Rues de Dozulé
76 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée Constant Liébert
patrimoineAllée Cyrano
patrimoineAllée du Lieu Baron
patrimoineAutoroute de Normandie
patrimoineAvenue Georges Landry
patrimoineAvenue Leonard Stanley
patrimoineAvenue Michel d'Ornano
patrimoineChemin de la Pérelle
patrimoineChemin de l'Enclave
patrimoineChemin des Allées de Grangues
patrimoineChemin des Buttes
patrimoineChemin du Bois
patrimoineChemin du Champ de Putot
patrimoineChemin du Costil Chollière
patrimoineChemin du Mont David
patrimoineChemin du Varibeau
patrimoineFaubourg des Couperées
patrimoineFaubourg du Pont Mousse
patrimoineGrande Rue
patrimoineImpasse Amédée Richer
patrimoineImpasse Bertion
patrimoineImpasse de la Bouillerie
patrimoineImpasse de la Briqueterie
patrimoineImpasse de la Cour
patrimoineImpasse des Champs
patrimoineImpasse des Charmilles
patrimoineImpasse des Tilleuls
natureOn le reconnaît à ses larges feuilles en forme de cœur et à sa fleur jaune pâle qui embaume les soirs de juin d'un parfum sucré, entêtant — ce parfum qui fait partie du grand album olfactif de l'enfance française. Depuis le Moyen Âge, on plante un tilleul au centre des villages : sous ses branches, on tient conseil, on rend la justice, on marie les fiancés, on danse aux fêtes patronales. En 1792, la jeune République en fit son « arbre de la Liberté » et lança une plantation nationale — beaucoup des vieux tilleuls de nos places datent d'ailleurs de cette époque. Rien ne se perd dans un tilleul : ses fleurs séchées font la fameuse tisane qui apaise le sommeil, son miel blond et parfumé est l'un des plus recherchés d'Europe, et son bois tendre a servi aux plus grands sculpteurs allemands du XVᵉ siècle. Il pousse lentement mais peut vivre cinq siècles, atteindre trente mètres, résister à la pollution comme aux tailles sévères. Il aura vu passer les diligences, les premières automobiles, les trottinettes électriques, sans jamais changer de place — patient géant qui veille sur les places de France.
Impasse du Bois
patrimoineImpasse du Château d'Eau
patrimoineImpasse du Clos Rasoir
patrimoineImpasse George Sand
patrimoineImpasse Gouedard
patrimoinePassage des Pommiers
patrimoinePlace Charles-Émile Pinson
patrimoinePlace de la Mairie
patrimoinePlace des Commandos de Marine
patrimoinePlace du Champ de Foire
patrimoinePlace du Clos Plessis
patrimoinePlace du Haras
patrimoinePlace du Monument
patrimoinePlace Jean Vasnier
patrimoineRoute de Cricqueville
patrimoineRoute de Villers-sur-Mer
patrimoineRue Abo Volo
patrimoineRue Albert Dubourg
patrimoineRue Alphonse Allais
patrimoineRue Amédée Richer
patrimoineRue André Raimbourg dit Bourvil
patrimoineRue Antoine de Saint-Exupéry
patrimoineRue Auguste Daudet
patrimoineRue Charlotte Corday
patrimoineRue des Arbres Éternels
patrimoineRue des Artisans
patrimoineRue des Arts
patrimoineRue des Entrepreneurs
patrimoineRue de Silly
patrimoineRue de Verdun
patrimoineRue de Zell sur le Main
patrimoineRue du Champ de Foire
patrimoineRue du Docteur Bougault
patrimoineRue du Marché
patrimoineRue du Mesnil-Da
patrimoineRue du Mont Ecanu
patrimoineRue du Plessis Esmangard
patrimoineRue Émile Nicol
patrimoineRue Fernand Seigneurie
patrimoineRue Gélinotte
patrimoineRue Idéal du Gazeau
patrimoineRue Jamin
patrimoineRue Jean-Baptiste Chevalier
patrimoineRue Manet
patrimoineRue Marie Harel
patrimoineRue Oinville
patrimoineRue Ourasi
patrimoineRue Paul Verlaine
culturePaul Verlaine (1844-1896) naît à Metz un jour d'automne 1844, dans une famille bourgeoise et catholique. Rien, dans cette enfance sage, ne laisse présager la vie tumultueuse qui l'attend — sinon peut-être une hypersensibilité maladive et un goût précoce pour les vers de Baudelaire, qu'il découvre à seize ans comme une révélation. À vingt-deux ans, il publie ses Poèmes saturniens : un premier recueil déjà somptueux, tout en demi-teintes, brumes et paysages intérieurs. La musique de Verlaine est là, tout entière — cette manière si particulière de faire chanter la langue française à mi-voix, entre soupir et confidence. En 1871, il reçoit une lettre d'un adolescent inconnu, un certain Arthur Rimbaud, qui joint quelques poèmes. Verlaine est marié, jeune père, tente d'être respectable. Rimbaud a dix-sept ans, une gueule d'ange et un tempérament d'incendiaire. Verlaine paye son billet de train. À peine arrivé à Paris, le jeune provincial met le feu à sa vie : rupture avec sa femme, fuite en Belgique puis à Londres, alcool, amour tumultueux, ruptures et retrouvailles. Deux ans plus tard, le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, ivre et désespéré, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud qui s'apprêtait à le quitter. Une balle blesse le jeune homme au poignet. Prison en Belgique pendant dix-huit mois. Rimbaud, lui, disparaîtra bientôt de la littérature — pour toujours. Une conversion, une gloire. En prison, Verlaine se convertit — retour au catholicisme, extase mystique, écriture de Sagesse, l'un de ses plus beaux recueils. Libéré, il tente un temps l'enseignement en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes. Rien ne tient. Les années 1880 le voient sombrer peu à peu : mort de sa mère, absinthe, hôpitaux, chambres d'hôtel misérables. Et pourtant, paradoxe absolu, c'est à ce moment-là qu'il devient célèbre. Publication des Poètes maudits, où il révèle Rimbaud, Mallarmé et Corbière au public. Reconnaissance des jeunes symbolistes qui le prennent pour maître. Il est élu, en 1894, « Prince des poètes » par ses pairs, après la mort de Leconte de Lisle. Consécration officielle pour un homme qui vit dans un hôtel meublé rue Descartes, et qu'on doit parfois porter chez lui, ivre mort. Ce que Verlaine apporte à la poésie française est difficile à cerner tant c'est un art de l'imperceptible. Une préférence pour l'impair — vers de cinq, sept, neuf syllabes, qui déstabilisent l'oreille habituée à l'alexandrin. Un flou musical revendiqué. Une capacité à peindre des états d'âme avec presque rien : trois notes, une couleur, une pluie qui tombe. Son Art poétique résume tout en une formule devenue proverbe : « De la musique avant toute chose. » Debussy, Fauré, Reynaldo Hahn mettront ses poèmes en musique — parce qu'ils étaient déjà de la musique. Il meurt le 8 janvier 1896, à cinquante et un ans, dans une chambre pauvre de la rue Descartes à Paris, veillé par sa dernière compagne, Eugénie Krantz, ancienne prostituée. Ses obsèques rassemblent pourtant une foule immense : poètes, journalistes, ministres, curieux. Il repose au cimetière des Batignolles. Un demi-siècle plus tard, sans qu'il l'ait jamais imaginé, ses vers vont sauver la France. Les premières lignes de sa Chanson d'automne — « Les sanglots longs des violons de l'automne… » — sont diffusées à la BBC les 1er et 5 juin 1944, comme messages personnels codés annonçant aux résistants l'imminence du Débarquement. Le pauvre Verlaine, qui n'aurait su se lever le matin sans un verre, veillait sans le savoir sur le destin d'un continent.
Rue Roquépine
patrimoine