Rues de Le Pont-de-Beauvoisin
213 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée Antoine Armanet
patrimoineAllée Bellevues
patrimoineAllée de la Crusille
patrimoineAllée du Cusin
patrimoineAllée du Signal
patrimoineAvenue Charles Gabriel Pravaz
patrimoineAvenue de la Bergerie
patrimoineAvenue de la Folatière
patrimoineAvenue de Lattre de Tassigny
patrimoineAvenue des Trois Saint
patrimoineAvenue des Trois Saints
patrimoineAvenue du Baron de Crousaz
patrimoineAvenue Gabriel Pravaz
patrimoineAvenue Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Avenue Jean Moulin
histoireIssu d'une famille républicaine et laïque (son père, professeur, était un fervent dreyfusard), Jean Moulin (1899-1943) grandit dans le culte de la République et le goût du dessin, qu'il pratiquera toute sa vie sous le pseudonyme de Romanin. Caricaturiste talentueux, il expose, publie dans des journaux satiriques, fréquente les artistes de Montparnasse. Rien ne semblait le destiner à devenir une icône. Haut fonctionnaire brillant, il gravit les échelons à vitesse fulgurante et devient, à 38 ans, préfet d'Eure-et-Loir, devenant ainsi le plus jeune préfet de France. En 1939. Il n'imagine pas encore que sa fonction va faire de lui, en quelques mois, un héros. Chartres, juin 1940. Alors que la Wehrmacht déferle, les Allemands veulent lui faire signer un document accusant des tirailleurs sénégalais de crimes qu'ils n'ont pas commis. Il refuse. On le frappe, on l'enferme dans une pièce avec le cadavre d'une femme, on le menace. La nuit venue, seul, il tente de se trancher la gorge avec un tesson de verre pour ne pas céder sous la torture. Il survit — mais portera désormais une cicatrice qu'il cachera sous une écharpe. Cette écharpe deviendra, avec le feutre et le regard sombre, son image éternelle. Révoqué par le régime de Vichy en novembre 1940, il gagne Londres via l'Espagne et le Portugal. Le général De Gaulle lui confie une mission d'une audace folle : unifier les mouvements de résistance intérieure, jusqu'alors dispersés, rivaux, cloisonnés. Parachuté en Provence dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, sous le nom de « Rex », il sillonne la France clandestinement, convainc, arbitre, fédère. Le 27 mai 1943, à Paris, rue du Four, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance — moment fondateur où communistes, socialistes, syndicalistes, chrétiens et gaullistes se retrouvent enfin sous une même bannière. Trois semaines après cette réunion historique, le 21 juin 1943, il tombe dans un guet-apens à Caluire-et-Cuire, près de Lyon. Arrêté par "le boucher de Lyon" Klaus Barbie, il est torturé pendant des jours dans les locaux de la Gestapo, avenue Berthelot. Il ne parlera pas. Un mot, un seul, aurait suffi à décapiter la Résistance : il l'emporte avec lui. Il meurt dans le train qui l'emmène vers l'Allemagne, quelque part près de Metz, le 8 juillet 1943. Il avait 44 ans. Le 19 décembre 1964, ses cendres sont transférées au Panthéon. Sous la pluie battante, André Malraux prononce l'un des plus beaux discours de la langue française : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » La voix se brise. Toute une génération pleure. Un visage — écharpe, feutre, regard — devient à jamais celui de la France qui a dit non.
Chemin
patrimoineChemin de Beauregard
patrimoineChemin de Bellevue
patrimoineChemin de Clermont
patrimoineChemin de la Calabre
patrimoineChemin de la Combe
patrimoineChemin de la Corna
patrimoineChemin de la Cornière
patrimoineChemin de la Crapaudiere
patrimoineChemin de la Garonne
patrimoineChemin de l'Ancien Couvent
patrimoineChemin de la Platière
patrimoineChemin de la Rebatière
patrimoineChemin de l'Avenir
patrimoineChemin de Plan Champ
patrimoineChemin de Reculfort
patrimoineChemin des Brosses
patrimoineChemin des Carmes
patrimoineChemin des Étangs
natureChemin des Feuillus
patrimoineChemin des Gabelous
patrimoineChemin des Hauts de Clermont
patrimoineChemin des Martyrs de la Résistance
histoireLa Résistance française (1940-1944) commence par presque rien. Une poignée de tracts distribués à la sauvette, un journal ronéotypé au fond d'une cave, un mot griffonné sur un mur à la craie. Au lendemain de l'armistice du 22 juin 1940, la France est écrasée, coupée en deux, humiliée. Pétain règne à Vichy, la Wehrmacht défile à Paris. Résister paraît alors dérisoire, presque absurde. Ils seront pourtant quelques milliers, puis quelques dizaines de milliers, à choisir cette absurdité. Deux résistances coexistèrent initialement, habitées par une même flamme. Il y a d'abord celle de Londres : le 18 juin 1940, un général inconnu appelle à la BBC à ne pas déposer les armes. Autour de De Gaulle se rassemble la France Libre — militaires évadés, marins-pêcheurs bretons, tirailleurs africains, Compagnons de la Libération. Ils se battront à Bir-Hakeim, à Koufra, en Italie, jusque dans les rues de Paris avec la 2e DB de Leclerc. Et puis il y a celle de l'intérieur, plus obscure et plus périlleuse. Des mouvements naissent dans l'improvisation totale : Combat, Libération, Franc-Tireur en zone sud ; Défense de la France, Ceux de la Résistance, l'Organisation civile et militaire au nord ; les Francs-tireurs et partisans communistes après juin 1941. Des chrétiens, des socialistes, des militaires de carrière, des instituteurs, des ouvriers, des paysans, des étudiants, des juifs traqués : tous ne se parlent pas, souvent se méfient, parfois se détestent — mais tous refusent. L'unification fut l'œuvre patiente et dangereuse de Jean Moulin, envoyé par le Général De Gaulle. Le 27 mai 1943, rue du Four à Paris, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance, qui rassemble enfin tous les mouvements, syndicats et partis. Programme commun, autorité unique. Trois semaines plus tard, Moulin tombe à Caluire. Il ne parlera pas. Résister, c'est fabriquer de faux papiers, cacher des enfants juifs dans des fermes du Vercors ou du plateau du Chambon, faire passer des aviateurs alliés par les Pyrénées. C'est saboter une voie ferrée à trois heures du matin, imprimer un journal clandestin — Défense de la France tirera jusqu'à 450 000 exemplaires —, écouter Radio Londres l'oreille collée au poste, décrypter les « messages personnels » : « Les sanglots longs des violons de l'automne… » C'est aussi, souvent, mourir. Torturé par la Gestapo, fusillé au Mont-Valérien, déporté à Ravensbrück ou Buchenwald. À partir de 1943, quand Vichy instaure le Service du travail obligatoire, des dizaines de milliers de jeunes fuient dans les montagnes pour échapper au départ en Allemagne. Les Glières, le Vercors, le Mont-Mouchet, les Cévennes, le Limousin : les maquis se peuplent. Certains combats seront tragiques — le Vercors, en juillet 1944, verra 840 morts sous les assauts de la Wehrmacht. Longtemps invisibles dans le récit, les femmes étaient partout. Agentes de liaison à vélo, porteuses de valises, cheffes de réseaux — Marie-Madeleine Fourcade dirigeait le réseau Alliance et ses 3 000 agents. Lucie Aubrac, Berty Albrecht, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz : elles seront des dizaines de milliers. Beaucoup finiront à Ravensbrück. Août 1944. Quand Paris se soulève le 19 août, quand les cloches de Notre-Dame sonnent à la volée le 25, quand De Gaulle descend les Champs-Élysées le 26, la France retrouve sa fierté. Une grande partie de ce moment, elle le doit à ceux qui, quatre ans plus tôt, n'étaient rien — sinon des femmes et des hommes qui avaient dit non. Le programme du CNR, adopté en mars 1944, dessinera la France d'après-guerre : Sécurité sociale, nationalisations, droit de vote des femmes, presse indépendante. Aujourd'hui, seize Compagnons de la Libération reposent au Panthéon ou aux Invalides, et les rues, écoles et places qui portent leurs noms rappellent qu'un pays n'est jamais tout à fait perdu tant qu'il reste quelques-uns pour dire non.
Chemin des Mélèzes
patrimoineChemin des Noisetiers
patrimoineChemin des Pâquerettes
patrimoineChemin des Primevères
patrimoineChemin des Rogations
patrimoineChemin des Routes
patrimoineChemin du Bain
patrimoineChemin du Besset
patrimoineChemin du Champ de Tir
patrimoineChemin du Corbet
patrimoineChemin du Croibier
patrimoineChemin du Giroud
patrimoineChemin du Grabier
patrimoineChemin du Grand Clermont
patrimoineChemin du Guiers
patrimoineChemin du Guillon
patrimoineChemin du Haut Fayet
patrimoineChemin du Naizet
patrimoineChemin du Puisat
patrimoineChemin du Vieux Coulu
patrimoineChemin Jean Louis Salavin
patrimoineChemin Neuf
patrimoineChemin sous Clermont
patrimoineChemin Vert
patrimoineClos des Espaliers
patrimoineImpasse Dauphine
patrimoineImpasse de Bellevue
patrimoineImpasse de la Bergerie
patrimoineImpasse de la Citadelle
patrimoineImpasse de la Sapinière
patrimoineImpasse de la Vanoise
patrimoineImpasse des 3 Sapins
patrimoineImpasse des Marais
patrimoineImpasse des Mésanges
patrimoineImpasse des Myosotis
patrimoineImpasse des Rogations
patrimoineImpasse des Salines
patrimoineImpasse des Vergers de la Chartreuse
patrimoineImpasse du Bain
patrimoineImpasse du Chalet
patrimoineImpasse du Clos de Julie
patrimoineImpasse du Coulu
patrimoineImpasse du Croibier
patrimoineImpasse du Cucheron
patrimoineImpasse du Grabier
patrimoineImpasse du Guillon
patrimoineImpasse du Midi
patrimoineImpasse du Mont Fleuri
patrimoineImpasse du Naizet
patrimoineImpasse Étienne Laubin
patrimoineImpasse Forville
patrimoineImpasse Saint-Félix
patrimoineLe Hameau du Soleil
patrimoineLe Pont de Beauvoisin - Centre
patrimoineLe Pont de Beauvoisin - Gare SNCF
patrimoineLes Balcons du Guiers
patrimoineLes Coteaux du Roulet
patrimoineLotissement Bertrand
patrimoineLotissement du Château
patrimoineLotissement du Croibier
patrimoineLotissement du Roulet
patrimoineLotissement Les Primevères
patrimoineMontée de la Citadelle
patrimoineMontée de la Cochette
patrimoineMontée de la Fesche
patrimoineMontée de la Rochette
patrimoineMontée du Château
patrimoineMontée du Cimetière
patrimoinePassage Diogene
patrimoinePassage Louis Mandrin
patrimoinePlace Carrouge
patrimoinePlace Centrale
patrimoinePlace de la Bouverie
patrimoinePlace de la Croix du Faubourg
patrimoinePlace de la Liberté
patrimoinePlace de la République
patrimoinePlace des Anciennes Casernes
patrimoinePlace des Écoles
patrimoinePlace des Tilleuls
natureOn le reconnaît à ses larges feuilles en forme de cœur et à sa fleur jaune pâle qui embaume les soirs de juin d'un parfum sucré, entêtant — ce parfum qui fait partie du grand album olfactif de l'enfance française. Depuis le Moyen Âge, on plante un tilleul au centre des villages : sous ses branches, on tient conseil, on rend la justice, on marie les fiancés, on danse aux fêtes patronales. En 1792, la jeune République en fit son « arbre de la Liberté » et lança une plantation nationale — beaucoup des vieux tilleuls de nos places datent d'ailleurs de cette époque. Rien ne se perd dans un tilleul : ses fleurs séchées font la fameuse tisane qui apaise le sommeil, son miel blond et parfumé est l'un des plus recherchés d'Europe, et son bois tendre a servi aux plus grands sculpteurs allemands du XVᵉ siècle. Il pousse lentement mais peut vivre cinq siècles, atteindre trente mètres, résister à la pollution comme aux tailles sévères. Il aura vu passer les diligences, les premières automobiles, les trottinettes électriques, sans jamais changer de place — patient géant qui veille sur les places de France.
Place du 19 Mars 1962
patrimoinePlace du 8 Mai 1945
patrimoinePlace du Général de Gaulle
patrimoinePlace du Marché
patrimoinePlace du Midi
patrimoinePlace du Professeur Trillat
patrimoinePlace du Théâtre de Verdure
culturePlace Flandrin
patrimoinePlace Saint-Clément
patrimoinePont François 1er
patrimoinePromenade des Rivaux
patrimoineRoute d'Aoste
patrimoineRoute de Belley
patrimoineRoute de Domessin
patrimoineRoute de la Barrelière
patrimoineRoute de la Fragnerie
patrimoineRoute de Pont-de-Beauvoisin
patrimoineRoute des Sables
patrimoineRoute du Bugey
patrimoineRoute du Corbet
patrimoineRoute du Croibier
patrimoineRoute du Roulet
patrimoineRoute du Ruisseau d'Aiguenoire
natureRoute du Village
patrimoineRue Adrien Perret
patrimoineRue Albert Carpano
patrimoineRue Albert Gaudet
patrimoineRue Alexandre Dumas
patrimoineRue Barnave
patrimoineRue Bayard
patrimoineRue Brame Farine
patrimoineRue Clément Gondrand
patrimoineRue Clermont-Tonnerre
patrimoineRue d'Aigue Noire
patrimoineRue de Belley
patrimoineRue de Chamechaude
patrimoineRue de Forville
patrimoineRue de la Bouverie
patrimoineRue de la Buquine
patrimoineRue de la Chartreuse
patrimoineRue de la Citadelle
patrimoineRue de la Croix du Faubourg
patrimoineRue de la Gare
patrimoineRue de la Grande Sure
patrimoineRue de la Guinguette
patrimoineRue de l'Alpette
patrimoineRue de l'Ancien Collège
patrimoineRue de la Pérouze
patrimoineRue de la Poste
patrimoineRue de la Salpa
patrimoineRue de la Scia
patrimoineRue de l'Auberge
patrimoineRue de la Volaillerie
patrimoineRue de l'Écurée
patrimoineRue de l'Hôtel de Ville
patrimoineRue de Lyon
patrimoineRue d'Erbach
patrimoineRue des Abattoirs
patrimoineRue des Dames Augustines
patrimoineRue des Douanes
patrimoineRue des Écoles
patrimoineRue des Entremonts
patrimoineRue des Etrets
patrimoineRue des Moulins
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue des Noisetiers
patrimoineRue des Salines
patrimoineRue des Tissandiers
patrimoineRue du 8 Mai 1945
patrimoineRue du Bois
patrimoineRue du Bourg Neuf
patrimoineRue du Chalet
patrimoineRue du Charmant Som
patrimoineRue du Faubourg d'Aiguenoire
patrimoineRue du Lycée
patrimoineRue du Midi
patrimoineRue du Mont Fleuri
patrimoineRue du Mont Grêle
patrimoineRue du Mont l'Épine
patrimoineRue du Pont
patrimoineRue du Pré Saint-Martin
patrimoineRue du Thomassin
patrimoineRue du Vercors
patrimoineRue Elie Perrin
patrimoineRue Emmanuel Crétet
patrimoineRue Gambetta
histoireFils d'un épicier génois installé à Cahors, Léon Gambetta (1838-1882) n'a rien d'un enfant de la bourgeoisie parisienne. Il monte à Paris étudier le droit, perd un œil dans un accident d'enfance, mais compense ce handicap par une voix de tonnerre et un art oratoire qui va sidérer son époque. Avocat, il se fait connaître en 1868 par une plaidoirie fulgurante contre le Second Empire — un réquisitoire devenu célèbre où il énumère, un à un, les crimes du régime. Le jeune homme du Sud-Ouest est désormais un nom. Le 4 septembre 1870. La France vient d'être écrasée à Sedan, l'empereur est prisonnier des Prussiens. À l'Hôtel de Ville de Paris, Gambetta — 32 ans — proclame la République depuis un balcon, devant une foule en délire. Ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de Défense nationale rapidement encerclé dans Paris assiégé, il prend une décision spectaculaire : le 7 octobre, il s'échappe en ballon au-dessus des lignes prussiennes pour rejoindre la province et y lever de nouvelles armées. L'image est restée : un ministre en montgolfière, écharpe au vent, allant sauver la patrie. Depuis Tours puis Bordeaux, il improvise en quelques semaines des armées entières, mobilise, réquisitionne, harangue. Rien n'y fait : la France est vaincue, l'Alsace-Moselle perdue. Gambetta démissionne, refusant de cautionner le traité. Ce qu'il fait ensuite est peut-être plus important encore. Dans une Assemblée majoritairement monarchiste, il consacre dix ans à convaincre, séduire, rallier — patiemment, ville après ville, discours après discours. Sa formule reste célèbre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi. » Il forge le vocabulaire, les rituels, la mystique d'une République qui doit s'ancrer dans les cœurs. Il popularise la Marseillaise, le 14 juillet, l'école laïque à venir. Sans lui, il n'est pas sûr que la République se serait installée durablement en France. Nommé enfin président du Conseil en novembre 1881, son gouvernement — le « Grand Ministère » que tout le monde attendait — tombe au bout de dix semaines. Le 27 novembre 1882, dans sa maison des Jardies à Ville-d'Avray, un coup de revolver part accidentellement, lui traversant la main. La blessure paraît bénigne mais il meurt le 31 décembre, à 44 ans, d'une appendicite mal soignée aggravée par sa convalescence. La rumeur d'un suicide, ou d'un drame passionnel avec sa compagne Léonie Léon, courra longtemps. Des funérailles nationales grandioses ont lieu le 6 janvier 1883 : un demi-million de Parisiens suivent le cortège. En 1920, pour le cinquantenaire de la République, son cœur — et son cœur seul — est transféré au Panthéon dans une urne. Le reste de son corps repose à Nice, auprès de son père. Étrange destin posthume pour celui qui, plus que tout autre, avait mis le sien au service de la République.
Rue Joseph Chaboud
patrimoineRue Léon Magnin
patrimoineRue Lieutenant Richard
patrimoineRue Mandrin
patrimoineRue Marius Recordier
patrimoineRue Mazagran
patrimoineRue Porte de la Ville
patrimoineRue Professeur Trillat
patrimoineRue Vaucanson
patrimoineSentier du Vieux Lavoir
patrimoineSquare de la Chartreuse
patrimoine