Rues de Bondues
202 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée Albert Lecointre
patrimoineAllée Daguet
patrimoineAllée de Bournonville
patrimoineAllée de la Chasse
patrimoineAllée de la Forge
patrimoineAllée de la Houblonnière
patrimoineAllée de la Houlette
patrimoineAllée de la Mannée
patrimoineAllée de la Prairie
natureAllée de la Quenouille
patrimoineAllée de l'Épée Royale
patrimoineAllée des Béguines
patrimoineAllée des Bleuets
patrimoineAllée des Bouleaux
patrimoineAllée des Boutons d'Or
patrimoineAllée des Buissonnières
patrimoineAllée des Camélias
patrimoineAllée des Clarins
patrimoineAllée des Coqueleux
patrimoineAllée des Cordiers
patrimoineAllée des Drapiers
patrimoineAllée des Écuries
patrimoineAllée des Fenaisons
patrimoineAllée des Furets
patrimoineAllée des Genêts
patrimoineAllée des Jasmins
patrimoineAllée des Jonquilles
patrimoineAllée des Lys
patrimoineAllée des Marguerites
patrimoineAllée des Mésanges
patrimoineAllée des Moissons
patrimoineAllée des Oies
patrimoineAllée des Orchidées
patrimoineAllée des Ormeaux
patrimoineAllée des Pervenches
patrimoineAllée des Pinsonneux
patrimoineAllée des Primevères
patrimoineAllée des Seringas
patrimoineAllée des Tilleuls
natureOn le reconnaît à ses larges feuilles en forme de cœur et à sa fleur jaune pâle qui embaume les soirs de juin d'un parfum sucré, entêtant — ce parfum qui fait partie du grand album olfactif de l'enfance française. Depuis le Moyen Âge, on plante un tilleul au centre des villages : sous ses branches, on tient conseil, on rend la justice, on marie les fiancés, on danse aux fêtes patronales. En 1792, la jeune République en fit son « arbre de la Liberté » et lança une plantation nationale — beaucoup des vieux tilleuls de nos places datent d'ailleurs de cette époque. Rien ne se perd dans un tilleul : ses fleurs séchées font la fameuse tisane qui apaise le sommeil, son miel blond et parfumé est l'un des plus recherchés d'Europe, et son bois tendre a servi aux plus grands sculpteurs allemands du XVᵉ siècle. Il pousse lentement mais peut vivre cinq siècles, atteindre trente mètres, résister à la pollution comme aux tailles sévères. Il aura vu passer les diligences, les premières automobiles, les trottinettes électriques, sans jamais changer de place — patient géant qui veille sur les places de France.
Allée des Tourterelles
patrimoineAllée du Bel Arbre
patrimoineAllée du Boisseau
patrimoineAllée du Bon Forgeron
patrimoineAllée du Carrousel
patrimoineAllée du Chapitre Saint-Pierre
patrimoineAllée du Chariot d'Or
patrimoineAllée du Charron
patrimoineAllée du Château d'Eau
patrimoineAllée du Chevalier du Lys
patrimoineAllée du Cloître
patrimoineAllée du Clos d'Hespel
patrimoineAllée du Couvent
patrimoineAllée du Ferrain
patrimoineAllée du Grand Cerf
patrimoineAllée du Gris Mouchon
patrimoineAllée du Mont
patrimoineAllée du Moulin
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Allée du Petit Bonnier
patrimoineAllée du Petit Matin
patrimoineAllée du Prieuré
patrimoineAllée du Professeur Biserte
patrimoineAllée du Roitelet
patrimoineAllée du Rouet
patrimoineAllée du Soleil Couchant
patrimoineAllée du Verger
patrimoineAllée du Vieux Noyer
patrimoineAllée Édouard Hasbroucq
patrimoineAllée Fernande Callens
patrimoineAllée Gérard Ovlaque
patrimoineAllée Gerfault
patrimoineAllée Hames
patrimoineAllée Jean Monnet
patrimoineAllée Jeanne d'Arc
patrimoineAllée Léon Desbonnets
patrimoineAllée Maxence Van Der Meersch
patrimoineAllée Mortreux
patrimoineAllée Philippe Prouvost
patrimoineAllée Saint-Hubert
patrimoineAvenue Albert Calmette
patrimoineAvenue Albert Lecointre
patrimoineAvenue Annette
patrimoineAvenue d'Amsterdam
patrimoineAvenue des Archers
patrimoineAvenue des Églantiers
patrimoineAvenue des Roses
patrimoineAvenue des Saules
patrimoineAvenue de Wambrechies
patrimoineAvenue de Wazières
patrimoineAvenue du Béguinage
patrimoineAvenue du Blanc Village
patrimoineAvenue du Clair Village
patrimoineAvenue du Coquinage
patrimoineAvenue du Général de Gaulle
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Avenue du Plat Pays
patrimoineAvenue du Vert Touquet
patrimoineAvenue Gabriel Lippmann
patrimoineAvenue Henri Becquerel
patrimoineAvenue Henri Poincaré
patrimoineAvenue Jean Perrin
patrimoineAvenue Louis Dervaux
patrimoineAvenue Paul Langevin
patrimoineAvenue Robert Descamps
patrimoineCarrière d'Helfaut
patrimoineCarrière Lagache
patrimoineCarrière Lebrun
patrimoineChemin de la Chapelle Lacroix
patrimoineChemin de la Corderie
patrimoineChemin de la Croix Bouillette
patrimoineChemin de la Ferme de la Rive
patrimoineChemin de la Ferme de Plaquerie
patrimoineChemin de la Ferme Léonard
patrimoineChemin de la Payelle
patrimoineChemin de la Tranquilité
patrimoineChemin de la Vallée
patrimoineChemin de Marcq
patrimoineChemin des Épis
patrimoineChemin des Grands Obeaux
patrimoineChemin des Maraîchers
patrimoineChemin des Perdrix
patrimoineChemin des Peupliers
natureChemin des Ramiers
patrimoineChemin des Sources
patrimoineChemin du Beau Séjour
patrimoineChemin du Cabu
patrimoineChemin du Christ
patrimoineChemin du Clinquet
patrimoineChemin du Damier
patrimoineChemin du Funquereau
patrimoineChemin du Molinel
patrimoineChemin du Mont de Bondues
patrimoineChemin du Petit Bois
patrimoineChemin du Pot de Fer
patrimoineChemin du Purgatoire
patrimoineChemin du Sénevé
patrimoineChemin du Septentrion
patrimoineChemin Georges
patrimoineChemin Lutun
patrimoineChemin Saint-Georges
patrimoineCité Bellevue
patrimoineCité de la Croix Blanche
patrimoineClos de la Chenaie
patrimoineClos des Fléoles
patrimoineDomaine de la Croix Blanche
patrimoineDomaine de la Vigne
natureDrève de l'Aérodrome
sciencesDrève de Pied
patrimoineDrève du Château
patrimoineHameau de la Chanterelle
patrimoineHameau des Lazaristes
patrimoineParc de l'Aérodrome
sciencesParc Saint-Georges
patrimoinePavé des Bois Blancs
patrimoinePavé du Bas Chemin
patrimoinePavé Stratégique
patrimoinePiedsente des Viviers
patrimoinePied-Sente de Wülfrath
patrimoinePied Sente du Jambon
patrimoinePlace de l'Abbé Bonpain
patrimoineRésidence du Bois d'Achelles
patrimoineRésidence Louise Niquet
patrimoineRocade Nord Ouest
patrimoineRond-Point de la Chapelle au Lait Battu
patrimoineRond-Point des Ravennes
patrimoineRond-Point du Fort
patrimoineRond-Point Saint-Georges
patrimoineRue Anne et Albert Prouvost
patrimoineRue César Loridan
patrimoineRue de Béthune
patrimoineRue de l'Abbé Six
patrimoineRue de la Clef des Champs
patrimoineRue de la Poste
patrimoineRue de Lille
patrimoineRue de Menin
patrimoineRue de Rotterdam
patrimoineRue des Peupliers
natureRue des Ravennes
patrimoineRue du Beau Séjour
patrimoineRue du Bosquiel
patrimoineRue du Docteur Fleming
patrimoineRue du Docteur Schweitzer
patrimoineRue du Dronckaert
patrimoineRue du Forest
patrimoineRue du Fort Debout
patrimoineRue du Fort Montagne
patrimoineRue du Moulin Cardon
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue du Pont d'Achelles
patrimoineRue Fouquet Lelong
patrimoineRue Gabriel Péri
patrimoineRue Henri Dunant
patrimoineRue Jean-Baptiste Lebas
patrimoineRue Jean Macé
patrimoineRuelle du Docteur Breda
patrimoineRuelle Ma Campagne
patrimoineRue Louis Pasteur
sciencesLouis Pasteur (1822-1895) révèla dès l'enfance un vrai talent pour le dessin - son mentor au collège d'Arbois le surnomme « mon petit Michel-Ange » et il réalisera une quarantaine de portraits au pastel avant de se tourner vers la science. En 1863, il sera d'ailleurs nommé à la chaire de géologie, physique et chimie appliquées aux beaux-arts de l'École des Beaux-Arts de Paris. En 1865, Napoléon III lui demande de combattre les maladies qui ruinent les exportations de vin (acétification, pousse, graisse, amer). Pasteur met au point un chauffage à 60 °C pendant 20 à 30 minutes : la pasteurisation est née, faisant de Pasteur le sauveur du vin français. Le procédé sera ensuite appliqué à la bière, puis au lait. Marqué par la défaite de 1870 face aux Allemands, alors maîtres incontestés de la bière, il s'attelle à créer une bière française meilleure que la leur — un travail qui aboutira à la pasteurisation des bouteilles à 65 °C. Pourtant la célébrité de Pasteur vient du 6 juillet 1885, lorsqu'il inocula au jeune Joseph Meister, mordu 14 fois par un chien enragé, le premier vaccin antirabique de l'histoire ! L'enfant survécut et put vivre jusqu'à l'âge de 64 ans. Pasteur s'inspirait des travaux d'Edward Jenner sur la variole : il est donc le père du vaccin, mais non de la vaccination. Il fondit l'Institut Pasteur en 1888 et décéda à Marne-la-Coquette en 1895 et recevoir des funérailles nationales à Notre-Dame de Paris.
Rue Marie Curie
sciencesMaria Skłodowska (1867-1934) est originaire de Varsovie, dans une Pologne alors sous domination russe. Elle grandit dans une famille d'enseignants patriotes, cultivés et pauvres. Interdite d'université parce que femme et polonaise, elle suit les cours clandestins de « l'Université volante » avant de travailler comme gouvernante pour payer les études de sa sœur à Paris. Puis, à 24 ans, ce sera son tour : train pour Paris, chambre glaciale au Quartier latin, études à la Sorbonne dans une langue qu'elle apprend en marchant. Elle sort major de sa promotion en physique. En 1894, elle rencontre Pierre Curie, physicien discret et brillant. Ils se marient l'année suivante — voyage de noces à vélo à travers la France — et forment l'un des couples scientifiques les plus célèbres de l'histoire. Dans un hangar délabré de la rue Lhomond, sans chauffage, sans hotte, ils traitent à la main des tonnes de pechblende venue de Bohême pour en extraire, à la petite cuillère, quelques décigrammes d'un élément nouveau. Ils le nomment polonium en hommage à la patrie de Marie. Puis, quelques mois plus tard, en 1898, ils isolent le radium. Le monde entre dans l'ère de la radioactivité — un mot qu'elle a inventé. En 1903, le prix Nobel de physique récompense les Curie et Henri Becquerel. Le comité voulait n'honorer que les hommes ; Pierre exige que Marie soit associée. Elle devient la première femme lauréate d'un prix Nobel. La gloire, mais aussi la fatigue, la santé qui s'altère — leurs mains sont couvertes de brûlures qu'ils ne comprennent pas encore. Le 19 avril 1906, Pierre traverse la rue Dauphine sous la pluie, glisse, tombe sous les roues d'un camion à cheval. Il meurt sur le coup. Marie a 38 ans, deux petites filles, et un chagrin qui ne la quittera plus. Elle reprend pourtant la chaire de son mari à la Sorbonne — première femme professeur de l'histoire de l'université — et poursuit seule les recherches. En 1911, elle reçoit un second Nobel, de chimie cette fois, pour l'isolement du radium métallique. Elle est à ce jour la seule personne à avoir obtenu deux Nobel dans deux disciplines scientifiques distinctes. La même année, elle est écartée de l'Académie des sciences française : trop femme, trop étrangère, trop indépendante. Elle n'y entrera jamais. Pendant la Grande Guerre, elle équipe à ses frais une vingtaine de voitures radiologiques mobiles pour le front — les fameuses « petites Curie ». Elle apprend à conduire, forme des manipulatrices, se rend elle-même sous les obus. Un million de blessés seront radiographiés grâce à ces véhicules. Elle refuse toute médaille. Elle meurt le 4 juillet 1934, dans un sanatorium des Alpes, d'une anémie aplasique provoquée par des décennies d'exposition aux rayonnements. Ses carnets de laboratoire sont encore aujourd'hui si radioactifs qu'ils sont conservés dans des coffres plombés, à consulter en combinaison. En 1995, elle entre au Panthéon aux côtés de Pierre — première femme à y être admise pour ses propres mérites. Sa fille Irène recevra à son tour, avec son mari Frédéric Joliot-Curie, le Nobel de chimie en 1935. La science, chez les Curie, était affaire de famille — et de siècle.
Rue Mirabeau
patrimoineRue Norbert Ségard
patrimoineRue Raoul Follereau
patrimoineRue René d'Hespel
patrimoineRue Robert Schuman
patrimoineRue Saint-Joseph
patrimoineRue Voltaire
histoireIssu de la bourgeoisie parisienne, François-Marie Arouet (1694-1778) fit de brillantes études chez les jésuites de Louis-le-Grand. Son pseudonyme Voltaire est l'anagramme d'Arovet L.J. — « Arouet le Jeune » — à une époque où u et v ne se distinguaient pas encore à l'écrit. Ses vers irrévérencieux contre le Régent lui valurent onze mois de Bastille en 1717, où il écrivit sa première tragédie et se choisit son nouveau nom. Un franc-parler récidiviste l'exila ensuite en Angleterre pendant trois ans, séjour décisif : il en revint transformé, avec une philosophie réformatrice de la justice et de la société inspirée du modèle anglais, et une défense ardente de la liberté d'expression. Rentré en France, il ne cessa dès lors de critiquer la guerre, le dogme chrétien et surtout la monarchie absolue de droit divin. Historiographe du roi en 1745, il entra à l'Académie française l'année suivante — mais ses écrits scandaleux (Zadig, 1747) le forcèrent à l'exil, d'abord chez Frédéric II à Berlin, puis en Suisse. En 1759, il s'installa à Ferney, village frontalier de la Suisse qui portera désormais son nom : il y accueillit toute l'Europe éclairée pendant vingt ans, devenant le « patriarche de Ferney », référence intellectuelle du siècle. La même année, il publia Candide, roman satirique où sa naïveté imaginaire dénonce le fanatisme, la guerre, l'esclavage et l'optimisme métaphysique de Leibniz — le fameux « Il faut cultiver notre jardin » qui clôt le livre. Avec ses pamphlets mordants, il se battit contre les injustices judiciaires : l'affaire Calas (protestant toulousain roué en 1762, réhabilité grâce à lui en 1765), l'affaire Sirven, l'exécution du jeune chevalier de La Barre. À chacun il opposa sa devise, signée à la fin de ses lettres : « Écrasons l'infâme » — l'infâme étant le fanatisme religieux. En 1778, à quatre-vingt-trois ans, il revint triomphalement à Paris après vingt-huit ans d'absence : la Comédie-Française l'acclama debout, la foule l'idolâtra. Il mourut trois mois plus tard. Refusé de sépulture chrétienne, enterré à la sauvette en Champagne, il fut transféré au Panthéon par la Révolution en 1791. Il y repose depuis, face à Rousseau — les deux frères ennemis des Lumières.