Rues de L'Étang-Salé
262 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée Aurélie
patrimoineAllée Coco
patrimoineAllée de Montaignac
patrimoineAllée des Burgots
patrimoineAllée des Cocotiers
patrimoineAllée des Cytises
patrimoineAllée des Dalhias
patrimoineAllée des Flamboyants
patrimoineAllée des Géraniums
patrimoineAllée des Jacquiers
patrimoineAllée Des Piments
patrimoineAvenue Bourbon
patrimoineAvenue d'Aquitaine
patrimoineAvenue de Bretagne
patrimoineAvenue de La Louisiane
patrimoineAvenue de l'Océan
patrimoineAvenue de Provence
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patrimoineAvenue Michel Debré
patrimoineAvenue Octave Benard
patrimoineAvenue Octave Bénard
patrimoineAvenue Raymond Barre
patrimoineChemin Antoine Zettor
patrimoineChemin Aurélien Zibel
patrimoineChemin Ban Colon
patrimoineChemin Batty
patrimoineChemin Belcombe
patrimoineChemin Caline
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patrimoinechemin d'accès handicapé au primeur Tropi Fraîcheur
patrimoineChemin de la Ravine Sèche
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patrimoineChemin de L'entre-Deux
patrimoineChemin de L'Entre-Deux
patrimoineChemin de Ligne
patrimoineChemin de L'Union
patrimoineChemin de Ravine
patrimoineChemin de Ravine Sèche
patrimoineChemin des Grenadines
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patrimoineChemin Pavé
patrimoineChemin Saint-Expédit
patrimoineCité Bégonias
patrimoineD 17
patrimoineGabin Dambreville
patrimoineImpasse Arthur Rimbaud
patrimoineImpasse Augustin Bertil
patrimoineImpasse Ayacanou
patrimoineImpasse Bayard
patrimoineImpasse Béton
patrimoineImpasse Butte Citronelle
patrimoineImpasse Cascade Bébin
patrimoineImpasse Caverne Thomas
patrimoineImpasse Chrislie
patrimoineImpasse de la Source
patrimoineImpasse des Acacias
natureEn botanique, Acacia désigne un vaste genre de plus de 1 300 espèces, principalement australiennes, dont les rameaux odorants fleurissent en pompons dorés à la fin de l'hiver. Or ces arbres-là, en France, tout le monde les appelle… mimosas. Et l'arbre que nous nommons couramment « acacia » — ce grand arbre à écorce fissurée, à épines vives et à grappes blanches parfumées qui borde tant de routes de campagne — n'appartient en réalité pas au genre Acacia. C'est un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), originaire des Appalaches en Amérique du Nord. À l'origine de cette valse d'identités : un homme. Jean Robin (1550-1629), botaniste du roi Henri IV, reçut en 1601 des graines envoyées d'Amérique par son ami anglais John Tradescant. Il les planta dans son jardin parisien, place Dauphine. Le premier arbre a disparu, mais deux rejets replantés par son fils Vespasien sont encore vivants aujourd'hui : l'un au square René-Viviani face à Notre-Dame — c'est le plus vieil arbre de Paris, il a même survécu à l'incendie de 2019 —, l'autre au Jardin des Plantes. Linné, en 1753, dédia à Jean Robin le nom du genre Robinia, en gardant le souvenir de la confusion dans l'épithète pseudoacacia, littéralement « faux acacia ». Le robinier a très vite conquis les campagnes françaises. Ses grappes blanches sont très mellifères — le fameux miel d'acacia, cristal et léger, en est issu (l'appellation, bien qu'incorrecte botaniquement, est tolérée par l'usage). Ses fleurs se dégustent en beignets ou en sirop. Son bois, l'un des plus durables d'Europe, résiste à l'humidité et aux insectes, ce qui en fait un matériau de choix pour les piquets de clôture, les terrasses et les tuteurs de vigne. Attention en revanche : l'arbre est toxique dans presque toutes ses parties sauf les fleurs, et il est aujourd'hui considéré comme une espèce invasive en France, capable de coloniser les sols à une vitesse impressionnante grâce à ses racines drageonnantes. Reste que dans le langage courant, l'acacia gardera longtemps le nom du vrai — même s'il n'en est pas un. C'est peut-être ainsi que naissent, entre les langues et les livres de botanique, les plus jolies erreurs.
Impasse des Alamandas
patrimoineImpasse des Aloes
patrimoineImpasse des Aloés
patrimoineImpasse des Aloès
natureÉtrange plante que l'aloès. Aucun tronc, aucune branche — juste une rosette charnue de feuilles épaisses, dressées vers le ciel, gorgées d'un gel translucide qui a fait sa gloire à travers les siècles. Cassez une feuille : il en coule une sève fraîche et gluante dont l'humanité s'est servie depuis l'Antiquité pour soigner ses brûlures, ses coupures et ses plaies. Le genre Aloe compte près de 500 espèces, apparues il y a 19 millions d'années en Afrique australe. Contrairement à ce qu'on croit souvent, ce n'est pas un cactus mais une plante succulente de la famille des Asphodélacées. Son usage médicinal est millénaire : on en trouve trace sur des tablettes sumériennes de 2100 avant notre ère, puis dans le célèbre papyrus Ebers d'Égypte (1550 avant J.-C.). La légende veut même qu'Aristote ait persuadé Alexandre le Grand de s'emparer de l'île de Socotra pour approvisionner ses armées. Sa feuille cache deux substances distinctes : le gel intérieur, cicatrisant et hydratant, utilisé dans mille crèmes et boissons ; et le latex jaune juste sous l'écorce, riche en aloïne — puissant laxatif que l'ANSES a classé depuis 2018 parmi les cancérogènes possibles. Le remède et son excès, dans la même feuille. Un pot d'aloès sur un rebord de fenêtre, c'est peut-être le seul objet dans une cuisine à réunir sur lui-même quatre mille ans de médecine, une part d'Égypte antique, et une petite pharmacie familiale — le tout sans jamais parler.
Impasse des Badamiers
patrimoineImpasse des Basses Dunes
patrimoineImpasse des Becs Roses
patrimoineImpasse des Bengals
patrimoineImpasse des Bibasses
patrimoineImpasse des Bougainvilliers
patrimoineImpasse des Camomilles
patrimoineImpasse des Cannelles
patrimoineImpasse des Capucines
patrimoineImpasse des Caramboles
patrimoineImpasse des Cerises
patrimoineImpasse des Colles
patrimoineImpasse des Cryptomérias
patrimoineImpasse des Dattiers
patrimoineImpasse des Deux Bras
patrimoineImpasse des Francolins
patrimoineImpasse des Frangipaniers
patrimoineImpasse des Gerberas
patrimoineImpasse des Goyaviers
patrimoineImpasse des Hibiscus
patrimoineImpasse des Jacinthes
patrimoineImpasse des Jonquilles
patrimoineImpasse des Jujubes
patrimoineImpasse des Longanis
patrimoineImpasse des Mandariniers
patrimoineImpasse des Manguiers
patrimoineImpasse des Margosiers
patrimoineImpasse des Margouillats
patrimoineImpasse des Moutardiers
patrimoineImpasse des Orangers
patrimoineImpasse des Palombes
natureImpasse des Pamplemousses
patrimoineImpasse des Papangues
patrimoineImpasse des Petits Pois
patrimoineImpasse des Pétrels
patrimoineImpasse des Poivriers
patrimoineImpasse des Romarins
patrimoineImpasse des Rosiers
patrimoineImpasse des Strelitzias
patrimoineImpasse des Tangues
patrimoineImpasse des Tisserins
patrimoineImpasse des Tourterelles
patrimoineImpasse des Vavangues
patrimoineImpasse du Kiosque
patrimoineImpasse du Lièvre
patrimoineImpasse du Mais
patrimoineImpasse du Muguet
patrimoineImpasse du Réservoir
patrimoineImpasse du Vetyver
patrimoineImpasse Emilie
patrimoineImpasse Éric Tabarly
patrimoineImpasse Eucalyptus
patrimoineImpasse Gabriel Calpetard
patrimoineImpasse Jacques Grondin
patrimoineImpasse Jean Gence
patrimoineImpasse Leon Dierx
patrimoineImpasse Mano
patrimoineImpasse Natole
patrimoineImpasse Roger Lapierre
patrimoineImpasse Rose des Vents
patrimoineImpasse Theophile Lallemand
patrimoineImpasse Verger
patrimoineImpasse Victor Bertil
patrimoineImpasse Virgile Lucas
patrimoineImpasse Vitalien Delgard
patrimoineImpasse Ylang-Ylang
patrimoineLot Ernest Hoarau
patrimoineLotissement les Coteaux de l'Avenir
patrimoineLotissement les Galaberts
patrimoineLotissement les Tamariniers
patrimoineLotissement Tandrya
patrimoineLotissement Vallot
patrimoineLotissement Vassor
patrimoineLot Les Galaberts
patrimoineMail des Poetes
patrimoineParcours de Santé
patrimoinePiste Forestière
patrimoinePiste VTT
patrimoineRDT Étang-Salé
natureRoute de la Forêt
natureRoute de la Ravine Sèche
patrimoineRoute des Canots
patrimoineRoute des Plages
natureLongtemps, la plage ne fut pas ce lieu de plaisir que nous connaissons : on y travaillait, on y guettait les pirates, on y salait le poisson, et se baigner passait pour une folie. Il a fallu attendre la fin du XVIIIᵉ siècle et les médecins anglais, prescrivant les bienfaits des « bains de mer », pour que Deauville, Biarritz ou Trouville deviennent les rendez-vous de la bourgeoisie balnéaire. Puis les congés payés de 1936 pour que la plage devienne enfin un bien commun. Deux fois par jour, la mer la refait — efface les traces, redessine le sable, laisse des trésors sur la laisse de haute mer. On y bâtit des châteaux qui ne dureront pas jusqu'au soir, on y écrit des prénoms qu'une vague viendra effacer. Aujourd'hui, l'érosion et la montée des océans grignotent chaque année ce ruban fragile — l'un des paysages les plus mobiles de la Terre. Raison de plus, peut-être, pour y aller souvent. Il en reste toujours quelque chose : un peu de sable dans les poches, une lumière blanche gardée quelque part au fond de l'œil.
Route des Sables
patrimoineRoute des Tamarins
patrimoineRoute Forestière du Parc
patrimoineRoute Hubert Delisle
patrimoineRue Agathe Antoine Augustin
patrimoineRue André Batty
patrimoineRue Auguste Lacaussade
patrimoineRue Becquet
patrimoineRue Bellecombe
patrimoineRue Bertil
patrimoineRue Bois de Nèfles
patrimoineRue Butte Citronelle
patrimoineRue d'Aquitaine
patrimoineRue d'Armorique
patrimoineRue de Gascogne
patrimoineRue de la Boulangerie
patrimoineRue de la Chapelle
patrimoineRue de la Cité
patrimoineRue de la Cité Pétrole
patrimoineRue de la Corse
patrimoineRue de la Laïcité
patrimoineRue de la Paix
patrimoineRue de la Plage
natureLongtemps, la plage ne fut pas ce lieu de plaisir que nous connaissons : on y travaillait, on y guettait les pirates, on y salait le poisson, et se baigner passait pour une folie. Il a fallu attendre la fin du XVIIIᵉ siècle et les médecins anglais, prescrivant les bienfaits des « bains de mer », pour que Deauville, Biarritz ou Trouville deviennent les rendez-vous de la bourgeoisie balnéaire. Puis les congés payés de 1936 pour que la plage devienne enfin un bien commun. Deux fois par jour, la mer la refait — efface les traces, redessine le sable, laisse des trésors sur la laisse de haute mer. On y bâtit des châteaux qui ne dureront pas jusqu'au soir, on y écrit des prénoms qu'une vague viendra effacer. Aujourd'hui, l'érosion et la montée des océans grignotent chaque année ce ruban fragile — l'un des paysages les plus mobiles de la Terre. Raison de plus, peut-être, pour y aller souvent. Il en reste toujours quelque chose : un peu de sable dans les poches, une lumière blanche gardée quelque part au fond de l'œil.
Rue de la Vieille Pompe
patrimoineRue de l'Église
patrimoineRue de l'Isle de France
patrimoineRue d'Escalades
patrimoineRue des Capucins
patrimoineRue des Cocos
patrimoineRue des Collines du Lambert
patrimoineRue des Crotons
patrimoineRue des Demoiselles
patrimoineRue des Filaos
patrimoineRue des Lataniers
patrimoineRue des Letchis
patrimoineRue des Mille Fleurs
patrimoineRue des Salines
patrimoineRue du Béarn
patrimoineRue du Casier
patrimoineRue du Cimetière
patrimoineRue du Comtat Venaissin
patrimoineRue du Domaine
patrimoineRue du Four à Chaux
patrimoineRue du Languedoc
patrimoineRue du Roussillon
patrimoineRue du Stade
patrimoineRue Eugène Dayot
patrimoineRue Fanfan
patrimoineRue Franck Camille Cadet
patrimoineRue Gabin Dambreville
patrimoineRue Georgette Vassor
patrimoineRue Grondin Herman
patrimoineRue Guy Théodule Grondin
patrimoineRue Hyppolite Hoarau
patrimoineRue Jean-Pierre Vassor
patrimoineRue Joseph Savigny
patrimoineRue Lechal
patrimoineRue Leonus Bernard
patrimoineRue Leopold Hoarau
patrimoineRuelle Calteau
patrimoineRuelle de La Chapelle
patrimoineRuelle de la Citerne
patrimoineRuelle des Epinards
patrimoineRuelle des Roses
patrimoineRuelle des Tamariniers
patrimoineRuelle du Figuier
patrimoineRuelle du Pont
patrimoineRuelle Figuier
patrimoineRuelle Georges Payet
patrimoineRue Louis Chabrier
patrimoineRue Louis Fontaine
patrimoineRue Lucas
patrimoineRue Mary Guy Hoareau
patrimoineRue Mortais de Narbonne
patrimoineRue Octave Bernard
patrimoineRue Paille en Queue
patrimoineRue Pere van Berlo
patrimoineRue Pied des Roches
patrimoineRue Roger Payet
patrimoineRue Roger Serge Lauret
patrimoineRue Scheunon
patrimoineRue Serge Cadet
patrimoineRue Sylvio Benard
patrimoineRue Tétin Savigny
patrimoineRue Verlaine
culturePaul Verlaine (1844-1896) naît à Metz un jour d'automne 1844, dans une famille bourgeoise et catholique. Rien, dans cette enfance sage, ne laisse présager la vie tumultueuse qui l'attend — sinon peut-être une hypersensibilité maladive et un goût précoce pour les vers de Baudelaire, qu'il découvre à seize ans comme une révélation. À vingt-deux ans, il publie ses Poèmes saturniens : un premier recueil déjà somptueux, tout en demi-teintes, brumes et paysages intérieurs. La musique de Verlaine est là, tout entière — cette manière si particulière de faire chanter la langue française à mi-voix, entre soupir et confidence. En 1871, il reçoit une lettre d'un adolescent inconnu, un certain Arthur Rimbaud, qui joint quelques poèmes. Verlaine est marié, jeune père, tente d'être respectable. Rimbaud a dix-sept ans, une gueule d'ange et un tempérament d'incendiaire. Verlaine paye son billet de train. À peine arrivé à Paris, le jeune provincial met le feu à sa vie : rupture avec sa femme, fuite en Belgique puis à Londres, alcool, amour tumultueux, ruptures et retrouvailles. Deux ans plus tard, le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, ivre et désespéré, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud qui s'apprêtait à le quitter. Une balle blesse le jeune homme au poignet. Prison en Belgique pendant dix-huit mois. Rimbaud, lui, disparaîtra bientôt de la littérature — pour toujours. Une conversion, une gloire. En prison, Verlaine se convertit — retour au catholicisme, extase mystique, écriture de Sagesse, l'un de ses plus beaux recueils. Libéré, il tente un temps l'enseignement en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes. Rien ne tient. Les années 1880 le voient sombrer peu à peu : mort de sa mère, absinthe, hôpitaux, chambres d'hôtel misérables. Et pourtant, paradoxe absolu, c'est à ce moment-là qu'il devient célèbre. Publication des Poètes maudits, où il révèle Rimbaud, Mallarmé et Corbière au public. Reconnaissance des jeunes symbolistes qui le prennent pour maître. Il est élu, en 1894, « Prince des poètes » par ses pairs, après la mort de Leconte de Lisle. Consécration officielle pour un homme qui vit dans un hôtel meublé rue Descartes, et qu'on doit parfois porter chez lui, ivre mort. Ce que Verlaine apporte à la poésie française est difficile à cerner tant c'est un art de l'imperceptible. Une préférence pour l'impair — vers de cinq, sept, neuf syllabes, qui déstabilisent l'oreille habituée à l'alexandrin. Un flou musical revendiqué. Une capacité à peindre des états d'âme avec presque rien : trois notes, une couleur, une pluie qui tombe. Son Art poétique résume tout en une formule devenue proverbe : « De la musique avant toute chose. » Debussy, Fauré, Reynaldo Hahn mettront ses poèmes en musique — parce qu'ils étaient déjà de la musique. Il meurt le 8 janvier 1896, à cinquante et un ans, dans une chambre pauvre de la rue Descartes à Paris, veillé par sa dernière compagne, Eugénie Krantz, ancienne prostituée. Ses obsèques rassemblent pourtant une foule immense : poètes, journalistes, ministres, curieux. Il repose au cimetière des Batignolles. Un demi-siècle plus tard, sans qu'il l'ait jamais imaginé, ses vers vont sauver la France. Les premières lignes de sa Chanson d'automne — « Les sanglots longs des violons de l'automne… » — sont diffusées à la BBC les 1er et 5 juin 1944, comme messages personnels codés annonçant aux résistants l'imminence du Débarquement. Le pauvre Verlaine, qui n'aurait su se lever le matin sans un verre, veillait sans le savoir sur le destin d'un continent.
Sentier Baillif
patrimoineSentier Calpetard
patrimoineSentier des Abeilles
natureAucun autre insecte n'a autant fasciné les hommes. Depuis au moins 4 500 ans — le plus ancien témoignage connu d'une ruche domestiquée, un bas-relief du temple solaire de Niouserrê, près du Caire, date de 2400 avant notre ère — l'humanité récolte le miel de l'abeille et lui prête des pouvoirs presque sacrés. Un vieux mythe égyptien, conservé sur un papyrus rituel, raconte que le dieu solaire Rê pleura, que ses larmes tombèrent sur le sol, et que chacune d'elles devint une abeille aussitôt mise au travail parmi les fleurs. L'hiéroglyphe de l'abeille (bit) désignait la royauté de Basse-Égypte, et le nom des pharaons était précédé de la formule « Celui qui appartient au jonc et à l'abeille ». Napoléon reprendra cette symbolique impériale des siècles plus tard, en cousant des abeilles d'or sur son manteau du sacre. Sous le vernis mythologique, une petite merveille de biologie. L'abeille appartient à l'ordre des hyménoptères — celui des insectes à quatre ailes membraneuses, qui compte aussi les guêpes et les fourmis. L'abeille européenne, Apis mellifera, doit son nom au latin mel, le miel : elle est dite mellifère, littéralement « qui porte le miel ». Elle forme des colonies pouvant compter jusqu'à 80 000 individus organisées autour d'une reine unique. Ses ouvrières, longues de douze millimètres à peine, arborent sur l'abdomen la fameuse zébrure brun-doré et noir qui la fait parfois confondre avec la guêpe — mais son corps est couvert d'une pilosité dense là où celui de la guêpe reste lisse et brillant, seul critère vraiment fiable pour les distinguer. Ses pattes postérieures portent des corbeilles à pollen, et elle bâtit des alvéoles à l'angle mathématiquement parfait — l'hexagone, forme la plus économe en cire pour la surface qu'elle occupe. Le monde compte environ 20 000 espèces d'abeilles, dont un millier en France — la plupart sauvages, solitaires, et sans miel à offrir. C'est l'espèce Apis mellifera est, à l'échelle mondiale, le pollinisateur agricole le plus précieux : environ trois quarts des cultures vivrières — pommiers, amandiers, cerisiers, colza, tournesol — dépendent en partie du travail des pollinisateurs. Depuis plusieurs décennies pourtant, un phénomène d'effondrement des colonies inquiète chercheurs et apiculteurs : pesticides, acarien Varroa destructor arrivé en Europe dans les années 1980, monocultures, frelon asiatique, dérèglement climatique — les causes s'additionnent plus qu'elles ne se substituent. Il paraît qu'une seule abeille ne produit, dans toute sa vie, qu'un douzième de cuillère à café de miel. Sur le rebord d'une tartine, c'est donc l'œuvre d'une douzaine de vies entières — un été de travail, une part de mythologie égyptienne, et un service écologique planétaire, le tout sans jamais rien réclamer.
Sentier des Avocats
patrimoineSentier des Badamiers
patrimoineSentier des Bambous
patrimoineSentier des Bois Noirs
patrimoineSentier des Cabris
patrimoineSentier des Citronniers
patrimoineSentier des Hirondelles
natureSentier des Iris
patrimoineSentier des Jasmins
patrimoineSentier des Lilas
natureTrois semaines par an, à peine, et tout un jardin bascule. Le lilas fleurit en avril-mai, projetant vers le ciel ses grappes coniques de fleurs mauves, blanches ou violettes, dont le parfum sucré et poudré remonte le long des murs, franchit les haies, entre par les fenêtres ouvertes du printemps. Puis, un matin, tout est fini : les fleurs brunissent, tombent, le silence olfactif revient jusqu'à l'an prochain. Cette brièveté fait toute la magie du lilas — arbuste modeste onze mois par an, roi absolu pendant trois semaines. Originaire des Balkans et du Proche-Orient, le lilas commun (Syringa vulgaris) arriva en Europe occidentale au XVIᵉ siècle, rapporté de Constantinople par l'ambassadeur des Habsbourg. Il conquit d'abord les jardins royaux et princiers, avant de gagner peu à peu toutes les cours de ferme et tous les enclos de curé. Son nom vient du persan lilak, qui signifie « bleuâtre ». Il en existe aujourd'hui plus de mille variétés cultivées, aux fleurs blanches, mauves, roses, pourpres ou même presque bleues. Le bois du lilas est très dur — les Anglais l'appelaient d'ailleurs pipe tree, l'arbre à pipes, parce qu'on y taillait volontiers des tuyaux de fumeur, mais aussi des flûtes et des sifflets. Son nom scientifique Syringa vient du grec syrinx (la flûte de Pan), en référence à ces mêmes usages musicaux dans l'Antiquité. La mythologie raconte que la nymphe Syringa, poursuivie par le dieu Pan, fut métamorphosée en roseau — puis, selon les versions, en lilas — pour lui échapper. Depuis, la flûte du dieu joue à jamais son chagrin. Dans le langage des fleurs, le lilas mauve dit les premiers émois du cœur, le lilas blanc l'innocence retrouvée. En Russie, on offre traditionnellement une branche de lilas à un jeune couple pour porter bonheur. Et en France, un vieux dicton populaire prévient : « Quand le lilas fleurit, l'hiver est fini pour de bon » — un signal aussi fiable, dit-on, que le retour des hirondelles. Un mois plus tard, tout est retombé. Mais un jardin qui a connu le lilas garde en mémoire, quelque part, cette semaine de mai où l'air lui-même semblait sucré.
Sentier des Orchidées
patrimoineSentier des Palmiers
patrimoineSentier des Serins
patrimoineSentier du Bras
patrimoineSentier Lallemand
patrimoineSentier Leperlier
patrimoineSentier Pilou
patrimoineSentier Prunes
patrimoineSentier Victor Bertil
patrimoineStation du Parc à Huitres
patrimoineVers Parcours de Santé
patrimoine