Rues de Lapeyrouse-Fossat
79 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée des Poètes
patrimoineAvenue de Bellevue
patrimoineAvenue de Castelmaurou
patrimoineAvenue des Écoles
patrimoineChemin Bargayre
patrimoineChemin de Belloc
patrimoineChemin de Borde Noble
patrimoineChemin de Boudet
patrimoineChemin de Bourrasse
patrimoineChemin de Buissaison
patrimoineChemin de Cabanis
patrimoineChemin de Capou
patrimoineChemin de Ferrette
patrimoineChemin de Gourdou
patrimoineChemin de Jamebru
patrimoineChemin de Jouaninet
patrimoineChemin de la Carrière Verte
patrimoineChemin de la Jonquière
patrimoineChemin de Limes
patrimoineChemin de Payrouillé
patrimoineChemin de Poutchoy
patrimoineChemin de Rossignol
patrimoineChemin de Rouquet
patrimoineChemin de Rouquette
patrimoineChemin des Bourdettes
patrimoineChemin des Prairies
natureChemin de Triguebéoure
patrimoineChemin du Coustou
patrimoineChemin Faillères
patrimoineHameau de la Jonquière
patrimoineHameau des Fontaines
patrimoineImpasse de la Carrière Verte
patrimoineImpasse d'Engorp
patrimoineImpasse Louis Aragon
patrimoineImpasse Seillan
patrimoineLotissement Barbe d'Or
patrimoineLotissement La Croix du Sud
patrimoineLotissement le Castelvieil
patrimoineLotissement le Grand Bois
patrimoineLotissement le Hameau du Soleil
patrimoineLotissement l'Enclos
patrimoineLotissement Les Jardins Domaniaux
patrimoineLotissement les Rocs
patrimoineLotissement les Serres du Fossat
patrimoineLotissement Rességuier
patrimoineLotissement Saint-Pierre
patrimoinePlace de l'Église
patrimoinePlace du 19 Mars 1962
patrimoinePlace du Château
patrimoinePlacette des Vignes
naturePlaine de Jouaninet
patrimoinePromenade de L'Esplanade
patrimoineRésidence des Tournesols
patrimoineRond-Point Picot Lapeyrousse
patrimoineRoute de Barranquet
patrimoineRoute de Belloc
patrimoineRoute de Castelmaurou
patrimoineRoute de Cepet
patrimoineRoute de l'Union
patrimoineRoute de Saint-Pierre
patrimoineRoute des Fontaines
patrimoineRoute du Château d'Eau
patrimoineRoute du Girou
patrimoineRue Baudelaire
patrimoineRue Claude Nougaro
patrimoineRue de l'Abreuvoir
patrimoineRue de la Carrière Verte
patrimoineRue des Poiriers
patrimoineRue des Pradelets
patrimoineRue du Fossat
patrimoineRue Guitard
patrimoineRue Lamartine
histoireD'abord poète célébré — les Méditations poétiques le rendirent illustre à trente ans —, Alphonse de Lamartine (1790-1869) devint sur le tard un politicien redouté pour son éloquence. Élu député en 1833, il se fit connaître par des discours retentissants sur la question sociale : après la révolte des canuts lyonnais, il dénonça dans un discours resté célèbre « l'horrible volcan sur lequel l'industrie repose » — formule qui frappait les esprits mais agaçait une Chambre bourgeoise que ses envolées mystiques laissaient sceptique. Quand la Monarchie de Juillet s'effondre le 24 février 1848, Lamartine se retrouve, presque malgré lui, à la tête du gouvernement provisoire. Le lendemain, à l'Hôtel de Ville, une foule en armes exige que le drapeau rouge, symbole insurrectionnel, remplace le tricolore. Lamartine s'y oppose dans un discours improvisé qui reste l'un des grands moments d'éloquence du XIXᵉ siècle : « Le drapeau rouge que vous nous rapportez n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93, tandis que le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. » Chef de facto de la jeune République, il fit abolir l'esclavage dans les colonies et la peine de mort en matière politique — deux mesures dont l'écho dépasse largement son court passage au pouvoir. L'euphorie de février tourne court. La fermeture des ateliers nationaux, ces chantiers publics créés pour employer les chômeurs parisiens, déclenche en juin 1848 une insurrection ouvrière — les Journées de Juin — matée dans le sang par le général Cavaignac. Lamartine, débordé par des événements qu'il ne maîtrise plus, perd tout crédit auprès du peuple qui l'avait porté en triomphe quatre mois plus tôt. La chute est vertigineuse. À l'élection présidentielle du 10 décembre 1848, celui qui avait proclamé la République ne recueille que 17 910 voix — 0,23 % —, humilié par Louis-Napoléon Bonaparte (5,4 millions de voix, 74 %). Dans son propre département de Saône-et-Loire, il n'obtient que 1 501 voix contre 27 121 pour Bonaparte. Sa carrière politique s'achève là, aussi vite qu'elle s'était imposée. Il retourne à la littérature et finit sa vie criblé de dettes, vendant sa plume au plus offrant pour survivre — lui qui, quelques décennies plus tôt, écrivait déjà dans L'Isolement son goût pour l'arrachement et la fuite : "Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !"
Rue Lotissement les Jardins de Naudy
patrimoineRue Mayral
patrimoineRue Paul Claudel
patrimoineRue Picot de Lapeyrouse
patrimoineRue Rimbaud
patrimoineRue Seillan
patrimoineRue Verlaine
culturePaul Verlaine (1844-1896) naît à Metz un jour d'automne 1844, dans une famille bourgeoise et catholique. Rien, dans cette enfance sage, ne laisse présager la vie tumultueuse qui l'attend — sinon peut-être une hypersensibilité maladive et un goût précoce pour les vers de Baudelaire, qu'il découvre à seize ans comme une révélation. À vingt-deux ans, il publie ses Poèmes saturniens : un premier recueil déjà somptueux, tout en demi-teintes, brumes et paysages intérieurs. La musique de Verlaine est là, tout entière — cette manière si particulière de faire chanter la langue française à mi-voix, entre soupir et confidence. En 1871, il reçoit une lettre d'un adolescent inconnu, un certain Arthur Rimbaud, qui joint quelques poèmes. Verlaine est marié, jeune père, tente d'être respectable. Rimbaud a dix-sept ans, une gueule d'ange et un tempérament d'incendiaire. Verlaine paye son billet de train. À peine arrivé à Paris, le jeune provincial met le feu à sa vie : rupture avec sa femme, fuite en Belgique puis à Londres, alcool, amour tumultueux, ruptures et retrouvailles. Deux ans plus tard, le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, ivre et désespéré, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud qui s'apprêtait à le quitter. Une balle blesse le jeune homme au poignet. Prison en Belgique pendant dix-huit mois. Rimbaud, lui, disparaîtra bientôt de la littérature — pour toujours. Une conversion, une gloire. En prison, Verlaine se convertit — retour au catholicisme, extase mystique, écriture de Sagesse, l'un de ses plus beaux recueils. Libéré, il tente un temps l'enseignement en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes. Rien ne tient. Les années 1880 le voient sombrer peu à peu : mort de sa mère, absinthe, hôpitaux, chambres d'hôtel misérables. Et pourtant, paradoxe absolu, c'est à ce moment-là qu'il devient célèbre. Publication des Poètes maudits, où il révèle Rimbaud, Mallarmé et Corbière au public. Reconnaissance des jeunes symbolistes qui le prennent pour maître. Il est élu, en 1894, « Prince des poètes » par ses pairs, après la mort de Leconte de Lisle. Consécration officielle pour un homme qui vit dans un hôtel meublé rue Descartes, et qu'on doit parfois porter chez lui, ivre mort. Ce que Verlaine apporte à la poésie française est difficile à cerner tant c'est un art de l'imperceptible. Une préférence pour l'impair — vers de cinq, sept, neuf syllabes, qui déstabilisent l'oreille habituée à l'alexandrin. Un flou musical revendiqué. Une capacité à peindre des états d'âme avec presque rien : trois notes, une couleur, une pluie qui tombe. Son Art poétique résume tout en une formule devenue proverbe : « De la musique avant toute chose. » Debussy, Fauré, Reynaldo Hahn mettront ses poèmes en musique — parce qu'ils étaient déjà de la musique. Il meurt le 8 janvier 1896, à cinquante et un ans, dans une chambre pauvre de la rue Descartes à Paris, veillé par sa dernière compagne, Eugénie Krantz, ancienne prostituée. Ses obsèques rassemblent pourtant une foule immense : poètes, journalistes, ministres, curieux. Il repose au cimetière des Batignolles. Un demi-siècle plus tard, sans qu'il l'ait jamais imaginé, ses vers vont sauver la France. Les premières lignes de sa Chanson d'automne — « Les sanglots longs des violons de l'automne… » — sont diffusées à la BBC les 1er et 5 juin 1944, comme messages personnels codés annonçant aux résistants l'imminence du Débarquement. Le pauvre Verlaine, qui n'aurait su se lever le matin sans un verre, veillait sans le savoir sur le destin d'un continent.