Rues de Frévent
91 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée des Moines
patrimoineAvenue de Cercamp
patrimoineAvenue du Marais
patrimoineAvenue Philippe Lebas
patrimoineChemin Bois de Cercamp
patrimoineChemin d'Arras
patrimoineChemin de Bonnières
patrimoineChemin de Derrière la Gare
patrimoineChemin de la Bouillère
patrimoineChemin des Pèlerins
patrimoineChemin des Pierres
patrimoineChemin d'Exploitation
patrimoineChemin du Bois de Rollepot
patrimoineChemin Rural de Ligny-sur-Canche
patrimoineChemin Rural de Sercourt
patrimoineCité Aurore La Côte d'Or
patrimoineCité Briou
patrimoineCité Magnier
patrimoineCité Solferino
patrimoineImpasse du Moulin
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Impasse Saint-Martin
patrimoineLe Chemin Vert
patrimoineLe Puits de la Motte
patrimoinePlace César Bernard
patrimoinePlace de Cercamp
patrimoinePlace du Château
patrimoinePlace du Jeu de Paume
patrimoinePlace du Marché
patrimoinePlace Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Place Louis Ducatel
patrimoineRoute de Bouret-sur-Canche
patrimoineRoute Nationale
patrimoineRue Adrien Lamourette
patrimoineRue Agez
patrimoineRue Anne Frank
patrimoineRue Aristide Briand
patrimoineRue Auguste Noël
patrimoineRue Bras de Fer
patrimoineRue Charles Duquesnoy
patrimoineRue d'Arras
patrimoineRue de Bonnières
patrimoineRue de Doullens
patrimoineRue de Fourment
patrimoineRue de Grefrath
patrimoineRue de l'Abattoir
patrimoineRue de l'Abbaye
patrimoineRue de la Blanchisserie
patrimoineRue de la Charité
patrimoineRue de la Cité des Pommiers
patrimoineRue de la Fontaine Delattre
patrimoineRue de la Hêtraie de Berny
patrimoineRue de l'Amidon
patrimoineRue de l'Ecoucherie
patrimoineRue des Ayres
patrimoineRue des Lombards
patrimoineRue des Longues Haies
patrimoineRue de Solférino
patrimoineRue de Villers-l'Hôpital
patrimoineRue d'Hesdin
patrimoineRue du 19 Mars
patrimoineRue du 8 Mai 1945
patrimoineRue du Blanc Pignon
patrimoineRue du Général de Gaulle
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Rue du Marais
patrimoineRue du Maréchal Foch
histoireNé à Tarbes dans une famille pyrénéenne catholique et fervente, le jeune Ferdinand Foch (1851-1929) hésite un temps entre la prêtrise et l'uniforme — son frère aîné, lui, deviendra jésuite. Ce sera finalement l'artillerie. Élève à Polytechnique, il en sort officier et se distingue vite par une intelligence militaire hors du commun, alimentée par une culture philosophique rare chez les gradés de son temps. Il lit Bergson, cite Aristote, réfléchit à la nature de la volonté et du choc. Devenu professeur à l'École de guerre, il forge une doctrine restée célèbre : « Ma droite est enfoncée, mon centre cède, impossible de manœuvrer, situation excellente, j'attaque. » La Marne, septembre 1914. À la tête de la IXe armée dans les marais de Saint-Gond, il tient bon face à l'offensive allemande dans des conditions désespérées. Ce sera l'une des batailles décisives du miracle de la Marne, qui sauve Paris. Foch entre dans la légende. Les années suivantes seront plus douloureuses — l'Artois, la Somme, des offensives sanglantes qui coûtent des centaines de milliers d'hommes pour quelques kilomètres. Il connaît aussi les traversées du désert, écarté un temps du commandement. Mars 1918 : les Allemands lancent leur ultime offensive et menacent de séparer les Français des Britanniques. Dans une réunion dramatique à Doullens, les Alliés se résolvent enfin à ce qu'ils avaient refusé pendant quatre ans : un commandement unique. Foch est nommé chef suprême des armées alliées sur le front occidental. Américains, Britanniques, Belges, Italiens, Français : tous sous ses ordres. Il a 66 ans, et devant lui l'armée allemande la plus puissante de l'histoire. En quelques mois, il retourne la situation. Le 18 juillet, il déclenche la contre-offensive de Villers-Cotterêts avec les premiers chars massés en profondeur. C'est le début de la fin. De juillet à novembre, les armées alliées ne cessent d'avancer. Le 11 novembre 1918, à 5h15 du matin, dans son wagon-restaurant en forêt de Compiègne à Rethondes, il reçoit la délégation allemande et fait signer l'armistice. À 11 heures, les clairons sonnent le cessez-le-feu sur tout le front. Une gloire universelle. Maréchal de France, maréchal de Grande-Bretagne, maréchal de Pologne — un cas unique dans l'histoire. Membre de l'Académie française, honoré dans toutes les capitales alliées. Il aura pourtant un regret amer : les conditions du traité de Versailles, qu'il juge trop douces. Sa phrase, prononcée en 1919, deviendra tragiquement prophétique : « Ce n'est pas une paix, c'est un armistice de vingt ans. » Il mourra dix ans jour pour jour avant qu'elle ne se vérifie. Il s'éteint le 20 mars 1929, à Paris. Funérailles nationales sous une pluie glaciale, cortège immense derrière l'affût de canon. On l'inhume aux Invalides, dans un tombeau monumental à quelques pas de Napoléon et de Turenne. La statue équestre qui le représente près du Trocadéro le montre en cavalier impassible, regardant vers l'Est — comme s'il continuait, pour l'éternité, à surveiller la frontière.
Rue du Maréchal Joffre
histoireEn septembre 1914, Joseph Joffre (1852-1931) sauva peut-être la France — ou du moins, sa République. En décembre 1916, l'opinion publique commençait à se lasser de lui. Entre les deux dates, il fut le général le plus populaire que le pays ait connu depuis Napoléon : entre 1915 et 1918, 398 garçons français reçurent le prénom Joffre, et 700 filles celui de Joffrette. Peu d'hommes ont connu une telle apothéose civile de leur vivant. Il naquit le 12 janvier 1852 à Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, fils d'un tonnelier catalan. Élève brillant, il obtint à seize ans une bourse pour Polytechnique, dont il fut le benjamin de sa promotion. La guerre de 1870 éclata pendant sa première année d'école ; il participa à la défense de Paris comme sous-lieutenant d'artillerie, à peine sorti de l'adolescence. Son destin militaire était scellé — il choisit le Génie, arme rigoureuse et technique qui correspondait à son tempérament méthodique. Sa longue carrière avant la Grande Guerre se déroula presque entièrement dans les colonies : Tonkin en Indochine, Soudan français (aujourd'hui Mali) où il commanda la marche sur Tombouctou en 1894, Madagascar sous les ordres de Gallieni. Il y bâtit sa réputation d'organisateur méthodique, spécialiste des transports et de la logistique ferroviaire — qualités qui lui vaudront, en 1911, le poste ultime : chef d'état-major général de l'Armée. Il s'attelle à préparer l'armée française à l'affrontement qu'il prévoit avec l'Allemagne. Août 1914 : la guerre éclate, et le plan XVII de Joffre — offensive massive en Alsace-Lorraine à la baïonnette, dans l'esprit de « l'offensive à outrance » — s'effondre en quinze jours. Trois cent mille victimes françaises dans la seule bataille des Frontières. C'est le pire désastre militaire français depuis 1870. Joffre réagit avec un sang-froid glacial : il limoge en trois semaines cinquante généraux — carnage hiérarchique sans précédent —, nomme des hommes compétents à leur place (Gallieni à Paris, Franchet d'Espèrey à la 5ᵉ armée, Foch à la 9ᵉ armée), puis attend son moment. Il vint le 6 septembre 1914. Alors que l'armée allemande pivote imprudemment vers le sud-est au lieu de contourner Paris, Joffre déclenche la contre-attaque générale sur la Marne, précédée d'un ordre du jour resté célèbre : « Au moment où s'engage une bataille dont dépend le salut du pays, il importe de rappeler à tous que le moment n'est plus de regarder en arrière. » Une semaine plus tard, les Allemands reculent. Paris est sauvé, la France aussi. Joffre devient du jour au lendemain le « vainqueur de la Marne », adulé dans tout le pays et chez les Alliés. La suite fut moins glorieuse. Toute l'année 1915, Joffre s'obstina dans une litanie d'offensives sanglantes et vaines en Artois, en Champagne, sur la Somme, avec sa formule tristement célèbre : « Je les grignote » — parlant des Allemands, mais accusant surtout des dizaines de milliers de soldats français par mois. Verdun en 1916 aggrava les tensions avec le pouvoir politique. Après le désastre de la Somme (juillet-novembre 1916), le gouvernement le remplaça par Nivelle — qui ne fera guère mieux. Pour ménager l'opinion, on éleva Joffre à la dignité de maréchal de France le 26 décembre 1916 : il fut le premier maréchal de la IIIᵉ République, dignité qui n'avait plus été attribuée depuis la chute de Napoléon III. La mission diplomatique aux États-Unis en 1917 aux côtés de René Viviani fut l'un des derniers grands services rendus au pays : elle contribua largement à l'entrée américaine en guerre. Élu à l'unanimité à l'Académie française en 1918, Joffre mourut à Paris le 3 janvier 1931, presque octogénaire. Il n'est pas une ville de France qui ne lui ait donné son nom à une rue, une place ou une avenue. Peu importe que la postérité historique ait, depuis, nuancé la légende : dans la mémoire collective française, Joffre reste l'homme qui n'a pas cédé quand tout menaçait de céder.
Rue du Maréchal Leclerc
histoireLe maréchal Leclerc, de son nom complet Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947) est connu pour son rôle majeur dans la Libération pendant la Seconde Guerre mondiale. Sorti de l’école militaire de Saint-Cyr, il rejoint la France libre du général Charles de Gaulle en 1940 après la défaite française. Il mène ensuite des campagnes en Afrique, notamment la prise de Koufra en 1941, où il fait le célèbre serment de libérer Strasbourg. Leclerc commande ensuite la 2e Division Blindée (2e DB), une grande unité équipée de chars et de véhicules blindés. La 2e DB participa au débarquement de Normandie en 1944 et eut un rôle décisif dans la libération de Paris et de Strasbourg. Les succès associèrent le jeune officier aux engins mécanisés de sa division, ce qui explique le nom d'une série de chars de combat français - les chars Leclerc. Ses faits d'armes lui valurent le titre de Maréchal de France, plus haute distinction militaire française qui n’est pas un grade mais une dignité honorifique. Néanmoins, il fut consacré à titre posthume, en 1952, étant mort dans un accident d’avion en 1947 en Algérie.
Rue du Patronnage
patrimoineRue du Président Wilson
patrimoineRue Flandres Dunkerque
patrimoineRue Georges Clemenceau
histoirePeu de vies politiques françaises couvrent une telle amplitude. Élu maire de Montmartre à vingt-neuf ans en septembre 1870, il fut soixante ans plus tard, à soixante-seize ans, rappelé au pouvoir par son vieil ennemi Poincaré pour conduire le pays à la victoire dans la Grande Guerre. Entre les deux moments : un demi-siècle de journalisme, de duels au parlement et à l'épée, de gouvernements renversés, de campagnes gagnées et perdues, de trahisons soupçonnées et de fidélités absolues. Aucun homme du XIXᵉ siècle finissant et du XXᵉ siècle commençant n'a autant marqué la vie publique française. Il naquit le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds, en Vendée, d'une famille de médecins républicains et anticléricaux dont il hérita l'esprit rebelle. Médecin lui-même — c'est son premier métier —, il s'installa quelque temps aux États-Unis où il enseigna le français dans une école pour jeunes filles et épousa l'une de ses élèves, Mary Plummer, dont il aura trois enfants avant de divorcer. De retour à Paris, il abandonna la médecine pour la politique et le journalisme, ses deux passions durables. Député radical à partir de 1871, il siégea sans interruption pendant vingt-deux ans à la Chambre. Ses discours cinglants, ses interruptions vengeresses, sa parole qui coupait comme une lame lui valurent bientôt son premier surnom légendaire : « le Tigre », ou plus prosaïquement « le tombeur de ministères ». Il contribua à la chute de Gambetta en 1882, de Jules Ferry en 1885 — deux immenses figures républicaines qu'il fit tomber non par calcul mais par principe : il leur reprochait leur politique coloniale, qu'il tenait pour une diversion coupable au moment où la France devait préparer sa revanche contre l'Allemagne pour l'Alsace-Lorraine perdue en 1871. Le scandale de Panama en 1893, où il fut injustement soupçonné de corruption, brisa temporairement sa carrière. Il revint dans le débat public par un chemin inattendu : le journalisme. C'est dans son journal L'Aurore qu'il publia, le 13 janvier 1898, le célèbre « J'accuse ! » d'Émile Zola en défense du capitaine Dreyfus — c'est même Clemenceau qui suggéra à Zola ce titre devenu mythique. Aux côtés de Jaurès et de Zola, il fit partie du trio dominant des grands défenseurs de Dreyfus. La justice triompha en 1906 avec la réhabilitation complète du capitaine. Élu sénateur du Var en 1902, il accéda enfin au pouvoir à soixante-cinq ans — âge auquel d'autres songent à la retraite. Ministre de l'Intérieur en mars 1906, puis président du Conseil d'octobre 1906 à juillet 1909, il gouverna avec la même férocité qu'il avait mise à renverser les autres : réprimant les grèves de mineurs après la catastrophe de Courrières, envoyant l'armée face aux vignerons du Languedoc, se faisant appeler « premier flic de France » par ses rivaux de gauche — dont Jaurès. Il mena aussi à son terme la séparation des Églises et de l'État avec Aristide Briand. Vint la Première Guerre mondiale. Écarté du pouvoir, Clemenceau critiquait le gouvernement dans son nouveau journal L'Homme libre — vite renommé L'Homme enchaîné en protestation contre la censure. En novembre 1917, alors que le moral s'effondrait, Poincaré fit un choix héroïque : rappeler son vieil ennemi pour sauver la France. À soixante-seize ans, Clemenceau devint président du Conseil et ministre de la Guerre. Sa formule fondatrice : « Je fais la guerre. » Il nomma Foch généralissime unifié des armées alliées, rassembla toutes les énergies du pays, refusa toute idée de paix négociée. Le 11 novembre 1918 consacra sa gloire : il devint pour toujours « le Père la Victoire », tandis que les poilus des tranchées l'appelaient plus simplement « le Vieux » — signe d'une affection qu'aucun autre politique n'avait suscitée depuis Gambetta. Il négocia la paix au traité de Versailles le 28 juin 1919, avec une intransigeance jugée excessive par les Alliés anglo-saxons — il voulait que l'Allemagne ne pût plus jamais menacer la France. La suite fut amère : critiqué de toutes parts, il échoua à l'élection présidentielle de janvier 1920 face à Paul Deschanel. Il se retira alors dans sa Vendée natale, aux Sables-d'Olonne, écrivit, voyagea, s'entretint avec son ami de jeunesse Claude Monet — qu'il avait encouragé à peindre les Nymphéas pour l'Orangerie —, et mourut à Paris le 24 novembre 1929, à quatre-vingt-huit ans, dans un simple deux-pièces de la rue Franklin. Selon sa volonté, il fut enterré debout dans un cercueil sans couvercle à Colombier, en Vendée, sous un simple hêtre, sans discours ni cérémonie officielle. Fidèle à lui-même jusqu'au bout : farouche, libre, incompatible.
Rue Haute
patrimoineRue Houbart
patrimoineRue Jean Coton
patrimoineRue Jean Moulin
histoireIssu d'une famille républicaine et laïque (son père, professeur, était un fervent dreyfusard), Jean Moulin (1899-1943) grandit dans le culte de la République et le goût du dessin, qu'il pratiquera toute sa vie sous le pseudonyme de Romanin. Caricaturiste talentueux, il expose, publie dans des journaux satiriques, fréquente les artistes de Montparnasse. Rien ne semblait le destiner à devenir une icône. Haut fonctionnaire brillant, il gravit les échelons à vitesse fulgurante et devient, à 38 ans, préfet d'Eure-et-Loir, devenant ainsi le plus jeune préfet de France. En 1939. Il n'imagine pas encore que sa fonction va faire de lui, en quelques mois, un héros. Chartres, juin 1940. Alors que la Wehrmacht déferle, les Allemands veulent lui faire signer un document accusant des tirailleurs sénégalais de crimes qu'ils n'ont pas commis. Il refuse. On le frappe, on l'enferme dans une pièce avec le cadavre d'une femme, on le menace. La nuit venue, seul, il tente de se trancher la gorge avec un tesson de verre pour ne pas céder sous la torture. Il survit — mais portera désormais une cicatrice qu'il cachera sous une écharpe. Cette écharpe deviendra, avec le feutre et le regard sombre, son image éternelle. Révoqué par le régime de Vichy en novembre 1940, il gagne Londres via l'Espagne et le Portugal. Le général De Gaulle lui confie une mission d'une audace folle : unifier les mouvements de résistance intérieure, jusqu'alors dispersés, rivaux, cloisonnés. Parachuté en Provence dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, sous le nom de « Rex », il sillonne la France clandestinement, convainc, arbitre, fédère. Le 27 mai 1943, à Paris, rue du Four, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance — moment fondateur où communistes, socialistes, syndicalistes, chrétiens et gaullistes se retrouvent enfin sous une même bannière. Trois semaines après cette réunion historique, le 21 juin 1943, il tombe dans un guet-apens à Caluire-et-Cuire, près de Lyon. Arrêté par "le boucher de Lyon" Klaus Barbie, il est torturé pendant des jours dans les locaux de la Gestapo, avenue Berthelot. Il ne parlera pas. Un mot, un seul, aurait suffi à décapiter la Résistance : il l'emporte avec lui. Il meurt dans le train qui l'emmène vers l'Allemagne, quelque part près de Metz, le 8 juillet 1943. Il avait 44 ans. Le 19 décembre 1964, ses cendres sont transférées au Panthéon. Sous la pluie battante, André Malraux prononce l'un des plus beaux discours de la langue française : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » La voix se brise. Toute une génération pleure. Un visage — écharpe, feutre, regard — devient à jamais celui de la France qui a dit non.
Rue Jules Ferry
patrimoineRue La Bouillère
patrimoineRuelle des Gambettes
patrimoineRuelle du Marais
patrimoineRue Marie Deslavier
patrimoineRue Modeste Beaurain
patrimoineRue Paul Boucly
patrimoineRue Paul Camphin
patrimoineRue Pierre Brossolette
patrimoineRue Robert Lemoine
patrimoineRue Roger Salengro
patrimoineRue Saint-Hilaire
patrimoineRue Thibeauville
patrimoineSentier du Dévot
patrimoineSentier Sous le Château
patrimoineSquare Richard Pruvost
patrimoine