Rues de Brunstatt-Didenheim
191 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée Jacques-Henry Gros
patrimoineAvenue d'Altkirch
patrimoineAvenue de Bruxelles
patrimoineAvenue de Strasbourg
patrimoineAvenue du Docteur René Laennec
patrimoineBachmattenweg
patrimoineBachrungsweg
patrimoineBergweg
patrimoineBrunstaetterweg
patrimoineChemin de Didenheim
patrimoineChemin de la Hardt
patrimoineChemin de la Rivière
natureChemin de Morschwiller-le-Bas
patrimoineChemin des Cordiers
patrimoineChemin des Écoliers
patrimoineChemin des Écureuils
patrimoineChemin des Gymnastes
patrimoineChemin des Pèlerins
patrimoineChemin dit Goldbacherweg
patrimoineChemin du Kaerlisweg
patrimoineChemin du Klettenberg
patrimoineChemin du Vercors
patrimoineChemin du Winkelweg
patrimoineChemin Rural
patrimoineChemin Rural de Gabenweg
patrimoineCour des Vignerons
natureCour du Tissage
patrimoineEckweg
patrimoineEichelbergweg
patrimoineEscalier Gérard Mergy
patrimoineGoldbacherweg
patrimoineHartgasse
patrimoineIllmattenweg
patrimoineImpasse de l'Orme
patrimoineImpasse des Alouettes
patrimoineImpasse des Lys
patrimoineImpasse du Bouleau
patrimoineImpasse du Chemin de Fer
patrimoineImpasse du Cygne
patrimoineImpasse Firmin Satory
patrimoineKaerlisweg
patrimoineLe Richmond
patrimoineMorschwillerweg
patrimoinePassage de la Fuite
patrimoinePassage Joseph A. Muslin
patrimoinePilgerweg
patrimoinePlace du Capitaine Hayem
patrimoinePlace Monseigneur Charles Brand
patrimoinePont André Erbland
patrimoineRésidence Tassigny
patrimoineRésidence Turenne
patrimoineRond-Point Léon Walter
patrimoineRoute de Dornach
patrimoineRoute de Hochstatt
patrimoineRue 6e Régiment de Tirailleurs Marocains
patrimoineRue Albert Camus
patrimoineRue Ambroise Paré
patrimoineRue Arthur Ashe
patrimoineRue Bellevue
patrimoineRue Besenval
patrimoineRue Camille Seguin
patrimoineRue Chopin
patrimoineRue Clemenceau
patrimoineRue de Berlin
patrimoineRue de Brunstatt
patrimoineRue de Dornach
patrimoineRue de Flaxlanden
natureRue de Folgensbourg
patrimoinerue de France
patrimoineRue de France
patrimoineRue de la Brasserie
patrimoineRue de la Chapelle
patrimoineRue de la Chasse
patrimoineRue de la Colline
patrimoineRue de la Forêt
natureRue de la Laiterie
patrimoineRue de la Libération
histoireLa Libération (1944-1945) ne s'est pas faite en un jour, ni même en un mois. Ce que l'on appelle « la Libération » est en réalité une longue vague qui déferle sur la France **pendant près d'un an**, de juin 1944 à mai 1945, laissant derrière elle un pays exsangue, meurtri, mais debout. 6 juin 1944 : le jour le plus long. À l'aube, 156 000 soldats alliés débarquent sur cinq plages de Normandie — Utah, Omaha, Gold, Juno, Sword. C'est la plus grande opération amphibie de l'histoire. Parmi eux, 177 Français du commando Kieffer touchent le sable de Colleville-Montgomery. Ils sont les seuls Français à débarquer ce jour-là. Sur le sable d'Omaha, les pertes américaines sont effroyables. Le soir venu, la tête de pont tient. Rien n'est joué, tout est possible. Pendant que les Alliés progressent difficilement dans le bocage normand, l'intérieur du pays s'embrase. Les maquis multiplient les sabotages : le plan « Vert » vise les voies ferrées, le plan « Violet » les télécommunications, le plan « Tortue » les routes. Résultat : les divisions blindées allemandes qui montent vers la Normandie mettent trois semaines pour un trajet qui aurait dû durer trois jours. La division SS Das Reich, dans sa remontée furieuse, massacre 99 civils à Tulle et 643 à Oradour-sur-Glane le 10 juin; village figé pour l'éternité dans ses ruines. Sur le plateau du Vercors, 4 000 maquisards proclament la « République libre » et attendent les renforts alliés promis. Ils ne viendront jamais. Le 21 juillet, la Wehrmacht attaque en force, dont des planeurs qui se posent au cœur du massif. 840 maquisards et civils tombent. Ce sera l'une des grandes plaies de la mémoire résistante. Une seconde opération, souvent éclipsée par celle de Normandie, débarque en Provence le 15 août : l'armée B du général de Lattre de Tassigny, forte de 250 000 hommes dont plus de la moitié de tirailleurs algériens, marocains, sénégalais, et de goumiers. Ils remonteront la vallée du Rhône à une vitesse foudroyante, libéreront Toulon, Marseille, Lyon, feront leur jonction avec les troupes venues de Normandie en Bourgogne le 12 septembre. La France est coupée en deux, mais dans le bon sens. L'insurrection éclate à Paris le 19 août. Barricades dans le Quartier latin, drapeaux tricolores aux fenêtres, préfecture de police reprise, combats rue de Rivoli. Le 24 août au soir, un détachement de la 2e DB de Leclerc — le « détachement Dronne », composé pour partie de républicains espagnols rescapés de la guerre civile — entre dans Paris par la porte d'Italie. À 22h22, les cloches de Notre-Dame sonnent à la volée. Le lendemain, le général von Choltitz, gouverneur militaire allemand, signe la capitulation à la gare Montparnasse. Il n'aura pas exécuté l'ordre d'Hitler de brûler Paris. Le 26 août, de Gaulle descend les Champs-Élysées à pied, dans une foule immense, sous les tirs sporadiques de tireurs isolés depuis les toits. Pendant l'automne se poursuivent les libérations. Bordeaux le 28 août, Lyon le 3 septembre, Dijon le 11, Nancy le 15, Strasbourg le 23 novembre — libération symbolique celle-ci, tenue par Leclerc en réponse à un serment prêté trois ans plus tôt en Libye : « Ne déposons les armes que lorsque nos couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. » Certaines poches allemandes tiennent pourtant sur l'Atlantique jusqu'au bout : Saint-Nazaire, La Rochelle, Royan ne se rendront que le 8 mai 1945. L'épuration commence, brutale et parfois expéditive. Des femmes tondues sur les places de village. Des exécutions sommaires. Puis les procès officiels : Pétain condamné à mort et gracié, Laval fusillé. La France retrouve la République, le droit de vote des femmes en avril 1944 (première élection en 1945), la Sécurité sociale à venir. Le pays compte ses morts : 600 000 environ, dont 350 000 civils. Ses villes détruites — Caen, Le Havre, Saint-Malo, Royan — devront être reconstruites pierre par pierre. Aujourd'hui ne reste qu'un mot, avant tout. « Libération » : c'est le nom d'un journal, d'un mouvement de résistance, d'une avenue dans presque toutes les communes de France. C'est aussi un état d'esprit — celui d'un pays qui a su, malgré la défaite, malgré l'occupation, malgré la collaboration, retrouver le chemin de lui-même. Ce chemin-là ne s'oublie pas.
Rue de la Montagne
patrimoineRue de la Nouvelle-Zélande
natureRue de la Patrouille
patrimoineRue de la Première Armée
patrimoineRue de la Reischenau
patrimoineRue de la Suède
patrimoineRue de la Terre Noire
patrimoineRue de la Victoire
patrimoineRue de l'École
patrimoineRue de l'Église
patrimoineRue de l'Érable
patrimoineRue de l'Ill
patrimoineRue de l'Illberg
patrimoineRue de Lisbonne
patrimoineRue de Morschwiller
patrimoineRue de Mulhouse
patrimoineRue de Paris
patrimoineRue de Prague
patrimoineRue de Rome
patrimoineRue des 4 Saisons
patrimoineRue des Abeilles
natureAucun autre insecte n'a autant fasciné les hommes. Depuis au moins 4 500 ans — le plus ancien témoignage connu d'une ruche domestiquée, un bas-relief du temple solaire de Niouserrê, près du Caire, date de 2400 avant notre ère — l'humanité récolte le miel de l'abeille et lui prête des pouvoirs presque sacrés. Un vieux mythe égyptien, conservé sur un papyrus rituel, raconte que le dieu solaire Rê pleura, que ses larmes tombèrent sur le sol, et que chacune d'elles devint une abeille aussitôt mise au travail parmi les fleurs. L'hiéroglyphe de l'abeille (bit) désignait la royauté de Basse-Égypte, et le nom des pharaons était précédé de la formule « Celui qui appartient au jonc et à l'abeille ». Napoléon reprendra cette symbolique impériale des siècles plus tard, en cousant des abeilles d'or sur son manteau du sacre. Sous le vernis mythologique, une petite merveille de biologie. L'abeille appartient à l'ordre des hyménoptères — celui des insectes à quatre ailes membraneuses, qui compte aussi les guêpes et les fourmis. L'abeille européenne, Apis mellifera, doit son nom au latin mel, le miel : elle est dite mellifère, littéralement « qui porte le miel ». Elle forme des colonies pouvant compter jusqu'à 80 000 individus organisées autour d'une reine unique. Ses ouvrières, longues de douze millimètres à peine, arborent sur l'abdomen la fameuse zébrure brun-doré et noir qui la fait parfois confondre avec la guêpe — mais son corps est couvert d'une pilosité dense là où celui de la guêpe reste lisse et brillant, seul critère vraiment fiable pour les distinguer. Ses pattes postérieures portent des corbeilles à pollen, et elle bâtit des alvéoles à l'angle mathématiquement parfait — l'hexagone, forme la plus économe en cire pour la surface qu'elle occupe. Le monde compte environ 20 000 espèces d'abeilles, dont un millier en France — la plupart sauvages, solitaires, et sans miel à offrir. C'est l'espèce Apis mellifera est, à l'échelle mondiale, le pollinisateur agricole le plus précieux : environ trois quarts des cultures vivrières — pommiers, amandiers, cerisiers, colza, tournesol — dépendent en partie du travail des pollinisateurs. Depuis plusieurs décennies pourtant, un phénomène d'effondrement des colonies inquiète chercheurs et apiculteurs : pesticides, acarien Varroa destructor arrivé en Europe dans les années 1980, monocultures, frelon asiatique, dérèglement climatique — les causes s'additionnent plus qu'elles ne se substituent. Il paraît qu'une seule abeille ne produit, dans toute sa vie, qu'un douzième de cuillère à café de miel. Sur le rebord d'une tartine, c'est donc l'œuvre d'une douzaine de vies entières — un été de travail, une part de mythologie égyptienne, et un service écologique planétaire, le tout sans jamais rien réclamer.
Rue des Acacias
natureEn botanique, Acacia désigne un vaste genre de plus de 1 300 espèces, principalement australiennes, dont les rameaux odorants fleurissent en pompons dorés à la fin de l'hiver. Or ces arbres-là, en France, tout le monde les appelle… mimosas. Et l'arbre que nous nommons couramment « acacia » — ce grand arbre à écorce fissurée, à épines vives et à grappes blanches parfumées qui borde tant de routes de campagne — n'appartient en réalité pas au genre Acacia. C'est un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), originaire des Appalaches en Amérique du Nord. À l'origine de cette valse d'identités : un homme. Jean Robin (1550-1629), botaniste du roi Henri IV, reçut en 1601 des graines envoyées d'Amérique par son ami anglais John Tradescant. Il les planta dans son jardin parisien, place Dauphine. Le premier arbre a disparu, mais deux rejets replantés par son fils Vespasien sont encore vivants aujourd'hui : l'un au square René-Viviani face à Notre-Dame — c'est le plus vieil arbre de Paris, il a même survécu à l'incendie de 2019 —, l'autre au Jardin des Plantes. Linné, en 1753, dédia à Jean Robin le nom du genre Robinia, en gardant le souvenir de la confusion dans l'épithète pseudoacacia, littéralement « faux acacia ». Le robinier a très vite conquis les campagnes françaises. Ses grappes blanches sont très mellifères — le fameux miel d'acacia, cristal et léger, en est issu (l'appellation, bien qu'incorrecte botaniquement, est tolérée par l'usage). Ses fleurs se dégustent en beignets ou en sirop. Son bois, l'un des plus durables d'Europe, résiste à l'humidité et aux insectes, ce qui en fait un matériau de choix pour les piquets de clôture, les terrasses et les tuteurs de vigne. Attention en revanche : l'arbre est toxique dans presque toutes ses parties sauf les fleurs, et il est aujourd'hui considéré comme une espèce invasive en France, capable de coloniser les sols à une vitesse impressionnante grâce à ses racines drageonnantes. Reste que dans le langage courant, l'acacia gardera longtemps le nom du vrai — même s'il n'en est pas un. C'est peut-être ainsi que naissent, entre les langues et les livres de botanique, les plus jolies erreurs.
Rue des Alpes
patrimoineRue des Anémones
patrimoineRue des Bleuets
patrimoineRue des Buissons
patrimoineRue des Capucins
patrimoineRue des Carrières
patrimoineRue des Castors
patrimoineRue des Cévennes
patrimoineRue des Chalets
patrimoineRue des Champs
patrimoineRue des Chars
patrimoineRue des Cigognes
patrimoineRue des Clochettes
patrimoineRue des Corneilles
patrimoineRue des Dahlias
patrimoineRue des Écluses
patrimoineRue des Faisans
patrimoineRue des Frères Lumière
patrimoineRue des Grands Champs
patrimoineRue des Grillons
patrimoineRue des Groseilliers
patrimoineRue des Hirondelles
natureRue des Lilas
natureTrois semaines par an, à peine, et tout un jardin bascule. Le lilas fleurit en avril-mai, projetant vers le ciel ses grappes coniques de fleurs mauves, blanches ou violettes, dont le parfum sucré et poudré remonte le long des murs, franchit les haies, entre par les fenêtres ouvertes du printemps. Puis, un matin, tout est fini : les fleurs brunissent, tombent, le silence olfactif revient jusqu'à l'an prochain. Cette brièveté fait toute la magie du lilas — arbuste modeste onze mois par an, roi absolu pendant trois semaines. Originaire des Balkans et du Proche-Orient, le lilas commun (Syringa vulgaris) arriva en Europe occidentale au XVIᵉ siècle, rapporté de Constantinople par l'ambassadeur des Habsbourg. Il conquit d'abord les jardins royaux et princiers, avant de gagner peu à peu toutes les cours de ferme et tous les enclos de curé. Son nom vient du persan lilak, qui signifie « bleuâtre ». Il en existe aujourd'hui plus de mille variétés cultivées, aux fleurs blanches, mauves, roses, pourpres ou même presque bleues. Le bois du lilas est très dur — les Anglais l'appelaient d'ailleurs pipe tree, l'arbre à pipes, parce qu'on y taillait volontiers des tuyaux de fumeur, mais aussi des flûtes et des sifflets. Son nom scientifique Syringa vient du grec syrinx (la flûte de Pan), en référence à ces mêmes usages musicaux dans l'Antiquité. La mythologie raconte que la nymphe Syringa, poursuivie par le dieu Pan, fut métamorphosée en roseau — puis, selon les versions, en lilas — pour lui échapper. Depuis, la flûte du dieu joue à jamais son chagrin. Dans le langage des fleurs, le lilas mauve dit les premiers émois du cœur, le lilas blanc l'innocence retrouvée. En Russie, on offre traditionnellement une branche de lilas à un jeune couple pour porter bonheur. Et en France, un vieux dicton populaire prévient : « Quand le lilas fleurit, l'hiver est fini pour de bon » — un signal aussi fiable, dit-on, que le retour des hirondelles. Un mois plus tard, tout est retombé. Mais un jardin qui a connu le lilas garde en mémoire, quelque part, cette semaine de mai où l'air lui-même semblait sucré.
Rue des Maquisards
histoireRue des Mélèzes
patrimoineRue de Soleure
patrimoineRue des Papillons
patrimoineRue des Pervenches
patrimoineRue des Philosophes
patrimoineRue des Primevères
patrimoineRue des Pyrénées
patrimoineRue des Tirailleurs
patrimoineRue des Vallons
patrimoineRue des Vallons Fleuris
patrimoineRue des Vergers
patrimoineRue des Vignes
natureRue des Violettes
patrimoineRue des Vosges
patrimoineRue de Turenne
patrimoineRue de Zillisheim
patrimoineRue du 19ème Dragons
patrimoineRue du 25 Novembre
patrimoineRue du 2e Chasseur d'Afrique
patrimoineRue du Bitz
patrimoineRue du Bombardement
patrimoineRue du Brigadier-Chef Lacombe
patrimoineRue du Brochet
patrimoineRue du Burn
patrimoineRue du Canal
patrimoineRue du Château
patrimoineRue du Chêne
natureRue du Damberg
patrimoineRue du Docteur Mangeney
patrimoineRue du Docteur René Laennec
patrimoineRue du Docteur Scholer
patrimoineRue du Forst
patrimoineRue du Fossé
patrimoineRue du Goujon
patrimoineRue du Gué
patrimoineRue du Hêtre
natureRue du Jura
patrimoineRue du Kahlberg
patrimoineRue du Kutzel
patrimoineRue du Lierre
patrimoineRue du Luxembourg
patrimoineRue du Maréchal de Lattre de Tassigny
patrimoineRue du Mélèze
patrimoineRue du Nouveau Quartier
patrimoineRue du Panorama
patrimoineRue du Raisin
patrimoineRue du Repos
patrimoineRue du Traubacker
patrimoineRue du Vignoble
patrimoineRue Jacques Prévert
patrimoineRue Jacques Schultz
patrimoineRue Jean Monnet
patrimoineRue Jeanne d'Arc
patrimoineRue Jean Starcky
patrimoineRue Joseph Koelbert
patrimoineRue Léo Lagrange
patrimoineRue Louise-Amélie Leblois
patrimoineRue Montherlant
patrimoineRue Pierre de Coubertin
patrimoineRue Sainte-Odile
patrimoineRue Saint-Gall
patrimoineRue Saint-Georges
patrimoineRue Voltaire
histoireIssu de la bourgeoisie parisienne, François-Marie Arouet (1694-1778) fit de brillantes études chez les jésuites de Louis-le-Grand. Son pseudonyme Voltaire est l'anagramme d'Arovet L.J. — « Arouet le Jeune » — à une époque où u et v ne se distinguaient pas encore à l'écrit. Ses vers irrévérencieux contre le Régent lui valurent onze mois de Bastille en 1717, où il écrivit sa première tragédie et se choisit son nouveau nom. Un franc-parler récidiviste l'exila ensuite en Angleterre pendant trois ans, séjour décisif : il en revint transformé, avec une philosophie réformatrice de la justice et de la société inspirée du modèle anglais, et une défense ardente de la liberté d'expression. Rentré en France, il ne cessa dès lors de critiquer la guerre, le dogme chrétien et surtout la monarchie absolue de droit divin. Historiographe du roi en 1745, il entra à l'Académie française l'année suivante — mais ses écrits scandaleux (Zadig, 1747) le forcèrent à l'exil, d'abord chez Frédéric II à Berlin, puis en Suisse. En 1759, il s'installa à Ferney, village frontalier de la Suisse qui portera désormais son nom : il y accueillit toute l'Europe éclairée pendant vingt ans, devenant le « patriarche de Ferney », référence intellectuelle du siècle. La même année, il publia Candide, roman satirique où sa naïveté imaginaire dénonce le fanatisme, la guerre, l'esclavage et l'optimisme métaphysique de Leibniz — le fameux « Il faut cultiver notre jardin » qui clôt le livre. Avec ses pamphlets mordants, il se battit contre les injustices judiciaires : l'affaire Calas (protestant toulousain roué en 1762, réhabilité grâce à lui en 1765), l'affaire Sirven, l'exécution du jeune chevalier de La Barre. À chacun il opposa sa devise, signée à la fin de ses lettres : « Écrasons l'infâme » — l'infâme étant le fanatisme religieux. En 1778, à quatre-vingt-trois ans, il revint triomphalement à Paris après vingt-huit ans d'absence : la Comédie-Française l'acclama debout, la foule l'idolâtra. Il mourut trois mois plus tard. Refusé de sépulture chrétienne, enterré à la sauvette en Champagne, il fut transféré au Panthéon par la Révolution en 1791. Il y repose depuis, face à Rousseau — les deux frères ennemis des Lumières.
Rue Zwiller
patrimoineSteinweg
patrimoineTotenweg
patrimoineWanneweg
patrimoineZillisheimerweg
patrimoine