Rues de Formerie
77 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée de la Garenne
patrimoineAllée de la Victoire
patrimoineAllée des Marronniers
patrimoineAllée du Grand Clos
patrimoinePlace de l'Hôtel de Ville
patrimoinePlace du Huit Mai
patrimoinePlace Trélazé
patrimoineRésidence Prunette
patrimoineRoute des Anthieux
patrimoineRoute d'Haucourt
patrimoineRue à Cailloux
patrimoineRue Achille Bellou
patrimoineRue Adolphe Midrier
patrimoineRue Alavoine
patrimoineRue Albert Premier
patrimoineRue Alexandre Premier
patrimoineRue Amédée Levasseur
patrimoineRue Aristide Briand
patrimoineRue Bel-Air
patrimoineRue Boujonnier
patrimoineRue Cauchemez
patrimoineRue Charles de Gaulle
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Rue d'Amiens
patrimoineRue de Beauvais
patrimoineRue de Bonnemare
patrimoineRue de Bouvresse
patrimoineRue de Crillon
patrimoineRue de Criquiers
patrimoineRue de Gaillefontaine
patrimoineRue de Grumesnil
patrimoineRue de la Cité Simon
patrimoineRue de la Flaque
patrimoineRue de la Gare
patrimoineRue de la Libération
histoireLa Libération (1944-1945) ne s'est pas faite en un jour, ni même en un mois. Ce que l'on appelle « la Libération » est en réalité une longue vague qui déferle sur la France **pendant près d'un an**, de juin 1944 à mai 1945, laissant derrière elle un pays exsangue, meurtri, mais debout. 6 juin 1944 : le jour le plus long. À l'aube, 156 000 soldats alliés débarquent sur cinq plages de Normandie — Utah, Omaha, Gold, Juno, Sword. C'est la plus grande opération amphibie de l'histoire. Parmi eux, 177 Français du commando Kieffer touchent le sable de Colleville-Montgomery. Ils sont les seuls Français à débarquer ce jour-là. Sur le sable d'Omaha, les pertes américaines sont effroyables. Le soir venu, la tête de pont tient. Rien n'est joué, tout est possible. Pendant que les Alliés progressent difficilement dans le bocage normand, l'intérieur du pays s'embrase. Les maquis multiplient les sabotages : le plan « Vert » vise les voies ferrées, le plan « Violet » les télécommunications, le plan « Tortue » les routes. Résultat : les divisions blindées allemandes qui montent vers la Normandie mettent trois semaines pour un trajet qui aurait dû durer trois jours. La division SS Das Reich, dans sa remontée furieuse, massacre 99 civils à Tulle et 643 à Oradour-sur-Glane le 10 juin; village figé pour l'éternité dans ses ruines. Sur le plateau du Vercors, 4 000 maquisards proclament la « République libre » et attendent les renforts alliés promis. Ils ne viendront jamais. Le 21 juillet, la Wehrmacht attaque en force, dont des planeurs qui se posent au cœur du massif. 840 maquisards et civils tombent. Ce sera l'une des grandes plaies de la mémoire résistante. Une seconde opération, souvent éclipsée par celle de Normandie, débarque en Provence le 15 août : l'armée B du général de Lattre de Tassigny, forte de 250 000 hommes dont plus de la moitié de tirailleurs algériens, marocains, sénégalais, et de goumiers. Ils remonteront la vallée du Rhône à une vitesse foudroyante, libéreront Toulon, Marseille, Lyon, feront leur jonction avec les troupes venues de Normandie en Bourgogne le 12 septembre. La France est coupée en deux, mais dans le bon sens. L'insurrection éclate à Paris le 19 août. Barricades dans le Quartier latin, drapeaux tricolores aux fenêtres, préfecture de police reprise, combats rue de Rivoli. Le 24 août au soir, un détachement de la 2e DB de Leclerc — le « détachement Dronne », composé pour partie de républicains espagnols rescapés de la guerre civile — entre dans Paris par la porte d'Italie. À 22h22, les cloches de Notre-Dame sonnent à la volée. Le lendemain, le général von Choltitz, gouverneur militaire allemand, signe la capitulation à la gare Montparnasse. Il n'aura pas exécuté l'ordre d'Hitler de brûler Paris. Le 26 août, de Gaulle descend les Champs-Élysées à pied, dans une foule immense, sous les tirs sporadiques de tireurs isolés depuis les toits. Pendant l'automne se poursuivent les libérations. Bordeaux le 28 août, Lyon le 3 septembre, Dijon le 11, Nancy le 15, Strasbourg le 23 novembre — libération symbolique celle-ci, tenue par Leclerc en réponse à un serment prêté trois ans plus tôt en Libye : « Ne déposons les armes que lorsque nos couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. » Certaines poches allemandes tiennent pourtant sur l'Atlantique jusqu'au bout : Saint-Nazaire, La Rochelle, Royan ne se rendront que le 8 mai 1945. L'épuration commence, brutale et parfois expéditive. Des femmes tondues sur les places de village. Des exécutions sommaires. Puis les procès officiels : Pétain condamné à mort et gracié, Laval fusillé. La France retrouve la République, le droit de vote des femmes en avril 1944 (première élection en 1945), la Sécurité sociale à venir. Le pays compte ses morts : 600 000 environ, dont 350 000 civils. Ses villes détruites — Caen, Le Havre, Saint-Malo, Royan — devront être reconstruites pierre par pierre. Aujourd'hui ne reste qu'un mot, avant tout. « Libération » : c'est le nom d'un journal, d'un mouvement de résistance, d'une avenue dans presque toutes les communes de France. C'est aussi un état d'esprit — celui d'un pays qui a su, malgré la défaite, malgré l'occupation, malgré la collaboration, retrouver le chemin de lui-même. Ce chemin-là ne s'oublie pas.
Rue de la Paix
patrimoineRue de la Place
patrimoineRue de la Tête de Vache
patrimoineRue de l'Église
patrimoineRue de Nastatten
patrimoineRue des Charmilles
patrimoineRue de Trélazé
patrimoineRue Dornat
patrimoineRue du 11 Novembre
patrimoineRue du 28 Octobre
patrimoineRue du 9 Juin
patrimoineRue du Bois
patrimoineRue du Château
patrimoineRue du Docteur Dubois
patrimoineRue du Docteur Giudicelli
patrimoineRue du Général Leclerc
histoireLe maréchal Leclerc, de son nom complet Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947) est connu pour son rôle majeur dans la Libération pendant la Seconde Guerre mondiale. Sorti de l’école militaire de Saint-Cyr, il rejoint la France libre du général Charles de Gaulle en 1940 après la défaite française. Il mène ensuite des campagnes en Afrique, notamment la prise de Koufra en 1941, où il fait le célèbre serment de libérer Strasbourg. Leclerc commande ensuite la 2e Division Blindée (2e DB), une grande unité équipée de chars et de véhicules blindés. La 2e DB participa au débarquement de Normandie en 1944 et eut un rôle décisif dans la libération de Paris et de Strasbourg. Les succès associèrent le jeune officier aux engins mécanisés de sa division, ce qui explique le nom d'une série de chars de combat français - les chars Leclerc. Ses faits d'armes lui valurent le titre de Maréchal de France, plus haute distinction militaire française qui n’est pas un grade mais une dignité honorifique. Néanmoins, il fut consacré à titre posthume, en 1952, étant mort dans un accident d’avion en 1947 en Algérie.
Rue du Maréchal Joffre
histoireEn septembre 1914, Joseph Joffre (1852-1931) sauva peut-être la France — ou du moins, sa République. En décembre 1916, l'opinion publique commençait à se lasser de lui. Entre les deux dates, il fut le général le plus populaire que le pays ait connu depuis Napoléon : entre 1915 et 1918, 398 garçons français reçurent le prénom Joffre, et 700 filles celui de Joffrette. Peu d'hommes ont connu une telle apothéose civile de leur vivant. Il naquit le 12 janvier 1852 à Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, fils d'un tonnelier catalan. Élève brillant, il obtint à seize ans une bourse pour Polytechnique, dont il fut le benjamin de sa promotion. La guerre de 1870 éclata pendant sa première année d'école ; il participa à la défense de Paris comme sous-lieutenant d'artillerie, à peine sorti de l'adolescence. Son destin militaire était scellé — il choisit le Génie, arme rigoureuse et technique qui correspondait à son tempérament méthodique. Sa longue carrière avant la Grande Guerre se déroula presque entièrement dans les colonies : Tonkin en Indochine, Soudan français (aujourd'hui Mali) où il commanda la marche sur Tombouctou en 1894, Madagascar sous les ordres de Gallieni. Il y bâtit sa réputation d'organisateur méthodique, spécialiste des transports et de la logistique ferroviaire — qualités qui lui vaudront, en 1911, le poste ultime : chef d'état-major général de l'Armée. Il s'attelle à préparer l'armée française à l'affrontement qu'il prévoit avec l'Allemagne. Août 1914 : la guerre éclate, et le plan XVII de Joffre — offensive massive en Alsace-Lorraine à la baïonnette, dans l'esprit de « l'offensive à outrance » — s'effondre en quinze jours. Trois cent mille victimes françaises dans la seule bataille des Frontières. C'est le pire désastre militaire français depuis 1870. Joffre réagit avec un sang-froid glacial : il limoge en trois semaines cinquante généraux — carnage hiérarchique sans précédent —, nomme des hommes compétents à leur place (Gallieni à Paris, Franchet d'Espèrey à la 5ᵉ armée, Foch à la 9ᵉ armée), puis attend son moment. Il vint le 6 septembre 1914. Alors que l'armée allemande pivote imprudemment vers le sud-est au lieu de contourner Paris, Joffre déclenche la contre-attaque générale sur la Marne, précédée d'un ordre du jour resté célèbre : « Au moment où s'engage une bataille dont dépend le salut du pays, il importe de rappeler à tous que le moment n'est plus de regarder en arrière. » Une semaine plus tard, les Allemands reculent. Paris est sauvé, la France aussi. Joffre devient du jour au lendemain le « vainqueur de la Marne », adulé dans tout le pays et chez les Alliés. La suite fut moins glorieuse. Toute l'année 1915, Joffre s'obstina dans une litanie d'offensives sanglantes et vaines en Artois, en Champagne, sur la Somme, avec sa formule tristement célèbre : « Je les grignote » — parlant des Allemands, mais accusant surtout des dizaines de milliers de soldats français par mois. Verdun en 1916 aggrava les tensions avec le pouvoir politique. Après le désastre de la Somme (juillet-novembre 1916), le gouvernement le remplaça par Nivelle — qui ne fera guère mieux. Pour ménager l'opinion, on éleva Joffre à la dignité de maréchal de France le 26 décembre 1916 : il fut le premier maréchal de la IIIᵉ République, dignité qui n'avait plus été attribuée depuis la chute de Napoléon III. La mission diplomatique aux États-Unis en 1917 aux côtés de René Viviani fut l'un des derniers grands services rendus au pays : elle contribua largement à l'entrée américaine en guerre. Élu à l'unanimité à l'Académie française en 1918, Joffre mourut à Paris le 3 janvier 1931, presque octogénaire. Il n'est pas une ville de France qui ne lui ait donné son nom à une rue, une place ou une avenue. Peu importe que la postérité historique ait, depuis, nuancé la légende : dans la mémoire collective française, Joffre reste l'homme qui n'a pas cédé quand tout menaçait de céder.
Rue du Moulin Neuf
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue du Parc Annexe
patrimoineRue du Pré Duflos
patrimoineRue du Presbytère
patrimoineRue du Vallabonnet
patrimoineRue du Vauperon
patrimoineRue Félix Prilleux
patrimoineRue Filsac
patrimoineRue François Mitterrand
patrimoineRue Georges Clemenceau
histoirePeu de vies politiques françaises couvrent une telle amplitude. Élu maire de Montmartre à vingt-neuf ans en septembre 1870, il fut soixante ans plus tard, à soixante-seize ans, rappelé au pouvoir par son vieil ennemi Poincaré pour conduire le pays à la victoire dans la Grande Guerre. Entre les deux moments : un demi-siècle de journalisme, de duels au parlement et à l'épée, de gouvernements renversés, de campagnes gagnées et perdues, de trahisons soupçonnées et de fidélités absolues. Aucun homme du XIXᵉ siècle finissant et du XXᵉ siècle commençant n'a autant marqué la vie publique française. Il naquit le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds, en Vendée, d'une famille de médecins républicains et anticléricaux dont il hérita l'esprit rebelle. Médecin lui-même — c'est son premier métier —, il s'installa quelque temps aux États-Unis où il enseigna le français dans une école pour jeunes filles et épousa l'une de ses élèves, Mary Plummer, dont il aura trois enfants avant de divorcer. De retour à Paris, il abandonna la médecine pour la politique et le journalisme, ses deux passions durables. Député radical à partir de 1871, il siégea sans interruption pendant vingt-deux ans à la Chambre. Ses discours cinglants, ses interruptions vengeresses, sa parole qui coupait comme une lame lui valurent bientôt son premier surnom légendaire : « le Tigre », ou plus prosaïquement « le tombeur de ministères ». Il contribua à la chute de Gambetta en 1882, de Jules Ferry en 1885 — deux immenses figures républicaines qu'il fit tomber non par calcul mais par principe : il leur reprochait leur politique coloniale, qu'il tenait pour une diversion coupable au moment où la France devait préparer sa revanche contre l'Allemagne pour l'Alsace-Lorraine perdue en 1871. Le scandale de Panama en 1893, où il fut injustement soupçonné de corruption, brisa temporairement sa carrière. Il revint dans le débat public par un chemin inattendu : le journalisme. C'est dans son journal L'Aurore qu'il publia, le 13 janvier 1898, le célèbre « J'accuse ! » d'Émile Zola en défense du capitaine Dreyfus — c'est même Clemenceau qui suggéra à Zola ce titre devenu mythique. Aux côtés de Jaurès et de Zola, il fit partie du trio dominant des grands défenseurs de Dreyfus. La justice triompha en 1906 avec la réhabilitation complète du capitaine. Élu sénateur du Var en 1902, il accéda enfin au pouvoir à soixante-cinq ans — âge auquel d'autres songent à la retraite. Ministre de l'Intérieur en mars 1906, puis président du Conseil d'octobre 1906 à juillet 1909, il gouverna avec la même férocité qu'il avait mise à renverser les autres : réprimant les grèves de mineurs après la catastrophe de Courrières, envoyant l'armée face aux vignerons du Languedoc, se faisant appeler « premier flic de France » par ses rivaux de gauche — dont Jaurès. Il mena aussi à son terme la séparation des Églises et de l'État avec Aristide Briand. Vint la Première Guerre mondiale. Écarté du pouvoir, Clemenceau critiquait le gouvernement dans son nouveau journal L'Homme libre — vite renommé L'Homme enchaîné en protestation contre la censure. En novembre 1917, alors que le moral s'effondrait, Poincaré fit un choix héroïque : rappeler son vieil ennemi pour sauver la France. À soixante-seize ans, Clemenceau devint président du Conseil et ministre de la Guerre. Sa formule fondatrice : « Je fais la guerre. » Il nomma Foch généralissime unifié des armées alliées, rassembla toutes les énergies du pays, refusa toute idée de paix négociée. Le 11 novembre 1918 consacra sa gloire : il devint pour toujours « le Père la Victoire », tandis que les poilus des tranchées l'appelaient plus simplement « le Vieux » — signe d'une affection qu'aucun autre politique n'avait suscitée depuis Gambetta. Il négocia la paix au traité de Versailles le 28 juin 1919, avec une intransigeance jugée excessive par les Alliés anglo-saxons — il voulait que l'Allemagne ne pût plus jamais menacer la France. La suite fut amère : critiqué de toutes parts, il échoua à l'élection présidentielle de janvier 1920 face à Paul Deschanel. Il se retira alors dans sa Vendée natale, aux Sables-d'Olonne, écrivit, voyagea, s'entretint avec son ami de jeunesse Claude Monet — qu'il avait encouragé à peindre les Nymphéas pour l'Orangerie —, et mourut à Paris le 24 novembre 1929, à quatre-vingt-huit ans, dans un simple deux-pièces de la rue Franklin. Selon sa volonté, il fut enterré debout dans un cercueil sans couvercle à Colombier, en Vendée, sous un simple hêtre, sans discours ni cérémonie officielle. Fidèle à lui-même jusqu'au bout : farouche, libre, incompatible.
Rue Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Rue Léon Lemétayer
patrimoineRuelle Filsac
patrimoineRuelle Fournier
patrimoineRue Maisné
patrimoineRue Marceau Micheneau
natureRue Marcel Dassault
patrimoineRue Marette Campagne
patrimoineRue Pasteur
sciencesLouis Pasteur (1822-1895) révèla dès l'enfance un vrai talent pour le dessin - son mentor au collège d'Arbois le surnomme « mon petit Michel-Ange » et il réalisera une quarantaine de portraits au pastel avant de se tourner vers la science. En 1863, il sera d'ailleurs nommé à la chaire de géologie, physique et chimie appliquées aux beaux-arts de l'École des Beaux-Arts de Paris. En 1865, Napoléon III lui demande de combattre les maladies qui ruinent les exportations de vin (acétification, pousse, graisse, amer). Pasteur met au point un chauffage à 60 °C pendant 20 à 30 minutes : la pasteurisation est née, faisant de Pasteur le sauveur du vin français. Le procédé sera ensuite appliqué à la bière, puis au lait. Marqué par la défaite de 1870 face aux Allemands, alors maîtres incontestés de la bière, il s'attelle à créer une bière française meilleure que la leur — un travail qui aboutira à la pasteurisation des bouteilles à 65 °C. Pourtant la célébrité de Pasteur vient du 6 juillet 1885, lorsqu'il inocula au jeune Joseph Meister, mordu 14 fois par un chien enragé, le premier vaccin antirabique de l'histoire ! L'enfant survécut et put vivre jusqu'à l'âge de 64 ans. Pasteur s'inspirait des travaux d'Edward Jenner sur la variole : il est donc le père du vaccin, mais non de la vaccination. Il fondit l'Institut Pasteur en 1888 et décéda à Marne-la-Coquette en 1895 et recevoir des funérailles nationales à Notre-Dame de Paris.
Rue Pierre Francastel
patrimoineRue Potiers Bel-Air
patrimoineRue Raymond Scoubart
patrimoineRue Roche
patrimoineRue Saint-Vincent
patrimoineRue Siou
patrimoineSquare Félix Prilleux
patrimoine