Rues de Chaniers
267 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Avenue Charles de Gaulle
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Avenue des Deux Charentes
patrimoineAvenue du 8 Mai 1945
patrimoineChemin Beau
patrimoineChemin Beauregard
patrimoineChemin Bel Air
patrimoineChemin Belot
patrimoineChemin Benon
patrimoineChemin Bertaud
patrimoineChemin Bisseuil
patrimoineChemin Bois des Broches
patrimoineChemin Boisson
patrimoineChemin Bois Vallet
patrimoineChemin Brunet
patrimoineChemin Charpentier
patrimoineChemin Chobelet
patrimoineChemin Combe Charles
patrimoineChemin Dannepont
patrimoineChemin de Chasseuil
patrimoineChemin de Croix Echelle
patrimoineChemin de la Barrette
patrimoineChemin de la Boucauderie
patrimoineChemin de la Broussardière
patrimoineChemin de la Chaudière
patrimoineChemin de la Croix Echelle
patrimoineChemin de la Forêt
natureChemin de la Grange
patrimoineChemin de la Grave
patrimoineChemin de la Haute Baine
patrimoineChemin de la Lisière
patrimoineChemin de la Malanderie
natureChemin de la Mouletière
patrimoineChemin de la Tonnelle
patrimoineChemin de la Vallée
patrimoineChemin de l'Enclouse
patrimoineChemin de Mazureau
patrimoineChemin de Nancrevant
patrimoineChemin des Alouettes
patrimoineChemin des Benardières
patrimoineChemin des Bernadières
patrimoineChemin des Brandes
patrimoineChemin des Bruyères
patrimoineChemin des Croisières
patrimoineChemin des Écoliers
patrimoineChemin de Senouche
patrimoineChemin des Fontaines
patrimoineChemin des Gardons
patrimoineChemin des Genêts
patrimoineChemin des Métrelles
patrimoineChemin des Mottes
patrimoineChemin des Palombes
natureChemin des Perrines
patrimoineChemin des Peupliers
natureChemin des Potagers
patrimoineChemin des Prises
patrimoineChemin Desrue
patrimoineChemin des Terrières
patrimoineChemin des Thenauderies
patrimoineChemin des Vanneaux
patrimoineChemin des Varennes
patrimoineChemin des Verdillières
patrimoineChemin du Champ des Vignes
natureChemin du Cluzeau
patrimoineChemin du Coran
patrimoineChemin du Lion d'Or
patrimoineChemin du Logis
patrimoineChemin du Maine à Cheval
patrimoineChemin du Maine Cadet
patrimoineChemin du Maine Senouche
patrimoineChemin du Maine-Videau
patrimoineChemin du Mazureau
patrimoineChemin du Montinet
patrimoineChemin du Nancrevant
patrimoineChemin du Pin
patrimoineChemin du Puits
patrimoineChemin du Puynouveau
patrimoineChemin du Ruisseau
natureChemin du Silo
patrimoineChemin du Treuil
patrimoineChemin Fief-Roux
patrimoineChemin Grelot
patrimoineChemin Guedin
patrimoineChemin Labbé
patrimoineChemin Lamy
patrimoineChemin Larron
patrimoineChemin Latéral
patrimoineChemin le Chaillot
patrimoineChemin Malmort
patrimoineChemin Nattier
patrimoineChemin Planvineux
patrimoineChemin Simoneau
patrimoineChemin Terre-Neuve
patrimoineChemin Thibaud
patrimoineChemin Turpeau
patrimoineChemin Vallet
patrimoineChemin Vilain
patrimoineImpasse Auguste Rodin
patrimoineImpasse Bertaud
patrimoineImpasse Charpentier
patrimoineImpasse Chasserat
patrimoineImpasse Compagnon
patrimoineImpasse Corbineau
patrimoineImpasse de Bouet
patrimoineImpasse de la Cerisaie
patrimoineImpasse de la Chaumière
patrimoineImpasse de la Grande Roue
patrimoineImpasse de la Malanderie
natureImpasse de la Taillée
patrimoineImpasse de la Tonnelle
patrimoineImpasse de l'Aubépine
patrimoineImpasse de la Varaizerie
patrimoineImpasse de l'Hermitage
patrimoineImpasse des Amarelles
patrimoineImpasse des Bourreliers
patrimoineImpasse des Brandes
patrimoineImpasse des Cerisiers
patrimoineImpasse des Chais
patrimoineImpasse des Civelles
patrimoineImpasse des Cordonniers
patrimoineImpasse des Emailleurs
patrimoineImpasse des Grives
patrimoineImpasse des Moissons
patrimoineImpasse des Mouettes
patrimoineImpasse des Moulins
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Impasse des Selliers
patrimoineImpasse des Soleils
patrimoineImpasse des Sources
patrimoineImpasse des Vanniers
patrimoineImpasse des Vendangeurs
patrimoineImpasse du 19 Mars 1962
patrimoineImpasse du Bourrut
patrimoineImpasse du Chaillot
patrimoineImpasse du Maine Mondain
patrimoineImpasse du Petit Puy
patrimoineImpasse du Portail
patrimoineImpasse du Prieuré
patrimoineImpasse du Vilain
patrimoineImpasse Fazilleau
patrimoineImpasse François Villon
patrimoineImpasse Gauguin
patrimoineImpasse Goulbenéze
patrimoineImpasse Labbé
patrimoineImpasse Machefert
patrimoineImpasse Mozart
patrimoineImpasse Nattier
patrimoineImpasse Pampanie
patrimoineImpasse Rabelais
patrimoineImpasse Renoir
patrimoineImpasse Saint-Antoine
patrimoineImpasse Saint-Louis
patrimoineImpasse Saint-Pierre
patrimoineImpasse Varrat
patrimoineImpasse Vinet
patrimoinePassage de la Baine
patrimoinePassage des Griottes
patrimoinePassage LARDY
patrimoinePasserelle
patrimoinePlace de la Seigneurie
patrimoinePlace de Nancrevant
patrimoinePlace du Jumelage
patrimoinePlace Ferret
patrimoinePlace Henri Barbusse
patrimoinePlace Michel Montaigne
patrimoinePlace Saint-Pierre
patrimoineRoute Alain Colas
patrimoineRoute de Bois le Roi
patrimoineRoute de Clermont-Ferrand
patrimoineRoute de Cognac
patrimoineRoute de Croix Echelle
patrimoineRoute de la Chapelle
patrimoineRoute de la Fontaine du Loup
patrimoineRoute de la Grotte
patrimoineRoute de la Turpaudière
patrimoineRoute de Monroy
patrimoineRoute de Saintes
patrimoineRoute des Cèdres
patrimoineRoute des Charmes
patrimoineRoute des Jonquilles
patrimoineRoute des Labours
patrimoineRoute des Passereaux
patrimoineRoute des Sablons
patrimoineRoute des Vergers
patrimoineRoute des Vignerons
natureRoute du Plessis
patrimoineRue Abbé Vieuille
patrimoineRue Aliénor d'Aquitaine
patrimoineRue Claude Debussy
patrimoineRue Colbert
patrimoineRue de la Fauvette
patrimoineRue de la Forge
patrimoineRue de la Marjolaine
patrimoineRue de l'Ancienne Prison
patrimoineRue de la Taillée
patrimoineRue de la Touche
patrimoineRue de l'Évêché
patrimoineRue de Pampanie
patrimoineRue des Aigrettes
patrimoineRue de Saintonge
patrimoineRue des Ajoncs
patrimoineRue des Bergeronnettes
patrimoineRue des Bigarreaux
patrimoineRue des Bouvreuils
patrimoineRue des Carpes
patrimoineRue des Cèpes
patrimoineRue des Chardonnerets
patrimoineRue des Cigognes
patrimoineRue des Civelles
patrimoineRue des Deux Ruelles
patrimoineRue des Ebénistes
patrimoineRue des Forgerons
patrimoineRue des Hérons
patrimoineRue des Hirondelles
natureRue des Iris
patrimoineRue des Loriots
patrimoineRue des Martinets
patrimoineRue des Merisiers
patrimoineRue des Merles
patrimoineRue des Mésanges
patrimoineRue des Potiers
patrimoineRue des Prés
patrimoineRue des Prises
patrimoineRue des Roitelets
patrimoineRue des Sables
patrimoineRue des Sarcelles
patrimoineRue des Sarments
patrimoineRue des Sommeliers
patrimoineRue des Tanneurs
patrimoineRue des Tapissiers
patrimoineRue des Tisserands
patrimoineRue des Tonneliers
patrimoineRue des Tournesols
patrimoineRue des Tourterelles
patrimoineRue des Truites
patrimoineRue des Ursulines
patrimoineRue des Vendanges
patrimoineRue des Vergnées
patrimoineRue des Vignes
natureRue des Violettes
patrimoineRue du 11 Novembre 1918
patrimoineRue du Cabernet
patrimoineRue du Colombard
patrimoineRue du Frontignan
patrimoineRue du Gamay
patrimoineRue du Maine Mondain
patrimoineRue du Merlot
patrimoineRue du Mimosa
patrimoineRue du Moulin
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue du Portail
patrimoineRue du Saint-Emilion
patrimoineRue Émile Zola
patrimoineÉmile Zola (1840-1902) naît à Paris un jour d'avril 1840, fils d'un ingénieur italien venu construire le canal qui alimente encore Aix-en-Provence en eau potable. Son père meurt quand Émile a sept ans, laissant la famille dans une gêne dont elle ne se relèvera jamais tout à fait. Enfance provençale à Aix, amitié fondatrice avec un camarade de classe nommé Paul Cézanne — les deux gamins passent leurs journées à courir la Sainte-Victoire, à écrire des vers et à peindre. Puis retour à Paris, où le jeune Zola échoue deux fois au baccalauréat et se retrouve, à vingt ans, à décharger des livres à la librairie Hachette pour survivre. C'est d'abord par le journalisme qu'il perce. Il écrit dans une vingtaine de titres, défend Manet et les impressionnistes quand tout Paris s'en moque, se fait connaître pour ses articles cinglants. Ses premiers romans passent inaperçus. Puis vient l'idée qui va changer sa vie et la littérature française : suivre une famille, les Rougon-Macquart, sur cinq générations, à travers vingt volumes, pour peindre « l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire ». Le projet est monstrueux. Il y consacrera vingt-trois ans de sa vie. L'Assommoir parut en 1877, Nana en 1880, Germinal en 1885 : Zola devient un phénomène. Pour la première fois dans la littérature française, on entre dans les mines, dans les blanchisseries, dans les cabarets ouvriers, dans les grands magasins naissants. Il s'y prépare comme un enquêteur : il descend au fond des puits, dort dans les corons, prend des notes sur les gestes, les odeurs, les jurons, le prix du pain. Ses détracteurs hurlent au scandale, à la vulgarité, à la pornographie. Ses lecteurs, eux, se comptent par centaines de milliers. Germinal devient, malgré lui, la bible des mineurs en grève — quand il meurt, des délégations ouvrières viendront de tout le nord de la France pour saluer son cercueil aux cris de « Germinal ! Germinal ! ». Le 13 janvier 1898, il publie "J'accuse" en une du journal L'Aurore une lettre ouverte au président de la République, pour dénoncer la condamnation du capitaine Dreyfus. Le titre, trouvé par Clemenceau, tient en deux mots qui vont traverser les siècles : J'accuse…! Zola nomme les responsables un à un, les accuse de faux, de complot, d'antisémitisme d'État. Il sait ce qu'il risque : le procès en diffamation, la ruine, l'exil. Il le fait quand même. Condamné à un an de prison, il s'enfuit en Angleterre, y vit onze mois d'un exil misérable et solitaire dans des pensions de famille. Il rentre en France en 1899. L'affaire Dreyfus finira par lui donner raison — le capitaine sera réhabilité en 1906, quatre ans après la mort de Zola. Le 29 septembre 1902, il est retrouvé mort chez lui, rue de Bruxelles à Paris, asphyxié par les émanations d'une cheminée bouchée. Sa femme, à ses côtés, survit de justesse. Accident ? Officiellement, oui. Mais dès les premières heures, la rumeur d'un assassinat court : un couvreur antidreyfusard aurait, disait-on, obstrué le conduit pendant des travaux, en pleine nuit. Trente-et-un ans plus tard, en 1953, un vieil ouvrier confessera sur son lit de mort avoir participé au crime. Vérité, affabulation ? On ne le saura jamais tout à fait. Ses obsèques rassemblent une foule immense au Panthéon — Anatole France y prononce un discours resté célèbre : « Il fut un moment de la conscience humaine. » En 1908, ses cendres sont transférées au Panthéon, sous les huées de la droite antidreyfusarde et un coup de revolver tiré sur Alfred Dreyfus en personne, présent à la cérémonie. Zola repose désormais face à Victor Hugo, celui qu'enfant il vénérait plus que tout. La boucle est bouclée — celle d'un homme qui, plus qu'aucun autre, aura mis sa plume au service de ceux qui n'en avaient pas.
Rue Gauguin
patrimoineRue Jacques de Roux
patrimoineRue Jean Bart
patrimoineRue Jean Moulin
histoireIssu d'une famille républicaine et laïque (son père, professeur, était un fervent dreyfusard), Jean Moulin (1899-1943) grandit dans le culte de la République et le goût du dessin, qu'il pratiquera toute sa vie sous le pseudonyme de Romanin. Caricaturiste talentueux, il expose, publie dans des journaux satiriques, fréquente les artistes de Montparnasse. Rien ne semblait le destiner à devenir une icône. Haut fonctionnaire brillant, il gravit les échelons à vitesse fulgurante et devient, à 38 ans, préfet d'Eure-et-Loir, devenant ainsi le plus jeune préfet de France. En 1939. Il n'imagine pas encore que sa fonction va faire de lui, en quelques mois, un héros. Chartres, juin 1940. Alors que la Wehrmacht déferle, les Allemands veulent lui faire signer un document accusant des tirailleurs sénégalais de crimes qu'ils n'ont pas commis. Il refuse. On le frappe, on l'enferme dans une pièce avec le cadavre d'une femme, on le menace. La nuit venue, seul, il tente de se trancher la gorge avec un tesson de verre pour ne pas céder sous la torture. Il survit — mais portera désormais une cicatrice qu'il cachera sous une écharpe. Cette écharpe deviendra, avec le feutre et le regard sombre, son image éternelle. Révoqué par le régime de Vichy en novembre 1940, il gagne Londres via l'Espagne et le Portugal. Le général De Gaulle lui confie une mission d'une audace folle : unifier les mouvements de résistance intérieure, jusqu'alors dispersés, rivaux, cloisonnés. Parachuté en Provence dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, sous le nom de « Rex », il sillonne la France clandestinement, convainc, arbitre, fédère. Le 27 mai 1943, à Paris, rue du Four, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance — moment fondateur où communistes, socialistes, syndicalistes, chrétiens et gaullistes se retrouvent enfin sous une même bannière. Trois semaines après cette réunion historique, le 21 juin 1943, il tombe dans un guet-apens à Caluire-et-Cuire, près de Lyon. Arrêté par "le boucher de Lyon" Klaus Barbie, il est torturé pendant des jours dans les locaux de la Gestapo, avenue Berthelot. Il ne parlera pas. Un mot, un seul, aurait suffi à décapiter la Résistance : il l'emporte avec lui. Il meurt dans le train qui l'emmène vers l'Allemagne, quelque part près de Metz, le 8 juillet 1943. Il avait 44 ans. Le 19 décembre 1964, ses cendres sont transférées au Panthéon. Sous la pluie battante, André Malraux prononce l'un des plus beaux discours de la langue française : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » La voix se brise. Toute une génération pleure. Un visage — écharpe, feutre, regard — devient à jamais celui de la France qui a dit non.
Rue Jean Racine
patrimoineRue Léonard de Vinci
patrimoineRue Louvois
patrimoineRue Maisonneuve
patrimoineRue Mazarin
patrimoineRue Plantagenêt
patrimoineRue Richelieu
patrimoineRue Saint-Antoine
patrimoineRue Sainte-Philomène
patrimoineRue Sully
patrimoineRue Traversière
patrimoineRue Vauban
patrimoineSquare Toulouse Lautrec
patrimoine