Rues de Paroisse La Sainte Trinité
471 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Accès aux Jardins Familiaux
patrimoineAllée Alfred Coquand
patrimoineAllée Camille Claudel
patrimoineAllée Charles Pranard
patrimoineAllée Clémentine Valadon
patrimoineAllée de Champagne
patrimoineAllée de la Colline
patrimoineAllée de la Pelouse
patrimoineAllée de la Pra
patrimoineAllée de la Sylphide
patrimoineAllée de la Treille
patrimoineAllée de l'Obiou
patrimoineAllée de Perrière
patrimoineAllée de Picardie
patrimoineAllée de Prémol
patrimoineAllée des Acacias
natureEn botanique, Acacia désigne un genre d'arbres dont la plupart des espèces sont originaires d'Australie. Or dans le langage courant français, on appelle « acacia » le Robinier faux acacia - qui n'appartient justement pas au genre Acacia ! En revanche, on parle de mimosa pour des espèces odorantes qui, elles, appartiennent bel et bien au genre Acacia. Pour comprendre le sac de nœuds, il faut savoir qu'Acacia et Mimosa sont deux genres cousins, tous deux membres de la sous-famille des Mimosoideae. Résultat : ce que nous appelons acacia n'en est pas un, et ce que nous appelons mimosa en est un. Vous suivez ?
Allée des Arcelles
patrimoineAllée des Balcons
patrimoineAllée des Coquelicots
patrimoineAllée des Deux Mondes
patrimoineAllée des Frênes
patrimoineAllée des Genêts
patrimoineAllée des Grands Champs
patrimoineAllée des Pervenches
patrimoineAllée des Romantiques
patrimoineAllée d'Essen
patrimoineAllée du Cirque
patrimoineAllée du Crêt
patrimoineAllée du Gerbier
patrimoineAllée du Rachais
patrimoineAllée du Verderet
patrimoineAllée Elisa Deroche
patrimoineAllée Flora Tristan
patrimoineAllée François Villon
patrimoineAllée Gaston Bachelard
patrimoineAllée Les Provençales
patrimoineAllée Louise Michel
patrimoineAllée Marie-Clémentine Valadon
patrimoineAllée Martin Luther King
patrimoineAllée Pablo Picasso
patrimoineAllée Paul Lafargue
patrimoineAllée Rosa Parks
patrimoineAlpexpo
patrimoineAncienne Route Napoléon
patrimoineAvenue Bossuet
patrimoineAvenue de Belledonne
patrimoineAvenue de Bresson
patrimoineAvenue de Champ Fila
patrimoineAvenue d'Échirolles
patrimoineAvenue de Constantine
patrimoineAvenue de Grugliasco
patrimoineAvenue de Kimberley
patrimoineAvenue de la Chartreuse
patrimoineAvenue de la République
patrimoineAvenue de l'Europe
patrimoineAvenue de Poisat
patrimoineAvenue des États Généraux
patrimoineAvenue des Jeux Olympiques
patrimoineAvenue d'Eybens
patrimoineAvenue d'Innsbruck
patrimoineAvenue du Général de Gaulle
patrimoineAvenue du Grand Serre
patrimoineAvenue du Maquis de l'Oisans
histoireAvenue du Vercors
patrimoineAvenue Edmond Esmonin
patrimoineAvenue Fénelon
patrimoineAvenue Henri Dunant
patrimoineAvenue Henri Wallon
patrimoineAvenue Hippolyte Lhenry
patrimoineAvenue Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Avenue Jean Perrot
patrimoineAvenue La Bruyère
patrimoineAvenue Léon Blum
patrimoineAvenue Littré
patrimoineAvenue Malherbe
patrimoineAvenue Marcel Cachin
patrimoineAvenue Marcelin Berthelot
patrimoineAvenue Marie Reynoard
patrimoineAvenue Nicolas Boileau
patrimoineAvenue Paul Cocat
patrimoineAvenue Paul Verlaine
culturePaul Verlaine (1844-1896) naît à Metz un jour d'automne 1844, dans une famille bourgeoise et catholique. Rien, dans cette enfance sage, ne laisse présager la vie tumultueuse qui l'attend — sinon peut-être une hypersensibilité maladive et un goût précoce pour les vers de Baudelaire, qu'il découvre à seize ans comme une révélation. À vingt-deux ans, il publie ses Poèmes saturniens : un premier recueil déjà somptueux, tout en demi-teintes, brumes et paysages intérieurs. La musique de Verlaine est là, tout entière — cette manière si particulière de faire chanter la langue française à mi-voix, entre soupir et confidence. En 1871, il reçoit une lettre d'un adolescent inconnu, un certain Arthur Rimbaud, qui joint quelques poèmes. Verlaine est marié, jeune père, tente d'être respectable. Rimbaud a dix-sept ans, une gueule d'ange et un tempérament d'incendiaire. Verlaine paye son billet de train. À peine arrivé à Paris, le jeune provincial met le feu à sa vie : rupture avec sa femme, fuite en Belgique puis à Londres, alcool, amour tumultueux, ruptures et retrouvailles. Deux ans plus tard, le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, ivre et désespéré, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud qui s'apprêtait à le quitter. Une balle blesse le jeune homme au poignet. Prison en Belgique pendant dix-huit mois. Rimbaud, lui, disparaîtra bientôt de la littérature — pour toujours. Une conversion, une gloire. En prison, Verlaine se convertit — retour au catholicisme, extase mystique, écriture de Sagesse, l'un de ses plus beaux recueils. Libéré, il tente un temps l'enseignement en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes. Rien ne tient. Les années 1880 le voient sombrer peu à peu : mort de sa mère, absinthe, hôpitaux, chambres d'hôtel misérables. Et pourtant, paradoxe absolu, c'est à ce moment-là qu'il devient célèbre. Publication des Poètes maudits, où il révèle Rimbaud, Mallarmé et Corbière au public. Reconnaissance des jeunes symbolistes qui le prennent pour maître. Il est élu, en 1894, « Prince des poètes » par ses pairs, après la mort de Leconte de Lisle. Consécration officielle pour un homme qui vit dans un hôtel meublé rue Descartes, et qu'on doit parfois porter chez lui, ivre mort. Ce que Verlaine apporte à la poésie française est difficile à cerner tant c'est un art de l'imperceptible. Une préférence pour l'impair — vers de cinq, sept, neuf syllabes, qui déstabilisent l'oreille habituée à l'alexandrin. Un flou musical revendiqué. Une capacité à peindre des états d'âme avec presque rien : trois notes, une couleur, une pluie qui tombe. Son Art poétique résume tout en une formule devenue proverbe : « De la musique avant toute chose. » Debussy, Fauré, Reynaldo Hahn mettront ses poèmes en musique — parce qu'ils étaient déjà de la musique. Il meurt le 8 janvier 1896, à cinquante et un ans, dans une chambre pauvre de la rue Descartes à Paris, veillé par sa dernière compagne, Eugénie Krantz, ancienne prostituée. Ses obsèques rassemblent pourtant une foule immense : poètes, journalistes, ministres, curieux. Il repose au cimetière des Batignolles. Un demi-siècle plus tard, sans qu'il l'ait jamais imaginé, ses vers vont sauver la France. Les premières lignes de sa Chanson d'automne — « Les sanglots longs des violons de l'automne… » — sont diffusées à la BBC les 1er et 5 juin 1944, comme messages personnels codés annonçant aux résistants l'imminence du Débarquement. Le pauvre Verlaine, qui n'aurait su se lever le matin sans un verre, veillait sans le savoir sur le destin d'un continent.
Avenue Pierre Mendès-France
patrimoineAvenue Raymond Chanas
patrimoineAvenue Salvador Allende
patrimoineAvenue Teisseire
patrimoineBel Air
patrimoineBresson Mairie
patrimoineCentre Socio-Culturel
patrimoineChamp Fila
patrimoineChemin Albert Camus
patrimoineChemin de Bel Air
patrimoineChemin de Champaney
patrimoineChemin de la Maison de la Culture
patrimoineChemin de la Piscine
patrimoineChemin de la Rampe
patrimoineChemin de l'Oratoire
patrimoineChemin de Marianne
patrimoineChemin de Mont Jayet
patrimoineChemin de Romage
patrimoineChemin des Alisiers
patrimoineChemin des Aubépines
patrimoinechemin des écoliers
patrimoineChemin des Essarts
patrimoineChemin des Genêts
patrimoineChemin des Oliviers
patrimoineChemin des Pellets
patrimoineChemin des Saules
patrimoineChemin des Tilleuls
natureOn le reconnaît à ses larges feuilles en forme de cœur et à sa fleur jaune pâle qui embaume les soirs de juin d'un parfum sucré, entêtant — ce parfum qui fait partie du grand album olfactif de l'enfance française. Depuis le Moyen Âge, on plante un tilleul au centre des villages : sous ses branches, on tient conseil, on rend la justice, on marie les fiancés, on danse aux fêtes patronales. En 1792, la jeune République en fit son « arbre de la Liberté » et lança une plantation nationale — beaucoup des vieux tilleuls de nos places datent d'ailleurs de cette époque. Rien ne se perd dans un tilleul : ses fleurs séchées font la fameuse tisane qui apaise le sommeil, son miel blond et parfumé est l'un des plus recherchés d'Europe, et son bois tendre a servi aux plus grands sculpteurs allemands du XVᵉ siècle. Il pousse lentement mais peut vivre cinq siècles, atteindre trente mètres, résister à la pollution comme aux tailles sévères. Il aura vu passer les diligences, les premières automobiles, les trottinettes électriques, sans jamais changer de place — patient géant qui veille sur les places de France.
Chemin des Vignes
natureChemin d'Exploitation forestiere
patrimoineChemin du Collège
patrimoineChemin du Haut Poisat à Poisat
patrimoineChemin du Murier
patrimoineChemin du parc
patrimoineChemin du Parc
patrimoineChemin du Parc La Bruyère
patrimoineChemin du Pré
patrimoineChemin du Sabot
patrimoineChemin du Tramway
patrimoineChemin Jean Giono
patrimoineChemin Lagay
patrimoineChemin Marie Paradis
patrimoineChristophe Turc
patrimoineCimetière Intercommunal
patrimoineClos du Château
patrimoineCollège des Saules
patrimoineÉcole Jea Racine
patrimoineÉcole Paul Cocat
patrimoineEdmond Esmonin
patrimoineExtension de Grand'Place
patrimoineEybens Mairie
patrimoineFerme Prémol
patrimoineFlaubert - Clos d'Or
patrimoineFrançois Quesnay
patrimoineGalerie de l'Arlequin
patrimoineGalerie des Baladins
patrimoineGalerie des Trois Quartiers
patrimoineGéants
patrimoineGénéral de Gaulle
patrimoineGrande Rue
patrimoineGrand'place
patrimoineGrange du Château
patrimoineImpasse André Gide
patrimoineImpasse Darius Milhaud
patrimoineImpasse de Chamechaude
patrimoineImpasse de Champ Fila
patrimoineImpasse de la Colline
patrimoineImpasse de La Fontaine
patrimoineImpasse de l'Avenir
patrimoineImpasse des Bergers
patrimoineImpasse des Camélias
patrimoineImpasse des Érables
patrimoineImpasse des Fleurs
patrimoineImpasse des Grands Champs
patrimoineImpasse des Iris
patrimoineImpasse des Javaux
patrimoineImpasse des Lauriers
patrimoineImpasse des Ruires
patrimoineImpasse des Violettes
patrimoineImpasse de Valmy
patrimoineImpasse du Marais
patrimoineImpasse Henri Bergson
patrimoineImpasse Jean Baptiste Lulli
patrimoineImpasse Monpertuis
patrimoineImpasse Plassoney
patrimoineJean Racine
patrimoineLa Bruyère
patrimoineLa Châtelière
patrimoineLagay
patrimoineLa Maritelle
patrimoineLa Placette
patrimoineLe Bourg
patrimoineLe Crêt
patrimoineLéon Jouhaux
patrimoineLe Pré Bresson
patrimoineLes Essarts
patrimoineLes Géants
patrimoineLes Javaux
patrimoineLes Pératières
patrimoineLes Poulardes
patrimoineLes Ruires
patrimoineLes Ruires - Boétie
patrimoineLes Saules
patrimoineLes Vignes
natureLe Verderet
patrimoineL'Iliade
patrimoineLouis Jouvet
patrimoineLycée Guynemer
patrimoineMaison des Anciens
patrimoineMaisons Neuves
patrimoineMalherbe
patrimoineMC2 - Maison de la Culture
patrimoineNouvelle rue Jean Mermoz
patrimoineOdyssée
patrimoineParcours de santé de la Frange Verte
patrimoineParcours Tir à l'Arc
patrimoinePassage du Verderet
patrimoinePassage Marcel Pagnol
patrimoinePassage Ninon Vallin
patrimoinePasserelle
patrimoinePasserelle de Bel Air
patrimoinePasserelle de Picardie
patrimoinePasserelle d'Eybens
patrimoinePasserelle du Grand Parc
patrimoinePasserelle Étroite
patrimoinePaul Cocat
patrimoinePiscine Les Dauphins
patrimoinePlace André Malraux
patrimoinePlace Bernard Palissy
sciencesArtisan autodidacte devenu l'un des plus grands céramistes de la Renaissance, Bernard Palissy (v.1510-1589) passa seize ans de sa vie obstinément penché sur son four, à chercher le secret de l'émail blanc à la vénitienne — ruinant sa famille, brûlant ses meubles pour alimenter son feu quand le bois vint à manquer. La légende, colportée jusque dans l'Encyclopédie de Diderot, veut qu'il ait sacrifié jusqu'aux planches de son plancher. Sa persévérance finit par payer : il inventa les fameuses « rustiques figulines », plats et bassins émaillés où grouillent, en relief saisissant, lézards, poissons, serpents, grenouilles et coquillages moulés d'après nature. Sa virtuosité lui valut la protection de Catherine de Médicis, pour qui il aménagea une grotte céramique aux Tuileries. Mais Palissy fut aussi un précurseur des sciences : converti au protestantisme vers 1546, il donna des conférences remarquées sur les eaux, les métaux, la formation des roches, et défendit contre l'Église l'idée révolutionnaire que les fossiles sont des restes d'animaux réels — bien avant la naissance de la paléontologie. Ses convictions religieuses lui valurent la prison sous Henri II, puis la Bastille à près de quatre-vingts ans, où il mourut en 1589. On dit qu'Henri III, venu le presser d'abjurer, s'entendit répondre : « Sire, vous ne pouvez rien contre moi, car je sais mourir. »
Place Charles Dullin
patrimoinePlace condorcet
patrimoinePlace Condorcet
patrimoinePlace de Gève
patrimoinePlace des Coulmes
patrimoinePlace des Géants
patrimoinePlace des Roseaux
patrimoinePlace des Saules
patrimoinePlace des Tilleuls
natureOn le reconnaît à ses larges feuilles en forme de cœur et à sa fleur jaune pâle qui embaume les soirs de juin d'un parfum sucré, entêtant — ce parfum qui fait partie du grand album olfactif de l'enfance française. Depuis le Moyen Âge, on plante un tilleul au centre des villages : sous ses branches, on tient conseil, on rend la justice, on marie les fiancés, on danse aux fêtes patronales. En 1792, la jeune République en fit son « arbre de la Liberté » et lança une plantation nationale — beaucoup des vieux tilleuls de nos places datent d'ailleurs de cette époque. Rien ne se perd dans un tilleul : ses fleurs séchées font la fameuse tisane qui apaise le sommeil, son miel blond et parfumé est l'un des plus recherchés d'Europe, et son bois tendre a servi aux plus grands sculpteurs allemands du XVᵉ siècle. Il pousse lentement mais peut vivre cinq siècles, atteindre trente mètres, résister à la pollution comme aux tailles sévères. Il aura vu passer les diligences, les premières automobiles, les trottinettes électriques, sans jamais changer de place — patient géant qui veille sur les places de France.
Place de Verdun
patrimoinePlace du 11 Novembre 1918
patrimoinePlace du 8 Mai 1945
patrimoinePlace du Temps Libre
patrimoinePlace Fontenelle
patrimoinePlace Georges Brassens
patrimoinePlace Georges Dumezil
patrimoinePlace Gérard Philipe
patrimoinePlace Jean Racine
patrimoinePlace La Bruyère
patrimoinePlace Lionel Terray
patrimoinePlace Louis Jouvet
patrimoinePlace Michel de Montaigne
patrimoinePlace Pierre Gaspard
patrimoinePlace Pierre Lory
patrimoinePlace René Char
patrimoinePôle Sud - Alpexpo
patrimoinePré au Crêt
patrimoinePréfleury
patrimoineRaymond Chanas
patrimoineReynoard
patrimoineRobespierre
patrimoineRocade Sud
patrimoineRond-Point Jean Monnet
patrimoineRond-Point Pierre et Marie Curie
sciencesMaria Skłodowska (1867-1934) est originaire de Varsovie, dans une Pologne alors sous domination russe. Elle grandit dans une famille d'enseignants patriotes, cultivés et pauvres. Interdite d'université parce que femme et polonaise, elle suit les cours clandestins de « l'Université volante » avant de travailler comme gouvernante pour payer les études de sa sœur à Paris. Puis, à 24 ans, ce sera son tour : train pour Paris, chambre glaciale au Quartier latin, études à la Sorbonne dans une langue qu'elle apprend en marchant. Elle sort major de sa promotion en physique. En 1894, elle rencontre Pierre Curie, physicien discret et brillant. Ils se marient l'année suivante — voyage de noces à vélo à travers la France — et forment l'un des couples scientifiques les plus célèbres de l'histoire. Dans un hangar délabré de la rue Lhomond, sans chauffage, sans hotte, ils traitent à la main des tonnes de pechblende venue de Bohême pour en extraire, à la petite cuillère, quelques décigrammes d'un élément nouveau. Ils le nomment polonium en hommage à la patrie de Marie. Puis, quelques mois plus tard, en 1898, ils isolent le radium. Le monde entre dans l'ère de la radioactivité — un mot qu'elle a inventé. En 1903, le prix Nobel de physique récompense les Curie et Henri Becquerel. Le comité voulait n'honorer que les hommes ; Pierre exige que Marie soit associée. Elle devient la première femme lauréate d'un prix Nobel. La gloire, mais aussi la fatigue, la santé qui s'altère — leurs mains sont couvertes de brûlures qu'ils ne comprennent pas encore. Le 19 avril 1906, Pierre traverse la rue Dauphine sous la pluie, glisse, tombe sous les roues d'un camion à cheval. Il meurt sur le coup. Marie a 38 ans, deux petites filles, et un chagrin qui ne la quittera plus. Elle reprend pourtant la chaire de son mari à la Sorbonne — première femme professeur de l'histoire de l'université — et poursuit seule les recherches. En 1911, elle reçoit un second Nobel, de chimie cette fois, pour l'isolement du radium métallique. Elle est à ce jour la seule personne à avoir obtenu deux Nobel dans deux disciplines scientifiques distinctes. La même année, elle est écartée de l'Académie des sciences française : trop femme, trop étrangère, trop indépendante. Elle n'y entrera jamais. Pendant la Grande Guerre, elle équipe à ses frais une vingtaine de voitures radiologiques mobiles pour le front — les fameuses « petites Curie ». Elle apprend à conduire, forme des manipulatrices, se rend elle-même sous les obus. Un million de blessés seront radiographiés grâce à ces véhicules. Elle refuse toute médaille. Elle meurt le 4 juillet 1934, dans un sanatorium des Alpes, d'une anémie aplasique provoquée par des décennies d'exposition aux rayonnements. Ses carnets de laboratoire sont encore aujourd'hui si radioactifs qu'ils sont conservés dans des coffres plombés, à consulter en combinaison. En 1995, elle entre au Panthéon aux côtés de Pierre — première femme à y être admise pour ses propres mérites. Sa fille Irène recevra à son tour, avec son mari Frédéric Joliot-Curie, le Nobel de chimie en 1935. La science, chez les Curie, était affaire de famille — et de siècle.
Route de Montavie
patrimoineRoute des Maquis
histoireRoute Napoléon
patrimoineRue Aimé Pupin
patrimoineRue Albert Camus
patrimoineRue Albert Einstein
patrimoineRue Albert Ravanat
patrimoineRue Alfred de Musset
patrimoineRue Alfred de Vigny
patrimoineRue Anselme Bonneton
patrimoineRue Antoine Augustin Cournot
patrimoineRue Aristide Briand
patrimoineRue Auguste Comte
patrimoineRue Barthélémy Thimonnier
patrimoineRue Baruch Spinoza
patrimoineRue Baudelaire
patrimoineRue Benjamin Constant
patrimoineRue Camille Saint-Saëns
cultureEntré au Conservatoire à l'âge de treize ans, Camille Saint-Saëns (1835-1921) acquit rapidement une renommée significative auprès de grands compositeurs comme Rossini ou Berlioz. Organiste titulaire de la Madeleine à Paris pendant vingt ans, puis professeur de piano, il composa dans tous les genres : les opéras Samson et Dalila (1877) et Déjanire (1898) assirent sa notoriété, tandis que le Carnaval des animaux — qu'il refusa de publier de son vivant, le jugeant trop léger — reste aujourd'hui son œuvre la plus jouée à travers le monde. Souvent en opposition avec le wagnérisme, son style contribua au développement du poème symphonique, genre nouveau également porté par Liszt. Pris par l'élan patriotique qui succéda à la défaite française lors de la guerre franco-prussienne, Saint-Saëns fonda en 1871 la Société nationale de musique pour promouvoir les compositeurs de l'hexagone. Fait notable dans l'histoire du cinéma, il fut aussi le premier à composer spécialement une musique pour un film — celle de L'Assassinat du duc de Guise, en 1908.
Rue Camille Teisseire
patrimoineRue Charles Piot
patrimoineRue Christophe Turc
patrimoineRue Claude Bernard
patrimoineRue Claude Debussy
patrimoineRue Claude Kogan
patrimoineRue Colombine
patrimoineRue de Belledonne
patrimoineRue de Chamechaude
patrimoineRue de Cure Bourse
patrimoineRue de Kaunas
patrimoineRue de la Dent de Crolles
patrimoineRue de la Liberté
patrimoineRue de la Maritelle
patrimoineRue de l'Ancienne Mairie
patrimoineRue de la République
patrimoineRue de l'Arlequin
patrimoineRue de la Source
patrimoineRue de la Tuilerie
patrimoineRue de l'Avenir
patrimoineRue de l'Échaillon
patrimoineRue de l'Église
patrimoineRue de l'Industrie
patrimoineRue de l'Obiou
patrimoineRue de l'Oratoire
patrimoineRue de Lorraine
patrimoineRue de Montavie
patrimoineRue Denis Papin
patrimoineRue de Paris
patrimoineRue des Acacias
natureEn botanique, Acacia désigne un genre d'arbres dont la plupart des espèces sont originaires d'Australie. Or dans le langage courant français, on appelle « acacia » le Robinier faux acacia - qui n'appartient justement pas au genre Acacia ! En revanche, on parle de mimosa pour des espèces odorantes qui, elles, appartiennent bel et bien au genre Acacia. Pour comprendre le sac de nœuds, il faut savoir qu'Acacia et Mimosa sont deux genres cousins, tous deux membres de la sous-famille des Mimosoideae. Résultat : ce que nous appelons acacia n'en est pas un, et ce que nous appelons mimosa en est un. Vous suivez ?
Rue des Alisés
patrimoineRue des Alliés
patrimoineRue des Arraults
patrimoineRue des Bergeronnettes
patrimoineRue des Bouleaux
patrimoineRue Descartes
patrimoineRue des Chardonnerets
patrimoineRue des Châtaigniers
patrimoineRue des Chênes
natureOn l'identifie à ses feuilles lobées et à ses fruits appelés glands, mets de choix pour les sangliers et les écureuils. Le terme scientifique pour désigner la famille des chênes est « quercus », qui inclut plus de 600 espèces à travers le monde. L'une des plus célèbres est le chêne-liège, arbre méditerranéen exigeant en lumière, chaleur et eau, dont l'écorce à la texture élastique et poreuse fait les meilleurs bouchons et d'excellents isolants. Mais le plus beau spécimen reste sans conteste le chêne pédonculé : trapu, tronc court, houppier étalé, il pousse lentement mais peut vivre entre 500 et 2000 ans. Son bois dur et imputrescible a porté les charpentes des cathédrales — celle de Notre-Dame de Paris comptait 1300 chênes millénaires avant l'incendie — les vaisseaux de la marine royale de Colbert, et aujourd'hui encore les tonneaux qui donnent au vin son goût. Pas étonnant que les Gaulois vénéraient cet arbre comme un symbole de force, de justice et de longévité.
Rue des Colibris
patrimoineRue des Condamines
patrimoineRue des Destinées
patrimoineRue des Frênes
patrimoineRue des Grands Champs
patrimoineRue des Jardins
patrimoineRue des Javaux
patrimoineRue des Lilas
patrimoineRue des Maquis de l'Oisans
histoireRue des Marronniers
patrimoineRue des Pellets
patrimoineRue des Peupliers
natureRue des Pins
patrimoineRue des Rosiers
patrimoineRue des Ruires
patrimoineRue de Stalingrad
patrimoineRue des Trembles
patrimoineRue des Trois Épis
patrimoineRue des Trois Quartiers
patrimoineRue des Vignes
natureRue des Vors
patrimoineRue de Valmy
patrimoineRue Diderot
patrimoineRue du 19 Mars 1962
patrimoineRue du 4 Août 1789
patrimoineRue du 8 Mai 1945
patrimoineRue du Bois
patrimoineRue Dubois Fontanelle
patrimoineRue du Cardinal Le Camus
patrimoineRue du Cellier
patrimoineRue du Château
patrimoineRue du Col Vert
patrimoineRue du Cotentin
patrimoineRue du Crêt
patrimoineRue du Fiaret
patrimoineRue du Grand Veymont
patrimoineRue du Mont Aiguille
patrimoineRue du Moucherotte
patrimoineRue du Muret
patrimoineRue du Néron
patrimoineRue du Pré Batard
patrimoineRue du Pré de la Treille
patrimoineRue du Pressoir
patrimoineRue du Pré Vert
patrimoineRue du Rachais
patrimoineRue du Taillefer
patrimoineRue du Trident
patrimoineRue du Trièves
patrimoineRue du Vercors
patrimoineRue du Veymont
patrimoineRue du Village
patrimoineRue Edmond Rostand
patrimoineRue Édouard Manet
patrimoineRue Émile Chavant
patrimoineRue Étienne de la Boétie
patrimoineRue Étienne Trouillon
patrimoineRue Eugène Ravanat
patrimoineRue Évariste Galois
patrimoineRue Federico Garcia Lorca
patrimoineRue Fernand Pelloutier
patrimoineRue Florian
patrimoineRue Francis Jammes
patrimoineRue François Fénelon
patrimoineRue François Quesnay
patrimoineRue Frédéric Chopin
cultureFils d'un professeur de français lorrain et d'une pianiste polonaise qui se sont rencontrés à Varsovie, Frédéric Chopin (1810-1849) reçut très tôt une éducation musicale. Il développa rapidement son don naturel pour la musique et partit s'installer à Paris, capitale culturelle incontournable en 1831. Il y rencontra l’écrivain George Sand qui fut sa compagne durant sept ans. Atteint de mucoviscidose, maladie rare, Chopin composa jusqu'à la fin de sa vie. Outre les nombreuses œuvres dédiées au piano, qui incluent la Nocturne n°1 en si bémol mineur (1830), Fantaisie impromptu (1835) ou encore Douze Etudes Op. 25: No. 1 "Aeolian Harp" (1836), Chopin composa une Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur (1846) ainsi qu'un recueil de mélodies en polonais. Par ailleurs, il mit au point de nouvelles techniques pianistiques : respiration grâce au rubato, multiplication des silences, mouvement souple du poignet.
Rue Gabriel Fauré
patrimoineRue Galilée
patrimoineRue Gaston Letonnelier
patrimoineRue Général Vergnes
patrimoineRue George Sand
patrimoineRue Georges Bizet
patrimoineRue Georges Cuvier
patrimoineRue Georges de Manteyer
patrimoineRue Georges Lafourcade
patrimoineRue Gérard Philipe
patrimoineRue Germaine Tillion
patrimoineRue Giusto Gervasutti
patrimoineRue Gustave Eiffel
patrimoineRue Gustave Flaubert
patrimoineRue Guy Môquet
patrimoineRue Hector Berlioz
patrimoineRue Henri Barbusse
patrimoineRue Henry Duhamel
patrimoineRue Irène Joliot Curie
patrimoineRue Jacques Brel
patrimoineRue Jean Baptiste Lamarck
patrimoineRue Jean Barthez
patrimoineRue Jean Bistesi
patrimoineRue Jean-Jacques Rousseau
patrimoineRue Jean Joseph Mounier
patrimoineRue Jean Macé
patrimoineRue Jean Mermoz
patrimoineRue Jean Moulin
histoireIssu d'une famille républicaine et laïque (son père, professeur, était un fervent dreyfusard), Jean Moulin (1899-1943) grandit dans le culte de la République et le goût du dessin, qu'il pratiquera toute sa vie sous le pseudonyme de Romanin. Caricaturiste talentueux, il expose, publie dans des journaux satiriques, fréquente les artistes de Montparnasse. Rien ne semblait le destiner à devenir une icône. Haut fonctionnaire brillant, il gravit les échelons à vitesse fulgurante et devient, à 38 ans, préfet d'Eure-et-Loir, devenant ainsi le plus jeune préfet de France. En 1939. Il n'imagine pas encore que sa fonction va faire de lui, en quelques mois, un héros. Chartres, juin 1940. Alors que la Wehrmacht déferle, les Allemands veulent lui faire signer un document accusant des tirailleurs sénégalais de crimes qu'ils n'ont pas commis. Il refuse. On le frappe, on l'enferme dans une pièce avec le cadavre d'une femme, on le menace. La nuit venue, seul, il tente de se trancher la gorge avec un tesson de verre pour ne pas céder sous la torture. Il survit — mais portera désormais une cicatrice qu'il cachera sous une écharpe. Cette écharpe deviendra, avec le feutre et le regard sombre, son image éternelle. Révoqué par le régime de Vichy en novembre 1940, il gagne Londres via l'Espagne et le Portugal. Le général De Gaulle lui confie une mission d'une audace folle : unifier les mouvements de résistance intérieure, jusqu'alors dispersés, rivaux, cloisonnés. Parachuté en Provence dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, sous le nom de « Rex », il sillonne la France clandestinement, convainc, arbitre, fédère. Le 27 mai 1943, à Paris, rue du Four, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance — moment fondateur où communistes, socialistes, syndicalistes, chrétiens et gaullistes se retrouvent enfin sous une même bannière. Trois semaines après cette réunion historique, le 21 juin 1943, il tombe dans un guet-apens à Caluire-et-Cuire, près de Lyon. Arrêté par "le boucher de Lyon" Klaus Barbie, il est torturé pendant des jours dans les locaux de la Gestapo, avenue Berthelot. Il ne parlera pas. Un mot, un seul, aurait suffi à décapiter la Résistance : il l'emporte avec lui. Il meurt dans le train qui l'emmène vers l'Allemagne, quelque part près de Metz, le 8 juillet 1943. Il avait 44 ans. Le 19 décembre 1964, ses cendres sont transférées au Panthéon. Sous la pluie battante, André Malraux prononce l'un des plus beaux discours de la langue française : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » La voix se brise. Toute une génération pleure. Un visage — écharpe, feutre, regard — devient à jamais celui de la France qui a dit non.
Rue Jean Paul Sartre
patrimoineRue Jean-Philippe Rameau
patrimoineRue Jean Racine
patrimoineRue Jean Sébastien Bach
patrimoineRue Joseph Brenier
patrimoineRue Joseph Fourier
patrimoineRue Jules Lemaitre
patrimoineRue Jules Massenet
patrimoineRue Julien Offray de La Mettrie
patrimoineRue Lamartine
histoireAlphonse de Lamartine (1790-1869) était tout autant un poète romantique qu'un politicien conservateur ambitieux. Sentant gronder la colère populaire sous la Monarchie de Juillet, il tenta de convaincre le reste de la bourgeoisie du danger imminent. Élu député en 1834, il qualifia la misère sociale du prolétariat "d'horrible volcan sur lequel l'industrie repose". Déconsidéré par l’assemblée, dont le président François Guizot (1787-1874) le disait être un "poète égaré", Lamartine prit le choix des armes. Il souleva la moyenne bourgeoisie qui militait pour accéder au droit de vote qu'avait refusé Guizot. La garde nationale, elle aussi dénué du droit de vote, ne s'opposa pas à la chute de Louis-Philippe et Guizot le 24 février 1848 (image). Lamartine tenta de mettre en place des réformes salariales (abaissement du temps de travail de 12 à 10h, nationalisation, impôts sur le revenu) qui conduisirent à la fermeture des usines (par le patronat), la création des "ateliers nationaux" (voir Louis Blanc) et déboucha sur le soulèvement des "journées de Juillet". Lamartine évincé, les conservateurs proclamèrent la Seconde République et Louis-Napoléon Bonaparte fut élu. Ainsi s’acheva la carrière du poète, à l'image du dernier couplet de son poème "L'isolement" écrit en 1820 : "Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !"
Rue Lavoisier
patrimoineRue Lazare Carnot
patrimoineRue Leconte de Lisle
patrimoineRue Le Corbusier
patrimoineRue le Nôtre
patrimoineRue Le Nôtre
patrimoineRue Léo Delibes
patrimoineRue Léon Jouhaux
patrimoineRue Lorenzaccio
patrimoineRue Louis Farçat
patrimoineRue Louis Jacquemet
patrimoineRue Louis Lachenal
patrimoineRue Lucien Andrieux
patrimoineRue Mansart
patrimoineRue Marcel Bourette
patrimoineRue Marceline Desbordes-Valmore
patrimoineRue Marie-Clémentine Valadon
patrimoineRue Maupertuis
patrimoineRue Maurice Dodero
patrimoineRue Maurice Ravel
patrimoineRue Mersenne
patrimoineRue Molière
patrimoineRue Monge
patrimoineRue Montesquieu
patrimoineRue Mozart
patrimoineRue Ninon Vallin
patrimoineRue Olympe de Gouges
patrimoineRue Pascal
patrimoineRue Paul Cézanne
patrimoineRue Paul Claudel
patrimoineRue Paul Dukas
patrimoineRue Paul Gauguin
patrimoineRue Paul Helbronner
patrimoineRue Paul Mistral
patrimoineRue Pierre Mendès France
patrimoineRue Rabelais
patrimoineRue Raymond Chanas
patrimoineRue René Cassin
patrimoineRue René Char
patrimoineRue René Descartes
patrimoineRue René Fernandat
patrimoineRue René Vulliez
patrimoineRue Renoir
patrimoineRue Rimbaud
patrimoineRue Roger François
patrimoineRue Roland Garros
patrimoineRue Ronsard
patrimoineRue Simone Veil
patrimoineRue Stendhal
patrimoineRue Stéphane Mallarmé
patrimoineRue Théodore Dubois
patrimoineRue Turgot
patrimoineRue Verlaine
culturePaul Verlaine (1844-1896) naît à Metz un jour d'automne 1844, dans une famille bourgeoise et catholique. Rien, dans cette enfance sage, ne laisse présager la vie tumultueuse qui l'attend — sinon peut-être une hypersensibilité maladive et un goût précoce pour les vers de Baudelaire, qu'il découvre à seize ans comme une révélation. À vingt-deux ans, il publie ses Poèmes saturniens : un premier recueil déjà somptueux, tout en demi-teintes, brumes et paysages intérieurs. La musique de Verlaine est là, tout entière — cette manière si particulière de faire chanter la langue française à mi-voix, entre soupir et confidence. En 1871, il reçoit une lettre d'un adolescent inconnu, un certain Arthur Rimbaud, qui joint quelques poèmes. Verlaine est marié, jeune père, tente d'être respectable. Rimbaud a dix-sept ans, une gueule d'ange et un tempérament d'incendiaire. Verlaine paye son billet de train. À peine arrivé à Paris, le jeune provincial met le feu à sa vie : rupture avec sa femme, fuite en Belgique puis à Londres, alcool, amour tumultueux, ruptures et retrouvailles. Deux ans plus tard, le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, ivre et désespéré, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud qui s'apprêtait à le quitter. Une balle blesse le jeune homme au poignet. Prison en Belgique pendant dix-huit mois. Rimbaud, lui, disparaîtra bientôt de la littérature — pour toujours. Une conversion, une gloire. En prison, Verlaine se convertit — retour au catholicisme, extase mystique, écriture de Sagesse, l'un de ses plus beaux recueils. Libéré, il tente un temps l'enseignement en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes. Rien ne tient. Les années 1880 le voient sombrer peu à peu : mort de sa mère, absinthe, hôpitaux, chambres d'hôtel misérables. Et pourtant, paradoxe absolu, c'est à ce moment-là qu'il devient célèbre. Publication des Poètes maudits, où il révèle Rimbaud, Mallarmé et Corbière au public. Reconnaissance des jeunes symbolistes qui le prennent pour maître. Il est élu, en 1894, « Prince des poètes » par ses pairs, après la mort de Leconte de Lisle. Consécration officielle pour un homme qui vit dans un hôtel meublé rue Descartes, et qu'on doit parfois porter chez lui, ivre mort. Ce que Verlaine apporte à la poésie française est difficile à cerner tant c'est un art de l'imperceptible. Une préférence pour l'impair — vers de cinq, sept, neuf syllabes, qui déstabilisent l'oreille habituée à l'alexandrin. Un flou musical revendiqué. Une capacité à peindre des états d'âme avec presque rien : trois notes, une couleur, une pluie qui tombe. Son Art poétique résume tout en une formule devenue proverbe : « De la musique avant toute chose. » Debussy, Fauré, Reynaldo Hahn mettront ses poèmes en musique — parce qu'ils étaient déjà de la musique. Il meurt le 8 janvier 1896, à cinquante et un ans, dans une chambre pauvre de la rue Descartes à Paris, veillé par sa dernière compagne, Eugénie Krantz, ancienne prostituée. Ses obsèques rassemblent pourtant une foule immense : poètes, journalistes, ministres, curieux. Il repose au cimetière des Batignolles. Un demi-siècle plus tard, sans qu'il l'ait jamais imaginé, ses vers vont sauver la France. Les premières lignes de sa Chanson d'automne — « Les sanglots longs des violons de l'automne… » — sont diffusées à la BBC les 1er et 5 juin 1944, comme messages personnels codés annonçant aux résistants l'imminence du Débarquement. Le pauvre Verlaine, qui n'aurait su se lever le matin sans un verre, veillait sans le savoir sur le destin d'un continent.
Rue Victor Hugo
histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1855), naquit le 7 ventôse de l'an X à Besançon. Dramaturge, romancier, poète, il était aussi (et c’est moins connu) dessinateur ! (image de gauche). Si son plus grand succès littéraire demeure Les Misérables, le père du romantisme français a produit tout au long du XIXe siècle un nombre colossal de chefs d’œuvre parmi lesquels nous retiendrons "Notre-Dame-de-Paris", "Quatre-vingt-treize" ou "l’Homme qui rit", sans oublier les sublimes poèmes de ses "Contemplations" et "Châtiments". Sa carrière d’homme politique est elle-aussi à souligner. Élu maire du 8e arrondissement de Paris puis député républicain en 1848, il est contraint de fuir la France à la suite du coup d’état du 2 décembre 1851 fomenté par Louis Napoléon Bonaparte. Exilé en Belgique puis sur les îles de Jersey et Guernesey, il ne retrouva son pays natal que près de 19 ans plus tard, le 5 septembre 1870. Victime d’une congestion pulmonaire, il décède à Paris le 22 mai 1885, à 83 ans. Dix jours plus tard, il reçut des obsèques nationales, avant d’être inhumé au Panthéon.
Rue Voltaire
patrimoineSquare Blaise Pascal
sciences« L'homme est un roseau pensant », « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie »… Les Pensées de Blaise Pascal (1623-1662) sont un incontournable de la philosophie française. Le penseur y décrit la condition humaine avec une profondeur pénétrante qui laisse difficilement indifférent. Il voit en Dieu la réponse à la faiblesse de l'Homme, qui ne peut ni douter de tout ni tout savoir absolument — ce en quoi il s'oppose au rationalisme de Descartes, qu'il jugeait trop orgueilleux : pour Pascal, Dieu se sent « au cœur, non à la raison ». Toute son œuvre porte la trace d'une nuit fondatrice : le 23 novembre 1654, il vit une expérience mystique bouleversante qu'il note fébrilement sur un parchemin — le fameux « Mémorial » — cousu dans la doublure de son pourpoint et qu'il portera sur lui jusqu'à sa mort, à trente-neuf ans. Une brièveté qui n'aura empêché ni sa géniale carrière de mathématicien et de physicien, ni la révolution philosophique qu'il aura, en si peu de temps, laissée derrière lui. Inventeur à dix-neuf ans d'une machine à calculer — la fameuse Pascaline, ancêtre lointain de nos ordinateurs, voir l'image — Blaise Pascal fut aussi l'un des plus grands physiciens de son siècle. On lui doit notamment l'expérience du crève-tonneau : introduire dans un tonneau fermé un fin tuyau vertical de plusieurs mètres, puis le remplir d'eau. À partir d'une certaine hauteur, la pression exercée par la petite colonne d'eau du tuyau suffit à faire exploser le tonneau ! En 1648, il mit également son beau-frère à contribution pour gravir le puy de Dôme avec un baromètre au mercure, prouvant que la colonne baissait en altitude — preuve définitive de l'existence de la pression atmosphérique et démentant les cartésiens qui prétendaient que « la nature a horreur du vide ». C'est d'ailleurs en son honneur que l'unité internationale de pression s'appelle le pascal (1 hectopascal = 100 pascals) — celle-là même qu'affichent les baromètres et les bulletins météo. La pression correspond à une force par unité de surface. Qu'est-ce qu'une force, au fait ?
Square Buffon
patrimoineSquare des Maisons Neuves
patrimoineSquare La Bruyère
patrimoineSquare Linné
patrimoineSquare Toqueville
patrimoineTeisseire
patrimoineTour de Montavie
patrimoineVal d'Eybens
patrimoineVerlaine
culturePaul Verlaine (1844-1896) naît à Metz un jour d'automne 1844, dans une famille bourgeoise et catholique. Rien, dans cette enfance sage, ne laisse présager la vie tumultueuse qui l'attend — sinon peut-être une hypersensibilité maladive et un goût précoce pour les vers de Baudelaire, qu'il découvre à seize ans comme une révélation. À vingt-deux ans, il publie ses Poèmes saturniens : un premier recueil déjà somptueux, tout en demi-teintes, brumes et paysages intérieurs. La musique de Verlaine est là, tout entière — cette manière si particulière de faire chanter la langue française à mi-voix, entre soupir et confidence. En 1871, il reçoit une lettre d'un adolescent inconnu, un certain Arthur Rimbaud, qui joint quelques poèmes. Verlaine est marié, jeune père, tente d'être respectable. Rimbaud a dix-sept ans, une gueule d'ange et un tempérament d'incendiaire. Verlaine paye son billet de train. À peine arrivé à Paris, le jeune provincial met le feu à sa vie : rupture avec sa femme, fuite en Belgique puis à Londres, alcool, amour tumultueux, ruptures et retrouvailles. Deux ans plus tard, le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, ivre et désespéré, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud qui s'apprêtait à le quitter. Une balle blesse le jeune homme au poignet. Prison en Belgique pendant dix-huit mois. Rimbaud, lui, disparaîtra bientôt de la littérature — pour toujours. Une conversion, une gloire. En prison, Verlaine se convertit — retour au catholicisme, extase mystique, écriture de Sagesse, l'un de ses plus beaux recueils. Libéré, il tente un temps l'enseignement en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes. Rien ne tient. Les années 1880 le voient sombrer peu à peu : mort de sa mère, absinthe, hôpitaux, chambres d'hôtel misérables. Et pourtant, paradoxe absolu, c'est à ce moment-là qu'il devient célèbre. Publication des Poètes maudits, où il révèle Rimbaud, Mallarmé et Corbière au public. Reconnaissance des jeunes symbolistes qui le prennent pour maître. Il est élu, en 1894, « Prince des poètes » par ses pairs, après la mort de Leconte de Lisle. Consécration officielle pour un homme qui vit dans un hôtel meublé rue Descartes, et qu'on doit parfois porter chez lui, ivre mort. Ce que Verlaine apporte à la poésie française est difficile à cerner tant c'est un art de l'imperceptible. Une préférence pour l'impair — vers de cinq, sept, neuf syllabes, qui déstabilisent l'oreille habituée à l'alexandrin. Un flou musical revendiqué. Une capacité à peindre des états d'âme avec presque rien : trois notes, une couleur, une pluie qui tombe. Son Art poétique résume tout en une formule devenue proverbe : « De la musique avant toute chose. » Debussy, Fauré, Reynaldo Hahn mettront ses poèmes en musique — parce qu'ils étaient déjà de la musique. Il meurt le 8 janvier 1896, à cinquante et un ans, dans une chambre pauvre de la rue Descartes à Paris, veillé par sa dernière compagne, Eugénie Krantz, ancienne prostituée. Ses obsèques rassemblent pourtant une foule immense : poètes, journalistes, ministres, curieux. Il repose au cimetière des Batignolles. Un demi-siècle plus tard, sans qu'il l'ait jamais imaginé, ses vers vont sauver la France. Les premières lignes de sa Chanson d'automne — « Les sanglots longs des violons de l'automne… » — sont diffusées à la BBC les 1er et 5 juin 1944, comme messages personnels codés annonçant aux résistants l'imminence du Débarquement. Le pauvre Verlaine, qui n'aurait su se lever le matin sans un verre, veillait sans le savoir sur le destin d'un continent.
vieille sente
patrimoineVillage Olympique
patrimoineVoie Romaine
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