Rues de Bruay-sur-l'Escaut
186 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée des Marronniers
patrimoineAllée des Noisetiers
patrimoineAllée des Soupirs
patrimoineBoulevard Léo Lagrange
patrimoineBoulevard Marcel Cachin
patrimoineChasse Revel
patrimoineChasse Richard
patrimoineChemin de la Sablière
patrimoineChemin du Halage
patrimoineCité de la Perche
patrimoineCité des Hauts Champs
patrimoineCité du Faubourg
patrimoineCité Saint-Pharalide
patrimoineContournement Nord de Valenciennes
patrimoineCour Brouillard
patrimoineCour Browez
patrimoineCour Brunkhuisen
patrimoineCour Delbove
patrimoineCour Delsaux
patrimoineCour Deltombe
patrimoineCour Depret
patrimoineCour des Vieilles Écoles
patrimoineCour Devienne
patrimoineCour Dorchies
patrimoineCour Douane A
patrimoineCour Douane B
patrimoineCour Droissart
patrimoineCour Dulieu
patrimoineCour Dutrone
patrimoineCour Fontaine
culturePetite structure captant une source ou une canalisation pour délivrer de l'eau, la fontaine est l'un des éléments les plus universels du patrimoine urbain et rural français — à la fois outil vital avant l'arrivée de l'eau courante au robinet, lieu central de la sociabilité villageoise, ornement prestigieux des grandes places royales, et aujourd'hui symbole patrimonial d'un rapport à l'eau que la modernité a transformé mais jamais effacé.
Le mot fontaine vient du latin fontana, forme féminine dérivée de fons, fontis — qui signifie à l'origine « source », l'eau vive jaillissant naturellement du sol. Le mot désigne donc d'abord le point d'émergence naturel de la nappe phréatique, avant de glisser, à partir du Moyen Âge, vers son sens actuel d'édicule maçonné. En occitan, on dit encore « font » — mot qui donne de nombreux toponymes du Sud (Font-Romeu, Fontvieille, Fontaine-de-Vaucluse). Fontaine et source sont, en vérité, deux mots équivalents — l'un dit la chose, l'autre dit sa domestication.
Avant l'arrivée de l'eau courante au robinet (dans les années 1930 à 1960 selon les communes), la fontaine publique était, avec les puits, les cours d'eau et les citernes, l'un des seuls points d'alimentation en eau potable. Elle se composait au minimum d'une bouche (ou canon, ou mascaron sculpté) d'où jaillissait l'eau, et d'un bassin ou vasque pour la recueillir. Elle était fréquemment associée à un lavoir où les femmes battaient le linge, et à un abreuvoir où les animaux se désaltéraient. Son emplacement n'était jamais indifférent : place du village, carrefour de routes, devant l'église ou sur la place du marché — toujours un lieu central, où convergeait la vie de la communauté.
Historiquement, aller chercher l'eau était une tâche féminine — les femmes venaient parfois plusieurs fois par jour avec des seaux portés sur l'épaule à l'aide d'un balancier (appelé « cambalou » en Périgord). La fontaine devenait ainsi, de fait, un lieu de sociabilité féminine : on y échangeait les nouvelles, on y partageait les confidences, on y négociait les mariages, on y réglait des querelles — mais on s'y disputait aussi, en période de sécheresse, quand l'eau venait à manquer. Dire « à la fontaine » dans un village français du XIXᵉ siècle, c'était désigner le forum des commères autant que la source de la vie.
Dès l'Antiquité romaine, les fontaines monumentales célébraient la puissance des cités et de leurs bâtisseurs. En France, la Renaissance relance les grands travaux urbains : François Iᵉʳ puis Henri IV équipent Paris de fontaines publiques — la fontaine des Innocents (1549), chef-d'œuvre de Pierre Lescot et Jean Goujon, en reste le symbole, considérée comme la plus ancienne fontaine publique parisienne encore en place. Louis XIV porte l'art à son sommet avec les fontaines de Versailles, mises en scène théâtrale du pouvoir royal sur les éléments naturels. Au Luxembourg, la fontaine Médicis commandée par Marie de Médicis au début du XVIIᵉ siècle témoigne du goût italien pour les grottes d'eau romantiques. Chaque époque laisse ses fontaines : baroque sous Louis XIV, classique sous Louis XV, Empire sous Napoléon, Haussmannien sous le Second Empire.
Au XIXᵉ siècle, l'eau de qualité restait inaccessible aux plus pauvres. En 1872, le philanthrope britannique Sir Richard Wallace, ému par la misère de Paris après le siège de 1870, finance sur sa fortune personnelle l'installation gratuite de petites fontaines en fonte verte réparties dans toute la capitale. Ces fontaines Wallace — reconnaissables à leurs quatre cariatides portant un dôme — distribuent toujours aujourd'hui une eau potable gratuite à Paris, Nantes, Bordeaux et dans de nombreuses villes du monde. Elles s'inscrivaient dans un courant philanthrope anglais qui voulait inciter la population à boire de l'eau plutôt que de l'alcool. C'est l'une des rares infrastructures publiques du XIXᵉ siècle à n'avoir jamais cessé d'être utilisée.
L'arrivée massive de l'eau courante au robinet, entre les années 1930 (villes) et les années 1960 (campagnes), a vidé les fontaines de leur fonction première. Beaucoup furent démantelées pour agrandir les places publiques, détruites par négligence, ou simplement coupées. Depuis les années 1980, un mouvement de restauration patrimoniale redonne vie à ces édicules anciens : restaurés par les communes et les associations, inscrits à l'inventaire du petit patrimoine rural, parfois remis en eau même sans fonction utilitaire — simple geste de mémoire, rappel que, dans chaque village français, il y a toujours eu, quelque part, un endroit où l'on allait boire, laver, parler, vivre. En temps de dérèglement climatique et de retour des épisodes de sécheresse, les fontaines prennent même un sens nouveau : elles redeviennent, dans certaines communes, des points d'eau publics stratégiques, et les « fontaines à boire » modernes se multiplient dans les espaces publics urbains comme alternative gratuite aux bouteilles plastiques.Cour Geronez
patrimoineCour Goffart
patrimoineCour Gomez
patrimoineCour Hubert
patrimoineCour Laymond
patrimoineCour Lecat
patrimoineCour Ledent
patrimoineCour l'Ouvroir
patrimoineCour Marouze
patrimoineCour Michel
patrimoineCour Milice
patrimoineCour Moreau
patrimoineCour Mouchoir
patrimoineCour Podevin
patrimoineCour Quarez
patrimoineCour Rémy
patrimoineCour Valentin
patrimoineCour Vermant
patrimoineCour Vingt Cinq
patrimoineCour Wattiez
patrimoineImpasse Brouillard
patrimoineImpasse de l'Ancienne Malterie
patrimoineImpasse de l'Écluse
patrimoineImpasse du Peuplier Noir
natureImpasse Rue A
patrimoineLes Cloches
patrimoinePlace de l'Église
patrimoineSur les cent mille édifices religieux disséminés à travers le pays, quarante-cinq mille sont des églises paroissiales.
Le mot vient du grec ekklêsia — « l'assemblée des convoqués ». Il désignait d'abord la communauté des fidèles rassemblés, avant de glisser vers le bâtiment qui les accueillait. Ce double sens n'a jamais disparu : quand on parle de l'Église catholique, on désigne encore la communauté ; quand on parle d'une église romane, on désigne le bâtiment. Deux mille ans après, le mot porte toujours ses deux mémoires.
Si le clocher en est l'élément le plus emblématique — souvent la première silhouette qu'on aperçoit de loin — chaque église cache un vocabulaire propre qui vaut la peine d'être connu. On franchit le portail (parfois surmonté d'un tympan sculpté qui raconte, en pierre, une scène biblique) et l'on entre dans la nef, longue salle centrale bordée d'une ou de plusieurs travées collatérales. Elle mène au chœur, réservé au clergé, souvent séparé de la nef par un transept — cette « aile » transversale qui donne à l'édifice sa forme de croix latine. Tout au fond, derrière l'autel, le chevet clôt l'édifice, tantôt plat, tantôt arrondi en abside. Les vitraux — véritables bibles de lumière pour les fidèles illettrés du Moyen Âge — colorent la pierre de rouge, de bleu, d'or. Au-dessus, les voûtes sont maintenues par des arcs de pierre scellés en leur sommet par une clé de voûte — pièce maîtresse qui, une fois posée, verrouille tout l'édifice. La grande rosace de la façade occidentale, quand elle existe, achève de faire de l'église un lieu d'harmonie et de lumière.
L'architecture raconte les siècles superposés. Le roman (XIᵉ-XIIᵉ siècle) est trapu, aux murs épais, aux ouvertures étroites, aux arcs en plein cintre. Le gothique (à partir du XIIᵉ) élance ses voûtes sur croisées d'ogives et laisse entrer la lumière à flots par de vastes verrières. Le baroque (XVIIᵉ-XVIIIᵉ) déploie les courbes, les dorures et les statues théâtrales. Le néogothique du XIXᵉ siècle revient aux flèches élancées, dans un élan de restauration romantique. La plupart des églises paroissiales sont en réalité des palimpsestes où chaque génération a laissé sa trace : un chœur reconstruit, une chapelle ajoutée, un porche refait.
Ces lieux au cœur du village abritent l'âme de la religion catholique, mais leur rôle a longtemps dépassé le seul culte. Au Moyen Âge, on y était baptisé, marié, enterré au cimetière attenant — les trois moments essentiels de la vie. On y payait la dîme — cet impôt d'origine biblique, littéralement le « dixième », prélevé sur toutes les récoltes de la paroisse au profit du clergé pour son entretien et le culte. Devenue au fil des siècles l'une des grandes charges pesant sur les paysans, elle fut abolie dans la nuit du 4 août 1789, symbole de la fin de l'Ancien Régime.
Les cloches, attestées dès le XIIIᵉ siècle, rythmaient la journée : angélus du matin, du midi et du soir, tocsin d'alerte, glas des morts, volées joyeuses des mariages. Le fameux coq au sommet du clocher — symbole de vigilance et de résurrection — apparaît en France dès le IXᵉ siècle et deviendra un emblème national.Place des Farineau
patrimoinePlace du Pinson
patrimoinePlace Henri Durre
patrimoineQuartier des Plantys
patrimoineRésidence Bourse
patrimoineRésidence Brissy
patrimoineRésidence Élie Lechiffart
patrimoineRésidence Émile Verdavaine
patrimoineRésidence Fernez
patrimoineRésidence Henri Barbusse
patrimoineRésidence Jean Monnet
patrimoineRésidence Les Fauvettes
patrimoineRésidence l'Gostiaux
patrimoineRésidence Mozart
patrimoineRésidence Pierre-Joseph Fontaine
culturePetite structure captant une source ou une canalisation pour délivrer de l'eau, la fontaine est l'un des éléments les plus universels du patrimoine urbain et rural français — à la fois outil vital avant l'arrivée de l'eau courante au robinet, lieu central de la sociabilité villageoise, ornement prestigieux des grandes places royales, et aujourd'hui symbole patrimonial d'un rapport à l'eau que la modernité a transformé mais jamais effacé.
Le mot fontaine vient du latin fontana, forme féminine dérivée de fons, fontis — qui signifie à l'origine « source », l'eau vive jaillissant naturellement du sol. Le mot désigne donc d'abord le point d'émergence naturel de la nappe phréatique, avant de glisser, à partir du Moyen Âge, vers son sens actuel d'édicule maçonné. En occitan, on dit encore « font » — mot qui donne de nombreux toponymes du Sud (Font-Romeu, Fontvieille, Fontaine-de-Vaucluse). Fontaine et source sont, en vérité, deux mots équivalents — l'un dit la chose, l'autre dit sa domestication.
Avant l'arrivée de l'eau courante au robinet (dans les années 1930 à 1960 selon les communes), la fontaine publique était, avec les puits, les cours d'eau et les citernes, l'un des seuls points d'alimentation en eau potable. Elle se composait au minimum d'une bouche (ou canon, ou mascaron sculpté) d'où jaillissait l'eau, et d'un bassin ou vasque pour la recueillir. Elle était fréquemment associée à un lavoir où les femmes battaient le linge, et à un abreuvoir où les animaux se désaltéraient. Son emplacement n'était jamais indifférent : place du village, carrefour de routes, devant l'église ou sur la place du marché — toujours un lieu central, où convergeait la vie de la communauté.
Historiquement, aller chercher l'eau était une tâche féminine — les femmes venaient parfois plusieurs fois par jour avec des seaux portés sur l'épaule à l'aide d'un balancier (appelé « cambalou » en Périgord). La fontaine devenait ainsi, de fait, un lieu de sociabilité féminine : on y échangeait les nouvelles, on y partageait les confidences, on y négociait les mariages, on y réglait des querelles — mais on s'y disputait aussi, en période de sécheresse, quand l'eau venait à manquer. Dire « à la fontaine » dans un village français du XIXᵉ siècle, c'était désigner le forum des commères autant que la source de la vie.
Dès l'Antiquité romaine, les fontaines monumentales célébraient la puissance des cités et de leurs bâtisseurs. En France, la Renaissance relance les grands travaux urbains : François Iᵉʳ puis Henri IV équipent Paris de fontaines publiques — la fontaine des Innocents (1549), chef-d'œuvre de Pierre Lescot et Jean Goujon, en reste le symbole, considérée comme la plus ancienne fontaine publique parisienne encore en place. Louis XIV porte l'art à son sommet avec les fontaines de Versailles, mises en scène théâtrale du pouvoir royal sur les éléments naturels. Au Luxembourg, la fontaine Médicis commandée par Marie de Médicis au début du XVIIᵉ siècle témoigne du goût italien pour les grottes d'eau romantiques. Chaque époque laisse ses fontaines : baroque sous Louis XIV, classique sous Louis XV, Empire sous Napoléon, Haussmannien sous le Second Empire.
Au XIXᵉ siècle, l'eau de qualité restait inaccessible aux plus pauvres. En 1872, le philanthrope britannique Sir Richard Wallace, ému par la misère de Paris après le siège de 1870, finance sur sa fortune personnelle l'installation gratuite de petites fontaines en fonte verte réparties dans toute la capitale. Ces fontaines Wallace — reconnaissables à leurs quatre cariatides portant un dôme — distribuent toujours aujourd'hui une eau potable gratuite à Paris, Nantes, Bordeaux et dans de nombreuses villes du monde. Elles s'inscrivaient dans un courant philanthrope anglais qui voulait inciter la population à boire de l'eau plutôt que de l'alcool. C'est l'une des rares infrastructures publiques du XIXᵉ siècle à n'avoir jamais cessé d'être utilisée.
L'arrivée massive de l'eau courante au robinet, entre les années 1930 (villes) et les années 1960 (campagnes), a vidé les fontaines de leur fonction première. Beaucoup furent démantelées pour agrandir les places publiques, détruites par négligence, ou simplement coupées. Depuis les années 1980, un mouvement de restauration patrimoniale redonne vie à ces édicules anciens : restaurés par les communes et les associations, inscrits à l'inventaire du petit patrimoine rural, parfois remis en eau même sans fonction utilitaire — simple geste de mémoire, rappel que, dans chaque village français, il y a toujours eu, quelque part, un endroit où l'on allait boire, laver, parler, vivre. En temps de dérèglement climatique et de retour des épisodes de sécheresse, les fontaines prennent même un sens nouveau : elles redeviennent, dans certaines communes, des points d'eau publics stratégiques, et les « fontaines à boire » modernes se multiplient dans les espaces publics urbains comme alternative gratuite aux bouteilles plastiques.Résidence Pierre Richard
patrimoineRésidence Raymond Durut
patrimoineRésidence Robert Schumann
patrimoineRoute de Saint-Saulve
patrimoineRue A
patrimoineRue Abel Houdart
patrimoineRue Albert Erbuer
patrimoineRue André Blanchart
patrimoineRue B
patrimoineRue Bel Air
patrimoineRue Bernard Vermeulen
patrimoineRue Berthelot
patrimoineRue Berthe Manouvrier
patrimoineRue C
patrimoineRue Camille Claudel
patrimoineRue Casimir Perrier
patrimoineRue Cernay
patrimoineRue Chabaud Latour
patrimoineRue Charles-Louis Deltombe
patrimoineRue Chevalier de la Barre
patrimoineRue Clémentine Decker
patrimoineRue Corneille
patrimoineRue Danton
patrimoineRue Danton Prolongée
patrimoineRue de Bastogne
patrimoineRue de Bruxelles
patrimoineRue de Croy
patrimoineRue de Dublin
patrimoineRue de Dublin Prolongée
patrimoineRue de Dunkerque
patrimoineRue de la Liberté
patrimoineRue de la Paix
patrimoineRue de la Poste
patrimoineRue de l'Église
patrimoineSur les cent mille édifices religieux disséminés à travers le pays, quarante-cinq mille sont des églises paroissiales.
Le mot vient du grec ekklêsia — « l'assemblée des convoqués ». Il désignait d'abord la communauté des fidèles rassemblés, avant de glisser vers le bâtiment qui les accueillait. Ce double sens n'a jamais disparu : quand on parle de l'Église catholique, on désigne encore la communauté ; quand on parle d'une église romane, on désigne le bâtiment. Deux mille ans après, le mot porte toujours ses deux mémoires.
Si le clocher en est l'élément le plus emblématique — souvent la première silhouette qu'on aperçoit de loin — chaque église cache un vocabulaire propre qui vaut la peine d'être connu. On franchit le portail (parfois surmonté d'un tympan sculpté qui raconte, en pierre, une scène biblique) et l'on entre dans la nef, longue salle centrale bordée d'une ou de plusieurs travées collatérales. Elle mène au chœur, réservé au clergé, souvent séparé de la nef par un transept — cette « aile » transversale qui donne à l'édifice sa forme de croix latine. Tout au fond, derrière l'autel, le chevet clôt l'édifice, tantôt plat, tantôt arrondi en abside. Les vitraux — véritables bibles de lumière pour les fidèles illettrés du Moyen Âge — colorent la pierre de rouge, de bleu, d'or. Au-dessus, les voûtes sont maintenues par des arcs de pierre scellés en leur sommet par une clé de voûte — pièce maîtresse qui, une fois posée, verrouille tout l'édifice. La grande rosace de la façade occidentale, quand elle existe, achève de faire de l'église un lieu d'harmonie et de lumière.
L'architecture raconte les siècles superposés. Le roman (XIᵉ-XIIᵉ siècle) est trapu, aux murs épais, aux ouvertures étroites, aux arcs en plein cintre. Le gothique (à partir du XIIᵉ) élance ses voûtes sur croisées d'ogives et laisse entrer la lumière à flots par de vastes verrières. Le baroque (XVIIᵉ-XVIIIᵉ) déploie les courbes, les dorures et les statues théâtrales. Le néogothique du XIXᵉ siècle revient aux flèches élancées, dans un élan de restauration romantique. La plupart des églises paroissiales sont en réalité des palimpsestes où chaque génération a laissé sa trace : un chœur reconstruit, une chapelle ajoutée, un porche refait.
Ces lieux au cœur du village abritent l'âme de la religion catholique, mais leur rôle a longtemps dépassé le seul culte. Au Moyen Âge, on y était baptisé, marié, enterré au cimetière attenant — les trois moments essentiels de la vie. On y payait la dîme — cet impôt d'origine biblique, littéralement le « dixième », prélevé sur toutes les récoltes de la paroisse au profit du clergé pour son entretien et le culte. Devenue au fil des siècles l'une des grandes charges pesant sur les paysans, elle fut abolie dans la nuit du 4 août 1789, symbole de la fin de l'Ancien Régime.
Les cloches, attestées dès le XIIIᵉ siècle, rythmaient la journée : angélus du matin, du midi et du soir, tocsin d'alerte, glas des morts, volées joyeuses des mariages. Le fameux coq au sommet du clocher — symbole de vigilance et de résurrection — apparaît en France dès le IXᵉ siècle et deviendra un emblème national.Rue de l'Europe
patrimoineRue de l'Union
patrimoineRue Denis
patrimoineRue Desandrouins
patrimoineRue des Bleuets
patrimoineRue des Bouleaux
patrimoineRue des Francs-Tireurs
patrimoineRue des Fusillés Prolongée
patrimoineRue des Genêts
patrimoineRue Désiré Latinus
patrimoineRue des Jonquilles
patrimoineRue des Lilas
natureTrois semaines par an, à peine, et tout un jardin bascule. Le lilas fleurit en avril-mai, projetant vers le ciel ses grappes coniques de fleurs mauves, blanches ou violettes, dont le parfum sucré et poudré remonte le long des murs, franchit les haies, entre par les fenêtres ouvertes du printemps. Puis, un matin, tout est fini : les fleurs brunissent, tombent, le silence olfactif revient jusqu'à l'an prochain. Cette brièveté fait toute la magie du lilas — arbuste modeste onze mois par an, roi absolu pendant trois semaines. Originaire des Balkans et du Proche-Orient, le lilas commun (Syringa vulgaris) arriva en Europe occidentale au XVIᵉ siècle, rapporté de Constantinople par l'ambassadeur des Habsbourg. Il conquit d'abord les jardins royaux et princiers, avant de gagner peu à peu toutes les cours de ferme et tous les enclos de curé. Son nom vient du persan lilak, qui signifie « bleuâtre ». Il en existe aujourd'hui plus de mille variétés cultivées, aux fleurs blanches, mauves, roses, pourpres ou même presque bleues. Le bois du lilas est très dur — les Anglais l'appelaient d'ailleurs pipe tree, l'arbre à pipes, parce qu'on y taillait volontiers des tuyaux de fumeur, mais aussi des flûtes et des sifflets. Son nom scientifique Syringa vient du grec syrinx (la flûte de Pan), en référence à ces mêmes usages musicaux dans l'Antiquité. La mythologie raconte que la nymphe Syringa, poursuivie par le dieu Pan, fut métamorphosée en roseau — puis, selon les versions, en lilas — pour lui échapper. Depuis, la flûte du dieu joue à jamais son chagrin. Dans le langage des fleurs, le lilas mauve dit les premiers émois du cœur, le lilas blanc l'innocence retrouvée. En Russie, on offre traditionnellement une branche de lilas à un jeune couple pour porter bonheur. Et en France, un vieux dicton populaire prévient : « Quand le lilas fleurit, l'hiver est fini pour de bon » — un signal aussi fiable, dit-on, que le retour des hirondelles. Un mois plus tard, tout est retombé. Mais un jardin qui a connu le lilas garde en mémoire, quelque part, cette semaine de mai où l'air lui-même semblait sucré.
Rue des Magnolias
patrimoineRue des Marchetti
patrimoineRue des Marronniers
patrimoineRue des Mines Innovantes
patrimoineRue des Violettes
patrimoineRue du Bel Air
patrimoineRue du Docteur Georges Schultz
patrimoineRue du Droit
patrimoineRue du Gros Caillou
patrimoineRue du Jard
patrimoineRue du Lieutenant André Taillez
patrimoineRue du Marais Foucart
patrimoineRue du Mont Cassin
patrimoineRue du Nord
patrimoineRue du Port Fluvial
patrimoineRue du Président Lécuyer
patrimoineRue Duquesnoy
patrimoineRue du Rêve
patrimoineRue du Vieil Escaut
patrimoineRue Émile Zola
patrimoineÉmile Zola (1840-1902) naît à Paris un jour d'avril 1840, fils d'un ingénieur italien venu construire le canal qui alimente encore Aix-en-Provence en eau potable. Son père meurt quand Émile a sept ans, laissant la famille dans une gêne dont elle ne se relèvera jamais tout à fait. Enfance provençale à Aix, amitié fondatrice avec un camarade de classe nommé Paul Cézanne — les deux gamins passent leurs journées à courir la Sainte-Victoire, à écrire des vers et à peindre. Puis retour à Paris, où le jeune Zola échoue deux fois au baccalauréat et se retrouve, à vingt ans, à décharger des livres à la librairie Hachette pour survivre. C'est d'abord par le journalisme qu'il perce. Il écrit dans une vingtaine de titres, défend Manet et les impressionnistes quand tout Paris s'en moque, se fait connaître pour ses articles cinglants. Ses premiers romans passent inaperçus. Puis vient l'idée qui va changer sa vie et la littérature française : suivre une famille, les Rougon-Macquart, sur cinq générations, à travers vingt volumes, pour peindre « l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire ». Le projet est monstrueux. Il y consacrera vingt-trois ans de sa vie. L'Assommoir parut en 1877, Nana en 1880, Germinal en 1885 : Zola devient un phénomène. Pour la première fois dans la littérature française, on entre dans les mines, dans les blanchisseries, dans les cabarets ouvriers, dans les grands magasins naissants. Il s'y prépare comme un enquêteur : il descend au fond des puits, dort dans les corons, prend des notes sur les gestes, les odeurs, les jurons, le prix du pain. Ses détracteurs hurlent au scandale, à la vulgarité, à la pornographie. Ses lecteurs, eux, se comptent par centaines de milliers. Germinal devient, malgré lui, la bible des mineurs en grève — quand il meurt, des délégations ouvrières viendront de tout le nord de la France pour saluer son cercueil aux cris de « Germinal ! Germinal ! ». Le 13 janvier 1898, il publie "J'accuse" en une du journal L'Aurore une lettre ouverte au président de la République, pour dénoncer la condamnation du capitaine Dreyfus. Le titre, trouvé par Clemenceau, tient en deux mots qui vont traverser les siècles : J'accuse…! Zola nomme les responsables un à un, les accuse de faux, de complot, d'antisémitisme d'État. Il sait ce qu'il risque : le procès en diffamation, la ruine, l'exil. Il le fait quand même. Condamné à un an de prison, il s'enfuit en Angleterre, y vit onze mois d'un exil misérable et solitaire dans des pensions de famille. Il rentre en France en 1899. L'affaire Dreyfus finira par lui donner raison — le capitaine sera réhabilité en 1906, quatre ans après la mort de Zola. Le 29 septembre 1902, il est retrouvé mort chez lui, rue de Bruxelles à Paris, asphyxié par les émanations d'une cheminée bouchée. Sa femme, à ses côtés, survit de justesse. Accident ? Officiellement, oui. Mais dès les premières heures, la rumeur d'un assassinat court : un couvreur antidreyfusard aurait, disait-on, obstrué le conduit pendant des travaux, en pleine nuit. Trente-et-un ans plus tard, en 1953, un vieil ouvrier confessera sur son lit de mort avoir participé au crime. Vérité, affabulation ? On ne le saura jamais tout à fait. Ses obsèques rassemblent une foule immense au Panthéon — Anatole France y prononce un discours resté célèbre : « Il fut un moment de la conscience humaine. » En 1908, ses cendres sont transférées au Panthéon, sous les huées de la droite antidreyfusarde et un coup de revolver tiré sur Alfred Dreyfus en personne, présent à la cérémonie. Zola repose désormais face à Victor Hugo, celui qu'enfant il vénérait plus que tout. La boucle est bouclée — celle d'un homme qui, plus qu'aucun autre, aura mis sa plume au service de ceux qui n'en avaient pas.
Rue Ernest Macarez
patrimoineRue Étienne Gérard
patrimoineRue Eugène Fréteur
patrimoineRue Faidherbe
patrimoineRue Gaston Bernier
patrimoineRue Germinal
patrimoineRue Gervais Durieux
patrimoineRue Henri Lavie
patrimoineRue Henri Legrand
patrimoineRue Hoche
patrimoineRue Jean-Baptiste Bourse
patrimoineRue Jean Buiron
patrimoineRue Jean-Jacques Rousseau
cultureNé à Genève, orphelin de mère à sa naissance, abandonné par son père à l'âge de dix ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) mena une adolescence errante avant d'être recueilli à seize ans par Madame de Warens, jeune convertie catholique de treize ans son aînée — d'abord protectrice, puis maîtresse, éternellement chérie sous le nom de « Maman ». Autodidacte fulgurant, il rejoignit Paris à trente ans, se lia avec Diderot et se fit d'abord connaître comme musicien : son opéra Le Devin du village (1752), joué devant Louis XV, lui valut un premier triomphe.Sa vie bascula un jour de 1749, sur la route de Vincennes où il allait rendre visite à Diderot emprisonné. En lisant le sujet mis au concours par l'Académie de Dijon — « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » —, il eut, dit-il, une illumination. Sa réponse fut un « non » retentissant : contre le progrès des Lumières, il défendit l'idée que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Ce paradoxe fondateur nourrit toute son œuvre : Discours sur l'inégalité (1755), La Nouvelle Héloïse (1761), Du contrat social (1762) — d'où sortira la phrase la plus célèbre de la philosophie politique française : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » — et Émile ou De l'éducation la même année.La publication d'Émile déclencha une tempête : condamnation par le Parlement de Paris, mandat d'arrêt, condamnation par le Petit Conseil de Genève qui ordonna la brûlure publique du livre. Rousseau, à cinquante ans, entama douze années d'errance : Neuchâtel, l'Angleterre chez David Hume (brouille mémorable), le Dauphiné, enfin Ermenonville où il mourut, sans doute apaisé, en 1778 — la même année que Voltaire, son frère ennemi. Toute sa vie il fut hanté par la persécution, réelle ou imaginée : ses derniers écrits, Rêveries du promeneur solitaire et Confessions, inventèrent l'autobiographie moderne en osant tout dire — les fautes, les délires, les cinq enfants qu'il abandonna aux Enfants Trouvés (paradoxe cruel pour l'auteur d'Émile).Rousseau eut une postérité vertigineuse : la Révolution française fit de lui son prophète, transférant ses cendres au Panthéon en 1794, où il repose face à Voltaire — les deux hommes qui se détestèrent tant de leur vivant condamnés à voisiner pour l'éternité. Il inspira le romantisme, l'écologie moderne, la pédagogie nouvelle, le socialisme, et jusqu'aux révoltes étudiantes de 1968. Peu de philosophes auront autant divisé et autant fécondé. Comme il l'écrivait lui-même en ouverture des Confessions : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. »
Rue Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Rue Jean-Pierre Dhesse
patrimoineRue Joseph Deflines
patrimoineRue Jules Ferry
patrimoineRue Lamartine
histoireD'abord poète célébré — les Méditations poétiques le rendirent illustre à trente ans —, Alphonse de Lamartine (1790-1869) devint sur le tard un politicien redouté pour son éloquence. Élu député en 1833, il se fit connaître par des discours retentissants sur la question sociale : après la révolte des canuts lyonnais, il dénonça dans un discours resté célèbre « l'horrible volcan sur lequel l'industrie repose » — formule qui frappait les esprits mais agaçait une Chambre bourgeoise que ses envolées mystiques laissaient sceptique. Quand la Monarchie de Juillet s'effondre le 24 février 1848, Lamartine se retrouve, presque malgré lui, à la tête du gouvernement provisoire. Le lendemain, à l'Hôtel de Ville, une foule en armes exige que le drapeau rouge, symbole insurrectionnel, remplace le tricolore. Lamartine s'y oppose dans un discours improvisé qui reste l'un des grands moments d'éloquence du XIXᵉ siècle : « Le drapeau rouge que vous nous rapportez n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93, tandis que le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. » Chef de facto de la jeune République, il fit abolir l'esclavage dans les colonies et la peine de mort en matière politique — deux mesures dont l'écho dépasse largement son court passage au pouvoir. L'euphorie de février tourne court. La fermeture des ateliers nationaux, ces chantiers publics créés pour employer les chômeurs parisiens, déclenche en juin 1848 une insurrection ouvrière — les Journées de Juin — matée dans le sang par le général Cavaignac. Lamartine, débordé par des événements qu'il ne maîtrise plus, perd tout crédit auprès du peuple qui l'avait porté en triomphe quatre mois plus tôt. La chute est vertigineuse. À l'élection présidentielle du 10 décembre 1848, celui qui avait proclamé la République ne recueille que 17 910 voix — 0,23 % —, humilié par Louis-Napoléon Bonaparte (5,4 millions de voix, 74 %). Dans son propre département de Saône-et-Loire, il n'obtient que 1 501 voix contre 27 121 pour Bonaparte. Sa carrière politique s'achève là, aussi vite qu'elle s'était imposée. Il retourne à la littérature et finit sa vie criblé de dettes, vendant sa plume au plus offrant pour survivre — lui qui, quelques décennies plus tôt, écrivait déjà dans L'Isolement son goût pour l'arrachement et la fuite : "Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !"
Rue Ledru Rollin
patrimoineRue Léopold Defays
patrimoineRuelle de la Mairie
patrimoineSymbole de la République et cœur administratif de la commune, la mairie est née directement de la Révolution française — c'est le décret du 14 décembre 1789 qui créa les communes modernes, dont chacune, aujourd'hui encore, se rassemble autour de son « hôtel de ville ». Le mot mairie est d'origine médiévale — il apparaît dans le polyptyque d'Irminon, ouvrage de droit rédigé par un abbé de Saint-Germain-des-Prés au IXᵉ siècle. Il désignait alors le maire, régisseur d'un domaine agricole. Le terme a longtemps coexisté avec d'autres formes — le consul dans le Midi de la France, l'échevin dans le Nord, le prévôt des marchands à Paris, tous chargés d'administrer leur cité selon des règles propres à chaque province. La France d'avant 1789 était une mosaïque de coutumes où chaque bourg avait son mode de gouvernement local. Tout bascule avec la Révolution. Le décret du 14 décembre 1789 abolit d'un trait toutes ces institutions anciennes et crée, pour la première fois dans l'histoire française, 44 000 communes dotées d'une structure identique : un conseil municipal élu et un maire à sa tête. C'est l'un des grands actes fondateurs de la France moderne — la naissance de la commune comme cellule élémentaire de la République. La loi de 1884 achèvera cette œuvre en garantissant définitivement les libertés municipales. Longtemps improvisée — dans une maison particulière louée, chez un notaire, chez le maire lui-même, parfois même à l'auberge du village —, la mairie ne s'est fixée dans un bâtiment propre qu'au fil du XIXᵉ siècle. La loi de 1837 est la première à imposer aux communes l'entretien d'un « hôtel de ville ou local affecté à la mairie ». À partir de là, les municipalités françaises se lancent dans la construction de ces édifices sobres et solennels qu'on connaît partout : perron surélevé, drapeau tricolore, buste de Marianne, devise « Liberté, Égalité, Fraternité » en façade. L'architecture des mairies suit l'esprit du temps. Au XIXᵉ siècle, elles s'inspirent souvent des hôtels de ville d'Ancien Régime — colonnes, frontons, campaniles — pour affirmer la dignité républicaine. Beaucoup adoptent le triptyque symbolique de la République : la mairie, l'école, le monument aux morts, souvent regroupés autour d'une même place, formant le « forum républicain » que la loi Ferry sur l'instruction obligatoire (1881-1882) et la Grande Guerre viendront compléter. À l'intérieur, la salle du conseil municipal est le lieu du débat démocratique local. La salle des mariages — souvent la plus belle pièce, ornée du buste de Marianne et de tableaux allégoriques — reste aujourd'hui, pour beaucoup de Français, le seul lieu institutionnel dans lequel ils entreront de leur vivant. C'est aussi à la mairie qu'on déclare une naissance, qu'on reconnaît un enfant, qu'on enregistre un décès, qu'on vote aux élections locales, régionales, présidentielles et européennes. En temps de crise — inondation, tempête, épidémie —, elle devient le centre de coordination de la commune. Elle est aujourd'hui le seul bâtiment public obligatoire dans chaque commune française : plus de 34 000 mairies quadrillent le territoire, du village de 20 habitants aux métropoles millionnaires. Toutes ont, à leur porte, la même plaque tricolore et le même mot inscrit — République française. Peu de nations ont un maillage démocratique aussi dense. La place de la Mairie est probablement, avec la place de l'Église, l'un des noms de lieu les plus répandus du pays. Les deux se répondent souvent, à quelques pas l'une de l'autre : l'ancien et le nouveau cœur du village, la paroisse et la commune, la cloche et le drapeau.
Rue Louise Michel
patrimoineRue Louise Michel Prolongée
patrimoineRue Lucien Mars
patrimoineRue Marchetti
patrimoineRue Michel Brabant
patrimoineRue Mirabeau
patrimoineRue Molière
patrimoineRue Myrtil Gossens
patrimoineRue Neuve
patrimoineRue Pablo Neruda
patrimoineRue Pablo Picasso
patrimoineRue Pasteur
sciencesLouis Pasteur (1822-1895) révèla dès l'enfance un vrai talent pour le dessin - son mentor au collège d'Arbois le surnomme « mon petit Michel-Ange » et il réalisera une quarantaine de portraits au pastel avant de se tourner vers la science. En 1863, il sera d'ailleurs nommé à la chaire de géologie, physique et chimie appliquées aux beaux-arts de l'École des Beaux-Arts de Paris. En 1865, Napoléon III lui demande de combattre les maladies qui ruinent les exportations de vin (acétification, pousse, graisse, amer). Pasteur met au point un chauffage à 60 °C pendant 20 à 30 minutes : la pasteurisation est née, faisant de Pasteur le sauveur du vin français. Le procédé sera ensuite appliqué à la bière, puis au lait. Marqué par la défaite de 1870 face aux Allemands, alors maîtres incontestés de la bière, il s'attelle à créer une bière française meilleure que la leur — un travail qui aboutira à la pasteurisation des bouteilles à 65 °C. Pourtant la célébrité de Pasteur vient du 6 juillet 1885, lorsqu'il inocula au jeune Joseph Meister, mordu 14 fois par un chien enragé, le premier vaccin antirabique de l'histoire ! L'enfant survécut et put vivre jusqu'à l'âge de 64 ans. Pasteur s'inspirait des travaux d'Edward Jenner sur la variole : il est donc le père du vaccin, mais non de la vaccination. Il fondit l'Institut Pasteur en 1888 et décéda à Marne-la-Coquette en 1895 et recevoir des funérailles nationales à Notre-Dame de Paris.
Rue Pierre Brossolette
patrimoineRue Pierre-Joseph Fontaine
culturePetite structure captant une source ou une canalisation pour délivrer de l'eau, la fontaine est l'un des éléments les plus universels du patrimoine urbain et rural français — à la fois outil vital avant l'arrivée de l'eau courante au robinet, lieu central de la sociabilité villageoise, ornement prestigieux des grandes places royales, et aujourd'hui symbole patrimonial d'un rapport à l'eau que la modernité a transformé mais jamais effacé.
Le mot fontaine vient du latin fontana, forme féminine dérivée de fons, fontis — qui signifie à l'origine « source », l'eau vive jaillissant naturellement du sol. Le mot désigne donc d'abord le point d'émergence naturel de la nappe phréatique, avant de glisser, à partir du Moyen Âge, vers son sens actuel d'édicule maçonné. En occitan, on dit encore « font » — mot qui donne de nombreux toponymes du Sud (Font-Romeu, Fontvieille, Fontaine-de-Vaucluse). Fontaine et source sont, en vérité, deux mots équivalents — l'un dit la chose, l'autre dit sa domestication.
Avant l'arrivée de l'eau courante au robinet (dans les années 1930 à 1960 selon les communes), la fontaine publique était, avec les puits, les cours d'eau et les citernes, l'un des seuls points d'alimentation en eau potable. Elle se composait au minimum d'une bouche (ou canon, ou mascaron sculpté) d'où jaillissait l'eau, et d'un bassin ou vasque pour la recueillir. Elle était fréquemment associée à un lavoir où les femmes battaient le linge, et à un abreuvoir où les animaux se désaltéraient. Son emplacement n'était jamais indifférent : place du village, carrefour de routes, devant l'église ou sur la place du marché — toujours un lieu central, où convergeait la vie de la communauté.
Historiquement, aller chercher l'eau était une tâche féminine — les femmes venaient parfois plusieurs fois par jour avec des seaux portés sur l'épaule à l'aide d'un balancier (appelé « cambalou » en Périgord). La fontaine devenait ainsi, de fait, un lieu de sociabilité féminine : on y échangeait les nouvelles, on y partageait les confidences, on y négociait les mariages, on y réglait des querelles — mais on s'y disputait aussi, en période de sécheresse, quand l'eau venait à manquer. Dire « à la fontaine » dans un village français du XIXᵉ siècle, c'était désigner le forum des commères autant que la source de la vie.
Dès l'Antiquité romaine, les fontaines monumentales célébraient la puissance des cités et de leurs bâtisseurs. En France, la Renaissance relance les grands travaux urbains : François Iᵉʳ puis Henri IV équipent Paris de fontaines publiques — la fontaine des Innocents (1549), chef-d'œuvre de Pierre Lescot et Jean Goujon, en reste le symbole, considérée comme la plus ancienne fontaine publique parisienne encore en place. Louis XIV porte l'art à son sommet avec les fontaines de Versailles, mises en scène théâtrale du pouvoir royal sur les éléments naturels. Au Luxembourg, la fontaine Médicis commandée par Marie de Médicis au début du XVIIᵉ siècle témoigne du goût italien pour les grottes d'eau romantiques. Chaque époque laisse ses fontaines : baroque sous Louis XIV, classique sous Louis XV, Empire sous Napoléon, Haussmannien sous le Second Empire.
Au XIXᵉ siècle, l'eau de qualité restait inaccessible aux plus pauvres. En 1872, le philanthrope britannique Sir Richard Wallace, ému par la misère de Paris après le siège de 1870, finance sur sa fortune personnelle l'installation gratuite de petites fontaines en fonte verte réparties dans toute la capitale. Ces fontaines Wallace — reconnaissables à leurs quatre cariatides portant un dôme — distribuent toujours aujourd'hui une eau potable gratuite à Paris, Nantes, Bordeaux et dans de nombreuses villes du monde. Elles s'inscrivaient dans un courant philanthrope anglais qui voulait inciter la population à boire de l'eau plutôt que de l'alcool. C'est l'une des rares infrastructures publiques du XIXᵉ siècle à n'avoir jamais cessé d'être utilisée.
L'arrivée massive de l'eau courante au robinet, entre les années 1930 (villes) et les années 1960 (campagnes), a vidé les fontaines de leur fonction première. Beaucoup furent démantelées pour agrandir les places publiques, détruites par négligence, ou simplement coupées. Depuis les années 1980, un mouvement de restauration patrimoniale redonne vie à ces édicules anciens : restaurés par les communes et les associations, inscrits à l'inventaire du petit patrimoine rural, parfois remis en eau même sans fonction utilitaire — simple geste de mémoire, rappel que, dans chaque village français, il y a toujours eu, quelque part, un endroit où l'on allait boire, laver, parler, vivre. En temps de dérèglement climatique et de retour des épisodes de sécheresse, les fontaines prennent même un sens nouveau : elles redeviennent, dans certaines communes, des points d'eau publics stratégiques, et les « fontaines à boire » modernes se multiplient dans les espaces publics urbains comme alternative gratuite aux bouteilles plastiques.Rue Proudhon
patrimoineRue Racine
patrimoineRue Raymond Canonne
patrimoineRue Renan
histoireÉcrivain, historien, philosophe et spécialiste des langues anciennes, Ernest Renan (1823-1892) est l’une des grandes figures intellectuelles du XIXe siècle. Né à Tréguier, en Bretagne, il grandit dans une famille profondément croyante et suit, dès son enfance, une formation religieuse. Mais au fil de ses études, son intérêt pour les langues et l’histoire l’amène à remettre en question ses convictions. Il renonce finalement à la carrière ecclésiastique pour se consacrer à la recherche et à l’étude des religions.
En 1862, il devient professeur au Collège de France, où il enseigne les langues hébraïque, chaldaïque et syriaque. L’année suivante, il publie La Vie de Jésus, un ouvrage majeur dans lequel il étudie Jésus comme un personnage historique, en s’appuyant sur les sources plutôt que sur les seuls dogmes religieux. Cette approche suscite de vives controverses : son cours est suspendu, puis il est écarté de sa chaire en 1864. Réintégré en 1870, il poursuit ses travaux et devient administrateur du Collège de France en 1883.
Au-delà de ses recherches sur le christianisme et le peuple d’Israël, Renan s’intéresse également à la philosophie, aux civilisations et à l’identité des peuples. Dans sa célèbre conférence Qu’est-ce qu’une nation ?, prononcée en 1882, il propose une réflexion marquante sur ce qui unit une nation, au-delà de la langue, de l’origine ou de la religion. Attaché à la démarche scientifique et à la liberté de pensée, il contribue à renouveler les sciences humaines en défendant une approche critique de l’histoire et des croyances.
Élu à l’Académie française en 1878, Ernest Renan meurt à Paris le 2 octobre 1892. Son œuvre, parfois controversée, a durablement marqué la réflexion sur les religions, l’histoire et les nations. Son parcours témoigne d’une quête constante de connaissance, où l’examen critique des idées prend le pas sur les certitudes établies.Rue Sadi Coupez
patrimoineRue Sylvestre Maka
patrimoineRue Taffin
patrimoineRue Thiers
patrimoineRue Victor Hugo
histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1885) naquit à Besançon le 7 ventôse de l'an X — soit le 26 février 1802 dans le calendrier révolutionnaire encore en usage. Poète, romancier, dramaturge, mais aussi (moins connu) dessinateur de génie — il laissa près de quatre mille dessins d'une audace visionnaire admirée par Delacroix —, il fut le père incontesté du romantisme français depuis la fameuse bataille d'Hernani (25 février 1830), soirée fondatrice où jeunes romantiques et académiques en vinrent presque aux mains au Théâtre-Français. Son œuvre est monumentale : Notre-Dame de Paris (1831), Ruy Blas, Les Misérables (1862, son sommet mondial), L'Homme qui rit, Quatre-vingt-treize, sans oublier les sublimes poèmes des Contemplations et des Châtiments, et l'immense fresque de La Légende des siècles. Sa carrière politique ne fut pas moindre. Nommé pair de France en 1845, il fut élu député de Paris en 1848, prit position contre la peine de mort — le combat de toute sa vie — et défendit ardemment la République. Le coup d'État du 2 décembre 1851 fomenté par Louis-Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon III) le contraignit à un exil de dix-neuf ans, d'abord en Belgique, puis dans les îles anglo-normandes de Jersey puis Guernesey, où il écrivit ses plus grandes œuvres. Quand Napoléon III lui offrit l'amnistie en 1859, il refusa avec ces mots devenus proverbes : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai. » Il tint parole et ne rentra que le 5 septembre 1870, deux jours après la chute de l'Empire, acclamé à la gare du Nord par une foule immense. Sa vie fut aussi celle des grands deuils : la mort noyée de sa fille Léopoldine en 1843, à dix-neuf ans, dans la Seine à Villequier — deuil fondateur qui inspirera le déchirant « Demain, dès l'aube… » — et la double vie sentimentale entre son épouse Adèle Foucher et sa muse Juliette Drouet, avec qui il vécut une passion secrète de cinquante ans. Il mourut d'une pneumonie à Paris le 22 mai 1885, à quatre-vingt-trois ans. Deux millions de personnes défilèrent devant sa dépouille sur les Champs-Élysées avant qu'il ne soit conduit au Panthéon, dans un simple corbillard de pauvre qu'il avait demandé par testament. Le Panthéon avait été rendu au culte laïque exprès pour l'accueillir. Il fut ainsi non seulement l'homme d'un siècle, mais le siècle en un homme.
Rue Voltaire
histoireIssu de la bourgeoisie parisienne, François-Marie Arouet (1694-1778) fit de brillantes études chez les jésuites de Louis-le-Grand. Son pseudonyme Voltaire est l'anagramme d'Arovet L.J. — « Arouet le Jeune » — à une époque où u et v ne se distinguaient pas encore à l'écrit. Ses vers irrévérencieux contre le Régent lui valurent onze mois de Bastille en 1717, où il écrivit sa première tragédie et se choisit son nouveau nom. Un franc-parler récidiviste l'exila ensuite en Angleterre pendant trois ans, séjour décisif : il en revint transformé, avec une philosophie réformatrice de la justice et de la société inspirée du modèle anglais, et une défense ardente de la liberté d'expression. Rentré en France, il ne cessa dès lors de critiquer la guerre, le dogme chrétien et surtout la monarchie absolue de droit divin. Historiographe du roi en 1745, il entra à l'Académie française l'année suivante — mais ses écrits scandaleux (Zadig, 1747) le forcèrent à l'exil, d'abord chez Frédéric II à Berlin, puis en Suisse. En 1759, il s'installa à Ferney, village frontalier de la Suisse qui portera désormais son nom : il y accueillit toute l'Europe éclairée pendant vingt ans, devenant le « patriarche de Ferney », référence intellectuelle du siècle. La même année, il publia Candide, roman satirique où sa naïveté imaginaire dénonce le fanatisme, la guerre, l'esclavage et l'optimisme métaphysique de Leibniz — le fameux « Il faut cultiver notre jardin » qui clôt le livre. Avec ses pamphlets mordants, il se battit contre les injustices judiciaires : l'affaire Calas (protestant toulousain roué en 1762, réhabilité grâce à lui en 1765), l'affaire Sirven, l'exécution du jeune chevalier de La Barre. À chacun il opposa sa devise, signée à la fin de ses lettres : « Écrasons l'infâme » — l'infâme étant le fanatisme religieux. En 1778, à quatre-vingt-trois ans, il revint triomphalement à Paris après vingt-huit ans d'absence : la Comédie-Française l'acclama debout, la foule l'idolâtra. Il mourut trois mois plus tard. Refusé de sépulture chrétienne, enterré à la sauvette en Champagne, il fut transféré au Panthéon par la Révolution en 1791. Il y repose depuis, face à Rousseau — les deux frères ennemis des Lumières.
Rue Voltaire Prolongée
histoireIssu de la bourgeoisie parisienne, François-Marie Arouet (1694-1778) fit de brillantes études chez les jésuites de Louis-le-Grand. Son pseudonyme Voltaire est l'anagramme d'Arovet L.J. — « Arouet le Jeune » — à une époque où u et v ne se distinguaient pas encore à l'écrit. Ses vers irrévérencieux contre le Régent lui valurent onze mois de Bastille en 1717, où il écrivit sa première tragédie et se choisit son nouveau nom. Un franc-parler récidiviste l'exila ensuite en Angleterre pendant trois ans, séjour décisif : il en revint transformé, avec une philosophie réformatrice de la justice et de la société inspirée du modèle anglais, et une défense ardente de la liberté d'expression. Rentré en France, il ne cessa dès lors de critiquer la guerre, le dogme chrétien et surtout la monarchie absolue de droit divin. Historiographe du roi en 1745, il entra à l'Académie française l'année suivante — mais ses écrits scandaleux (Zadig, 1747) le forcèrent à l'exil, d'abord chez Frédéric II à Berlin, puis en Suisse. En 1759, il s'installa à Ferney, village frontalier de la Suisse qui portera désormais son nom : il y accueillit toute l'Europe éclairée pendant vingt ans, devenant le « patriarche de Ferney », référence intellectuelle du siècle. La même année, il publia Candide, roman satirique où sa naïveté imaginaire dénonce le fanatisme, la guerre, l'esclavage et l'optimisme métaphysique de Leibniz — le fameux « Il faut cultiver notre jardin » qui clôt le livre. Avec ses pamphlets mordants, il se battit contre les injustices judiciaires : l'affaire Calas (protestant toulousain roué en 1762, réhabilité grâce à lui en 1765), l'affaire Sirven, l'exécution du jeune chevalier de La Barre. À chacun il opposa sa devise, signée à la fin de ses lettres : « Écrasons l'infâme » — l'infâme étant le fanatisme religieux. En 1778, à quatre-vingt-trois ans, il revint triomphalement à Paris après vingt-huit ans d'absence : la Comédie-Française l'acclama debout, la foule l'idolâtra. Il mourut trois mois plus tard. Refusé de sépulture chrétienne, enterré à la sauvette en Champagne, il fut transféré au Panthéon par la Révolution en 1791. Il y repose depuis, face à Rousseau — les deux frères ennemis des Lumières.
Rue Waldeck Rousseau
histoireDeux lois portent le nom de Pierre Waldeck-Rousseau ((1846-1904), et chacune a changé la vie quotidienne de millions de Français. La loi Waldeck-Rousseau du 21 mars 1884 autorisa pour la première fois la création des syndicats professionnels, abrogeant la loi Le Chapelier de 1791 qui les interdisait depuis près d'un siècle. La loi du 1er juillet 1901 consacra la liberté d'association — cette même loi qui, aujourd'hui encore, régit toutes les associations françaises, du club de pétanque au grand mouvement caritatif. Peu d'hommes politiques ont laissé une trace juridique aussi durable dans le tissu social du pays. Il naquit à Nantes le 2 décembre 1846, fils d'un avocat républicain élu à l'Assemblée constituante de 1848 et maire de Nantes. Formé au droit à Rennes puis à Paris, avocat brillant à la parole sèche et précise, Waldeck-Rousseau fut élu député de Rennes en 1879 à trente-deux ans, prit place à la Chambre parmi les républicains opportunistes, et se fit rapidement remarquer par la solidité juridique de ses interventions. Gambetta le fit ministre de l'Intérieur en 1881 ; Jules Ferry le reconduisit dans cette fonction de 1883 à 1885. C'est à ce poste qu'il porta devant le Parlement la première grande loi qui porta son nom : celle qui rendait leurs droits aux travailleurs organisés. Déçu par la politique parlementaire, il s'écarta un temps du pouvoir après la chute de Ferry en 1885, redevint avocat au barreau de Paris — où son cabinet spécialisé dans les affaires financières devint l'un des plus recherchés — puis revint à la vie politique comme sénateur de la Loire en 1894. Son grand rendez-vous historique vint quatre ans plus tard, en pleine affaire Dreyfus. Alors que la France se déchirait sur la culpabilité ou l'innocence du capitaine, que les nationalistes et les antisémites menaçaient l'ordre républicain, le président Émile Loubet l'appela le 22 juin 1899 pour former un gouvernement. Le pari était audacieux : Waldeck-Rousseau réussit à faire cohabiter dans le même cabinet de « Défense républicaine » le général de Galliffet — le sinistre « fusilleur de la Commune » — et le socialiste Alexandre Millerand, première entrée d'un socialiste dans un gouvernement de la République. Le ministère dura trois ans, le plus long de toute la IIIᵉ République. Waldeck-Rousseau y ramena la paix civile, gracia Dreyfus en 1899 (avant sa réhabilitation complète en 1906), fit voter la loi de 1901 sur les associations, réorganisa l'armée et pacifia les relations sociales. Cette loi de 1901, qui reste son grand testament, avait une dimension politique très concrète : elle visait aussi à soumettre les congrégations religieuses à autorisation, dans le contexte tendu du combat pour la laïcité. Elle serait prolongée dès 1905 par la loi de séparation des Églises et de l'État, dont Waldeck-Rousseau posa les fondations sans en voir l'aboutissement. Rongé par le cancer, il démissionna en juin 1902 et mourut à Corbeil deux ans plus tard, à cinquante-sept ans. Son cabinet d'avocat, sa parole sèche et sa hauteur de vue avaient permis à la République de traverser sa plus grave crise depuis la Commune. Un siècle plus tard, chaque association déclarée en préfecture, chaque syndicat qui négocie une convention collective porte encore la trace discrète de son nom.
Voie Verte des Gueules Noires
patrimoine