Rues de Agen
614 voies répertoriées — propulsé par Odonyma
30
patrimoineAccés cinéma CGR
cultureAccés Tribune
patrimoineAccés Urgences
patrimoineAllée Châteaubriand
patrimoineAllée de Gascogne
patrimoineAllée de Riols
patrimoineAllée des Cressonnières
patrimoineAllée du 8 Mai 1945
patrimoineAllée du Marché National
patrimoineAllée du Parc Chabaud
patrimoineAllée du Ruisseau
natureAllée Passelaygue
patrimoineAllée Pierre Brossolette
patrimoineAllée Pierre Pomarède
patrimoineAvenue André Tissidre
patrimoineAvenue Bachelet
patrimoineAvenue Cortète de Prades
patrimoineAvenue de Bigorre
patrimoineAvenue de Cahors
patrimoineAvenue de Colmar
patrimoineAvenue de Courpian
patrimoineAvenue de Gaillard
patrimoineAvenue de la Paix
patrimoineAvenue de l'Atlantique
patrimoineAvenue de Lattre de Tassigny
patrimoineAvenue de l’Ermitage
patrimoineAvenue des Jardinailles
patrimoineAvenue d'Espagne
patrimoineAvenue de Stalingrad
patrimoineAvenue de Vérone
patrimoineAvenue d'Italie
patrimoineAvenue du Docteur Jean Bru
patrimoineAvenue du Général de Gaulle
patrimoineAvenue du Général De Gaulle
patrimoineAvenue du Général Leclerc
histoireLe maréchal Leclerc, de son nom complet Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947) est connu pour son rôle majeur dans la Libération pendant la Seconde Guerre mondiale. Sorti de l’école militaire de Saint-Cyr, il rejoint la France libre du général Charles de Gaulle en 1940 après la défaite française. Il mène ensuite des campagnes en Afrique, notamment la prise de Koufra en 1941, où il fait le célèbre serment de libérer Strasbourg. Leclerc commande ensuite la 2e Division Blindée (2e DB), une grande unité équipée de chars et de véhicules blindés. La 2e DB participa au débarquement de Normandie en 1944 et eut un rôle décisif dans la libération de Paris et de Strasbourg. Les succès associèrent le jeune officier aux engins mécanisés de sa division, ce qui explique le nom d'une série de chars de combat français - les chars Leclerc. Ses faits d'armes lui valurent le titre de Maréchal de France, plus haute distinction militaire française qui n’est pas un grade mais une dignité honorifique. Néanmoins, il fut consacré à titre posthume, en 1952, étant mort dans un accident d’avion en 1947 en Algérie.
Avenue du Maréchal Bugeaud
patrimoineAvenue du Maréchal d'Estrades
patrimoineAvenue du Midi
patrimoineAvenue Edouard Herriot
patrimoineAvenue Georges Cuvier
patrimoineAvenue Georges Delpech
patrimoineAvenue Henri Barbusse
patrimoineAvenue Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Avenue Jean Monnet
patrimoineAvenue Joseph Amouroux
patrimoineAvenue Léon Blum
patrimoineAvenue Maurice Luxembourg
patrimoineAvenue Michelet
patrimoineAvenue Michel Serres
patrimoineAvenue Robert Schuman
patrimoineBoulevard de la Liberté
patrimoineBoulevard de la République
patrimoineBoulevard du Docteur Messines
patrimoineBoulevard du Président Carnot
patrimoineBoulevard Édouard Lacour
patrimoineBoulevard Eugène Pelletan
patrimoineBoulevard Jean Jaurès
histoireLa quête d'une plus grande justice sociale et de la durabilité de la paix étaient au cœur de l'engagement politique de Jean Jaurès (1859-1914) sous la Troisième République. Brillant orateur, il défendit les ouvriers, l’école publique et les droits sociaux à l'assemblé nationale avec tant de passion que ces discours attiraient même ses adversaires politiques, venus simplement l’écouter parler. Il participa à la création du parti socialiste français et devient l’un des principaux défenseurs des travailleurs. Jaurès est aussi connu pour son opposition à la guerre, tentant d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il fut assassiné par balle le 31 juillet 1914 , à l'âge de 54 ans, au Bistrot du Croissant à Paris, soit quelques jours seulement avant le début du conflit. de nombreuses rues, écoles et stations de métro portent le nom de cette grande figure républicaine française de l’idéal pacifiste.
Boulevard Scaliger
patrimoineBoulevard Sylvain Dumon
patrimoineChemin de Cartou
patrimoineChemin de Fouyte-Porc
patrimoineChemin des Vignes de Payou
natureChemin de Tourteras
patrimoineChemin de Tourteras Haut
patrimoineChemin du Tibet
patrimoineChemin Noir
patrimoineChemin Rural Lagravére
patrimoineChemin Saint-Jacques
patrimoineCité Bajon I
patrimoineCite de Barleté
patrimoineCôte de Gaillard
patrimoineCours du 14 Juillet
patrimoineCours du 9e de Ligne
patrimoineCours Gambetta
histoireFils d'un épicier génois installé à Cahors, Léon Gambetta (1838-1882) n'a rien d'un enfant de la bourgeoisie parisienne. Il monte à Paris étudier le droit, perd un œil dans un accident d'enfance, mais compense ce handicap par une voix de tonnerre et un art oratoire qui va sidérer son époque. Avocat, il se fait connaître en 1868 par une plaidoirie fulgurante contre le Second Empire — un réquisitoire devenu célèbre où il énumère, un à un, les crimes du régime. Le jeune homme du Sud-Ouest est désormais un nom. Le 4 septembre 1870. La France vient d'être écrasée à Sedan, l'empereur est prisonnier des Prussiens. À l'Hôtel de Ville de Paris, Gambetta — 32 ans — proclame la République depuis un balcon, devant une foule en délire. Ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de Défense nationale rapidement encerclé dans Paris assiégé, il prend une décision spectaculaire : le 7 octobre, il s'échappe en ballon au-dessus des lignes prussiennes pour rejoindre la province et y lever de nouvelles armées. L'image est restée : un ministre en montgolfière, écharpe au vent, allant sauver la patrie. Depuis Tours puis Bordeaux, il improvise en quelques semaines des armées entières, mobilise, réquisitionne, harangue. Rien n'y fait : la France est vaincue, l'Alsace-Moselle perdue. Gambetta démissionne, refusant de cautionner le traité. Ce qu'il fait ensuite est peut-être plus important encore. Dans une Assemblée majoritairement monarchiste, il consacre dix ans à convaincre, séduire, rallier — patiemment, ville après ville, discours après discours. Sa formule reste célèbre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi. » Il forge le vocabulaire, les rituels, la mystique d'une République qui doit s'ancrer dans les cœurs. Il popularise la Marseillaise, le 14 juillet, l'école laïque à venir. Sans lui, il n'est pas sûr que la République se serait installée durablement en France. Nommé enfin président du Conseil en novembre 1881, son gouvernement — le « Grand Ministère » que tout le monde attendait — tombe au bout de dix semaines. Le 27 novembre 1882, dans sa maison des Jardies à Ville-d'Avray, un coup de revolver part accidentellement, lui traversant la main. La blessure paraît bénigne mais il meurt le 31 décembre, à 44 ans, d'une appendicite mal soignée aggravée par sa convalescence. La rumeur d'un suicide, ou d'un drame passionnel avec sa compagne Léonie Léon, courra longtemps. Des funérailles nationales grandioses ont lieu le 6 janvier 1883 : un demi-million de Parisiens suivent le cortège. En 1920, pour le cinquantenaire de la République, son cœur — et son cœur seul — est transféré au Panthéon dans une urne. Le reste de son corps repose à Nice, auprès de son père. Étrange destin posthume pour celui qui, plus que tout autre, avait mis le sien au service de la République.
Cours Victor Hugo
histoireVéritable génie de la langue française, Victor Hugo (1802-1855), naquit le 7 ventôse de l'an X à Besançon. Dramaturge, romancier, poète, il était aussi (et c’est moins connu) dessinateur ! (image de gauche). Si son plus grand succès littéraire demeure Les Misérables, le père du romantisme français a produit tout au long du XIXe siècle un nombre colossal de chefs d’œuvre parmi lesquels nous retiendrons "Notre-Dame-de-Paris", "Quatre-vingt-treize" ou "l’Homme qui rit", sans oublier les sublimes poèmes de ses "Contemplations" et "Châtiments". Sa carrière d’homme politique est elle-aussi à souligner. Élu maire du 8e arrondissement de Paris puis député républicain en 1848, il est contraint de fuir la France à la suite du coup d’état du 2 décembre 1851 fomenté par Louis Napoléon Bonaparte. Exilé en Belgique puis sur les îles de Jersey et Guernesey, il ne retrouva son pays natal que près de 19 ans plus tard, le 5 septembre 1870. Victime d’une congestion pulmonaire, il décède à Paris le 22 mai 1885, à 83 ans. Dix jours plus tard, il reçut des obsèques nationales, avant d’être inhumé au Panthéon.
Cours Washington
patrimoineImpasse Abbé Pierre
patrimoineImpasse Alexander Fleming
patrimoineImpasse Alexandre Dumas
patrimoineImpasse Alfred de Vigny
patrimoineImpasse André de Bellecombe
patrimoineImpasse Baranel
patrimoineImpasse Beethoven
patrimoineImpasse Berlioz
patrimoineImpasse Boyer d'Agen
patrimoineImpasse Brahms
patrimoineImpasse Brondeau de Senelles
patrimoineImpasse Buffaumene
patrimoineImpasse Caillou
patrimoineImpasse Cerise
patrimoineImpasse Chabrier
patrimoineImpasse Chagall
patrimoineImpasse Charles Baudelaire
patrimoineImpasse Chaubard
patrimoineImpasse Courtine des Arènes
patrimoineImpasse Darnalt
patrimoineImpasse de Belgique
patrimoineImpasse de Bézis
patrimoineImpasse de Genevois
patrimoineImpasse de Gravissat
patrimoineImpasse de Grenier
patrimoineImpasse Delacourtie
patrimoineImpasse de la Goulfie
patrimoineImpasse de Lagrave
patrimoineImpasse de Mamène
patrimoineImpasse de Mandiberon
patrimoineImpasse de Panot
patrimoineImpasse de Péchabout
patrimoineImpasse de Pradines
patrimoineImpasse de Pulet
patrimoineImpasse des Aygadous
patrimoineImpasse des Carmes
patrimoineImpasse des Castors
patrimoineImpasse Descayrat
patrimoineImpasse des Maraîchers
patrimoineImpasse des Ormes
patrimoineImpasse des Roches Noires
patrimoineImpasse des Semailles
patrimoineImpasse des Trois Mousquetaires
patrimoineImpasse du 4 Septembre
patrimoineImpasse du Chanoine Angely
patrimoineImpasse Ducos du Hauron
patrimoineImpasse du Coteau
patrimoineImpasse du Docteur Bergonié
patrimoineImpasse du Docteur Labat
patrimoineImpasse du Général de Bazelaire
patrimoineImpasse du Midi
patrimoineImpasse du Paradis
patrimoineImpasse Durrens
patrimoineImpasse du Seuil de Beauregard
patrimoineImpasse du Tage
patrimoineImpasse du Turquet
patrimoineImpasse Édouard Lacour
patrimoineImpasse El Gréco
patrimoineImpasse Fiaris
patrimoineImpasse Floréal
patrimoineImpasse Gabriel Fauré
patrimoineImpasse Garcia Llorca
patrimoineImpasse Garcia Lorca
patrimoineImpasse Georges Guynemer
patrimoineImpasse Georges Leygues
patrimoineImpasse Gérard Duvergé
patrimoineImpasse Goethe
patrimoineImpasse Grammont
patrimoineImpasse Jasmin
patrimoineImpasse Jean-François Blade
patrimoineImpasse Jean Labrunie
patrimoineImpasse Jean Mermoz
patrimoineImpasse Joseph de Pesquidoux
patrimoineImpasse Jules Cels
patrimoineImpasse Lafontaine
patrimoineImpasse Ledru-Rollin
patrimoineImpasse Léo Lagrange
patrimoineImpasse les Gloriettes
patrimoineImpasse Loisel
patrimoineImpasse Malconte
patrimoineImpasse Manceau
patrimoineImpasse Marquisat
patrimoineImpasse Monplaisir
patrimoineImpasse Morère
patrimoineImpasse Nostradamus
patrimoineImpasse Palissy
patrimoineImpasse Passelaygue
patrimoineImpasse Paul Bert
patrimoineImpasse Paul Valéry
patrimoineImpasse Pierre Clément
patrimoineImpasse Printemps
patrimoineImpasse Prosper Merimée
patrimoineImpasse Quinaut
patrimoineImpasse Raspail
patrimoineImpasse Roger Salengro
patrimoineImpasse Saint-Arnaud
patrimoineImpasse Saint-Martin
patrimoineImpasse Scaliger
patrimoineImpasse Schiller
patrimoineImpasse Suderie
patrimoineImpasse Sully
patrimoineImpasse Théophile Gauthier
patrimoineImpasse Tristan Derème
patrimoineImpasse Usson de Bonac
patrimoineImpasse Valence
patrimoineMail du Carrousel
patrimoineMail Mondésir
patrimoinePasserelle
patrimoinePasserelle de Gauja
patrimoinePasserelle Michel Serres
patrimoinePlace Barbès
patrimoinePlace Caillives
patrimoinePlace Carnot
patrimoinePlace de la République
patrimoinePlace des Grands Hommes
patrimoinePlace des Jacobins
patrimoinePlace des Laitiers
patrimoinePlace des Vignes
naturePlace du Docteur Pierre Esquirol
patrimoinePlace du Halage
patrimoinePlace du Maréchal Foch
histoireNé à Tarbes dans une famille pyrénéenne catholique et fervente, le jeune Ferdinand Foch (1851-1929) hésite un temps entre la prêtrise et l'uniforme — son frère aîné, lui, deviendra jésuite. Ce sera finalement l'artillerie. Élève à Polytechnique, il en sort officier et se distingue vite par une intelligence militaire hors du commun, alimentée par une culture philosophique rare chez les gradés de son temps. Il lit Bergson, cite Aristote, réfléchit à la nature de la volonté et du choc. Devenu professeur à l'École de guerre, il forge une doctrine restée célèbre : « Ma droite est enfoncée, mon centre cède, impossible de manœuvrer, situation excellente, j'attaque. » La Marne, septembre 1914. À la tête de la IXe armée dans les marais de Saint-Gond, il tient bon face à l'offensive allemande dans des conditions désespérées. Ce sera l'une des batailles décisives du miracle de la Marne, qui sauve Paris. Foch entre dans la légende. Les années suivantes seront plus douloureuses — l'Artois, la Somme, des offensives sanglantes qui coûtent des centaines de milliers d'hommes pour quelques kilomètres. Il connaît aussi les traversées du désert, écarté un temps du commandement. Mars 1918 : les Allemands lancent leur ultime offensive et menacent de séparer les Français des Britanniques. Dans une réunion dramatique à Doullens, les Alliés se résolvent enfin à ce qu'ils avaient refusé pendant quatre ans : un commandement unique. Foch est nommé chef suprême des armées alliées sur le front occidental. Américains, Britanniques, Belges, Italiens, Français : tous sous ses ordres. Il a 66 ans, et devant lui l'armée allemande la plus puissante de l'histoire. En quelques mois, il retourne la situation. Le 18 juillet, il déclenche la contre-offensive de Villers-Cotterêts avec les premiers chars massés en profondeur. C'est le début de la fin. De juillet à novembre, les armées alliées ne cessent d'avancer. Le 11 novembre 1918, à 5h15 du matin, dans son wagon-restaurant en forêt de Compiègne à Rethondes, il reçoit la délégation allemande et fait signer l'armistice. À 11 heures, les clairons sonnent le cessez-le-feu sur tout le front. Une gloire universelle. Maréchal de France, maréchal de Grande-Bretagne, maréchal de Pologne — un cas unique dans l'histoire. Membre de l'Académie française, honoré dans toutes les capitales alliées. Il aura pourtant un regret amer : les conditions du traité de Versailles, qu'il juge trop douces. Sa phrase, prononcée en 1919, deviendra tragiquement prophétique : « Ce n'est pas une paix, c'est un armistice de vingt ans. » Il mourra dix ans jour pour jour avant qu'elle ne se vérifie. Il s'éteint le 20 mars 1929, à Paris. Funérailles nationales sous une pluie glaciale, cortège immense derrière l'affût de canon. On l'inhume aux Invalides, dans un tombeau monumental à quelques pas de Napoléon et de Turenne. La statue équestre qui le représente près du Trocadéro le montre en cavalier impassible, regardant vers l'Est — comme s'il continuait, pour l'éternité, à surveiller la frontière.
Place du Pin
patrimoinePlace du Poids de la Ville
patrimoinePlace du Président Wilson
patrimoinePlace Eugène Pelletan
patrimoinePlace Gabriel Lapeyrusse
patrimoinePlace Goya
patrimoinePlace Jasmin
patrimoinePlace Jean-Baptiste Durand
patrimoinePlace Jean-Jacques Rousseau
patrimoinePlace Jean Moulin
histoireIssu d'une famille républicaine et laïque (son père, professeur, était un fervent dreyfusard), Jean Moulin (1899-1943) grandit dans le culte de la République et le goût du dessin, qu'il pratiquera toute sa vie sous le pseudonyme de Romanin. Caricaturiste talentueux, il expose, publie dans des journaux satiriques, fréquente les artistes de Montparnasse. Rien ne semblait le destiner à devenir une icône. Haut fonctionnaire brillant, il gravit les échelons à vitesse fulgurante et devient, à 38 ans, préfet d'Eure-et-Loir, devenant ainsi le plus jeune préfet de France. En 1939. Il n'imagine pas encore que sa fonction va faire de lui, en quelques mois, un héros. Chartres, juin 1940. Alors que la Wehrmacht déferle, les Allemands veulent lui faire signer un document accusant des tirailleurs sénégalais de crimes qu'ils n'ont pas commis. Il refuse. On le frappe, on l'enferme dans une pièce avec le cadavre d'une femme, on le menace. La nuit venue, seul, il tente de se trancher la gorge avec un tesson de verre pour ne pas céder sous la torture. Il survit — mais portera désormais une cicatrice qu'il cachera sous une écharpe. Cette écharpe deviendra, avec le feutre et le regard sombre, son image éternelle. Révoqué par le régime de Vichy en novembre 1940, il gagne Londres via l'Espagne et le Portugal. Le général De Gaulle lui confie une mission d'une audace folle : unifier les mouvements de résistance intérieure, jusqu'alors dispersés, rivaux, cloisonnés. Parachuté en Provence dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, sous le nom de « Rex », il sillonne la France clandestinement, convainc, arbitre, fédère. Le 27 mai 1943, à Paris, rue du Four, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance — moment fondateur où communistes, socialistes, syndicalistes, chrétiens et gaullistes se retrouvent enfin sous une même bannière. Trois semaines après cette réunion historique, le 21 juin 1943, il tombe dans un guet-apens à Caluire-et-Cuire, près de Lyon. Arrêté par "le boucher de Lyon" Klaus Barbie, il est torturé pendant des jours dans les locaux de la Gestapo, avenue Berthelot. Il ne parlera pas. Un mot, un seul, aurait suffi à décapiter la Résistance : il l'emporte avec lui. Il meurt dans le train qui l'emmène vers l'Allemagne, quelque part près de Metz, le 8 juillet 1943. Il avait 44 ans. Le 19 décembre 1964, ses cendres sont transférées au Panthéon. Sous la pluie battante, André Malraux prononce l'un des plus beaux discours de la langue française : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » La voix se brise. Toute une génération pleure. Un visage — écharpe, feutre, regard — devient à jamais celui de la France qui a dit non.
Place Jean Racine
patrimoinePlace Lafayette
patrimoinePlace Lamennais
patrimoinePlace Monseigneur Jean Pouzet
patrimoinePlace Notre-Dame-du-Bourg
patrimoinePlace Pierre Castex
patrimoinePlace Pierre Loti
patrimoinePlace Rabelais
patrimoinePlace Sainte-Foy
patrimoinePont de Courpian
patrimoinePont de la Libération
histoireLa Libération (1944-1945) ne s'est pas faite en un jour, ni même en un mois. Ce que l'on appelle « la Libération » est en réalité une longue vague qui déferle sur la France **pendant près d'un an**, de juin 1944 à mai 1945, laissant derrière elle un pays exsangue, meurtri, mais debout. 6 juin 1944 : le jour le plus long. À l'aube, 156 000 soldats alliés débarquent sur cinq plages de Normandie — Utah, Omaha, Gold, Juno, Sword. C'est la plus grande opération amphibie de l'histoire. Parmi eux, 177 Français du commando Kieffer touchent le sable de Colleville-Montgomery. Ils sont les seuls Français à débarquer ce jour-là. Sur le sable d'Omaha, les pertes américaines sont effroyables. Le soir venu, la tête de pont tient. Rien n'est joué, tout est possible. Pendant que les Alliés progressent difficilement dans le bocage normand, l'intérieur du pays s'embrase. Les maquis multiplient les sabotages : le plan « Vert » vise les voies ferrées, le plan « Violet » les télécommunications, le plan « Tortue » les routes. Résultat : les divisions blindées allemandes qui montent vers la Normandie mettent trois semaines pour un trajet qui aurait dû durer trois jours. La division SS Das Reich, dans sa remontée furieuse, massacre 99 civils à Tulle et 643 à Oradour-sur-Glane le 10 juin; village figé pour l'éternité dans ses ruines. Sur le plateau du Vercors, 4 000 maquisards proclament la « République libre » et attendent les renforts alliés promis. Ils ne viendront jamais. Le 21 juillet, la Wehrmacht attaque en force, dont des planeurs qui se posent au cœur du massif. 840 maquisards et civils tombent. Ce sera l'une des grandes plaies de la mémoire résistante. Une seconde opération, souvent éclipsée par celle de Normandie, débarque en Provence le 15 août : l'armée B du général de Lattre de Tassigny, forte de 250 000 hommes dont plus de la moitié de tirailleurs algériens, marocains, sénégalais, et de goumiers. Ils remonteront la vallée du Rhône à une vitesse foudroyante, libéreront Toulon, Marseille, Lyon, feront leur jonction avec les troupes venues de Normandie en Bourgogne le 12 septembre. La France est coupée en deux, mais dans le bon sens. L'insurrection éclate à Paris le 19 août. Barricades dans le Quartier latin, drapeaux tricolores aux fenêtres, préfecture de police reprise, combats rue de Rivoli. Le 24 août au soir, un détachement de la 2e DB de Leclerc — le « détachement Dronne », composé pour partie de républicains espagnols rescapés de la guerre civile — entre dans Paris par la porte d'Italie. À 22h22, les cloches de Notre-Dame sonnent à la volée. Le lendemain, le général von Choltitz, gouverneur militaire allemand, signe la capitulation à la gare Montparnasse. Il n'aura pas exécuté l'ordre d'Hitler de brûler Paris. Le 26 août, de Gaulle descend les Champs-Élysées à pied, dans une foule immense, sous les tirs sporadiques de tireurs isolés depuis les toits. Pendant l'automne se poursuivent les libérations. Bordeaux le 28 août, Lyon le 3 septembre, Dijon le 11, Nancy le 15, Strasbourg le 23 novembre — libération symbolique celle-ci, tenue par Leclerc en réponse à un serment prêté trois ans plus tôt en Libye : « Ne déposons les armes que lorsque nos couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. » Certaines poches allemandes tiennent pourtant sur l'Atlantique jusqu'au bout : Saint-Nazaire, La Rochelle, Royan ne se rendront que le 8 mai 1945. L'épuration commence, brutale et parfois expéditive. Des femmes tondues sur les places de village. Des exécutions sommaires. Puis les procès officiels : Pétain condamné à mort et gracié, Laval fusillé. La France retrouve la République, le droit de vote des femmes en avril 1944 (première élection en 1945), la Sécurité sociale à venir. Le pays compte ses morts : 600 000 environ, dont 350 000 civils. Ses villes détruites — Caen, Le Havre, Saint-Malo, Royan — devront être reconstruites pierre par pierre. Aujourd'hui ne reste qu'un mot, avant tout. « Libération » : c'est le nom d'un journal, d'un mouvement de résistance, d'une avenue dans presque toutes les communes de France. C'est aussi un état d'esprit — celui d'un pays qui a su, malgré la défaite, malgré l'occupation, malgré la collaboration, retrouver le chemin de lui-même. Ce chemin-là ne s'oublie pas.
Pont de Pierre
patrimoinePont Paul Picketty
patrimoineQuai Baudin
patrimoineQuai de Dunkerque
patrimoineQuai Docteur Calabet
patrimoineQuai du Canal
patrimoineQuai Georges Leygues
patrimoineQuai Jacques Aulong
patrimoineRond-Point Arnaud Beltrame
patrimoineRond-Point des Anciens Combattans d'Afrique du Nord
patrimoineRond-Point Pierre Sémard
patrimoineRoute de Lescale
patrimoineRue Albert Camus
patrimoineRue Alexander Fleming
patrimoineRue Alexis Pain
patrimoineRue Alfred de Musset
patrimoineRue Alfred de Vigny
patrimoineRue Alphonse Daudet
patrimoineRue Alsace-Lorraine
patrimoineRue Anatole France
patrimoineRue André Boillot
patrimoineRue André Boilot
patrimoineRue André Chénier
patrimoineRue André Gide
patrimoineRue André Malraux
patrimoineRue André Mazeau
patrimoineRue Antoine Calbet
patrimoineRue Antoine Delbès
patrimoineRue Antoine de Saint-Exupéry
patrimoineRue Antoine Ferrein
patrimoineRue Aristide Briand
patrimoineRue Arthur Rimbaud
patrimoineRue Auguste Gué
patrimoineRue Bajon
patrimoineRue Barsalou-Froumenty
patrimoineRue Bartayrés
patrimoineRue Baselou-Froumenty
patrimoineRue Baudin
patrimoineRue Béranger
patrimoineRue Bernard Junqua
patrimoineRue Blaise de Monluc
patrimoineRue Blaise Pascal
sciences« L'homme est un roseau pensant », « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie »… Les Pensées de Blaise Pascal (1623-1662) sont un incontournable de la philosophie française. Le penseur y décrit la condition humaine avec une profondeur pénétrante qui laisse difficilement indifférent. Il voit en Dieu la réponse à la faiblesse de l'Homme, qui ne peut ni douter de tout ni tout savoir absolument — ce en quoi il s'oppose au rationalisme de Descartes, qu'il jugeait trop orgueilleux : pour Pascal, Dieu se sent « au cœur, non à la raison ». Toute son œuvre porte la trace d'une nuit fondatrice : le 23 novembre 1654, il vit une expérience mystique bouleversante qu'il note fébrilement sur un parchemin — le fameux « Mémorial » — cousu dans la doublure de son pourpoint et qu'il portera sur lui jusqu'à sa mort, à trente-neuf ans. Une brièveté qui n'aura empêché ni sa géniale carrière de mathématicien et de physicien, ni la révolution philosophique qu'il aura, en si peu de temps, laissée derrière lui. Inventeur à dix-neuf ans d'une machine à calculer — la fameuse Pascaline, ancêtre lointain de nos ordinateurs, voir l'image — Blaise Pascal fut aussi l'un des plus grands physiciens de son siècle. On lui doit notamment l'expérience du crève-tonneau : introduire dans un tonneau fermé un fin tuyau vertical de plusieurs mètres, puis le remplir d'eau. À partir d'une certaine hauteur, la pression exercée par la petite colonne d'eau du tuyau suffit à faire exploser le tonneau ! En 1648, il mit également son beau-frère à contribution pour gravir le puy de Dôme avec un baromètre au mercure, prouvant que la colonne baissait en altitude — preuve définitive de l'existence de la pression atmosphérique et démentant les cartésiens qui prétendaient que « la nature a horreur du vide ». C'est d'ailleurs en son honneur que l'unité internationale de pression s'appelle le pascal (1 hectopascal = 100 pascals) — celle-là même qu'affichent les baromètres et les bulletins météo. La pression correspond à une force par unité de surface. Qu'est-ce qu'une force, au fait ?
Rue Bonis
patrimoineRue Bory Saint-Vincent
patrimoineRue Brondeau de Senelles
patrimoineRue Caillives
patrimoineRue Cajarc
patrimoineRue Cale Abadie
patrimoineRue Camille Desmoulins
patrimoineImaginez un monde sans électricité, sans moteur, sans machine. Pour moudre le grain qui deviendra le pain quotidien, il faut des bras — beaucoup de bras. Jusqu'au jour où quelqu'un, quelque part, a eu cette idée géniale : et si on laissait l'eau et le vent travailler à notre place ? Les premiers moulins à eau apparaissent dans l'Antiquité, il y a plus de 2 000 ans. Le moulin à vent, lui, débarque en Europe au XIIe siècle, rapporté d'Orient — dit-on — par les croisés. Pendant près de deux millénaires, ces machines vont littéralement faire tourner le monde. Et pas seulement pour la farine ! On y a tout broyé, tout pressé, tout battu : l'huile d'olive et de noix, le tan pour les tanneries, la pâte à papier, le chanvre, les écorces. Les moulins ont foulé les draps, scié des planches, martelé le fer rouge des forges, pompé l'eau des marais. Une véritable industrie avant l'industrie. Le principe ? Toujours le même, et toujours élégant : une roue à aubes que pousse le courant, ou de grandes ailes que gonfle le vent. L'énergie naturelle fait tourner un arbre, des engrenages de bois grincent, et la lourde meule se met en mouvement. Le meunier, lui, surveille tout — la mouture, le débit, le grain qui descend lentement. On dit qu'à son oreille seule, il savait reconnaître la qualité de la farine au son de la pierre. Personnage incontournable du village, parfois envié pour ses revenus, parfois soupçonné de tricher sur les pesées, le meunier vivait au rythme de l'eau et du ciel. Quand soufflait le bon vent, il travaillait jour et nuit. Quand la rivière gelait, il attendait. Puis vint la vapeur, puis l'électricité. En quelques décennies, les meules se sont tues. Les toits se sont effondrés, les roues ont pourri, les ailes ont disparu. Mais beaucoup de moulins sont encore là, debout au bord de l'eau ou perchés sur une colline — silencieux témoins d'une époque où le pain avait le goût du vent et de la rivière. Ainsi tournaient les moulins d'antan, mais le moulin n'a pas vraiment disparu ! Leurs descendants, les alternateurs présents dans les centrales électriques, tournicotent tout autant pour fournir de l'énergie électrique...
Rue Castéra
patrimoineRue Cervantes
patrimoineRue Charles Gounod
patrimoineRue Charles Pujos
patrimoineRue Chaudordy
patrimoineRue Chopin
patrimoineRue Clair Matin
patrimoineRue Commune de Paris
patrimoineRue Courteline
patrimoineRue Curie
patrimoineRue d’Albret
patrimoineRue d'Alembert
patrimoineRue d'Amour
patrimoineRue Danton
patrimoineRue d'Armagnac
patrimoineRue d'Automne
patrimoineRue de Barleté
patrimoineRue de Beauville
patrimoineRue de Belfort
patrimoineRue de Bellevue
patrimoineRue de Bellile
patrimoineRue de Bézis
patrimoineRue Debussy
patrimoineRue de Cartou
patrimoineRue de Cazemajou
patrimoineRue de Cessac
patrimoineRue de Contensou
patrimoineRue de Coupo Cambo
patrimoineRue de Courberieu
patrimoineRue de Dinslaken
patrimoineRue de Durrens
patrimoineRue de Fleurus
patrimoineRue de Fonroche
patrimoineRue de Fouyte-Porc
patrimoineRue de Gergovie
patrimoineRue de Gravissat
patrimoineRue de la 2e République Espagnole
patrimoineRue de la Borde Neuve
patrimoineRue de l'Abreuvoir
patrimoineRue de la Colonne
patrimoineRue de la Falaise
patrimoineRue de la Fonderie
patrimoineRue de la Grande Horloge
patrimoineRue de Lagravère
patrimoineRue de la Masse
patrimoineRue de l'Angle Droit
patrimoineRue de la Palme
patrimoineRue de la Pépinière
patrimoineRue de la Prune
patrimoineRue de la Redoute
patrimoineRue de la Reine
patrimoineRue de l'Argenterie
patrimoineRue de Las
patrimoineRue de la Tour
patrimoineRue Delbourg
patrimoineRue de l'École Normale
patrimoineRue de l'École Vieille
patrimoineRue de l’Emprunt
patrimoineRue de Lille
patrimoineRue de Mamène
patrimoineRue Denfert-Rochereau
patrimoineRue Denis Papin
patrimoineRue de Panot
patrimoineRue de Péchabout
patrimoineRue d'Épernon
patrimoineRue de Perpignan
patrimoineRue de Pompeyrie
patrimoineRue de Prouchet
patrimoineRue de Pulet
patrimoineRue de Quinaut
patrimoineRue de Raymond
patrimoineRue de Romas
patrimoineRue des 2 Rocs
patrimoineRue des Ambans
patrimoineRue de Santarem
patrimoineRue des Augustins
patrimoineRue des Autas
patrimoineRue des Cailles
patrimoineRue des Capiscols
patrimoineRue Descartes
patrimoineRue des Castors
patrimoineRue Descayrat
patrimoineRue des Charretiers
patrimoineRue des Cognassiers
patrimoineRue des Colonels Lacuée
patrimoineRue des Cornières
patrimoineRue des Deux Rocs
patrimoineRue des Droits de l'Enfant
patrimoineRue des Droits de l'Homme
patrimoineRue des Écoles des Transmissions
patrimoineRue de Sembel
patrimoineRue de Sevin
patrimoineRue des Fleurs
patrimoineRue des Fréres Magen
patrimoineRue des Généraux Arlabosse
patrimoineRue des Héros de la Résistance
histoireLa Résistance française (1940-1944) commence par presque rien. Une poignée de tracts distribués à la sauvette, un journal ronéotypé au fond d'une cave, un mot griffonné sur un mur à la craie. Au lendemain de l'armistice du 22 juin 1940, la France est écrasée, coupée en deux, humiliée. Pétain règne à Vichy, la Wehrmacht défile à Paris. Résister paraît alors dérisoire, presque absurde. Ils seront pourtant quelques milliers, puis quelques dizaines de milliers, à choisir cette absurdité. Deux résistances coexistèrent initialement, habitées par une même flamme. Il y a d'abord celle de Londres : le 18 juin 1940, un général inconnu appelle à la BBC à ne pas déposer les armes. Autour de De Gaulle se rassemble la France Libre — militaires évadés, marins-pêcheurs bretons, tirailleurs africains, Compagnons de la Libération. Ils se battront à Bir-Hakeim, à Koufra, en Italie, jusque dans les rues de Paris avec la 2e DB de Leclerc. Et puis il y a celle de l'intérieur, plus obscure et plus périlleuse. Des mouvements naissent dans l'improvisation totale : Combat, Libération, Franc-Tireur en zone sud ; Défense de la France, Ceux de la Résistance, l'Organisation civile et militaire au nord ; les Francs-tireurs et partisans communistes après juin 1941. Des chrétiens, des socialistes, des militaires de carrière, des instituteurs, des ouvriers, des paysans, des étudiants, des juifs traqués : tous ne se parlent pas, souvent se méfient, parfois se détestent — mais tous refusent. L'unification fut l'œuvre patiente et dangereuse de Jean Moulin, envoyé par le Général De Gaulle. Le 27 mai 1943, rue du Four à Paris, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance, qui rassemble enfin tous les mouvements, syndicats et partis. Programme commun, autorité unique. Trois semaines plus tard, Moulin tombe à Caluire. Il ne parlera pas. Résister, c'est fabriquer de faux papiers, cacher des enfants juifs dans des fermes du Vercors ou du plateau du Chambon, faire passer des aviateurs alliés par les Pyrénées. C'est saboter une voie ferrée à trois heures du matin, imprimer un journal clandestin — Défense de la France tirera jusqu'à 450 000 exemplaires —, écouter Radio Londres l'oreille collée au poste, décrypter les « messages personnels » : « Les sanglots longs des violons de l'automne… » C'est aussi, souvent, mourir. Torturé par la Gestapo, fusillé au Mont-Valérien, déporté à Ravensbrück ou Buchenwald. À partir de 1943, quand Vichy instaure le Service du travail obligatoire, des dizaines de milliers de jeunes fuient dans les montagnes pour échapper au départ en Allemagne. Les Glières, le Vercors, le Mont-Mouchet, les Cévennes, le Limousin : les maquis se peuplent. Certains combats seront tragiques — le Vercors, en juillet 1944, verra 840 morts sous les assauts de la Wehrmacht. Longtemps invisibles dans le récit, les femmes étaient partout. Agentes de liaison à vélo, porteuses de valises, cheffes de réseaux — Marie-Madeleine Fourcade dirigeait le réseau Alliance et ses 3 000 agents. Lucie Aubrac, Berty Albrecht, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz : elles seront des dizaines de milliers. Beaucoup finiront à Ravensbrück. Août 1944. Quand Paris se soulève le 19 août, quand les cloches de Notre-Dame sonnent à la volée le 25, quand De Gaulle descend les Champs-Élysées le 26, la France retrouve sa fierté. Une grande partie de ce moment, elle le doit à ceux qui, quatre ans plus tôt, n'étaient rien — sinon des femmes et des hommes qui avaient dit non. Le programme du CNR, adopté en mars 1944, dessinera la France d'après-guerre : Sécurité sociale, nationalisations, droit de vote des femmes, presse indépendante. Aujourd'hui, seize Compagnons de la Libération reposent au Panthéon ou aux Invalides, et les rues, écoles et places qui portent leurs noms rappellent qu'un pays n'est jamais tout à fait perdu tant qu'il reste quelques-uns pour dire non.
Rue des Îles
patrimoineRue des Juifs
patrimoineRue des Laurières
patrimoineRue des Martyrs
histoireRue des Moissons
patrimoineRue des Nitiobriges
patrimoineRue des Pavillons
patrimoineRue des Remparts Sainte-Foy
patrimoineRue des Roches Noires
patrimoineRue des Rondes Saint-Jean
patrimoineRue des Rondes Saint-Louis
patrimoineRue des Rondes Saint-Martial
patrimoineRue de Strasbourg
patrimoineRue des Trois Gonelles
patrimoineRue des Vergers
patrimoineRue de Tibet
patrimoineRue de Tolède
patrimoineRue de Tuapsé
patrimoineRue de Val Pré
patrimoineRue Diderot
patrimoineRue du 4 Septembre
patrimoineRue du Centre
patrimoineRue du Chanoine Marboutin
patrimoineRue du Corps des Télégraphistes Coloniaux
patrimoineRue du Corps Franc Pommiès
patrimoineRue Ducos du Hauron
patrimoineRue Ducoumeau
patrimoineRue Ducourneau
patrimoineRue du Docteur Camille Bru
patrimoineRue du Docteur Couyba
patrimoineRue du Docteur et Madame Delmas
patrimoineRue du Docteur et Mme Delmas
patrimoineRue du Docteur Henri Fourestié
patrimoineRue du Docteur Labat
patrimoineRue du Docteur Labesque
patrimoineRue du Docteur Louis Brocq
patrimoineRue du Duc d'Orléans
patrimoineRue du Foirail
patrimoineRue du Général Ressayre
patrimoineRue du Jardin Public
patrimoineRue du Jeu de Paume
patrimoineRue du Jourdain
patrimoineRue du Marché au Blé
patrimoineRue du Maréchal Juin
patrimoineRue du Maréchal Lannes
patrimoineRue du Paradis
patrimoineRue du Pont de la Garde
patrimoineRue du Pré Bertin
patrimoineRue Duranton
patrimoineRue du Rempart du Pin
patrimoineRue du Rempart Truelle
patrimoineRue du Trech
patrimoineRue Edmond Rostand
patrimoineRue Émile Sentini
patrimoineRue Émile Zola
patrimoineÉmile Zola (1840-1902) naît à Paris un jour d'avril 1840, fils d'un ingénieur italien venu construire le canal qui alimente encore Aix-en-Provence en eau potable. Son père meurt quand Émile a sept ans, laissant la famille dans une gêne dont elle ne se relèvera jamais tout à fait. Enfance provençale à Aix, amitié fondatrice avec un camarade de classe nommé Paul Cézanne — les deux gamins passent leurs journées à courir la Sainte-Victoire, à écrire des vers et à peindre. Puis retour à Paris, où le jeune Zola échoue deux fois au baccalauréat et se retrouve, à vingt ans, à décharger des livres à la librairie Hachette pour survivre. C'est d'abord par le journalisme qu'il perce. Il écrit dans une vingtaine de titres, défend Manet et les impressionnistes quand tout Paris s'en moque, se fait connaître pour ses articles cinglants. Ses premiers romans passent inaperçus. Puis vient l'idée qui va changer sa vie et la littérature française : suivre une famille, les Rougon-Macquart, sur cinq générations, à travers vingt volumes, pour peindre « l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire ». Le projet est monstrueux. Il y consacrera vingt-trois ans de sa vie. L'Assommoir parut en 1877, Nana en 1880, Germinal en 1885 : Zola devient un phénomène. Pour la première fois dans la littérature française, on entre dans les mines, dans les blanchisseries, dans les cabarets ouvriers, dans les grands magasins naissants. Il s'y prépare comme un enquêteur : il descend au fond des puits, dort dans les corons, prend des notes sur les gestes, les odeurs, les jurons, le prix du pain. Ses détracteurs hurlent au scandale, à la vulgarité, à la pornographie. Ses lecteurs, eux, se comptent par centaines de milliers. Germinal devient, malgré lui, la bible des mineurs en grève — quand il meurt, des délégations ouvrières viendront de tout le nord de la France pour saluer son cercueil aux cris de « Germinal ! Germinal ! ». Le 13 janvier 1898, il publie "J'accuse" en une du journal L'Aurore une lettre ouverte au président de la République, pour dénoncer la condamnation du capitaine Dreyfus. Le titre, trouvé par Clemenceau, tient en deux mots qui vont traverser les siècles : J'accuse…! Zola nomme les responsables un à un, les accuse de faux, de complot, d'antisémitisme d'État. Il sait ce qu'il risque : le procès en diffamation, la ruine, l'exil. Il le fait quand même. Condamné à un an de prison, il s'enfuit en Angleterre, y vit onze mois d'un exil misérable et solitaire dans des pensions de famille. Il rentre en France en 1899. L'affaire Dreyfus finira par lui donner raison — le capitaine sera réhabilité en 1906, quatre ans après la mort de Zola. Le 29 septembre 1902, il est retrouvé mort chez lui, rue de Bruxelles à Paris, asphyxié par les émanations d'une cheminée bouchée. Sa femme, à ses côtés, survit de justesse. Accident ? Officiellement, oui. Mais dès les premières heures, la rumeur d'un assassinat court : un couvreur antidreyfusard aurait, disait-on, obstrué le conduit pendant des travaux, en pleine nuit. Trente-et-un ans plus tard, en 1953, un vieil ouvrier confessera sur son lit de mort avoir participé au crime. Vérité, affabulation ? On ne le saura jamais tout à fait. Ses obsèques rassemblent une foule immense au Panthéon — Anatole France y prononce un discours resté célèbre : « Il fut un moment de la conscience humaine. » En 1908, ses cendres sont transférées au Panthéon, sous les huées de la droite antidreyfusarde et un coup de revolver tiré sur Alfred Dreyfus en personne, présent à la cérémonie. Zola repose désormais face à Victor Hugo, celui qu'enfant il vénérait plus que tout. La boucle est bouclée — celle d'un homme qui, plus qu'aucun autre, aura mis sa plume au service de ceux qui n'en avaient pas.
Rue Emmanuel Delbousquet
patrimoineRue Ernest Lafon
patrimoineRue Ernest Renan
patrimoineRue Ernest Sarrou
patrimoineRue Étienne Dolet
patrimoineRue Eugène Leroy
patrimoineRue Faval
patrimoineRue Félix Aunac
patrimoineRue Ferdinand David
patrimoineRue Floirac
patrimoineRue Fon de Rache
patrimoineRue Fon Nouvelle
patrimoineRue Francis Carco
patrimoineRue François Arago
patrimoineRue François Mauriac
patrimoineRue Frédéric Mistral
patrimoineRue Fumadelles
patrimoineRue Gabriel Griffon
patrimoineRue Garonne
patrimoineRue George Sand
patrimoineRue Georges Bizet
patrimoineRue Georges Clemenceau
patrimoineRue Georges Tholin
patrimoineRue Georges Thomas
patrimoineRue Gérard de Nerval
patrimoineRue Gérard Duvergé
patrimoineRue Gimbréde
patrimoineRue Grammont
patrimoineRue Grande Muraille
patrimoineRue Grenouilla
patrimoineRue Guillaume Delprat
patrimoineRue Gustave Bohm
patrimoineRue Gustave Flaubert
patrimoineRue Henri Argenton
patrimoineRue Henri David
patrimoineRue Henri Descoins
patrimoineRue Henri Martin
patrimoineRue Henry Dunant
patrimoineRue Hoche
patrimoineRue Honoré de Balzac
patrimoineRue Hortense Schneider
patrimoineRue Jacquard
patrimoineRue Jean-Baptiste Pérès
patrimoineRue Jean Dayma
patrimoineRue Jean de Durfort
patrimoineRue Jean-Didier Baze
patrimoineRue Jean-François Blade
patrimoineRue Jean Giono
patrimoineRue Jean Giraudoux
patrimoineRue Jean Laffore
patrimoineRue Jean-Louis Belloc
patrimoineRue Jean-Louis Vincens
patrimoineRue Jean Macé
patrimoineRue Jeanne d'Arc
patrimoineRue Jean-Paul Sartre
patrimoineRue Jean Racine
patrimoineRue Jean Terles
patrimoineRue Jean Torthe
patrimoineRue Jegun de Marans
patrimoineRue J.F. Samazeuil
patrimoineRue Joliot Curie
patrimoineRue Joseph Bara
patrimoineRue Joseph de Pesquidoux
patrimoineRue Joseph Kessel
patrimoineRue Jourdain
patrimoineRue Jules Cels
patrimoineRue Jules Ferry
patrimoineRue Jules Mascaron
patrimoineRue Jules Massenet
patrimoineRue Jules Raimu
patrimoineRue Jules Verne
patrimoineRue Kléber
patrimoineRue Laboulbéne
patrimoineRue Lacépède
patrimoineRue Lafayette
patrimoineRue Laffargue
patrimoineRue Lagasse
patrimoineRue Lagrange
patrimoineRue Lagrille
patrimoineRue Lakanal
patrimoineRue Lamartine
histoireAlphonse de Lamartine (1790-1869) était tout autant un poète romantique qu'un politicien conservateur ambitieux. Sentant gronder la colère populaire sous la Monarchie de Juillet, il tenta de convaincre le reste de la bourgeoisie du danger imminent. Élu député en 1834, il qualifia la misère sociale du prolétariat "d'horrible volcan sur lequel l'industrie repose". Déconsidéré par l’assemblée, dont le président François Guizot (1787-1874) le disait être un "poète égaré", Lamartine prit le choix des armes. Il souleva la moyenne bourgeoisie qui militait pour accéder au droit de vote qu'avait refusé Guizot. La garde nationale, elle aussi dénué du droit de vote, ne s'opposa pas à la chute de Louis-Philippe et Guizot le 24 février 1848 (image). Lamartine tenta de mettre en place des réformes salariales (abaissement du temps de travail de 12 à 10h, nationalisation, impôts sur le revenu) qui conduisirent à la fermeture des usines (par le patronat), la création des "ateliers nationaux" (voir Louis Blanc) et déboucha sur le soulèvement des "journées de Juillet". Lamartine évincé, les conservateurs proclamèrent la Seconde République et Louis-Napoléon Bonaparte fut élu. Ainsi s’acheva la carrière du poète, à l'image du dernier couplet de son poème "L'isolement" écrit en 1820 : "Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !"
Rue Lamennais
patrimoineRue Lamouroux
patrimoineRue Lassaigne
patrimoineRue Lavoisier
patrimoineRue Ledru Rollin
patrimoineRue Léo Lagrange
patrimoineRue Lepelletier
patrimoineRue Lesparrou
patrimoineRue Lespinasse
patrimoineRue Lisbonne
patrimoineRue Liszt
patrimoineRue LLANELLI
patrimoineRuelle de Beauville
patrimoineRuelle de l'École Vieille
patrimoineRuelle des Juifs
patrimoineRuelle du Cat
patrimoineRuelle Saint-Fiary
patrimoineRue Loiseau
patrimoineRue Lomet
patrimoineRue Londrade
patrimoineRue Louis Blanc
patrimoineRue Louis Lavelle
patrimoineRue Louis Vivent
patrimoineRue Maille
patrimoineRue Malatuffe
patrimoineRue Marceau
patrimoineRue Marcel Laborie
patrimoineRue Marcel Massip
patrimoineRue Marcel Pagnol
patrimoineRue Marcel Prevost
patrimoineRue Marcel Rogué
patrimoineRue Marcel Verdier
patrimoineRue Marc Tancogne
patrimoineRue Marx Dormoy
patrimoineRue Maurice Jacob
patrimoineRue Maurice Ravel
patrimoineRue Michel Reine
patrimoineRue Mirabeau
patrimoineRue Molière
patrimoineRue Molinier
patrimoineRue Moncorny
patrimoineRue Montaigne
patrimoineRue Montanou
patrimoineRue Montesquieu
patrimoineRue Mozart
patrimoineRue Naissant
patrimoineRue Neuve
patrimoineRue Nouvion
patrimoineRue Orliacy
patrimoineRue Paganel
patrimoineRue Palissy
patrimoineRue Paouzadou
patrimoineRue Parmentier
patrimoineRue Pasteur
sciencesLouis Pasteur (1822-1895) révèla dès l'enfance un vrai talent pour le dessin - son mentor au collège d'Arbois le surnomme « mon petit Michel-Ange » et il réalisera une quarantaine de portraits au pastel avant de se tourner vers la science. En 1863, il sera d'ailleurs nommé à la chaire de géologie, physique et chimie appliquées aux beaux-arts de l'École des Beaux-Arts de Paris. En 1865, Napoléon III lui demande de combattre les maladies qui ruinent les exportations de vin (acétification, pousse, graisse, amer). Pasteur met au point un chauffage à 60 °C pendant 20 à 30 minutes : la pasteurisation est née, faisant de Pasteur le sauveur du vin français. Le procédé sera ensuite appliqué à la bière, puis au lait. Marqué par la défaite de 1870 face aux Allemands, alors maîtres incontestés de la bière, il s'attelle à créer une bière française meilleure que la leur — un travail qui aboutira à la pasteurisation des bouteilles à 65 °C. Pourtant la célébrité de Pasteur vient du 6 juillet 1885, lorsqu'il inocula au jeune Joseph Meister, mordu 14 fois par un chien enragé, le premier vaccin antirabique de l'histoire ! L'enfant survécut et put vivre jusqu'à l'âge de 64 ans. Pasteur s'inspirait des travaux d'Edward Jenner sur la variole : il est donc le père du vaccin, mais non de la vaccination. Il fondit l'Institut Pasteur en 1888 et décéda à Marne-la-Coquette en 1895 et recevoir des funérailles nationales à Notre-Dame de Paris.
Rue Paul Arjo
patrimoineRue Paul Bert
patrimoineRue Paul Dangla
patrimoineRue Paul Gauguin
patrimoineRue Paulin Régnier
patrimoineRue Paul Pons
patrimoineRue Paul Valéry
patrimoineRue Péristyle du Gravier
patrimoineRue Philippe Lauzun
patrimoineRue Pierre Courbet
patrimoineRue Pierre de Coubertin
patrimoineRue Pierre Mendes France
patrimoineRue Pierre-Paul de Riquet
patrimoineRue Pontarique
patrimoineRue Poton de Xaintrailles
patrimoineRue Puits du Saumon
patrimoineRue Quillou
patrimoineRue Raoul Follereau
patrimoineRue Raspail
patrimoineRue Raymond Noubel
patrimoineRue Rayssac
patrimoineRue René Bonnat
patrimoineRue René Cassin
patrimoineRue Richard Cœur de Lion
patrimoineRue Robespierre
patrimoineRue Rochambeau
patrimoineRue Rodrigues
patrimoineRue Roger Banabéra
patrimoineRue Roger Johan
patrimoineRue Roger Tarenque
patrimoineRue Roland Goumy
patrimoineRue Roques
patrimoineRue Rouget de l'Isle
patrimoineRue Rouget de Lisle
patrimoineRue Roussanes
patrimoineRue Saint-Amand
patrimoineRue Saint-Fiary
patrimoineRue Saint-Just
patrimoineRue Saint-Martin
patrimoineRue Saint-Vincent
patrimoineRue Semailles
patrimoineRue Suderie
patrimoineRue Sully
patrimoineRue Taffetas
patrimoineRue Tamizey de Larroque
patrimoineRue Tapie
patrimoineRue Tchekhov
patrimoineRue Teutomat
patrimoineRue Théophile de Viau
patrimoineRue Tolstoï
patrimoineRue Tourril
patrimoineRue Traverse
patrimoineRue Traversière de Belfort
patrimoineRue Trénac
patrimoineRue Valence
patrimoineRue Vaucanson
patrimoineRue Verlaine
culturePaul Verlaine (1844-1896) naît à Metz un jour d'automne 1844, dans une famille bourgeoise et catholique. Rien, dans cette enfance sage, ne laisse présager la vie tumultueuse qui l'attend — sinon peut-être une hypersensibilité maladive et un goût précoce pour les vers de Baudelaire, qu'il découvre à seize ans comme une révélation. À vingt-deux ans, il publie ses Poèmes saturniens : un premier recueil déjà somptueux, tout en demi-teintes, brumes et paysages intérieurs. La musique de Verlaine est là, tout entière — cette manière si particulière de faire chanter la langue française à mi-voix, entre soupir et confidence. En 1871, il reçoit une lettre d'un adolescent inconnu, un certain Arthur Rimbaud, qui joint quelques poèmes. Verlaine est marié, jeune père, tente d'être respectable. Rimbaud a dix-sept ans, une gueule d'ange et un tempérament d'incendiaire. Verlaine paye son billet de train. À peine arrivé à Paris, le jeune provincial met le feu à sa vie : rupture avec sa femme, fuite en Belgique puis à Londres, alcool, amour tumultueux, ruptures et retrouvailles. Deux ans plus tard, le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, ivre et désespéré, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud qui s'apprêtait à le quitter. Une balle blesse le jeune homme au poignet. Prison en Belgique pendant dix-huit mois. Rimbaud, lui, disparaîtra bientôt de la littérature — pour toujours. Une conversion, une gloire. En prison, Verlaine se convertit — retour au catholicisme, extase mystique, écriture de Sagesse, l'un de ses plus beaux recueils. Libéré, il tente un temps l'enseignement en Angleterre, puis à Rethel dans les Ardennes. Rien ne tient. Les années 1880 le voient sombrer peu à peu : mort de sa mère, absinthe, hôpitaux, chambres d'hôtel misérables. Et pourtant, paradoxe absolu, c'est à ce moment-là qu'il devient célèbre. Publication des Poètes maudits, où il révèle Rimbaud, Mallarmé et Corbière au public. Reconnaissance des jeunes symbolistes qui le prennent pour maître. Il est élu, en 1894, « Prince des poètes » par ses pairs, après la mort de Leconte de Lisle. Consécration officielle pour un homme qui vit dans un hôtel meublé rue Descartes, et qu'on doit parfois porter chez lui, ivre mort. Ce que Verlaine apporte à la poésie française est difficile à cerner tant c'est un art de l'imperceptible. Une préférence pour l'impair — vers de cinq, sept, neuf syllabes, qui déstabilisent l'oreille habituée à l'alexandrin. Un flou musical revendiqué. Une capacité à peindre des états d'âme avec presque rien : trois notes, une couleur, une pluie qui tombe. Son Art poétique résume tout en une formule devenue proverbe : « De la musique avant toute chose. » Debussy, Fauré, Reynaldo Hahn mettront ses poèmes en musique — parce qu'ils étaient déjà de la musique. Il meurt le 8 janvier 1896, à cinquante et un ans, dans une chambre pauvre de la rue Descartes à Paris, veillé par sa dernière compagne, Eugénie Krantz, ancienne prostituée. Ses obsèques rassemblent pourtant une foule immense : poètes, journalistes, ministres, curieux. Il repose au cimetière des Batignolles. Un demi-siècle plus tard, sans qu'il l'ait jamais imaginé, ses vers vont sauver la France. Les premières lignes de sa Chanson d'automne — « Les sanglots longs des violons de l'automne… » — sont diffusées à la BBC les 1er et 5 juin 1944, comme messages personnels codés annonçant aux résistants l'imminence du Débarquement. Le pauvre Verlaine, qui n'aurait su se lever le matin sans un verre, veillait sans le savoir sur le destin d'un continent.
Rue Viala
patrimoineRue Voltaire
patrimoineVoie sur Berge
patrimoine