Rues de Lescar
369 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée Alexandre Dumas
patrimoineAllée Alfred de Musset
patrimoineAllée Bellerive
patrimoineAllée Chantilly
patrimoineAllée Charles Baudelaire
patrimoineAllée Charles Péguy
patrimoineAllée Chateaubriand
patrimoineAllée Claude Debussy
patrimoineAllée Deauville
patrimoineAllée des Bouvreuils
patrimoineAllée des Prés
patrimoineAllée du Bois d'Ariste
patrimoineAllée François Villon
patrimoineAllée Lamartine
histoireD'abord poète célébré — les Méditations poétiques le rendirent illustre à trente ans —, Alphonse de Lamartine (1790-1869) devint sur le tard un politicien redouté pour son éloquence. Élu député en 1833, il se fit connaître par des discours retentissants sur la question sociale : après la révolte des canuts lyonnais, il dénonça dans un discours resté célèbre « l'horrible volcan sur lequel l'industrie repose » — formule qui frappait les esprits mais agaçait une Chambre bourgeoise que ses envolées mystiques laissaient sceptique. Quand la Monarchie de Juillet s'effondre le 24 février 1848, Lamartine se retrouve, presque malgré lui, à la tête du gouvernement provisoire. Le lendemain, à l'Hôtel de Ville, une foule en armes exige que le drapeau rouge, symbole insurrectionnel, remplace le tricolore. Lamartine s'y oppose dans un discours improvisé qui reste l'un des grands moments d'éloquence du XIXᵉ siècle : « Le drapeau rouge que vous nous rapportez n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93, tandis que le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. » Chef de facto de la jeune République, il fit abolir l'esclavage dans les colonies et la peine de mort en matière politique — deux mesures dont l'écho dépasse largement son court passage au pouvoir. L'euphorie de février tourne court. La fermeture des ateliers nationaux, ces chantiers publics créés pour employer les chômeurs parisiens, déclenche en juin 1848 une insurrection ouvrière — les Journées de Juin — matée dans le sang par le général Cavaignac. Lamartine, débordé par des événements qu'il ne maîtrise plus, perd tout crédit auprès du peuple qui l'avait porté en triomphe quatre mois plus tôt. La chute est vertigineuse. À l'élection présidentielle du 10 décembre 1848, celui qui avait proclamé la République ne recueille que 17 910 voix — 0,23 % —, humilié par Louis-Napoléon Bonaparte (5,4 millions de voix, 74 %). Dans son propre département de Saône-et-Loire, il n'obtient que 1 501 voix contre 27 121 pour Bonaparte. Sa carrière politique s'achève là, aussi vite qu'elle s'était imposée. Il retourne à la littérature et finit sa vie criblé de dettes, vendant sa plume au plus offrant pour survivre — lui qui, quelques décennies plus tôt, écrivait déjà dans L'Isolement son goût pour l'arrachement et la fuite : "Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !"
Allée Louis Blériot
patrimoineAllée Maisons Laffitte
patrimoineAllée Ronsard
patrimoineAutoroute de Gascogne
patrimoineAvenue André Ampère
patrimoineAvenue André Marie Ampère
patrimoineAvenue Carrerot
patrimoineAvenue de l'Hippodrome
patrimoineAvenue de l'Ousse
patrimoineAvenue Denis Touzanne
patrimoineAvenue de Pau
patrimoineAvenue de Plaisance
patrimoineAvenue de Santoña
patrimoineAvenue des Crêtes
patrimoineAvenue de Tarbes
patrimoineAvenue du Lanot
patrimoineAvenue du Pesquit
patrimoineAvenue du Vert Galant
patrimoineAvenue Erckmann-Chatrian
patrimoineAvenue Frédéric et Irène Joliot-Curie
patrimoineAvenue Gaston Phoebus
patrimoineAvenue Joseph d'Ariste
patrimoineAvenue Louis Barthou
patrimoineAvenue Louis Pasteur
sciencesLouis Pasteur (1822-1895) révèla dès l'enfance un vrai talent pour le dessin - son mentor au collège d'Arbois le surnomme « mon petit Michel-Ange » et il réalisera une quarantaine de portraits au pastel avant de se tourner vers la science. En 1863, il sera d'ailleurs nommé à la chaire de géologie, physique et chimie appliquées aux beaux-arts de l'École des Beaux-Arts de Paris. En 1865, Napoléon III lui demande de combattre les maladies qui ruinent les exportations de vin (acétification, pousse, graisse, amer). Pasteur met au point un chauffage à 60 °C pendant 20 à 30 minutes : la pasteurisation est née, faisant de Pasteur le sauveur du vin français. Le procédé sera ensuite appliqué à la bière, puis au lait. Marqué par la défaite de 1870 face aux Allemands, alors maîtres incontestés de la bière, il s'attelle à créer une bière française meilleure que la leur — un travail qui aboutira à la pasteurisation des bouteilles à 65 °C. Pourtant la célébrité de Pasteur vient du 6 juillet 1885, lorsqu'il inocula au jeune Joseph Meister, mordu 14 fois par un chien enragé, le premier vaccin antirabique de l'histoire ! L'enfant survécut et put vivre jusqu'à l'âge de 64 ans. Pasteur s'inspirait des travaux d'Edward Jenner sur la variole : il est donc le père du vaccin, mais non de la vaccination. Il fondit l'Institut Pasteur en 1888 et décéda à Marne-la-Coquette en 1895 et recevoir des funérailles nationales à Notre-Dame de Paris.
Avenue Marguerite de Navarre
patrimoineAvenue Novella
patrimoineAvenue Roger Cadet
patrimoineAvenue Santos Dumont
patrimoineBoulevard Charles de Gaulle
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Boulevard de l'Europe
patrimoineCamin Micatoste
patrimoineCami Salié
patrimoineCarrèra Micatoste
patrimoineChemin Cam Loung
patrimoineChemin Casbah
patrimoineChemin de Batan
patrimoineChemin de Beneharnum
patrimoineChemin de Bénéharnum
patrimoineChemin de Bernat
patrimoineChemin de Beyrie
patrimoineChemin de Biot
patrimoineChemin de Cam Lourg
patrimoineChemin de Confesse
patrimoineChemin de Ferré
patrimoineChemin de Gey
patrimoineChemin de Gourreix
patrimoineChemin de Guillaume Tell
patrimoineChemin de Labanere
patrimoineChemin de Labanère
patrimoineChemin de la Caribette
patrimoineChemin de la Cote des Maures
patrimoineChemin de la Côte du Muet
patrimoineChemin de la Côte Piteu
patrimoineChemin de la Pépinière
patrimoineChemin de la Plaine
patrimoineChemin de la Pontérique
patrimoineChemin de la Renaissance
patrimoineChemin de Larrec
patrimoineChemin de la Solidarité
patrimoineChemin de Las Pachères
patrimoineChemin de la Teulère
patrimoineChemin de Liana
patrimoineChemin de Lons
patrimoineChemin de l'Oussère
patrimoineChemin de Marlats
patrimoineChemin de Sainte-Quitterie
patrimoineChemin des Arroumegas
patrimoineChemin des Arroumégas
patrimoineChemin des Embarrats
patrimoineChemin des Trois Ponts
patrimoineChemin des Vignes
natureChemin de Tucoo
patrimoineChemin du Bac
patrimoineChemin du Bilaà
patrimoineChemin du Figuier
patrimoineChemin du Lanot
patrimoineChemin du moulin
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Le mot vient du latin molinum, dérivé de mola — la meule, cette lourde pierre ronde qui broie le grain. De la même racine sont nés le verbe moudre, la mouture, le meunier, le moulinet, et jusqu'à nos dents molaires, ces meules de chair qui écrasent la nourriture. Toute une famille de mots pour dire une seule chose : broyer, réduire en poudre. Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de deux mille ans. Le moulin à vent, lui, gagne l'Europe au XIIᵉ siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile de noix et d'olive, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan. Mais le moulin n'a pas vraiment disparu : leurs descendants, les alternateurs des centrales hydroélectriques, tournicotent tout autant pour fournir l'énergie de nos maisons. Ce sont les mêmes principes — la force de l'eau, du vent, transformée en mouvement utile — qui font aujourd'hui tourner nos vies.
Chemin du Vieux Pape
patrimoineChemin Fourcet
patrimoineChemin Henri IV
patrimoineChemin la Ribère
patrimoineChemin Lasbourdettes
patrimoineChemin rural dit de Serres
patrimoineChemin Salié
patrimoineCôte du Vigné
natureEscalier Baliracq
patrimoineFosse de Réception
patrimoineImpasse Alessandro Volta
patrimoineImpasse Alphonse Daudet
patrimoineImpasse Anna Bordenave
patrimoineImpasse Charles Nungesser
patrimoineImpasse de la Closerie
patrimoineImpasse de la Hourquie
patrimoineImpasse de la Palmeraie
patrimoineImpasse de la Plaine
patrimoineImpasse de la Sittelle
patrimoineImpasse de l'Aubisque
patrimoineImpasse de l’Ayguelongue
patrimoineImpasse de l'Étang
natureImpasse de L'Heptaméron
patrimoineImpasse des Aigrettes
patrimoineImpasse des Alouettes
naturePetit passereau des campagnes ouvertes, l'alouette des champs (Alauda arvensis) est l'un des oiseaux les plus emblématiques du monde rural européen — chanteuse incomparable, oiseau sacré des Gaulois, muse des poètes et des peintres depuis vingt siècles, elle est aujourd'hui devenue le symbole silencieux du déclin de la biodiversité agricole française.
Comment la reconnaître ? Long d'une vingtaine de centimètres, l'oiseau est discret au sol grâce à son plumage cryptique brun-sable moucheté de sombre, parfaitement mimétique dans les labours et les prairies rases. Trois signes distinctifs permettent de l'identifier : un sourcil blanchâtre au-dessus de l'œil, une petite huppe érectile qu'il redresse quand il est alerté, et surtout les rectrices externes de la queue d'un blanc pur qui contrastent quand il s'envole. Contrairement à la plupart des passereaux qui chantent perchés, l'alouette chante en vol vertical stationnaire : elle s'élève en spirale à 50 ou 100 mètres du sol, se maintient en battant rapidement des ailes, et redescend en piqué avant d'ouvrir un « parachute » au dernier moment pour se poser dans l'herbe.
Son chant est peut-être le plus complexe de toute l'avifaune européenne. Là où le coucou n'a que deux notes, l'alouette dispose de plus de 6 000 syllabes agencées selon une syntaxe particulière, dans une succession ininterrompue de trilles, de vocalises et de pépiements. Le mâle chante de l'aube au crépuscule, de fin janvier à mi-juillet, chaque séquence pouvant durer de trois à quinze minutes sans reprendre souffle. Le français populaire a créé des verbes rien que pour lui : l'alouette grisolle, turlute ou tirelire. Aucun autre oiseau n'a inspiré autant de vocabulaire spécialisé.
Le mot vient du gaulois alauda — composé de al (« grand ») et aud (« le chant »), soit littéralement « la grande chanteuse ». Les Gaulois vénéraient l'oiseau comme sacré, et Jules César baptisa même l'une de ses légions Alaudae (« les Alouettes »), recrutée en Gaule narbonnaise — les casques des soldats portaient à leur cimier une aile d'alouette. Depuis, l'oiseau est resté dans l'imaginaire collectif un médiateur entre terre et ciel, symbole de bon augure et de joie matinale.
Chaucer l'appelait « le messager du jour », Shakespeare la fit chanter dans Roméo et Juliette pour signaler la venue de l'aube fatale, Ronsard et Victor Hugo lui consacrèrent des vers. Ce dernier concluait un poème par ces vers restés célèbres :
« Et l'aube est là sur la plaine !
J'admire, en vérité,
Qu'on puisse avoir de la haine
Quand l'alouette a chanté. »
En peinture, Jules Breton en fit le sujet de son chef-d'œuvre Le Chant de l'alouette (1884, Art Institute of Chicago) — une paysanne pieds nus regardant l'oiseau chanter au-dessus des champs. Van Gogh peignit son Champ de blé avec une alouette. Sans oublier la comptine enfantine qui traverse les générations : « Alouette, gentille alouette ».
Malgré cette gloire poétique, l'alouette des champs est aujourd'hui l'un des symboles les plus alarmants de la crise écologique française. Ses effectifs nicheurs ont chuté de plus de 30 % depuis 1989, ceux des populations hivernantes de 31 % depuis 2001. En cause : l'intensification agricole (labours répétés qui détruisent les nids au sol), la disparition des jachères, l'usage massif des pesticides qui privent l'oiseau de ses insectes, et la chasse traditionnelle — la France autorise encore chaque année le prélèvement de plus de 300 000 alouettes par tir et par piégeage (matoles, pantes), pratique aujourd'hui vivement contestée par la LPO et la Commission européenne. L'oiseau qui donnait son nom aux légions romaines, qui inspirait Hugo et Shakespeare, disparaît en silence des campagnes françaises — non par accident, mais par choix collectif.Impasse des Bougainvilliers
patrimoineImpasse des Bouvreuils
patrimoineImpasse des Castors
patrimoineImpasse des Chanterelles
patrimoineImpasse des Coudriers
patrimoineImpasse des Coulemelles
patrimoineImpasse des Écureuils
patrimoineImpasse des Iris
patrimoineImpasse des Marmottes
patrimoineImpasse des Marronniers
patrimoineImpasse des Palombes
natureImpasse des Tourterelles
patrimoineImpasse Dominique de Sajus
patrimoineImpasse du 1er Mai
patrimoineImpasse du Bialé
patrimoineImpasse du Cazala
patrimoineImpasse du Clos de la Lanusse
patrimoineImpasse du Galop
patrimoineImpasse du Hameau la Teulère
patrimoineImpasse du Lagoue
patrimoineImpasse du Moulin
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Le mot vient du latin molinum, dérivé de mola — la meule, cette lourde pierre ronde qui broie le grain. De la même racine sont nés le verbe moudre, la mouture, le meunier, le moulinet, et jusqu'à nos dents molaires, ces meules de chair qui écrasent la nourriture. Toute une famille de mots pour dire une seule chose : broyer, réduire en poudre. Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de deux mille ans. Le moulin à vent, lui, gagne l'Europe au XIIᵉ siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile de noix et d'olive, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan. Mais le moulin n'a pas vraiment disparu : leurs descendants, les alternateurs des centrales hydroélectriques, tournicotent tout autant pour fournir l'énergie de nos maisons. Ce sont les mêmes principes — la force de l'eau, du vent, transformée en mouvement utile — qui font aujourd'hui tourner nos vies.
Impasse du Sous-bois
patrimoineImpasse du Vert Galant
patrimoineImpasse Flora Tristan
patrimoineImpasse Francis Jammes
patrimoineImpasse Géo André
patrimoineImpasse Jean Racine
patrimoineImpasse Lacaussade
patrimoineImpasse Marcel Pagnol
patrimoineImpasse Marie de Romieu
patrimoineImpasse Mozart
patrimoineImpasse Paul de Béarn
patrimoineImpasse Saint-Michel
patrimoineImpasse Victor Hugo
histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1885) naquit à Besançon le 7 ventôse de l'an X — soit le 26 février 1802 dans le calendrier révolutionnaire encore en usage. Poète, romancier, dramaturge, mais aussi (moins connu) dessinateur de génie — il laissa près de quatre mille dessins d'une audace visionnaire admirée par Delacroix —, il fut le père incontesté du romantisme français depuis la fameuse bataille d'Hernani (25 février 1830), soirée fondatrice où jeunes romantiques et académiques en vinrent presque aux mains au Théâtre-Français. Son œuvre est monumentale : Notre-Dame de Paris (1831), Ruy Blas, Les Misérables (1862, son sommet mondial), L'Homme qui rit, Quatre-vingt-treize, sans oublier les sublimes poèmes des Contemplations et des Châtiments, et l'immense fresque de La Légende des siècles. Sa carrière politique ne fut pas moindre. Nommé pair de France en 1845, il fut élu député de Paris en 1848, prit position contre la peine de mort — le combat de toute sa vie — et défendit ardemment la République. Le coup d'État du 2 décembre 1851 fomenté par Louis-Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon III) le contraignit à un exil de dix-neuf ans, d'abord en Belgique, puis dans les îles anglo-normandes de Jersey puis Guernesey, où il écrivit ses plus grandes œuvres. Quand Napoléon III lui offrit l'amnistie en 1859, il refusa avec ces mots devenus proverbes : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai. » Il tint parole et ne rentra que le 5 septembre 1870, deux jours après la chute de l'Empire, acclamé à la gare du Nord par une foule immense. Sa vie fut aussi celle des grands deuils : la mort noyée de sa fille Léopoldine en 1843, à dix-neuf ans, dans la Seine à Villequier — deuil fondateur qui inspirera le déchirant « Demain, dès l'aube… » — et la double vie sentimentale entre son épouse Adèle Foucher et sa muse Juliette Drouet, avec qui il vécut une passion secrète de cinquante ans. Il mourut d'une pneumonie à Paris le 22 mai 1885, à quatre-vingt-trois ans. Deux millions de personnes défilèrent devant sa dépouille sur les Champs-Élysées avant qu'il ne soit conduit au Panthéon, dans un simple corbillard de pauvre qu'il avait demandé par testament. Le Panthéon avait été rendu au culte laïque exprès pour l'accueillir. Il fut ainsi non seulement l'homme d'un siècle, mais le siècle en un homme.
La Pyrénéenne
patrimoineLotissement Bera Vista
patrimoineLotissement Le Clos Marquet
patrimoineLotissement le Clos Parisot Lagarde
patrimoineParvis de la Cathédrale
patrimoinePassage Corales
patrimoinePassage du Pont du Chin
patrimoinePlace Croix de Mariotte
patrimoinePlace de la Hourquie
patrimoinePlace de la Libération
histoireLa Libération (1944-1945) ne s'est pas faite en un jour, ni même en un mois. Ce que l'on appelle « la Libération » est en réalité une longue vague qui déferle sur la France pendant près d'un an, de juin 1944 à mai 1945, laissant derrière elle un pays exsangue, meurtri, mais debout. 6 juin 1944 : le jour le plus long. À l'aube, 156 000 soldats alliés débarquent sur cinq plages de Normandie — Utah, Omaha, Gold, Juno, Sword. C'est la plus grande opération amphibie de l'histoire. Parmi eux, 177 Français du commando Kieffer touchent le sable de Colleville-Montgomery. Ils sont les seuls Français à débarquer ce jour-là. Sur le sable d'Omaha, les pertes américaines sont effroyables. Le soir venu, la tête de pont tient. Rien n'est joué, tout est possible. Pendant que les Alliés progressent difficilement dans le bocage normand, l'intérieur du pays s'embrase. Les maquis multiplient les sabotages : le plan « Vert » vise les voies ferrées, le plan « Violet » les télécommunications, le plan « Tortue » les routes. Résultat : les divisions blindées allemandes qui montent vers la Normandie mettent trois semaines pour un trajet qui aurait dû durer trois jours. La division SS Das Reich, dans sa remontée furieuse, massacre 99 civils à Tulle et 643 à Oradour-sur-Glane le 10 juin; village figé pour l'éternité dans ses ruines. Sur le plateau du Vercors, 4 000 maquisards proclament la « République libre » et attendent les renforts alliés promis. Ils ne viendront jamais. Le 21 juillet, la Wehrmacht attaque en force, dont des planeurs qui se posent au cœur du massif. 840 maquisards et civils tombent. Ce sera l'une des grandes plaies de la mémoire résistante. Une seconde opération, souvent éclipsée par celle de Normandie, débarque en Provence le 15 août : l'armée B du général de Lattre de Tassigny, forte de 250 000 hommes dont plus de la moitié de tirailleurs algériens, marocains, sénégalais, et de goumiers. Ils remonteront la vallée du Rhône à une vitesse foudroyante, libéreront Toulon, Marseille, Lyon, feront leur jonction avec les troupes venues de Normandie en Bourgogne le 12 septembre. La France est coupée en deux, mais dans le bon sens. L'insurrection éclate à Paris le 19 août. Barricades dans le Quartier latin, drapeaux tricolores aux fenêtres, préfecture de police reprise, combats rue de Rivoli. Le 24 août au soir, un détachement de la 2e DB de Leclerc — le « détachement Dronne », composé pour partie de républicains espagnols rescapés de la guerre civile — entre dans Paris par la porte d'Italie. À 22h22, les cloches de Notre-Dame sonnent à la volée. Le lendemain, le général von Choltitz, gouverneur militaire allemand, signe la capitulation à la gare Montparnasse. Il n'aura pas exécuté l'ordre d'Hitler de brûler Paris. Le 26 août, de Gaulle descend les Champs-Élysées à pied, dans une foule immense, sous les tirs sporadiques de tireurs isolés depuis les toits. Pendant l'automne se poursuivent les libérations. Bordeaux le 28 août, Lyon le 3 septembre, Dijon le 11, Nancy le 15, Strasbourg le 23 novembre — libération symbolique celle-ci, tenue par Leclerc en réponse à un serment prêté trois ans plus tôt en Libye : « Ne déposons les armes que lorsque nos couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. » Certaines poches allemandes tiennent pourtant sur l'Atlantique jusqu'au bout : Saint-Nazaire, La Rochelle, Royan ne se rendront que le 8 mai 1945. L'épuration commence, brutale et parfois expéditive. Des femmes tondues sur les places de village. Des exécutions sommaires. Puis les procès officiels : Pétain condamné à mort et gracié, Laval fusillé. La France retrouve la République, le droit de vote des femmes en avril 1944 (première élection en 1945), la Sécurité sociale à venir. Le pays compte ses morts : 600 000 environ, dont 350 000 civils. Ses villes détruites — Caen, Le Havre, Saint-Malo, Royan — devront être reconstruites pierre par pierre. Aujourd'hui ne reste qu'un mot, avant tout. « Libération » : c'est le nom d'un journal, d'un mouvement de résistance, d'une avenue dans presque toutes les communes de France. C'est aussi un état d'esprit — celui d'un pays qui a su, malgré la défaite, malgré l'occupation, malgré la collaboration, retrouver le chemin de lui-même. Ce chemin-là ne s'oublie pas.
Place de l'État Plurinational de la Bolivie
patrimoinePlace des Magnolias
patrimoinePlace des Ramiers
patrimoinePlace Lacaussade
patrimoinePlace Royale
patrimoinePromenade des remparts
patrimoineRond-Point André-Marie Ampère
patrimoineRond-Point de Beneharnum
patrimoineRond-Point de l'Aviation
sciencesRond-Point de l'Europe
patrimoineRond-Point de l'Olivier
patrimoineRond-Point des Ambulancières
patrimoineRond-Point des Coustettes
patrimoineRond-Point des Écrivains
patrimoineRond-Point des Frères Wright
patrimoineRond-Point des Mousquetaires
patrimoineRond-Point des Pyrénées
patrimoineRond-Point du Château
patrimoineRond-Point du Lescourre
patrimoineRond-Point du Littoral
patrimoineRond-Point René Lalanne
patrimoineRond-Point Saint-Jacques
patrimoineRoute de l’Aviation
sciencesRoute Départementale 816
patrimoineRoute de Pont de Lescar
patrimoineRoute de Sault de Navailles
patrimoineRue Albert Péré Dit Graciotte
patrimoineRue Alfred de Vigny
patrimoineRue Alphonse Daudet
patrimoineRue Anna Bordenave
patrimoineRue Antoine de Bourbon
patrimoineRue Barthéty
patrimoineRue Benjamin Franklin
patrimoineRue Bere Biste
patrimoineRue Berlioz
patrimoineRue Bernard Palissy
sciencesArtisan autodidacte devenu l'un des plus grands céramistes de la Renaissance, Bernard Palissy (v.1510-1589) passa seize ans de sa vie obstinément penché sur son four, à chercher le secret de l'émail blanc à la vénitienne — ruinant sa famille, brûlant ses meubles pour alimenter son feu quand le bois vint à manquer. La légende, colportée jusque dans l'Encyclopédie de Diderot, veut qu'il ait sacrifié jusqu'aux planches de son plancher. Sa persévérance finit par payer : il inventa les fameuses « rustiques figulines », plats et bassins émaillés où grouillent, en relief saisissant, lézards, poissons, serpents, grenouilles et coquillages moulés d'après nature. Sa virtuosité lui valut la protection de Catherine de Médicis, pour qui il aménagea une grotte céramique aux Tuileries. Mais Palissy fut aussi un précurseur des sciences : converti au protestantisme vers 1546, il donna des conférences remarquées sur les eaux, les métaux, la formation des roches, et défendit contre l'Église l'idée révolutionnaire que les fossiles sont des restes d'animaux réels — bien avant la naissance de la paléontologie. Ses convictions religieuses lui valurent la prison sous Henri II, puis la Bastille à près de quatre-vingts ans, où il mourut en 1589. La légende raconte qu'Henri III, venu le presser d'abjurer, s'entendit répondre : « Sire, vous ne pouvez rien contre moi, car je sais mourir. »
Rue Bié Grande
patrimoineRue Blanche de Béarn
patrimoineRue Cachau
patrimoineRue Calebraque
patrimoineRue Camille Saint-Saëns
cultureEntré au Conservatoire à l'âge de treize ans, Camille Saint-Saëns (1835-1921) acquit rapidement une renommée significative auprès de grands compositeurs comme Rossini ou Berlioz. Organiste titulaire de la Madeleine à Paris pendant vingt ans, puis professeur de piano, il composa dans tous les genres : les opéras Samson et Dalila (1877) et Déjanire (1898) assirent sa notoriété, tandis que le Carnaval des animaux — qu'il refusa de publier de son vivant, le jugeant trop léger — reste aujourd'hui son œuvre la plus jouée à travers le monde. Souvent en opposition avec le wagnérisme, son style contribua au développement du poème symphonique, genre nouveau également porté par Liszt. Pris par l'élan patriotique qui succéda à la défaite française lors de la guerre franco-prussienne, Saint-Saëns fonda en 1871 la Société nationale de musique pour promouvoir les compositeurs de l'hexagone. Fait notable dans l'histoire du cinéma, il fut aussi le premier à composer spécialement une musique pour un film — celle de L'Assassinat du duc de Guise, en 1908.
Rue Catherine de Médicis
patrimoineRue César de Vendome
patrimoineRue Charles de Bordeu
patrimoineRue Charles Gounod
cultureÉlevé dans une famille de mélomanes parisienne — sa mère était pianiste et son père peintre —, Charles Gounod (1818-1893) étudia au Conservatoire de Paris et remporta le prestigieux Prix de Rome en 1839. Le séjour à la Villa Médicis lui révéla la musique italienne et la spiritualité catholique romaine, deux influences durables. Devenu maître de chapelle et organiste en 1843, il suivit des cours de théologie et faillit entrer dans les ordres — mais y renonça peu après l'avènement de la Deuxième République. Sa foi profonde imprégnera néanmoins toute son œuvre. Il connut la gloire avec son cinquième opéra, Faust (1859), pourtant en rupture avec les codes de son époque : là où l'opéra italien célébrait la virtuosité vocale, Gounod privilégiait le lyrisme mélodique et l'expression intime des sentiments. Ce fut le succès mondial. Après trois opéras peu remarqués, la reconnaissance revint avec Roméo et Juliette (1867), autre sommet de son art. Mais son œuvre déborde largement l'opéra : Gounod composa un catalogue considérable de musique sacrée — dont la sublime Messe solennelle de sainte Cécile et deux grands oratorios, Rédemption et Mors et Vita — et surtout la mélodie qu'on entend depuis 150 ans dans tous les mariages, tous les baptêmes et tous les enterrements catholiques du monde : son fameux Ave Maria (sous sa forme définitive en 1859), méditation posée en apesanteur sur le premier prélude en do majeur du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach — union miraculeuse de deux siècles. Détail plus inattendu : Gounod composa aussi une petite pièce humoristique, la Marche funèbre d'une marionnette (1872), qui devint mondialement célèbre lorsqu'Alfred Hitchcock en fit l'indicatif de son émission télévisée Alfred Hitchcock présente. Après un exil à Londres consécutif à la Commune, marqué par une relation orageuse avec la chanteuse Georgina Weldon, Gounod rentra en France et poursuivit sa carrière. Il mourut à Saint-Cloud en 1893, à soixante-quinze ans, alors qu'il composait un Requiem qu'il ne put achever. Son écriture claire et mesurée aura contribué à définir le style français que développeront après lui Bizet et Saint-Saëns. Connaissez-vous ces deux compositeurs ? Cherchez-les, ils ne sont pas loin !
Rue Charles Moureu
patrimoineRue Claude de France
patrimoineRue Clément Ader
patrimoineRue Combarrieu
patrimoineRue d'Aquitaine
patrimoineRue Darrichon
patrimoineRue d'Arsonval
patrimoineRue d'Auteuil
patrimoineRue de Bigorre
patrimoineRue de Fondeville
patrimoineRue de la Banère
patrimoineRue de la Cerizère
patrimoineRue de la Chênaie
patrimoineRue de la Cité
patrimoineRue de la Justice
patrimoineRue de l'Alfàs del Pi
patrimoineRue de la Palombière
patrimoineRue de la Source
patrimoineRue de la Tourette
patrimoineRue de l'Aubisque
patrimoineRue de l'Esquirette
patrimoineRue de l'Oppidum
patrimoineRue Denis Diderot
cultureFils d'un couvreur devenu maître coutelier de Langres, dans la Haute-Marne, Denis Diderot (1713-1784) fut l'un des esprits les plus vastes et les plus audacieux de son siècle. Athée, matérialiste, précurseur de l'évolutionnisme un siècle avant Darwin, hostile aux dogmes religieux comme aux tyrannies politiques, il incarna toutes les hardiesses des Lumières. Sa réputation moderne tient d'abord à son grand œuvre : l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, coécrite avec le mathématicien Jean Le Rond d'Alembert, à laquelle il consacra vingt années de sa vie. Initialement conçue comme une simple traduction de la Cyclopædia de l'Anglais Chambers, elle explosa sous sa plume en une entreprise philosophique et militante d'une ampleur inédite : 17 volumes de texte, 11 volumes de planches, 71 818 articles — véritable arsenal de la raison contre les préjugés, mise à l'Index par le pape et plusieurs fois interdite. Mais Diderot ne fut pas seulement encyclopédiste. Il est aussi l'un des grands prosateurs français : Le Neveu de Rameau (dialogue vertigineux entre un philosophe et un parasite génial, découvert et traduit par Goethe), Jacques le Fataliste (roman précurseur du modernisme), La Religieuse (réquisitoire brûlant contre la vie conventuelle forcée). Il inventa aussi la critique d'art moderne avec ses Salons commentant les expositions du Louvre. Il pensa le théâtre avec le Paradoxe sur le comédien. Et sa correspondance avec sa maîtresse Sophie Volland compte parmi les plus belles pages du XVIIIᵉ siècle. Emprisonné à Vincennes en 1749 pour ses écrits athées — c'est là que Rousseau vint le voir à pied depuis Paris, moment fondateur de leur amitié —, il vécut toute sa vie dans une gêne financière que sa gloire n'atténuait pas. À soixante ans, il vendit sa bibliothèque à Catherine II de Russie, qui lui en laissa l'usage jusqu'à sa mort, et fit le voyage à Saint-Pétersbourg dans l'espoir vain de convaincre l'impératrice d'appliquer les principes des Lumières. Il mourut à Paris en 1784, cinq ans avant la Révolution qu'il avait tant fait pour préparer. Étrangement, il n'entra jamais au Panthéon — malgré plusieurs tentatives récentes. Il repose discrètement dans l'église Saint-Roch, à quelques rues du Louvre — un des rares grands des Lumières que la République n'a jamais consacré. L'héritage d'une vie de travail au service de la raison.
Rue Denis Papin
patrimoineRue de Peyrasilh
patrimoineRue des Acacias
natureEn botanique, Acacia désigne un vaste genre de plus de 1 300 espèces, principalement australiennes, dont les rameaux odorants fleurissent en pompons dorés à la fin de l'hiver. Or ces arbres-là, en France, tout le monde les appelle… mimosas. Et l'arbre que nous nommons couramment « acacia » — ce grand arbre à écorce fissurée, à épines vives et à grappes blanches parfumées qui borde tant de routes de campagne — n'appartient en réalité pas au genre Acacia. C'est un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), originaire des Appalaches en Amérique du Nord. À l'origine de cette valse d'identités : un homme. Jean Robin (1550-1629), botaniste du roi Henri IV, reçut en 1601 des graines envoyées d'Amérique par son ami anglais John Tradescant. Il les planta dans son jardin parisien, place Dauphine. Le premier arbre a disparu, mais deux rejets replantés par son fils Vespasien sont encore vivants aujourd'hui : l'un au square René-Viviani face à Notre-Dame — c'est le plus vieil arbre de Paris, il a même survécu à l'incendie de 2019 —, l'autre au Jardin des Plantes. Linné, en 1753, dédia à Jean Robin le nom du genre Robinia, en gardant le souvenir de la confusion dans l'épithète pseudoacacia, littéralement « faux acacia ». Le robinier a très vite conquis les campagnes françaises. Ses grappes blanches sont très mellifères — le fameux miel d'acacia, cristal et léger, en est issu (l'appellation, bien qu'incorrecte botaniquement, est tolérée par l'usage). Ses fleurs se dégustent en beignets ou en sirop. Son bois, l'un des plus durables d'Europe, résiste à l'humidité et aux insectes, ce qui en fait un matériau de choix pour les piquets de clôture, les terrasses et les tuteurs de vigne. Attention en revanche : l'arbre est toxique dans presque toutes ses parties sauf les fleurs, et il est aujourd'hui considéré comme une espèce invasive en France, capable de coloniser les sols à une vitesse impressionnante grâce à ses racines drageonnantes. Reste que dans le langage courant, l'acacia gardera longtemps le nom du vrai — même s'il n'en est pas un. C'est peut-être ainsi que naissent, entre les langues et les livres de botanique, les plus jolies erreurs.
Rue des Ajoncs
patrimoineRue des Albizzias
patrimoineRue des Amandiers
patrimoineRue des Anémones
patrimoineRue de Satao
patrimoineRue des Aubépines
patrimoineRue des Bégonias
patrimoineRue des Belettes
patrimoineRue des Bergeronnettes
patrimoineRue des Canabères
patrimoineRue des Cèpes
patrimoineRue des Chanterelles
patrimoineRue des Châtaigniers
patrimoineRue des Chênes
natureOn l'identifie à ses feuilles lobées et à ses fruits appelés glands, mets de choix pour les sangliers et les écureuils. Le terme scientifique pour désigner la famille des chênes est « quercus », qui inclut plus de 600 espèces à travers le monde. L'une des plus célèbres est le chêne-liège, arbre méditerranéen exigeant en lumière, chaleur et eau, dont l'écorce à la texture élastique et poreuse fait les meilleurs bouchons et d'excellents isolants. Mais le plus beau spécimen reste sans conteste le chêne pédonculé : trapu, tronc court, houppier étalé, il pousse lentement mais peut vivre entre 500 et 2000 ans. Son bois dur et imputrescible a porté les charpentes des cathédrales — celle de Notre-Dame de Paris comptait 1300 chênes millénaires avant l'incendie — les vaisseaux de la marine royale de Colbert, et aujourd'hui encore les tonneaux qui donnent au vin son goût. Pas étonnant que les Gaulois vénéraient cet arbre comme un symbole de force, de justice et de longévité.
Rue des Coustettes
patrimoineRue des Écureuils
patrimoineRue des Érables
patrimoineRue des Fauvettes
patrimoineRue des Frères Rieupeyrous
patrimoineRue des Frères Wright
patrimoineRue des Genêts
patrimoineRue des Grives
patrimoineRue des Hermines
patrimoineRue des Hibiscus
patrimoineRue des Jonquilles
patrimoineRue des Lauriers
patrimoineRue des Magnolias
patrimoineRue des Mésanges
patrimoineRue des Mimosas
patrimoineRue des Mousquetaires
patrimoineRue des Mousserons
patrimoineRue des Noisetiers
patrimoineRue des Petites Pervenches
patrimoineRue des Pinsons
patrimoineRue des Primevères
patrimoineRue des Pyrénées
patrimoineRue des Ramiers
patrimoineRue des Remparts
patrimoineRue des Tamaris
patrimoineRue des Tilleuls
natureOn le reconnaît à ses larges feuilles en forme de cœur et à sa fleur jaune pâle qui embaume les soirs de juin d'un parfum sucré, entêtant — ce parfum qui fait partie du grand album olfactif de l'enfance française. Depuis le Moyen Âge, on plante un tilleul au centre des villages : sous ses branches, on tient conseil, on rend la justice, on marie les fiancés, on danse aux fêtes patronales. En 1792, la jeune République en fit son « arbre de la Liberté » et lança une plantation nationale — beaucoup des vieux tilleuls de nos places datent d'ailleurs de cette époque. Rien ne se perd dans un tilleul : ses fleurs séchées font la fameuse tisane qui apaise le sommeil, son miel blond et parfumé est l'un des plus recherchés d'Europe, et son bois tendre a servi aux plus grands sculpteurs allemands du XVᵉ siècle. Il pousse lentement mais peut vivre cinq siècles, atteindre trente mètres, résister à la pollution comme aux tailles sévères. Il aura vu passer les diligences, les premières automobiles, les trottinettes électriques, sans jamais changer de place — patient géant qui veille sur les places de France.
Rue des Verdiers
patrimoineRue des Vertes Prairies
natureRue de Verdun
patrimoineRue de Vincennes
patrimoineRue du Balaitous
patrimoineRue du Baron Jacobi
patrimoineRue du Bialé
patrimoineRue du Bilaa
patrimoineRue du Cazala
patrimoineRue du Chanoine Maupas
patrimoineRue du Clos du Rey
patrimoineRue du Clos Fleuri
patrimoineRue du Clos Saint-Yves
patrimoineRue du Corps Franc Pommiès
patrimoineRue du Domaine du Château
patrimoineRue du Doyen Recaborde
patrimoineRue du Général de Gaulle
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Rue du Hameau de la Cavette
patrimoineRue du Hiaa
patrimoineRue du Laou
patrimoineRue du Lieutenant de Vaisseau Garnuchot
patrimoineRue du Néouvielle
patrimoineRue du Parvis
patrimoineRue du Pic d'Anie
patrimoineRue du Pic d'Ossau
patrimoineRue du Pic du Ger
patrimoineRue du Pont Louis
patrimoineRue du Prix d'Amérique
patrimoineRue du Rey d'Ossau
patrimoineRue du Souvenir Français
patrimoineRue du Taa
patrimoineRue du Touya
patrimoineRue du Val d'Aspe
patrimoineRue du Vallon
patrimoineRue du Vignemale
natureRue Éloi Labourdette
patrimoineRue Flandres-Dunkerque
patrimoineRue François 1er
patrimoineRue François Mauriac
cultureFils d'une riche famille de la bourgeoisie bordelaise, François Mauriac (1885-1970) fut élevé par sa mère dans la stricte rigueur de la foi catholique, après la mort précoce de son père. Le domaine familial de Malagar, sur les coteaux de Langon — aujourd'hui visitable —, et le collège de Grand-Lebrun à Bordeaux, formèrent le décor et l'atmosphère qui hanteront toute son œuvre : celle d'une bourgeoisie provinciale, catholique, prisonnière de ses secrets et de son argent, saisie par la tentation constante du péché. De ce milieu il tira ses plus grands romans — Le Baiser au lépreux (1922), Genitrix (1923), Le Désert de l'amour, et surtout Thérèse Desqueyroux (1927), portrait implacable d'une empoisonneuse landaise devenue l'un des personnages féminins les plus mystérieux de la littérature française. Puis Le Nœud de vipères (1932), sommet de son œuvre, chronique corrosive d'une famille rongée par la haine et la cupidité. Écrivain profondément catholique, il défendait un droit rare : celui d'écrire des romans chrétiens qui n'aient rien d'édifiant. « Un romancier chrétien est celui qui pose des problèmes chrétiens, non celui qui donne des solutions chrétiennes. » Sa foi le mit souvent en tension avec l'Église officielle, qui lui reprochait de peindre trop cruellement les âmes catholiques. Sous l'Occupation, Mauriac fut résistant : membre du Comité national des écrivains, il publia clandestinement en 1943, sous le pseudonyme de Forez, son Cahier noir aux Éditions de Minuit — l'un des textes fondateurs de la Résistance culturelle. Il reçut en 1952 le Prix Nobel de littérature. Après la guerre, il devint l'un des plus grands éditorialistes français : son Bloc-notes publié au Figaro puis à L'Express forme un monument du journalisme politique. Fervent défenseur du général de Gaulle, il prit aussi position contre la torture en Algérie, croisant le fer avec Camus, Sartre et l'ensemble de sa génération. Il mourut à Paris en 1970 et repose à Vémars, dans le Val-d'Oise. Sur la fin de sa vie, il définissait son propre destin littéraire avec cette ironie mélancolique dont il avait le secret : « Personne ne se sera tenu plus opiniâtrement que moi à l'arrière-garde de la littérature. »
Rue Franz Schubert
patrimoineRue Frédéric Chopin
cultureFils d'un professeur de français lorrain et d'une pianiste polonaise qui se sont rencontrés à Varsovie, Frédéric Chopin (1810-1849) reçut très tôt une éducation musicale. Il développa rapidement son don naturel pour la musique et partit s'installer à Paris, capitale culturelle incontournable en 1831. Il y rencontra l’écrivain George Sand qui fut sa compagne durant sept ans. Atteint de mucoviscidose, maladie rare, Chopin composa jusqu'à la fin de sa vie. Outre les nombreuses œuvres dédiées au piano, qui incluent la Nocturne n°1 en si bémol mineur (1830), Fantaisie impromptu (1835) ou encore Douze Etudes Op. 25: No. 1 "Aeolian Harp" (1836), Chopin composa une Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur (1846) ainsi qu'un recueil de mélodies en polonais. Par ailleurs, il mit au point de nouvelles techniques pianistiques : respiration grâce au rubato, multiplication des silences, mouvement souple du poignet.
Rue Frédéric Miramon
patrimoineRue Frédéric Mistral
patrimoineRue Gabriel Fauré
cultureEnfant surdoué venu du Sud-Ouest, Gabriel Fauré (1845-1924) fut envoyé à onze ans à Paris pour intégrer la toute nouvelle École Niedermeyer, institution originale qui, à l'écart du Conservatoire, formait ses élèves à la musique religieuse ancienne et à l'orgue plutôt qu'à la virtuosité pianistique. Cette formation à part fit toute la différence : Fauré développa un langage harmonique unique, aux modulations discrètes et aux tensions douces, qu'on qualifie encore aujourd'hui de « fauréen ». Toute sa vie, il mena de front la composition et la fonction : maître de chapelle puis titulaire du grand orgue de la Madeleine à Paris, cofondateur de la Société nationale de musique, enfin directeur du Conservatoire de Paris de 1905 à 1920 — où ses réformes lui valurent le surnom de « Robespierre », mais où il forma une génération entière de compositeurs : Maurice Ravel, Nadia Boulanger (qui elle-même formera Bernstein, Copland ou Piazzolla), Charles Koechlin, Georges Enesco. Son catalogue pianistique regorge d'œuvres intimistes — barcarolles, nocturnes, impromptus, valses-caprice — et il excella dans la mélodie, avec deux recueils sommets : La Bonne Chanson (1892-1894) et L'Horizon chimérique (1921). Mais l'œuvre par laquelle des millions de gens ont découvert Fauré est son Requiem (1888) — sublime dans son Pie Jesu et bouleversant dans son In Paradisum. À contre-courant des Requiem dramatiques de Berlioz ou Verdi, Fauré y a peint la mort comme « une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d'au-delà ». Belle prophétie personnelle : à partir de 1902, il devint progressivement sourd, composant ses dernières œuvres dans le silence — comme Beethoven un siècle plus tôt. Il mourut à Paris en 1924. Sur son Requiem, il n'y a rien à ajouter — sinon peut-être ce que Marcel Proust, grand admirateur, disait de sa musique : elle avait le pouvoir de rendre visible ce que d'autres ne pouvaient qu'espérer.
Rue Gabrielle d'Estrées
patrimoineRue Gui de Lons
patrimoineRue Guynemer
patrimoineRue Hélène de Montgeroult
patrimoineRue Henri Farman
patrimoineRue Henri Rozier
patrimoineRue Jappeloup
patrimoineRue Jean-Baptiste Clément
cultureFils d'un meunier de l'Oise, le jeune Jean-Baptiste Clément (1836-1903) monta à Paris travailler comme ouvrier boulanger puis employé de commerce, avant de trouver dans la chanson populaire sa véritable vocation. Républicain fervent, opposant résolu au Second Empire, il collabora à plusieurs journaux socialistes et se produisit dans les cafés-concerts et les goguettes — ces sociétés chantantes populaires du XIXᵉ où l'on composait et lançait, souvent le verre à la main, des couplets satiriques et engagés. Ses publications lui valurent plusieurs procès et l'obligèrent à se réfugier un temps en Belgique, où il composa en 1866 la mélancolique chanson qui allait faire sa gloire éternelle, Le Temps des cerises, sur une mélodie d'Antoine Renard : « Mais il est bien court le temps des cerises / Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant / Des pendants d'oreille… / Cerises d'amour aux robes pareilles / Tombant sous la feuille en gouttes de sang. » Simple chanson d'amour printanière à l'origine, elle deviendrait bientôt l'hymne éternel de la Commune. De retour en France, Clément fut en 1871 élu délégué du 18ᵉ arrondissement à la Commune de Paris, défendit les barricades de Montmartre, et vécut au premier rang la répression versaillaise. La Semaine sanglante entre les dimanches 21 et 28 mai — près de 20 000 morts fusillés dans les rues de Paris — lui inspira une chanson bouleversante du même nom. Sur les dernières barricades tenues rue Fontaine-au-Roi, il croisa une infirmière communarde inconnue, une certaine Louise ; en 1885, il lui dédia officiellement Le Temps des cerises, faisant définitivement basculer la chanson d'amour dans la mémoire révolutionnaire. Condamné à mort par contumace en 1874, il s'exila à Londres — rejoignant la longue tradition française des poètes proscrits, sur les traces d'Hugo à Guernesey — jusqu'à l'amnistie générale de 1879. Il rentra alors à Paris, poursuivit son œuvre (plus de 400 chansons au total) et milita jusqu'à sa mort en 1903. Ses cendres reposent au Père-Lachaise, à quelques mètres du Mur des Fédérés où furent fusillés les derniers Communards. Détail savoureux : la comptine que les enfants du monde entier chantent encore, Dansons la Capucine, est en réalité une composition satirique de Clément (1868), reprenant l'air du chant révolutionnaire La Carmagnole. Une satire dissimulée derrière des airs de goguette — la marque du chansonnier militant, qui savait toujours danser sur le fil.
Rue Jean de la Fontaine
culturePetite structure captant une source ou une canalisation pour délivrer de l'eau, la fontaine est l'un des éléments les plus universels du patrimoine urbain et rural français — à la fois outil vital avant l'arrivée de l'eau courante au robinet, lieu central de la sociabilité villageoise, ornement prestigieux des grandes places royales, et aujourd'hui symbole patrimonial d'un rapport à l'eau que la modernité a transformé mais jamais effacé.
Le mot fontaine vient du latin fontana, forme féminine dérivée de fons, fontis — qui signifie à l'origine « source », l'eau vive jaillissant naturellement du sol. Le mot désigne donc d'abord le point d'émergence naturel de la nappe phréatique, avant de glisser, à partir du Moyen Âge, vers son sens actuel d'édicule maçonné. En occitan, on dit encore « font » — mot qui donne de nombreux toponymes du Sud (Font-Romeu, Fontvieille, Fontaine-de-Vaucluse). Fontaine et source sont, en vérité, deux mots équivalents — l'un dit la chose, l'autre dit sa domestication.
Avant l'arrivée de l'eau courante au robinet (dans les années 1930 à 1960 selon les communes), la fontaine publique était, avec les puits, les cours d'eau et les citernes, l'un des seuls points d'alimentation en eau potable. Elle se composait au minimum d'une bouche (ou canon, ou mascaron sculpté) d'où jaillissait l'eau, et d'un bassin ou vasque pour la recueillir. Elle était fréquemment associée à un lavoir où les femmes battaient le linge, et à un abreuvoir où les animaux se désaltéraient. Son emplacement n'était jamais indifférent : place du village, carrefour de routes, devant l'église ou sur la place du marché — toujours un lieu central, où convergeait la vie de la communauté.
Historiquement, aller chercher l'eau était une tâche féminine — les femmes venaient parfois plusieurs fois par jour avec des seaux portés sur l'épaule à l'aide d'un balancier (appelé « cambalou » en Périgord). La fontaine devenait ainsi, de fait, un lieu de sociabilité féminine : on y échangeait les nouvelles, on y partageait les confidences, on y négociait les mariages, on y réglait des querelles — mais on s'y disputait aussi, en période de sécheresse, quand l'eau venait à manquer. Dire « à la fontaine » dans un village français du XIXᵉ siècle, c'était désigner le forum des commères autant que la source de la vie.
Dès l'Antiquité romaine, les fontaines monumentales célébraient la puissance des cités et de leurs bâtisseurs. En France, la Renaissance relance les grands travaux urbains : François Iᵉʳ puis Henri IV équipent Paris de fontaines publiques — la fontaine des Innocents (1549), chef-d'œuvre de Pierre Lescot et Jean Goujon, en reste le symbole, considérée comme la plus ancienne fontaine publique parisienne encore en place. Louis XIV porte l'art à son sommet avec les fontaines de Versailles, mises en scène théâtrale du pouvoir royal sur les éléments naturels. Au Luxembourg, la fontaine Médicis commandée par Marie de Médicis au début du XVIIᵉ siècle témoigne du goût italien pour les grottes d'eau romantiques. Chaque époque laisse ses fontaines : baroque sous Louis XIV, classique sous Louis XV, Empire sous Napoléon, Haussmannien sous le Second Empire.
Au XIXᵉ siècle, l'eau de qualité restait inaccessible aux plus pauvres. En 1872, le philanthrope britannique Sir Richard Wallace, ému par la misère de Paris après le siège de 1870, finance sur sa fortune personnelle l'installation gratuite de petites fontaines en fonte verte réparties dans toute la capitale. Ces fontaines Wallace — reconnaissables à leurs quatre cariatides portant un dôme — distribuent toujours aujourd'hui une eau potable gratuite à Paris, Nantes, Bordeaux et dans de nombreuses villes du monde. Elles s'inscrivaient dans un courant philanthrope anglais qui voulait inciter la population à boire de l'eau plutôt que de l'alcool. C'est l'une des rares infrastructures publiques du XIXᵉ siècle à n'avoir jamais cessé d'être utilisée.
L'arrivée massive de l'eau courante au robinet, entre les années 1930 (villes) et les années 1960 (campagnes), a vidé les fontaines de leur fonction première. Beaucoup furent démantelées pour agrandir les places publiques, détruites par négligence, ou simplement coupées. Depuis les années 1980, un mouvement de restauration patrimoniale redonne vie à ces édicules anciens : restaurés par les communes et les associations, inscrits à l'inventaire du petit patrimoine rural, parfois remis en eau même sans fonction utilitaire — simple geste de mémoire, rappel que, dans chaque village français, il y a toujours eu, quelque part, un endroit où l'on allait boire, laver, parler, vivre. En temps de dérèglement climatique et de retour des épisodes de sécheresse, les fontaines prennent même un sens nouveau : elles redeviennent, dans certaines communes, des points d'eau publics stratégiques, et les « fontaines à boire » modernes se multiplient dans les espaces publics urbains comme alternative gratuite aux bouteilles plastiques.Rue Jean-Jacques Rousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Rue Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Rue Jean Mermoz
patrimoineRue Jean Moulin
histoireIssu d'une famille républicaine et laïque (son père, professeur, était un fervent dreyfusard), Jean Moulin (1899-1943) grandit dans le culte de la République et le goût du dessin, qu'il pratiquera toute sa vie sous le pseudonyme de Romanin. Caricaturiste talentueux, il expose, publie dans des journaux satiriques, fréquente les artistes de Montparnasse. Rien ne semblait le destiner à devenir une icône. Haut fonctionnaire brillant, il gravit les échelons à vitesse fulgurante et devient, à 38 ans, préfet d'Eure-et-Loir, devenant ainsi le plus jeune préfet de France. En 1939. Il n'imagine pas encore que sa fonction va faire de lui, en quelques mois, un héros. Chartres, juin 1940. Alors que la Wehrmacht déferle, les Allemands veulent lui faire signer un document accusant des tirailleurs sénégalais de crimes qu'ils n'ont pas commis. Il refuse. On le frappe, on l'enferme dans une pièce avec le cadavre d'une femme, on le menace. La nuit venue, seul, il tente de se trancher la gorge avec un tesson de verre pour ne pas céder sous la torture. Il survit — mais portera désormais une cicatrice qu'il cachera sous une écharpe. Cette écharpe deviendra, avec le feutre et le regard sombre, son image éternelle. Révoqué par le régime de Vichy en novembre 1940, il gagne Londres via l'Espagne et le Portugal. Le général De Gaulle lui confie une mission d'une audace folle : unifier les mouvements de résistance intérieure, jusqu'alors dispersés, rivaux, cloisonnés. Parachuté en Provence dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, sous le nom de « Rex », il sillonne la France clandestinement, convainc, arbitre, fédère. Le 27 mai 1943, à Paris, rue du Four, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance — moment fondateur où communistes, socialistes, syndicalistes, chrétiens et gaullistes se retrouvent enfin sous une même bannière. Trois semaines après cette réunion historique, le 21 juin 1943, il tombe dans un guet-apens à Caluire-et-Cuire, près de Lyon. Arrêté par "le boucher de Lyon" Klaus Barbie, il est torturé pendant des jours dans les locaux de la Gestapo, avenue Berthelot. Il ne parlera pas. Un mot, un seul, aurait suffi à décapiter la Résistance : il l'emporte avec lui. Il meurt dans le train qui l'emmène vers l'Allemagne, quelque part près de Metz, le 8 juillet 1943. Il avait 44 ans. Le 19 décembre 1964, ses cendres sont transférées au Panthéon. Sous la pluie battante, André Malraux prononce l'un des plus beaux discours de la langue française : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » La voix se brise. Toute une génération pleure. Un visage — écharpe, feutre, regard — devient à jamais celui de la France qui a dit non.
Rue Jeanne d'Albret
patrimoineRue Jean Prévost
patrimoineRue Joseph Cugnot
patrimoineRue Lacaussade
patrimoineRue Lasbordes
patrimoineRue Lasdebezes
patrimoineRue Léo Delibes
patrimoineRue Léo Lagrange
patrimoineRue Louise Michel
patrimoineRue Luc
patrimoineRue Marc-Antoine de Noé
patrimoineRue Marcel Pagnol
patrimoineRue Maubec
patrimoineRue Maurice Coustau
patrimoineRue Maurice Ravel
patrimoineRue Micatoste
patrimoineRue Montaigne
culturePhilosophe, écrivain et humaniste de la Renaissance, Michel de Montaigne (1533-1592) est l’une des grandes figures de la pensée française. Témoin des guerres de Religion qui déchirent le royaume, il développe une philosophie fondée sur le doute, la connaissance de soi et la tolérance. Plutôt que de prétendre détenir la vérité, il invite chacun à examiner ses propres convictions et à se méfier des certitudes. Sa célèbre devise, « Que sais-je ? », résume cette démarche intellectuelle qui fait de lui un penseur profondément libre, attaché à la mesure et à la compréhension de la nature humaine.
Issu d’une famille de négociants bordelais récemment anoblie, Montaigne reçoit une éducation humaniste avant de devenir magistrat, d’abord à Périgueux, puis au parlement de Bordeaux. C’est dans cette ville qu’il rencontre Étienne de La Boétie, avec lequel il noue une amitié exceptionnelle, restée célèbre dans l’histoire de la littérature. La mort prématurée de son ami, en 1563, le marque profondément. En 1571, après la mort de son père et l’abandon de sa charge de magistrat, il se retire dans son domaine périgourdin pour se consacrer à la lecture, à la réflexion et à l’écriture. Il ne renonce pourtant pas aux affaires publiques : élu maire de Bordeaux en 1581, il exerce cette fonction pendant 4 ans, au cœur d’une période de fortes tensions politiques et religieuses.
C’est dans la tour de son château, au milieu des nombreux livres de sa bibliothèque, que Montaigne entreprend la rédaction des Essais, son œuvre majeure, dont la première édition paraît en 1580. Il y aborde les sujets les plus divers - l’amitié, l’éducation, la politique, la mort, les coutumes ou encore les peuples étrangers - en mêlant ses lectures à ses expériences et à ses réflexions personnelles. Son ambition est de mieux comprendre l’être humain en commençant par s’observer lui-même. Loin des traités philosophiques rigides, les Essais offrent une pensée vivante, libre et en mouvement, que leur auteur enrichit jusqu’à la fin de sa vie.
Avec son scepticisme, son ouverture d’esprit et sa méfiance envers le fanatisme, Montaigne défend une sagesse particulièrement précieuse dans un siècle déchiré par les guerres de Religion. Il refuse de juger les autres uniquement à partir de ses propres habitudes et rappelle combien les certitudes humaines peuvent être fragiles. Cette liberté de pensée, que Stefan Zweig mettra magnifiquement en lumière dans son essai consacré à Montaigne, fait de lui une figure majeure de la tolérance et de l’indépendance intellectuelle. Plus de quatre siècles après sa mort, les Essais demeurent d’une étonnante modernité : en cherchant à comprendre l’homme qu’il est, Montaigne nous aide à mieux comprendre ce que nous sommes.Rue Montesquieu
patrimoineRue Olympe de Gouges
patrimoineRue Raoul Follereau
patrimoineRue Rapatou
patrimoineRue Raymond Poincaré
patrimoineRue Rebeque
patrimoineRue Rebèque
patrimoineRue Robert Schuman
patrimoineRue Sainte-Catherine
patrimoineRue Saint-Exupéry
patrimoineRue Séverin Lacoste
patrimoineRue Simone Veil
histoireMagistrate, femme politique et figure majeure des droits des femmes, Simone Veil (1927-2017) a profondément marqué l’histoire française et européenne. Née Simone Jacob à Nice, dans une famille juive attachée aux valeurs républicaines, elle est arrêtée en mars 1944, au lendemain de ses épreuves du baccalauréat, puis déportée à Auschwitz-Birkenau avec sa mère et sa sœur. Transférée ensuite à Bergen-Belsen, elle survit aux camps, mais perd sa mère, son père et son frère pendant la guerre. De retour en France en 1945, elle reprend ses études de droit et à Sciences Po, avant d’entrer dans la magistrature en 1956.
Après plusieurs années consacrées notamment à l’amélioration des conditions de détention et à la modernisation de la justice, elle entre au gouvernement en 1974 comme ministre de la Santé. Elle est alors chargée de défendre un projet de loi visant à légaliser l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Dans un climat de débats particulièrement violents, elle prononce à l’Assemblée nationale un discours historique pour défendre ce texte. La loi Veil, promulguée le 17 janvier 1975, constitue une étape majeure dans l’évolution des droits des femmes en France. Face aux oppositions, Simone Veil défend sa réforme avec détermination et contribue à faire évoluer durablement la société française.
En 1979, elle franchit une nouvelle étape en étant élue présidente du Parlement européen, devenant la première femme à occuper cette fonction à la tête d’une assemblée européenne élue au suffrage universel direct. Profondément marquée par la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, elle voit dans la construction européenne un moyen de préserver la paix et d’empêcher le retour des violences qui ont déchiré le continent. Elle poursuit son engagement européen pendant plusieurs années, avant de retrouver des responsabilités gouvernementales en France, puis de siéger au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007.
Tout au long de sa vie, Simone Veil s’engage également pour la mémoire de la Shoah, notamment à la tête de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Élue à l’Académie française en 2008, elle meurt le 30 juin 2017 et entre au Panthéon avec son époux Antoine le 1er juillet 2018. Son parcours incarne à la fois la mémoire des persécutions, le combat pour les droits des femmes et la volonté de construire une Europe durablement en paix.Rue Sully
patrimoineRue Thimonnier
patrimoineRue Thomas Edison
patrimoineRue Voltaire
histoireIssu de la bourgeoisie parisienne, François-Marie Arouet (1694-1778) fit de brillantes études chez les jésuites de Louis-le-Grand. Son pseudonyme Voltaire est l'anagramme d'Arovet L.J. — « Arouet le Jeune » — à une époque où u et v ne se distinguaient pas encore à l'écrit. Ses vers irrévérencieux contre le Régent lui valurent onze mois de Bastille en 1717, où il écrivit sa première tragédie et se choisit son nouveau nom. Un franc-parler récidiviste l'exila ensuite en Angleterre pendant trois ans, séjour décisif : il en revint transformé, avec une philosophie réformatrice de la justice et de la société inspirée du modèle anglais, et une défense ardente de la liberté d'expression. Rentré en France, il ne cessa dès lors de critiquer la guerre, le dogme chrétien et surtout la monarchie absolue de droit divin. Historiographe du roi en 1745, il entra à l'Académie française l'année suivante — mais ses écrits scandaleux (Zadig, 1747) le forcèrent à l'exil, d'abord chez Frédéric II à Berlin, puis en Suisse. En 1759, il s'installa à Ferney, village frontalier de la Suisse qui portera désormais son nom : il y accueillit toute l'Europe éclairée pendant vingt ans, devenant le « patriarche de Ferney », référence intellectuelle du siècle. La même année, il publia Candide, roman satirique où sa naïveté imaginaire dénonce le fanatisme, la guerre, l'esclavage et l'optimisme métaphysique de Leibniz — le fameux « Il faut cultiver notre jardin » qui clôt le livre. Avec ses pamphlets mordants, il se battit contre les injustices judiciaires : l'affaire Calas (protestant toulousain roué en 1762, réhabilité grâce à lui en 1765), l'affaire Sirven, l'exécution du jeune chevalier de La Barre. À chacun il opposa sa devise, signée à la fin de ses lettres : « Écrasons l'infâme » — l'infâme étant le fanatisme religieux. En 1778, à quatre-vingt-trois ans, il revint triomphalement à Paris après vingt-huit ans d'absence : la Comédie-Française l'acclama debout, la foule l'idolâtra. Il mourut trois mois plus tard. Refusé de sépulture chrétienne, enterré à la sauvette en Champagne, il fut transféré au Panthéon par la Révolution en 1791. Il y repose depuis, face à Rousseau — les deux frères ennemis des Lumières.
Rue Yan Petit
patrimoineSquare Corisande d'Andoins
patrimoineSquare des Chanterelles
patrimoineSquare Verlaine
culturePaul Verlaine (1844-1896) naît à Metz un jour d'automne 1844, dans une famille bourgeoise et catholique. Rien, dans cette enfance sage, ne laisse présager la vie tumultueuse qui l'attend — sinon peut-être une hypersensibilité maladive et un goût précoce pour les vers de Baudelaire, qu'il découvre à seize ans comme une révélation. À vingt-deux ans, il publie ses Poèmes saturniens : un premier recueil déjà somptueux, tout en demi-teintes, brumes et paysages intérieurs. La musique de Verlaine est là, tout entière — cette manière si particulière de faire chanter la langue française à mi-voix, entre soupir et confidence. En 1871, il reçoit une lettre d'un adolescent inconnu, un certain Arthur Rimbaud, qui joint quelques poèmes. Verlaine est marié, jeune père, tente d'être respectable. Rimbaud a dix-sept ans, une gueule d'ange et un tempérament d'incendiaire. Verlaine paye son billet de train. À peine arrivé à Paris, le jeune provincial met le feu à sa vie : rupture avec sa femme, fuite en Belgique puis à Londres, alcool, amour tumultueux, ruptures et retrouvailles. Deux ans plus tard, le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, ivre et désespéré, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud qui s'apprêtait à le quitter. Une balle blesse le jeune homme au poignet. Prison en Belgique pendant dix-huit mois. Rimbaud, lui, disparaîtra bientôt de la littérature — pour toujours. Une conversion, une gloire. En prison, Verlaine se convertit — retour au catholicisme, extase mystique, écriture de Sagesse, l'un de ses plus beaux recueils. Libéré, il tente un temps l'enseignement en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes. Rien ne tient. Les années 1880 le voient sombrer peu à peu : mort de sa mère, absinthe, hôpitaux, chambres d'hôtel misérables. Et pourtant, paradoxe absolu, c'est à ce moment-là qu'il devient célèbre. Publication des Poètes maudits, où il révèle Rimbaud, Mallarmé et Corbière au public. Reconnaissance des jeunes symbolistes qui le prennent pour maître. Il est élu, en 1894, « Prince des poètes » par ses pairs, après la mort de Leconte de Lisle. Consécration officielle pour un homme qui vit dans un hôtel meublé rue Descartes, et qu'on doit parfois porter chez lui, ivre mort. Ce que Verlaine apporte à la poésie française est difficile à cerner tant c'est un art de l'imperceptible. Une préférence pour l'impair — vers de cinq, sept, neuf syllabes, qui déstabilisent l'oreille habituée à l'alexandrin. Un flou musical revendiqué. Une capacité à peindre des états d'âme avec presque rien : trois notes, une couleur, une pluie qui tombe. Son Art poétique résume tout en une formule devenue proverbe : « De la musique avant toute chose. » Debussy, Fauré, Reynaldo Hahn mettront ses poèmes en musique — parce qu'ils étaient déjà de la musique. Il meurt le 8 janvier 1896, à cinquante et un ans, dans une chambre pauvre de la rue Descartes à Paris, veillé par sa dernière compagne, Eugénie Krantz, ancienne prostituée. Ses obsèques rassemblent pourtant une foule immense : poètes, journalistes, ministres, curieux. Il repose au cimetière des Batignolles. Un demi-siècle plus tard, sans qu'il l'ait jamais imaginé, ses vers vont sauver la France. Les premières lignes de sa Chanson d'automne — « Les sanglots longs des violons de l'automne… » — sont diffusées à la BBC les 1er et 5 juin 1944, comme messages personnels codés annonçant aux résistants l'imminence du Débarquement. Le pauvre Verlaine, qui n'aurait su se lever le matin sans un verre, veillait sans le savoir sur le destin d'un continent.
Voie Margerite de Navarre
patrimoineVoie Marguerite de Navarre
patrimoineVoie verte Ampère
patrimoineVoie Verte V81
patrimoine