Rues de Louviers
389 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée Adèle Blanc Sec
patrimoineAllée Antarès
patrimoineAllée Cassiopée
patrimoineAllée Céleste
patrimoineAllée Charles Nungésser
patrimoineAllée Clément Ader
patrimoineAllée Costes et Bellonte
patrimoineAllée d'Artagnan
patrimoineAllée d'Artois
patrimoineAllée de Bourgogne
patrimoineAllée de Champagne
patrimoineAllée de la Comète
patrimoineAllée de la Motte Saint-Hilaire
patrimoineAllée de l'Espérance
patrimoineAllée de Picardie
patrimoineAllée des Critières
patrimoineAllée des Ferrets
patrimoineAllée des Flandres
patrimoineAllée des Genêts
patrimoineAllée des Pivoines
patrimoineAllée des Pléiades
patrimoineAllée des Prunus
patrimoineAllée des Reinettes
patrimoineAllée du Cantonnier
patrimoineAllée du Cardinal
patrimoineAllée du Clos des Pommiers
patrimoineAllée du Coucou
patrimoineAllée du Magdalénien
patrimoineAllée du Maine
patrimoineAllée du Pinson
patrimoineAllée du Poitou
patrimoineAllée du Rouge-Gorge
patrimoineAllée du Souvenir
patrimoineAllée François Coli
patrimoineAllée Gabriel Voisin
patrimoineAllée Gai-Luron
patrimoineAllée Henry Farman
patrimoineAllée Jean de la Fontaine
patrimoineAllée Jules Védrines
patrimoineAllée Le Clos du Verger
patrimoineAllée les Tuniques Bleues
patrimoineAllée Maryse Bastié
patrimoineAllée Milady
patrimoineAllée Nébuleuse
patrimoineAllée Roland Garros
patrimoineAllées Lucien Thierry
patrimoineAllée Véga
patrimoineAncien Chemin Saint-Pierre
patrimoineAutoroute de l'Eure
patrimoineAvenue de Bretagne
patrimoineAvenue de la Rivette
patrimoineAvenue de Normandie
patrimoineAvenue des Abattoirs
patrimoineAvenue des Amoureux
patrimoineAvenue des Peupliers
natureAvenue du Docteur Postel
patrimoineAvenue du Maréchal de Lattre de Tassigny
patrimoineAvenue du Maréchal Leclerc
histoireLe maréchal Leclerc, de son nom complet Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947) est connu pour son rôle majeur dans la Libération pendant la Seconde Guerre mondiale. Sorti de l’école militaire de Saint-Cyr, il rejoint la France libre du général Charles de Gaulle en 1940 après la défaite française. Il mène ensuite des campagnes en Afrique, notamment la prise de Koufra en 1941, où il fait le célèbre serment de libérer Strasbourg. Leclerc commande ensuite la 2e Division Blindée (2e DB), une grande unité équipée de chars et de véhicules blindés. La 2e DB participa au débarquement de Normandie en 1944 et eut un rôle décisif dans la libération de Paris et de Strasbourg. Les succès associèrent le jeune officier aux engins mécanisés de sa division, ce qui explique le nom d'une série de chars de combat français - les chars Leclerc. Ses faits d'armes lui valurent le titre de Maréchal de France, plus haute distinction militaire française qui n’est pas un grade mais une dignité honorifique. Néanmoins, il fut consacré à titre posthume, en 1952, étant mort dans un accident d’avion en 1947 en Algérie.
Avenue François Mitterrand
patrimoineAvenue Hélène Boucher
patrimoineAvenue Henri Dunant
patrimoineAvenue Winston Churchill
patrimoineBoulevard de Crosne
patrimoineBoulevard du Docteur Postel
patrimoineBoulevard Georges Clemenceau
patrimoineBoulevard Jules Ferry
patrimoineBoulevard Maréchal Joffre
patrimoineChaussée Decretot
patrimoineChaussée de Paris
patrimoineChaussée du Vexin
patrimoineChemin aux Chevaux
patrimoineChemin d'Ailly
patrimoineChemin d'Ande
patrimoineChemin d'Andé
patrimoineChemin de la Côte Verte
patrimoineChemin de la Ferme du Buc
patrimoineChemin de la Haye-Malherbe
patrimoineChemin de la Justice
patrimoineChemin de la Mare Hermier
patrimoineChemin de la Mare Saint-Lubin
patrimoineChemin de la Roquette
patrimoineChemin de la Vallée au Guet
patrimoineChemin de Lery
patrimoineChemin de Sainte-Barbe
patrimoineChemin des Bas Monts
patrimoineChemin des Bois
patrimoineChemin des Bruyères
patrimoineChemin des Eaux
patrimoineChemin des Fontenelles
patrimoineChemin des Hautes Ventes
patrimoineChemin des Hortensias
patrimoineChemin des Malis
patrimoineChemin des Pestiférés
patrimoineChemin des Vignes
natureChemin de Vironvay
patrimoineChemin du Bois Coquerel
patrimoineChemin du Bois Vacher
patrimoineChemin du Faîte
patrimoineChemin du Roy
patrimoineChemin du Vallot
patrimoineChemin Eole
patrimoineChemin Heurtevent
patrimoineClos de Pacy
patrimoineEsplanade du 9 Mai
patrimoineImpasse Decretot
patrimoineImpasse de la Ferme
patrimoineImpasse de la Haye-le-Comte
patrimoineImpasse de la Poste
patrimoineImpasse de la Ravine
patrimoineImpasse des Fosses
patrimoineImpasse des Hayes Melines
patrimoineImpasse des Prés
patrimoineImpasse des Quatre Coins
patrimoineImpasse du Bal Champêtre
patrimoineImpasse du Friche La Haye Le Comte
patrimoineImpasse Elodie
patrimoineImpasse Étoupée
patrimoineImpasse Fontaine Martel
patrimoineImpasse Françoise Dorin
patrimoineImpasse Massacre
patrimoineImpasse Saint-Germain
patrimoineImpasse Saint-Hildevert
patrimoineImpasse Simon
patrimoineJardins de Bigards
patrimoineLes Prés de l'Eure
patrimoineLotissement les Pensées
patrimoineLotissement les Rives de Louviers
patrimoineLotissement les Tilleuls
natureOn le reconnaît à ses larges feuilles en forme de cœur et à sa fleur jaune pâle qui embaume les soirs de juin d'un parfum sucré, entêtant — ce parfum qui fait partie du grand album olfactif de l'enfance française. Depuis le Moyen Âge, on plante un tilleul au centre des villages : sous ses branches, on tient conseil, on rend la justice, on marie les fiancés, on danse aux fêtes patronales. En 1792, la jeune République en fit son « arbre de la Liberté » et lança une plantation nationale — beaucoup des vieux tilleuls de nos places datent d'ailleurs de cette époque. Rien ne se perd dans un tilleul : ses fleurs séchées font la fameuse tisane qui apaise le sommeil, son miel blond et parfumé est l'un des plus recherchés d'Europe, et son bois tendre a servi aux plus grands sculpteurs allemands du XVᵉ siècle. Il pousse lentement mais peut vivre cinq siècles, atteindre trente mètres, résister à la pollution comme aux tailles sévères. Il aura vu passer les diligences, les premières automobiles, les trottinettes électriques, sans jamais changer de place — patient géant qui veille sur les places de France.
Mail Carrington
patrimoinePassage Alexandre Nozal
patrimoinePassage de la Girafe
patrimoinePassage des Maraichers
patrimoinePlace de la Halle Aux Drapiers
patrimoinePlace de la Poissonnerie
patrimoinePlace de la Porte de l'Eau
patrimoinePlace de la République
patrimoinePlace de l'Europe
patrimoinePlace des Anciens Combattants d'Indochine
patrimoinePlace du Champ de Ville
patrimoinePlace du Parvis Notre-Dame
patrimoinePlace du Pilori
patrimoinePlace Ernest Thorel
patrimoinePlace Georges Melies
patrimoinePlace Guillaume Petit
patrimoinePlace Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Quai de Bigards
patrimoineQuai des Lavandières
patrimoineRésidence Blanchet
patrimoineRésidence du Parc
patrimoineRond-Point de Folleville
patrimoineRond-Point du Bequet
patrimoineRond-Point du Canal
patrimoineRoute de la Haye Le Comte
patrimoineRoute de La Haye-Malherbe
patrimoineRoute de la Mare Corbet
patrimoineRoute de la Vacherie
patrimoineRoute de la Vallée Cormette
patrimoineRoute d'Elbeuf
patrimoineRoute de Louviers
patrimoineRoute de Louviers à Vironvay
patrimoineRoute de Montfort
patrimoineRoute de Pacy
patrimoineRoute de Paris
patrimoineRoute de Saint-Étienne du Vauvray
patrimoineRoute de Saint-Pierre
patrimoineRoute des Quatre Chemins
patrimoineRoute d'Evreux
patrimoineRoute du Neubourg
patrimoineRoute du Petit Mesnil
patrimoineRoute Forestière de la Petite Vallée
patrimoineRoute Forestiére de la Porte aux Péres
patrimoineRoute Forestière de Montaure
patrimoineRoute Forestière d'Incarville
patrimoineRue Achille Mercier
patrimoineRue Achille Talon
patrimoineRue Alexandre Dumas
patrimoineRue Alphonse Levasseur
patrimoineRue André Gide
patrimoineRue Antoine de Saint-Exupéry
patrimoineRue Aristide Bruant
patrimoineRue Armand Carrel
patrimoineRue au Coq
patrimoineRue Auguste Fromentin
patrimoineRue Aux Chevaux
patrimoineRue aux Huiliers
patrimoineRue Beaulieu
patrimoineRue Berselon
patrimoineRue Blaise Pascal
sciences« L'homme est un roseau pensant », « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie »… Les Pensées de Blaise Pascal (1623-1662) sont un incontournable de la philosophie française. Le penseur y décrit la condition humaine avec une profondeur pénétrante qui laisse difficilement indifférent. Il voit en Dieu la réponse à la faiblesse de l'Homme, qui ne peut ni douter de tout ni tout savoir absolument — ce en quoi il s'oppose au rationalisme de Descartes, qu'il jugeait trop orgueilleux : pour Pascal, Dieu se sent « au cœur, non à la raison ». Toute son œuvre porte la trace d'une nuit fondatrice : le 23 novembre 1654, il vit une expérience mystique bouleversante qu'il note fébrilement sur un parchemin — le fameux « Mémorial » — cousu dans la doublure de son pourpoint et qu'il portera sur lui jusqu'à sa mort, à trente-neuf ans. Une brièveté qui n'aura empêché ni sa géniale carrière de mathématicien et de physicien, ni la révolution philosophique qu'il aura, en si peu de temps, laissée derrière lui. Inventeur à dix-neuf ans d'une machine à calculer — la fameuse Pascaline, ancêtre lointain de nos ordinateurs, voir l'image — Blaise Pascal fut aussi l'un des plus grands physiciens de son siècle. On lui doit notamment l'expérience du crève-tonneau : introduire dans un tonneau fermé un fin tuyau vertical de plusieurs mètres, puis le remplir d'eau. À partir d'une certaine hauteur, la pression exercée par la petite colonne d'eau du tuyau suffit à faire exploser le tonneau ! En 1648, il mit également son beau-frère à contribution pour gravir le puy de Dôme avec un baromètre au mercure, prouvant que la colonne baissait en altitude — preuve définitive de l'existence de la pression atmosphérique et démentant les cartésiens qui prétendaient que « la nature a horreur du vide ». C'est d'ailleurs en son honneur que l'unité internationale de pression s'appelle le pascal (1 hectopascal = 100 pascals) — celle-là même qu'affichent les baromètres et les bulletins météo. La pression correspond à une force par unité de surface. Qu'est-ce qu'une force, au fait ?
Rue Boïeldieu
patrimoineRue Boule et Bill
patrimoineRue Camille Saint-Saëns
cultureEntré au Conservatoire à l'âge de treize ans, Camille Saint-Saëns (1835-1921) acquit rapidement une renommée significative auprès de grands compositeurs comme Rossini ou Berlioz. Organiste titulaire de la Madeleine à Paris pendant vingt ans, puis professeur de piano, il composa dans tous les genres : les opéras Samson et Dalila (1877) et Déjanire (1898) assirent sa notoriété, tandis que le Carnaval des animaux — qu'il refusa de publier de son vivant, le jugeant trop léger — reste aujourd'hui son œuvre la plus jouée à travers le monde. Souvent en opposition avec le wagnérisme, son style contribua au développement du poème symphonique, genre nouveau également porté par Liszt. Pris par l'élan patriotique qui succéda à la défaite française lors de la guerre franco-prussienne, Saint-Saëns fonda en 1871 la Société nationale de musique pour promouvoir les compositeurs de l'hexagone. Fait notable dans l'histoire du cinéma, il fut aussi le premier à composer spécialement une musique pour un film — celle de L'Assassinat du duc de Guise, en 1908.
Rue Caroline
patrimoineRue Cavelier de la Salle
patrimoineRue Charles Cros
patrimoineRue Claude Monet
patrimoineRue Commissaire Michel Arabeyre
patrimoineRue Constant Roussel
patrimoineRue Corto Maltese
patrimoineRue Côte de la Justice
patrimoineRue de Belgique
patrimoineRue de Bigards
patrimoineRue de Dusseldorf
patrimoineRue de l'Abbé Caresme
patrimoineRue de l'Abreuvoir
patrimoineRue de la Briqueterie
patrimoineRue de la Citadelle
patrimoineRue de la Croix Beaulieu
patrimoineRue de la Croix du Voeu
patrimoineRue de l'Adjudant-Chef Georges Mourad
patrimoineRue de la Garde Chatel
patrimoineRue de la Gare
patrimoineRue de la Haye
patrimoineRue de la Laiterie
patrimoineRue de la Londe
patrimoineRue de la Maison Rouge
patrimoineRue Delamare
patrimoineRue de la Marne
patrimoineRue de la Mécanique
patrimoineRue de la Motte
patrimoineRue de la Poste
patrimoineRue de la Ravine
patrimoineRue de la Salle du Bois
patrimoineRue de la Serpe d'Or
patrimoineRue de la Trinité
patrimoineRue de l'Echo
patrimoineRue de l'Église Saint-Germain
patrimoineRue de l'Équerre
patrimoineRue de l'Île
patrimoineRue de Louviers
patrimoineRue de l'Yser
patrimoineRue de Paris
patrimoineRue des Anciens Combattants d'Afrique du Nord
patrimoineRue des Belles Saisons
patrimoineRue des Bleuets
patrimoineRue des Cèdres
patrimoineRue des Champs
patrimoineRue des Coquelicots
patrimoineRue des Déportés
patrimoineRue des Entrepôts
patrimoineRue des Fougères
patrimoineRue des Foulonniéres
patrimoineRue des Grands Carreaux
patrimoineRue des Hayes Melines
patrimoineRue des Maillets
patrimoineRue des Martyrs de la Résistance
histoireLa Résistance française (1940-1944) commence par presque rien. Une poignée de tracts distribués à la sauvette, un journal ronéotypé au fond d'une cave, un mot griffonné sur un mur à la craie. Au lendemain de l'armistice du 22 juin 1940, la France est écrasée, coupée en deux, humiliée. Pétain règne à Vichy, la Wehrmacht défile à Paris. Résister paraît alors dérisoire, presque absurde. Ils seront pourtant quelques milliers, puis quelques dizaines de milliers, à choisir cette absurdité. Deux résistances coexistèrent initialement, habitées par une même flamme. Il y a d'abord celle de Londres : le 18 juin 1940, un général inconnu appelle à la BBC à ne pas déposer les armes. Autour de De Gaulle se rassemble la France Libre — militaires évadés, marins-pêcheurs bretons, tirailleurs africains, Compagnons de la Libération. Ils se battront à Bir-Hakeim, à Koufra, en Italie, jusque dans les rues de Paris avec la 2e DB de Leclerc. Et puis il y a celle de l'intérieur, plus obscure et plus périlleuse. Des mouvements naissent dans l'improvisation totale : Combat, Libération, Franc-Tireur en zone sud ; Défense de la France, Ceux de la Résistance, l'Organisation civile et militaire au nord ; les Francs-tireurs et partisans communistes après juin 1941. Des chrétiens, des socialistes, des militaires de carrière, des instituteurs, des ouvriers, des paysans, des étudiants, des juifs traqués : tous ne se parlent pas, souvent se méfient, parfois se détestent — mais tous refusent. L'unification fut l'œuvre patiente et dangereuse de Jean Moulin, envoyé par le Général De Gaulle. Le 27 mai 1943, rue du Four à Paris, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance, qui rassemble enfin tous les mouvements, syndicats et partis. Programme commun, autorité unique. Trois semaines plus tard, Moulin tombe à Caluire. Il ne parlera pas. Résister, c'est fabriquer de faux papiers, cacher des enfants juifs dans des fermes du Vercors ou du plateau du Chambon, faire passer des aviateurs alliés par les Pyrénées. C'est saboter une voie ferrée à trois heures du matin, imprimer un journal clandestin — Défense de la France tirera jusqu'à 450 000 exemplaires —, écouter Radio Londres l'oreille collée au poste, décrypter les « messages personnels » : « Les sanglots longs des violons de l'automne… » C'est aussi, souvent, mourir. Torturé par la Gestapo, fusillé au Mont-Valérien, déporté à Ravensbrück ou Buchenwald. À partir de 1943, quand Vichy instaure le Service du travail obligatoire, des dizaines de milliers de jeunes fuient dans les montagnes pour échapper au départ en Allemagne. Les Glières, le Vercors, le Mont-Mouchet, les Cévennes, le Limousin : les maquis se peuplent. Certains combats seront tragiques — le Vercors, en juillet 1944, verra 840 morts sous les assauts de la Wehrmacht. Longtemps invisibles dans le récit, les femmes étaient partout. Agentes de liaison à vélo, porteuses de valises, cheffes de réseaux — Marie-Madeleine Fourcade dirigeait le réseau Alliance et ses 3 000 agents. Lucie Aubrac, Berty Albrecht, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz : elles seront des dizaines de milliers. Beaucoup finiront à Ravensbrück. Août 1944. Quand Paris se soulève le 19 août, quand les cloches de Notre-Dame sonnent à la volée le 25, quand De Gaulle descend les Champs-Élysées le 26, la France retrouve sa fierté. Une grande partie de ce moment, elle le doit à ceux qui, quatre ans plus tôt, n'étaient rien — sinon des femmes et des hommes qui avaient dit non. Le programme du CNR, adopté en mars 1944, dessinera la France d'après-guerre : Sécurité sociale, nationalisations, droit de vote des femmes, presse indépendante. Aujourd'hui, seize Compagnons de la Libération reposent au Panthéon ou aux Invalides, et les rues, écoles et places qui portent leurs noms rappellent qu'un pays n'est jamais tout à fait perdu tant qu'il reste quelques-uns pour dire non.
Rue des Oiseaux
patrimoineRue des Pénitents
patrimoineRue des Petits Jardins
patrimoineRue des Pompiers
patrimoineRue des Quatre Moulins
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue des Quatre Vents
patrimoineRue des Rivalettes
patrimoineRue des Tanneurs
patrimoineRue des Tisserands
patrimoineRue des Trois Mousquetaires
patrimoineRue des Vallots
patrimoineRue de Verdun
patrimoineRue de Weymouth
patrimoineRue du 11 Novembre 1918
patrimoineRue du 8 Mai 1945
patrimoineRue du Bal Champêtre
patrimoineRue du Canal
patrimoineRue du Capitaine Adrien Breton
patrimoineRue du Charbonnier
patrimoineRue du Chatel
patrimoineRue du Chemin Vert
patrimoineRue du Clos des Oiseaux
patrimoineRue du Clos des Vignes
natureRue du Clos Saint-Lubin
patrimoineRue du Commandant l'Herminier
patrimoineRue du Cornu
patrimoineRue du Cours Au Maistre
patrimoineRue du Docteur Blanchet
patrimoineRue du Franc Fief
patrimoineRue du Friche Saint-Hildevert
patrimoineRue du Froc
patrimoineRue du Général de Gaulle
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Rue du Gouverneur Noufflard
patrimoineRue du Gril
patrimoineRue du Lotus Bleu
patrimoineRue du Luxembourg
patrimoineRue du Marché aux Oeufs
patrimoineRue du Maréchal Foch
histoireNé à Tarbes dans une famille pyrénéenne catholique et fervente, le jeune Ferdinand Foch (1851-1929) hésite un temps entre la prêtrise et l'uniforme — son frère aîné, lui, deviendra jésuite. Ce sera finalement l'artillerie. Élève à Polytechnique, il en sort officier et se distingue vite par une intelligence militaire hors du commun, alimentée par une culture philosophique rare chez les gradés de son temps. Il lit Bergson, cite Aristote, réfléchit à la nature de la volonté et du choc. Devenu professeur à l'École de guerre, il forge une doctrine restée célèbre : « Ma droite est enfoncée, mon centre cède, impossible de manœuvrer, situation excellente, j'attaque. » La Marne, septembre 1914. À la tête de la IXe armée dans les marais de Saint-Gond, il tient bon face à l'offensive allemande dans des conditions désespérées. Ce sera l'une des batailles décisives du miracle de la Marne, qui sauve Paris. Foch entre dans la légende. Les années suivantes seront plus douloureuses — l'Artois, la Somme, des offensives sanglantes qui coûtent des centaines de milliers d'hommes pour quelques kilomètres. Il connaît aussi les traversées du désert, écarté un temps du commandement. Mars 1918 : les Allemands lancent leur ultime offensive et menacent de séparer les Français des Britanniques. Dans une réunion dramatique à Doullens, les Alliés se résolvent enfin à ce qu'ils avaient refusé pendant quatre ans : un commandement unique. Foch est nommé chef suprême des armées alliées sur le front occidental. Américains, Britanniques, Belges, Italiens, Français : tous sous ses ordres. Il a 66 ans, et devant lui l'armée allemande la plus puissante de l'histoire. En quelques mois, il retourne la situation. Le 18 juillet, il déclenche la contre-offensive de Villers-Cotterêts avec les premiers chars massés en profondeur. C'est le début de la fin. De juillet à novembre, les armées alliées ne cessent d'avancer. Le 11 novembre 1918, à 5h15 du matin, dans son wagon-restaurant en forêt de Compiègne à Rethondes, il reçoit la délégation allemande et fait signer l'armistice. À 11 heures, les clairons sonnent le cessez-le-feu sur tout le front. Une gloire universelle. Maréchal de France, maréchal de Grande-Bretagne, maréchal de Pologne — un cas unique dans l'histoire. Membre de l'Académie française, honoré dans toutes les capitales alliées. Il aura pourtant un regret amer : les conditions du traité de Versailles, qu'il juge trop douces. Sa phrase, prononcée en 1919, deviendra tragiquement prophétique : « Ce n'est pas une paix, c'est un armistice de vingt ans. » Il mourra dix ans jour pour jour avant qu'elle ne se vérifie. Il s'éteint le 20 mars 1929, à Paris. Funérailles nationales sous une pluie glaciale, cortège immense derrière l'affût de canon. On l'inhume aux Invalides, dans un tombeau monumental à quelques pas de Napoléon et de Turenne. La statue équestre qui le représente près du Trocadéro le montre en cavalier impassible, regardant vers l'Est — comme s'il continuait, pour l'éternité, à surveiller la frontière.
Rue du Matrey
patrimoineRue du Mûrier
patrimoineRue du Petit Frontin
patrimoineRue du Pilori
patrimoineRue du Point du Jour
natureL'expression « point du jour » désigne l'aube, ce moment de transition entre la fin de la nuit et le début du plein jour. Techniquement, les astronomes en distinguent trois : l'aube astronomique (les étoiles disparaissent, soleil à 18° sous l'horizon), l'aube nautique (l'horizon devient identifiable, soleil à 12°), et l'aube civile (l'activité humaine peut se passer d'éclairage, soleil à 6°). À ne pas confondre avec l'aurore, où le disque du soleil est déjà visible mais partiellement masqué par l'horizon. Lorsque l'aube commence à poindre, le ciel se teinte de couleurs rouge-orangées : la lumière du soleil traverse alors une épaisseur d'air bien plus grande qu'au zénith, si bien que le bleu est diffusé sur les côtés et que seules les longueurs d'onde chaudes parviennent jusqu'à nos yeux — c'est le fameux phénomène de diffusion de Rayleigh, celui-là même qui explique aussi la couleur du ciel diurne et des couchers de soleil. Historiquement, beaucoup de rues « du Point du Jour » désignaient à l'origine la sortie orientale d'une ville, du côté où le soleil se lève — repère précieux pour les voyageurs et les paysans qui partaient aux champs à la première clarté. Victor Hugo, lui, a immortalisé cet instant dans un vers célèbre des Contemplations : « à l'heure où blanchit la campagne ».
Rue du Polhomet
patrimoineRue Dupont de l'Eure
patrimoineRue du Port
patrimoineRue du Puits Crosnier
patrimoineRue du Quai
patrimoineRue du Rempart
patrimoineRue du Secret de l'Espadon
patrimoineRue du Sillon
patrimoineRue du Sornier
patrimoineRue Dutens
patrimoineRue du Tir
patrimoineRue Édouard Lanon
patrimoineRue Edouard Pelletier
patrimoineRue Enguerrand
patrimoineRue Eugène Bouttier
patrimoineRue Félicité
patrimoineRue Félix
patrimoineRue Flavigny
patrimoineRue Françis Eonin
patrimoineRue François de Malherbe
patrimoineRue François le Camus
patrimoineRue Garfield
patrimoineRue Gaston Lagaffe
patrimoineRue Général Jacques Pâris de Bollardière
patrimoineRue Georges Brasses
patrimoineRue Georges Guynemer
patrimoineRue Gustave Bertinot
patrimoineRue Gustave Flaubert
patrimoineRue Guy de Maupassant
patrimoineRue Jacques Huet
patrimoineRue Jean-Baptiste Charcot
patrimoineRue Jean de la Varende
patrimoineRue Jean Fermanel
patrimoineRue Jean Leblanc
patrimoineRue Jean Macé
patrimoineRue Jean Mermoz
patrimoineRue Jeanne Salomé
patrimoineRue Jean Nicolle
patrimoineRue Jolly Jumper
patrimoineRue Joséphine Baker
patrimoineRue Jules Verne
patrimoineRue Julie-Victoire Daubie
patrimoineRue Lalun
patrimoineRue Langlois
patrimoineRue le Blanc du Roullet
patrimoineRue Léon Pétel
patrimoineRue Léopold Marcel
patrimoineRue Leroy Mary
patrimoineRue Linant
patrimoineRuelle de la Croix Beaulieu
patrimoineRuelle des Cailloux
patrimoineRue Louis Blériot
patrimoineRue Louis Pasteur
sciencesLouis Pasteur (1822-1895) révèla dès l'enfance un vrai talent pour le dessin - son mentor au collège d'Arbois le surnomme « mon petit Michel-Ange » et il réalisera une quarantaine de portraits au pastel avant de se tourner vers la science. En 1863, il sera d'ailleurs nommé à la chaire de géologie, physique et chimie appliquées aux beaux-arts de l'École des Beaux-Arts de Paris. En 1865, Napoléon III lui demande de combattre les maladies qui ruinent les exportations de vin (acétification, pousse, graisse, amer). Pasteur met au point un chauffage à 60 °C pendant 20 à 30 minutes : la pasteurisation est née, faisant de Pasteur le sauveur du vin français. Le procédé sera ensuite appliqué à la bière, puis au lait. Marqué par la défaite de 1870 face aux Allemands, alors maîtres incontestés de la bière, il s'attelle à créer une bière française meilleure que la leur — un travail qui aboutira à la pasteurisation des bouteilles à 65 °C. Pourtant la célébrité de Pasteur vient du 6 juillet 1885, lorsqu'il inocula au jeune Joseph Meister, mordu 14 fois par un chien enragé, le premier vaccin antirabique de l'histoire ! L'enfant survécut et put vivre jusqu'à l'âge de 64 ans. Pasteur s'inspirait des travaux d'Edward Jenner sur la variole : il est donc le père du vaccin, mais non de la vaccination. Il fondit l'Institut Pasteur en 1888 et décéda à Marne-la-Coquette en 1895 et recevoir des funérailles nationales à Notre-Dame de Paris.
Rue Louis Picard
patrimoineRue Lucien Neuwirth
patrimoineRue Lucien Thierry
patrimoineRue Massacre
patrimoineRue Nicolas Poussin
patrimoineRue Odette Kuene
patrimoineRue Pampoule
patrimoineRue Paul Dibon
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sciencesDans l'ombre immense de Marie, on oublie souvent son mari Pierre Curie (1859-1906). C'est pourtant un physicien de premier rang, l'un des plus brillants de son temps, et sans lui l'histoire du radium n'aurait sans doute jamais été écrite. Né à Paris dans une famille de médecins libres-penseurs, Pierre Curie n'est jamais allé à l'école. Son père, jugeant l'instruction publique trop rigide pour ce fils rêveur et lent à l'écrit, se charge lui-même de son éducation, dans le jardin familial et devant les vitrines des herboristes. Il apprend en observant la nature, en dessinant les fleurs, en démontant les mécanismes. À 16 ans, il entre à la Sorbonne. À 21, il est agrégé de physique. Avec son frère Jacques, il fait sa première grande découverte à 21 ans : certains cristaux — comme le quartz — produisent un courant électrique quand on les comprime, et se déforment quand on leur applique une tension. C'est la piézoélectricité. Découverte élégante et discrète, dont personne ne mesure alors la portée : elle équipe aujourd'hui les briquets, les montres à quartz, les échographies, les capteurs de smartphones, les sonars. Un siècle et demi plus tard, notre monde vibre littéralement au rythme de sa trouvaille de jeunesse. Il consacre ensuite quinze ans à étudier le magnétisme, formule la fameuse loi de Curie — qui décrit comment les matériaux magnétiques se comportent en fonction de la température — et découvre la température de Curie, au-delà de laquelle un aimant perd ses propriétés. Ces travaux lui vaudront enfin son doctorat, à 36 ans seulement. Il est brillant, mais lent, désintéressé, absorbé par ses expériences. Il travaille dans un laboratoire misérable à l'École de physique et chimie de Paris. Il refuse la Légion d'honneur, refuse les mondanités, refuse à peu près tout ce qui ressemble à un honneur. En 1894, un ami lui présente une jeune Polonaise venue étudier à Paris : Maria Skłodowska. Elle cherche un laboratoire pour ses recherches sur le magnétisme, il en cherche une pour partager sa vie. Ils se marient en 1895 — voyage de noces à vélo à travers la France, chacun un baluchon sur le porte-bagages. Pierre a 36 ans, Marie 27. Naît alors l'un des couples scientifiques les plus féconds de l'histoire. Quand Marie décide d'explorer les mystérieux rayons de l'uranium découverts par Becquerel, Pierre abandonne ses propres recherches pour s'associer à elle. Dans un hangar délabré de la rue Lhomond, sans chauffage ni ventilation, ils traitent à la main des tonnes de pechblende venue de Bohême. En 1898, ils isolent successivement deux nouveaux éléments : le polonium (baptisé en l'honneur de la patrie de Marie) et le radium. Ils inventent le mot « radioactivité ». Prix Nobel de physique en 1903 — que Pierre exige de partager avec Marie, alors que le comité voulait n'honorer que les hommes. Les mains couvertes de brûlures, épuisé par les longues heures de laboratoire, il souffre de douleurs osseuses de plus en plus violentes — les premiers effets, ignorés à l'époque, des rayonnements. Il continue pourtant : professeur enfin à la Sorbonne en 1904, élu à l'Académie des sciences en 1905. Il commence à peine à goûter la reconnaissance. Une rue sous la pluie. Le 19 avril 1906, à Paris, il traverse la rue Dauphine sous une pluie battante, distrait, épuisé, sans doute déjà malade. Il glisse. Un lourd fardier tiré par un cheval passe à cet instant : sa roue lui écrase le crâne. Il meurt sur le coup, à 46 ans. Marie ne s'en remettra jamais tout à fait ; elle poursuivra seule leurs travaux, obtiendra un second Nobel en son honneur autant qu'au sien. En 1995, presque un siècle après sa mort, il entre au Panthéon aux côtés de Marie. Sur son cercueil, quelques mots gravés — les seuls qui lui vont : physicien, savant, humble. On disait de lui qu'il aurait suffi qu'il tende la main pour recevoir toutes les gloires. Il ne l'a jamais tendue. C'est peut-être pour cela qu'on ne les lui a jamais retirées.
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histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1885) naquit à Besançon le 7 ventôse de l'an X — soit le 26 février 1802 dans le calendrier révolutionnaire encore en usage. Poète, romancier, dramaturge, mais aussi (moins connu) dessinateur de génie — il laissa près de quatre mille dessins d'une audace visionnaire admirée par Delacroix —, il fut le père incontesté du romantisme français depuis la fameuse bataille d'Hernani (25 février 1830), soirée fondatrice où jeunes romantiques et académiques en vinrent presque aux mains au Théâtre-Français. Son œuvre est monumentale : Notre-Dame de Paris (1831), Ruy Blas, Les Misérables (1862, son sommet mondial), L'Homme qui rit, Quatre-vingt-treize, sans oublier les sublimes poèmes des Contemplations et des Châtiments, et l'immense fresque de La Légende des siècles. Sa carrière politique ne fut pas moindre. Nommé pair de France en 1845, il fut élu député de Paris en 1848, prit position contre la peine de mort — le combat de toute sa vie — et défendit ardemment la République. Le coup d'État du 2 décembre 1851 fomenté par Louis-Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon III) le contraignit à un exil de dix-neuf ans, d'abord en Belgique, puis dans les îles anglo-normandes de Jersey puis Guernesey, où il écrivit ses plus grandes œuvres. Quand Napoléon III lui offrit l'amnistie en 1859, il refusa avec ces mots devenus proverbes : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai. » Il tint parole et ne rentra que le 5 septembre 1870, deux jours après la chute de l'Empire, acclamé à la gare du Nord par une foule immense. Sa vie fut aussi celle des grands deuils : la mort noyée de sa fille Léopoldine en 1843, à dix-neuf ans, dans la Seine à Villequier — deuil fondateur qui inspirera le déchirant « Demain, dès l'aube… » — et la double vie sentimentale entre son épouse Adèle Foucher et sa muse Juliette Drouet, avec qui il vécut une passion secrète de cinquante ans. Il mourut d'une pneumonie à Paris le 22 mai 1885, à quatre-vingt-trois ans. Deux millions de personnes défilèrent devant sa dépouille sur les Champs-Élysées avant qu'il ne soit conduit au Panthéon, dans un simple corbillard de pauvre qu'il avait demandé par testament. Le Panthéon avait été rendu au culte laïque exprès pour l'accueillir. Il fut ainsi non seulement l'homme d'un siècle, mais le siècle en un homme.
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