Rues de La Possession
471 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Abri Côtier Grimaud
patrimoineAccés chantier NRL
patrimoineAllée Belynted
patrimoineAllée Boyer
patrimoineAllée Cadoque
patrimoineAllée Cernot
patrimoineAllée Cresson
patrimoineAllée Datura
patrimoineAllée de la Hogue
patrimoineAllée des Cerises
patrimoineAllée Diane Fossey
patrimoineAllée du Bergeret
patrimoineAllée du Soleil
patrimoineAllée du Verger
patrimoineAllée Faham
patrimoineAllée Galabert
patrimoineAllée Galet Rond
patrimoineAllée Gutemberg
patrimoineAllée Ilet à Bourse
patrimoineAllée Imiza
patrimoineAllée Ivrin Pausé
patrimoineAllée Kondoki
patrimoineAllée Liane Jaune
patrimoineAllée Mangaron
patrimoineAllée Neuville
patrimoineAllée Nourry Rock
patrimoineAllée Pausé
patrimoineAllée Pente Ti Bois
patrimoineAllée Pignolet
patrimoineAllée Roche Vert Bouteille
patrimoineAllée Steve Biko
patrimoineAllée Thomas
patrimoineAllée Vivien
patrimoineAllée Zémia
patrimoineAvenue de la palestine
patrimoineAvenue de la Palestine
patrimoineAvenue de Port Louis
patrimoineAvenue Jacques Prévert
patrimoineAvenue Raymond Barre
patrimoineAvenue Raymond Vergès
patrimoineAvenue Salvador Allende
patrimoineBarreau de raccordement NRL
patrimoineBretelle de La Ravine à Malheur
patrimoineChemin Ancelly
patrimoineChemin Anne Luce Nativel
patrimoineChemin Assani
patrimoineChemin Augustin Labie
patrimoineChemin Balthazar
patrimoineChemin Barouty
patrimoineChemin Bordier
patrimoineChemin Cacao
patrimoineChemin Café
patrimoineChemin Cléophas Maillot
patrimoineChemin Courteaud
patrimoineChemin Crémont
patrimoineChemin Darel
patrimoineChemin de la ferme avicole
patrimoineChemin de la Ferme Avicole
patrimoineChemin de la Grotte
patrimoineChemin de La Hogue
patrimoineChemin de la Liberté
patrimoineChemin de la Petite Chaloupe
patrimoineChemin Dena
patrimoineChemin des Alizés
patrimoineChemin des Lataniers
patrimoineChemin des Prunes
patrimoineChemin Dijoux
patrimoineChemin du Boeuf Mort
patrimoineChemin du Cap Noir
patrimoineChemin du Plateau
patrimoineChemin du Poisson Volant
patrimoineChemin du Triangle Austral
patrimoineChemin du Vieux Tamarin
patrimoineChemin Finette
patrimoineChemin Groz
patrimoineChemin Heurtin
patrimoineChemin Ilet à Bourse
patrimoineChemin la Ferme
patrimoineChemin la Nouvelle
patrimoineChemin Lebreton
patrimoineChemin Legros
patrimoineChemin Leveneur
patrimoineChemin Malidé
patrimoineChemin Maurice Pongérard
patrimoineChemin Morville
patrimoineChemin Moulin Joli
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Chemin Plaine des Sables
patrimoineChemin Puits Samy
patrimoineChemin Ratinaud
patrimoineChemin Ravine la Fleur
patrimoineChemin Roland Jamin
patrimoineChemin Romily
patrimoineChemin Saint-Alme
patrimoineChemin Saint-Anne
patrimoineChemin Salmacis
patrimoineChemin Segret
patrimoineChemin Souprayenmestry
patrimoineChemin Tamarin Sarda
patrimoineChemin Técher
patrimoineChemin Tête Tunnel
patrimoineChemin Valentin Abral
patrimoineChemin Var
patrimoineChemin Waben
patrimoineCité André Robert
patrimoineEchangeur de La Possession
patrimoineEchangeur Nord La Possession
patrimoineEspace Naturel Rosthon - Latanier
patrimoineEspace naturel Rosthon-Lataniers
patrimoineImpasse Bois de Sapan
patrimoineImpasse Bois Pomme Cannelle
patrimoineImpasse Céleste
patrimoineImpasse Célimène
patrimoineImpasse Croix du Sud
patrimoineImpasse d'Agalega
patrimoineImpasse de la Harpe
patrimoineImpasse de l'Alambic
patrimoineImpasse de la Lune
patrimoineImpasse de la Mer
patrimoineImpasse de la Paix
patrimoineImpasse de la Vanille
patrimoineImpasse de l'Horizon Bleu
patrimoineImpasse des Abysses
patrimoineImpasse des Aloès
natureÉtrange plante que l'aloès. Aucun tronc, aucune branche — juste une rosette charnue de feuilles épaisses, dressées vers le ciel, gorgées d'un gel translucide qui a fait sa gloire à travers les siècles. Cassez une feuille : il en coule une sève fraîche et gluante dont l'humanité s'est servie depuis l'Antiquité pour soigner ses brûlures, ses coupures et ses plaies. Le genre Aloe compte près de 500 espèces, apparues il y a 19 millions d'années en Afrique australe. Contrairement à ce qu'on croit souvent, ce n'est pas un cactus mais une plante succulente de la famille des Asphodélacées. Son usage médicinal est millénaire : on en trouve trace sur des tablettes sumériennes de 2100 avant notre ère, puis dans le célèbre papyrus Ebers d'Égypte (1550 avant J.-C.). La légende veut même qu'Aristote ait persuadé Alexandre le Grand de s'emparer de l'île de Socotra pour approvisionner ses armées. Sa feuille cache deux substances distinctes : le gel intérieur, cicatrisant et hydratant, utilisé dans mille crèmes et boissons ; et le latex jaune juste sous l'écorce, riche en aloïne — puissant laxatif que l'ANSES a classé depuis 2018 parmi les cancérogènes possibles. Le remède et son excès, dans la même feuille. Un pot d'aloès sur un rebord de fenêtre, c'est peut-être le seul objet dans une cuisine à réunir sur lui-même quatre mille ans de médecine, une part d'Égypte antique, et une petite pharmacie familiale — le tout sans jamais parler.
Impasse des Avocats
patrimoineImpasse des Becs Roses
patrimoineImpasse des Bibasses
patrimoineImpasse des Camomilles
patrimoineImpasse des Capucines
patrimoineImpasse des Chagos
patrimoineImpasse des Citronnelles
patrimoineImpasse des Coccinelles
patrimoineImpasse des Colibris
patrimoineImpasse des Corossols
patrimoineImpasse des Coutils
patrimoineImpasse des Dodos
patrimoineImpasse des Goyaviers
patrimoineImpasse des Hirondelles
natureImpasse des Merles
patrimoineImpasse des muriers
patrimoineImpasse des Nuages de Magellan
patrimoineImpasse des Oiseaux Blancs
patrimoineImpasse des Oiseaux du Paradis
patrimoineImpasse des Saphirs
patrimoineImpasse des Tangues
patrimoineImpasse des Tecs Tecs
patrimoineImpasse des Ti' Coqs
patrimoineImpasse des Tourterelles
patrimoineImpasse des Vanilliers
patrimoineImpasse des Violoncelles
patrimoineImpasse des Zattes
patrimoineImpasse de Tromelin
patrimoineImpasse Dovic Nativel
patrimoineImpasse du Commandant Cousteau
patrimoineImpasse du Grand Café
patrimoineImpasse du Rouler
patrimoineImpasse Eclapier
patrimoineImpasse Europa
patrimoineImpasse Félix Técher
patrimoineImpasse Francis Sautron
patrimoineImpasse Frantz Fanon
patrimoineImpasse Gisèle Halimi
patrimoineImpasse Grand Café
patrimoineImpasse Jamalac
patrimoineImpasse Jean Marc Babet
patrimoineImpasse Jupiter
patrimoineImpasse Le Calumet
patrimoineImpasse les Filaos
patrimoineImpasse Lucay Langenier
patrimoineImpasse Mambolo
patrimoineImpasse Marie Curie
sciencesMaria Skłodowska (1867-1934) est originaire de Varsovie, dans une Pologne alors sous domination russe. Elle grandit dans une famille d'enseignants patriotes, cultivés et pauvres. Interdite d'université parce que femme et polonaise, elle suit les cours clandestins de « l'Université volante » avant de travailler comme gouvernante pour payer les études de sa sœur à Paris. Puis, à 24 ans, ce sera son tour : train pour Paris, chambre glaciale au Quartier latin, études à la Sorbonne dans une langue qu'elle apprend en marchant. Elle sort major de sa promotion en physique. En 1894, elle rencontre Pierre Curie, physicien discret et brillant. Ils se marient l'année suivante — voyage de noces à vélo à travers la France — et forment l'un des couples scientifiques les plus célèbres de l'histoire. Dans un hangar délabré de la rue Lhomond, sans chauffage, sans hotte, ils traitent à la main des tonnes de pechblende venue de Bohême pour en extraire, à la petite cuillère, quelques décigrammes d'un élément nouveau. Ils le nomment polonium en hommage à la patrie de Marie. Puis, quelques mois plus tard, en 1898, ils isolent le radium. Le monde entre dans l'ère de la radioactivité — un mot qu'elle a inventé. En 1903, le prix Nobel de physique récompense les Curie et Henri Becquerel. Le comité voulait n'honorer que les hommes ; Pierre exige que Marie soit associée. Elle devient la première femme lauréate d'un prix Nobel. La gloire, mais aussi la fatigue, la santé qui s'altère — leurs mains sont couvertes de brûlures qu'ils ne comprennent pas encore. Le 19 avril 1906, Pierre traverse la rue Dauphine sous la pluie, glisse, tombe sous les roues d'un camion à cheval. Il meurt sur le coup. Marie a 38 ans, deux petites filles, et un chagrin qui ne la quittera plus. Elle reprend pourtant la chaire de son mari à la Sorbonne — première femme professeur de l'histoire de l'université — et poursuit seule les recherches. En 1911, elle reçoit un second Nobel, de chimie cette fois, pour l'isolement du radium métallique. Elle est à ce jour la seule personne à avoir obtenu deux Nobel dans deux disciplines scientifiques distinctes. La même année, elle est écartée de l'Académie des sciences française : trop femme, trop étrangère, trop indépendante. Elle n'y entrera jamais. Pendant la Grande Guerre, elle équipe à ses frais une vingtaine de voitures radiologiques mobiles pour le front — les fameuses « petites Curie ». Elle apprend à conduire, forme des manipulatrices, se rend elle-même sous les obus. Un million de blessés seront radiographiés grâce à ces véhicules. Elle refuse toute médaille. Elle meurt le 4 juillet 1934, dans un sanatorium des Alpes, d'une anémie aplasique provoquée par des décennies d'exposition aux rayonnements. Ses carnets de laboratoire sont encore aujourd'hui si radioactifs qu'ils sont conservés dans des coffres plombés, à consulter en combinaison. En 1995, elle entre au Panthéon aux côtés de Pierre — première femme à y être admise pour ses propres mérites. Sa fille Irène recevra à son tour, avec son mari Frédéric Joliot-Curie, le Nobel de chimie en 1935. La science, chez les Curie, était affaire de famille — et de siècle.
Impasse Maud Fontenoy
patrimoineImpasse Maurice Kriegel
patrimoineImpasse Maurice Kriegel-Valrimont
patrimoineImpasse Morin Dambreville
patrimoineImpasse Mourongue
patrimoineImpasse Parkion
patrimoineImpasse Patrick Savatier
patrimoineImpasse Père Gervais
patrimoineImpasse Pili Pili
patrimoineImpasse Pitaya
patrimoineImpasse Ravine la Fleur
patrimoineImpasse Roos
patrimoineImpasse Sapote
patrimoineImpasse Takamaka
patrimoineImpasse Venus
patrimoineImpasse Zambrosade
patrimoineImpassse Françoise Guimbert
patrimoineImpassse Olympe de Gouges
patrimoineLa Grande Chaloupe
patrimoineLa Nouvelle - Roche Plate
patrimoineLotissement Adagio
patrimoineLotissement Bellevue
patrimoineLotissement Boréal
patrimoineLotissement Cayambe
patrimoineLotissement Dodin
patrimoineLotissement du Cap Noir
patrimoineLotissement Ernest Lapinsonnière
patrimoineLotissement la Colline
patrimoineLotissement Les Iris
patrimoineLotissement les Manguiers
patrimoineLotissement Les Tamarins
patrimoineLotissement les Terrasses du Port
patrimoineLotissement Petit Ruisseau
natureLotissement Pichette
patrimoineLotissement Vert Prés
patrimoineLotissement Vierge de la Mer Bas
patrimoineLotissement Vierge de la Mer Haut
patrimoineMail de la Kanopée
patrimoineMail Promenade des Banians
patrimoineMontée Mahé
patrimoineNouvelle Route du Littoral
patrimoineParvis Lycée Moulin Joli
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Passerelle de la Marianne
patrimoinePasserelle d'Oussy
patrimoinePasserelle Éthève
patrimoinePasserelle modes doux
patrimoinepiste d'accés à la NRL
patrimoinePiste d'accés à la NRL
patrimoinePR 25
patrimoineR2
patrimoineR2/W4 (Dos-d'Âne)
patrimoineRésidence de la Grande Montagne
patrimoineRond-Point du Capitaine Lebourg
patrimoineRoute de la Montagne
patrimoineRoute de Mafate
patrimoineRoute du Cimetière
patrimoineRoute du Col des Bœufs
patrimoineRoute du Littoral
patrimoineRoute Forestière du Haut de Mafate
patrimoineRue Alain Peters
patrimoineRue Albert Camus
patrimoineRue Alexandre Dumas
patrimoineRue Alice Pévérelly
patrimoineRue Anatole France
cultureFils de libraire parisien, Jacques Anatole François Thibault (1844-1924) commença par écrire de la poésie avant de se tourner vers la prose. Sous le pseudonyme d'Anatole France, hommage à son père, il devint bibliothécaire au Sénat en 1876 et rédigea la chronique littéraire du prestigieux journal Le Temps de 1886 à 1893, forgeant peu à peu sa réputation d'humaniste sceptique et lettré. Il obtint la notoriété en 1881 avec Le Crime de Sylvestre Bonnard, l'histoire d'un vieil érudit selon lequel « savoir n'est rien, imaginer est tout », et qui n'hésite pas à enlever une petite fille pour la protéger d'un tuteur abusif. Grand admirateur — et amant fidèle vingt-cinq années durant — de Léontine Arman de Caillavet, hôtesse d'un des salons les plus influents de Paris qui fut sa muse et sa correctrice, il donna dans les années 1890 sa fresque en quatre volumes de l'Histoire contemporaine (1897-1901), tableau ironique et féroce de la société de son temps. Politiquement, l'affaire Dreyfus le radicalisa : il fut l'un des premiers signataires du Manifeste des intellectuels en 1898, aux côtés de son ami Émile Zola, et alla jusqu'à rendre sa Légion d'honneur en signe de protestation. Sa satire féroce de la classe politique, L'Île des Pingouins (1908), acheva de le placer à gauche. Compagnon de route de Jaurès, il salua en 1919 la Révolution russe et soutint le jeune Parti communiste français. Sa gloire fut immense : couronné du prix Nobel de littérature en 1921, il reçut à sa mort en 1924 des funérailles nationales. Mais dès le lendemain, les jeunes surréalistes — Breton, Aragon, Éluard — publiaient contre lui un pamphlet vengeur intitulé « Un cadavre », marquant le début d'un long purgatoire littéraire dont il ne se relèvera jamais. Son ironie mordante reste pourtant étonnamment actuelle : « On croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels. »
Rue Anchain
patrimoineRue André Letoullec
patrimoineRue Angèle Mac-Auliffe
patrimoineRue Anne Mousse
patrimoineRue Antananarivo
patrimoineRue Antonin Lambes
patrimoineRue Arthur Rimbaud
patrimoineRue Auguste Lacaussade
patrimoineRue Baptiste Justin
patrimoineRue Barakani
patrimoineRue Benoîte Boulard
patrimoineRue Bigarade
patrimoineRue Blaise Pascal
sciences« L'homme est un roseau pensant », « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie »… Les Pensées de Blaise Pascal (1623-1662) sont un incontournable de la philosophie française. Le penseur y décrit la condition humaine avec une profondeur pénétrante qui laisse difficilement indifférent. Il voit en Dieu la réponse à la faiblesse de l'Homme, qui ne peut ni douter de tout ni tout savoir absolument — ce en quoi il s'oppose au rationalisme de Descartes, qu'il jugeait trop orgueilleux : pour Pascal, Dieu se sent « au cœur, non à la raison ». Toute son œuvre porte la trace d'une nuit fondatrice : le 23 novembre 1654, il vit une expérience mystique bouleversante qu'il note fébrilement sur un parchemin — le fameux « Mémorial » — cousu dans la doublure de son pourpoint et qu'il portera sur lui jusqu'à sa mort, à trente-neuf ans. Une brièveté qui n'aura empêché ni sa géniale carrière de mathématicien et de physicien, ni la révolution philosophique qu'il aura, en si peu de temps, laissée derrière lui. Inventeur à dix-neuf ans d'une machine à calculer — la fameuse Pascaline, ancêtre lointain de nos ordinateurs, voir l'image — Blaise Pascal fut aussi l'un des plus grands physiciens de son siècle. On lui doit notamment l'expérience du crève-tonneau : introduire dans un tonneau fermé un fin tuyau vertical de plusieurs mètres, puis le remplir d'eau. À partir d'une certaine hauteur, la pression exercée par la petite colonne d'eau du tuyau suffit à faire exploser le tonneau ! En 1648, il mit également son beau-frère à contribution pour gravir le puy de Dôme avec un baromètre au mercure, prouvant que la colonne baissait en altitude — preuve définitive de l'existence de la pression atmosphérique et démentant les cartésiens qui prétendaient que « la nature a horreur du vide ». C'est d'ailleurs en son honneur que l'unité internationale de pression s'appelle le pascal (1 hectopascal = 100 pascals) — celle-là même qu'affichent les baromètres et les bulletins météo. La pression correspond à une force par unité de surface. Qu'est-ce qu'une force, au fait ?
Rue Bobby Sands
patrimoineRue Bois Jaune
patrimoineRue Bois Maigre
patrimoineRue Bois Vert
patrimoineRue Bourbon Pointu
patrimoineRue Caloupilé
patrimoineRue Camille Desmoulins
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue Capitaine Dimitile
patrimoineRue Capitaine Dreyfus
patrimoineRue Carambole
patrimoineRue Cardinal
patrimoineRue Charles Baudelaire
patrimoineRue Che Guevara
patrimoineRue Cimendef
patrimoineRue Côte Ouest
patrimoineRue Cotomili
patrimoineRue d'Ambanja
patrimoineRue Daniel Pongérard
patrimoineRue d'Antanifotsy
patrimoineRue de Hanoï
patrimoineRue de la Baie D'Antongil
patrimoineRue de la Boulangerie
patrimoineRue de la Cardamome
patrimoineRue de la Chapelle
patrimoineRue de la Clé de Sol
patrimoineRue de la Côte Ouest
patrimoineRue de la Distillerie
patrimoineRue de la Grègue
patrimoineRue de la Petite Source
patrimoineRue de la Roche Glisse
patrimoineRue de la Voie Lactée
patrimoineRue de l'Eucalyptus
patrimoineRue de Mafate
patrimoineRue de Moscou
patrimoineRue Denis Diderot
cultureFils d'un couvreur devenu maître coutelier de Langres, dans la Haute-Marne, Denis Diderot (1713-1784) fut l'un des esprits les plus vastes et les plus audacieux de son siècle. Athée, matérialiste, précurseur de l'évolutionnisme un siècle avant Darwin, hostile aux dogmes religieux comme aux tyrannies politiques, il incarna toutes les hardiesses des Lumières. Sa réputation moderne tient d'abord à son grand œuvre : l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, coécrite avec le mathématicien Jean Le Rond d'Alembert, à laquelle il consacra vingt années de sa vie. Initialement conçue comme une simple traduction de la Cyclopædia de l'Anglais Chambers, elle explosa sous sa plume en une entreprise philosophique et militante d'une ampleur inédite : 17 volumes de texte, 11 volumes de planches, 71 818 articles — véritable arsenal de la raison contre les préjugés, mise à l'Index par le pape et plusieurs fois interdite. Mais Diderot ne fut pas seulement encyclopédiste. Il est aussi l'un des grands prosateurs français : Le Neveu de Rameau (dialogue vertigineux entre un philosophe et un parasite génial, découvert et traduit par Goethe), Jacques le Fataliste (roman précurseur du modernisme), La Religieuse (réquisitoire brûlant contre la vie conventuelle forcée). Il inventa aussi la critique d'art moderne avec ses Salons commentant les expositions du Louvre. Il pensa le théâtre avec le Paradoxe sur le comédien. Et sa correspondance avec sa maîtresse Sophie Volland compte parmi les plus belles pages du XVIIIᵉ siècle. Emprisonné à Vincennes en 1749 pour ses écrits athées — c'est là que Rousseau vint le voir à pied depuis Paris, moment fondateur de leur amitié —, il vécut toute sa vie dans une gêne financière que sa gloire n'atténuait pas. À soixante ans, il vendit sa bibliothèque à Catherine II de Russie, qui lui en laissa l'usage jusqu'à sa mort, et fit le voyage à Saint-Pétersbourg dans l'espoir vain de convaincre l'impératrice d'appliquer les principes des Lumières. Il mourut à Paris en 1784, cinq ans avant la Révolution qu'il avait tant fait pour préparer. Étrangement, il n'entra jamais au Panthéon — malgré plusieurs tentatives récentes. Il repose discrètement dans l'église Saint-Roch, à quelques rues du Louvre — un des rares grands des Lumières que la République n'a jamais consacré. L'héritage d'une vie de travail au service de la raison.
Rue de Paris
patrimoineRue des Amandines
patrimoineRue des Baies Roses
patrimoineRue des Bananiers
patrimoineRue des Bantous
patrimoineRue des Bégonias
patrimoineRue des Bougainvilliers
patrimoineRue des Cités Unies
patrimoineRue des Cocotiers
patrimoineRue des Constellations
patrimoineRue des Écoles
patrimoineRue des Emeraudes
patrimoineRue des Fanjans
patrimoineRue des Flamboyants
patrimoineRue des Fleurs d'Orangers
patrimoineRue des Foucquets
patrimoineRue des Glorieuses
patrimoineRue des Hortensias
patrimoineRue des Jacinthes
patrimoineRue des Jacques
patrimoineRue des Lotus
patrimoineRue des Moutardiers
patrimoineRue des Muscadiers
patrimoineRue des Orchidées
patrimoineRue des Pailles en Queue
patrimoineRue des Palmiers
patrimoineRue des Papangues
patrimoineRue des Pétrels
patrimoineRue des Planteurs
patrimoineRue des Poivres Roses
patrimoineRue des Quatre Epices
patrimoineRue des Saxophones
patrimoineRue des Serins
patrimoineRue des Tuit Tuits
patrimoineRue des Vavangues
patrimoineRue Dimitile
patrimoineRue du 19 Mars 1946
patrimoineRue du Bois Fleuri
patrimoineRue du Bois Joli
patrimoineRue du Camp Magloire
patrimoineRue du Centaure
patrimoineRue du Château d'Eau
patrimoineRue du Docteur Suzanne Noël
patrimoineRue du Frère Scubilion
patrimoineRue du Mahatma Gandhi
patrimoineRue du Père Favron
patrimoineRue du Père Lucien Courteaud
patrimoineRue du Père Michel
patrimoineRue du Père Monnet
patrimoineRue du Stade
patrimoineRue du Vieux Manguier
patrimoineRue du Vingt Décembre 1848
patrimoineRue Edmond Albius
patrimoineRue Éliard Laude
patrimoineRue Émile Lopin
patrimoineRue Emiliano Zapata
patrimoineRue Emmanuel Texer
patrimoineRue Etoile du Berger
patrimoineRue Eugène Dayot
patrimoinerue evariste de parny
patrimoineRue Evariste de Parny
patrimoineRue Évariste de Parny
patrimoineRue Ferdinand Louise
patrimoineRue Florence Arthaud
patrimoineRue Foshan
patrimoineRue Franciscéa
patrimoineRue François Coupou
patrimoineRue Françoise Dolto
patrimoineRue Frédéric Chopin
cultureFils d'un professeur de français lorrain et d'une pianiste polonaise qui se sont rencontrés à Varsovie, Frédéric Chopin (1810-1849) reçut très tôt une éducation musicale. Il développa rapidement son don naturel pour la musique et partit s'installer à Paris, capitale culturelle incontournable en 1831. Il y rencontra l’écrivain George Sand qui fut sa compagne durant sept ans. Atteint de mucoviscidose, maladie rare, Chopin composa jusqu'à la fin de sa vie. Outre les nombreuses œuvres dédiées au piano, qui incluent la Nocturne n°1 en si bémol mineur (1830), Fantaisie impromptu (1835) ou encore Douze Etudes Op. 25: No. 1 "Aeolian Harp" (1836), Chopin composa une Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur (1846) ainsi qu'un recueil de mélodies en polonais. Par ailleurs, il mit au point de nouvelles techniques pianistiques : respiration grâce au rubato, multiplication des silences, mouvement souple du poignet.
Rue Garcia Lorca
patrimoineRue Germaine Félix
patrimoineRue Germain Elisabeth
patrimoineRue Gervais Barret
patrimoineRue Girimbelle
patrimoineRue Grandmaison
patrimoineRue Guillaume Apollinaire
patrimoineRue Gustave Eiffel
patrimoineRue Henri Lapierre
patrimoineRue Henri Madoré
patrimoineRue Henri Wallon
patrimoineRue Hervé Juvénal
patrimoineRue Héva
patrimoineRue Hipolyte Piot
patrimoineRue Hippolyte Piot
patrimoineRue Hô Chi Minh
patrimoineRue Imache Pierre
patrimoineRue Iris Boyer
patrimoineRue Isnelle Amelin
patrimoineRue Jacques Duclos Dos d'Ane
patrimoineRue Jacques Lougnon
patrimoineRue Jean Albany
patrimoineRue Jean Hinglo
patrimoineRue Jean-Jacques Rousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Rue Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Rue Jean Miro
patrimoineRue Jean Paul Marat
patrimoineRue Jean-Paul Marat
patrimoineRue Jean-Paul Sartre
culturePhilosophe, romancier, dramaturge, essayiste, journaliste politique — Jean-Paul Sartre (1905-1980) fut l'intellectuel le plus influent de la France de l'après-guerre, incarnation même de la figure de « l'intellectuel engagé ». Sa pensée, l'existentialisme, se résume en une formule fulgurante : « L'existence précède l'essence ». Autrement dit, l'être humain ne naît pas avec un but ou une nature définis ; il est d'abord une existence libre, condamnée à se choisir à chaque instant. Ses actes construisent, jour après jour, ce qu'il est — jusqu'à la mort, qui le fige enfin dans une essence. Cette philosophie de la liberté et de la responsabilité éclate dans son grand œuvre philosophique L'Être et le Néant (1943), et se déploie dans ses romans (La Nausée, 1938), ses pièces (Huis clos, Les Mains sales), et sa splendide autobiographie Les Mots (1964). Politiquement, Sartre incarne dès la fin de la guerre une gauche radicalement critique du capitalisme occidental. Longtemps compagnon de route du Parti communiste sans jamais y adhérer, il rompt avec l'URSS après l'écrasement de la révolte hongroise en 1956, puis avec toute forme d'orthodoxie communiste après l'invasion de la Tchécoslovaquie en 1968. Il se rapproche alors des mouvements gauchistes issus de Mai 68, dont il partage un temps le maoïsme. Cette trajectoire l'opposa à son ami de jeunesse Raymond Aron, philosophe libéral et atlantiste — d'où la formule célèbre : « Il vaut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron. » En 1964, il refuse le prix Nobel de littérature, geste inédit dans l'histoire : « Un écrivain doit refuser de se laisser transformer en institution. » Sa vie sentimentale et intellectuelle fut inséparable de celle de Simone de Beauvoir, avec qui il scella en 1929 un pacte de couple libre, sans mariage, mais avec une complicité à vie qui durera cinquante-et-un ans. Ils reposent ensemble au cimetière du Montparnasse.
Rue Jean Robert
patrimoineRue J Jacques Rousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Rue Joliot Curie
patrimoineRue José Marti
patrimoineRue Joseph Nourry
patrimoineRue Joseph Wetzell
patrimoineRue Juan de Nova
patrimoineRue Julenon
patrimoineRue Jules Fen Chong
patrimoineRue Jules Michelet
patrimoineRue Karl Marx
patrimoineRue Koméla
patrimoineRue Lambre
patrimoineRue Leconte de Lisle
patrimoineRue Léon de Lepervanche
patrimoineRue Leopold Cavane
patrimoineRuelle Béla Kun
patrimoineRuelle de la Poste
patrimoineRuelle Delgard
patrimoineRue Louis Aragon
patrimoineRue Louise Michel
patrimoineRue Louis Hery
patrimoineRue Louvart de Pontlevoye
patrimoineRue Luçay Langenier
patrimoineRue Luc Donat
patrimoineRue Marc Chagall
patrimoineRue Marcelle Vinka
patrimoineRue Martin Luther King
patrimoineRue Maryse Hilsz
patrimoineRue Maurice Thorez
patrimoineRue Mendès France
patrimoineRue Moise Nativel
patrimoineRue Moka
patrimoineRue Monseigneur Romero
patrimoineRue Montesquieu
patrimoineRue Mozambique
patrimoineRue Nelson Mandela
patrimoineRue Neptune
patrimoineRue Omer Hoarau
patrimoineRue Pablo Neruda
patrimoineRue Pablo Picasso
patrimoineRue Paul Eluard
patrimoineRue Paul Langevin
patrimoineRue Paul Verlaine
culturePaul Verlaine (1844-1896) naît à Metz un jour d'automne 1844, dans une famille bourgeoise et catholique. Rien, dans cette enfance sage, ne laisse présager la vie tumultueuse qui l'attend — sinon peut-être une hypersensibilité maladive et un goût précoce pour les vers de Baudelaire, qu'il découvre à seize ans comme une révélation. À vingt-deux ans, il publie ses Poèmes saturniens : un premier recueil déjà somptueux, tout en demi-teintes, brumes et paysages intérieurs. La musique de Verlaine est là, tout entière — cette manière si particulière de faire chanter la langue française à mi-voix, entre soupir et confidence. En 1871, il reçoit une lettre d'un adolescent inconnu, un certain Arthur Rimbaud, qui joint quelques poèmes. Verlaine est marié, jeune père, tente d'être respectable. Rimbaud a dix-sept ans, une gueule d'ange et un tempérament d'incendiaire. Verlaine paye son billet de train. À peine arrivé à Paris, le jeune provincial met le feu à sa vie : rupture avec sa femme, fuite en Belgique puis à Londres, alcool, amour tumultueux, ruptures et retrouvailles. Deux ans plus tard, le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, ivre et désespéré, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud qui s'apprêtait à le quitter. Une balle blesse le jeune homme au poignet. Prison en Belgique pendant dix-huit mois. Rimbaud, lui, disparaîtra bientôt de la littérature — pour toujours. Une conversion, une gloire. En prison, Verlaine se convertit — retour au catholicisme, extase mystique, écriture de Sagesse, l'un de ses plus beaux recueils. Libéré, il tente un temps l'enseignement en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes. Rien ne tient. Les années 1880 le voient sombrer peu à peu : mort de sa mère, absinthe, hôpitaux, chambres d'hôtel misérables. Et pourtant, paradoxe absolu, c'est à ce moment-là qu'il devient célèbre. Publication des Poètes maudits, où il révèle Rimbaud, Mallarmé et Corbière au public. Reconnaissance des jeunes symbolistes qui le prennent pour maître. Il est élu, en 1894, « Prince des poètes » par ses pairs, après la mort de Leconte de Lisle. Consécration officielle pour un homme qui vit dans un hôtel meublé rue Descartes, et qu'on doit parfois porter chez lui, ivre mort. Ce que Verlaine apporte à la poésie française est difficile à cerner tant c'est un art de l'imperceptible. Une préférence pour l'impair — vers de cinq, sept, neuf syllabes, qui déstabilisent l'oreille habituée à l'alexandrin. Un flou musical revendiqué. Une capacité à peindre des états d'âme avec presque rien : trois notes, une couleur, une pluie qui tombe. Son Art poétique résume tout en une formule devenue proverbe : « De la musique avant toute chose. » Debussy, Fauré, Reynaldo Hahn mettront ses poèmes en musique — parce qu'ils étaient déjà de la musique. Il meurt le 8 janvier 1896, à cinquante et un ans, dans une chambre pauvre de la rue Descartes à Paris, veillé par sa dernière compagne, Eugénie Krantz, ancienne prostituée. Ses obsèques rassemblent pourtant une foule immense : poètes, journalistes, ministres, curieux. Il repose au cimetière des Batignolles. Un demi-siècle plus tard, sans qu'il l'ait jamais imaginé, ses vers vont sauver la France. Les premières lignes de sa Chanson d'automne — « Les sanglots longs des violons de l'automne… » — sont diffusées à la BBC les 1er et 5 juin 1944, comme messages personnels codés annonçant aux résistants l'imminence du Débarquement. Le pauvre Verlaine, qui n'aurait su se lever le matin sans un verre, veillait sans le savoir sur le destin d'un continent.
Rue Père Lafosse
patrimoineRue Pierre Maillot
patrimoineRue Pierre Rossolin
patrimoineRue Pluton
patrimoineRue Rajaona Justin
patrimoineRue Raymond Balmann
patrimoineRue Raymond Mondon
patrimoineRue René Maillot
patrimoineRue Robespierre
patrimoineRue Roger Eugène Delouise
patrimoineRue Roland Garros
patrimoineRue Romain Rolland
patrimoineRue Rosa Park
patrimoineRue Rose des Bois
patrimoineRue Rouget de Lisle
patrimoineRue Saint-Just
patrimoineRue Sarda Garriga
patrimoineRue Saturne
patrimoineRue Semerle Sainte Croix
patrimoineRue Simangavole
patrimoineRue Simone de Beauvoir
patrimoineRue Simone Pinel
patrimoineRue Simone Signoret
patrimoineRue Simone Veil
patrimoineRue Sudel Fuma
patrimoineRue Tanzanie
patrimoineRue Tchernobyl
patrimoineRue Theresien Cadet
patrimoineRue Thérésien Cadet
patrimoineRue Thomas Sankara
patrimoineRue Victor Darencourt
patrimoineRue Victor Hugo
histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1885) naquit à Besançon le 7 ventôse de l'an X — soit le 26 février 1802 dans le calendrier révolutionnaire encore en usage. Poète, romancier, dramaturge, mais aussi (moins connu) dessinateur de génie — il laissa près de quatre mille dessins d'une audace visionnaire admirée par Delacroix —, il fut le père incontesté du romantisme français depuis la fameuse bataille d'Hernani (25 février 1830), soirée fondatrice où jeunes romantiques et académiques en vinrent presque aux mains au Théâtre-Français. Son œuvre est monumentale : Notre-Dame de Paris (1831), Ruy Blas, Les Misérables (1862, son sommet mondial), L'Homme qui rit, Quatre-vingt-treize, sans oublier les sublimes poèmes des Contemplations et des Châtiments, et l'immense fresque de La Légende des siècles. Sa carrière politique ne fut pas moindre. Nommé pair de France en 1845, il fut élu député de Paris en 1848, prit position contre la peine de mort — le combat de toute sa vie — et défendit ardemment la République. Le coup d'État du 2 décembre 1851 fomenté par Louis-Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon III) le contraignit à un exil de dix-neuf ans, d'abord en Belgique, puis dans les îles anglo-normandes de Jersey puis Guernesey, où il écrivit ses plus grandes œuvres. Quand Napoléon III lui offrit l'amnistie en 1859, il refusa avec ces mots devenus proverbes : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai. » Il tint parole et ne rentra que le 5 septembre 1870, deux jours après la chute de l'Empire, acclamé à la gare du Nord par une foule immense. Sa vie fut aussi celle des grands deuils : la mort noyée de sa fille Léopoldine en 1843, à dix-neuf ans, dans la Seine à Villequier — deuil fondateur qui inspirera le déchirant « Demain, dès l'aube… » — et la double vie sentimentale entre son épouse Adèle Foucher et sa muse Juliette Drouet, avec qui il vécut une passion secrète de cinquante ans. Il mourut d'une pneumonie à Paris le 22 mai 1885, à quatre-vingt-trois ans. Deux millions de personnes défilèrent devant sa dépouille sur les Champs-Élysées avant qu'il ne soit conduit au Panthéon, dans un simple corbillard de pauvre qu'il avait demandé par testament. Le Panthéon avait été rendu au culte laïque exprès pour l'accueillir. Il fut ainsi non seulement l'homme d'un siècle, mais le siècle en un homme.
Rue Victoria
patrimoineRue Victor Schoelcher
patrimoineRue Villeneuve d'Ascq
patrimoineRue Voltaire
histoireIssu de la bourgeoisie parisienne, François-Marie Arouet (1694-1778) fit de brillantes études chez les jésuites de Louis-le-Grand. Son pseudonyme Voltaire est l'anagramme d'Arovet L.J. — « Arouet le Jeune » — à une époque où u et v ne se distinguaient pas encore à l'écrit. Ses vers irrévérencieux contre le Régent lui valurent onze mois de Bastille en 1717, où il écrivit sa première tragédie et se choisit son nouveau nom. Un franc-parler récidiviste l'exila ensuite en Angleterre pendant trois ans, séjour décisif : il en revint transformé, avec une philosophie réformatrice de la justice et de la société inspirée du modèle anglais, et une défense ardente de la liberté d'expression. Rentré en France, il ne cessa dès lors de critiquer la guerre, le dogme chrétien et surtout la monarchie absolue de droit divin. Historiographe du roi en 1745, il entra à l'Académie française l'année suivante — mais ses écrits scandaleux (Zadig, 1747) le forcèrent à l'exil, d'abord chez Frédéric II à Berlin, puis en Suisse. En 1759, il s'installa à Ferney, village frontalier de la Suisse qui portera désormais son nom : il y accueillit toute l'Europe éclairée pendant vingt ans, devenant le « patriarche de Ferney », référence intellectuelle du siècle. La même année, il publia Candide, roman satirique où sa naïveté imaginaire dénonce le fanatisme, la guerre, l'esclavage et l'optimisme métaphysique de Leibniz — le fameux « Il faut cultiver notre jardin » qui clôt le livre. Avec ses pamphlets mordants, il se battit contre les injustices judiciaires : l'affaire Calas (protestant toulousain roué en 1762, réhabilité grâce à lui en 1765), l'affaire Sirven, l'exécution du jeune chevalier de La Barre. À chacun il opposa sa devise, signée à la fin de ses lettres : « Écrasons l'infâme » — l'infâme étant le fanatisme religieux. En 1778, à quatre-vingt-trois ans, il revint triomphalement à Paris après vingt-huit ans d'absence : la Comédie-Française l'acclama debout, la foule l'idolâtra. Il mourut trois mois plus tard. Refusé de sépulture chrétienne, enterré à la sauvette en Champagne, il fut transféré au Panthéon par la Révolution en 1791. Il y repose depuis, face à Rousseau — les deux frères ennemis des Lumières.
Rue Waldeck Rochet
patrimoineRue Youri Gagarine
patrimoineRue Zanzibar
patrimoineSentier Augustave
patrimoineSentier de Bord
patrimoineSentier de l'Ilet Cerneau et du Plateau Wloody
patrimoineSentier du Boeuf Mort
patrimoineSentier Kalla
patrimoineSentier Piton Marmite
patrimoineSentier Scout
patrimoineVoie Verte Ravine Balthazar
patrimoine