Rues de Calais
1189 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée de la Plage
natureLongtemps, la plage ne fut pas ce lieu de plaisir que nous connaissons : on y travaillait, on y guettait les pirates, on y salait le poisson, et se baigner passait pour une folie. Il a fallu attendre la fin du XVIIIᵉ siècle et les médecins anglais, prescrivant les bienfaits des « bains de mer », pour que Deauville, Biarritz ou Trouville deviennent les rendez-vous de la bourgeoisie balnéaire. Puis les congés payés de 1936 pour que la plage devienne enfin un bien commun. Deux fois par jour, la mer la refait — efface les traces, redessine le sable, laisse des trésors sur la laisse de haute mer. On y bâtit des châteaux qui ne dureront pas jusqu'au soir, on y écrit des prénoms qu'une vague viendra effacer. Aujourd'hui, l'érosion et la montée des océans grignotent chaque année ce ruban fragile — l'un des paysages les plus mobiles de la Terre. Raison de plus, peut-être, pour y aller souvent. Il en reste toujours quelque chose : un peu de sable dans les poches, une lumière blanche gardée quelque part au fond de l'œil.
Allée des Acacias
natureEn botanique, Acacia désigne un vaste genre de plus de 1 300 espèces, principalement australiennes, dont les rameaux odorants fleurissent en pompons dorés à la fin de l'hiver. Or ces arbres-là, en France, tout le monde les appelle… mimosas. Et l'arbre que nous nommons couramment « acacia » — ce grand arbre à écorce fissurée, à épines vives et à grappes blanches parfumées qui borde tant de routes de campagne — n'appartient en réalité pas au genre Acacia. C'est un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), originaire des Appalaches en Amérique du Nord. À l'origine de cette valse d'identités : un homme. Jean Robin (1550-1629), botaniste du roi Henri IV, reçut en 1601 des graines envoyées d'Amérique par son ami anglais John Tradescant. Il les planta dans son jardin parisien, place Dauphine. Le premier arbre a disparu, mais deux rejets replantés par son fils Vespasien sont encore vivants aujourd'hui : l'un au square René-Viviani face à Notre-Dame — c'est le plus vieil arbre de Paris, il a même survécu à l'incendie de 2019 —, l'autre au Jardin des Plantes. Linné, en 1753, dédia à Jean Robin le nom du genre Robinia, en gardant le souvenir de la confusion dans l'épithète pseudoacacia, littéralement « faux acacia ». Le robinier a très vite conquis les campagnes françaises. Ses grappes blanches sont très mellifères — le fameux miel d'acacia, cristal et léger, en est issu (l'appellation, bien qu'incorrecte botaniquement, est tolérée par l'usage). Ses fleurs se dégustent en beignets ou en sirop. Son bois, l'un des plus durables d'Europe, résiste à l'humidité et aux insectes, ce qui en fait un matériau de choix pour les piquets de clôture, les terrasses et les tuteurs de vigne. Attention en revanche : l'arbre est toxique dans presque toutes ses parties sauf les fleurs, et il est aujourd'hui considéré comme une espèce invasive en France, capable de coloniser les sols à une vitesse impressionnante grâce à ses racines drageonnantes. Reste que dans le langage courant, l'acacia gardera longtemps le nom du vrai — même s'il n'en est pas un. C'est peut-être ainsi que naissent, entre les langues et les livres de botanique, les plus jolies erreurs.
Allée des Alouettes
patrimoineAllée des Arums
patrimoineAllée des Cosmos
patrimoineAllée des Fauvettes
patrimoineAllée des Jonquilles
patrimoineAllée des Lilas
natureTrois semaines par an, à peine, et tout un jardin bascule. Le lilas fleurit en avril-mai, projetant vers le ciel ses grappes coniques de fleurs mauves, blanches ou violettes, dont le parfum sucré et poudré remonte le long des murs, franchit les haies, entre par les fenêtres ouvertes du printemps. Puis, un matin, tout est fini : les fleurs brunissent, tombent, le silence olfactif revient jusqu'à l'an prochain. Cette brièveté fait toute la magie du lilas — arbuste modeste onze mois par an, roi absolu pendant trois semaines. Originaire des Balkans et du Proche-Orient, le lilas commun (Syringa vulgaris) arriva en Europe occidentale au XVIᵉ siècle, rapporté de Constantinople par l'ambassadeur des Habsbourg. Il conquit d'abord les jardins royaux et princiers, avant de gagner peu à peu toutes les cours de ferme et tous les enclos de curé. Son nom vient du persan lilak, qui signifie « bleuâtre ». Il en existe aujourd'hui plus de mille variétés cultivées, aux fleurs blanches, mauves, roses, pourpres ou même presque bleues. Le bois du lilas est très dur — les Anglais l'appelaient d'ailleurs pipe tree, l'arbre à pipes, parce qu'on y taillait volontiers des tuyaux de fumeur, mais aussi des flûtes et des sifflets. Son nom scientifique Syringa vient du grec syrinx (la flûte de Pan), en référence à ces mêmes usages musicaux dans l'Antiquité. La mythologie raconte que la nymphe Syringa, poursuivie par le dieu Pan, fut métamorphosée en roseau — puis, selon les versions, en lilas — pour lui échapper. Depuis, la flûte du dieu joue à jamais son chagrin. Dans le langage des fleurs, le lilas mauve dit les premiers émois du cœur, le lilas blanc l'innocence retrouvée. En Russie, on offre traditionnellement une branche de lilas à un jeune couple pour porter bonheur. Et en France, un vieux dicton populaire prévient : « Quand le lilas fleurit, l'hiver est fini pour de bon » — un signal aussi fiable, dit-on, que le retour des hirondelles. Un mois plus tard, tout est retombé. Mais un jardin qui a connu le lilas garde en mémoire, quelque part, cette semaine de mai où l'air lui-même semblait sucré.
Allée des Mésanges
patrimoineAllée des Orchidées
patrimoineAllée des Pétunias
patrimoineAllée des Platanes
patrimoineAllée des Tilleuls
natureOn le reconnaît à ses larges feuilles en forme de cœur et à sa fleur jaune pâle qui embaume les soirs de juin d'un parfum sucré, entêtant — ce parfum qui fait partie du grand album olfactif de l'enfance française. Depuis le Moyen Âge, on plante un tilleul au centre des villages : sous ses branches, on tient conseil, on rend la justice, on marie les fiancés, on danse aux fêtes patronales. En 1792, la jeune République en fit son « arbre de la Liberté » et lança une plantation nationale — beaucoup des vieux tilleuls de nos places datent d'ailleurs de cette époque. Rien ne se perd dans un tilleul : ses fleurs séchées font la fameuse tisane qui apaise le sommeil, son miel blond et parfumé est l'un des plus recherchés d'Europe, et son bois tendre a servi aux plus grands sculpteurs allemands du XVᵉ siècle. Il pousse lentement mais peut vivre cinq siècles, atteindre trente mètres, résister à la pollution comme aux tailles sévères. Il aura vu passer les diligences, les premières automobiles, les trottinettes électriques, sans jamais changer de place — patient géant qui veille sur les places de France.
Autoroute des Anglais
patrimoineAvenue Antoine de Saint-Exupéry
patrimoineAvenue Antoine Nicolas Magret
patrimoineAvenue de Calais
patrimoineAvenue de France
patrimoineAvenue du Commandant Cousteau
patrimoineAvenue du Président Wilson
patrimoineAvenue François Mareschal
patrimoineAvenue Georges Guynemer
patrimoineAvenue Henri Matisse
culture« Un fauteuil pour l'esprit fatigué »Rien ne destinait Henri Matisse (1869-1954), fils d'un marchand de grains du Nord, à devenir l'un des plus grands peintres du XXᵉ siècle. Étudiant en droit à Paris, employé chez un avoué à Saint-Quentin, Henri Matisse menait une vie modeste et sans éclat quand, à vingt ans, une crise d'appendicite le cloua au lit pour de longues semaines. Sa mère lui offrit une boîte de peinture pour l'occuper. Ce fut une révélation. « Le moment où j'ai eu cette boîte de couleurs dans les mains, j'ai senti que là était ma vie. » Il abandonna le droit, monta à Paris étudier la peinture, et n'arrêta plus jamais.Ses débuts furent obscurs et pauvres. Il copiait des maîtres au Louvre pour survivre, épousa Amélie Parayre en 1898, eut trois enfants, exposa dans l'indifférence. Puis vint le scandale fondateur : au Salon d'automne de 1905, il présente avec Derain, Vlaminck et quelques autres des toiles aux couleurs pures, violentes, non naturalistes. Un critique, effaré, les traite de « fauves ». Le nom est resté : le fauvisme venait de naître, premier mouvement d'avant-garde du siècle. En quelques années, Matisse devient le rival déclaré de Picasso à Paris — les deux hommes se surveillent, s'admirent, se moquent, s'influencent secrètement. « Nous devons parler l'un à l'autre autant que nous le pouvons », disait Picasso. « Quand l'un de nous mourra, il y a des choses que l'autre ne pourra plus dire à personne. »À partir des années 1910, Matisse voyage — Maroc, Russie, Tahiti — et cherche partout la même chose : la couleur pure, la ligne dansante, la joie. En 1908, il avait formulé son idéal dans une phrase célèbre : « Ce que je rêve, c'est un art d'équilibre, de pureté, de tranquillité… un lambrissement qui repose de la fatigue, un fauteuil pour l'esprit fatigué. » Cette exigence de sérénité, à contre-courant des angoisses du siècle, lui vaudra parfois d'être jugé décoratif — reproche qu'il portera comme une décoration.Installé à Nice à partir de 1917, il peint ses grandes odalisques baignées de lumière méditerranéenne, puis se réinvente à chaque décennie : lithographies, sculptures, illustrations pour Mallarmé et Joyce. En 1941, un cancer du duodénum le laisse alité pour la vie — mais loin d'abandonner, il invente une nouvelle technique : les gouaches découpées. Depuis son lit, ciseaux à la main, il « dessine dans la couleur » de vastes compositions collées, éclatantes, joyeuses. La Tristesse du roi, La Piscine, Nu bleu — les chefs-d'œuvre de sa dernière période sont ceux d'un homme couché qui, à quatre-vingts ans, réinvente son art.Sa dernière grande œuvre est la chapelle du Rosaire de Vence (1948-1951), qu'il conçoit intégralement — vitraux, fresques, mobilier, chasubles — comme un cadeau à la religieuse dominicaine qui l'avait soigné pendant sa maladie. Il mourut à Nice en 1954, à quatre-vingt-quatre ans. Picasso, apprenant la nouvelle, se serait tu longuement, puis aurait murmuré : « Il n'y a plus que moi maintenant. »
Avenue Henri Ravisse
patrimoineAvenue Louis Blériot
patrimoineAvenue Mérite Maritime
patrimoineAvenue Pierre de Coubertin
patrimoineAvenue Raymond Poincaré
patrimoineAvenue Roger Salengro
patrimoineAvenue Winston Churchill
patrimoineBassin Ouest
patrimoineBelvédère
patrimoineBoulevard Curie
patrimoineBoulevard de la Côte d'Opale
patrimoineBoulevard de la Résistance
histoireLa Résistance française (1940-1944) commence par presque rien. Une poignée de tracts distribués à la sauvette, un journal ronéotypé au fond d'une cave, un mot griffonné sur un mur à la craie. Au lendemain de l'armistice du 22 juin 1940, la France est écrasée, coupée en deux, humiliée. Pétain règne à Vichy, la Wehrmacht défile à Paris. Résister paraît alors dérisoire, presque absurde. Ils seront pourtant quelques milliers, puis quelques dizaines de milliers, à choisir cette absurdité. Deux résistances coexistèrent initialement, habitées par une même flamme. Il y a d'abord celle de Londres : le 18 juin 1940, un général inconnu appelle à la BBC à ne pas déposer les armes. Autour de De Gaulle se rassemble la France Libre — militaires évadés, marins-pêcheurs bretons, tirailleurs africains, Compagnons de la Libération. Ils se battront à Bir-Hakeim, à Koufra, en Italie, jusque dans les rues de Paris avec la 2e DB de Leclerc. Et puis il y a celle de l'intérieur, plus obscure et plus périlleuse. Des mouvements naissent dans l'improvisation totale : Combat, Libération, Franc-Tireur en zone sud ; Défense de la France, Ceux de la Résistance, l'Organisation civile et militaire au nord ; les Francs-tireurs et partisans communistes après juin 1941. Des chrétiens, des socialistes, des militaires de carrière, des instituteurs, des ouvriers, des paysans, des étudiants, des juifs traqués : tous ne se parlent pas, souvent se méfient, parfois se détestent — mais tous refusent. L'unification fut l'œuvre patiente et dangereuse de Jean Moulin, envoyé par le Général De Gaulle. Le 27 mai 1943, rue du Four à Paris, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance, qui rassemble enfin tous les mouvements, syndicats et partis. Programme commun, autorité unique. Trois semaines plus tard, Moulin tombe à Caluire. Il ne parlera pas. Résister, c'est fabriquer de faux papiers, cacher des enfants juifs dans des fermes du Vercors ou du plateau du Chambon, faire passer des aviateurs alliés par les Pyrénées. C'est saboter une voie ferrée à trois heures du matin, imprimer un journal clandestin — Défense de la France tirera jusqu'à 450 000 exemplaires —, écouter Radio Londres l'oreille collée au poste, décrypter les « messages personnels » : « Les sanglots longs des violons de l'automne… » C'est aussi, souvent, mourir. Torturé par la Gestapo, fusillé au Mont-Valérien, déporté à Ravensbrück ou Buchenwald. À partir de 1943, quand Vichy instaure le Service du travail obligatoire, des dizaines de milliers de jeunes fuient dans les montagnes pour échapper au départ en Allemagne. Les Glières, le Vercors, le Mont-Mouchet, les Cévennes, le Limousin : les maquis se peuplent. Certains combats seront tragiques — le Vercors, en juillet 1944, verra 840 morts sous les assauts de la Wehrmacht. Longtemps invisibles dans le récit, les femmes étaient partout. Agentes de liaison à vélo, porteuses de valises, cheffes de réseaux — Marie-Madeleine Fourcade dirigeait le réseau Alliance et ses 3 000 agents. Lucie Aubrac, Berty Albrecht, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz : elles seront des dizaines de milliers. Beaucoup finiront à Ravensbrück. Août 1944. Quand Paris se soulève le 19 août, quand les cloches de Notre-Dame sonnent à la volée le 25, quand De Gaulle descend les Champs-Élysées le 26, la France retrouve sa fierté. Une grande partie de ce moment, elle le doit à ceux qui, quatre ans plus tôt, n'étaient rien — sinon des femmes et des hommes qui avaient dit non. Le programme du CNR, adopté en mars 1944, dessinera la France d'après-guerre : Sécurité sociale, nationalisations, droit de vote des femmes, presse indépendante. Aujourd'hui, seize Compagnons de la Libération reposent au Panthéon ou aux Invalides, et les rues, écoles et places qui portent leurs noms rappellent qu'un pays n'est jamais tout à fait perdu tant qu'il reste quelques-uns pour dire non.
Boulevard de l'Égalité
patrimoineBoulevard de l'Europe
patrimoineBoulevard des Alliés
patrimoineBoulevard des Justes
patrimoineBoulevard du 8 Mai
patrimoineBoulevard du Général de Gaulle
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Boulevard Einstein
patrimoineBoulevard Georges Clemenceau
patrimoineBoulevard Jacquard
patrimoineBoulevard Lafayette
patrimoineBoulevard Léon Gambetta
histoireFils d'un épicier génois installé à Cahors, Léon Gambetta (1838-1882) n'a rien d'un enfant de la bourgeoisie parisienne. Il monte à Paris étudier le droit, perd un œil dans un accident d'enfance, mais compense ce handicap par une voix de tonnerre et un art oratoire qui va sidérer son époque. Avocat, il se fait connaître en 1868 par une plaidoirie fulgurante contre le Second Empire — un réquisitoire devenu célèbre où il énumère, un à un, les crimes du régime. Le jeune homme du Sud-Ouest est désormais un nom. Le 4 septembre 1870. La France vient d'être écrasée à Sedan, l'empereur est prisonnier des Prussiens. À l'Hôtel de Ville de Paris, Gambetta — 32 ans — proclame la République depuis un balcon, devant une foule en délire. Ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de Défense nationale rapidement encerclé dans Paris assiégé, il prend une décision spectaculaire : le 7 octobre, il s'échappe en ballon au-dessus des lignes prussiennes pour rejoindre la province et y lever de nouvelles armées. L'image est restée : un ministre en montgolfière, écharpe au vent, allant sauver la patrie. Depuis Tours puis Bordeaux, il improvise en quelques semaines des armées entières, mobilise, réquisitionne, harangue. Rien n'y fait : la France est vaincue, l'Alsace-Moselle perdue. Gambetta démissionne, refusant de cautionner le traité. Ce qu'il fait ensuite est peut-être plus important encore. Dans une Assemblée majoritairement monarchiste, il consacre dix ans à convaincre, séduire, rallier — patiemment, ville après ville, discours après discours. Sa formule reste célèbre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi. » Il forge le vocabulaire, les rituels, la mystique d'une République qui doit s'ancrer dans les cœurs. Il popularise la Marseillaise, le 14 juillet, l'école laïque à venir. Sans lui, il n'est pas sûr que la République se serait installée durablement en France. Nommé enfin président du Conseil en novembre 1881, son gouvernement — le « Grand Ministère » que tout le monde attendait — tombe au bout de dix semaines. Le 27 novembre 1882, dans sa maison des Jardies à Ville-d'Avray, un coup de revolver part accidentellement, lui traversant la main. La blessure paraît bénigne mais il meurt le 31 décembre, à 44 ans, d'une appendicite mal soignée aggravée par sa convalescence. La rumeur d'un suicide, ou d'un drame passionnel avec sa compagne Léonie Léon, courra longtemps. Des funérailles nationales grandioses ont lieu le 6 janvier 1883 : un demi-million de Parisiens suivent le cortège. En 1920, pour le cinquantenaire de la République, son cœur — et son cœur seul — est transféré au Panthéon dans une urne. Le reste de son corps repose à Nice, auprès de son père. Étrange destin posthume pour celui qui, plus que tout autre, avait mis le sien au service de la République.
Boulevard Pasteur
sciencesLouis Pasteur (1822-1895) révèla dès l'enfance un vrai talent pour le dessin - son mentor au collège d'Arbois le surnomme « mon petit Michel-Ange » et il réalisera une quarantaine de portraits au pastel avant de se tourner vers la science. En 1863, il sera d'ailleurs nommé à la chaire de géologie, physique et chimie appliquées aux beaux-arts de l'École des Beaux-Arts de Paris. En 1865, Napoléon III lui demande de combattre les maladies qui ruinent les exportations de vin (acétification, pousse, graisse, amer). Pasteur met au point un chauffage à 60 °C pendant 20 à 30 minutes : la pasteurisation est née, faisant de Pasteur le sauveur du vin français. Le procédé sera ensuite appliqué à la bière, puis au lait. Marqué par la défaite de 1870 face aux Allemands, alors maîtres incontestés de la bière, il s'attelle à créer une bière française meilleure que la leur — un travail qui aboutira à la pasteurisation des bouteilles à 65 °C. Pourtant la célébrité de Pasteur vient du 6 juillet 1885, lorsqu'il inocula au jeune Joseph Meister, mordu 14 fois par un chien enragé, le premier vaccin antirabique de l'histoire ! L'enfant survécut et put vivre jusqu'à l'âge de 64 ans. Pasteur s'inspirait des travaux d'Edward Jenner sur la variole : il est donc le père du vaccin, mais non de la vaccination. Il fondit l'Institut Pasteur en 1888 et décéda à Marne-la-Coquette en 1895 et recevoir des funérailles nationales à Notre-Dame de Paris.
Boulevard Victor Hugo
histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1885) naquit à Besançon le 7 ventôse de l'an X — soit le 26 février 1802 dans le calendrier révolutionnaire encore en usage. Poète, romancier, dramaturge, mais aussi (moins connu) dessinateur de génie — il laissa près de quatre mille dessins d'une audace visionnaire admirée par Delacroix —, il fut le père incontesté du romantisme français depuis la fameuse bataille d'Hernani (25 février 1830), soirée fondatrice où jeunes romantiques et académiques en vinrent presque aux mains au Théâtre-Français. Son œuvre est monumentale : Notre-Dame de Paris (1831), Ruy Blas, Les Misérables (1862, son sommet mondial), L'Homme qui rit, Quatre-vingt-treize, sans oublier les sublimes poèmes des Contemplations et des Châtiments, et l'immense fresque de La Légende des siècles. Sa carrière politique ne fut pas moindre. Nommé pair de France en 1845, il fut élu député de Paris en 1848, prit position contre la peine de mort — le combat de toute sa vie — et défendit ardemment la République. Le coup d'État du 2 décembre 1851 fomenté par Louis-Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon III) le contraignit à un exil de dix-neuf ans, d'abord en Belgique, puis dans les îles anglo-normandes de Jersey puis Guernesey, où il écrivit ses plus grandes œuvres. Quand Napoléon III lui offrit l'amnistie en 1859, il refusa avec ces mots devenus proverbes : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai. » Il tint parole et ne rentra que le 5 septembre 1870, deux jours après la chute de l'Empire, acclamé à la gare du Nord par une foule immense. Sa vie fut aussi celle des grands deuils : la mort noyée de sa fille Léopoldine en 1843, à dix-neuf ans, dans la Seine à Villequier — deuil fondateur qui inspirera le déchirant « Demain, dès l'aube… » — et la double vie sentimentale entre son épouse Adèle Foucher et sa muse Juliette Drouet, avec qui il vécut une passion secrète de cinquante ans. Il mourut d'une pneumonie à Paris le 22 mai 1885, à quatre-vingt-trois ans. Deux millions de personnes défilèrent devant sa dépouille sur les Champs-Élysées avant qu'il ne soit conduit au Panthéon, dans un simple corbillard de pauvre qu'il avait demandé par testament. Le Panthéon avait été rendu au culte laïque exprès pour l'accueillir. Il fut ainsi non seulement l'homme d'un siècle, mais le siècle en un homme.
Calais 5 Inférieur
patrimoineCalais 5 Supérieur
patrimoineCalais 6 Inférieur
patrimoineCalais 6 Supérieur
patrimoineCalais7 Inférieur
patrimoineCalais 7 Supérieur
patrimoineCalais 8 Inférieur
patrimoineCalais 8 Supérieur
patrimoineCalais, Poste 10
patrimoineCalais, Poste 11
patrimoineCalais, Poste 12
patrimoineCalais, Poste T1
patrimoineCalais, Poste T2
patrimoineCalais, Poste T3
patrimoineCalais, Poste T4
patrimoineChemin ASN
patrimoineChemin Castre
patrimoineChemin de Bergnieulles
patrimoineChemin de la Française
patrimoineChemin de l'Équarissage
patrimoineChemin des Basses Communes
patrimoineChemin des Douaniers
patrimoineChemin des Dunes
patrimoineChemin des Régniers
patrimoineChemin du Grand Voyeu
patrimoineChemin du Pont Trouille
patrimoineChemin du Vivier
patrimoineChemin le Grand Duc
patrimoineChemin Parmentier
patrimoineChemins ASN GPS interne
patrimoineChemin Vert
patrimoineCité Cattoire
patrimoineCour Brebion
patrimoineDigue Gaston Berthe
patrimoineDigue TAAF
patrimoineEsplanade des Sauveteurs en Mer
patrimoineEsplanade Jacques Vendroux
patrimoineFrench Motorail - Calais
patrimoineGiratoire Andrée Michaël Lwoff
patrimoineGiratoire Braille
patrimoineGiratoire de la Base Sous-Marine
patrimoineGiratoire de la Médaille Militaire
patrimoineGiratoire de l'Europe
patrimoineGiratoire de l'Hôpital
patrimoineGiratoire Douaumont
patrimoineGiratoire du Chantier du Siècle
patrimoineGiratoire François Jacob
patrimoineGiratoire Jean Dausset
patrimoineGiratoire Lumière
patrimoineGiratoire Niepce
patrimoineGiratoire Poyé
patrimoineGrande Rue du Petit Courgain
patrimoineGrande-Rue du Petit Courgain
patrimoineImpasse Amédro
patrimoineImpasse Champailler
patrimoineImpasse de Bolivie
patrimoineImpasse de la Minoterie
patrimoineImpasse Delbart
patrimoineImpasse de l'Enclos
patrimoineImpasse des Prairies
natureImpasse des Quatre Coins
patrimoineImpasse des Salines
patrimoineImpasse Druelle
patrimoineImpasse du Beau Marais
patrimoineImpasse du Docteur Antoine Depage
patrimoineImpasse du Phare de Walde
patrimoineImpasse Francis Blanche
patrimoineImpasse Frédéric Mistral
patrimoineImpasse Gérard Debreu
patrimoineImpasse Jules Vallès
patrimoineImpasse Le Monnier
patrimoineImpasse Paul Beun
patrimoineImpasse Paul Véronèse
patrimoineImpasse Pille
patrimoineImpasse Pion
patrimoineImpasse Suffren
patrimoineImpasse Vincent
patrimoineJetée Est
patrimoineJetée Ouest
patrimoineKFC Drive
patrimoineLane/Ligne 280
patrimoineL'Européenne
patrimoineLigne/Lane 10
patrimoineLigne/Lane 100
patrimoineLigne/Lane 1001
patrimoineLigne/Lane 1002
patrimoineLigne/Lane 1003
patrimoineLigne/Lane 1004
patrimoineLigne/Lane 1005
patrimoineLigne/Lane 1006
patrimoineLigne/Lane 1007
patrimoineLigne/Lane 1008
patrimoineLigne/Lane 1009
patrimoineLigne/Lane 101
patrimoineLigne/Lane 1010
patrimoineLigne/Lane 1011
patrimoineLigne/Lane 1012
patrimoineLigne/Lane 1013
patrimoineLigne/Lane 1014
patrimoineLigne/Lane 1015
patrimoineLigne/Lane 1016
patrimoineLigne/Lane 1017
patrimoineLigne/Lane 1018
patrimoineLigne/Lane 1019
patrimoineLigne/Lane 102
patrimoineLigne/Lane 1020
patrimoineLigne/Lane 1021
patrimoineLigne/Lane 1022
patrimoineLigne/Lane 1023
patrimoineLigne/Lane 1024
patrimoineLigne/Lane 1025
patrimoineLigne/Lane 1026
patrimoineLigne/Lane 1027
patrimoineLigne/Lane 1028
patrimoineLigne/Lane 1029
patrimoineLigne/Lane 103
patrimoineLigne/Lane 1030
patrimoineLigne/Lane 1031
patrimoineLigne/Lane 1032
patrimoineLigne/Lane 104
patrimoineLigne/Lane 105
patrimoineLigne/Lane 106
patrimoineLigne/Lane 107
patrimoineLigne/Lane 108
patrimoineLigne/Lane 109
patrimoineLigne/Lane 11
patrimoineLigne/Lane 110
patrimoineLigne/Lane 1101
patrimoineLigne/Lane 1102
patrimoineLigne/Lane 1103
patrimoineLigne/Lane 1104
patrimoineLigne/Lane 1105
patrimoineLigne/Lane 1106
patrimoineLigne/Lane 1107
patrimoineLigne/Lane 1108
patrimoineLigne/Lane 1109
patrimoineLigne/Lane 111
patrimoineLigne/Lane 1110
patrimoineLigne/Lane 1111
patrimoineLigne/Lane 1112
patrimoineLigne/Lane 1113
patrimoineLigne/Lane 1114
patrimoineLigne/Lane 1115
patrimoineLigne/Lane 1116
patrimoineLigne/Lane 1117
patrimoineLigne/Lane 1118
patrimoineLigne/Lane 1119
patrimoineLigne/Lane 112
patrimoineLigne/Lane 1120
patrimoineLigne/Lane 1121
patrimoineLigne/Lane 1122
patrimoineLigne/Lane 1123
patrimoineLigne/Lane 1124
patrimoineLigne/Lane 1125
patrimoineLigne/Lane 1126
patrimoineLigne/Lane 1127
patrimoineLigne/Lane 1128
patrimoineLigne/Lane 1129
patrimoineLigne/Lane 113
patrimoineLigne/Lane 1130
patrimoineLigne/Lane 1131
patrimoineLigne/Lane 1132
patrimoineLigne/Lane 1133
patrimoineLigne/Lane 1134
patrimoineLigne/Lane 1135
patrimoineLigne/Lane 1136
patrimoineLigne/Lane 1137
patrimoineLigne/Lane 1138
patrimoineLigne/Lane 1139
patrimoineLigne/Lane 114
patrimoineLigne/Lane 1140
patrimoineLigne/Lane 1141
patrimoineLigne/Lane 1142
patrimoineLigne/Lane 115
patrimoineLigne/Lane 116
patrimoineLigne/Lane 117
patrimoineLigne/Lane 118
patrimoineLigne/Lane 119
patrimoineLigne/Lane 12
patrimoineLigne/Lane 120
patrimoineLigne/Lane 1201
patrimoineLigne/Lane 1202
patrimoineLigne/Lane 1203
patrimoineLigne/Lane 1204
patrimoineLigne/Lane 1205
patrimoineLigne/Lane 1206
patrimoineLigne/Lane 1207
patrimoineLigne/Lane 1208
patrimoineLigne/Lane 1209
patrimoineLigne/Lane 121
patrimoineLigne/Lane 1210
patrimoineLigne/Lane 1211
patrimoineLigne/Lane 1212
patrimoineLigne/Lane 1213
patrimoineLigne/Lane 1214
patrimoineLigne/Lane 1215
patrimoineLigne/Lane 1216
patrimoineLigne/Lane 1217
patrimoineLigne/Lane 1218
patrimoineLigne/Lane 1219
patrimoineLigne/Lane 122
patrimoineLigne/Lane 1220
patrimoineLigne/Lane 1221
patrimoineLigne/Lane 1222
patrimoineLigne/Lane 1223
patrimoineLigne/Lane 1224
patrimoineLigne/Lane 1225
patrimoineLigne/Lane 1226
patrimoineLigne/Lane 1227
patrimoineLigne/Lane 1228
patrimoineLigne/Lane 1229
patrimoineLigne/Lane 123
patrimoineLigne/Lane 1230
patrimoineLigne/Lane 1231
patrimoineLigne/Lane 1232
patrimoineLigne/Lane 1233
patrimoineLigne/Lane 1234
patrimoineLigne/Lane 1235
patrimoineLigne/Lane 1236
patrimoineLigne/Lane 1237
patrimoineLigne/Lane 1238
patrimoineLigne/Lane 1239
patrimoineLigne/Lane 124
patrimoineLigne/Lane 1240
patrimoineLigne/Lane 1241
patrimoineLigne/Lane 1242
patrimoineLigne/Lane 125
patrimoineLigne/Lane 126
patrimoineLigne/Lane 127
patrimoineLigne/Lane 128
patrimoineLigne/Lane 129
patrimoineLigne/Lane 13
patrimoineLigne/Lane 130
patrimoineLigne/Lane 131
patrimoineLigne/Lane 132
patrimoineLigne/Lane 133
patrimoineLigne/Lane 134
patrimoineLigne/Lane 135
patrimoineLigne/Lane 136
patrimoineLigne/Lane 137
patrimoineLigne/Lane 138
patrimoineLigne/Lane 139
patrimoineLigne/Lane 14
patrimoineLigne/Lane 140
patrimoineLigne/Lane 141
patrimoineLigne/Lane 142
patrimoineLigne/Lane 143
patrimoineLigne/Lane 144
patrimoineLigne/Lane 145
patrimoineLigne/Lane 146
patrimoineLigne/Lane 147
patrimoineLigne/Lane 148
patrimoineLigne/Lane 149
patrimoineLigne/Lane 15
patrimoineLigne/Lane 150
patrimoineLigne/Lane 151
patrimoineLigne/Lane 152
patrimoineLigne/Lane 153
patrimoineLigne/Lane 154
patrimoineLigne/Lane 155
patrimoineLigne/Lane 156
patrimoineLigne/Lane 157
patrimoineLigne/Lane 158
patrimoineLigne/Lane 159
patrimoineLigne/Lane 16
patrimoineLigne/Lane 160
patrimoineLigne/Lane 161
patrimoineLigne/Lane 162
patrimoineLigne/Lane 163
patrimoineLigne/Lane 164
patrimoineLigne/Lane 165
patrimoineLigne/Lane 166
patrimoineLigne/Lane 167
patrimoineLigne/Lane 168
patrimoineLigne/Lane 169
patrimoineLigne/Lane 17
patrimoineLigne/Lane 170
patrimoineLigne/Lane 171
patrimoineLigne/Lane 18
patrimoineLigne/Lane 19
patrimoineLigne/Lane 20
patrimoineLigne/Lane 200
patrimoineLigne/Lane 201
patrimoineLigne/Lane 202
patrimoineLigne/Lane 203
patrimoineLigne/Lane 204
patrimoineLigne/Lane 205
patrimoineLigne/Lane 206
patrimoineLigne/Lane 207
patrimoineLigne/Lane 208
patrimoineLigne/Lane 209
patrimoineLigne/Lane 21
patrimoineLigne/Lane 210
patrimoineLigne/Lane 211
patrimoineLigne/Lane 212
patrimoineLigne/Lane 213
patrimoineLigne/Lane 214
patrimoineLigne/Lane 215
patrimoineLigne/Lane 216
patrimoineLigne/Lane 217
patrimoineLigne/Lane 218
patrimoineLigne/Lane 219
patrimoineLigne/Lane 22
patrimoineLigne/Lane 220
patrimoineLigne/Lane 221
patrimoineLigne/Lane 222
patrimoineLigne/Lane 223
patrimoineLigne/Lane 224
patrimoineLigne/Lane 225
patrimoineLigne/Lane 226
patrimoineLigne/Lane 227
patrimoineLigne/Lane 228
patrimoineLigne/Lane 229
patrimoineLigne/Lane 23
patrimoineLigne/Lane 230
patrimoineLigne/Lane 231
patrimoineLigne/Lane 232
patrimoineLigne/Lane 233
patrimoineLigne/Lane 25
patrimoineLigne/Lane 250
patrimoineLigne/Lane 251
patrimoineLigne/Lane 252
patrimoineLigne/Lane 253
patrimoineLigne/Lane 254
patrimoineLigne/Lane 255
patrimoineLigne/Lane 256
patrimoineLigne/Lane 257
patrimoineLigne/Lane 258
patrimoineLigne/Lane 259
patrimoineLigne/Lane 26
patrimoineLigne/Lane 260
patrimoineLigne/Lane 261
patrimoineLigne/Lane 262
patrimoineLigne/Lane 263
patrimoineLigne/Lane 264
patrimoineLigne/Lane 265
patrimoineLigne/Lane 27
patrimoineLigne/Lane 270
patrimoineLigne/Lane 271
patrimoineLigne/Lane 272
patrimoineLigne/Lane 28
patrimoineLigne/Lane 281
patrimoineLigne/Lane 282
patrimoineLigne/Lane 283
patrimoineLigne/Lane 284
patrimoineLigne/Lane 29
patrimoineLigne/Lane 30
patrimoineLigne/Lane 31
patrimoineLigne/Lane 32
patrimoineLigne/Lane 33
patrimoineLigne/Lane 34
patrimoineLigne/Lane 340
patrimoineLigne/Lane 341
patrimoineLigne/Lane 342
patrimoineLigne/Lane 343
patrimoineLigne/Lane 344
patrimoineLigne/Lane 345
patrimoineLigne/Lane 346
patrimoineLigne/Lane 347
patrimoineLigne/Lane 35
patrimoineLigne/Lane 352
patrimoineLigne/Lane 353
patrimoineLigne/Lane 354
patrimoineLigne/Lane 355
patrimoineLigne/Lane 36
patrimoineLigne/Lane 360
patrimoineLigne/Lane 361
patrimoineLigne/Lane 362
patrimoineLigne/Lane 363
patrimoineLigne/Lane 364
patrimoineLigne/Lane 365
patrimoineLigne/Lane 366
patrimoineLigne-Lane 367
patrimoineLigne/Lane 368
patrimoineLIgne/Lane 369
patrimoineLigne/Lane 37
patrimoineLigne/Lane 370
patrimoineLigne/Lane 371
patrimoineLigne/Lane 372
patrimoineLigne/Lane 373
patrimoineLigne/Lane 38
patrimoineLigne/Lane 900
patrimoineLigne/Lane 901
patrimoineLigne/Lane 902
patrimoineLigne/Lane 903
patrimoineLigne/Lane 904
patrimoineLigne/Lane 905
patrimoineLigne/Lane 906
patrimoineLigne/Lane 907
patrimoineLigne/Lane 908
patrimoineLigne/Lane 909
patrimoineLigne/Lane 910
patrimoineLigne/Lane 911
patrimoineLigne/Lane 912
patrimoineLigne/Lane 913
patrimoineLigne/Lane 914
patrimoineLigne/Lane 915
patrimoineLigne/Lane 916
patrimoineLigne/Lane 917
patrimoineMail Adrienne Bolland
patrimoineMail James Clark
patrimoinePassage Tom Souville
patrimoinePasserelle des Fontinettes
patrimoinePasserelle Mollien
patrimoinePlace Albert 1er
patrimoinePlace Colbert
patrimoinePlace Coluche
patrimoinePlace Condé
patrimoinePlace Crèvecœur
patrimoinePlace d'Alsace
patrimoinePlace d'Angleterre
patrimoinePlace d'Armes
patrimoinePlace de la Nation
patrimoinePlace de la République
patrimoinePlace de l'Europe
patrimoinePlace de Lorraine
patrimoinePlace de Norvège
patrimoinePlace de Rheims
patrimoinePlace des Fusillés
patrimoinePlace de Suède
patrimoinePlace du Danemark
patrimoinePlace du Maréchal Foch
histoireNé à Tarbes dans une famille pyrénéenne catholique et fervente, le jeune Ferdinand Foch (1851-1929) hésite un temps entre la prêtrise et l'uniforme — son frère aîné, lui, deviendra jésuite. Ce sera finalement l'artillerie. Élève à Polytechnique, il en sort officier et se distingue vite par une intelligence militaire hors du commun, alimentée par une culture philosophique rare chez les gradés de son temps. Il lit Bergson, cite Aristote, réfléchit à la nature de la volonté et du choc. Devenu professeur à l'École de guerre, il forge une doctrine restée célèbre : « Ma droite est enfoncée, mon centre cède, impossible de manœuvrer, situation excellente, j'attaque. » La Marne, septembre 1914. À la tête de la IXe armée dans les marais de Saint-Gond, il tient bon face à l'offensive allemande dans des conditions désespérées. Ce sera l'une des batailles décisives du miracle de la Marne, qui sauve Paris. Foch entre dans la légende. Les années suivantes seront plus douloureuses — l'Artois, la Somme, des offensives sanglantes qui coûtent des centaines de milliers d'hommes pour quelques kilomètres. Il connaît aussi les traversées du désert, écarté un temps du commandement. Mars 1918 : les Allemands lancent leur ultime offensive et menacent de séparer les Français des Britanniques. Dans une réunion dramatique à Doullens, les Alliés se résolvent enfin à ce qu'ils avaient refusé pendant quatre ans : un commandement unique. Foch est nommé chef suprême des armées alliées sur le front occidental. Américains, Britanniques, Belges, Italiens, Français : tous sous ses ordres. Il a 66 ans, et devant lui l'armée allemande la plus puissante de l'histoire. En quelques mois, il retourne la situation. Le 18 juillet, il déclenche la contre-offensive de Villers-Cotterêts avec les premiers chars massés en profondeur. C'est le début de la fin. De juillet à novembre, les armées alliées ne cessent d'avancer. Le 11 novembre 1918, à 5h15 du matin, dans son wagon-restaurant en forêt de Compiègne à Rethondes, il reçoit la délégation allemande et fait signer l'armistice. À 11 heures, les clairons sonnent le cessez-le-feu sur tout le front. Une gloire universelle. Maréchal de France, maréchal de Grande-Bretagne, maréchal de Pologne — un cas unique dans l'histoire. Membre de l'Académie française, honoré dans toutes les capitales alliées. Il aura pourtant un regret amer : les conditions du traité de Versailles, qu'il juge trop douces. Sa phrase, prononcée en 1919, deviendra tragiquement prophétique : « Ce n'est pas une paix, c'est un armistice de vingt ans. » Il mourra dix ans jour pour jour avant qu'elle ne se vérifie. Il s'éteint le 20 mars 1929, à Paris. Funérailles nationales sous une pluie glaciale, cortège immense derrière l'affût de canon. On l'inhume aux Invalides, dans un tombeau monumental à quelques pas de Napoléon et de Turenne. La statue équestre qui le représente près du Trocadéro le montre en cavalier impassible, regardant vers l'Est — comme s'il continuait, pour l'éternité, à surveiller la frontière.
Place du Maréchal Joffre
patrimoinePlace du Minck
patrimoinePlace du Soldat Inconnu
patrimoinePlace Émile Salembier
patrimoinePlace Georges Maréchal
patrimoinePlace Léon Vincent
patrimoinePlaine de la Calendrerie
patrimoinePont Curie
patrimoinePont d'Asfeld
patrimoinePont de Douaumont
patrimoinePont des Pierrettes
patrimoinePont de Vic
patrimoinePont Faidherbe
patrimoinePont Freycinet
patrimoinePont Gambetta
histoireFils d'un épicier génois installé à Cahors, Léon Gambetta (1838-1882) n'a rien d'un enfant de la bourgeoisie parisienne. Il monte à Paris étudier le droit, perd un œil dans un accident d'enfance, mais compense ce handicap par une voix de tonnerre et un art oratoire qui va sidérer son époque. Avocat, il se fait connaître en 1868 par une plaidoirie fulgurante contre le Second Empire — un réquisitoire devenu célèbre où il énumère, un à un, les crimes du régime. Le jeune homme du Sud-Ouest est désormais un nom. Le 4 septembre 1870. La France vient d'être écrasée à Sedan, l'empereur est prisonnier des Prussiens. À l'Hôtel de Ville de Paris, Gambetta — 32 ans — proclame la République depuis un balcon, devant une foule en délire. Ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de Défense nationale rapidement encerclé dans Paris assiégé, il prend une décision spectaculaire : le 7 octobre, il s'échappe en ballon au-dessus des lignes prussiennes pour rejoindre la province et y lever de nouvelles armées. L'image est restée : un ministre en montgolfière, écharpe au vent, allant sauver la patrie. Depuis Tours puis Bordeaux, il improvise en quelques semaines des armées entières, mobilise, réquisitionne, harangue. Rien n'y fait : la France est vaincue, l'Alsace-Moselle perdue. Gambetta démissionne, refusant de cautionner le traité. Ce qu'il fait ensuite est peut-être plus important encore. Dans une Assemblée majoritairement monarchiste, il consacre dix ans à convaincre, séduire, rallier — patiemment, ville après ville, discours après discours. Sa formule reste célèbre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi. » Il forge le vocabulaire, les rituels, la mystique d'une République qui doit s'ancrer dans les cœurs. Il popularise la Marseillaise, le 14 juillet, l'école laïque à venir. Sans lui, il n'est pas sûr que la République se serait installée durablement en France. Nommé enfin président du Conseil en novembre 1881, son gouvernement — le « Grand Ministère » que tout le monde attendait — tombe au bout de dix semaines. Le 27 novembre 1882, dans sa maison des Jardies à Ville-d'Avray, un coup de revolver part accidentellement, lui traversant la main. La blessure paraît bénigne mais il meurt le 31 décembre, à 44 ans, d'une appendicite mal soignée aggravée par sa convalescence. La rumeur d'un suicide, ou d'un drame passionnel avec sa compagne Léonie Léon, courra longtemps. Des funérailles nationales grandioses ont lieu le 6 janvier 1883 : un demi-million de Parisiens suivent le cortège. En 1920, pour le cinquantenaire de la République, son cœur — et son cœur seul — est transféré au Panthéon dans une urne. Le reste de son corps repose à Nice, auprès de son père. Étrange destin posthume pour celui qui, plus que tout autre, avait mis le sien au service de la République.
Pont George V
patrimoinePont Henri Hénon
patrimoinePont Jacquard
patrimoinePont Jourdan
patrimoinePont Lebeurre
patrimoinePont Mollien
patrimoinePont Saint-Pierre
patrimoinePont Vétillart
patrimoineQuai Auguste Delpierre
patrimoineQuai Cablier Est
patrimoineQuai Catinat
patrimoineQuai Crespin
patrimoineQuai d'Amérique
patrimoineQuai d'Angoulême
patrimoineQuai de la Colonne
patrimoineQuai de la Gendarmerie
patrimoineQuai de la Gironde
patrimoineQuai de la Loire
patrimoineQuai de la Marée
patrimoineQuai de la Meuse
patrimoineQuai de la Moselle
patrimoineQuai de la Tamise
patrimoineQuai de la Vistule
patrimoineQuai de la Volga
patrimoineQuai de l'Escaut
patrimoineQuai de l'Yser
patrimoineQuai du Commerce
patrimoineQuai du Danube
patrimoineQuai du Lieutenant Andrieux
patrimoineQuai du Rhin
patrimoineQuai du Rhône
patrimoineQuai Edmond Pagniez
patrimoineQuai Fournier
patrimoineQuai Gustave Lamarle
patrimoineQuai Jean-Jacques Pollet
patrimoineQuai Lamarle
patrimoineQuai Lucien Lheureux
patrimoineQuai Paul Devot
patrimoineRampe des Fontinettes
patrimoineRampe du Four à Chaux
patrimoineRésidence Saint-Pierre
patrimoineRocade Est
patrimoineRond-Point de la Nouvelle France
patrimoineRond-Point des Droits de l'Homme
patrimoineRond-Point de Tombouctou
patrimoineRond-Point du Fort Nieulay
patrimoineRond-Point du Risban
patrimoineRond-Point Thomas Jefferson
patrimoineRoute Asn
patrimoineRoute ASN
patrimoineRoute de Coulogne
patrimoineRoute de Fréthun
patrimoineRoute de Gravelines
patrimoineRoute de Saint-Omer
patrimoineRoute Nexans
patrimoineRoute Quai de Service
patrimoineRoute/Road to O3
patrimoineRue Adolphe Pegoud
patrimoineRue Aimé-Jules Dalou
patrimoineRue Albert Camus
patrimoineRue Albert Durer
patrimoineRue Albert-Ernest Carrier-Belleuse
patrimoineRue Albert Guilmet
patrimoineRue Alexandre Dumas
patrimoineRue Alexandre Lambert
patrimoineRue Alfred Delcluze
patrimoineRue Alfred de Musset
patrimoineRue Alfred de Vigny
patrimoineRue Alfred Dreyfus
patrimoineRue Alfred Legros
patrimoineRue Alfred Véron
patrimoineRue Alice Marie
patrimoineRue Alphonse Daudet
patrimoineRue Alphonse Huyghes
patrimoineRue Ampère
patrimoineRue Amundsen
patrimoineRue Anatole France
cultureFils de libraire parisien, Jacques Anatole François Thibault (1844-1924) commença par écrire de la poésie avant de se tourner vers la prose. Sous le pseudonyme d'Anatole France, hommage à son père, il devint bibliothécaire au Sénat en 1876 et rédigea la chronique littéraire du prestigieux journal Le Temps de 1886 à 1893, forgeant peu à peu sa réputation d'humaniste sceptique et lettré. Il obtint la notoriété en 1881 avec Le Crime de Sylvestre Bonnard, l'histoire d'un vieil érudit selon lequel « savoir n'est rien, imaginer est tout », et qui n'hésite pas à enlever une petite fille pour la protéger d'un tuteur abusif. Grand admirateur — et amant fidèle vingt-cinq années durant — de Léontine Arman de Caillavet, hôtesse d'un des salons les plus influents de Paris qui fut sa muse et sa correctrice, il donna dans les années 1890 sa fresque en quatre volumes de l'Histoire contemporaine (1897-1901), tableau ironique et féroce de la société de son temps. Politiquement, l'affaire Dreyfus le radicalisa : il fut l'un des premiers signataires du Manifeste des intellectuels en 1898, aux côtés de son ami Émile Zola, et alla jusqu'à rendre sa Légion d'honneur en signe de protestation. Sa satire féroce de la classe politique, L'Île des Pingouins (1908), acheva de le placer à gauche. Compagnon de route de Jaurès, il salua en 1919 la Révolution russe et soutint le jeune Parti communiste français. Sa gloire fut immense : couronné du prix Nobel de littérature en 1921, il reçut à sa mort en 1924 des funérailles nationales. Mais dès le lendemain, les jeunes surréalistes — Breton, Aragon, Éluard — publiaient contre lui un pamphlet vengeur intitulé « Un cadavre », marquant le début d'un long purgatoire littéraire dont il ne se relèvera jamais. Son ironie mordante reste pourtant étonnamment actuelle : « On croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels. »
Rue André Chénier
patrimoineRue André Depecker
patrimoineRue André Derain
patrimoineRue André Gerschel
patrimoineRue André Gide
patrimoineRue André Malraux
patrimoineRue André Trocmé
patrimoineRue Antoine Bénard
patrimoineRue Antoine Bourdelle
cultureFils d'ébéniste de Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, Émile-Antoine Bourdelle (1861-1929) grimpa très jeune l'échelle du talent : après les Beaux-Arts de Toulouse et de Paris, il devint en 1893 l'assistant et l'ami de Rodin, à qui il resta fidèle quinze années durant, travaillant à ses côtés sur Les Bourgeois de Calais et le Balzac. Il se fit connaître à l'Exposition universelle de 1900 avec sa Tête d'Apollon, à la frontalité sévère inspirée de l'art grec archaïque. En 1906, il abandonna son prénom d'Émile pour devenir Antoine Bourdelle, hommage à son père tout juste décédé. Vers 1908, il rompit progressivement avec Rodin pour affirmer un style personnel plus anguleux, plus architectural, plus archaïque, qui fera de lui le grand pont entre le sculpteur romantique du XIXᵉ siècle et les modernes. Son Héraklès archer de 1909, statue tendue comme un arc bandé, entra immédiatement dans l'histoire de l'art. Suivirent les reliefs monumentaux du Théâtre des Champs-Élysées à Paris (1912), le colossal monument équestre au général Alvear à Buenos Aires, et de nombreux monuments aux morts qui témoignent d'un patriotisme sincère — au premier rang desquels celui de sa Montauban natale, l'un des tout premiers de France. Bourdelle mourut en 1929 dans son atelier de Montparnasse, aujourd'hui devenu le musée Bourdelle, l'un des plus beaux musées d'atelier de la capitale. Il forma une génération de sculpteurs — parmi ses élèves : Giacometti, Germaine Richier, Vera Mukhina. Peu de maîtres auront eu si belle postérité.
Rue Antoine Le Francq
patrimoineRue Antoine Leleu
patrimoineRue Antoine-Louis Barye
patrimoineRue Arago
patrimoineRue Archimède
patrimoineRue Aristide Briand
patrimoineRue Aristote
patrimoineRue Auber
patrimoineRue Augereau
patrimoineRue Auguste Blanqui
patrimoineRue Auguste Pécriaux
patrimoineRue Auguste Renoir
patrimoineRue Auguste Rodin
patrimoineRue Augustin Isaac
patrimoineRue Babinet
patrimoineRue Ball Demont
patrimoineRue Bara
patrimoineRue Bayard
patrimoineRue Becquerel
patrimoineRue Beethoven
cultureFils d'un père alcoolique qui le voulait enfant prodige à la manière de Mozart, Ludwig van Beethoven (1770-1827) s'imposa à Vienne dès sa jeunesse comme un pianiste virtuose fulgurant, élève de Haydn, promis à un brillant avenir. Descendant d'une famille flamande — le nom évoque en vieux néerlandais l'idée d'un « jardin de betteraves » — il grandit dans une Europe en pleine ébullition sociale et politique, et s'enthousiasma pour la Révolution française et la naissance de la démocratie, devenant un grand admirateur de Napoléon Bonaparte. Sortant du cadre musical classique de son temps, il fit basculer la musique dans le romantisme, favorisant l'expression des sentiments et des états d'âme sur les codes de forme hérités du XVIIIᵉ siècle. Il alla jusqu'à dédier au Premier Consul français sa Symphonie n°3, l'Héroïque (1803), rêvant de transgresser les codes sociaux d'une noblesse viennoise qui le jugeait talentueux mais toujours par son sang. La proclamation du Premier Empire l'année suivante fut vécue comme une trahison : il déchira rageusement la dédicace. « [Napoléon] n'est rien de plus qu'un homme ordinaire ! Maintenant il va fouler aux pieds tous les droits humains, il n'obéira plus qu'à son ambition, il deviendra un tyran ! » C'est à la même époque que commença sa surdité progressive, apparue vers 1798 et devenue presque totale vers 1818. Le fougueux Beethoven, rongé par le silence et la solitude, écrivit dès 1802 le bouleversant Testament de Heiligenstadt, lettre à ses frères où il envisageait le suicide — puis renonça à mourir *« pour l'art »*. Après avoir mis un terme à sa carrière de pianiste, il continua de composer des œuvres qu'il ne pourrait plus jamais entendre autrement que par son audition intérieure, comme sa monumentale Symphonie n°9, chef-d'œuvre que Richard Wagner qualifiera de « dernière des symphonies » — et dont le mouvement final, l'Ode à la joie, est aujourd'hui l'hymne officiel de l'Union européenne. Ce que Beethoven avait espéré de Napoléon, l'Europe des peuples le lui aura finalement rendu, deux siècles plus tard.
Rue Belloy
patrimoineRue Benoit
patrimoineRue Berthe Morisot
patrimoineRue Berthois
patrimoineRue Blanchard
patrimoineRue Bobino
patrimoineRue Boileau
patrimoineRue Bonnington
patrimoineRue Bossuet
patrimoineRue Caillette
patrimoineRue Cambronne
patrimoineRue Camélinat
patrimoineRue Camille Claudel
patrimoineRue Camille Desmoulins
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue Camille-François Seys
patrimoineRue Casimir Delavigne
natureRue Cavaignac
patrimoineRue Champailler
patrimoineRue Charles Baudelaire
patrimoineRue Charles Darwin
patrimoineRue Charles Demotier
patrimoineRue Charles Gounod
cultureÉlevé dans une famille de mélomanes parisienne — sa mère était pianiste et son père peintre —, Charles Gounod (1818-1893) étudia au Conservatoire de Paris et remporta le prestigieux Prix de Rome en 1839. Le séjour à la Villa Médicis lui révéla la musique italienne et la spiritualité catholique romaine, deux influences durables. Devenu maître de chapelle et organiste en 1843, il suivit des cours de théologie et faillit entrer dans les ordres — mais y renonça peu après l'avènement de la Deuxième République. Sa foi profonde imprégnera néanmoins toute son œuvre. Il connut la gloire avec son cinquième opéra, Faust (1859), pourtant en rupture avec les codes de son époque : là où l'opéra italien célébrait la virtuosité vocale, Gounod privilégiait le lyrisme mélodique et l'expression intime des sentiments. Ce fut le succès mondial. Après trois opéras peu remarqués, la reconnaissance revint avec Roméo et Juliette (1867), autre sommet de son art. Mais son œuvre déborde largement l'opéra : Gounod composa un catalogue considérable de musique sacrée — dont la sublime Messe solennelle de sainte Cécile et deux grands oratorios, Rédemption et Mors et Vita — et surtout la mélodie qu'on entend depuis 150 ans dans tous les mariages, tous les baptêmes et tous les enterrements catholiques du monde : son fameux Ave Maria (sous sa forme définitive en 1859), méditation posée en apesanteur sur le premier prélude en do majeur du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach — union miraculeuse de deux siècles. Détail plus inattendu : Gounod composa aussi une petite pièce humoristique, la Marche funèbre d'une marionnette (1872), qui devint mondialement célèbre lorsqu'Alfred Hitchcock en fit l'indicatif de son émission télévisée Alfred Hitchcock présente. Après un exil à Londres consécutif à la Commune, marqué par une relation orageuse avec la chanteuse Georgina Weldon, Gounod rentra en France et poursuivit sa carrière. Il mourut à Saint-Cloud en 1893, à soixante-quinze ans, alors qu'il composait un Requiem qu'il ne put achever. Son écriture claire et mesurée aura contribué à définir le style français que développeront après lui Bizet et Saint-Saëns. Connaissez-vous ces deux compositeurs ? Cherchez-les, ils ne sont pas loin !
Rue Charles Lindbergh
patrimoineRue Charles Péguy
patrimoineRue Charles Ravisse
patrimoineRue Charost
patrimoineRue Chateaubriand
patrimoineRue Chevreul
patrimoineRue Claude Bernard
patrimoineRue Claude Debussy
patrimoineRue Claude Lorrain
patrimoineRue Claude Monet
patrimoineRue Claude Warocquier
patrimoineRue Clément
patrimoineRue Clément Ader
patrimoineRue Clément Marot
patrimoineRue Clin
patrimoineRue Colbert
patrimoineRue Condé
patrimoineRue Condorcet
patrimoineRue Constant Cronie
patrimoineRue Constant Dupont
patrimoineRue Constantin Brancusi
patrimoineRue Copernic
patrimoineRue Corneille
patrimoineRue Costes et Bellonte
patrimoineRue Courtebourne
patrimoineRue Courtenveau
patrimoineRue Crespin
patrimoineRue d'Agadir
patrimoineRue Daguerre
patrimoineRue d'Ajaccio
patrimoineRue d'Alembert
patrimoineRue d'Alençon
patrimoineRue d'Alger
patrimoineRue Dampierre
patrimoineRue d'Amsterdam
patrimoineRue Danton
patrimoineRue d'Argentine
patrimoineRue Darnel
patrimoineRue Darquer Bacquet
patrimoineRue d'Asfeld
patrimoineRue Debacq
patrimoineRue de Bamako
patrimoineRue de Barcelone
patrimoineRue de Berne
patrimoineRue de Bilbao
patrimoineRue de Bitche
patrimoineRue de Bizerte
patrimoineRue de Blida
patrimoineRue de Bogota
patrimoineRue de Bone
patrimoineRue de Bruxelles
patrimoineRue de Buffon
patrimoineRue de Carthage
patrimoineRue de Casablanca
patrimoineRue de Chantilly
patrimoineRue de Colmar
patrimoineRue de Colombie
patrimoineRue de Constantine
patrimoineRue de Couleuvrine
patrimoineRue de Cronstadt
patrimoineRue de Croy
patrimoineRue de Dakar
patrimoineRue d'Edimbourg
patrimoineRue de Djerba
patrimoineRue de Duisbourg
patrimoineRue de Haguenau
patrimoineRue de Hollande
natureRue de Honoré-Gabriel Riquetti de Mirabeau
patrimoineRue de Judée
patrimoineRue de la Batellerie
patrimoineRue de la Commune de Paris
patrimoineRue de la Duchesse de Kingston
patrimoineRue de la Guyane
patrimoineRue de la Harpe
patrimoineRue de la Havane
patrimoineRue de la Mer
patrimoineRue de la Paix
patrimoineRue de la Passerelle
patrimoineRue de la Pomme d'Or
patrimoineRue de la Reconnaissance
patrimoineRue Delaroche
patrimoineRue de la Tannerie
patrimoineRue de la Vendée
patrimoineRue de la Victoire
patrimoineRue de l'Équateur
patrimoineRue de l'Espérance
patrimoineRue de Lille
patrimoineRue de Lima
patrimoineRue de Lisbonne
patrimoineRue de Lodi
patrimoineRue de Lomme
patrimoineRue de Londres
patrimoineRue de l'Uruguay
patrimoineRue de Madrid
patrimoineRue de Malaga
patrimoineRue de Marrakech
patrimoineRue de Maubeuge
patrimoineRue de Mazagran
patrimoineRue de Metz
patrimoineRue de Miraumont
patrimoineRue de Mogador
patrimoineRue Demont-Breton
patrimoineRue de Moscou
patrimoineRue Deneuville
patrimoineRue Denis Papin
patrimoineRue de Normandie
patrimoineRue de Nottingham
patrimoineRue de Panama
patrimoineRue de Phalsbourg
patrimoineRue d'Épinal
patrimoineRue de Puebla
patrimoineRue de Québec
patrimoineRue de Rabat
patrimoineRue de Riga
patrimoineRue de Rome
patrimoineRue Desaix
patrimoineRue des Antilles
patrimoineRue des Carrières
patrimoineRue Descartes
patrimoineRue des Communes
patrimoineRue des États-Unis
patrimoineRue des Fleurs
patrimoineRue des Fontinettes
patrimoineRue des Frères Beraet
patrimoineRue des Frères Wright
patrimoineRue des Garennes
patrimoineRue des Goélands
patrimoineRue des Huttes
patrimoineRue des Maréchaux
patrimoineRue des Mouettes
patrimoineRue des Oliviers
patrimoineRue de Souchez
patrimoineRue des Oyats
patrimoineRue des Poilus
patrimoineRue des Prairies
natureRue des Prêtres
patrimoineRue des Quatre Coins
patrimoineRue des Sablières
patrimoineRue des Salines
patrimoineRue des Soupirants
patrimoineRue des Thermes
patrimoineRue de Strasbourg
patrimoineRue des Verrotières
patrimoineRue de Tanger
patrimoineRue de Thonis
patrimoineRue de Toul
patrimoineRue de Tunis
patrimoineRue de Turenne
patrimoineRue de Valenciennes
patrimoineRue de Valmy
patrimoineRue de Varsovie
patrimoineRue de Verdun
patrimoineRue de Vic
patrimoineRue de Villars
patrimoineRue de Vimy
patrimoineRue Diderot
cultureFils d'un couvreur devenu maître coutelier de Langres, dans la Haute-Marne, Denis Diderot (1713-1784) fut l'un des esprits les plus vastes et les plus audacieux de son siècle. Athée, matérialiste, précurseur de l'évolutionnisme un siècle avant Darwin, hostile aux dogmes religieux comme aux tyrannies politiques, il incarna toutes les hardiesses des Lumières. Sa réputation moderne tient d'abord à son grand œuvre : l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, coécrite avec le mathématicien Jean Le Rond d'Alembert, à laquelle il consacra vingt années de sa vie. Initialement conçue comme une simple traduction de la Cyclopædia de l'Anglais Chambers, elle explosa sous sa plume en une entreprise philosophique et militante d'une ampleur inédite : 17 volumes de texte, 11 volumes de planches, 71 818 articles — véritable arsenal de la raison contre les préjugés, mise à l'Index par le pape et plusieurs fois interdite. Mais Diderot ne fut pas seulement encyclopédiste. Il est aussi l'un des grands prosateurs français : Le Neveu de Rameau (dialogue vertigineux entre un philosophe et un parasite génial, découvert et traduit par Goethe), Jacques le Fataliste (roman précurseur du modernisme), La Religieuse (réquisitoire brûlant contre la vie conventuelle forcée). Il inventa aussi la critique d'art moderne avec ses Salons commentant les expositions du Louvre. Il pensa le théâtre avec le Paradoxe sur le comédien. Et sa correspondance avec sa maîtresse Sophie Volland compte parmi les plus belles pages du XVIIIᵉ siècle. Emprisonné à Vincennes en 1749 pour ses écrits athées — c'est là que Rousseau vint le voir à pied depuis Paris, moment fondateur de leur amitié —, il vécut toute sa vie dans une gêne financière que sa gloire n'atténuait pas. À soixante ans, il vendit sa bibliothèque à Catherine II de Russie, qui lui en laissa l'usage jusqu'à sa mort, et fit le voyage à Saint-Pétersbourg dans l'espoir vain de convaincre l'impératrice d'appliquer les principes des Lumières. Il mourut à Paris en 1784, cinq ans avant la Révolution qu'il avait tant fait pour préparer. Étrangement, il n'entra jamais au Panthéon — malgré plusieurs tentatives récentes. Il repose discrètement dans l'église Saint-Roch, à quelques rues du Louvre — un des rares grands des Lumières que la République n'a jamais consacré. L'héritage d'une vie de travail au service de la raison.
Rue Didier Daurat
patrimoineRue Dieudonné Boufflers
patrimoineRue Dognin
patrimoineRue Dolain
patrimoineRue d'Oran
patrimoineRue d'Orléansville
patrimoineRue d'Ostende
patrimoineRue du 110e Régiment d'Infanterie
patrimoineRue du 11 Novembre
patrimoineRue du 19 Mars 1962
patrimoineRue du 28 Septembre
patrimoineRue du 29 Juillet
patrimoineRue du Beau Marais
patrimoineRue du Bout des Digues
patrimoineRue du Brésil
patrimoineRue du Cabaret Rouge
patrimoineRue du Caire
patrimoineRue du Californie
patrimoineRue du Calvaire
patrimoineRue du Canada
patrimoineRue du Cap de Bonne Espérance
patrimoineRue du Cap Gris Nez
patrimoineRue du Capitaine de Frégate Marcel Bourgine
patrimoineRue du Capitaine Ferber
patrimoineRue du Château d'Eau
patrimoineRue du Cheval Gris
patrimoineRue du Chili
patrimoineRue du Cimetière Nord
patrimoineRue du Colonel Fabien
patrimoineRue du Commandant Bonningue
patrimoineRue du Commandant Charcot
patrimoineRue du Commandant Charles de Lambertye
patrimoineRue du Commandant Jean-Louis Tulasne
patrimoineRue du Commandant Mengin
patrimoineRue du Commandant Mouchotte
patrimoineRue du Docteur Adolphe Devot
patrimoineRue du Docteur Albert Schweitzer
patrimoineRue du Docteur Perrin
patrimoineRue du Docteur Zamenoff
patrimoineRue du Duc de Guise
patrimoineRue du Flot
patrimoineRue du Four à Chaux
patrimoineRue du Gaz
patrimoineRue du Général Chanzy
patrimoineRue du Général Giraud
patrimoineRue du Général Gouraud
patrimoineRue du Général Margueritte
patrimoineRue du Groupe Normandie Niemen
patrimoineRue Duguay Trouin
patrimoineRue Duguesclin
patrimoineRue du Havre
patrimoineRue du Jardin des Plantes
patrimoineRue du Jusant
patrimoineRue du Lac
patrimoineRue du Lieutenant Colonel Jean Dagneaux
patrimoineRue du Lieutenant Eugène Dutarte
patrimoineRue du Lieutenant Henri de Rohan Chabot
patrimoineRue du Lion Rouge
patrimoineRue du Lt Pierre le Gloan
patrimoineRue du Maréchal de Lattre de Tassigny
patrimoineRue du Maréchal Juin
patrimoineRue du Maréchal Kellerman
patrimoineRue du Maréchal Lannes
patrimoineRue du Maréchal Leclerc
histoireLe maréchal Leclerc, de son nom complet Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947) est connu pour son rôle majeur dans la Libération pendant la Seconde Guerre mondiale. Sorti de l’école militaire de Saint-Cyr, il rejoint la France libre du général Charles de Gaulle en 1940 après la défaite française. Il mène ensuite des campagnes en Afrique, notamment la prise de Koufra en 1941, où il fait le célèbre serment de libérer Strasbourg. Leclerc commande ensuite la 2e Division Blindée (2e DB), une grande unité équipée de chars et de véhicules blindés. La 2e DB participa au débarquement de Normandie en 1944 et eut un rôle décisif dans la libération de Paris et de Strasbourg. Les succès associèrent le jeune officier aux engins mécanisés de sa division, ce qui explique le nom d'une série de chars de combat français - les chars Leclerc. Ses faits d'armes lui valurent le titre de Maréchal de France, plus haute distinction militaire française qui n’est pas un grade mais une dignité honorifique. Néanmoins, il fut consacré à titre posthume, en 1952, étant mort dans un accident d’avion en 1947 en Algérie.
Rue du Maréchal Lefebvre
patrimoineRue du Maréchal Lyautey
patrimoineRue du Maréchal Ney
patrimoineRue du Maréchal Soult
patrimoineRue du Mexique
patrimoineRue du Moulin Brûlé
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue du Nord
patrimoineRue du Paradis
patrimoineRue du Paraguay
patrimoineRue du Pasteur Martin Luther King
patrimoineRue du Pérou
patrimoineRue du Petit Courgain
patrimoineRue Dupetit Thouars
patrimoineRue du Pont Lottin
patrimoineRue du Pont Neuf
patrimoineRue du Pont Trouille
patrimoineRue du Quai d'Amérique
patrimoineRue du Quai de la Loire
patrimoineRue du Régiment de la Chaudière
patrimoineRue du Roule
patrimoineRue du Seigneur de Gourdan
patrimoineRue du Sergent-Chef François Morel
patrimoineRue du Sous-Lieutenant Pétain
patrimoineRue du Temple
patrimoineRue Dutertre
patrimoineRue du Texas
patrimoineRue Duval
patrimoineRue du Vauxhall
patrimoineRue du Venezuela
patrimoineRue du Virval
patrimoineRue Edgar Degas
patrimoineRue Edgar Quinet
patrimoineRue Edison
patrimoineRue Edmond Roche
patrimoineRue Edouard Manet
patrimoineRue Édouard Maubert
patrimoineRue Édouard White
patrimoineRue Elsa Triolet
patrimoineRue Emery
patrimoineRue Émile Allain
patrimoineRue Émile Zola
patrimoineÉmile Zola (1840-1902) naît à Paris un jour d'avril 1840, fils d'un ingénieur italien venu construire le canal qui alimente encore Aix-en-Provence en eau potable. Son père meurt quand Émile a sept ans, laissant la famille dans une gêne dont elle ne se relèvera jamais tout à fait. Enfance provençale à Aix, amitié fondatrice avec un camarade de classe nommé Paul Cézanne — les deux gamins passent leurs journées à courir la Sainte-Victoire, à écrire des vers et à peindre. Puis retour à Paris, où le jeune Zola échoue deux fois au baccalauréat et se retrouve, à vingt ans, à décharger des livres à la librairie Hachette pour survivre. C'est d'abord par le journalisme qu'il perce. Il écrit dans une vingtaine de titres, défend Manet et les impressionnistes quand tout Paris s'en moque, se fait connaître pour ses articles cinglants. Ses premiers romans passent inaperçus. Puis vient l'idée qui va changer sa vie et la littérature française : suivre une famille, les Rougon-Macquart, sur cinq générations, à travers vingt volumes, pour peindre « l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire ». Le projet est monstrueux. Il y consacrera vingt-trois ans de sa vie. L'Assommoir parut en 1877, Nana en 1880, Germinal en 1885 : Zola devient un phénomène. Pour la première fois dans la littérature française, on entre dans les mines, dans les blanchisseries, dans les cabarets ouvriers, dans les grands magasins naissants. Il s'y prépare comme un enquêteur : il descend au fond des puits, dort dans les corons, prend des notes sur les gestes, les odeurs, les jurons, le prix du pain. Ses détracteurs hurlent au scandale, à la vulgarité, à la pornographie. Ses lecteurs, eux, se comptent par centaines de milliers. Germinal devient, malgré lui, la bible des mineurs en grève — quand il meurt, des délégations ouvrières viendront de tout le nord de la France pour saluer son cercueil aux cris de « Germinal ! Germinal ! ». Le 13 janvier 1898, il publie "J'accuse" en une du journal L'Aurore une lettre ouverte au président de la République, pour dénoncer la condamnation du capitaine Dreyfus. Le titre, trouvé par Clemenceau, tient en deux mots qui vont traverser les siècles : J'accuse…! Zola nomme les responsables un à un, les accuse de faux, de complot, d'antisémitisme d'État. Il sait ce qu'il risque : le procès en diffamation, la ruine, l'exil. Il le fait quand même. Condamné à un an de prison, il s'enfuit en Angleterre, y vit onze mois d'un exil misérable et solitaire dans des pensions de famille. Il rentre en France en 1899. L'affaire Dreyfus finira par lui donner raison — le capitaine sera réhabilité en 1906, quatre ans après la mort de Zola. Le 29 septembre 1902, il est retrouvé mort chez lui, rue de Bruxelles à Paris, asphyxié par les émanations d'une cheminée bouchée. Sa femme, à ses côtés, survit de justesse. Accident ? Officiellement, oui. Mais dès les premières heures, la rumeur d'un assassinat court : un couvreur antidreyfusard aurait, disait-on, obstrué le conduit pendant des travaux, en pleine nuit. Trente-et-un ans plus tard, en 1953, un vieil ouvrier confessera sur son lit de mort avoir participé au crime. Vérité, affabulation ? On ne le saura jamais tout à fait. Ses obsèques rassemblent une foule immense au Panthéon — Anatole France y prononce un discours resté célèbre : « Il fut un moment de la conscience humaine. » En 1908, ses cendres sont transférées au Panthéon, sous les huées de la droite antidreyfusarde et un coup de revolver tiré sur Alfred Dreyfus en personne, présent à la cérémonie. Zola repose désormais face à Victor Hugo, celui qu'enfant il vénérait plus que tout. La boucle est bouclée — celle d'un homme qui, plus qu'aucun autre, aura mis sa plume au service de ceux qui n'en avaient pas.
Rue Ernest Hemingway
patrimoineRue Ernest Lejeune
patrimoineRue Ernest Turpin
patrimoineRue Eugène Delacroix
patrimoineRue Eugène Rivet
patrimoineRue Eustache de Saint-Pierre
patrimoineRue Félix Cadras
patrimoineRue Ferdinand Buisson
patrimoineRue Fergusson
patrimoineRue Fernand Charbonnier
patrimoineRue Fernand Gouverneur
patrimoineRue Fernand Léger
patrimoineRue Fernand Lenel
patrimoineRue Flora Tristan
patrimoineRue Flouet
patrimoineRue Foissey
patrimoineRue Fontenelle
patrimoineRue Fourcroy
patrimoineRue Française
patrimoineRue Francia
patrimoineRue Francisco Ferrer
patrimoineRue Francis Picabia
patrimoineRue François Couteau
patrimoineRue Françoise Sagan
patrimoineRue François Jacob
patrimoineRue François Mauriac
cultureFils d'une riche famille de la bourgeoisie bordelaise, François Mauriac (1885-1970) fut élevé par sa mère dans la stricte rigueur de la foi catholique, après la mort précoce de son père. Le domaine familial de Malagar, sur les coteaux de Langon — aujourd'hui visitable —, et le collège de Grand-Lebrun à Bordeaux, formèrent le décor et l'atmosphère qui hanteront toute son œuvre : celle d'une bourgeoisie provinciale, catholique, prisonnière de ses secrets et de son argent, saisie par la tentation constante du péché. De ce milieu il tira ses plus grands romans — Le Baiser au lépreux (1922), Genitrix (1923), Le Désert de l'amour, et surtout Thérèse Desqueyroux (1927), portrait implacable d'une empoisonneuse landaise devenue l'un des personnages féminins les plus mystérieux de la littérature française. Puis Le Nœud de vipères (1932), sommet de son œuvre, chronique corrosive d'une famille rongée par la haine et la cupidité. Écrivain profondément catholique, il défendait un droit rare : celui d'écrire des romans chrétiens qui n'aient rien d'édifiant. « Un romancier chrétien est celui qui pose des problèmes chrétiens, non celui qui donne des solutions chrétiennes. » Sa foi le mit souvent en tension avec l'Église officielle, qui lui reprochait de peindre trop cruellement les âmes catholiques. Sous l'Occupation, Mauriac fut résistant : membre du Comité national des écrivains, il publia clandestinement en 1943, sous le pseudonyme de Forez, son Cahier noir aux Éditions de Minuit — l'un des textes fondateurs de la Résistance culturelle. Il reçut en 1952 le Prix Nobel de littérature. Après la guerre, il devint l'un des plus grands éditorialistes français : son Bloc-notes publié au Figaro puis à L'Express forme un monument du journalisme politique. Fervent défenseur du général de Gaulle, il prit aussi position contre la torture en Algérie, croisant le fer avec Camus, Sartre et l'ensemble de sa génération. Il mourut à Paris en 1970 et repose à Vémars, dans le Val-d'Oise. Sur la fin de sa vie, il définissait son propre destin littéraire avec cette ironie mélancolique dont il avait le secret : « Personne ne se sera tenu plus opiniâtrement que moi à l'arrière-garde de la littérature. »
Rue François Vincent Raspail
patrimoineRue Franklin
patrimoineRue Frédéric-Auguste Bartholdi
patrimoineRue Frédéric Passy
patrimoineRue Frédéric Sauvage
patrimoineRue Fulton
patrimoineRue Gaillard
patrimoineRue Galilée
patrimoineRue Gallieni
patrimoineRue Garibaldi
patrimoineRue Gaston Lelong
patrimoineRue Gaston Monmousseau
patrimoineRue Gavet
patrimoineRue Gay Lussac
patrimoineRue Gensse
patrimoineRue George Sand
patrimoineRue Georges Andrique
patrimoineRue Georges Atwood
patrimoineRue Georges Bizet
patrimoineRue Georges Maquer
patrimoineRue Georges Piérru
patrimoineRue Georges Rouault
patrimoineRue Georges Seurat
patrimoineRue Gilbert
patrimoineRue Gilbert Brazy
patrimoineRue Greuze
patrimoineRue Guillaume Apollinaire
patrimoineRue Gustave Courbet
patrimoineRue Gustave Cuvelier
patrimoineRue Gustave Flaubert
patrimoineRue Gutenberg
patrimoineRue Guy de Maupassant
patrimoineRue Guy Môcquet
patrimoineRue Hans Apeness
patrimoineRue Hélène Boucher
patrimoineRue Henri de Baillon
patrimoineRue Henri de Toulouse Lautrec
patrimoineRue Henri Dunant
patrimoineRue Henri Farman
patrimoineRue Henri Guillaumet
patrimoineRue Henri Lefebvre
patrimoineRue Henri Matisse
culture« Un fauteuil pour l'esprit fatigué »Rien ne destinait Henri Matisse (1869-1954), fils d'un marchand de grains du Nord, à devenir l'un des plus grands peintres du XXᵉ siècle. Étudiant en droit à Paris, employé chez un avoué à Saint-Quentin, Henri Matisse menait une vie modeste et sans éclat quand, à vingt ans, une crise d'appendicite le cloua au lit pour de longues semaines. Sa mère lui offrit une boîte de peinture pour l'occuper. Ce fut une révélation. « Le moment où j'ai eu cette boîte de couleurs dans les mains, j'ai senti que là était ma vie. » Il abandonna le droit, monta à Paris étudier la peinture, et n'arrêta plus jamais.Ses débuts furent obscurs et pauvres. Il copiait des maîtres au Louvre pour survivre, épousa Amélie Parayre en 1898, eut trois enfants, exposa dans l'indifférence. Puis vint le scandale fondateur : au Salon d'automne de 1905, il présente avec Derain, Vlaminck et quelques autres des toiles aux couleurs pures, violentes, non naturalistes. Un critique, effaré, les traite de « fauves ». Le nom est resté : le fauvisme venait de naître, premier mouvement d'avant-garde du siècle. En quelques années, Matisse devient le rival déclaré de Picasso à Paris — les deux hommes se surveillent, s'admirent, se moquent, s'influencent secrètement. « Nous devons parler l'un à l'autre autant que nous le pouvons », disait Picasso. « Quand l'un de nous mourra, il y a des choses que l'autre ne pourra plus dire à personne. »À partir des années 1910, Matisse voyage — Maroc, Russie, Tahiti — et cherche partout la même chose : la couleur pure, la ligne dansante, la joie. En 1908, il avait formulé son idéal dans une phrase célèbre : « Ce que je rêve, c'est un art d'équilibre, de pureté, de tranquillité… un lambrissement qui repose de la fatigue, un fauteuil pour l'esprit fatigué. » Cette exigence de sérénité, à contre-courant des angoisses du siècle, lui vaudra parfois d'être jugé décoratif — reproche qu'il portera comme une décoration.Installé à Nice à partir de 1917, il peint ses grandes odalisques baignées de lumière méditerranéenne, puis se réinvente à chaque décennie : lithographies, sculptures, illustrations pour Mallarmé et Joyce. En 1941, un cancer du duodénum le laisse alité pour la vie — mais loin d'abandonner, il invente une nouvelle technique : les gouaches découpées. Depuis son lit, ciseaux à la main, il « dessine dans la couleur » de vastes compositions collées, éclatantes, joyeuses. La Tristesse du roi, La Piscine, Nu bleu — les chefs-d'œuvre de sa dernière période sont ceux d'un homme couché qui, à quatre-vingts ans, réinvente son art.Sa dernière grande œuvre est la chapelle du Rosaire de Vence (1948-1951), qu'il conçoit intégralement — vitraux, fresques, mobilier, chasubles — comme un cadeau à la religieuse dominicaine qui l'avait soigné pendant sa maladie. Il mourut à Nice en 1954, à quatre-vingt-quatre ans. Picasso, apprenant la nouvelle, se serait tu longuement, puis aurait murmuré : « Il n'y a plus que moi maintenant. »
Rue Henri Quéval
patrimoineRue Henri Sainsard
patrimoineRue Henry Lhottelier
patrimoineRue Hermant
patrimoineRue Hippolyte Taine
patrimoineRue Hoche
patrimoineRue Homère
patrimoineRue Honoré de Balzac
patrimoineRue Horace
patrimoineRue Hubert Latham
patrimoineRue Ingres
patrimoineRue Jacques Carré
patrimoineRue Jacques Monod
patrimoineRue Jacques Prévert
patrimoineRue Jacques Zwobada
patrimoineRue Jean Baptiste Clément
patrimoineRue Jean Baptiste Corot
patrimoineRue Jean Baptiste Lamarck
patrimoineRue Jean Bart
patrimoineRue Jean Bodechon
patrimoineRue Jean Catelas
patrimoineRue Jean Chaptal
patrimoineRue Jean Cocteau
patrimoineRue Jean de La Fontaine
patrimoineRue Jean de Vienne
patrimoineRue Jean Dubuffet
patrimoineRue Jean-François et Maurice Delannoy
patrimoineRue Jean-François Millet
patrimoineRue Jean Jacques Deguines
patrimoineRue Jean-Jacques Rousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Rue Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Rue Jean Legrand
patrimoineRue Jean Louis Noël
patrimoineRue Jean-Louis Vital
patrimoineRue Jean Mermoz
patrimoineRue Jean Moulin
histoireIssu d'une famille républicaine et laïque (son père, professeur, était un fervent dreyfusard), Jean Moulin (1899-1943) grandit dans le culte de la République et le goût du dessin, qu'il pratiquera toute sa vie sous le pseudonyme de Romanin. Caricaturiste talentueux, il expose, publie dans des journaux satiriques, fréquente les artistes de Montparnasse. Rien ne semblait le destiner à devenir une icône. Haut fonctionnaire brillant, il gravit les échelons à vitesse fulgurante et devient, à 38 ans, préfet d'Eure-et-Loir, devenant ainsi le plus jeune préfet de France. En 1939. Il n'imagine pas encore que sa fonction va faire de lui, en quelques mois, un héros. Chartres, juin 1940. Alors que la Wehrmacht déferle, les Allemands veulent lui faire signer un document accusant des tirailleurs sénégalais de crimes qu'ils n'ont pas commis. Il refuse. On le frappe, on l'enferme dans une pièce avec le cadavre d'une femme, on le menace. La nuit venue, seul, il tente de se trancher la gorge avec un tesson de verre pour ne pas céder sous la torture. Il survit — mais portera désormais une cicatrice qu'il cachera sous une écharpe. Cette écharpe deviendra, avec le feutre et le regard sombre, son image éternelle. Révoqué par le régime de Vichy en novembre 1940, il gagne Londres via l'Espagne et le Portugal. Le général De Gaulle lui confie une mission d'une audace folle : unifier les mouvements de résistance intérieure, jusqu'alors dispersés, rivaux, cloisonnés. Parachuté en Provence dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, sous le nom de « Rex », il sillonne la France clandestinement, convainc, arbitre, fédère. Le 27 mai 1943, à Paris, rue du Four, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance — moment fondateur où communistes, socialistes, syndicalistes, chrétiens et gaullistes se retrouvent enfin sous une même bannière. Trois semaines après cette réunion historique, le 21 juin 1943, il tombe dans un guet-apens à Caluire-et-Cuire, près de Lyon. Arrêté par "le boucher de Lyon" Klaus Barbie, il est torturé pendant des jours dans les locaux de la Gestapo, avenue Berthelot. Il ne parlera pas. Un mot, un seul, aurait suffi à décapiter la Résistance : il l'emporte avec lui. Il meurt dans le train qui l'emmène vers l'Allemagne, quelque part près de Metz, le 8 juillet 1943. Il avait 44 ans. Le 19 décembre 1964, ses cendres sont transférées au Panthéon. Sous la pluie battante, André Malraux prononce l'un des plus beaux discours de la langue française : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » La voix se brise. Toute une génération pleure. Un visage — écharpe, feutre, regard — devient à jamais celui de la France qui a dit non.
Rue Jeanne d'Arc
patrimoineRue Jeanne Thil
patrimoineRue Jean Noël Dubout
patrimoineRue Jean-Paul Sartre
culturePhilosophe, romancier, dramaturge, essayiste, journaliste politique — Jean-Paul Sartre (1905-1980) fut l'intellectuel le plus influent de la France de l'après-guerre, incarnation même de la figure de « l'intellectuel engagé ». Sa pensée, l'existentialisme, se résume en une formule fulgurante : « L'existence précède l'essence ». Autrement dit, l'être humain ne naît pas avec un but ou une nature définis ; il est d'abord une existence libre, condamnée à se choisir à chaque instant. Ses actes construisent, jour après jour, ce qu'il est — jusqu'à la mort, qui le fige enfin dans une essence. Cette philosophie de la liberté et de la responsabilité éclate dans son grand œuvre philosophique L'Être et le Néant (1943), et se déploie dans ses romans (La Nausée, 1938), ses pièces (Huis clos, Les Mains sales), et sa splendide autobiographie Les Mots (1964). Politiquement, Sartre incarne dès la fin de la guerre une gauche radicalement critique du capitalisme occidental. Longtemps compagnon de route du Parti communiste sans jamais y adhérer, il rompt avec l'URSS après l'écrasement de la révolte hongroise en 1956, puis avec toute forme d'orthodoxie communiste après l'invasion de la Tchécoslovaquie en 1968. Il se rapproche alors des mouvements gauchistes issus de Mai 68, dont il partage un temps le maoïsme. Cette trajectoire l'opposa à son ami de jeunesse Raymond Aron, philosophe libéral et atlantiste — d'où la formule célèbre : « Il vaut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron. » En 1964, il refuse le prix Nobel de littérature, geste inédit dans l'histoire : « Un écrivain doit refuser de se laisser transformer en institution. » Sa vie sentimentale et intellectuelle fut inséparable de celle de Simone de Beauvoir, avec qui il scella en 1929 un pacte de couple libre, sans mariage, mais avec une complicité à vie qui durera cinquante-et-un ans. Ils reposent ensemble au cimetière du Montparnasse.
Rue Jean Pierre Avron
patrimoineRue Jean Quéhen
patrimoineRue Jean Rostand
patrimoineRue Jean Sebastien Bach
patrimoineRue Jehan de Calais
patrimoineRue JM William Turner
patrimoineRue Joan Miro
patrimoineRue Joseph Bernard
patrimoineRue Joseph Rivière
natureRue Juan Gris
patrimoineRue Jubilin
patrimoineRue Jules Ferry
patrimoineRue Jules Martin
patrimoineRue Jules Simon
patrimoineRue Jules Vallès
patrimoineRue Jules Védrines
patrimoineRue Jules Verne
patrimoineRue Julio Gonzalès
patrimoineRue Kléber
patrimoineRue La Bruyère
patrimoineRue Lafitte
patrimoineRue Lalande
natureRue Lamartine
histoireD'abord poète célébré — les Méditations poétiques le rendirent illustre à trente ans —, Alphonse de Lamartine (1790-1869) devint sur le tard un politicien redouté pour son éloquence. Élu député en 1833, il se fit connaître par des discours retentissants sur la question sociale : après la révolte des canuts lyonnais, il dénonça dans un discours resté célèbre « l'horrible volcan sur lequel l'industrie repose » — formule qui frappait les esprits mais agaçait une Chambre bourgeoise que ses envolées mystiques laissaient sceptique. Quand la Monarchie de Juillet s'effondre le 24 février 1848, Lamartine se retrouve, presque malgré lui, à la tête du gouvernement provisoire. Le lendemain, à l'Hôtel de Ville, une foule en armes exige que le drapeau rouge, symbole insurrectionnel, remplace le tricolore. Lamartine s'y oppose dans un discours improvisé qui reste l'un des grands moments d'éloquence du XIXᵉ siècle : « Le drapeau rouge que vous nous rapportez n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93, tandis que le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. » Chef de facto de la jeune République, il fit abolir l'esclavage dans les colonies et la peine de mort en matière politique — deux mesures dont l'écho dépasse largement son court passage au pouvoir. L'euphorie de février tourne court. La fermeture des ateliers nationaux, ces chantiers publics créés pour employer les chômeurs parisiens, déclenche en juin 1848 une insurrection ouvrière — les Journées de Juin — matée dans le sang par le général Cavaignac. Lamartine, débordé par des événements qu'il ne maîtrise plus, perd tout crédit auprès du peuple qui l'avait porté en triomphe quatre mois plus tôt. La chute est vertigineuse. À l'élection présidentielle du 10 décembre 1848, celui qui avait proclamé la République ne recueille que 17 910 voix — 0,23 % —, humilié par Louis-Napoléon Bonaparte (5,4 millions de voix, 74 %). Dans son propre département de Saône-et-Loire, il n'obtient que 1 501 voix contre 27 121 pour Bonaparte. Sa carrière politique s'achève là, aussi vite qu'elle s'était imposée. Il retourne à la littérature et finit sa vie criblé de dettes, vendant sa plume au plus offrant pour survivre — lui qui, quelques décennies plus tôt, écrivait déjà dans L'Isolement son goût pour l'arrachement et la fuite : "Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !"
Rue Lamy
patrimoineRue Latteignant
patrimoineRue Lavoisier
patrimoineRue Leavers
patrimoineRue Le Bihan
patrimoineRue Leblond
patrimoineRue Lecocq
patrimoineRue Lecouffe
patrimoineRue Léo Lagrange
patrimoineRue Léonard de Vinci
patrimoineRue Léon Jacques Lesage
patrimoineRue Léon Jouhaux
patrimoineRue Le Titien
patrimoineRue Levavasseur
patrimoineRue Leveux
patrimoineRue Lieutenant Faguer
patrimoineRue Liévin Delhaye
patrimoineRue Lilienthal
patrimoineRue Lindley
patrimoineRue Linné
patrimoineRue Littré
patrimoineRue Louguet
patrimoineRue Louis Breguet
patrimoineRue Louis David
patrimoineRue Louis Denis
patrimoineRue Louise Leclercq
histoireLe maréchal Leclerc, de son nom complet Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947) est connu pour son rôle majeur dans la Libération pendant la Seconde Guerre mondiale. Sorti de l’école militaire de Saint-Cyr, il rejoint la France libre du général Charles de Gaulle en 1940 après la défaite française. Il mène ensuite des campagnes en Afrique, notamment la prise de Koufra en 1941, où il fait le célèbre serment de libérer Strasbourg. Leclerc commande ensuite la 2e Division Blindée (2e DB), une grande unité équipée de chars et de véhicules blindés. La 2e DB participa au débarquement de Normandie en 1944 et eut un rôle décisif dans la libération de Paris et de Strasbourg. Les succès associèrent le jeune officier aux engins mécanisés de sa division, ce qui explique le nom d'une série de chars de combat français - les chars Leclerc. Ses faits d'armes lui valurent le titre de Maréchal de France, plus haute distinction militaire française qui n’est pas un grade mais une dignité honorifique. Néanmoins, il fut consacré à titre posthume, en 1952, étant mort dans un accident d’avion en 1947 en Algérie.
Rue Louise Michel
patrimoineRue Louis Garneray
patrimoineRue Magenta
patrimoineRue Magistrale
patrimoineRue Magnesia
patrimoineRue Magnésia
patrimoineRue Malherbe
patrimoineRue Malines
patrimoineRue Mallarmé
patrimoineRue Mallet Stevens
patrimoineRue Marc Chagall
patrimoineRue Marceau
patrimoineRue Marcel Dassault
patrimoineRue Marcel Delage
patrimoineRue Marcel Doret
patrimoineRue Marcel Fety
patrimoineRue Marcel Follet
patrimoineRue Marcel Pagnol
patrimoineRue Margolle
patrimoineRue Marguerite Yourcenar
patrimoineRue Marie Laurencin
patrimoineRue Marie Tudor
patrimoineRue Marin La Meslée
patrimoineRue Mariotte
patrimoineRue Marivaux
patrimoineRue Martyn
patrimoineRue Maryse Bastié
patrimoineRue Masséna
patrimoineRue Maurice Jacob
patrimoineRue Maurice Marinot
patrimoineRue Maurice Noguès
patrimoineRue Maurice Utrillo
patrimoineRue Michel Ange
patrimoineRue Michel Bloch
patrimoineRue Michelet
patrimoineRue Mignard
patrimoineRue Molière
patrimoineRue Mollien
patrimoineRue Monseigneur Piedfort
patrimoineRue Montaigne
patrimoineRue Montesquieu
patrimoineRue Montgolfier
patrimoineRue Montréal
patrimoineRue Mortet
patrimoineRue Mouron
patrimoineRue Murillo
patrimoineRue Néhou
patrimoineRue Neuve
patrimoineRue Newton
patrimoineRue Nicolas Poussin
patrimoineRue Notre-Dame
patrimoineRue Nungesser et Coli
patrimoineRue Omer Dewavrin
patrimoineRue Oscar Schindler
patrimoineRue Ossip Zadkine
patrimoineRue Ovide
patrimoineRue Pablo Neruda
patrimoineRue Pablo Picasso
patrimoineRue Pascal
patrimoineRue Paul Bert
patrimoineRue Paul Caron
patrimoineRue Paul Casteur
patrimoineRue Paul Cézanne
patrimoineRue Paul Gauguin
patrimoineRue Paul Langevin
patrimoineRue Pearson
patrimoineRue Pelletier Doisy
patrimoineRue Philéas Réant
patrimoineRue Philippe Hurepel
patrimoineRue Philippine de Hainaut
patrimoineRue Pierre Bee
patrimoineRue Pierre Bonnard
patrimoineRue Pierre Brossolette
patrimoineRue Pierre Clostermann
patrimoineRue Pierre Dac
patrimoineRue Pierre Desproges
patrimoineRue Pierre-François Bauvois
patrimoineRue Pierre Latécoère
patrimoineRue Pierre Mulard
patrimoineRue Pierre Puis
patrimoineRue Pierre Semard
patrimoineRue Pigault Lebrun
patrimoineRue Pindare
patrimoineRue Platon
patrimoineRue Plaute
patrimoineRue Pline
patrimoineRue Racine
patrimoineRue Raffeneau
patrimoineRue Raoul Dufy
patrimoineRue Raphaël
patrimoineRue Raymond Coussin
patrimoineRue Raymond Devos
patrimoineRue Réaumur
patrimoineRue Régnier
patrimoineRue Reine
patrimoineRue Rembrandt
patrimoineRue René Cassin
patrimoineRue Richelieu
patrimoineRue Robert Chaussois
patrimoineRue Robert Delaunay
patrimoineRue Robert Deschamps
patrimoineRue Robert Lassus
patrimoineRue Robespierre
patrimoineRue Roger Bissière
patrimoineRue Roger Chaffée
patrimoineRue Roger Frison Roche
patrimoineRue Roger Martin du Gard
patrimoineRue Roland Garros
patrimoineRue Roland Legall
patrimoineRue Romain Rolland
patrimoineRue Ronsard
patrimoineRue Rouget de l'Isle
patrimoineRue Rouget de Lisle
patrimoineRue Royale
patrimoineRue Rubens
patrimoineRue Sadi Lecointe
patrimoineRue Sainte-Beuve
patrimoineRue Saint-Nicolas
patrimoineRue Salvador Allende
patrimoineRue Sambor
patrimoineRue Santos Dumont
patrimoineRue Stéphenson
patrimoineRue Stopin
patrimoineRue Sully Prudhomme
patrimoineRue Suzanne Valadon
patrimoineRue Théophile Gautier
patrimoineRue Thierry Le Luron
patrimoineRue Thomas Prior
patrimoineRue Tissandier
patrimoineRue Tite-Live
patrimoineRue Tom Souville
patrimoineRue Van Dyck
patrimoineRue Van Grutten
patrimoineRue Vauban
patrimoineRue Verte
patrimoineRue Viala
patrimoineRue Victor Schoelcher
patrimoineRue Victor Vasarely
patrimoineRue Vincent
patrimoineRue Vincent van Gogh
patrimoineRue Virgile
patrimoineRue Virgil Grissom
patrimoineRue Vladimir Komarov
patrimoineRue Vladislav Volkov
patrimoineRue Volta
patrimoineRue Voltaire
histoireIssu de la bourgeoisie parisienne, François-Marie Arouet (1694-1778) fit de brillantes études chez les jésuites de Louis-le-Grand. Son pseudonyme Voltaire est l'anagramme d'Arovet L.J. — « Arouet le Jeune » — à une époque où u et v ne se distinguaient pas encore à l'écrit. Ses vers irrévérencieux contre le Régent lui valurent onze mois de Bastille en 1717, où il écrivit sa première tragédie et se choisit son nouveau nom. Un franc-parler récidiviste l'exila ensuite en Angleterre pendant trois ans, séjour décisif : il en revint transformé, avec une philosophie réformatrice de la justice et de la société inspirée du modèle anglais, et une défense ardente de la liberté d'expression. Rentré en France, il ne cessa dès lors de critiquer la guerre, le dogme chrétien et surtout la monarchie absolue de droit divin. Historiographe du roi en 1745, il entra à l'Académie française l'année suivante — mais ses écrits scandaleux (Zadig, 1747) le forcèrent à l'exil, d'abord chez Frédéric II à Berlin, puis en Suisse. En 1759, il s'installa à Ferney, village frontalier de la Suisse qui portera désormais son nom : il y accueillit toute l'Europe éclairée pendant vingt ans, devenant le « patriarche de Ferney », référence intellectuelle du siècle. La même année, il publia Candide, roman satirique où sa naïveté imaginaire dénonce le fanatisme, la guerre, l'esclavage et l'optimisme métaphysique de Leibniz — le fameux « Il faut cultiver notre jardin » qui clôt le livre. Avec ses pamphlets mordants, il se battit contre les injustices judiciaires : l'affaire Calas (protestant toulousain roué en 1762, réhabilité grâce à lui en 1765), l'affaire Sirven, l'exécution du jeune chevalier de La Barre. À chacun il opposa sa devise, signée à la fin de ses lettres : « Écrasons l'infâme » — l'infâme étant le fanatisme religieux. En 1778, à quatre-vingt-trois ans, il revint triomphalement à Paris après vingt-huit ans d'absence : la Comédie-Française l'acclama debout, la foule l'idolâtra. Il mourut trois mois plus tard. Refusé de sépulture chrétienne, enterré à la sauvette en Champagne, il fut transféré au Panthéon par la Révolution en 1791. Il y repose depuis, face à Rousseau — les deux frères ennemis des Lumières.
Rue Watt
patrimoineRue Watteau
patrimoineRue Webster
patrimoineRue Willaume
patrimoineRue William Sharp
patrimoineRue Yervant Toumaniantz
patrimoineRue Youri Gagarine
patrimoineRue Yvonne Barbier
patrimoineSortie P9 vers O3, BREXIT
patrimoineSortie Poste 10
patrimoineSortie Poste 11-Poste 12
patrimoineSquare des Fontinettes
patrimoine