Rues de Barbezieux-Saint-Hilaire
191 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
Allée Christian Girard
patrimoineAllée de l'Arboretum
patrimoineAllée des Hirondelles
natureAllée des Noyers
patrimoineAllée des Palmiers
patrimoineAllée des Pinsons
patrimoineAllée des Roitelets
patrimoineAllée des Rossignols
patrimoineAllée des Sports
patrimoineAllée Henry Pirault
patrimoineAllée Suzanne Lenglen
patrimoineAvenue Aliénor d'Aquitaine
patrimoineAvenue Aristide Briand
patrimoineAvenue Bernard Fischer
patrimoineAvenue Charles Virolleaud
patrimoineAvenue de la République
patrimoineAvenue de l'Europe
patrimoineAvenue de Plaisance
patrimoineAvenue des Alouettes
patrimoineAvenue de Vignola
patrimoineAvenue du 14 Juillet
patrimoineAvenue du Général de Gaulle
histoireDés son plus jeune âge dans les rues de Lille sa ville natale, Charles de Gaulle (1890-1970) rêve très tôt d'uniforme. Diplômé de l'école Saint-Cyr, blessé et fait prisonnier à Verdun en 1916, il rumine pendant deux ans de captivité ses idées sur la guerre moderne. Dans les années 1930, seul contre l'état-major, il prêche pour une armée mécanisée, mobile, offensive. On ne l'écoute pas. La défaite militaire de mai 1940 lui donnera tragiquement raison. Le 17 juin 1940, alors que le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) demande l'armistice en temps qui chef du régime de Vichy, le général de brigade De Gaulle s'envole pour Londres. Le lendemain, à 18 heures, il s'exprime à la radio BBC. Presque personne ne l'entend en direct. Peu importe : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » De cette voix nue, sans troupes ni territoire, va naître la France Libre. Il s'en suit une longue quête personnelle et nationale pour fonder la France Libre, reconstituer une armée et libérer la ville de Paris le 19 août 1944. Nommé chef du gouvernement provisoire à la Libération, il descend les Champs-Élysées le 26 août 1944. Puis, en désaccord avec les partis, il claque la porte en 1946 et disparaît de la scène. Douze ans de « traversée du désert » à Colombey-les-Deux-Églises, à écrire ses Mémoires. Il revient en 1958, à la faveur de la crise algérienne, et fonde la Ve République — celle qui nous régit encore aujourd'hui. Suffrage universel direct, autorité présidentielle, indépendance nationale : sa marque est partout. Charles De Gaulle eut trois enfants, dont Anne, née trisomique en 1928. Contre l'usage de l'époque, il la garde auprès de lui, la porte sur ses genoux, chante pour l'endormir. Elle meurt à 20 ans. Sur sa tombe, il murmure à Yvonne : « Maintenant, elle est comme les autres. » Il quitta définitivement le pouvoir en 1969 après un référendum perdu, retournant à ses livres et à ses longues promenades. Il meurt un soir de novembre 1970, foudroyé par une rupture d'anévrisme devant sa table de bridge. Selon ses volontés : pas de Panthéon, pas de funérailles nationales. Une tombe simple, à Colombey, à côté de sa fille Anne.
Avenue Félix Gaillard
patrimoineAvenue Nelson Mandela
patrimoineAvenue Pierre Mendès-France
patrimoineAvenue Pierre Viaud
patrimoineAvenue Vergne
patrimoineBoulevard Chanzy
patrimoineBoulevard Gambetta
histoireFils d'un épicier génois installé à Cahors, Léon Gambetta (1838-1882) n'a rien d'un enfant de la bourgeoisie parisienne. Il monte à Paris étudier le droit, perd un œil dans un accident d'enfance, mais compense ce handicap par une voix de tonnerre et un art oratoire qui va sidérer son époque. Avocat, il se fait connaître en 1868 par une plaidoirie fulgurante contre le Second Empire — un réquisitoire devenu célèbre où il énumère, un à un, les crimes du régime. Le jeune homme du Sud-Ouest est désormais un nom. Le 4 septembre 1870. La France vient d'être écrasée à Sedan, l'empereur est prisonnier des Prussiens. À l'Hôtel de Ville de Paris, Gambetta — 32 ans — proclame la République depuis un balcon, devant une foule en délire. Ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de Défense nationale rapidement encerclé dans Paris assiégé, il prend une décision spectaculaire : le 7 octobre, il s'échappe en ballon au-dessus des lignes prussiennes pour rejoindre la province et y lever de nouvelles armées. L'image est restée : un ministre en montgolfière, écharpe au vent, allant sauver la patrie. Depuis Tours puis Bordeaux, il improvise en quelques semaines des armées entières, mobilise, réquisitionne, harangue. Rien n'y fait : la France est vaincue, l'Alsace-Moselle perdue. Gambetta démissionne, refusant de cautionner le traité. Ce qu'il fait ensuite est peut-être plus important encore. Dans une Assemblée majoritairement monarchiste, il consacre dix ans à convaincre, séduire, rallier — patiemment, ville après ville, discours après discours. Sa formule reste célèbre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi. » Il forge le vocabulaire, les rituels, la mystique d'une République qui doit s'ancrer dans les cœurs. Il popularise la Marseillaise, le 14 juillet, l'école laïque à venir. Sans lui, il n'est pas sûr que la République se serait installée durablement en France. Nommé enfin président du Conseil en novembre 1881, son gouvernement — le « Grand Ministère » que tout le monde attendait — tombe au bout de dix semaines. Le 27 novembre 1882, dans sa maison des Jardies à Ville-d'Avray, un coup de revolver part accidentellement, lui traversant la main. La blessure paraît bénigne mais il meurt le 31 décembre, à 44 ans, d'une appendicite mal soignée aggravée par sa convalescence. La rumeur d'un suicide, ou d'un drame passionnel avec sa compagne Léonie Léon, courra longtemps. Des funérailles nationales grandioses ont lieu le 6 janvier 1883 : un demi-million de Parisiens suivent le cortège. En 1920, pour le cinquantenaire de la République, son cœur — et son cœur seul — est transféré au Panthéon dans une urne. Le reste de son corps repose à Nice, auprès de son père. Étrange destin posthume pour celui qui, plus que tout autre, avait mis le sien au service de la République.
Chemin de Chat Pendu
patrimoineChemin de Chez Raffenaud
patrimoineChemin de la Barde
patrimoineChemin de la Bourgeade
patrimoineChemin de la Bourgeade à Barbezieux
patrimoineChemin de la Font du Clou
patrimoineChemin de la Pérotte
patrimoineChemin de la Poste
patrimoineChemin de la Prophète
patrimoineChemin de la Roumade
patrimoineChemin de la Triquedondaine
patrimoineChemin de l'Étang
natureChemin de l'Oisillon
patrimoineChemin de l'Ouche des Filles
patrimoineChemin de Pierre Brune
patrimoineChemin des Chauvettes
patrimoineChemin des Combes
patrimoineChemin des Douves
patrimoineChemin des Étangs
natureChemin des Fauvettes
patrimoineChemin des Gâtines
patrimoineChemin des Pilards
patrimoineChemin de Triquedondaine
patrimoineChemin de Vignac
patrimoineChemin du Haut Faubourg
patrimoineChemin du Pas du Vignaud
patrimoineChemin du Petit Fief
patrimoineChemin Lussault
patrimoineChemin Noir
patrimoineChemin Saint-Eloi
patrimoineChemin Thuleau
patrimoineCité de la Cigogne
patrimoineCité de la Picauderie
patrimoineCité E. Menanteau
patrimoineGrand'Rue du Limousin
patrimoineImpasse Aristide Briand
patrimoineImpasse de la Métairie du Bois
patrimoineImpasse des Pilards
patrimoineImpasse des Tourterelles
patrimoineImpasse du Limousin
patrimoineImpasse du Parc
patrimoineImpasse du Temple
patrimoineImpasse Pérot
patrimoineImpasse Sainte-Barbe
patrimoineImpasse Saint-Éloi
patrimoineImpasse Trarieux
patrimoineImpasse Wolfratshausen
patrimoineLigne de Châteauneuf-sur-Charente à Saint-Mariens - Saint-Yzan
patrimoinePassage de la Motte
patrimoinePassage du Limousin
patrimoinePassage Marcel Rolland
patrimoinePlace des Granges
patrimoinePlace du Champ de Foire
patrimoinePlace du Haut Faubourg
patrimoinePlace du Marché
patrimoinePlace Elie Vinet
patrimoinePlace Gaston Chevrou
patrimoineRampe des Mobiles
patrimoineRoute d'Archiac
patrimoineRoute de Barbezieux
patrimoineRoute de Bergemont
patrimoineRoute de Chalais
patrimoineRoute de Chez Baron
patrimoineRoute de chez Drouillard
patrimoineRoute de Chez Goujon
patrimoineRoute de Chez Guichetaud
patrimoineRoute de Criteuil
patrimoineRoute de Font Châtelaine
patrimoineRoute de Jonzac
patrimoineRoute de la Bosse
patrimoineRoute de la Braude
patrimoineRoute de la Cigogne
patrimoineRoute de la Croix du Rat
patrimoineRoute de la Forge
patrimoineRoute de Maine Jaud
patrimoineRoute de Montmoreau
patrimoineRoute de Saint-Bonnet
patrimoineRoute de Saint-Seurin
patrimoineRoute des Clairons
patrimoineRoute de Segonzac
patrimoineRoute des Moreaux
patrimoineRoute des Tilleuls
natureOn le reconnaît à ses larges feuilles en forme de cœur et à sa fleur jaune pâle qui embaume les soirs de juin d'un parfum sucré, entêtant — ce parfum qui fait partie du grand album olfactif de l'enfance française. Depuis le Moyen Âge, on plante un tilleul au centre des villages : sous ses branches, on tient conseil, on rend la justice, on marie les fiancés, on danse aux fêtes patronales. En 1792, la jeune République en fit son « arbre de la Liberté » et lança une plantation nationale — beaucoup des vieux tilleuls de nos places datent d'ailleurs de cette époque. Rien ne se perd dans un tilleul : ses fleurs séchées font la fameuse tisane qui apaise le sommeil, son miel blond et parfumé est l'un des plus recherchés d'Europe, et son bois tendre a servi aux plus grands sculpteurs allemands du XVᵉ siècle. Il pousse lentement mais peut vivre cinq siècles, atteindre trente mètres, résister à la pollution comme aux tailles sévères. Il aura vu passer les diligences, les premières automobiles, les trottinettes électriques, sans jamais changer de place — patient géant qui veille sur les places de France.
Route du Jardin Fleuri
patrimoineRoute du Lary
patrimoineRoute du Maine Mailler
patrimoineRoute Pierre Sacre
patrimoineRue Albert Camus
patrimoineRue Albert Nouel
patrimoineRue André Banchereau
patrimoineRue Boris Bordes
patrimoineRue Charles Réchenma
patrimoineRue Commandant Fougerat
patrimoineRue Coudée
patrimoineRue de Bavière
patrimoineRue de la Bascule
patrimoineRue de la Boissière
patrimoineRue de la Boule d'Or
patrimoineRue de l'Alma
patrimoineRue de la Motte
patrimoineRue de la République
patrimoineRue de La Rochefoucauld
patrimoineRue de l'Échelle
patrimoineRue de l'Hôpital
patrimoineRue de l’Islot
patrimoineRue des Basses Douves
patrimoineRue des Bergeronnettes
patrimoineRue des Chardonnerets
patrimoineRue des Droits de l'Homme
patrimoineRue des Granges
patrimoineRue des Hautes Douves
patrimoineRue des Maines
patrimoineRue des Mésanges
patrimoineRue des Petites Granges
patrimoineRue des Pilards
patrimoineRue des Tours
patrimoineRue de Wolfratshausen
patrimoineRue d'Hunaud
patrimoineRue du 11 Novembre
patrimoineRue du 8 Mai 1945
patrimoineRue du Bon Coin
patrimoineRue du Bourg Enfouché
patrimoineRue du Capitaine Jacques Souil
patrimoineRue du Château d'Eau
patrimoineRue du Commandant Foucaud
patrimoineRue du Docteur Meslier
patrimoineRue du Four
patrimoineRue du Maine Bouvarel
patrimoineRue du Minage
patrimoineRue du Pigeonnier
patrimoineRue du Ponceau
patrimoineRue du Puits du Prêche
patrimoineRue du Trapèze
patrimoineRue du Trèfle
patrimoineRue du Triangle
patrimoineRue du Vignaud
patrimoineRue Elie Vinet
patrimoineRue Émile Venthenat
patrimoineRue Froide
patrimoineRue Haute de l'Hôpital
patrimoineRue Henri Fauconnier
patrimoineRue Jacques Chardonne
patrimoineRue Jean Moulin
histoireIssu d'une famille républicaine et laïque (son père, professeur, était un fervent dreyfusard), Jean Moulin (1899-1943) grandit dans le culte de la République et le goût du dessin, qu'il pratiquera toute sa vie sous le pseudonyme de Romanin. Caricaturiste talentueux, il expose, publie dans des journaux satiriques, fréquente les artistes de Montparnasse. Rien ne semblait le destiner à devenir une icône. Haut fonctionnaire brillant, il gravit les échelons à vitesse fulgurante et devient, à 38 ans, préfet d'Eure-et-Loir, devenant ainsi le plus jeune préfet de France. En 1939. Il n'imagine pas encore que sa fonction va faire de lui, en quelques mois, un héros. Chartres, juin 1940. Alors que la Wehrmacht déferle, les Allemands veulent lui faire signer un document accusant des tirailleurs sénégalais de crimes qu'ils n'ont pas commis. Il refuse. On le frappe, on l'enferme dans une pièce avec le cadavre d'une femme, on le menace. La nuit venue, seul, il tente de se trancher la gorge avec un tesson de verre pour ne pas céder sous la torture. Il survit — mais portera désormais une cicatrice qu'il cachera sous une écharpe. Cette écharpe deviendra, avec le feutre et le regard sombre, son image éternelle. Révoqué par le régime de Vichy en novembre 1940, il gagne Londres via l'Espagne et le Portugal. Le général De Gaulle lui confie une mission d'une audace folle : unifier les mouvements de résistance intérieure, jusqu'alors dispersés, rivaux, cloisonnés. Parachuté en Provence dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, sous le nom de « Rex », il sillonne la France clandestinement, convainc, arbitre, fédère. Le 27 mai 1943, à Paris, rue du Four, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance — moment fondateur où communistes, socialistes, syndicalistes, chrétiens et gaullistes se retrouvent enfin sous une même bannière. Trois semaines après cette réunion historique, le 21 juin 1943, il tombe dans un guet-apens à Caluire-et-Cuire, près de Lyon. Arrêté par "le boucher de Lyon" Klaus Barbie, il est torturé pendant des jours dans les locaux de la Gestapo, avenue Berthelot. Il ne parlera pas. Un mot, un seul, aurait suffi à décapiter la Résistance : il l'emporte avec lui. Il meurt dans le train qui l'emmène vers l'Allemagne, quelque part près de Metz, le 8 juillet 1943. Il avait 44 ans. Le 19 décembre 1964, ses cendres sont transférées au Panthéon. Sous la pluie battante, André Malraux prononce l'un des plus beaux discours de la langue française : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » La voix se brise. Toute une génération pleure. Un visage — écharpe, feutre, regard — devient à jamais celui de la France qui a dit non.
Rue Jean-Sans-Terre
patrimoineRue la Combe à Baudet
patrimoineRue Louvois
patrimoineRue Marcel Jambon
patrimoineRue Martini
patrimoineRue Maurice Guérive
patrimoineRue Rigaud de Barbezieux
patrimoineRue Robert Boisnier
patrimoineRue Sadi Carnot
histoireIssu d'une des grandes lignées républicaines et scientifiques françaises — petit-fils du révolutionnaire Lazare Carnot et neveu du physicien Sadi Carnot, père de la thermodynamique — Marie François Sadi Carnot (1837-1894) suivit d'abord la voie familiale : Polytechnique, ingénieur des Ponts et Chaussées. Républicain modéré, il devint président de la Troisième République en 1887, après que le scandale des décorations eut contraint son prédécesseur Jules Grévy (1807-1891) à démissionner — le gendre de Grévy monnayait honteusement des Légions d'honneur. Réputé pour sa rigueur et son honnêteté dans une République secouée par les scandales, Carnot dut affronter une société française agitée : le retentissant scandale de Panama (1892), où plusieurs centaines de députés et de journaux s'étaient laissés corrompre par la Compagnie interocéanique de Ferdinand de Lesseps, ruinée après l'échec du percement du canal ; les attentats anarchistes qui frappaient Paris (Vaillant à la Chambre des députés, Ravachol, Émile Henry au café Terminus…) ; et la crise boulangiste, du nom du général Georges Boulanger (1837-1891), populaire et menaçant, qui rêvait d'un pouvoir personnel et d'une revanche militaire contre l'Allemagne pour reconquérir l'Alsace-Moselle, cédée par le traité de Francfort en 1871. La politique extérieure de Carnot poursuivit l'expansion coloniale (Afrique, Indochine) tout en se rapprochant de la Russie tsariste — jetant les bases de l'alliance qui structurera le début du XXᵉ siècle. Sa fin fut brutale : à Lyon, le 24 juin 1894, alors qu'il quittait un banquet à la Chambre de commerce, il fut poignardé par Sante Caserio, jeune boulanger anarchiste italien de vingt-et-un ans, qui vengeait ainsi l'exécution récente de Vaillant. Ses funérailles nationales rassemblèrent des centaines de milliers de Parisiens en deuil. Il fut inhumé au Panthéon — seul président de la Troisième République à y entrer directement à sa mort. Avez-vous déjà entendu parler de son oncle et homonyme Sadi Carnot ? On lui attribue généralement les rues Carnot.
Rue Saint-Eloi
patrimoineRue Saint-Georges
patrimoineRue Saint-Jean de Madère
patrimoineRue Saint-Mathias
patrimoineRue Thomas Veillon
patrimoineRue Trarieux
patrimoineRue Turgot
patrimoineRue Victor Hugo
histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1885) naquit à Besançon le 7 ventôse de l'an X — soit le 26 février 1802 dans le calendrier révolutionnaire encore en usage. Poète, romancier, dramaturge, mais aussi (moins connu) dessinateur de génie — il laissa près de quatre mille dessins d'une audace visionnaire admirée par Delacroix —, il fut le père incontesté du romantisme français depuis la fameuse bataille d'Hernani (25 février 1830), soirée fondatrice où jeunes romantiques et académiques en vinrent presque aux mains au Théâtre-Français. Son œuvre est monumentale : Notre-Dame de Paris (1831), Ruy Blas, Les Misérables (1862, son sommet mondial), L'Homme qui rit, Quatre-vingt-treize, sans oublier les sublimes poèmes des Contemplations et des Châtiments, et l'immense fresque de La Légende des siècles. Sa carrière politique ne fut pas moindre. Nommé pair de France en 1845, il fut élu député de Paris en 1848, prit position contre la peine de mort — le combat de toute sa vie — et défendit ardemment la République. Le coup d'État du 2 décembre 1851 fomenté par Louis-Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon III) le contraignit à un exil de dix-neuf ans, d'abord en Belgique, puis dans les îles anglo-normandes de Jersey puis Guernesey, où il écrivit ses plus grandes œuvres. Quand Napoléon III lui offrit l'amnistie en 1859, il refusa avec ces mots devenus proverbes : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai. » Il tint parole et ne rentra que le 5 septembre 1870, deux jours après la chute de l'Empire, acclamé à la gare du Nord par une foule immense. Sa vie fut aussi celle des grands deuils : la mort noyée de sa fille Léopoldine en 1843, à dix-neuf ans, dans la Seine à Villequier — deuil fondateur qui inspirera le déchirant « Demain, dès l'aube… » — et la double vie sentimentale entre son épouse Adèle Foucher et sa muse Juliette Drouet, avec qui il vécut une passion secrète de cinquante ans. Il mourut d'une pneumonie à Paris le 22 mai 1885, à quatre-vingt-trois ans. Deux millions de personnes défilèrent devant sa dépouille sur les Champs-Élysées avant qu'il ne soit conduit au Panthéon, dans un simple corbillard de pauvre qu'il avait demandé par testament. Le Panthéon avait été rendu au culte laïque exprès pour l'accueillir. Il fut ainsi non seulement l'homme d'un siècle, mais le siècle en un homme.
Voie Camille Tarjella
patrimoineVoie de Chez Loquet
patrimoineVoie de Pré Mandé
patrimoine