, un vieil ouvrier confessera sur son lit de mort avoir participé au crime. Vérité, affabulation ? On ne le saura jamais tout à fait. Ses obsèques rassemblent une foule immense au Panthéon — Anatole France y prononce un discours resté célèbre : « Il fut un moment de la conscience humaine. » En 1908, ses cendres sont transférées au Panthéon, sous les huées de la droite antidreyfusarde et un coup de revolver tiré sur Alfred Dreyfus en personne, présent à la cérémonie. Zola repose désormais face à Victor Hugo, celui qu'enfant il vénérait plus que tout. La boucle est bouclée — celle d'un homme qui, plus qu'aucun autre, aura mis sa plume au service de ceux qui n'en avaient pas.
Rue Ernest Renan
patrimoineRue Eugène Guillevic
patrimoineRue Francis Maurice
patrimoineRue François Le Guillou
patrimoineRue François Tanguy Prigent
patrimoineRue Georges Brassens
patrimoineRue Jean Marie Allain
patrimoineRue Jean-Marie Le Foll
patrimoineRue John Ronald Reuel Tolkien
patrimoineRue Joseph Lesbleiz
patrimoineRue Jules Verne
patrimoineRue Lewis Carroll
patrimoineRue Paul Salaün
patrimoineRue Paul Verlaine
culturePaul Verlaine (1844-1896) naît à Metz un jour d'automne 1844, dans une famille bourgeoise et catholique. Rien, dans cette enfance sage, ne laisse présager la vie tumultueuse qui l'attend — sinon peut-être une hypersensibilité maladive et un goût précoce pour les vers de Baudelaire, qu'il découvre à seize ans comme une révélation. À vingt-deux ans, il publie ses Poèmes saturniens : un premier recueil déjà somptueux, tout en demi-teintes, brumes et paysages intérieurs. La musique de Verlaine est là, tout entière — cette manière si particulière de faire chanter la langue française à mi-voix, entre soupir et confidence. En 1871, il reçoit une lettre d'un adolescent inconnu, un certain Arthur Rimbaud, qui joint quelques poèmes. Verlaine est marié, jeune père, tente d'être respectable. Rimbaud a dix-sept ans, une gueule d'ange et un tempérament d'incendiaire. Verlaine paye son billet de train. À peine arrivé à Paris, le jeune provincial met le feu à sa vie : rupture avec sa femme, fuite en Belgique puis à Londres, alcool, amour tumultueux, ruptures et retrouvailles. Deux ans plus tard, le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, ivre et désespéré, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud qui s'apprêtait à le quitter. Une balle blesse le jeune homme au poignet. Prison en Belgique pendant dix-huit mois. Rimbaud, lui, disparaîtra bientôt de la littérature — pour toujours. Une conversion, une gloire. En prison, Verlaine se convertit — retour au catholicisme, extase mystique, écriture de Sagesse, l'un de ses plus beaux recueils. Libéré, il tente un temps l'enseignement en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes. Rien ne tient. Les années 1880 le voient sombrer peu à peu : mort de sa mère, absinthe, hôpitaux, chambres d'hôtel misérables. Et pourtant, paradoxe absolu, c'est à ce moment-là qu'il devient célèbre. Publication des Poètes maudits, où il révèle Rimbaud, Mallarmé et Corbière au public. Reconnaissance des jeunes symbolistes qui le prennent pour maître. Il est élu, en 1894, « Prince des poètes » par ses pairs, après la mort de Leconte de Lisle. Consécration officielle pour un homme qui vit dans un hôtel meublé rue Descartes, et qu'on doit parfois porter chez lui, ivre mort. Ce que Verlaine apporte à la poésie française est difficile à cerner tant c'est un art de l'imperceptible. Une préférence pour l'impair — vers de cinq, sept, neuf syllabes, qui déstabilisent l'oreille habituée à l'alexandrin. Un flou musical revendiqué. Une capacité à peindre des états d'âme avec presque rien : trois notes, une couleur, une pluie qui tombe. Son Art poétique résume tout en une formule devenue proverbe : « De la musique avant toute chose. » Debussy, Fauré, Reynaldo Hahn mettront ses poèmes en musique — parce qu'ils étaient déjà de la musique. Il meurt le 8 janvier 1896, à cinquante et un ans, dans une chambre pauvre de la rue Descartes à Paris, veillé par sa dernière compagne, Eugénie Krantz, ancienne prostituée. Ses obsèques rassemblent pourtant une foule immense : poètes, journalistes, ministres, curieux. Il repose au cimetière des Batignolles. Un demi-siècle plus tard, sans qu'il l'ait jamais imaginé, ses vers vont sauver la France. Les premières lignes de sa Chanson d'automne — « Les sanglots longs des violons de l'automne… » — sont diffusées à la BBC les 1er et 5 juin 1944, comme messages personnels codés annonçant aux résistants l'imminence du Débarquement. Le pauvre Verlaine, qui n'aurait su se lever le matin sans un verre, veillait sans le savoir sur le destin d'un continent.
Rue Pierre Marzin
patrimoineRue Pierre-Yvon Tremel
patrimoineRue Robert Louis Stevenson
patrimoineRue Saint-Christophe
patrimoineRue Villiers de l'Isle Adam
patrimoineRue Yann ar Gwen
patrimoineRue Yves Le Cudennec
patrimoineVenelle An Dervenn
patrimoineVenelle René Laënnec
patrimoine