Rues de Courcy
22 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Chemin des Champs
patrimoineImpasse de la Maison Blanche
patrimoineImpasse de la Montagne
patrimoineImpasse de la Station
patrimoineImpasse des Ridelières
patrimoineLa Cesnerie
patrimoineLe Clos du Noyer
patrimoineLe Clos Saint-Lô
patrimoineLes Grandes Aumônes
patrimoineL'Étoile du Nord
patrimoineLe Vieux Manoir
patrimoinePlace Lefrançois Delalande
natureRocade de Coutances
patrimoineRoute des Chasses
patrimoineRoute du Monte à Regret
histoireUn nom qui glace le sang, une rue qui monte, et une énigme étymologique à double fond. Rares sont les rues françaises dont le nom même semble raconter une histoire tragique, et plus rares encore celles dont l'origine reste, aujourd'hui encore, l'objet d'un débat érudit. Monte-à-Regret appartient à ces toponymes qui ont traversé les siècles avec leur mystère intact. L'hypothèse la plus populaire — et la plus glaçante — est celle du chemin des condamnés. Sous l'Ancien Régime, dans presque toutes les villes de France, les condamnés à mort étaient conduits, chargés de leurs fers, depuis leur prison ou depuis le tribunal jusqu'au gibet dressé aux abords de la ville, sur une hauteur bien visible pour frapper les esprits. Les fourches patibulaires — ces potences à plusieurs piliers qui indiquaient le rang du seigneur justicier — étaient placées en bordure des grandes voies, sur une butte ou une colline. Les corps y restaient exposés jusqu'à décomposition. Le trajet ultime, entre les murs de la ville et la potence, était nommé dans plusieurs cités françaises « Monte-à-Regret » : Limoges, Toulouse (« la Salade »), Saint-Brieuc, et d'autres villes conservent la trace de ce chemin funèbre, désormais parfaitement anodin dans le tissu urbain moderne. Un prêtre accompagnait généralement le condamné jusqu'au dernier moment — d'où l'expression littéraire connexe « l'abbaye de Monte-à-Regret », désignant par ironie noire la mort par pendaison. Une hypothèse concurrente, plus prosaïque mais peut-être plus juste, veut que « regret » soit une déformation du vieux mot « degrés » — c'est-à-dire « marches ». La rue « Monte à degrés » serait devenue par altération phonétique « Monte-à-Regret » : ce serait simplement une rue en escalier, montante par volées de marches, comme il y en avait tant dans les vieilles villes accidentées. Cette explication savante a été notamment défendue à propos de Limoges, où la rue Monte-à-Regret présentait effectivement autrefois des degrés. Elle a le mérite d'expliquer aussi les cas où aucun gibet n'est historiquement attesté à proximité — mais elle laisse songeur : les toponymes populaires cèdent rarement leur mémoire au profit d'étymologies pures. Les deux hypothèses coexistent, et il n'est pas exclu qu'elles se soient renforcées mutuellement : une rue en pente et à degrés, menant vers les hauteurs de la ville, aurait pu voir passer les condamnés vers leur exécution, et le nom populaire « Monte-à-Regret » aurait joué sur les deux registres — descriptif et macabre. La langue française aime ces palimpsestes : un mot peut cacher deux histoires, l'une commune, l'autre effrayante, superposées comme les couches d'une vieille peinture. Ce qui est certain, c'est qu'aucun promeneur qui monte aujourd'hui cette rue paisible ne sait plus ce qu'elle rappelle. Et c'est peut-être là le vrai sens du mot regret : celui d'une mémoire qui s'efface, d'un passé qui monte encore mais qu'on ne reconnaît plus. Peu de noms de rues sont, à eux seuls, un aussi bel abrégé de l'histoire des villes.
Route du Ridel
patrimoineRoute du Vert Bouillon
patrimoineRue de la Fontaine
patrimoineRue de l'Église
patrimoineRue du Gris Caillou
patrimoineRue du Stade
patrimoineRue Lefrançois Delalande
nature